Le blogue d'Edmond Prochain

27 décembre 2010

L’anniversaire du petit Jésus

Filed under: De rien — Edmond Prochain @ 10:07
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Aujourd’hui, toute ma famille s’est réunie parce que c’était le 25 décembre et que tous les ans le 25 décembre c’est mon anniversaire. Même si certains disent que c’est pas la vraie date de ma naissance, mais ma maman elle dit qu’à cause du recensement et de toute l’histoire de la place en crèche et de la fuite qu’il a fallu aller réparer en Égypte on ne sait plus trop mais tu sais mon agneau ça n’a pas vraiment d’importance parce qu’on t’aime et qu’on n’oubliera jamais de te le souhaiter. Et c’est vrai que c’est drôlement chouette d’avoir son anniversaire parce qu’on fait un bon repas et qu’on m’offre tout plein de cadeaux.

En plus, cette année, c’est la première fois qu’on le fête à Nazareth. Je sais plus si je vous ai déjà parlé de Nazareth, mais c’est la ville en Galilée où on est venus s’installer en revenant de l’étranger, parce que papa a rêvé de ne pas trop retourner en Judée. Et donc, pour fêter notre retour d’Égypte, tous mes cousins sont venus et même ma mamie Anne et mon papy Joachim qui passent leur temps à s’embrasser (c’est dégoutant mais je les aime bien quand même, surtout que c’est mamie Anne qui a appris toute seule à lire à maman). Il a failli manquer ma tante Élisabeth et mon oncle Zacharie, mais ils ont frappé à la porte juste quand maman et moi on terminait de mettre le couvert sur la table que papa a fabriquée exprès pour l’occasion.

Comme j’étais drôlement content que ma marraine arrive, j’ai traversé la maison en courant pour être le premier à leur ouvrir. En passant, j’ai quand même entendu un oncle dire à papa comme il est gentil et serviable ton fils… J’avais à peine ouvert la porte que mon cousin Jean-Baptiste s’est mis à sauter de joie dans tous les sens. Je sais pas trop ce qu’il a, mais ça lui prend à chaque fois qu’il me voit et je me demande parfois s’il ne perd pas un peu la tête.

- Vous avez fait bonne route ? papa a demandé derrière moi en arrivant.

- M’en parle pas ! mon oncle Zacharie a répondu en faisant en même temps une tête de quelqu’un plutôt content d’en parler. Figure-toi qu’à cause de travaux ils nous ont collé une déviation par Capharnaüm, ça nous a quand même rallongé d’une journée ! C’est de pire en pire, je te jure… Les Romains et la circulation, c’est vraiment pas ça.

Et c’est vrai qu’il avait l’air rudement embêté par cette histoire de déviation de Capharnaüm. Il paraît que cette ville c’est toujours le souk mais que je verrai bien quand j’irai à l’école là-bas.

- Comme tu as grandi, mon petit Emmanuel ! m’a dit ma tante Élisabeth en me décoiffant complètement avec sa main.

J’ai jamais tellement compris pourquoi, elle est la seule de mes tantes à m’avoir toujours appelé par mon deuxième prénom. Peut-être parce qu’elle veut me rappeler que comme elle est ma marraine elle n’oublie pas à quel point je suis spécial pour elle. Mais heureusement, maman est arrivée et elle a laissé mes cheveux tranquilles à la fin.

Avec Jean-Baptiste, on s’est enfuis rapidement et on a vu papa et tous les autres faire pareil, parce que quand maman et sa cousine Élisabeth se retrouvent, elles passent toujours trois heures à se saluer et à réciter des prières. En plus, ça m’arrangeait un peu de retourner dans ma chambre pour finir de m’habiller. Jusqu’ici, comme j’aidais papa et maman à préparer le déjeuner, j’avais juste mis une tenue de service avec un linge autour de la taille. Mais là, fini de faire le guignol : il fallait que je sois tout beau. Mon cousin a bien essayé, comme à chaque fois, de m’attacher les sandales, mais je me suis pas laissé faire.

- Et puis quoi encore ? je lui ai dit.

Du coup, il est parti bouder dans son coin en marmonnant tout seul et en mâchonnant une sauterelle qui trainait au fond de sa poche. Il est vraiment bizarre, mon cousin Jean-Baptiste.

Mais sa mauvaise tête n’a pas duré très longtemps, parce qu’on nous a assez vite appelés pour le déjeuner. Tout le monde s’est assis autour de la grande table toute neuve recouverte avec une nappe bleue avec des étoiles dessinées dessus.

