Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Lc. 19, 1-10)…
31 octobre 2010
29 octobre 2010
Vers les cimetières, comme chaque année…
Ce week-end, c’est la Toussaint… Sacrée info, non ?
Et la Toussaint, comme chacun sait, c’est la fête des morts. Quoi ? comment ça, non ? Tss, tss ! arrête de faire ton prétentieux une minute et mets-toi un peu au niveau du monde qui t’entoure. 1er novembre, 2 novembre, franchement c’est la même chose ! Et ne viens pas me dire que c’est là un signe de la déchristianisation de notre société. La confusion est bien plus ancienne que ça (ne commence pas à trépigner : tu penses bien que si j’avance un truc pareil je suis en mesure de le prouver). Pour te dire, elle date même d’avant le Concile, d’avant Mgr Lefebvre, d’avant Benoît XVI… comme quoi !
Bon, bref. On en reparlera (ou pas).
Et attendant, pense à aller acheter tes chrysanthèmes et songe à tous ces défunts qui seront visités ces jours-ci… et pourquoi pas, aussi, à tous ceux que personne n’ira voir. Avant de partir en week-end, goûte à cette douce poésie des Actualités françaises de 1946 :
“Vers les cimetières, comme chaque année, la Toussaint nous a ramenés,
Mais tous les coins de terre où dorment les morts de notre sang ne seront pas fleuris.
Vous ne serez pas fleuris, petits cimetières abandonnés dans les campagnes perdues,
Pauvres tombes oubliées des hommes,
Où, sous la ronce et l’herbe folle, s’effrite un nom qui fut vivant…”
*
On aurait presque envie de l’apprendre et de le réciter… Si les reportages d’aujourd’hui pouvaient avoir autant de charme, je passerais décidément ma vie devant la télé ! La suite est tout aussi savoureuse ; je te laisse la découvrir par un petit clic sur ce lien. Il y a même, pour les amateurs, une petite touche de patriotisme au romantisme délicieux.
Et allez, on répète après moi : “Vers les cimetières, comme chaque année, la Toussaint nous a ramenés…”
26 octobre 2010
Villes cathos : des réserves naturelles ?
Communautarisme – quitte à dire des gros mots, je préfère les lâcher tout de suite. C’est ce qu’on rétorquera, souvent à raison peut-être, à toute tentative de reconstituer un petit “entre-soi” catholique, peu importe le lieu ou la manière. Et le communautarisme, ben c’est pas bien. Bouh !
Jolie matière à débats, en tout cas, que ce reportage diffusé dimanche dans l’émission 66 minutes (sur M6). Qu’est-ce qu’on y voit ? Une ville en plein développement aux États-Unis, en Floride, avec une particularité : elle a été fondée en 2007 par un catholique… pour des catholiques ! Et le lieu affiche franchement la couleur : Ave Maria, ça s’appelle. C’est sûr que dans le genre on doit pouvoir faire plus discret, voire même plus œcuménique. A l’origine du projet, on trouve le créateur de la chaîne Domino’s Pizza, Tom Monaghan, qu’on peut voir dans le sujet de M6 présenter et défendre sa ville. On y aperçoit aussi une famille de onze enfants (oui, je sais : plus cliché, tu meurs) et – entre autres choses amusantes – on apprend que la ville comprend une grande université, qu’il n’y a qu’un seul pub et qu’on ne trouve aucun contraceptif dans les magasins… Autant dire que c’est de l’enquête fouillée et certainement exempte du moindre présupposé. Mais passons, parce qu’après visionnage il en ressort quand même une relative bienveillance à l’égard de ces Américains légèrement excentriques (ce qui est probablement un pléonasme, d’ailleurs). Pas de quoi fouetter une brebis dans le portrait de cette “ville 100% catho”, selon moi.
Pour t’en faire une idée, c’est regardable ici :
Spontanément, j’ai commencé par voir la chose d’un œil assez suspicieux. Mais je suis un garçon qui porte parfois l’esprit de contradiction aussi haut que son surmoi est bas, et il a suffi qu’un proche émette un avis définitif du type : “C’est mauvais, nous sommes appelés à vivre notre foi dans le monde, ces gens n’ont rien compris” pour que je sois pris de l’irrépressible envie de soutenir la thèse inverse ! Rassure-toi quand même : jusqu’à une certaine limite.
