Le blogue d'Edmond Prochain

28 avril 2010

Jesus Thirsts in my Life

Filed under: Mais dites... — Edmond Prochain @ 14:32
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On a tous vu un jour un inconnu, une connaissance, un copain, ce type qui nous nargue au quotidien dans le miroir (rayer les mentions inutiles) porter fièrement l’un de ces ticheurtes si élégants, si bien fichus. Hum ! De loin, on ne devinerait presque rien : il y a un grand “1″, ça ressemble vaguement à n’importe quel maillot de sport. Oui, mais de près il y a rapidement ce “Jesus” qui interpelle ; et puis, en-dessous du chiffre, la mention “in my life”… De quoi changer pas mal de chose. “Jesus first in my life” : une sorte de “Messire Dieu, premier servi”, en un peu moins rétro, un peu moins estampillé pucelle d’Orléans. Plus accessible, plus jeune, en somme. Plus mieux pour aller faire le catho aux yeux du Monde.

Et puis après ? C’est un très bel étendard, un magnifique symbole qu’on exhibe comme un poisson à la queue pas fermée sur l’arrière d’une voiture, comme un chapelet au rétroviseur, comme une bague à clous un dizainier au doigt, comme un bracelet “WWJD” (ah tiens, non : ça fait longtemps que j’en n’ai plus vu, en fait). Je n’aurai pas la prétention d’aller évaluer la vérité de ces drapeaux que l’on érige dans nos vies. Ce serait d’un douteux…

Pourtant, personnellement, je dois admettre qu’il y a quand même des jours où mon dizainier me fait mentir. Parce que ce qu’il dit (la prière au cœur de ma vie) n’est pas parfaitement en conformité avec ce que je vis ce jour-là. Comme n’importe quelle publicité mensongère “de fait” ; pas fondamentalement scandaleuse parce qu’involontaire, mais suffisamment présente pour en devenir embarrassante. Une promesse non tenue.

Et comme, ces jours-là, je me suis un peu éloigné de la croix, je n’entends pas cette voix faible qui s’étouffe en gémissant : “J’ai soif !” Soif de ma prière, soif de mon amour ; soif de ma présence.

Il y a des jours où, à trop insister sur le fait que Jésus est premier dans ma vie, j’oublie de lui donner vraiment la première place. Ces jours-là : “Jesus thirsts in my life…”

25 avril 2010

Il est bon, mon pasteur, il est bon…

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

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Et n’oubliez pas aujourd’hui de prier pour les vocations…

22 avril 2010

L’Eglise n’est pas sérieuse

Filed under: Actu,Blogue — Edmond Prochain @ 11:35
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On me pardonnera de faire une semaine thématique sur les vocations sacerdotales, mais : 1. Je fais ce que je veux (c’est pas faute de le rappeler en permanence), 2. C’est pas tous les jours qu’une grande campagne de communication est lancée par l’Église, 3. Cette semaine, c’est le dimanche du Bon Pasteur, 4. Comme Koz est en vacances, il a fallu le remplacer un peu au pied levé sur RCF ce matin et j’ai eu moins de temps que ce que j’aurais voulu pour écrire la chronique.

Cela dit, je ne suis pas mécontent d’en remettre une couche sur le sujet, parce qu’après le billet de lundi soir, je m’en serais voulu qu’on ne retienne que les critiques que j’avais à faire sur une partie de la campagne. Parce que, bon : faudrait pas non plus que ça occulte l’audace réelle de l’opération, et que je passe pour le râleur de service (que je suis peut-être, mais ne le dites pas trop fort : j’ai ma petite fierté !).

Quant à la remarque sur Koz, je le dis ici pour les archives : j’ai accepté de le remplacer à condition que Natalia m’autorise à me payer sa tronche à l’antenne. Mais sache, mon Kozounet, que je ne l’ai fait que parce que je t’aime bien…

Mais trêve de blablas : la chronique est à écouter par là.

Pour le reste, je rappelle l’info principale à retenir : prions pour les vocations ! Et qu’elles soient saintes, tant qu’à faire…

*

N.B. L’image qui illustre ce billet n’a rien à voir avec la campagne de com de l’Église… Ça, c’est juste une petite création perso !

