Le blogue d'Edmond Prochain

8 novembre 2009

Les scribes : tous des coupe-oboles

Classé dans : Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.

scribes-affectent-de-prier

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

6 novembre 2009

Ma ville attend un enfant

Classé dans : Humeur(s) — Edmond Prochain @ 11:09
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Au cas où tu n’aurais pas encore remarqué : nous sommes début novembre. Le mois le plus mal aimé (mais à juste titre) de l’année vient donc de commencer, et je pense qu’on peut le dire sans crainte de représailles d’un quelconque mouvement terroriste : jusqu’ici, il n’est pas décevant. Il fait froid, il flotte, il se met à faire nuit d’un seul coup en plein milieu de l’après-midi, il y a des feuilles plein les trottoirs et j’ai oublié l’anniversaire d’un copain. Saleté de mois de novembre, tiens !

Pourtant, juste avant que novembre vienne squatter toutes les pages de mon agenda, nous étions encore fin octobre (je sais : ma pensée est d’une puissance rarement atteinte). Et alors, durant les derniers jours d’octobre, figure-toi que j’ai été – ici en ville – témoin un soir d’une scène tout à fait étonnante : des hommes commençaient à installer des décorations de Noël. Genre guirlandes, toussa.

guirlandes-noel-ville

Dans ce style-là (mais en pas tout à fait pareil).

Forcément, j’ai regardé l’heure pour vérifier qu’il était toujours octobre, mais non : je n’avais pas été pris d’une crise d’hibernation subite ni fait un bond dans le temps. A l’heure où le guignol lambda finissait ses préparatifs d’Halloween de cette charmante petite fête qui permet aux cathos de redécouvrir la Toussaint, ces guignols-là anticipaient déjà Noël. Ce n’est même pas encore l’Avent qu’ils nous inventent l’Encore-Avant. Ça m’a laissé tout “ah tiens”, cette affaire…

Une amie m’a glissé qu’ils avaient drôlement raison d’anticiper un peu, parce que c’est vrai qu’on a été prévenus : on ne connaît ni le jour ni l’heure. Alors des fois que Noël serait avancé cette année, autant être sur ses gardes et tenir son lampion allumé… C’est pas idiot du tout, du coup.

Depuis, j’ai quand même pris le temps d’y repenser. (D’autant qu’on s’emmerde généralement beaucoup plus en novembre qu’en octobre, donc ça laisse un peu de temps pour réfléchir.)

Et j’ai compris. (Tu trouves pas ça classe, toi, de caser une idée par paragraphe ?!)

En fait, le monde crève d’impatience que Jésus vienne le visiter ! Je ne vois pas d’autre explication : nos amis les contemporains n’attendent qu’une seule chose : qu’un petit enfant vrai Dieu et vrai homme débarque dans leur vie pour les illuminer de sa Parole et les rassasier de sa présence. Ils ne rêvent que de ça, ils n’en peuvent plus d’attendre ! Même que c’est parce qu’ils ne veulent surtout pas le louper, le petit Jésus d’amour de gloire, qu’ils commencent déjà à lui baliser le chemin comme une énorme piste d’atterrissage : “Te plante pas, Emmanuel : c’est bien ici qu’il faut que tu viennes !”

Bref, on est en train de nous brancher des Maranatha multicolores dans toutes nos rues, et il ne faudrait pas qu’on passe à côté de ce signe-là, parce que c’est quand même rudement fort.

Prépare ton faire-part : on va lui faire une fête de tous les anges, au p’tit divin gars !

4 novembre 2009

Ah ! ces jeûnes…

Classé dans : Indispensable (ou pas) — Edmond Prochain @ 21:47
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Lettre à un curé de paroisse :

Monsieur le père,

hostieJe vous écris au sujet d’une petite question qui me turlupine. Je viens tous les dimanches à la messe que vous faites, mais comme il y a toujours du monde pour vous parler à la sortie je préfère vous écrire.

On m’a dit qu’il fallait faire un jeûne eucharistique avant la messe et qu’il devait être d’une heure. Mais la personne qui m’en a parlé ne m’a pas expliqué si c’était une heure avant la communion ou une heure avant le début de la messe… C’est quand même pas pareil.

