Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.

Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.

Billet ultra-court, juste pour que tu partages : 1. ma difficulté à garder mon sérieux pendant la messe ce matin, 2. l’embarras du pauvre (jeune) prêtre qui faisait l’homélie. David soulignait hier que, parfois, comme ça, (pouf pouf,) en semaine, il préférait se taire plutôt que de mal commenter… Peut-être le vicaire d’ici a-t-il regretté de ne pas l’avoir fermée avoir fait silence.

Le Caravage, c'est pas tous les jours ici... alors profite !
De mémoire, après les textes du jour, voilà ce que ça a donné :
“Hérode, il était dérangé par Jean-Baptiste, mais il savait au fond de lui qu’il disait la vérité. Pourtant, il n’avait pas le courage de le suivre… [Note d'Ed : jusque là, ça va !] Et puis un jour, à force que Jean-Baptiste mette les pieds dans le plat… euh… la fille l’a obligé à trancher… et, euh… C’était un coup de tête.”
Ouch ! Difficile d’y résister, et avec des hésitations pareilles, je suis certain qu’il se rendait parfaitement compte de ce qu’il disait, malgré lui. Car finalement, tout y est : la tête, la lame, le plateau… il suffit juste de remettre les éléments dans l’ordre pour saisir le malheureux mauvais goût de l’ensemble.
La vie spirituelle, c’est un peu comme une vieille église : moins c’est entretenu, plus on risque des chutes de prières.
Certains peuples ont leurs rituels. On dit par exemple l’Anglais très attaché à la lecture de son journal à l’heure du petit déjeuner. Pour ma part, n’étant pas Anglais (ni Belge, contrairement à des légendes répandues), mais seulement folliculaire, j’ai pour habitude de boire mon café serré au son de la radio matinale. Et hier matin, m’est venue la vision à l’écoute de ladite radio que si j’avais été Anglais, j’aurais probablement pu recevoir bien plus qu’un simple journal pour mon petit-déjeuner…
“By Jove ! (comme disent les Belges) Qu’est-ce que tu racontes, Edmond ? On ne capte rien à cette introduction !”
Soit. Soyons donc un peu plus clair.
C’était lors de la revue de presse. La toute nouvelle chroniqueuse nous avait dégoté une info des plus savoureuse, dans le Guardian pardon : le Gouarediane (je m’appuie sur sa prononciation impeccable de l’anglais…!). Imagine un peu : au pays des gens qui parlent dans les angles, il est désormais possible de recevoir la communion à domicile ! Mais si mon bon môssieur, et par le facteur encore ! Tu veux une preuve ? la voilà. Même que si tu n’as pas la chance de parler la plus belle langue du monde après le français et toutes les autres, parce que je suis quelqu’un de bon qui pense à ses lecteurs (c’est toi), tu peux aussi trouver un résumé en langue vernaculaire.
Alors, qu’y lit-on ? (Tiens, c’est joli, ça : “kiliton”…) Que certains épiscopaliens – grands pourvoyeurs d’idées douteuses devant l’Éternel ! – ont trouvé une toute nouvelle connerie pour faire parler d’eux : envoyer la communion par la poste. Là, c’est clair qu’il fallait y penser, quand même ! Et donc, ils appellent ça “Post the Host“. C’est intéressant, ça ; voilà.
Et le pire de tout, c’est qu’il faut bien admettre que l’argument derrière tout ça est très certainement louable : il s’agit de permettre, selon l’Open Episcopal Church, à ceux qui sont éloignés de l’église (le bâtiment, mais du coup aussi l’assemblée de fidèles) à cause de leur âge ou de leur condition physique de recevoir malgré tout la communion. Pour peu qu’ils s’acquittent quand même des frais de port (faut pas déconner, non plus).

