Le blogue d’Edmond Prochain

5 juillet 2009

Comité d’accueil

Classé dans : Bédés — Edmond Prochain @ 6:00

Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.

prophete-en-son-pays

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

2 juillet 2009

La croix, elles la bannirent

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 8:53
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Il y a forcément un côté kamikaze à se lancer dans le traitement d’un sujet que Koz a déjà excellemment commenté. Mais je suis un déglingo, alors j’en remets une couche. Eh ouais. Mais j’en profite pour préciser d’entrée que ça ne servira à rien de me dire en commentaire que mon-billet-t-à-moi il est moins bien ; j’en suis conscient, et je crois d’ailleurs que je m’en fous…

Mais entrons dans le vif du sujet.

C’est l’histoire de deux profs de français – des femmes, mais c’est un détail peu pertinent – qui ont fait une funeste découverte en venant gentiment faire les examinatrices au bac de français. Brr, les pauvres… Avec quoi se sont-elles donc retrouvées nez-à-nez ? se demande ici et à juste titre n’importe quel lecteur (on va dire : toi, pour simplifier). Était-ce le cadavre d’un élève de filière S ? Flaubert lui-même déterré par quelque candidat rancunier ? Le nouveau ministre de l’Education Nationale dépecé avant d’avoir pu annoncer sa première réforme ? Pire, les enfants ! pire ! Bien pire !

Il faut dire que les lycées privés recellent parfois de curieuses reliques. Moi-même, j’ai vu dans celui dont j’ai ciré les bancs avec mes fonds de culotte un vrai squelette d’origine  inconnue (selon la légende) et même un cerveau humain conservé dans du formol. Soit du bizarre classique et du dégueu ordinaire.

Mais à Choisy-le-Roi, on ne fait pas dans ce genre de curiosités. Au lycée Saint-André, on frappe fort. On exhibe aux yeux de tous des horreurs, des vraies. On suspend sur les murs… ça :

Oui, c'est bien une croix !

Oui, c'est bien une croix ! (J'affiche la même que Koz pour accentuer sa campagne de publication de croix sur faycebouc.)

C’est insoutenable, je sais. Imposer au regard de tous de tels instruments de torture, alors même que pour beaucoup de bacheliers l’oral de français s’apparente déjà à une torture (moi, perso, j’avais eu une bonne note), c’est inhumain. Dégradant. Totalitaire, même. Et je pèse mes mots.

D’ailleurs, je pose la question : qui s’attendrait à trouver ce genre d’objet dans un lycée privé catholique ? C’est vrai, ça : Qui ?

Heureusement, seules pour se lever contre ce cabinet d’épouvante qui aurait fait frémir Barbe-Bleue lui-même, nos deux enseignantes ont enfilé leurs costumes de justicières de la laïcité et exigé le retrait des scandaleux symboles d’aliénation intellectuelle (pour info : elles ne l’ont pas obtenu). Je tiens tout de même à préciser ici, afin que les manuels d’histoire n’ignorent pas ce détail quand on reparlera de ce grand jour pour la résistance à l’obscurantisme, qu’elles l’ont fait au mépris de toutes représailles du lobby judéo-maçonnique des légions du pape (les fameuses). La liberté d’expression a donc fait un grand pas. Youpi tralala.

Depuis, le syndicat enseignant SNES-FSU s’est fendu d’un communiqué pour protester aussi, parce qu’il n’y a pas de raison que deux profs isolées récoltent toute l’attention médiatique. Il a bien fait, à mon avis, parce que ça permet de faire vivre un peu son site internet. Et probablement d’augmenter un peu le trafic, ce qui est toujours bon à prendre à l’heure des vacances scolaires. Il n’y a pas de petits profs profits.

A la place du directeur de l’établissement, je pense que j’aurais demandé si je devais aussi me débarrasser des pieux et des gousses d’ail gardés dans les placards pour compléter l’attirail de défense en cas d’attaque de personnes aux dents longues. Mais le gars a vachement plus d’humour que moi, puisqu’il a répondu (sans rire) :

“Il est difficile de retirer tous les signes religieux d’une école catholique.”

Et il faut bien reconnaître que, bon, c’est pas con. On ne le dit pas assez, en tout cas. Si ça se trouve, l’an prochain, nos deux héroïnes de la liberté d’expression reviendront réclamer que le lycée Saint-André soit rebaptisé “lycée Dédé-le-Bon-Gars” le temps des épreuves du bac. Parce qu’il ne faudrait quand même pas que les pauvres petits élèves si influençables n’entrent en contact avec le moindre signe religieux. T’imagines : des fois que ça les convertirait ! Nos malheureuses examinatrices porteraient la responsabilité de ce drame, et pourraient même être accusées de non-assistance à personne en danger.