Il est évident que le principe même de notre foi est d’être partagée et annoncée au plus grand nombre… Dès lors, s’enfermer dans de petits ghettos remplis de gens comme nous, comme d’ailleurs se regrouper sur des réseaux (dits) sociaux confessionnels, n’est-ce pas trahir notre mission fondamentale ? C’est sûr, on se tient chaud… mais c’est pas comme ça qu’on va réchauffer le monde autour.
Pour prendre une autre image : à énergie consommée équivalente, on éclaire bien mieux avec mille petites lampes qu’avec un seul très grand spot.
Mais est-ce que l’un empêche vraiment l’autre ? Il y a un petit détail qui m’a trotté dans la tête après avoir vu ce reportage et auquel le journaliste n’a pas – à mon sens – accordé toute l’importance qu’il aurait fallu… Certes, ces cathos américains habitent un lieu qu’ils ont reconstitué à leur image (tiens, tiens… y’a peut-être comme un souci, quand on regarde les choses sous cet angle), mais on nous dit aussi que presque tous travaillent pour l’université de la ville. Là, si j’avais tenu la caméra et le micro, je serais allé creuser un peu. Et s’il fallait plutôt considérer les choses dans l’autre sens ? Si le point névralgique du reportage était cette université qu’on ne fait finalement qu’apercevoir ? Sur le plan que j’ai placé en illustration de l’article, elle occupe quand même de loin la plus large place… Alors la “ville catho” deviendrait en priorité un environnement catholique pour des étudiants. Une université “vraiment catholique”, conçue pour (bien) former des catholiques d’aujourd’hui, et à la marge portée par une petite communauté très soudée. On ne serait alors pas vraiment dans cette image de ghetto-chic présenté par le reportage de 66 minutes. Quelques milliers de personnes, à l’échelle des États-Unis, est-ce vraiment plus qu’un petit foyer de personnes ?
Ceci pour rééquilibrer le regard porté sur le projet. Je n’ai toujours pas d’avis tranché sur la question et je continue d’être un peu interpellé par ce qui m’apparaît quand même de prime abord comme un sacré retrait du monde… Comme la reconstitution d’une “réserve protégée” de croyants. Je n’en voudrai à personne d’y voir le signe d’un repli identitaire, voire même un aveu de déclin.
Quoi de plus naturel que d’émettre des réserves… sur le principe des réserves ?
Mais ne nous voilons pas la face avec notre distanciation européenne teintée de laïcitéàlafrançaise (je l’écris volontairement comme ça parce que c’est vraiment une notion en tant que telle !) : des réserves de cathos, on en a. Moins marquées, peut-être, mais bien réelles. On a des Versailles, des hospitalités de Lourdes, des retraites de Taizé et des sessions de Paray-le-Monial. Et c’est pas parce que je mets des choses très différentes dans le même sac qu’il n’y a pas un peu de vrai là-dedans. On a même, pour certains, nos journaux (ou pas), nos médias télé ou radio, nos associations favorites, nos librairies, nos lieux d’échange, nos groupes de musique, nos écoles privées (là, les exemples sont vraiment trop nombreux), nos blogues préférés… Toutes ces petites choses qui, mises bout-à-bout, finiront bien par recréer une forme de communautarisme ou d’entre-soi. Il n’est pas interdit d’y penser avant de repousser dédaigneusement des initiatives comme celle d’Ave Maria. En sommes-nous toujours si loin que nous le voudrions ?
Est-ce que j’aurais envie de vivre là ? C’est vrai que le ciel est sacrément bleu, que les gens ont l’air gentils, que les messes dans cette cathédrale doivent être drôlement priantes… mais finalement, je ne pense pas. Ça manque un peu de véritables choses à découvrir chez l’autre, ça manque d’aspérités. Ça manque de mission, aussi, évidemment. Et je ne me fais même pas d’illusion : l’image de petit paradis sur terre ne peut pas tromper, je n’arrive pas à croire à la parfaite harmonie dépeinte. Les cathos ne sont pas meilleurs que les autres (tout juste leur foi les garde-t-elle peut-être de devenir pires que les autres !), et il doit bien y avoir des mesquineries entre voisins, des divergences de points de vue, des sales cons à la caisse de la librairie et des bagarres occasionnelles.
