Le blogue d'Edmond Prochain

31 octobre 2009

Hans Küng : sénile, ni écrire

hanskungL’article d’Hans Küng sur la politique du pape envers les anglicans est un véritable drame ! Il n’y a qu’à lire le premier paragraphe pour faire le plein de clichés, c’est assez intéressant d’un point de vue rhétorique : c’est la pédagogie du coup de pied dans la tronche. Fin comme la finition d’un gant de boxe. Rempli jusqu’à la nausée des obsessions d’un vieux monsieur qui semble saisir n’importe quelle occasion de régler ses comptes avec Benoît XVI ; même si ça doit passer par des tribunes où la pensée est tellement distendue que l’ensemble en devient intellectuellement incompréhensible. Symptomatique. Pathologique.

“Après avoir heurté de front les juifs, les musulmans, les protestants et les catholiques réformistes, voilà que le pape Benoît XVI s’en prend maintenant aux anglicans.”

Ah, mince, les pauvres : qu’est-ce qu’il va leur faire, le méchant Benoît XVI ? Il les agresse ? Pire encore : il les accueille. Fasciste, va !

Mais la situation, selon Hans Küng, n’est pas si simple. Non, “si simple” n’était pas assez : mieux vaut encore qu’elle soit simpliste, au moins tout le monde comprendra. Alors, d’abord, il y a un vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique. Le genre qui fait mumuse avec les extrêmes en permanence et ne dit jamais un mot sur l’Afrique ou l’économie mondiale. Du “pas bien” en barre, quoi. Et alors, le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique, eh bien il a tendu un piège machiavélique à tout un tas de charmants petits anglicans, qui sont un peu benêts et qui se sont laissés prendre comme des nouilles et qui quand même sont salement d’extrême droite (oui, parce que sinon ça se tient pas que le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique qui ne fait mumuse qu’avec les extrêmes s’intéresse à eux). Quant à l’archevêque de Canterbury, s’il a signé le communiqué annonçant la nouvelle du rapprochement, c’est parce que c’est une grosse buse. La preuve que c’est une buse ? facile : s’il n’en était pas une, il n’aurait pas signé.

Pour appuyer ce qu’il dit, Hans Küng a même trouvé un mec vachement bien qui dit des trucs rudement chouettes qui vont pile dans son sens : Hans Küng ! A quoi bon avoir des gens qui pensent comme soi, quand on est d’accord avec soi-même…

A part ça, son article est tout plein de petites sottises pour amuser la galerie (quel déconneur, tout de même !), d’allusions tout juste destinées à donner à l’ensemble un peu de sel polémique, d’interprétations qui feraient de l’expression “procès d’intention” un compliment, et surtout d’une suffisance telle qu’on n’en trouve guère que chez “les gens qui savent”. Du rabâchage de vieilles obsessions personnelles, écrites au mortier. Si près de 400.000 anglicans rejoignent l’Église catholique, c’est forcément contre leur gré, même s’ils ne le savent pas encore… Ce qui se conçoit mal s’énonce salement. Il ne manque finalement, pour faire entrer cette tribune parmi les grands classiques des pamphlets-ni-à-faire, qu’une allusion à Vichy – ce qui nous rappelle au passage qu’Hans Küng n’est pas Français, mais Suisse.

La coupe couche est pleine.

Comme le dit Patrice de Plunkett, dans un bon billet consacré à cette même tribune : “Küng a hanté trop longtemps les salles de rédaction pour n’avoir pas pris une série de tics”. Il qualifie même le texte d’“article de trop”, ce que je ne serais pas loin de penser si cette idée ne m’était pas déjà venue par le passé. De son côté, Gian Maria Vian, dans son éditorial de l’Osservatore Romano, ajoute : “le ton ne fait pas honneur à son histoire personnelle, et (…) à certains égards, frise le comique”. C’est vrai que, dès lors qu’on arrête d’être affligé, on se marre quand même pas mal.

Küng, King of the Kongs ? Évidemment non, mais ce papier n’est pas digne de sa grande intelligence ; et moi, des types brillants comme ça qui disent des âneries et le font exprès (et le font depuis un certain temps), ça m’agace pas mal. L’ensemble est tellement bête et méchant qu’il me donnerait presque envie de dire des grossièretés. Sauf que si je fais ça, ma mère risque de m’appeler pour me reprocher encore de dire des gros mots sur mon blogue. Et si elle m’appelle, elle risque de me reprocher aussi de ne pas l’appeler plus souvent. Tu comprendras donc que je ne préfère pas tenter le coup…

Alors que dire ? Rien. Il n’aurait même pas fallu en parler, finalement. Pourtant ça fait du bien !