J’aimerais bien savoir, parce que je trouve quand même la messe un peu longue. Pas trop, ne vous inquiétez pas, mais un petit peu quand même. Du coup, vers la fin j’ai un peu faim.

Alors parfois je mange un peu avant de venir. Pas grand-chose : juste des chocos ou parfois un reste de tarte aux pommes, des trucs comme ça. Si je n’en mangeais pas, je pense que je pourrais m’évanouir avant la fin de la messe.

Pouvez-vous me dire si c’est un gros péché de manger un peu comme ça et d’aller à la communion après ? Et, si je ne mange pas trop (par exemple, je pourrais éviter de boire du coca avec et de manger des tic-tac dans le métro en venant, aussi), est-ce que c’est moins grave ? Et est-ce qu’il y a des solutions ?

J’essaie de ne pas le faire mais je n’y arrive pas. A chaque fois c’est pareil : j’ai faim…

Je vous demande tout ça parce que, vu que je ne suis pas baptisé, on n’a pas pu me l’expliquer au catéchisme.

Merci d’avance pour votre réponse.

La paix du Christ vous salue,

X.

[Note : Ceci est bien entendu une fausse lettre. Ecrite à la demande d'un vicaire facétieux, qui a voulu que je l'envoie à son pauvre curé (le genre scrupuleux qui se fait une montagne pour pas grand chose)... Hélas, on n'a jamais connu le fin mot de l'histoire !]

3 novembre 2009

Pensée pour aujourd’hui XVIII

Classé dans : Tout-venant — Edmond Prochain @ 11:04
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Se balader sur internet, c’est comme marcher en forêt à l’automne. On finit toujours par tomber sur un coin à bo(u)lets.

1 novembre 2009

En partage…

Classé dans : Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
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Bon dimanche et très bonne fête de la Toussaint ! Les lectures du jour, c’est par là.

beatitudes

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

31 octobre 2009

Hans Küng : sénile, ni écrire

Classé dans : Actu, Humeur(s) — Edmond Prochain @ 14:21
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hanskungL’article d’Hans Küng sur la politique du pape envers les anglicans est un véritable drame ! Il n’y a qu’à lire le premier paragraphe pour faire le plein de clichés, c’est assez intéressant d’un point de vue rhétorique : c’est la pédagogie du coup de pied dans la tronche. Fin comme la finition d’un gant de boxe. Rempli jusqu’à la nausée des obsessions d’un vieux monsieur qui semble saisir n’importe quelle occasion de régler ses comptes avec Benoît XVI ; même si ça doit passer par des tribunes où la pensée est tellement distendue que l’ensemble en devient intellectuellement incompréhensible. Symptomatique. Pathologique.

“Après avoir heurté de front les juifs, les musulmans, les protestants et les catholiques réformistes, voilà que le pape Benoît XVI s’en prend maintenant aux anglicans.”

Ah, mince, les pauvres : qu’est-ce qu’il va leur faire, le méchant Benoît XVI ? Il les agresse ? Pire encore : il les accueille. Fasciste, va !

Mais la situation, selon Hans Küng, n’est pas si simple. Non, “si simple” n’était pas assez : mieux vaut encore qu’elle soit simpliste, au moins tout le monde comprendra. Alors, d’abord, il y a un vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique. Le genre qui fait mumuse avec les extrêmes en permanence et ne dit jamais un mot sur l’Afrique ou l’économie mondiale. Du “pas bien” en barre, quoi. Et alors, le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique, eh bien il a tendu un piège machiavélique à tout un tas de charmants petits anglicans, qui sont un peu benêts et qui se sont laissés prendre comme des nouilles et qui quand même sont salement d’extrême droite (oui, parce que sinon ça se tient pas que le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique qui ne fait mumuse qu’avec les extrêmes s’intéresse à eux). Quant à l’archevêque de Canterbury, s’il a signé le communiqué annonçant la nouvelle du rapprochement, c’est parce que c’est une grosse buse. La preuve que c’est une buse ? facile : s’il n’en était pas une, il n’aurait pas signé.