La communion directement à sa porte : une idée d'avenir ?
Ce qui est triste là-dedans, c’est que tout épiscopaliens qu’ils soient, ils n’ont pas l’air d’avoir compris que le but de l’Église était justement de réunir l’assemblée du peuple de Dieu – corps du Christ. Et que si certains ne peuvent se joindre à l’assemblée, c’est qu’il nous faut aller les rejoindre là où ils sont. Pas en favorisant une petite religion personnelle de “pain béni” commandé par boîtes de vingt, mais en allant leur porter la communion, pour signifier concrètement qu’ils sont eux-mêmes membres du corps…
Ironie de la chose, c’est exactement ce que m’a vanté ensuite une publicité pour une marque de couleur, qui disait (en substance) : “Il y a certaines choses qu’on ne peut pas faire à distance”. Eh ouais. Je sais pas toi, mais personnellement j’aime beaucoup ces petites coïncidences !
J’écarte volontairement ici toute la question sacramentelle et tous les débats qui pourraient en résulter ; non pas par manque d’intérêt, mais parce qu’il me semble important que, puisque l’initiative est née sur un plan strictement humain, on puisse en rester au niveau de l’assemblée pour l’analyser. Qu’on développe des services pour faciliter l’accès à l’eucharistie serait une excellente chose (y compris dans nos paroisses – pas besoin de voir à grande échelle alors qu’on a tous des voisins). J’ai quand même du mal à croire que “poster des hosties” puisse aider à une plus grande… communion.
Mais je suis probablement trop catholique pour les épiscopaliens…
Le concert Anuncio est annulé. Voilà. Sans rire. Pour de vrai. Ça m’évitera au moins d’avoir à chercher une introduction pertinente pour amener la nouvelle : autant la jouer brute, dans le style journalistique le plus pur : “Facts, facts, facts”. (C’est à peu près tout ce que ce billet aura de journalistique, je te préviens.)
Le concert Anuncio, ça devait être une joyeuse fête, le 29 août à Paris, pour clore en beauté un festival d’évangélisation de dix jours (pas à Paris, lui). Selon les mots des organisateurs : “35 artistes, 250 bénévoles, 3000 personnes attendues”. Tout ce petit monde peut aller se rhabiller, pleurer dans son coin ou s’enfermer dans la pénombre des chapelles. Pour une fois que les cathos devaient sortir dans la rue, on les renvoie chez eux. Trop injuste. (Quoique, ceci n’est pas tout à fait exact – mais j’y reviens en fin de billet.)

Bye bye, affiche originale pour soirée décapante...
Ici, la question légitime (et brûlante) s’impose : Pourquoi ? Bonne question. Très religieuse, d’une certaine façon, puisque c’est essentiellement à celle-ci que toute foi répond. Eh bien, savoure l’ironie de la situation : je crains qu’en l’occurrence il nous faille nous contenter des réponses à une autre question, elle toute scientifique et laïque : Comment ? Là, c’est plus simple ; morceaux choisis du communiqué :
L’association Anuncio a tout mis en œuvre pour que l’édition 2009 de son festival puisse coexister avec [une représentation théâtrale prévue le même soir dans les arènes de Montmartre]. Dès le mois de mars, des démarches ont été entamées afin de chercher à concilier les deux événements. Mais la troupe a opposé une fin de non recevoir à l’ensemble des propositions.
Ce n’est que début août – pour un dossier déposé le 1er avril – que la mairie de Paris a signifié par courrier à l’association Anuncio que les concerts devaient être interrompus de 19h30 à 22h, ce qui revient à une annulation pure et simple de l’événement-concert. (…)
De plus dans son courrier, la Mairie, au sujet de la troupe de théâtre, invoque son « lien avec la municipalité » pour justifier de l’annulation du concert au profit de la représentation théâtrale. De notre point de vue, il semble qu’il s’agisse d’un traitement discriminatoire.
Aussi couillon simple que ça. Avec en prime une certaine forme d’hypocrisie qui fait qu’on n’interdit pas formellement, mais qu’on pose des conditions telles qu’elles reviennent en pratique à forcer les organisateurs à annuler : pas de bruit entre 19h30 et 22h ? Pour un concert, laissez-moi rire ! Comment ça, non ? On ne rit pas ? Ah, c’est vrai : pardon.
C’est là que je reviens à ce que j’avais laissé en suspens un peu plus haut : le concert est annulé, mais le forum d’associations et d’expositions demeure. Alors il est hors de question de retourner dans nos chapelles. Le 29 au soir, la fête est dehors, à Montmartre. Alors, aux Parisiens : rendez-vous tous là-bas !
[Edit 16h20 : Les organisateurs - cf. aussi le commentaire de Dove, plus bas - m'ont confirmé qu'entre 16h et 19h30, un concert serait bien maintenu : Zoë Avril, Rona Hartner et... un invité surprise. A proximité : des expos photos, des associations, des tagueurs et une pièce de théâtre à 19h30 pour remplacer le concert, avec une veillée ensuite. Programme refondu à la dernière minute, mais des vraies bonnes raisons de venir sur place !]
Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.
C’est l’un des débats qui anime la cathosphère en ce moment : le visage du catholicisme français, tel qu’il a été initié par l’enquête Ifop publiée dans Le Monde. Moi-même, j’ai déjà bavé deux ou trois trucs à ce sujet, même si c’était plutôt une actu de France Info qui m’avait agacé. Depuis, j’ai lu quelques commentaires pas inintéressants ; d’abord chez Verel, et puis aussi chez Jean-Baptiste Balleyguier.
Et alors, le catholique français, il ressemble à quoi ? Eh bien, tel qu’il est plutôt bien résumé (mais mal illustré…) par Anna Arco : il est une femme, il a plus de 50 ans et il vote assez franchement à droite. Voilàvoilà.