Mais le reportage aura au moins eu le mérite de m’interpeller sur le sujet. D’ailleurs, quand on y réfléchit, j’ai fait quoi juste après l’avoir vu ? je me suis empressé de partager mes réflexions… à mon réseau catho. Bref, on est pas rendus !
25 octobre 2010
Parabole bis
Pas tant pour l’exercice de style que parce que l’évangile d’hier m’a donné cette distraction (mais en était-ce vraiment une ?) que parfois, à force de prendre la Parole de Dieu complètement au pied de la lettre, on renverse peut-être les valeurs… Du coup : “Et vlan, dedans !” Dommage…
Pour rappel, donc, l’évangile proclamé hier dans toutes les bonnes paroisses (quoique, aussi dans les mauvaises) était en Lc 18, 9-14.
Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient tous les autres :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain.
Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne. ‘
Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ! ‘
Quand ce dernier rentra chez lui, c’est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
Et si on reformule – j’ai même presque envie de dire “si on actualise” – ça pourrait sans doute aussi donner ça :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était publicain, et l’autre, pharisien.
Le publicain se tenait à distance et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je sais que je ne suis pas parfait, mais je te rends grâce tout de même parce qu’au moins je ne suis pas comme ce pharisien. Il jeûne deux fois par semaine et il verse le dixième de tout ce qu’il gagne, mais sa foi est celle d’un hypocrite. Cet homme accorde tellement de place aux dogmes et aux rites qu’il en oublie complètement ton message. Et tout le temps qu’il passe à te bénir du bout des lèvres, il n’apprend pas à te connaître et à te laisser la place.‘
Le pharisien, lui, n’osait pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, je suis encore si loin de ce que j’enseigne aux autres… Ma vie, malgré les apparences, manque encore tellement de cohérence avec ta Parole. Prends pitié du pécheur que je suis !’ »
Et maintenant, juste une question : vu comme ça, lequel des deux serait le plus juste ?
Mais tu n’es pas obligé d’être d’accord.
24 octobre 2010
Un peu trop juste…
Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Lc. 18, 9-14)…
Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).
21 octobre 2010
D’oh !
Oui, tu as bien lu : “D’oh !”
Comme dans “Domine”, “Donne la paix à ton frère” ou “Dona nobis pacem”… ou presque. Qui sait, peut-être qu’un jour un (encore) nouvel ordinaire de la messe proposera cette exclamation parmi les réponses de l’assemblée au célébrant. Hum ! Pas trop vite quand même, si possible… (S’il te plaît, petit Jésus des Amériques…)
En attendant, puisque Stéphane Lemessin a trouvé très malin d’imaginer dans sa revue de blogues hebdomadaire que j’allais traiter le sujet, je me sens un peu contraint (ouuh !) d’évoquer cette grande étude qui va certainement révolutionner l’Église. Mais comme j’avais déjà un peu l’intention de le faire hier, rassure-toi : la contrainte n’est pas si forcée que ça… Si tu n’as pas encore cliqué sur le lien proposé (je peux comprendre, mais tu n’es quand même pas très curieux, comme lecteur), voilà de quoi il retourne : regarder Les Simpson à la télé, ça peut “aider spirituellement”. J’ai même envie d’ajouter : Sic.
Bon, c’est un père jésuite qui a conclu ça après un travail qu’on imagine long et éreintant. Il s’appelle Francesco Ochetta, et il vient de publier une étude sur “Les Simpson et la religion”. Tss, tss… J’en entends déjà murmurer : “La planque ! Gros bon plan pour glander sur un canapé en regardant la télé !” C’est pas très gentil. Que veux-tu : les meilleurs sujets de thèse ont été honteusement squattés par les Pères de l’Église ; maintenant, il faut faire avec ce qui reste. Et ce qui reste est jaune, bedonnant et s’appelle Homer. C’est comme ça.
Et puisque c’est très sérieux, citons un habile résumé des conclusions de ces recherches :
“Je dirais que les Simpson sont ouverts à la question de Dieu. Les auteurs critiquent férocement certains religieux mais ils respectent la foi, l’ouverture à Dieu, la prière et le fait d’aller écouter le pasteur chaque dimanche, même s’ils dorment ou mangent du pop-corn quand ils y vont.”