30 octobre 2009

Quoi de neuf ? Glorious (ben ouais)

Filed under: Humeur(s) — Edmond Prochain @ 20:20
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C’était juste avant le concert Anuncio, soit approximativement y’a pas si longtemps que ça. J’en ai découvert une bonne, figure-toi ! Tu sais, l’an dernier, Glorious a sorti un album intitulé Génération louange… eh bien figure-toi que j’étais convaincu de l’avoir écouté, alors qu’en fait non.

Je suis comme toi : j’en suis resté complètement sur le cul stupéfait.

Il a fallu que je réfléchisse un peu (je t’arrête tout de suite, tous ceux qui veulent dire un truc du genre : “Ah bon, ça t’arrive ?” – parfaitement, ça m’arrive !), et puis j’ai réussi à me souvenir que j’avais dû en écouter un ou deux extraits sans en être emballé ; ensuite, la dimension hautement sélective de la mémoire a probablement complété pour me donner le sentiment d’avoir entendu le disque entier et d’avoir été – globalement – déçu. C’est bête, parfois, la mémoire. Surtout la mienne.

Alors, fort de cette prise de conscience aussi subite que transcendantale, je me suis dit que ah ouais quand même peut-être que ça serait plus juste d’écouter tout le disque, un jour… Ensuite – crois-moi si tu veux – je l’ai fait. J’ai écouté. L’album. D’un bout à l’autre. Et plusieurs fois.

La pochette est pas magnifique, je te l'accorde.

La pochette est pas magnifique, je te l'accorde.

Bilan ? En fait, j’ai bien aimé.

Prends quand même conscience que quand leur premier disque était sorti, Glorious était devenu le symbole immédiat d’une génération de cathos qui voulaient témoigner ouvertement et joyeusement de leur foi. Sans être parmi les “fans” parfois hystériques (quoique généralement plutôt féminins) des trois frangins, j’avais envie de les soutenir par principe. Peut-être pas au point d’acheter les yeux fermés tous leurs disques et produits dérivés, mais quand même : ne pas leur cracher dessus comme le faisaient certains autour de moi sous prétexte qu’ils étaient “trop ceci” et “pas assez cela”.

Je me souviens surtout d’un très bon concert durant le congrès Paris Toussaint 2004. Pourquoi celui-là ? je n’en sais rien. Mais celui-là. Coïncidence amusante : ils seront demain en concert à Paris à l’occasion de la même soirée HolyWins. Et le pire, c’est que je ne m’en rappelle que maintenant ; il n’y a donc pas de lien spécial avec ce billet, c’est un pur hasard.

Je me rappelle aussi d’une brève rencontre avec Benjamin Pouzin, alors que j’étais en train d’accrocher une affiche pour un spectacle “concurrent” le soir d’un de leurs concerts… Bêtement, je m’étais presque excusé qu’il me voie faire ça (ouais, bon, j’étais jeune !), et il m’avait répondu en rigolant : “T’es malade ou quoi ? On bosse pour le même Dieu ! C’est cool que tu fasses ça…”

Bref : le dernier album. Au micro, Thomas (le chanteur – j’espère qu’il ne lit pas ce blogue !) a toujours quelques soucis de justesse par moments, même s’il s’améliore, mais le groupe a assez positivement évolué. Les chœurs, par exemple, sont intéressants dans la façon dont ils sont intégrés à l’esprit de l’album. Il y a des maladresses, quelques naïvetés, des phrases parfois hasardeuses d’un point de vue syntaxique, mais tu vas rire : ça donne aussi du charme à l’ensemble. C’est sincère, comme si les p’tits voisins du dessus avaient enregistré un disque qui se révélait bien plus pro(pre) que ce à quoi on s’attendait.

Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit : Glorious ne révolutionnera certes pas la musique et n’est toujours pas le groupe que j’écouterai en boucle pendant les vingt prochaines années. Y’en a déjà suffisamment en concurrence pour cette place-là. Mais il fait son petit bout de chemin avec une certaine classe. J’ai toujours envie de les soutenir, par principe. Rien que pour les jeunes à qui ils font du bien, ce serait dommage de les arrêter. Et finalement, à revenir au concept de départ de louange pure et douce, Glorious retrouve paradoxalement une simplicité à hauteur de la professionnalisation de sa musique.