Contrairement aux apparences, cette fille ne peut pas être catholique.
C’est pourquoi, amen amen je te le déclare : toi qui lis ce blogue pour avoir le point de vue d’un catho, passe ton chemin ! Je ne suis absolument pas représentatif. Par la même occasion, je te conseille de déserter à peu près tous les blogues catholiques français dont on parle de temps en temps, puisque ceux que je connais sont très majoritairement tenus par des hommes ayant dans la trentaine (côté politique, je ne généralise pas : ça dépend).
Même punition pour eux :
Pas représentatifs, les gars ! Circulez, y’a rien à croire voir ! Nan mais c’est vrai, quoi, sans blague, à la fin : pour qui ils se prennent ? Déjà, ce sont (encore !) des mecs, alors qu’on se tue à leur expliquer que pour être catho, bah faut être une nana ; ensuite, ce sont (encore !) des jeunes, alors que le cheveu grisonnant est de rigueur ; et je te raconte même pas le détail qui tue : ils sont deux !! Genre, alors qu’il y a tellement peu de catholiques aujourd’hui que la probabilité qu’ils se rencontrent entre eux est infime… Franchement : pas crédibles pour deux sous !
Après, la vérité sur ce billet d’une excessive mauvaise foi, c’est que l’Église que je connais, même en France, pour une communauté sur le déclin, bah elle ne s’en sort pas si mal. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir la joie, l’espérance et l’enthousiasme chez les jeunes. Je le dis en sachant que je me répète, mais bon. Toutes ces forces absolument pas représentatives me réjouissent, parce que les moyennes réussissent surtout à cacher les contrastes. Ce n’est pas David qui me contredira (j’espère) : c’est avec de bons contrastes qu’on réalise les meilleures photos, et avec de mauvais qu’on fait les pires clichés.
En plus, que l’Église soit en crise, on est au courant depuis au moins 2000 ans ! Je te rappelle qu’on a quand même commencé avec un Dieu mis à mort ; alors…
Mine de rien, on a quand même fêté silencieusement le premier anniversaire d’existence de ce blogue. Et pour un site lancé sur un coup de tête en août dernier, je trouve que le chemin parcouru jusqu’ici n’est pas si mauvais… Ce ne sont pas les dernières semaines qui vont me faire changer d’avis.
Je m’étais amusé, en décembre, à faire un petit bilan de cinq mois derrière mon clavier ; tu me pardonneras – j’espère – si je recommence l’exercice aujourd’hui : je le fais parce que je trouve intéressant de noter certains points.
D’abord, depuis janvier, le blogue semble voir trouvé sa raison d’être avec l’actu. Les polémiques de ces derniers mois ont confirmé mon intuition de départ : oui, il existe un vrai besoin d’une présence “paisible mais visible” (comme dirait Koz) des catholiques sur le ouèbe. Entre temps, le pape a également encouragé cette présence. Il ne faudra pas s’étonner si celle-ci se renforce encore dans les prochains mois ; en tout cas, des liens se créent entre blogueurs et je m’en réjouis. Pour preuve, je citerai un fameux dîner avec Koz et Chafouin, au début de l’été, ou encore le fait que David n’ait pas hésité à faire un détour pour passer me rencontrer.
Et, évidemment, je pourrai difficilement cacher ma surprise d’avoir découvert récemment être suivi, y compris sur touitteur et faycebouc, par quelques confrères et consœurs (including one distinguished English colleague). C’est ainsi que je me suis retrouvé une ou deux fois interviewé, malgré le fait qu’à l’échelle d’internet je sois encore un débutant…