19 avril 2010

Pour faire l’appel, un cas d’école

Filed under: Effets de buzz — Edmond Prochain @ 23:53
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Osons dire, gentiment, que c’est un cas d’école. L’Église et la communication, c’est presque comme la trinité : ça fait trois… mais en moins unifié ! A force, ça va devenir un gros marronnier de simplement évoquer le sujet, et je me demande quel blogueur catho n’a pas encore eu la tentation de créer carrément une catégorie “Église et communication”, histoire de mettre un peu d’ordre dans ses articles. Entre les deux, il y a un monde : le monde. Dommage.

Pourtant, personne ne niera que des efforts sont faits, et même des efforts considérables. Mais les bonnes intentions ne suffisent pas toujours. Hélas.

Ainsi donc : le Service national des vocations lance une “grande campagne” nationale de communication. Il faudrait sans doute que je précise ici toute l’affection que j’ai naturellement pour le SNV, et tout l’intérêt que je porte à cette cause (pas seulement parce que je suis intéressé à la présence de prêtres dans les paroisses, mais aussi). On me rétorquera d’ailleurs que : “les vocations, c’est pas que les prêtres, toussa…” Mais, en cette Année sacerdotale, qu’on me permette encore de traiter le sujet sous cet angle. Si j’veux.

Cette “grande campagne” de communication, c’est kewa ? C’est une vaste campagne de pub qui s’aventure dans un terrain (de mémoire) pas encore effleuré par les catholiques : celui des Cart-Coms… Tu sais, ces espèces de fausses cartes postales aussi moches que publicitaires qu’on ignore joyeusement dans les cafés, les cinés, etc. Eh bien, 70.000 de ces cartes vont allez arroser 600 lieux de rencontre pour y distiller l’appel au sacerdoce. Comme le dit le slogan : Pourquoi pas ? A défaut d’être convaincu par le visuel assez mal fichu graphiquement et sentant de façon plutôt inquiétante l’amateurisme en terme d’utilisation de photoshop, je me réjouis déjà qu’on fasse quelque chose. Au moins. (D’autant qu’une autre campagne est lancée simultanément dans la presse.)

Sauf que… Sauf que, comme je l’ai dit en commençant ce billet, c’est un cas d’école. Théoriquement, cette campagne n’aurait dû paraître au grand jour que le 20 avril (à l’heure où j’écris, nous sommes encore le 19). Comment se fait-il que je sois en mesure d’en parler depuis jeudi dernier (même si je ne trouve le temps que maintenant) ? Pas seulement parce que je suis dans le secret des dieux des évêques… je n’y suis même pas ! Non : tout simplement à cause d’une jolie bourde de la Conférence des évêques de France. Le communiqué de presse est parti jeudi dans toutes les bonnes rédactions de France, repris par une dépêche AFP. Et il était censé porter la mention d’un “embargo” jusqu’au 20. Les infos sous embargo, c’est une habitude pour les journalistes : en gros, on vous file le tuyau dès maintenant pour que vous ayez le temps de préparer vous articles, mais vous ne publiez rien avant telle date. Simple échange de bons procédés (et briser un embargo est excessivement mal vu).

Mais figure-toi que notre bon Service national des vocations avait oublié de mentionner l’embargo dans son communiqué ! Ils ont rectifié… deux heures après !! Entre temps, la plupart des sites internet avaient déjà repris l’info. Et avec le site de l’opération (etpourquoipasmoi.org) pas encore en ligne, on a réussi à passer une fois de plus pour de beaux guignols…

Un cas d’école.

18 avril 2010

On le saura !

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
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13 avril 2010

Prière de l’incrédule

Filed under: De rien — Edmond Prochain @ 21:34
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Pas grand chose. J’étais dans le métro, et je regardais les personnes qui m’entouraient ; je voyais leurs visages occupés, leurs regards fixés par ces écouteurs qui les rassurent, les jeux de leurs mains pour passer le temps, leurs moues en coin, leurs chaussures trainantes, leurs pans de chemises qui dépassent… Et je me demandais : si par hasard, soudain, parmi eux, ceux qui ne croient pas se mettaient à parler à Dieu, que diraient-ils ?

Ils ne croient pas. Ou ils croient qu’ils ne croient pas. Ou ils ne veulent pas croire qu’ils pourraient croire. Ou… Que diraient-ils ?