Je dis bravo ! Oh, pas tant pour le fond du sujet (dont je me moque un peu, je dois dire), mais parce que pour une fois un jésuite fait mentir ces vieilles blagues qui trainent sur la Compagnie de Jésus et qui voudraient qu’on ne comprenne jamais rien à ce qu’ils disent. Là, au moins, on comprend tout et on peut l’en féliciter.
Mais j’en viens maintenant à LA grande question que tout le monde se pose (pas celle sur la vie, l’univers et le reste – une autre) : les Simpson sont-ils, oui ou non à la fin, catholiques ? C’est vrai, quoi : je me rappelle avoir passé des soirées entières à me ronger les ongles et à cracher les petits bouts coupés sur le tapis du salon en retournant avec angoisse ce problème dans mon esprit, sans même parvenir à dégager une réponse solide. Je pourrai désormais dormir : Homer et sa famille sont juste des “gens de foi”, pas nécessairement des catholiques. (Et le petit malin qui vient de dire “comme les jésuites” est prié de sortir immédiatement ! Non mais !)
Toute cette histoire ouvre tout de même de belles perspectives exégétiques…
Bref. Tout ça pour dire que les enfants peuvent donc regarder les Simpson sans complexe. On n’est pas encore sûr qu’ils y apprendront grand chose de véritablement spirituel, mais ce qui est certain c’est que leur vocabulaire argotique y gagnera en couleurs. Et alors les parents se mettront aussi au (rire) jaune.
*
[Breaking news edit: Les producteurs démentent formellement que les Simpson soient catholiques. On le savait déjà, mais ça valait bien la peine de le proclamer une bonne fois pour toutes !]
19 octobre 2010
All you need is laugh
C’est une bonne scène de film, et je suis sérieux : une vraie jolie trouvaille de mise en scène. Ça marche bien, c’est tout mignon, filmé comme une carte postale (comme il se doit). Bon, ça sent quand même un peu la fraise tagada, mais ne boudons pas notre plaisir : le couple est beau (et multiculturel, c’est évidemment un plus), Keira Knightley a un sourire rigolo, les regards énamourés du “meilleur pote qui filme” sont excellents pour poser les bases des relations qui lient les personnages, les Beatles ça chie quand même grave la classe quoi qu’on en fasse… Bref : si y’a pas quelques dizaines d’handicapés de l’originalité qui auront essayé de reproduire cette scène à leur propre mariage, je veux bien manger des Rice Krispies au petit-déjeuner pendant toute l’année à venir !
(Ici, je t’invite à interrompre ta lecture pour aller chercher rapidement un paquet de mouchoirs. Tu risques d’en avoir besoin.)
Et maintenant, assumons donc gaiement dans un grand élan de bisounourserie nos penchants coupables pour la guimauve meringuée à la sauce d’eau de rose, telle qu’on nous la livre par kilos quintaux dans de magnifiques comédies romantiques estampillées “à l’anglaise” :
(Snuirfl… Les mouchoirs, tu l’auras compris, c’est ici qu’ils servaient.)
C’est bôôô, non ? En fait, sans rire : je crois qu’ils auraient pris n’importe quoi d’autre, j’aurais détesté, mais les Beatles, je craque. Sont trop forts… Bref !
Eh bien, ça a beau être bien beau (oui, tu as le droit de relire ce début de phrase si tu n’es pas sûr d’avoir compris – de toute façon, tu risques de le relire quand même juste pour savoir de quoi je parlais avant d’ouvrir cette parenthèse !), il n’en demeure pas moins que tu as de moins en moins de chances d’assister à une scène pareille dans une église catholique. Et pas seulement parce que ça doit coûter un bras à organiser…
Mon compère Chafouin en avait déjà vaguement parlé dans un billet de la Sacristie qui a eu l’honneur de créer un certain débat (et quelques accusations idiotes) : le mois dernier, l’archevêque de Melbourne a tenu à rappeler que les hymnes sportifs, les tubes de Sinatra (et Dieu sait que j’aime Sinatra – au moins autant que les Beatles), voire même les chansons de Joe Dassin ou de Nana Mouskouri n’ont pas trop leur place dans une cérémonie de funérailles. Oui, c’est pas cool mais c’est comme ça.
