Le troisième tome du Voyage des pères est sorti. Ça, c’est un modèle de phrase d’accroche sobre et informative – je pense même qu’on devrait la citer en exemple dans les écoles des journalisme (oui, je pense ce que je veux et si t’es pas content c’est la même). Je suis pas peu fier de l’annoncer – merci Castafiore pour l’info, quand même – et encore plus de le chroniquer avant même David Lerouge qui, si ça se trouve, va carrément apprendre cette sortie en lisant ce billet. Bref, c’est rien chouette.
D’ailleurs, je vais le chroniquer très brièvement. Cet épisode final se concentre donc sur la Passion (et la résurrection ?) du Christ. Peu de choses à dire : j’ai été emballé par cette conclusion que je redoutais un peu. On est plus que jamais dans le concept de la trilogie : suivre tout ce qui se passe autour de Jésus sans vraiment le voir. Il faut noter à cet égard la page consacrée à la crucifixion : tout simplement magnifique (en plus d’être extrêmement intelligente). L’humour est légèrement moins affirmé, mais en même temps c’est normal. Le mystère est traité avec respect et pour un chrétien c’est une jolie expérience de changer le temps d’un album son regard sur le cœur même de la foi que nous professons.
Je résume, donc : à lire d’urgence !
Quant à moi, j’en profite pour revenir sur une petite anecdote assez récente liée à cette bande dessinée. Pour ma défense, je le dis d’entrée : j’avais pas le temps ! On m’avait chargé, in extremis, entre deux dossiers, d’aller chercher un cadeau “si possible catho” pour un ami, et il fallait que je fasse vite, sous peine de manquer une réunion ou de manquer de cadeau. Aucun des deux n’était vraiment meilleur que l’autre. Alors j’avoue : j’ai fait comme n’importe quel péquin des villes qui doit trouver un bouquin vite-fait : j’ai couru dans une grande enseigne dont je tairai ici le nom (juste un indice : ça commence par F et ça finit par NAC). Sauf qu’en fait, il faudrait croire que c’est peut-être bien un vent intérieur qui m’y a poussé.
Dans l’idée, je voulais trouver les deux premiers tomes du Voyage des pères, déjà chroniqués ici et dont on ne dira jamais assez de bien. Ça me semblait le compromis idéal : catho mais pas que, détendant mais pas que, passe-partout mais pas que, vraie bonne idée et pour le coup rien que ça. Bref, il en restait pile un de chaque dans le rayon (je ne me fais pas d’illusion : ils n’en gardent qu’un en stock), je les ai donc attrapés et j’ai filé à la caisse en jetant un œil à ma montre.
Et là… poum poum poum !
Quand arrive mon tour – c’est à dire quand même bien dix minutes plus tard, Paris oblige – la caissière me demande mécaniquement si j’ai la carte de fidélité du magasin en marmonnant aussi un vague “bonjour” sans m’adresser spécialement de regard. Jusque là, tout est normal. Elle passe un album (biiip), passe le second (biiip)… et s’immobilise un quart de seconde. Elle reprend le tome 2 dans ses mains, regarde la couverture, regarde aussi le tome 1, puis me lance :
“Eh ! mais ça a l’air bien, ça !”
Dans la théorie de l’évangélisation (s’il y en avait une), on appellerait cette petite phrase un “feu vert” caractérisé. En plus d’être hautement improbable, quand on considère la queue de clients pressés qui patientaient encore derrière moi. Bref. Me voilà face au large sourire de la caissière, auquel il me faut répondre de façon courte et percutante. Pour gagner le temps qu’aucun de nous deux n’a vraiment, je commence par un : “Oui, c’est vraiment bien”, en sortant ma carte bancaire. Et elle de me répliquer :
“Comment vous le savez ? vous les avez déjà lues ?”
Diantre. Second feu vert.
Du coup, je lu explique que je les ai chez moi, et que je les trouve tellement bonnes que je suis même en train de les racheter pour les offrir à quelqu’un. Elle jette encore un coup d’œil aux couvertures, sans tenir compte de sa file d’attente.
“C’est quoi le nom de l’auteur ?… David Ratte. Bon, c’est super ce boulot : on trouve même de bonnes idées de bouquins !
- Vous voyez ! Et surtout, allez-y, lisez-les : vous ne le regretterez pas !”
Pas le temps d’épiloguer ni d’entrer dans les détails ; l’échange se termine là-dessus. Et je m’en vais en faisant intérieurement une courte prière pour qu’elle se souvienne du titre, qu’elle les lise et que cela soit une éventuellement petite porte sur le mystère de la foi chrétienne. Venant d’un auteur pas explicitement catho, ce serait quand même un joli coup de providence !
Et qu’on ne vienne pas me dire que si ça se trouve cette fille est elle aussi croyante et que c’est pour ça qu’elle a réagi : d’une part ça n’a pas été mon sentiment, d’autre part même si c’était le cas on peut alors espérer que ce sont les clients immédiatement après moi qui auront reçu le message. De toute façon, je n’en saurai certainement jamais rien, puisque le vent souffle où il veut. Je ne sais pas où celui-ci allait, je peux juste prier pour qu’il ait trouvé une voile sur sa route.

C’était hier matin la dernière chronique (de l’année ?) du “Coin des blogueurs”, sur RCF, et c’est moi qui m’y suis collé. J’ai un peu hésité : fallait-il tirer un bilan de “saison” ? fallait-il faire comme si de rien n’était ? fallait-il chanter une chanson d’adieu ? fallait-il laisser tomber mes idées à la con ? Finalement, j’ai fait comme on dit qu’il faut régulièrement faire en accompagnement spirituel : j’ai commencé par faire mémoire.
C’est tout comme j’aime. Un article de presse tellement rempli jusqu’à la nausée d’âneries qu’on l’entend 
C’est le paradoxe du blogueur : participer à la logorrhée ambiante tout en se prétendant en distance avec elle ; vouloir instaurer une distance avec l’esprit du monde, mais le suivre mouvement pour mouvement, dans une danse étroite et interminable. Il y a indéniablement un bruit de fond dans notre société.De kiss-in en apéro
C’est un moment émouvant, pour un journaliste, que celui où l’on pressent le frémissement d’une naissance de 
Ah, tiens, je trouvais rigolote l’initiative de la 