J’en ai vu tellement, d’amis, de vagues connaissances, d’inconnus croisés au hasard à la providence, rejeter de toute leur force une foi qu’ils estiment venir du dehors d’eux-mêmes. Sans doute ont-ils raison de le faire, d’ailleurs : la foi ne vient probablement pas du dehors. Ou plutôt : bien sûr qu’elle est un don qui nous est fait, mais il me semble qu’elle ne peut germer qu’à l’intérieur. La foi serait alors toujours à accueillir du dedans de nous-même.

Si, donc, ils parlaient à cette petite étincelle en-dedans ; que lui diraient-ils ?

Peut-être ça ; peut-être pas. Peut-être que le cœur dépasse parfois les phrases que l’esprit compose.

Si tu existes, ce dont je doute,

Abandonne toute attente de me voir,

Un jour, me tourner vers toi.

Vis ta vie, et laisse-moi vivre la mienne

En acceptant que je ne veuille pas de toi.

-

Mon chemin, je le trouverai sans ton aide.

Ou peut-être que je ne le trouverai pas, d’ailleurs.

In fine, ça ne regarde que moi.

Peut-être diraient-ils cela ; peut-être pas. Comme il existe des mystères divins, il y a des mystères humains. Mais je me prends à oser espérer que, s’ils avaient des paroles de rejet, puisque le cœur dépasse parfois les phrases que l’esprit compose, ce puissent être celles-là.

11 avril 2010

Plaies-back

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
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5 avril 2010

Les Tontons… et le Galiléen

Amusantes coïncidences du calendrier, hier nous fêtions Pâques (oui, je sais : on le fête encore) et France 2 rediffusait Les Tontons flingueurs. Tu me diras, non sans un certain sens des convenances liturgiques : quel rapport ? Eh bien en fait, pas grand chose. Si ce n’est qu’une idée idiote a surgi dans mon esprit : et si un film sur la vie et la Passion du Christ avait été produit en France… et dialogué par Audiard ? Qu’est-ce que ça aurait pu donner ?

Pour mieux imaginer la “drôlerie”, je me suis donc amusé à ressortir des lignes du film pour refaire l’évangile d’hier. On y retrouve des passages connus, légèrement adaptés pour coller aux besoins du scénario.

Ça donne une autre couleur à l’histoire, non ?

*

(Pierre, Jacques et Jean, enfermés au cénacle, ressassent les événements des derniers jours.)

Jacques. Le Galiléen, ç’a été une épée, un cador. Moi j’suis objectif, on parlera encore de lui dans cent ans. Seulement faut bien reconnaître qu’il avait décliné, surtout de la tête.

Jean. C’est vrai qu’sur la fin il disait un peu n’importe quoi. Il avait comme des vaps, des caprices d’enfant.

Pierre. Enfin, toi qui y a causé en dernier, t’as sûrement remarqué ?

Jean. Remarqué quoi ?

Jacques. T’as quand même pas pris au sérieux cette histoire de succession ?

Pierre. Pourquoi ? Fallait pas ? Ben, j’ai eu tort.

Jacques. Ah, ah. Et voilà.

Jean. Tu vois, Jacquot, c’était pas la peine de s’énerver : monsieur convient.

Jacques. Y’en a qu’abuseraient de la situation, mais mon frère et moi, c’est pas notre genre. Qu’est-ce qu’on pourrait faire qui t’obligerait ?

Pierre. Décarrer d’ici. J’ai promis à mon pote de m’occuper de ses affaires. Puisque je vous dis que j’ai eu tort, là. Seulement, tort ou pas tort, maintenant c’est moi le patron. Voilà.

Jean. C’est quand même marrant les évolutions, quand je l’ai connu le Galiléen, il paraissait pas le genre à se faire canarder à la première embrouille.

Pierre. A l’affût sous les arbres, on aurait eu not’ chance… J’avais un beau p’tit brin de glaive avec moi, quand on y pense. Seulement voilà : le Patron n’est pas très porté sur le combat à la main. Avec lui, l’esprit fantassin n’existe plus. C’est un tort.

Jean. Et c’est l’œuvre de qui d’après toi, des chefs des prêtres ?