(Photo de Karym Bagoee, parue dans Famille chrétienne.)
Parmi les rencontres amusantes, façon “effets secondaires”, je noterai aussi les deux joyeux lurons de la Frassa-Team, autour d’un dîner très sympa malgré l’absence de four chez Amaru…! (On croit rêver !) Autant de contacts qui se nouent au fil des clics et finissent par tisser des relations, pas forcément toujours proches, mais incontestablement intéressantes.
Petits tuyaux, encouragements, rencontres – du virtuel au réel, il se passe de vrais trucs. Je n’irai pas jusqu’à dire que cette année “quelque chose s’est levé, qui ne retombera pas”, mais je n’en suis pas loin quand même…
Au tout début, c’était presque un jeu, une blague ; un an plus tard à peine, c’est devenu une vraie petite carte de visite, et je ne suis pas loin de penser qu’en restant prudent (vu les sujets abordés et les convictions affichées), l’expérience de ce blogue pourrait être un véritable apport professionnel. Sans compter que je me retrouve à faire – pour moi-même et gratos, certes ! – ce dont je rêvais sans vraiment oser y croire lorsque j’étais encore étudiant : être chroniqueur. Pas désagréable, ça.
[Edit : Je reviens quand même brièvement sur la question de l'anonymat, qu'on me repose régulièrement. Certes, mes arguments ont en partie évolué, j'apprécie le fait que le blogue d'"Edmond Prochain" puisse davantage interpeller et intéresser que si j'utilisais mon vrai nom, mais le fond reste le même : je ne me cache pas, j'exerce simplement une profession où il n'est pas toujours évident de rester libre. Aussi, pour préserver cette liberté, je garde mon pseudo. C'est tout.]
Un espace d’expression plutôt sympa, des contacts intéressants, des coups de main salutaires, des rencontres décisives… Voilà pour un bilan de mon côté. Et afin d’améliorer le côté participatif de cet espace, tu es cordialement invité à laisser tes impressions au bout d’un an : comment es-tu arrivé ici ? quelles évolutions as-tu notées ? lesquelles espères-tu ? (Je te laisse t’exprimer d’autant plus librement que, de toute façon, je fais ce que je veux !!) A toi la parole ! Si ça peut être l’occasion pour quelques “lecteurs silencieux” de dire bonjour, j’en serai ravi.
Et pour la suite, quelque chose me dit que ce n’est pas terminé, que d’autres surprises sont encore à venir… Alors, en avant ! An 2.
C’était le sujet de ces derniers jours. Le Monde a dégainé un sondage révélant (pour qui n’aurait pas déjà remarqué) que les catholiques français avaient tendance à se faire un peu vieux. Surprise s’il en est, tu le reconnaîtras aussi facilement que moi : il y a pourtant tellement de jeunes dans les églises qu’on compte les vieux sur les doigts d’une main. Et je précise que ceci est ironique, parce qu’il semble que certains ne comprennent pas toujours…
Bref. Donc, oui : les cathos vieillissent et ne se renouvellent pas tellement. D’un point de vue quantitatif, tout au moins. On pourra regretter que de telles études ne s’intéressent pas à la question qualitative – car en fin de compte le sujet pourrait bien être là : le nombre de catholiques adhérant à leur foi par conviction et non par tradition baisse-t-il tant ? Si le renouvellement n’est pas optimal sur le plan générationnel, n’est-il pas encourageant en matière d’énergie et de conviction ? Comme je viens de voir quelques milliers de jeunes réunis à Paray-le-Monial pour un Forum vivant et joyeux, tu me permettras d’avoir un très léger a priori sur la réponse ; d’autant que d’autres rassemblements de jeunes auront marqué l’été, à commencer par un pèlerinage en Terre Sainte, ou encore le festival Anuncio.
Il ne s’agit pas de nier que le catholicisme est en déclin (en France !), mais plutôt d’en appeler à une véritable analyse. Une analyse qui manque toujours autant sur le sujet.
Et surtout, surtout, par pitié et au risque de faire encore une fois le pinailleur de service : qu’on arrête de nous infliger des accroches de sujets à peu près aussi cliché que stupides. Du genre de celle qu’on pouvait découvrir hier sur France Info :
L’affluence dans les églises pour le 15 août ne doit pas masquer la réalité : le catholicisme est en déclin en France.

A l'antenne comme sur le site, l'accroche est la même.
Pourquoi ce “ne doit pas masquer la réalité” ? Qui a dit le contraire ? Est-ce que cette affluence est une opération de com’ “cache-misère” de la part de l’Eglise ? C’est le genre de petits morceaux de phrase que j’ai du mal à comprendre. Sauf à les interpréter négativement.
Plutôt que de laisser entendre un peu trop de plaisir dans cette ombre au tableau après une affluence qui a dû les surprendre le 15 août, et s’ils avaient posé les données du problème dans l’autre sens ? Et si on se demandait, une fois, pourquoi une religion aussi moribonde et vieillissante arrive encore à mobiliser autour de fêtes plus tellement comprises par la majorité de la population ? Je classe volontairement “hors catégorie” Noël ou Pâques, qui peuvent objectivement bénéficier d’un effet “tradition familiale”… mais l’Assomption ?! Pourquoi aller gâcher une grasse mâtinée de vacances ? Est-ce que ça ne révèle pas quelque chose du catholicisme en France, quelque chose d’un tout petit peu plus profond qu’une simple curiosité culturelle heureusement contrebalancée par des statistiques laïcisantes ?
Je ne sais pas, hein ! je pose juste la question. Comme je suis en vacances, j’ai le temps de m’interroger sur des trucs comme ça…
Contrairement à une idée répandue, manger de la soupe ne fait pas grandir. En revanche, il est exact que vieillir fait manger de la soupe.