Pour appuyer ce qu’il dit, Hans Küng a même trouvé un mec vachement bien qui dit des trucs rudement chouettes qui vont pile dans son sens : Hans Küng ! A quoi bon avoir des gens qui pensent comme soi, quand on est d’accord avec soi-même…

A part ça, son article est tout plein de petites sottises pour amuser la galerie (quel déconneur, tout de même !), d’allusions tout juste destinées à donner à l’ensemble un peu de sel polémique, d’interprétations qui feraient de l’expression “procès d’intention” un compliment, et surtout d’une suffisance telle qu’on n’en trouve guère que chez “les gens qui savent”. Du rabâchage de vieilles obsessions personnelles, écrites au mortier. Si près de 400.000 anglicans rejoignent l’Église catholique, c’est forcément contre leur gré, même s’ils ne le savent pas encore… Ce qui se conçoit mal s’énonce salement. Il ne manque finalement, pour faire entrer cette tribune parmi les grands classiques des pamphlets-ni-à-faire, qu’une allusion à Vichy – ce qui nous rappelle au passage qu’Hans Küng n’est pas Français, mais Suisse.

La coupe couche est pleine.

Comme le dit Patrice de Plunkett, dans un bon billet consacré à cette même tribune : “Küng a hanté trop longtemps les salles de rédaction pour n’avoir pas pris une série de tics”. Il qualifie même le texte d’“article de trop”, ce que je ne serais pas loin de penser si cette idée ne m’était pas déjà venue par le passé. De son côté, Gian Maria Vian, dans son éditorial de l’Osservatore Romano, ajoute : “le ton ne fait pas honneur à son histoire personnelle, et (…) à certains égards, frise le comique”. C’est vrai que, dès lors qu’on arrête d’être affligé, on se marre quand même pas mal.

Küng, King of the Kongs ? Évidemment non, mais ce papier n’est pas digne de sa grande intelligence ; et moi, des types brillants comme ça qui disent des âneries et le font exprès (et le font depuis un certain temps), ça m’agace pas mal. L’ensemble est tellement bête et méchant qu’il me donnerait presque envie de dire des grossièretés. Sauf que si je fais ça, ma mère risque de m’appeler pour me reprocher encore de dire des gros mots sur mon blogue. Et si elle m’appelle, elle risque de me reprocher aussi de ne pas l’appeler plus souvent. Tu comprendras donc que je ne préfère pas tenter le coup…

Alors que dire ? Rien. Il n’aurait même pas fallu en parler, finalement. Pourtant ça fait du bien !

30 octobre 2009

Quoi de neuf ? Glorious (ben ouais)

Classé dans : Humeur(s) — Edmond Prochain @ 20:20
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C’était juste avant le concert Anuncio, soit approximativement y’a pas si longtemps que ça. J’en ai découvert une bonne, figure-toi ! Tu sais, l’an dernier, Glorious a sorti un album intitulé Génération louange… eh bien figure-toi que j’étais convaincu de l’avoir écouté, alors qu’en fait non.

Je suis comme toi : j’en suis resté complètement sur le cul stupéfait.

Il a fallu que je réfléchisse un peu (je t’arrête tout de suite, tous ceux qui veulent dire un truc du genre : “Ah bon, ça t’arrive ?” – parfaitement, ça m’arrive !), et puis j’ai réussi à me souvenir que j’avais dû en écouter un ou deux extraits sans en être emballé ; ensuite, la dimension hautement sélective de la mémoire a probablement complété pour me donner le sentiment d’avoir entendu le disque entier et d’avoir été – globalement – déçu. C’est bête, parfois, la mémoire. Surtout la mienne.

Alors, fort de cette prise de conscience aussi subite que transcendantale, je me suis dit que ah ouais quand même peut-être que ça serait plus juste d’écouter tout le disque, un jour… Ensuite – crois-moi si tu veux – je l’ai fait. J’ai écouté. L’album. D’un bout à l’autre. Et plusieurs fois.

La pochette est pas magnifique, je te l'accorde.

La pochette est pas magnifique, je te l'accorde.

Bilan ? En fait, j’ai bien aimé.