L’oncle Zacharie qui est un bavard terrible (on m’a dit qu’il n’a pas toujours été comme ça et qu’à une époque il ne parlait même pas du tout, mais j’ai quand même du mal à y croire) il s’est extasié devant le travail très chouette de papa. Il en a profité pour raconter qu’il venait d’acheter un modèle à un marchand venu d’assez loin, dans le Nord-Ouest je crois, une table à monter soi-même, et qu’il lui a fallu presque une journée complète pour y arriver.

- Ces meubles venus de Scandinavie, c’est quand même pas tout à fait ça ! On dira ce qu’on veut, c’est vraiment pas dans leur culture et je doute qu’ils soient un jour doués dans le domaine…

Maman m’a demandé de bénir le repas avant qu’on commence à manger, pendant que Jean-Baptiste faisait le guignol en posant sa tête au milieu d’un plateau ou en aspergeant tout le monde avec l’eau de son verre. Moi, j’ai pris le pain, je l’ai béni un peu et je l’ai rompu pour le distribuer à tout le monde. Les autres m’ont regardé faire en silence et c’est vrai que ça faisait une scène terrible ! Je pense que je vais m’entraîner pour le refaire de temps en temps avec les copains.

Les grandes personnes ont raconté encore l’histoire de ma Nativité. Il faut dire que ma naissance, je ne sais plus si je vous l’ai raconté ça aussi, mais ça a dû être un sacré drôle de bazar, même si je m’en souviens pas du tout : le recensement, les auberges de la ville qui étaient pleines, l’étable, les bergers qui ont débarqué d’un seul coup… Cette histoire plait tellement que j’ai l’impression qu’on n’a pas fini de la raconter à tout le monde.

Maman avait préparé plein de lait et de miel, et puis aussi du pain de poisson comme j’aime bien. Au début elle avait eu l’idée de faire un méchoui, mais à force qu’on m’appelle mon agneau tout le temps je finis par ne pas tellement aimer qu’on mange du mouton. Même à la Pâque, ça me fait toujours pleurer. Et puis il y avait plein de petits plats drôlement bons avec plein d’aromates et du sel qu’on pouvait rajouter dessus si on voulait (j’aime bien le sel), parce que l’homme ne se nourrit pas seulement de pain, c’est vrai quoi, zut, flûte, nom d’un chien !

Un peu plus tard, maman m’a demandé :

- Tiens, Jésus mon agneau, on n’a plus de vin à table, tu pourrais aller en chercher ?

Et moi, ça m’a quand même bien ennuyé qu’elle me demande ça à ce moment-là, alors je lui ai répondu :

- Tu sais Maman, mon heure n’est vraiment pas encore venue…

Et puis on a éteint les lumières et on a apporté le gâteau en forme de bûche que papa aime bien (c’est lui qui a eu l’idée, et je suis sûr qu’un jour tout le monde va le copier), avec des bougies qui faisaient comme des langues de feu dessus, et tous les invités se sont mis à chanter : « Joyeux a-a-a-a-a-a-a-a-a-a-a-a-a-a-a-an-niversaire ! » Je trouve ça très bête, ces voyelles répétées seize fois comme ça en milieu de mot. J’espère que ça ne va pas devenir une tradition.

Près de la table, il y avait un sapin avec une étoile accrochée au-dessus (j’aime bien mettre des étoiles partout le jour de mon anniversaire) et plein de cadeaux déposés en dessous. Il y avait un nouveau lit construit spécialement par papa, pour remplacer la paille qui me sert de couchette depuis des années. Maman m’avait aussi fait un petit oreiller très chouette, avec un épis de blé et une grappe de raisin brodés en point de croix dessus. Elle a dit qu’il fallait que j’en profite bien parce qu’on ne sait jamais ce que la vie réserve et que tu n’auras peut-être pas toujours quelque part où reposer ta tête, mon fils. Et puis il y a aussi le cadeau de mon papy et de ma mamie : un ânon et un veau, pour réchauffer ma chambre. Mes trois parrains de l’étranger m’avaient aussi envoyé des cadeaux. Là, pas trop de surprise : c’était les mêmes que d’habitude (des petites barres d’or, des bâtons d’encens et une boîte de myrrhe). Je les range dans un coin depuis des années, mais je ne sais pas tellement quoi en faire même si je leur écris toujours pour bien les remercier.

- C’est trop gentil, mais il ne faudrait pas qu’à la longue tous ces cadeaux nous fassent perdre le vrai sens de la fête ! a dit maman.