Il y a de bonnes choses dans ce disque. De très bonnes choses. Ça ne fera toujours pas de moi un “fan” hystérique (d’ailleurs, je ne suis pas féminin), mais  ils regagnent un cran dans ma sympathie, alors que je pensais avoir été déçu… Je ne sais pas où j’avais été pêcher cette idée, mais ça valait le coup que je le dise.

Promis, les gars : la prochaine fois j’essaie de ne pas attendre un an pour vous écouter !

25 octobre 2009

L’enfer est pavé de quoi, déjà ?

Filed under: Rabat-joie — Edmond Prochain @ 10:35
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Pour déroger à la règle que je me suis fixée de ne jamais publier de billets le dimanche (les bédés sont programmées à l’avance), tu penses bien qu’il me fallait une bonne raison. J’en ai une. Le titre aurait aussi pu être : “Comment le blogueur, en voulant rapidement donner son avis avant le coucher du soleil, s’est vautré en plein dans les défauts de la précipitation” (mais c’était un peu long).

Bon. Reparlons du Père Andrew qui joue au poker à la télé pour sa paroisse. Pour le coup, j’ai effectivement mal compris le fond de cette histoire, et je me suis un peu ramassé en en tirant des conclusions hâtives. En cela, je remercie vraiment le père David Lerouge d’être venu mettre un peu de bon sens dans les commentaires avant qu’ils ne partent en trop forts jugements, et aussi le père Andrew Trapp lui-même, venu donner sa version des faits (en français, s’il vous plaît !).

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Là, visiblement, il vient de gagner...

J’avoue ne pas être fâché malgré tout d’avoir dit dans mon précédent billet que je le trouvais vraiment sympathique et que l’initiative m’amusait ; ça m’évitera de trop donner l’impression de retourner ma veste maintenant. De fait, je maintiens absolument : le culot avec lequel il est allé jouer a quelque chose qui me plaît. Et je trouve son commentaire beaucoup plus juste dans son expression que les mauvais résumés de la situation lus ici ou là…

Précisons donc un détail, que le Père Andrew éclaircit lui-même : il n’a pas joué l’argent de sa paroisse ! Bon point. Ce n’était vraiment qu’un jeu télévisé, ce qui change pas mal de choses, avouons-le.

Mais qui ne change pas tout… Alors que j’écris, Poussah est en train de me dire : “Tu as raisonné juste sur des assomptions fausses” ; il a raison. Il y a clairement une erreur de ma part, mais que ce soit l’occasion de réaffirmer quelques trucs ! J’avais pris cette histoire aussi comme  un prétexte pour parler des jeux d’argent. Je peux donc maintenir sans rougir tout ce que j’ai dit à ce sujet. En répétant même un point : je trouve mille fois plus convaincante son explication du principe du jeu que les pauvres tentatives de se raccrocher au CEC pour justifier la démarche. Le Catéchisme – comme, a fortiori, l’Évangile – ne peut pas et ne doit pas se laisser contorsionner pour entrer dans les cases de nos propres justifications. Je maintiens donc que la citation censée justifier la démarche ne s’applique pas à un jeu dont le principe est l’intimidation et l’écrasement, dès lors que les sommes des gains sont telles.

La problématique de l’évangélisation continue d’ailleurs de me poser problème (i.e. je suis toujours pas convaincu !), parce qu’autant imaginer un prêtre qui joue des mises symboliques avec des jeunes pour établir une relation me plaît beaucoup, autant aller à la télévision dans un jeu qui me semble contestable dès lors que les enjeux financiers sont trop forts me grattouille un peu… Encore une fois : je me garderai bien de condamner, mais je suis sceptique sur les effets réels et la pertinence de tout cela.

Peut-être peut-on voir dans tout ça une vraie invitation à la prudence dans notre “utilisation” de l’Ecriture et de la Tradition. Citer le Catéchisme, c’est bien (et même très bien), mais ça ne dispense certainement pas de s’interroger. Si on pouvait l’avoir plutôt comme une lumière pour éclairer notre propos, et pas comme un pur argument d’autorité laissant peu de place à la contestation, ce serait pas mal. Cette réflexion s’applique évidemment autant à moi qu’à toi, commentateur régulier ou occasionnel.