Prends quand même conscience que quand leur premier disque était sorti, Glorious était devenu le symbole immédiat d’une génération de cathos qui voulaient témoigner ouvertement et joyeusement de leur foi. Sans être parmi les “fans” parfois hystériques (quoique généralement plutôt féminins) des trois frangins, j’avais envie de les soutenir par principe. Peut-être pas au point d’acheter les yeux fermés tous leurs disques et produits dérivés, mais quand même : ne pas leur cracher dessus comme le faisaient certains autour de moi sous prétexte qu’ils étaient “trop ceci” et “pas assez cela”.

Je me souviens surtout d’un très bon concert durant le congrès Paris Toussaint 2004. Pourquoi celui-là ? je n’en sais rien. Mais celui-là. Coïncidence amusante : ils seront demain en concert à Paris à l’occasion de la même soirée HolyWins. Et le pire, c’est que je ne m’en rappelle que maintenant ; il n’y a donc pas de lien spécial avec ce billet, c’est un pur hasard.

Je me rappelle aussi d’une brève rencontre avec Benjamin Pouzin, alors que j’étais en train d’accrocher une affiche pour un spectacle “concurrent” le soir d’un de leurs concerts… Bêtement, je m’étais presque excusé qu’il me voie faire ça (ouais, bon, j’étais jeune !), et il m’avait répondu en rigolant : “T’es malade ou quoi ? On bosse pour le même Dieu ! C’est cool que tu fasses ça…”

Bref : le dernier album. Au micro, Thomas (le chanteur – j’espère qu’il ne lit pas ce blogue !) a toujours quelques soucis de justesse par moments, même s’il s’améliore, mais le groupe a assez positivement évolué. Les chœurs, par exemple, sont intéressants dans la façon dont ils sont intégrés à l’esprit de l’album. Il y a des maladresses, quelques naïvetés, des phrases parfois hasardeuses d’un point de vue syntaxique, mais tu vas rire : ça donne aussi du charme à l’ensemble. C’est sincère, comme si les p’tits voisins du dessus avaient enregistré un disque qui se révélait bien plus pro(pre) que ce à quoi on s’attendait.

Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit : Glorious ne révolutionnera certes pas la musique et n’est toujours pas le groupe que j’écouterai en boucle pendant les vingt prochaines années. Y’en a déjà suffisamment en concurrence pour cette place-là. Mais il fait son petit bout de chemin avec une certaine classe. J’ai toujours envie de les soutenir, par principe. Rien que pour les jeunes à qui ils font du bien, ce serait dommage de les arrêter. Et finalement, à revenir au concept de départ de louange pure et douce, Glorious retrouve paradoxalement une simplicité à hauteur de la professionnalisation de sa musique.

Il y a de bonnes choses dans ce disque. De très bonnes choses. Ça ne fera toujours pas de moi un “fan” hystérique (d’ailleurs, je ne suis pas féminin), mais  ils regagnent un cran dans ma sympathie, alors que je pensais avoir été déçu… Je ne sais pas où j’avais été pêcher cette idée, mais ça valait le coup que je le dise.

Promis, les gars : la prochaine fois j’essaie de ne pas attendre un an pour vous écouter !

25 octobre 2009

L’enfer est pavé de quoi, déjà ?

Classé dans : Rabat-joie — Edmond Prochain @ 10:35
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Pour déroger à la règle que je me suis fixée de ne jamais publier de billets le dimanche (les bédés sont programmées à l’avance), tu penses bien qu’il me fallait une bonne raison. J’en ai une. Le titre aurait aussi pu être : “Comment le blogueur, en voulant rapidement donner son avis avant le coucher du soleil, s’est vautré en plein dans les défauts de la précipitation” (mais c’était un peu long).

Bon. Reparlons du Père Andrew qui joue au poker à la télé pour sa paroisse. Pour le coup, j’ai effectivement mal compris le fond de cette histoire, et je me suis un peu ramassé en en tirant des conclusions hâtives. En cela, je remercie vraiment le père David Lerouge d’être venu mettre un peu de bon sens dans les commentaires avant qu’ils ne partent en trop forts jugements, et aussi le père Andrew Trapp lui-même, venu donner sa version des faits (en français, s’il vous plaît !).