Aujourd’hui, c’est l’évêque de Ratisbonne qui en remet une couche et dit globalement la même chose au sujet des mariages. Alors, tu me diras (si toutefois tu es Alain Minc) que le simple fait que cet évêque soit Allemand le disqualifie probablement pour émettre un avis (en vrac) : 1. sur la pop, 2. sur les mariages, 3. sur la liturgie, 4. sur n’importe quoi, en fait… Et puis, Ratisbonne, quoi, zut ! Cette ville où le pape célèbre pape nazi a prononcé ce funeste discours appelant à la discrimination de tous les gentils musulmans… Franchement, on se demande : depuis cet événement, que peut-il sortir de bon de Ratisbonne ?
Mais revenons au sujet. De quoi qu’on cause, au juste ? L’Église, une fois de plus, rate une occasion en or de se montrer enfin fun et bigarrée et – par la même occasion – de voir revenir une foule innombrable de fidèles débordants d’enthousiasme pour une institution si joyeusement ouverte à tous ses désirs d’originalité panurgesque. C’est vrai quoi, caca boudin ! ce serait tellement plus mieux de se dire oui au son de l’hymne de la Champions League, de Something stupid, de Can you feel the love tonight ou même de Ne me quitte pas ! Non ?
Je savais bien en lisant cet article qu’il ne fallait pas que je mette mon nez dans les commentaires. Je n’ai pas résisté (je suis faible), et je n’ai “pas été déçu, en mal”, comme pourraient presque dire les Suisses. On me dira de prendre le parti d’en rire… Oh, rassure-toi : j’en ris. Jaune, mais fort. Une fois de plus, la réalité dépasse l’affliction !
C’est bête, mais rappeler qu’un mariage ou un enterrement n’est pas seulement destiné à être une célébration béate d’un défunt ou d’un couple, c’est un peu le minimum minimorum du bon sens : s’il y a un office religieux, c’est vaguement pour rappeler autre chose. Une espérance, par exemple. Et si l’Église continue de célébrer des sacrements de mariage (sacrement… tiens, tiens !), des baptêmes, des sépultures, alors qu’elle est clairement aujourd’hui en sous-effectifs de ministres ordonnés, c’est peut-être pour une autre raison que “faire du chiffre” en terme de fidèles. Surtout quand on voit ce que ça peut rapporter en fidélité à la messe du dimanche suivant… C’est peut-être simplement que pour les catholiques il existe un sens plus fort, quelque chose que l’Église considère comme très important pour l’être humain. Dans un cas, comme je viens de le dire, un sacrement ; dans l’autre, des rites qui permettent de se dire “à Dieu”, dignement.
Ces célébrations sont pour nous, bien sûr, mais ce n’est pas nous qu’elles glorifient.
Pour ça, il y a les diaporamas ringards. Et bonne nouvelle : Power Point n’a encore publié aucune directive contre les chansons d’Andrea Bocelli.
17 octobre 2010
Juge inique, sa mère !
Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Lc. 18, 1-8)…
Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).
15 octobre 2010
Le retour du Jésus ?
C’est une époque de guerre civile.
À bord de vaisseaux médiatiques opérant à partir d’une base cachée, les Rebelles ont remporté leur première victoire sur la maléfique Église catholique.
Au cours de la bataille, des espions Rebelles ont réussi à dérober les plans secrets de l’arme absolue de l’Église : l’Étoile de la Morale, un dogme spécial blindé doté d’un armement assez puissant pour annihiler une conscience tout entière.
Poursuivie par les sbires sinistres de l’Église, la princesse Laïcité file vers sa base dans son bon-droit cosmique, porteuse des plans volés à l’ennemi qui pourront sauver son peuple et restaurer la paix dans la République…
(Thème orchestral qui fout grave les poils à tout le monde.)
*
C’est le genre de chose qui pourrait bien en surprendre plus d’un : les cathos sont de retour ! Qui ça ? Mais si, vous savez : ces vilains réacs “messalisants” qui prônent une morale rétrograde et sont probablement des ennemis de la République, des libertés individuelles, de la laïcité, du zizi pratiqué joyeusement, des droits de l’homme, des droits de la femme, des droits des animaux, de la tolérance, du progrès scientifique, du rock et des mouchoirs jetables. Ils reviennent, qu’on te dit ! Même que c’est un phénomène suffisamment surprenant pour être observé.