En attendant, la Direction des Affaires juridiques a été, nous dit-on, “saisie“. On la comprend : il y a de quoi être drôlement choqué par cette sale affaire. Tss, tss…

30 juin 2009

C’est pas ma faute !

Classé dans : Clin d'oeil — Edmond Prochain @ 14:38
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Tu risques d’être drôlement surpris, mais en fait je suis un gars hyper-faillible. Un truc de fou : ça m’arrive vachement souvent de faire un truc pas bien quand je voulais faire un truc chouette, ou même de pas faire un truc cool alors que je voulais vraiment le faire. Comme disait (mieux) l’avorton.

Mais tout ça, bah c’est pas ma faute, d’abord ! Ou si peu.

sempe-peche

Merci à David qui m'a remis cette petite perle en mémoire ! (Clique pour lire la légende.)

En plus, eh bah quand on est catho c’est plutôt un avantage d’être un sacré charlot, du genre bras cassé de chez mal foutu. Pour de vrai : ça peut mener loin. Très loin. Et c’est pas tous ceux-là qui vont dire le contraire :

Là, je sais, faut une certaine qualification en anglais pour comprendre… Mais en résumé pour les plus chauvins d’entre toi, il suffit que tu comprennes que Dieu se sert la plupart de temps de gros tocards pour faire sa volonté. Et en plus, ça marche !

Ce qui m’amène à la conclusion de ce billet : je suis un charlot… youpi tralala !

29 juin 2009

La rue assourdissante autour de lui hurlait

Classé dans : Bédés — Edmond Prochain @ 9:07
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En raison d’une maintenance du site StripGenerator, je n’ai pas pu préparer la bédé d’hier à temps (sans compter que, bon, ça m’arrive aussi de partir en week-end). Ceux qui me suivent sur faycebouc étaient au courant ; je présente mes plates excuses aux autres, toussa.

Mais comme je suis pas le mauvais bougre, voilà un petit rattrapage du lundi matin… Les lectures d’hier, donc, c’était par là. Bonne semaine !

femme-dans-la-foule

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

26 juin 2009

“Venez et croyez-en vos yeux”

Classé dans : Effets de buzz — Edmond Prochain @ 13:34
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Je t’avais déjà parlé de la série Le Forum déjeune, réalisée par des copains (c’est une période où je fais de la pub, c’est comme ça, mais de toute façon si je n’aimais pas les choses dont je parle, eh bah j’en parlais pas et puis c’est tout) (alors pouet pouet).

Pour le clin d’œil, voici une vidéo initialement intégrée à l’épisode 9 de la série. Ils viennent de la ressortir à part, ce qui est une bonne idée je trouve. (Mets le son bien fort avant de regarder.)

Dans l’univers de la vidéo catho, j’aime bien cette audace-là, cette originalité de traitement. La bande annonce à l’américaine – tendance film bien lourd qui ne ménage pas ses effets – fallait oser ! Le fond du texte (sauf erreur de ma part) est tout à fait exact et pourrait constituer le commentaire de n’importe quelle vidéo plan-plan de présentation. Sauf que ce ton de la voix off est complètement décalé et le traitement visuel change tout. On sent les heures de visionnage des bandes-annonces classiques ; du coup, la parodie tourne à plein tube. Et quand on pense que c’est réalisé avec trois bouts de ficelle…

J'ai vu, et j'y crois, moi...

J'ai vu, et j'y crois, moi...

Au passage, les petits mariolles ont changé leur nom de “Fils prodiges” en “Films prodiges“. Une petite différence de rien du tout, mais s’ils pensaient que je n’allais pas remarqu[er], ils se gouraient lourdement. Voilà, c’est dit.

25 juin 2009

Aimer ou servir, en actes, il faut choisir

Classé dans : Clin d'oeil — Edmond Prochain @ 11:12
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Avant de commencer, je tiens quand même à adresser un méga merci cosmique à Daph’, qui a réussi à me trouver le scan qui tue tout, et surtout que je cherchais depuis un bail. Merci, donc ! J’aime bien l’idée qu’un blogue comme celui-là n’ait pas que des lecteurs mais une vraie petite communauté prête à collaborer à l’occasion…

Alors voilà, donc, c’est les Scouts unitaires de France qui vont morfler aujourd’hui. Ch’uis un peu désolé que ça tombe sur eux, mais ils l’ont quand même bien cherché. Quoique, l’anecdote commence à remonter… et je suis pas sûr qu’il y ait pas prescription. Mais tant pis.