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Là, visiblement, il vient de gagner...

J’avoue ne pas être fâché malgré tout d’avoir dit dans mon précédent billet que je le trouvais vraiment sympathique et que l’initiative m’amusait ; ça m’évitera de trop donner l’impression de retourner ma veste maintenant. De fait, je maintiens absolument : le culot avec lequel il est allé joué a quelque chose qui me plaît. Et je trouve son commentaire beaucoup plus juste dans son expression que les mauvais résumés de la situation lus ici ou là…

Précisons donc un détail, que le Père Andrew éclaircit lui-même : il n’a pas joué l’argent de sa paroisse ! Bon point. Ce n’était vraiment qu’un jeu télévisé, ce qui change pas mal de choses, avouons-le.

Mais qui ne change pas tout… Alors que j’écris, Poussah est en train de me dire : “Tu as raisonné juste sur des assomptions fausses” ; il a raison. Il y a clairement une erreur de ma part, mais que ce soit l’occasion de réaffirmer quelques trucs ! J’avais pris cette histoire aussi comme  un prétexte pour parler des jeux d’argent. Je peux donc maintenir sans rougir tout ce que j’ai dit à ce sujet. En répétant même un point : je trouve mille fois plus convaincante son explication du principe du jeu que les pauvres tentatives de se raccrocher au CEC pour justifier la démarche. Le Catéchisme – comme, a fortiori, l’Évangile – ne peut pas et ne doit pas se laisser contorsionner pour entrer dans les cases de nos propres justifications. Je maintiens donc que la citation censée justifier la démarche ne s’applique pas à un jeu dont le principe est l’intimidation et l’écrasement, dès lors que les sommes des gains sont telles.

La problématique de l’évangélisation continue d’ailleurs de me poser problème (i.e. je suis toujours pas convaincu !), parce qu’autant imaginer un prêtre qui joue des mises symboliques avec des jeunes pour établir une relation me plaît beaucoup, autant aller à la télévision dans un jeu qui me semble contestable dès lors que les enjeux financiers sont trop forts me grattouille un peu… Encore une fois : je me garderai bien de condamner, mais je suis sceptique sur les effets réels et la pertinence de tout cela.

Peut-être peut-on voir dans tout ça une vraie invitation à la prudence dans notre “utilisation” de l’Ecriture et de la Tradition. Citer le Catéchisme, c’est bien (et même très bien), mais ça ne dispense certainement pas de s’interroger. Si on pouvait l’avoir plutôt comme une lumière pour éclairer notre propos, et pas comme un pur argument d’autorité laissant peu de place à la contestation, ce serait pas mal. Cette réflexion s’applique évidemment autant à moi qu’à toi, commentateur régulier ou occasionnel.

En tout cas, à contester les bonnes intentions du Père Andrew, qui me semblaient donner lieu à une démarche inadaptée, j’admets être tombé dans le travers que je dénonçais. La prochaine fois (curieusement, c’est la base de mon métier – comme quoi je suis ici bien plus blogueur que journaliste), je tâcherai de ne pas simplement avoir de bonnes intentions, mais d’aller vérifier un peu plus avant de m’emporter.

Sans rancune, Father ? ;-)

Un aveugle bien en vue

Classé dans : Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.

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Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

24 octobre 2009

Le pasteur et son tripot

Classé dans : Rabat-joie — Edmond Prochain @ 19:14
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Depuis une étiquette gracieusement offerte par un hebdomadaire familial catholique, je sais bien que certains se contentent de voir en moi un rigolo de service. Sauf que, regarde bien, dans la colonne à droite (l’amusant avec internet, c’est que c’est l’un des rares lieux où la droite de celui qui montre est la même que celle de celui qui se fait montrer – remarque pertinente s’il en est) il y a une catégorie qui s’appelle “Rabat-joie” ; où j’assume donc le fait d’être occasionnellement un râleur fini. Comme ça va être le cas dans la suite de ce billet. Même pas honte.