En tout cas, à contester les bonnes intentions du Père Andrew, qui me semblaient donner lieu à une démarche inadaptée, j’admets être tombé dans le travers que je dénonçais. La prochaine fois (curieusement, c’est la base de mon métier – comme quoi je suis ici bien plus blogueur que journaliste), je tâcherai de ne pas simplement avoir de bonnes intentions, mais d’aller vérifier un peu plus avant de m’emporter.

Sans rancune, Father ? ;-)

Un aveugle bien en vue

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.

aveugle-jericho-guerison

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

24 octobre 2009

Le pasteur et son tripot

Filed under: Rabat-joie — Edmond Prochain @ 19:14
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Depuis une étiquette gracieusement offerte par un hebdomadaire familial catholique, je sais bien que certains se contentent de voir en moi un rigolo de service. Sauf que, regarde bien, dans la colonne à droite (l’amusant avec internet, c’est que c’est l’un des rares lieux où la droite de celui qui montre est la même que celle de celui qui se fait montrer – remarque pertinente s’il en est) il y a une catégorie qui s’appelle “Rabat-joie” ; où j’assume donc le fait d’être occasionnellement un râleur fini. Comme ça va être le cas dans la suite de ce billet. Même pas honte.

Petit désaccord – cordial – entre sacristains en fin de semaine, sur une info un peu étonnante : un prêtre américain de 28 ans qui a gagné 100.000 dollars pour sa paroisse en jouant au poker. L’info est reprise un peu partout dans la presse, et on comprend les journalistes : l’histoire du père Andrew Trapp a quand même quelque chose de savoureux… C’est toujours l’occasion de montrer qu’on est en verve par quelques calembours du plus bel effet. (Il n’y a qu’à voir le titre de ce billet pour se rendre compte que je ne vaux guère mieux que les autres !) Du côté des grenouilles de bénitier sonneuses de cloches, JBM en a fait un billet sur Anuncioblog, apparemment Armagilius partage son avis (cherche pas où – c’est en interne ou sur faycebouc que je l’ai vu). Aujourd’hui, voilà qu’Emmanuel Pic aborde brièvement la question à son tour ; et je dois dire qu’il m’enlève les mots de la bouche, je suis assez d’accord avec son point de vue.

poker

Alors, bon. Certes, on nous dit que tous les gains iront à un projet de sa paroisse, que son évêque lui a donné sa bénédiction, que même s’il avait perdu ça aurait été une occasion de voir un prêtre à la télévision. Certes, on nous cite aussi le CEC pour nous expliquer que le poker est cascher :

“Les jeux de hasard ou les paris ne sont pas en eux-mêmes contraires à la justice.”

Mouais… Sans que je sois profondément outré par la démarche (qui m’amuse malgré tout par son culot), je ne suis pas convaincu par l’argument. Je le trouve même d’assez mauvaise foi : un pari entre amis, un jeu de hasard à l’occasion ne sont pas mauvais tant qu’ils restent des occasion de se rencontrer et d’échanger, me semble-t-il. C’est en ce sens que je comprends le Catéchisme. Mais peut-on en dire autant de jeux “massifs”, tels que le Loto ? Dans ce cas-là, chacun peut jouer dans son coin et quelques rares gagnants touchent des sommes démesurées, alors qu’à l’autre bout de la chaîne certains vont prendre sur leur nécessaire, comme un impôt prélevé pour avoir le droit de rêver que l’argent leur offrira des lendemains meilleurs… En tant que chrétien, je n’ai jamais pu me faire à l’idée de jouer ; c’est contraire à ce que ma conscience me souffle. Quitte à être effectivement un rabat-joie.

Dans le cas du poker, je ne trouve pas ça beaucoup mieux. On présente l’affaire comme une belle aventure, mais elle s’appuie malgré tout sur un jeu d’intimidation qui peut devenir une réelle addiction chez certains joueurs. Une partie entre amis, avec des mises symboliques, ne peut évidemment pas être mauvaise (elle peut même être franchement marrante). Mais à ce niveau, quand le but est d’écraser l’autre pour récolter la plus grosse somme possible, est-ce encore le cas ?

Je répète : il n’y a pas de condamnation dans mon propos. Je m’interroge simplement.