Jacques. Les scribes, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.

Jean. Et pourquoi pas les Romains ?

Jacques. Pareil : ce serait assez dans leurs sales manières… Pilate ? Je serais d’avis qu’on aborde molo, des fois qu’on serait encore attendu. Sans vous commander, si on restait un peu en retrait… hein ?

Jean. Ouais, n’empêche qu’au Mont des Oliviers, à vouloir rester à la traîne, le Jésus il en a trépassé… Et Marc, à le coller de trop près, il a fallu qu’il lâche son paletot pour s’enfuir déguisé en premier homme !

(Marie-Madeleine surgit soudain dans la pièce.)

Marie-Madeleine. Le Patron est de retour !

(Rires.)

Jacques. Ben voyons… C’est curieux, tout de même, chez les femmes, ce besoin de faire des rebondissements à tout va !

Jean. Si ça se trouve, elle a touché à la réserve avant de filer au tombeau. La pierre n’était pas la seule à être ronde, si vous voyez ce que je veux dire…

Jacques. Faut reconnaître que depuis qu’on a sorti le bizarre, ça joue plus dans la même catégorie. On n’est plus dans les eaux de toilette pour fillettes : c’est plutôt des boissons d’hommes.

Marie-Madeleine. Mais puisque je vous dit que je l’ai vu ; de mes yeux ! Et je n’étais pas seule : les filles étaient là, avec moi, et elles l’ont vu tout pareil.

Pierre. Mado, mon petit… Je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L’homme de Galilée, parfois rude, reste toujours courtois. Mais la vérité m’oblige à te le dire : toi et tes copines, vous commencez à me les briser menu !

Jean. Peut-être qu’on devrait tout de même aller y voir par nous-mêmes. Si la nouvelle d’une disparition de la dépouille venait à se répandre dans la ville, les gens pourraient se méprendre et on jaserait…

Pierre. Écoute : j’ai rien contre toi, je sais que t’étais très attaché au Patron, mais si tu tires sur la corde je veux que tu saches que tu te prépares des nuits blanches… des migraines… des « nervous breakdown », comme on dit de nos jours.

Jacques. Et si elle avait raison ? Si un dingue était venu récupérer le Galiléen ?

Pierre. Eh ben alors on verra si le dingue aura encore envie de nous faire du transport de cadavre quand il aura pris ça dans la gueule. Il entendra chanter les anges, le gugusse de Judée. J’vais le renvoyer tout droit à la maison du Père, au terminus des prétentieux !

(Pierre et Jean partent en courant vers le tombeau. Jean arrive le premier, mais attend Pierre.)

Jean. Hé bien ma vieille, tu nous fait attendre. La route a pas été trop toc ?

Pierre (essoufflé). Ben, suffisamment.

Jean. Sans vouloir faire le précieux, j’ai failli attendre. C’est que le complice qu’il aimait commençait à avoir des impatiences.

Pierre. Alors quoi, bon ? Y’a une affaire ou y’a pas d’affaire ? T’es entré ?

Jean. Ah ben, je ne me serais pas permis.

(Ils entrent dans le tombeau. La grotte est vide, et le linceul est replié sur le bord.)

Jean. Avoue que ça fait quand même une surprise, non ?

Pierre. Des surprises, t’es peut-être pas au bout. Viens : faut qu’on aille disculper la Madeleine.

4 avril 2010

La pierre de la mort s’est fait rouler

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 10:13
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Joyeuses Pâques !

Bon dimanche de la Résurrection à tous ! Les lectures du jour, c’est par là

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

1 avril 2010

Revoilà les légions du pape (les fameuses)

Filed under: Actu,Humeur(s),Médias — Edmond Prochain @ 23:35
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Enfin, “légions du pape”, c’est une façon de parler… Ce ne sont pas ces légions fantasmées par quelques journalistes hurluberlus qui lèvent la voix, qu’un groupe de personnalités diverses. Tout cela pour lancer, avec force, un appel :

SOLIDAIRES DES VICTIMES ET SOLIDAIRES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

Appel d’intellectuels, journalistes, artistes et personnalités de la société civile et politique

Les  affaires de pédophilie dans l’Église sont, pour tous les catholiques, une source de peine profonde et de douleur extrême. Des membres de la hiérarchie de l’Église ont eu sur certains dossiers de graves manquements et dysfonctionnements, et nous saluons la volonté du pape de faire toute la lumière sur ces affaires.