Petit désaccord – cordial – entre sacristains en fin de semaine, sur une info un peu étonnante : un prêtre américain de 28 ans qui a gagné 100.000 dollars pour sa paroisse en jouant au poker. L’info est reprise un peu partout dans la presse, et on comprend les journalistes : l’histoire du père Andrew Trapp a quand même quelque chose de savoureux… C’est toujours l’occasion de montrer qu’on est en verve par quelques calembours du plus bel effet. (Il n’y a qu’à voir le titre de ce billet pour se rendre compte que je ne vaux guère mieux que les autres !) Du côté des grenouilles de bénitier sonneuses de cloches, JBM en a fait un billet sur Anuncioblog, apparemment Armagilius partage son avis (cherche pas où – c’est en interne ou sur faycebouc que je l’ai vu). Aujourd’hui, voilà qu’Emmanuel Pic aborde brièvement la question à son tour ; et je dois dire qu’il m’enlève les mots de la bouche, je suis assez d’accord avec son point de vue.

poker

Alors, bon. Certes, on nous dit que tous les gains iront à un projet de sa paroisse, que son évêque lui a donné sa bénédiction, que même s’il avait perdu ça aurait été une occasion de voir un prêtre à la télévision. Certes, on nous cite aussi le CEC pour nous expliquer que le poker est cascher :

“Les jeux de hasard ou les paris ne sont pas en eux-mêmes contraires à la justice.”

Mouais… Sans que je sois profondément outré par la démarche (qui m’amuse malgré tout par son culot), je ne suis pas convaincu par l’argument. Je le trouve même d’assez mauvaise foi : un pari entre amis, un jeu de hasard à l’occasion ne sont pas mauvais tant qu’ils restent des occasion de se rencontrer et d’échanger, me semble-t-il. C’est en ce sens que je comprends le Catéchisme. Mais peut-on en dire autant de jeux “massifs”, tels que le Loto ? Dans ce cas-là, chacun peut jouer dans son coin et quelques rares gagnants touchent des sommes démesurées, alors qu’à l’autre bout de la chaîne certains vont prendre sur leur nécessaire, comme un impôt prélevé pour avoir le droit de rêver que l’argent leur offrira des lendemains meilleurs… En tant que chrétien, je n’ai jamais pu me faire à l’idée de jouer ; c’est contraire à ce que ma conscience me souffle. Quitte à être effectivement un rabat-joie.

Dans le cas du poker, je ne trouve pas ça beaucoup mieux. On présente l’affaire comme une belle aventure, mais elle s’appuie malgré tout sur un jeu d’intimidation qui peut devenir une réelle addiction chez certains joueurs. Une partie entre amis, avec des mises symboliques, ne peut évidemment pas être mauvaise (elle peut même être franchement marrante). Mais à ce niveau, quand le but est d’écraser l’autre pour récolter la plus grosse somme possible, est-ce encore le cas ?

Je répète : il n’y a pas de condamnation dans mon propos. Je m’interroge simplement.

Qu’aurait-on dit si ce jeune et sympathique prêtre avait perdu l’argent de sa paroisse dans le tournoi de poker ? C’est pourtant le revers possible de son succès…

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Dernier point : là où je ne suis pas du tout d’accord avec JBM (mais alors, vraiment pas du tout !), c’est quand il présente l’affaire comme une initiative d’évangélisation. Certes, c’est le thème de son blogue, mais je m’insurge ! Evidemment que la présence d’un prêtre dans ce tournoi diffusé à la télévision est une occasion de voir l’Eglise différemment, avec un beau visage jeune, moderne et dynamique… Mais bof. Voilà le plus pur concentré de mon avis : Bof ! A ce titre-là, autant imaginer qu’un prêtre aille ouvrir un bar et serve de l’alcool pour toucher un public peu habitué aux églises et montrer que l’Eglise et le clergé sont faits d’hommes ordinaires ! Je pousse un peu (et encore : j’aurais pu aller plus loin dans la caricature), mais cette idée me fait réfléchir.

Pas sûr que toutes les occasions soient bonnes d’évangéliser, que toutes les attitudes soient acceptables pour annoncer la Parole de Dieu. Mais là, ce n’est que mon point de vue, évidemment…

[Edit : Après certains commentaires, dont celui du Père Andrew ci-dessous, j'ai consacré un second billet au sujet. A lire avant de réagir, éventuellement !]

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