Qu’aurait-on dit si ce jeune et sympathique prêtre avait perdu l’argent de sa paroisse dans le tournoi de poker ? C’est pourtant le revers possible de son succès…

andrew-trapp-pretre-poker

Dernier point : là où je ne suis pas du tout d’accord avec JBM (mais alors, vraiment pas du tout !), c’est quand il présente l’affaire comme une initiative d’évangélisation. Certes, c’est le thème de son blogue, mais je m’insurge ! Evidemment que la présence d’un prêtre dans ce tournoi diffusé à la télévision est une occasion de voir l’Eglise différemment, avec un beau visage jeune, moderne et dynamique… Mais bof. Voilà le plus pur concentré de mon avis : Bof ! A ce titre-là, autant imaginer qu’un prêtre aille ouvrir un bar et serve de l’alcool pour toucher un public peu habitué aux églises et montrer que l’Eglise et le clergé sont faits d’hommes ordinaires ! Je pousse un peu (et encore : j’aurais pu aller plus loin dans la caricature), mais cette idée me fait réfléchir.

Pas sûr que toutes les occasions soient bonnes d’évangéliser, que toutes les attitudes soient acceptables pour annoncer la Parole de Dieu. Mais là, ce n’est que mon point de vue, évidemment…

[Edit : Après certains commentaires, dont celui du Père Andrew ci-dessous, j'ai consacré un second billet au sujet. A lire avant de réagir, éventuellement !]

22 octobre 2009

Pensée pour aujourd’hui XVII

Filed under: Tout-venant — Edmond Prochain @ 21:27
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Dieu ne nous aime pas pour ce que nous sommes ; il nous aime parce que nous sommes.

(Et pour que nous soyons, aussi.)

19 octobre 2009

Si vous croyez que ça me rassure… [Sacristains]

Filed under: Sacristains — Edmond Prochain @ 9:58
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Parlons un peu de facilité. Je ne vais pas revenir sur ma naïveté, mais entendons-nous en partant de bases solides (c’est-à-dire bien fragiles) : je suis effectivement un être faible.

Dès le berceau, il me fallait le bruit d’un hochet pour me réconforter, il me fallait les couleurs et les reflets d’un mobile en plastique pour arrêter mes pleurs. Il me fallait sentir une présence aimante dans un au-delà du berceau pour accepter de vivre en couffin et m’apaiser. Signes de faiblesse. [...]

*

Le billet complet est à lire sur :

logo-sacristains-long-200

18 octobre 2009

Un fauteuil pour deux

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.

droite-et-gauche-du-christ

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

15 octobre 2009

Assiette anglaise

Filed under: Actu — Edmond Prochain @ 17:19
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assiette-anglaiseComme j’ai eu depuis hier au moins trois frustrations bloguesques venues directement d’Outre-Manche, je t’ai fait un petit plat réchauffé avec tout ça. Tu prends ce que tu veux, ce ne sont que quelques réflexions en vrac, histoire de faire taire cette petite démangeaison qui me pousse à aborder ces quelques trucs…

*

Bon, d’abord, il y a cette petite info savoureuse que j’ai amèrement regretté de ne pas avoir dégottée le premier. Ça aurait pu faire un billet mordant et décalé, tout empreint de cette mauvaise foi que j’aime à laisser s’exprimer parfois…

Parce que figure-toi qu’une consultation (j’ose pas dire “sondage”, quand même) sur internet a permis de dresser une liste des chefs d’État les plus “hot” du monde. Tu te demandes qui arrive en tête ? je m’en fous. Il se trouve juste que le Pape figure en bonne avant-dernière position ; ce qui lui évite la honte absolue (ouuuh !) et permettra à certains d’ergoter sur la beauté intérieure, toussa.

Dommage d’avoir manqué l’info. On se consolera malgré tout avec l’excellent commentaire d’Anna Arco : c’est vrai, le Pape n’est peut-être pas hot… mais c’est parce qu’il est cool !

*

Autre sujet, qui implique la même Anna Arco (non, ce n’est pas un billet sponsorisé, c’est juste qu’elle est en forme) : le passage des reliques de sainte Thérèse (la petite qui a tout d’une grande) au Royaume-Uni. Notre fière et jeune journaliste du Catholic Herald a pastiché avec beaucoup de finesse et d’humour un petit torchon publié dans qui a sali le plus beau journal du monde.

Ainsi, le racoleur :

Elle a beau être populaire auprès des fidèles, la dévotion à sainte Thérèse arrange bien les intérêts politiques de la hiérarchie catholique.

est devenu, par un astucieux changement de sujet :

Ils ont beau être populaires auprès des fidèles, le succès de The Priests arrange bien les intérêts politiques de la hiérarchie catholique.

Le reste est du même ordre et le détournement savoureux. A tel point que j’aurais bien aimé découvrir ça moi aussi et avoir la présence d’esprit de rigoler un peu en faisant de même avec une autre figure encore plus polémique :

Il a beau être populaire auprès des fidèles, la foi en Jésus Christ arrange bien les intérêts politiques de la hiérarchie catholique.