Moi, je trouvais ça plutôt chouette quand même de recevoir plein de cadeaux comme ça, et même je me disais que ce serait une drôlement bonne idée d’imaginer une fête pour s’en donner encore tout plein à un autre moment de l’année, mais je n’ai rien dit parce que j’ai bien senti que ce n’était pas tellement le moment de faire le malin, c’est vrai quoi, sans blague…

A la fin de la journée, on s’est tous drôlement embrassés en se disant plein de soyez prudents sur la route et tu nous écris tout de suite en arrivant, hein !

Mais ce qui est rudement bien, c’est qu’on revoit tout le monde dans quinze jours pour tirer les rois tous ensemble ! C’est une autre espèce de tradition que j’aime bien dans la famille parce que c’est toujours moi qui trouve la fève et qui suis le roi. Sauf que l’année dernière un cousin avait remplacé la couronne en carton par une autre pleine d’épine, et moi je me suis fait très mal mais j’ai été très courageux et je n’ai même pas pleuré. J’espère que c’est la dernière fois que quelqu’un aura une idée pareille : j’ai trouvé ça complètement nul.

*

Et pour ceux qui l’auraient manquée, la toute première aventure du Petit Jésus

26 décembre 2010

Scène de ménage

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 9:50
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Bon dimanche… et joyeux Noël ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 2, 13-23)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

19 décembre 2010

Sauveur sous pseudo

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 9:35
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 1, 18-24)…

Et je le dis avant qu’on vienne me faire la remarque en commentaire : Oui, je sais ! (Tu es prévenu, donc…)

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

18 décembre 2010

Des cadeaux dans la hotte du web

Filed under: Effets de buzz — Edmond Prochain @ 14:11
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C’est (presque) la belle nuit de Noël, la neige étend (presque) son manteau blanc et, les yeux (presque) tournés vers le ciel, à genoux les petits enfants…

Il faut croire qu’il y a une sorte de grâce de saison. Avec l’Avent, avec Noël, on a chaque année droit à des cadeaux internet plutôt sympathiques. Et il semble que 2010 n’ait pas l’intention de déroger à la règle. Mais avant cela, faisons ensemble un petit retour vers le passé, histoire de revoir le meilleur de ces deux dernières années de blogue. En 2009 (ne cherche pas, c’était l’année dernière), on a eu droit à un JT de l’Avent par la Frassateam, une vidéo tout en anglais bien fichue et quelques jolis machins des Films prodiges. En 2008, y’avait eu un clip joliment fait et déjà la Frassateam avec ce qui reste quand même probablement leur plus beau fait d’arme à ce jour : l’épopée de Cadichon.

Voilà pour le flash-back.

Et maintenant quoi ? Eh bien maintenant, parmi ces petites choses que beaucoup ont déjà certainement aperçues, on peut découvrir une très amusante vidéo qui retrace habilement l’histoire de la Nativité à sa façon… c’est à dire, en fait, à la nôtre : en utilisant les moyens numériques comme fil de narration. C’est malin, amusant, et tellement dans l’esprit du petit exercice auquel je m’essayais moi-même la semaine dernière que je ne résiste pas à l’envie de te le partager :

Sympa, non ? Mais ce n’est pas tout !

Il y a aussi une vidéo amusante et gorgée de soleil : les Bâtisseurs de monastère. C’est très sympa, très bien fait, mais comme ce n’est pas trop dans le thème de Noël je ne la mentionne que rapidement.

Fidèles à leur esprit de… euh… de quoi, déjà ? … Bon, fidèles à leur on-ne-sait-pas-trop-quoi habituel, les CarmenZ marquent le coup aussi en offrant généreusement à qui voudra (ça peut être toi, par exemple) trois extraits de leur mythique EP de Noël. (EP, ça fait comme mes initiales, c’est vraiment trop la classe.) Je dis qu’il est mythique parce qu’il l’est. Il suffit pour s’en convaincre de jeter une oreille à leur version très personnelle de “Petit Papa Noël”, à leur délicate et subtile adaptation de “Douce nuit” ou encore à leur inénarrable interprétation des “Anges dans nos campagnes” (version à écouter impérativement jusqu’au bout, parce qu’ils sont complètement fous).

Tu m’en diras des nouvelles… si tu peux encore parler après ça.

