
Parce que ma joie est peine,
Parce qu’au fond je vais bien mais que mon visage ne l’exprime pas,
Parce que je suis si lent à me réjouir de la beauté du monde autour de moi,
Parce que le bonheur des autres ne parvient qu’à creuser un sillon amer que je ne sais combler,
Parce que l’écorce dure de mon coeur se laisse si peu pénétrer,
Parce que je suis incapable de jamais me laisser consoler,
Parce que la paille du péché dans mon oeil dissimule les poutres de grâce que tu établis en moi,
Parce que tout rayon de soleil est immédiatement obscurci par mille de ces préoccupations quotidiennes et indélébiles,
Parce que je ne me donne pas le droit de goûter simplement à la paix,
Parce que l’espérance et la foi me semblent réservées aux autres,
Parce que ma volonté n’a prise sur rien de tout cela,
Et parce que tu connais mieux que moi ce qui est bon pour moi ;
Parce que ma joie est peine,
Seigneur,
Fais que ma peine soit joie.









Beau texte…bien qu’un peut triste!!!
et pas forcement véridique: La peine peut difficilement se transformer en joie mais elle peut prendre un autre sens si on la confie au Christ. Mais je pense que l’idée au final est la même…
Commentaire par Isabelle — 23 septembre 2009 @ 13:59
Touchée.
Commentaire par lepetitchose — 23 septembre 2009 @ 15:24
un petit ton dépressif, ou vague à l’âme?….
Heureusement qu’il y a tous ceux de Là-Haut qui nous aident…Ohé! Saints et Saintes…Priez pour nous !
Commentaire par Germe de Vie — 23 septembre 2009 @ 17:18
je crois que c’est lié à des blessures profondes, souvent d’enfance, ce fait de ne pas s’autoriser à accueillir la joie, et de si souvent la transformer en peine. Dieu peut les guérir, souvent, mais c’est pas mal de faire une session pour lui en donner l’occasion.
Commentaire par do — 23 septembre 2009 @ 17:24
j’ai juste envie de savourer l’exactitude de tes propos (sans trop chercher à savoir…) tellement en accord avec mon quotidien du moment. ^^
allez haut les coeurs!! il paraît que c’est la fête des sacristains ;) ce soir je sais qu’elles intentions je porterai na! ;-)
Sois en tout cas assuré de mes prières (c’est plus long que EUDP mais de ma part c’est tout aussi sincère) car sans l’union de prière , on est moins fort et puis c’est un moment si doux que de pouvoir se soutenir les uns les autres.
Que sa volonté soit Fête!!!!!!!
Commentaire par yayon — 23 septembre 2009 @ 18:03
En cours de théologie on nous avait dit que la joie du chrétien doit toujours être teintée de la peine de ceux qui ne peuvent être joyeux, et la peine toujours illuminée par la joie chrétienne. En gros, c’est jamais l’un sans l’autre.
Mais on nous avait aussi dit qu’il suffit (ou doit suffire) pour nous de savoir que nous sommes aimés de Dieu, notre Père si bon, pour être tout remplis de sa joie. Pas toujours évident à mettre en pratique, je te l’accorde, mais avec un peu d’entraînement, ça aide énormément.
D’habitude je prie pour toi “en général”, comme je prie pour certains pour lesquels je préfère laisser le bon Dieu choisir les grâces qu’il vous envoie… cette fois je saurai quoi demander !
Commentaire par Nitt — 23 septembre 2009 @ 18:34
Merci :-)
Commentaire par Miss Pomme — 23 septembre 2009 @ 19:06
sans écho aux hardis commentateurs au soutien approprié, qui t’aiment aux éclats, qui te craignent terne, je voulais continuer l’éraflure.
J’aime beaucoup la tension que tu décris non pas entre de hauts sentiments, mais entre des pâles qui s’interpellent, des rires qui zèbrent les grisailles, des joies qui ne passent pas la barrière du tréfonds où Dieu est à l’aise, des peines qui morfondent sans dire vraiment que tout va mal, mais que tout est lourd, des peaux aux dermes trop épais pour rendre les frémissements…
J’aime que la joie des autres nous griffe parfois cruellement, quand son exubérance se fait indécence dans le morne des soirées,
J’aime, parce qu’il n’en va pas autrement.
On peut monter sur les grands chevaux d’un christianisme triomphant, plus encore derrière le nez du clown au pseudo amusant,
On cache, chacun, derrière le maquillage, un quotidien raturé où perce l’ennui ET où se dissimule la joie. Elle est don, comme la paix. De l’amour elle a la douceur, de la paix sa timidité, de l’espérance l’opiniâtreté.
Elle sourd, sourdement,
Elle perce, obstinément,
Ce n’est que dans la rencontre qu’elle deviendra torrent.
qui reconnaît dans la joie son chemin vers Dieu expérimente nécessairement qu’elle travaille avant tout dans les profondeurs.
que la peine l’entoure, la voile, la ternisse, c’est le don de Dieu qui n’en deviendra que plus brillant.
ma vie en Dieu est zone de contrastes, parfois brûlants, parfois subtils, toujours vivants
Commentaire par David — 23 septembre 2009 @ 20:05
Parce que c’est Lui,
Parce que c’est moi.
Commentaire par Pépette — 23 septembre 2009 @ 21:19
david=>j’trouve que tu parles drôlement bien là c’est dit ;)
Je suis d’accord avec toi, même si en ce moment c’est pas simple à voir, encore moins à toucher et à admettre.