Par exemple !

*

Pour la bonne bouche, je ne résiste pas au plaisir d’une bonne petite citation chouette comme un écho d’adolescence – à l’âge où on pense qu’on est en train d’inventer la pureté de cœur qui sauvera le monde. C’est signé Sarah Silverman et c’est beau comme un écran plat certifié HD pour regarder des documentaires humanitaires en Blu-Ray. Juge toi-même : cette charmante personne a eu la bonne idée de conseiller au Pape de vendre le Vatican et de résoudre le problème de la faim dans le monde avec l’argent récolté.

C’est beau, non ? Le plus formidable là-dedans, c’est que comme l’Église se chargerait de tout, eh bien plus personne n’aurait besoin de songer à changer quoi que ce soit dans son comportement. Qu’importe, finalement, que sans Vatican il n’y ait plus de Saint-Siège et (donc) plus rien pour unifier les associations et fidèles catholiques qui œuvrent – concrètement, elles, pas juste en émettant des idées – à travers le monde… Vivent les bonnes intentions !

Quelqu’un d’intéressé par l’achat d’une petite résidence à Rome ?!

14 octobre 2009

L’amour m’attend.

Filed under: De rien — Edmond Prochain @ 11:58
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forrest-gumpNon, je ne suis pas devenu fou ; au contraire, j’ai le sentiment d’avoir trouvé une petite évidence jusqu’ici bien cachée. M’aurait-on menti ? je ne pense pas. Il me semble surtout que nous avons à la place des yeux et de la tête de bien étranges prismes qui dévient trop souvent notre façon de voir et de ressentir les choses. On se plante gentiment, sans que ce soit vraiment de notre faute.

Ainsi d’une étrange inscription aperçue ces jours-ci sur un mur que le tagueur avait dû trouver trop monochrome. Des mots qui pourtant détonnaient des habituels graffitis urbains, tant par leur sujet que par leur absence de faute d’orthographe :

“J’attends l’amour.”

Rien que ça. (J’aime spécialement le point à la fin.) Face une telle espérance, on est tenté de s’incliner et de passer son chemin. C’est plus qu’un cri et qu’un appel ; c’est une chanson ancestrale répétée à tue-tête (et sans doute de plus en plus souvent à notre époque). Nos contemporains attendent l’amour. Impatiemment. Désespérément, parfois. Quel amour attendent-ils ? Eh bien, sans vouloir trop m’avancer, il me semble qu’en général, c’est plutôt “le grand”. Ce qui ne nous avance guère, mais pose un peu plus haut encore le standard requis.

Voilà plus ou moins les idées qui sont passées dans mon esprit à la lecture du tag. Et puis soudain – un éclair ! Les autres peuvent bien faire ce qu’ils veulent, il me semble qu’ils prennent le problème à l’envers. Ou alors, c’est juste que j’ai un goût un peu trop prononcé pour les retournements… mais l’un n’empêche pas l’autre, d’abord !

Je n’attends pas l’amour. Que ce soit dit ! L’amour m’attend.

J’en entends certains me murmurer que ces quatre mots sont assez orgueilleux. Ne vous énervez pas, c’est autre chose que je veux dire. Et je maintiens, avec force : l’amour m’attend. D’autres – qui entrevoient plus vite l’idée – pensent sans doute que je mélange tout, et voudront préciser que ce n’est pas le même. C’est assez juste (quoique). Et alors ? Ce n’est peut-être pas “le grand”, mais c’est le vrai, le seul. Un peu comme dans ces expressions aux couleurs passées à force d’être trop répétées : “Il est l’heure d’aimer”, “Aime et fais ce que tu veux”, Si je n’ai pas l’amour…, etc. L’amour m’attend, voilà. Il n’attend que moi pour se manifester en moi (c’est-à-dire autour de moi, à travers moi). L’amour est là : tout près, tout prêt, comme si mon Oui était la seule chose importante à ses yeux. La charité (c’est son nom en version “encodée catho”, désolé) brûle d’impatience que je la laisse m’embraser. Sans doute est-ce simplement cela, d’ailleurs : je suis libre pour elle et c’est bien malgré moi que je résiste encore.. L’amour m’attend. Le prochain pas est pour moi ; le prochain pas…

L’amour m’attend. Qu’est-ce que j’attends ?

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