Et pour finir, c’est tout chaud : ça vient à peine de sortir ! Faute de retour de la Frassateam cette année, ce sont les Films prodiges qui repointent le bout de leur nez., avec une vidéo dans la continuité de la série qu’ils avaient déjà commencée l’an dernier : “Merci les prêtres”. Même esthétique, même esprit… même humour gentiment décalé, au service des prêtres de l’Emmanuel. A toi de voir : tu crois au Père Noël ?

Les p’tits plaisirs de Noël, ça tient parfois à pas grand chose, en fait.

15 décembre 2010

Satiété de consolation ?

Filed under: Humeur(s) — Edmond Prochain @ 16:49
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Quelles sont les circonstances qui conduisent à se retrouver devant un film ? Un titre un peu pourri, une affiche pas belle, des acteurs de seconde zone sur le retour qui ne donnent pas plus envie que ça, un pitch vaguement intéressant mais sans plus, et surtout aucune raison particulière (bonne critique, recommandation d’un ami) pour justifier qu’on soit assis là ce soir. Et pourtant… j’y étais.

Si je m’interroge sur les raisons qui m’ont poussé à consommer The Joneses – ou en bon français La famille Jones – c’est précisément que la consommation est le sujet du film. Bon, le truc, c’est que je n’ai pas bien la réponse à la question : “Qu’allais-je faire dans cette galère ?” La chose s’est globalement jouée à un : “Bon, ben on n’a qu’à aller voir ça, on verra bien…” On a donc vu ça, et on a été plutôt agréablement surpris. Et en même temps n’exagérons rien non plus : agréablement surpris… pour une série B. Déçu en bien, disons. Le sujet du film est en or massif, la réalisation pas souvent à la hauteur de l’idée de départ. Et surtout : l’histoire n’arrive pas à coller assez à son thème et se perd un peu dans des détours hollywoodiens déjà trop vus pour rester convaincants. Mais quand même : chaque fois que le réalisateur resserre le cadre pour se focaliser sur son intrigue de départ, il redevient intéressant.

De quoi ça parle, donc ? En gros, d’une famille (un père, une mère, un ado, une ado) qui s’installe dans un quartier résidentiel plutôt huppé. Ces Jones-là ont tout pour plaire : ils envoient des kilos de signes extérieur de perfection. Famille unie dont tous les membres sont beaux et charismatiques, visiblement bien plus qu’à l’abri du besoin, avec du goût, du style et un sens certain de l’idéal contemporain qui pue quand même sacrément le magazine de mode. Trop beaux pour être vrais ? dans le mille, Émile ! Les Jones sont en réalité autant une famille que je suis moi-même le fils d’Indiana (Jones). Même si de l’extérieur ça a l’air cool. Ce sont des mannequins, au sens propre : ils sont payés pour être parfaits et “envoyer du rêve” à leurs voisins. Le but de l’opération, c’est de vendre tout un tas de conneries toutes plus inutiles que brillantes. Une sorte de version hardcore de la pub, en somme.

Et alors, pourquoi je me prends soudain de parler de ce film ? Tout simplement parce que j’ai quand même apprécié la façon dont il pointe l’un des ressorts les plus intéressants (quoique pervers) du marketing moderne.

Très clairement, ce ne sont pas des objets que les Jones vendent à leurs voisins, mais un mode de vie. C’est d’ailleurs ce que dit l’affiche américaine : “Ils ne se contentent pas de vivre le rêve américain, ils le vendent aussi.” Le mécanisme est clair : si je possède comme eux, je serai heureux comme eux. “Toi aussi, fabrique ta vie parfaite avec des crèmes pour la peau et des clubs de golf dernier cri !” Excessif ? certainement. Et on reprochera aussi au film de rester malgré tout une critique bien sage (en l’espèce, le 99 Francs de Frédéric Beigbeder, quoi qu’on en pense au fond, était bien plus brutal), trop aseptisée pour être vraiment efficace. N’empêche, le constat est là et le mécanisme mental bien montré : dans l’esprit des “clients” potentiels, l’important n’est pas d’acheter de l’avoir mais de l’être.

Tout cela se cristallise dans le film autour d’un personnage de voisin, qui se noie littéralement dans cette illusion-là et court désespérément à sa perte. Crucifié – là encore quasi-littéralement – par l’écart entre le désir que les Jones exacerbent chez lui et sa vraie vie, si imparfaite soit-elle. Et si cette figure fonctionne un peu de façon cathartique, il pousse surtout à l’extrême une logique dans laquelle tous les habitants du quartier sombrent allègrement. Tous ces gens n’ont plus rien pour se reposer, aucune présence à laquelle se raccrocher : même la famille devient un lieu où la possession prend le pas sur les relations humaines. On se console comme on peut, mais cette “consumation” est sans satiété possible.

