Avant toute chose, je le dis tout net : non, non et re-non, le Mercredi des Cendres n’est pas la fête de Cendrillon ! Au moins, ce sera clair. Quoique, c’est pas non plus une raison pour ne pas penser à elle, parce que faut quand même avouer que la pauvre n’a pas été tellement gâtée par la vie, entre la mort de ses parents, sa méchante marâtre, ses belles-sœurs vilaines (dans tous les sens du terme), ce gros tas de poils qui mérite bien son nom de Lucifer et l’autre prince soi-disant charmant qu’elle se coltine à la fin. Ouais, je sais : le prince il est trooop beau, mais faut vous rendre à l’évidence, les filles… avec un mec qui aligne aussi peu de mots en une heure et demi de film, bah moi je dis que la communication dans le couple ça va pas être coton !

Et en plus, on l'entend jamais se plaindre...
Bon. Et maintenant qu’on a reparlé d’elle, comme je suis prêt à parier que pour aujourd’hui tu t’attendais vraiment pas à celle-là, je pousse encore plus loin (je suis un ouf) et je péremptorise :
Sainte Cendrillon sera mon modèle de Carême cette année !
Voilà. C’est dit. Et j’assume, même si j’entends déjà ricaner les ricaneurs. J’ai pas honte. Ceux qui ne comprennent pas n’ont qu’à comprendre.
Quoi ? Que j’explique pourquoi ? Si tu veux… Mais je passe sur le fait qu’elle jeûne souvent ou qu’elle a des goûts simples, parce que bon, je suis pas trop sûr qu’elle ait le choix, en fait.
Faut d’abord voir que Cendrillon, elle ne se lamente pas sur son sort tout le temps comme une vieille aigrie qui chouinerait pour un rien. Non meûdame ! Cendrillon, bah elle chante dans l’adversité, et même qu’elle chante quand même vachement mieux que Javotte et Anastasie (si, tu sais : les belles-sœurs vilaines [*]), d’abord.
Ensuite, elle accueille tout le monde, Cendrillon. Même si ça fait une bouche en plus à nourrir, quand GusGus (si, tu sais : la souris rondouillarde [*]) il débarque, non seulement elle le sauve de la souricière mais en plus elle lui donne des vêtements et elle le prend chez elle. Elle est comme ça, Cendrillon. Elle est vachement “Matthieu-25″, comme fille :
“J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé…”

Zouk zouk !
Et puis, Cendrillon, elle est hyper-miséricordieuse. Elle fait jamais de crasses à personne (alors que, bon, y’a quand même de petits crachats dans le café qui se perdent pour certaines, hein…) et elle reste gentille avec ses ennemis. La preuve : quand Pataud (si, tu sais : le chien [*]) rêve qu’il explose sa tronche à ce gros lourdaud de Lucifer (si, tu sais : le chat [*]), bah Cendrillon elle a une réaction vachement sainte. Elle comprend Pataud, mais elle lui dit : “C’est pas gentil !” Et c’est vrai que c’est pas gentil et qu’il faut pardonner et qu’il faut pas se venger et qu’il faut aimer ses ennemis et que toussa ; Pataud, lui, il comprend pas bien le truc, tu vois… sauf que Cendrillon elle est pas là pour le convaincre, elle est juste là pour lui dire.

Méchant chat ! Zouk zouk, Lucifer !
Je pourrais insister encore sur l’Espérance dont elle fait preuve à chaque instant, sur son sens du sacrifice, sa joie, son courage et tout plein d’autres qualités… mais, en même temps, je pense que j’ai été assez clair ! Voilà.
Donc tout ça pour dire que mon Carême de cette année, je le confie à sainte Cendrillon.
Amen.
* * *
[*] Notes pour les gars ! :-p