C’est pourtant pas faute de les avoir boutés dehors autant qu’on pouvait à grand coup de pieds dans leur culs-bénis : voilà qu’ils rappliquent par toutes les fenêtres possibles. En vrac : en chanson, dans le débat public, au ciné, en politique. Et faut bien dire que ça commence à faire beaucoup…
Commençons par la chanson (oui, j’ai pas eu le courage d’écrire “musique”, j’ai encore des valeurs). Le pays, qui n’est pas à une contradiction près, n’a rien trouvé de mieux à faire que se précipiter pour acheter l’album du groupe Les Prêtres au printemps dernier. Après une belle saison de victoires médiatiques à grand coup de (pseudo) révélations de pédophilie. On croit rêver… ah non, mince, faut éviter les croyances (c’est pas laïc-frienly) ! Bon, alors on doute de rêver… Et m… ! ça marche pas non plus ! Oh, et puis zut, passons.
L’été est arrivé. Les cathos se sont réveillés, ils ont parlé des Roms. Ils ont râlé. On a même pu supposer que le pape prenait part au débat, avec un subtil propos sur l’accueil des “légitimes diversités humaines”. Ça chauffait dans les rédactions : Benoit XVI, Che Guevara : même combat ? In fine, l’incident est quasi-clos aujourd’hui. Mais les polémiques entre ceux qui veulent absolument faire du sermon du pape une condamnation de la politique du gouvernement français sur les Roms et ceux qui tiennent à cantonner sa phrase à un commentaire de l’Évangile, ces polémiques semblent juste occulter un petit détail, peut-être pas si anodin : intentionnellement orientée ou pas, le propos reste ce qu’il est ! Il y a une question à se poser au regard de l’Évangile… Condamnation ou coïncidence, peu importe finalement.
En attendant, les catholiques redevenaient des gaucho-compatibles, ce que tout le monde avait l’air d’avoir oublié. Malgré La Vie, qui en profite pour se demander – fond de commerce oblige – si Dieu est de gauche (on en rit encore, tant la plaisanterie était bien sentie – note ici que ce n’est pas ironique : j’adore cette Une).
Et puis bon, tout ça c’est du pipi de chat, tout radioactif soit-il, à côté de l’arme nucléaire (note ici que je file habilement la métaphore de la radioactivité) dégainée ensuite par l’Église : Des hommes et des dieux. Le film de Xavier Beauvois sur les moines de Tibhirine a – contre toute attente – déjà chatouillé les 2.000.000 de tickets vendus. Quand on pense que le film n’est même pas vraiment catho, ça fait tout drôle… Alors ça y est : l’Église trouve le moyen de revenir sans même rien faire pour ? On la matraque pour ses positions sur le capuchon, les capuches reviennent en force ? On est pas rendus…
Je passe sur le dernier épisode : la tentative (comment le dire charitablement ? “lourdingue” ?) de reconquête des cathos tendance “carte d’électeur” par le président de la République. Les commentateurs sportifs journalistes qui ont couvert l’événement ne se sont d’ailleurs pas trompés sur la valeur réelle de l’événement : Nicolas Sarkozy s’est signé quatre fois. Ah ouais, quand même ! Alors on s’amuse à polémiquer poliment sur le sujet… et les cathos dans tout ça ? Je sais pas trop. En ce qui me concerne, j’aurais tendance à plutôt réclamer des actes. Comment le président répond-il à cette attente ? Par des signes : il se signe ! Je n’ai rien contre les signes d’une façon générale (d’autant que celui-ci est – on peut le dire – assez crucial pour un croyant), mais faudrait voir à ne pas s’arrêter là. Je reçois le message : j’attends maintenant son actualisation. (Un Dont acte, en somme.)
Pendant ce temps là, l’objection de conscience est reconnue par le Conseil de l’Europe (qui, je le rappelle, n’a rien à voir avec l’Union Européenne). C’est chouette. Reste plus qu’à l’appliquer, en France par exemple, et on se réjouira complètement.
Bref. Concluons avec lourdeur. Inutile d’agiter une menace fantoche, malgré l’attaque des clowns, la revanche des signes peut nous donner un nouvel espoir : l’Église contre-attaque, même si c’est pas encore parfaitement le retour du Jésus. Voilà.
10 octobre 2010
Miracle au 1/10e
Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Lc. 17, 11-19)…