Avec les évêques, et en tant que membres de la même Église, les laïcs catholiques assument le poids des crimes de certains prêtres et des défaillances de leurs supérieurs; ils se rangent résolument, ainsi que le Christ invite à le faire, du côté de ceux qui souffrent le plus de ces crimes, c’est-à-dire les victimes, tout en priant pour les coupables.

Quant  à nous, nous souhaitons de tout cœur que toute la vérité soit faite et qu’avec le concours de tous les hommes et femmes de bonne volonté, il soit débattu sereinement et fraternellement, dans l’Église catholique, de tout ce qui a pu rendre possible ces offenses portées aussi au Christ.

Dans  le même temps, nous regrettons l’emballement et la surenchère médiatiques qui accompagnent ces affaires. Au-delà du droit à l’information, légitime et démocratique, nous ne pouvons que constater avec tristesse, en tant que chrétiens mais surtout en tant que citoyens, que de nombreux médias dans notre pays (et en Occident en général) traitent ces affaires avec partialité, méconnaissance ou délectation. De raccourcis en généralisations, le portrait de l’Église qui est fait dans la presse actuellement ne correspond pas à ce que vivent les chrétiens catholiques.

Tout en redisant notre horreur devant le crime de prêtres pédophiles et notre solidarité envers les victimes, nous appelons les médias à une éthique de responsabilité qui passerait par un traitement plus déontologique de ces affaires. Les phénomènes d’emballement médiatiques ne sont pas réservés, et de loin, à l’Église ; mais nous sommes fatigués et meurtris de cet emballement-là.

Nous pensons à tant de prêtres qui portent avec courage, et parfois dans la solitude, le message du Christ.

Nous sommes avec eux.

Nous saluons la lettre des évêques de France au pape Benoît XVI, et souhaitons voir l’Église catholique sortir avec sérénité et responsabilité de cette épreuve douloureuse.

Et, tant qu’on y est, la liste des premiers signataires :

Jacques  Arènes (psychanalyste et écrivain), Denis Badré (sénateur), Frigide Barjot (humoriste), Jean-Marc Bastière (journaliste et écrivain), Claude Bébéar (président du conseil de surveillance d’AXA), Michel Boyancé (doyen de l’IPC, institut de philosophie comparée), Rémi Brague (philosophe, de l’Institut), Alexis Brézet (journaliste), Jean des Cars (écrivain), François Cassingena-Trévedy (moine bénédictin, liturgiste et écrivain), Jean Chélini, (historien, secrétaire perpétuel de l’Académie de Marseille), Ghislain du Chéné (coordinateur international de Foi et Lumière), Colette Combe (psychanalyste et écrivain), François Content (directeur général de la Fondation d’Auteuil), Philippe Delaroche (écrivain, journaliste), Chantal Delsol (écrivain et philosophe), Patrick Demouy (historien, professeur des Universités), Bernadette Dupont (sénateur), Bertrand d’Esparron (gérant d’entreprise de communication), Emmanuel Falque (philosophe et écrivain), Olivier Florant (sexologue), Jean-Christophe Fromantin (maire de Neuilly-sur-Seine, dirigeant d’entreprise), Patrick de Gméline (historien), Samuel Grzybowski (président-fondateur de l’association Coexister), Laurent Grzybowski (journaliste), Fabrice Hadjadj (essayiste et dramaturge), Rona Hartner (chanteuse, comédienne), François Huguenin (écrivain), Vincent Hervouët (journaliste), Gaspard-Marie Janvier (écrivain), Pasteur Alain Joly (Eglise luthérienne), Patrick Kéchichian (écrivain et critique littéraire), Koz (blogueur et avocat), Louis-Etienne de Labarthe (rédacteur en chef, Il est vivant !), Philippe de Lachapelle (directeur de l’OCH, Office chrétien des personnes handicapées), Laurent Lafforgue (mathématicien, lauréat de la médaille Fields), Gérard Leclerc (essayiste, journaliste), Henrik Lindell (journaliste), Michael Lonsdale (comédien), Victor Loupan (éditeur, rédacteur en chef de La Pensée Russe), Bruno Maillé (enseignant, essayiste), François Maillot (directeur général La Procure), Jean-Luc Marion (philosophe, membre de l’Académie Française), Jean-Pierre Marcon (député), Nicolas Mathey, (professeur de droit, Paris V), Jean-Pierre Machelon (professeur de droit, Paris V), Marc Mennessier (journaliste), François Miclo (philosophe et écrivain), Jean-Marc Nesme (député-maire), Philippe Oswald (journaliste), Xavier Patier, (écrivain), Patrice de Plunkett (écrivain et blogueur), Hugues Portelli (sénateur), Jean-Frédéric Poisson (député), Aymeric Pourbaix (Directeur des programmes, Radio Notre-Dame), Guillaume de Prémare, (consultant en communication, Médias & Evangile), Edmond Prochain (blogueur, journaliste), Samuel Pruvot (journaliste), Jacques Remiller (député-maire), Alina Reyes (écrivain),  Damien Ricour (comédien), Ivan Rioufol (essayiste, journaliste), Catherine Rouvier (juriste, politologue), Jean Sévillia (journaliste, écrivain)Grégory Solari (éditeur),Raphaël Stainville (journaliste), Denis Sureau (éditeur, théologien), François Taillandier (écrivain), Denis Tillinac (écrivain), Henri Tincq (journaliste et écrivain), Hubert de Torcy (rédacteur en chef, L’1visible), Vincent  Trémolet de Villers (journaliste), Natalia Trouiller (blogueuse, journaliste), Didier Truchet (professeur de droit, Paris II), Patrick Tudoret (écrivain), Christian Vanneste (député), François de Wendel (chef d’entreprise).