Éléments de contexte : nous sommes en mars 2006, je rends visite à des amis qui ont réussi à se faire refourguer un calendrier à la sortie d’une messe par je-ne-sais-quelle boule de SUF. L’objet a donc été affiché dans la cuisine, tant qu’à faire. Je jette un oeil, machinalement (ce qui m’étonne toujours un peu, vu que quand même je suis pas une machine), et l’œil que j’ai jeté bloque. Sauf que dans un premier temps j’ai pas bien compris le problème. Du coup, je vais voir de plus près là où j’ai jeté mon œil, et je penche aussi l’autre sur la question.

Et je lis ça :

Clique sur l'image pour l'agrandir si tu ne me crois pas...

Clique sur l'image pour l'agrandir si tu ne me crois pas...

Dans un premier temps, moi, naïf comme je suis, je me dis que ça ne veut rien dire. Alors je réfléchis. Et c’est là que, dans un second temps, je comprends : Ben non, ça veut rien dire !

Je répète donc, pour que tu en prennes toute la mesure : “Aimer, c’est servir en actes”, ça ne veut strictement rien dire. Mais alors, rien du tout. Nothing. Nada. Que dalle.

Mais alors quoi ? Ils fument, aux SUF ? Pas tout à fait… En réalité, il existe bien une formule, assez connue, qui est dite lors de l’engagement des guides aînées. (Je précise pour ceux d’entre toi qui ne s’y connaîtraient pas beaucoup plus que moi en crapahutage dans les bois et autres méthodes pédagogiques badenpowelliennes qu’une guide est le féminin d’un scout. En gros.) Cette formule, donc, elle dit :

“Rappelle-toi que servir, c’est aimer en actes. A chaque instant, aime ce que tu fais avant de faire ce que tu aimes !”

Si ça t’intéresse, le texte complet est publiquement disponible sur cette page – avance jusqu’au “flot vert”. Mais la citation que je viens d’en tirer te montre bien qu’il y a eu comme un merdoiement dans la phrase du calendrier. “Servir, c’est aimer en actes”, ça a mine de rien vachement plus de sens. C’est même assez beau, comme idée.

Bref, tout ça pour dire qu’il faut faire gaffe quand on édite un calendrier, parce qu’ensuite, les conneries qu’on écrit dedans, les gens se les farcissent tous les jours dans leur cuisine. Et y’en a même qui seraient foutus de ressortir des phrases qui veulent rien dire en public !

22 juin 2009

Le vent est de retour

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 10:06
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Quand j’étais enfant, je jouais parfois avec des petits moulins à vent ; tu sais, ces trucs colorés accrochés au bout d’une tige, comme des fleurs, et qui tournent. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas toujours du vent. Alors parfois il fallait le chercher, et la magie de l’enfance, c’est qu’on le trouvait, le vent : il suffisait de courir pour le rattraper ! Et le moulin tournait.

Ensuite j’ai un peu grandi et j’ai commencé à faire un peu moins gaffe au vent. Mais j’ai découvert une autre façon de le trouver quand il se cachait (et même que j’étais vachement fier de moi) : je mouillais mon doigt et je le levais. Ça me faisait sentir le sens des courants d’air. Et j’aimais bien ça, je crois.

Le truc avec le vent, en fait, c’est qu’à part les bourrasques et les tempêtes, et à part quand on est enfant aussi, on se rend jamais trop compte s’il est là ou pas. On croit qu’il est parti, un peu.

Et puis hier, j’ai pris le train. Le paysage défilait drôlement vite. Ah ouais, parce qu’il faut que tu saches que je continue de considérer que quand tu voyages, c’est le paysage qui se déplace ; la preuve, c’est que moi je bouge pas. D’abord. Or donc voilà, toussa, à côté de mon train y’a de grosses éoliennes qui sont passées. J’ai bien regardé les arbres autour : ils bougeaient pas, y’avait pas de vent. Et pourtant elles tournaient. Donc y’avait du vent. Un peu. Le même vent que je croyais parti, en fait, il était resté. Voilà. Il suffisait de quelques éoliennes pour rendre témoignage au vent. Le vent était de retour.