La prière, la patience (beaucoup beaucoup), la conviction d’un après plus beau plus doux plus fort
Etre Chrétiens c’est ça aussi, soutenir sans savoir trop pourquoi, comment avec quoi , épauler, être là, se relever pour tendre la main à celui qui a chuté en même temps que vous, laisser l’autre arriver à vous faire rire de nouveau sans savoir que cela faisait bien longtemps que ça n’était pas arrivé.
Pour moi en tout cas c’est cet altruisme (merci hahti ;) pour le mot ) qui me pousse vers l’avant, c’est ce même altruisme qui fait que quand je plie je puisse espérer ne pas casser, je ne suis plus seule et c’est un si beau cadeau que parfois je ne mesure pas toute la grandeur.
Alors oui c’est un mauvais moment, oui ça fait mal, oui j’aimerai bien passer mon tour mais oui aussi l’épreuve du feu révèle la beauté d’un métal, il en est aussi de nos êtres et de nos coeurs.
Commentaire par yayon — 24 septembre 2009 @ 8:37
Ton poème me rappelle le livre de Richard Borgman que j’ai lu récemment,ed. de l’Emmanuel, “à la recherche du jardin perdu” où il parle aux catholiques pour leur faire découvrir tout le trésor de leur Foi (les 3 blancheurs: Eucharistie, Marie, Pape ;
les Saints..) et où il livre son expérience de la joie,joie permanente mais joie associée la plupart du temps à la souffrance.
Demandons à St Louis Marie Grignon de Montfort la force d’accepter et d’offrir notre Croix personnelle à Dieu en l’unissant à celle du Christ.
Louis-Marie disait, phrase stupéfiante:”pas de croix, quelle croix!”. Paul a dit aussi: “les souffrances du temps présent ne sont rien, en face de l’éternité…”.
Commentaire par esperedansles — 24 septembre 2009 @ 14:44
Ainsi soit-il.
Commentaire par Duc in altum — 24 septembre 2009 @ 15:19
Merci, j’en avais besoin.
Commentaire par doumet — 24 septembre 2009 @ 18:20
cadeau, en écho: http://bit.ly/p4OAU
Commentaire par David — 24 septembre 2009 @ 19:19
En même temps, c’est sympa de savoir que la joie est là, en nous, enfouie, ensablée, mais qu’elle est là; qu’elle préexiste à tout, même si on ne l’a jamais vue. Elle est là. …Elle; même si nous on n’y est pas.
Commentaire par do — 24 septembre 2009 @ 22:54
Pardon, je ne prends pas le temps de répondre à tout le monde, mais sachez – pour ceux qui s’inquiètent d’une éventuelle dépression – que David a bien résumé mon sentiment. Merci mille fois !
(Et personne pour étaler sa science en reconnaissant l’image, alors ?…)
Commentaire par Edmond Prochain — 24 septembre 2009 @ 23:44
Très touchant Edmond. Merci :)
Commentaire par Gnougnou — 25 septembre 2009 @ 0:27
Allez, j’étale, j’étale…Truffaut et ses quelques coups, 400, il me semble ?…
Qui a dit que j’avais triché ? qui ? ;-)
Merci Edmond de continuer ces petits billets “différents”…
Commentaire par Anne-Claire — 25 septembre 2009 @ 8:21
Bravo Anne-Claire ! (Que tu aies triché ou non !)
Je trouve ce final profondément touchant. Plus encore le dernier plan, où le regard neuf d’Antoine Doinel croise l’objectif de la caméra… C’est pour moi l’un des plus beaux plans de fin de l’histoire du cinéma.
Commentaire par Edmond Prochain — 25 septembre 2009 @ 8:40
En lien avec ce que disait Nitt, Claudel disait que “le Christ n’est pas venu éliminer la souffrance, Il est venu l’illuminer de sa présence”
Commentaire par doumet — 25 septembre 2009 @ 12:39
Ce billet en demi-teinte en a inspiré un autre.
http://le-petit-chose.blogspot.com/2009/09/parce-que-ma-peine-est-joie.html
Commentaire par lepetitchose — 25 septembre 2009 @ 14:02
en écho à Paul Claudel, Nitt et doumet, cette phrase sublime de Simone Weil:
“l’extrème grandeur du christianisme vient de ce qu’il ne cheche pas un remède surnaturel à la souffrance, mais un usage surnaturel de la souffrance”
Commentaire par fr PLM — 25 septembre 2009 @ 16:30
Comment as-tu su?
Merci!
Commentaire par petiteame — 25 septembre 2009 @ 22:10
Et si la peine est vraiment peine, Seigneur, voulez-vous en faire de la joie quand même ?
Si la peine est vraiment peine, qu’elle rayonne de tellement de votre Amour qu’on ne voit plus la peine !
Commentaire par AncillaDomini — 27 septembre 2009 @ 15:21
merci :-) bises!
Commentaire par Rodolphe — 28 septembre 2009 @ 11:39
Des dépressifs assumés dans l’Eglise! Ca rassure!!! Et ce n’est pas ironique!
Avoir le droit de dire qu’on est en peine, ça fait plaisir à lire.
Sans personne pour presque vous traiter de mécréant…
Merci Edmond et David pour ce partage.
Commentaire par Darlingcreole — 28 septembre 2009 @ 14:01
Merci pour ton texte, il faudra que je vienne le relire dans les moments “bof”…
Commentaire par Anne-Laure — 1 octobre 2009 @ 16:56
C’est magnifique
Commentaire par Nahé — 29 octobre 2009 @ 16:45