Une liste à elle seule presque plus longue que le texte, ce qui est déjà un symbole en soi. Je n’aurai pas le mauvais goût d’en tirer un best of ; à chacun d’aller y voir dans le détail pour repérer tel ou tel. Le jeu, c’est de retrouver parmi tous ces noms l’avorton que je suis… Il y a tellement de beau monde qui traîne dans cette liste que mon pseudo finit par y faire franchement tache ! Mais en même temps, toute cette histoire a réussi à mobiliser une bonne petite partie de mon temps depuis le week-end dernier (même si ce n’est rien à côté de l’énergie déployée par Natalia Trouiller, Koz, Frigide Barjot, François Taillandier ou encore François Miclo).

L’appel est donc lancé. Et il est désormais possible à tout un chacun (à toi, par exemple) de venir inscrire son nom au bas de cette liste.

Qu’ajouter à cela, alors ? Que le but n’est évidemment pas de se poser victimes contre victimes, mais de rappeler que les crimes de pédophilie commis au sein de l’Église sont insupportables, que la dissimulation de ces crimes, quand elle a eu lieu, est contraire à tout ce qui fonde le catholicisme. Mais aussi que Benoît XVI n’est pas “rattrapé” par le scandale : que c’est bien lui qui a pris, comme jamais personne avant dans l’Église, l’initiative de faire toute la lumière sur les affaires du passé afin de les “laver”. En ce sens, il est le premier pape à avoir à pris à ce point “le risque de la vérité”, et que cette volonté-là est à saluer en premier lieu.

Ensuite, il est aussi question d’appeler les journalistes (en l’occurrence, donc, mes confrères) à la retenue. A la modération. A l’exigence de vérité qui est – théoriquement – le fondement du métier, et qui devrait leur interdire d’écrire à ce point leurs papiers à charge. Quand il y a une accusation, la plus élémentaire justice impose de donner la parole à l’accusé, et de l’écouter. Or, depuis le début de ces affaires, le Vatican s’exprime, et parfois dément certaines charges. On a le droit de ne pas y croire, mais on a aussi le devoir de s’en faire écho. Aujourd’hui le sujet est mal traité ; et les catholiques maltraités.

Le plus inquiétant dans tout ça, ce n’est pas tant le traitement réservé dans la presse à l’Église, au pape, aux catholiques dans leur ensemble. C’est le soupçon qui s’insinue dans notre esprit : combien d’affaires et de sujets sont, chaque jour, aussi mal rapportés dans notre presse, celle qui se veut garante de notre liberté ?

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