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

Si je te raconte tout ça, c’est pour que tu fasses pas de blague toute pourrite sur le titre du bouquin dont au sujet duquel je veux te parler. Ça s’appelle Dieu est de retour. (Nan, en vrai, il était pas parti – essaie de suivre, je te jure, c’est fatigant parfois…) C’est écrit par un ami qui s’appelle Jean-Baptiste Maillard, mais c’est pas que pour ça que j’en parle. Quoique, un peu quand même. Mais pas que.

En dédicace, JBM m’a écrit :

“Nous partageons le même souci de l’évangélisation. Puisse ce livre t’encourager dans ton apostolat sur internet, autour de toi et loin de toi !”

La question, donc, c’est qu’il est urgent d’annoncer notre foi dans le monde. Pourquoi c’est urgent, tu te demandes ? Faut que tu lises le livre pour savoir ! (Je fais du suspense pour vendre un peu, t’auras noté.) La vraie question, alors, c’est que la mission laissée par le Christ aux apôtres, c’est l’affaire de tout le monde aujourd’hui. Chacun à sa place, chacun a sa place. Et cette enquête le montre bien, en brassant à peu près tous les domaines : professionnel, générationnel, confessionnel, sensibilitionnel, toussa.

JBM, il dit des trucs énergiques et parfois un peu grosmotisés, du genre : “Le monde crève la gueule bouche ouverte, le monde meurt. Et que faisons-nous pour voler à son secours ?” Mais il a pas tort, et je dirais même plus : il a raison. Et puis JBM, aussi, il parcourt la France à la rencontre de tout plein d’évangélisateurs tous plus tarés les uns que les autres, et pourtant humains. Au final, il fait un sacré recueil de bonnes idées.

C’est un peu Tintin et les Sept dons de l’Esprit, en fait.

La couverture est jolie (c'est toujours plus sympa au moment de l'afficher sur son blogue).

La couverture est jolie, non ?

Après, évidemment, je pourrais lui reprocher d’avoir un peu poussé le principe du panel trop loin, de zapper d’un sujet à l’autre sans que le rapport soit toujours évident, de présenter des initiatives d’inégal intérêt à mes yeux, d’avoir casé sa femme dans les témoins interrogés alors que moi-même pas (tu me diras, ça m’a évité de lui dire non !), ou encore de taper parfois un peu trop dans un milieu que je reconnais trop facilement, où je connais un peu trop de noms pour être totalement surpris. Je pourrais lui reprocher ces choses, sauf qu’en vrai il arrive toujours à dépasser ces petites caricatures passagères pour revenir à quelque chose de plus essentiel. Le Christ, en l’occurrence. (Ça devrait toujours être l’occurrence.)

Sans compter qu’au-delà de cette essence-là, JBM a le bon goût, tout le long de son enquête, de ne pas se positionner en réactions aux initiatives passées (et parfois encore présentes) de l’Église en France. Ce parti-pris, sage et très juste, de la continuité tout en réclamant un souffle nouveau, un paragraphe l’illustre bien :

“Il ne suffit pas que l’Église de France “prenne à bras le corps les questions de société”, comme on l’entend souvent. Ni qu’elle réfléchisse à la question de sa “présence au monde” ou de sa “visibilité”. Être présent est nécessaire mais insuffisant sans l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut. Le plus urgent est que l’Église de France se jette sans plus attendre dans cette évangélisation de nos contemporains. Cette évangélisation, rappelons-le, n’est pas un volontarisme ou un activisme. Mais toutes les activités des chrétiens doivent être ordonnées à l’annonce du Christ , comme nous l’a rappelé Benoît XVI en France. Oui, il faut évangéliser la France. Alors qu’attendons-nous ? Si nous nous lançons résolument dans cette évangélisation, alors oui, l’Église sera vraiment présente dans notre société, et le Christ dans le cœur de chacun.”

Mais sans rire, il faut lire Dieu est de retour. Et pas que parce que c’est le livre d’un copain. Il faut le lire parce que ce livre présente plus de visages de cathos engagés que ce que certains croient qu’il reste de cathos dans l’Église. Il faut le lire, aussi, parce que quand on est dans le train à regarder les éoliennes avec le livre posé sur la tablette devant soi, il interpelle les gens qui passent :Dieu est de retour… Ah bon, il était parti ?”

Nan, en vrai, il était pas parti.

21 juin 2009

Le calme avant la tempête

Classé dans : Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.

tempete-apaisee

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

18 juin 2009

Le mariage encore rappelé à l’Ordre

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 19:09
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Ça nous pendait au bout du nez comme une goutte de morve à la saison du rhume des foins. Et je ne dis pas ça uniquement pour que tu t’exclames : “Oh ! mais il est dégueu !” dès le début de ce billet ; je le dis comme je le pense, c’est tout. Fallait bien que ça tombe parce que, d’une, c’était devenu trop calme depuis les dernières sorties pontificalo-capotines et, de deux, lancer une “année sacerdotale” est dans le monde médiatique actuel une audace qui frise l’inconscience.

Voilà. Le couperet de l’AFP et de TNS-Sofres est tombé :

82% des Français, 83% des catholiques et 73% des catholiques pratiquants sont favorables au mariage des prêtres.

C’est sûr, ça calme ! Alors plusieurs remarques s’imposent. (Entends par là que je vais t’imposer plusieurs remarques.)

Déjà, la dépêche ne précise pas s’il s’agit du mariage des prêtres entre eux. Ce qui m’étonnerait quand même un peu dans la mesure où, jusqu’à nouvel ordre, en France, il n’est pas possible d’épouser une personne du même sexe que soi-même. Mais cette imprécision est néanmoins regrettable. Je trouve.

Ouais, y'a des fois vraiment...

Ouais, y'a des fois vraiment...

Ensuite, il y a cette question de l’ordination d’hommes mariés. Les chiffres sont sensiblement les mêmes. Sauf que je me demande quand même dans quelle mesure cette question est pertinente juste après avoir posé celle du mariage des prêtres de façon générale. Tu la vois, toi, Mademoiselle Pimprenelle (ça faisait longtemps que je l’avais pas convoquée, celle-là), qui dit qu’elle est pour que son curé puisse épouser qui il veut, mais qui précise ensuite que – ah non, pouahberk ! – hors de question que son voisin Monsieur Lafouine puisse être ordonné ? Évidemment, ça n’a pas beaucoup de sens ; sauf à interroger les gens sur la solution qui leur paraît la plus adaptée, mais faut peut-être pas trop pousser non plus Mademoiselle Pimprenelle dans les orties (parce que ça pique – mais tu me diras, elle aussi).

Autre sujet de poilade pré-estivale offert par le sondage, les explications avancées :

Parmi les facteurs de baisse des vocations, 80% des personnes interrogées citent le célibat des prêtres, 69% la montée de l’individualisme, 67% les prises de position de l’Église et 54% les conditions de vie des prêtres.

Moi qui suis un grand naïf devant l’Éternel, je me prends encore à rêver du jour où quelqu’un aura l’idée de vérifier cette idée couramment admise que la “crise” des vocations est une conséquence directe du célibat des prêtres. Par exemple en allant comparer avec les chiffres des vocations chez les protestants, ou même (soyons des oufs) dans d’autres religions. Je me suis laissé dire que chez les Juifs, la “carrière rabbinique” n’était pas si florissante que ça… A quand des sondages réclamant le mariage des rabbins ?!

On peut également se demander si, dans une certaine mesure, le nombre de vocations sacerdotales à l’heure actuelle n’est pas à envisager à la mesure du nombre de catholique (réellement) pratiquants. Comme l’a fort bien dit le dominicain Thierry-Dominique Humbrecht : “Il n’y a pas une crise des vocations en France, mais plutôt une crise de la foi !” Ceci peut éventuellement expliquer cela. Aussi.

Pourtant, c'est pas mal non plus, dans le genre, comme alliance.

Pourtant, c'est pas mal non plus, dans le genre, comme alliance.

Le fait est que cette hyper-préoccupation pour le célibat et (in fine) la sexualité des prêtres a tendance à me gonfler légèrement. Que tout le monde ait tellement l’air de se préoccuper du fait que leur zizi puisse servir à autre chose qu’à arroser les salades, c’est une sollicitude qui me semble toujours assez suspecte. Essayons, un jour, de relever (un peu) le débat.

Question pour le bac philo de l’année prochaine : “Au fond, qu’est-ce que c’est, un prêtre ?” L’Église prend de l’avance ; elle a inscrit le sujet au programme cette année. La rentrée est demain.

16 juin 2009

Pensée pour aujourd’hui XI

Classé dans : Tout-venant — Edmond Prochain @ 18:59
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L’égoïsme est une qualité qu’on est souvent seul à goûter pleinement.

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