On passera sur le pseudo happy end, la démonstration est faite. Là où il n’y a rien pour sortir l’homme de lui-même et l’inviter à se dépasser, il s’enferme tranquillement dans une prison à l’image des rêves qu’on lui a vendus. L’illusion du “Moi en mieux” est l’ennemie de l’homme de bien.

C’est comme ça que je reviens à la dimension catholique de ce blogue. Pour ce genre de rappels, ça valait la peine. Et la prochaine fois, j’irai quand même voir un meilleur film.

12 décembre 2010

Le messager envoie ses messagers

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 10:05
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 11, 2-11)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

11 décembre 2010

L’Evangile à la Une

Filed under: Indispensable (ou pas),Médias — Edmond Prochain @ 11:48
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Le thème est presque récurrent, et c’est vrai que la question est intéressante : comment aurions-nous réagi si le Christ n’était pas venu il y a deux mille ans mais aujourd’hui ? L’aurions-nous suivi ? l’aurions-nous seulement cru ? l’aurions-nous condamné nous aussi ? Au-delà de l’interrogation personnelle, il est évident que cette question n’a pas énormément de sens, dans la mesure où le contexte historique, médiatique et culturel n’a aucun rapport.

Et pourtant… Par le petit bout de la lorgnette (mais c’est une habitude ici, alors on s’y fait), comment la presse que nous connaissons tous aurait-elle pu rapporter les différentes étapes de la vie de ce Jésus au parcours si peu ordinaire ? Je tente l’exercice de style, chaque publication intervenant une seule fois au cours de la vie du Christ (sinon, on n’aurait pas fini). En espérant que la “photographie” sera à peu près fidèle, pas tant d’ailleurs à l’Évangile qu’aux titres eux-mêmes, à leurs sujets et approches de prédilection.

Un seul constat, au final : heureusement… on a échappé à ça !

*

Insolite : Une femme accouche dans une étable. (Le Parisien / Aujourd’hui en France)

De retour de Bethléem, le témoignage bouleversant de Balthazar. (Paris Match)

Hérode : un règne sur le déclin ? (Point de vue)

Vierge et mère : c’est possible. (Elle)

Que faire quand l’enfant fugue ? (Parents)

Nazareth : un foyer presque ordinaire. (Famille chrétienne)

Style : Oser la peau de chameau. (GQ)

Jésus : Le scandale autour de sa naissance ! (France dimanche)

Tentation : l’échec. (Rock & Folk)

L’eau changée en vin, comment ça marche. (Science et vie)

Les reconversions en plein boom. (Les Echos)

Lévi : « Pour lui, j’abandonne tout. » (VSD)

Retrouver l’essence du judaïsme. (Réforme)

Spécial amitié : tout est possible ! (Le Journal de Mickey)

Pharisiens et Francs-Maçons. (Le Point)

Spiritualité(s) : Le grand réveil. (La Vie)

Disciples : les meilleures filières. (L’Etudiant)

Antiennes paraboliques. (20 minutes)

Intrigante Galilée. (Géo)

Marie-Mad : de catin à catho… la cata ! (Charlie Hebdo)

Le Nazaréen : jusqu’où peut-il aller ? (Le Nouvel Observateur)

Jésus de Nazareth. Les photos de sa sainte colère. (Public)

“Détruisez ce temple ?” Enquête auprès des nouveaux iconoclastes. (Marianne)

Faut-il repenser le système religieux ? (La Tribune)

Jésus peut-il vraiment être le Messie ? (Le Monde diplomatique)

Pierre : « Oui, j’irai jusqu’au bout. » (Le JDD)

Pourquoi l’obole de la veuve vaut davantage. (L’Expansion)

Isaïe, le prophète qui nous parle aujourd’hui. (Historia)

L’amour en héritage. (Télérama)

Marcher sur l’eau ou rester dans la barque ? (Réponse à tout)

Pour qui se prend-il ? (Minute)

« Lève-toi et marche ! » (L’Equipe)

C’est l’hallu finale ! (Libération)

Le grand classement des meilleurs guérisseurs. (L’Express)

Vers une réforme de la législation en matière d’adultère. (Le Monde)

Marthe et Marie : les amies fidèles. (Gala)

Qui sait où il nous mène ? (La Croix)

Rencontre avec Jean : La lumière et la grâce. (Panorama)

Le choc Barabbas. (Les Inrockuptibles)

Christ. Pourquoi il inquiète les prêtres. (Valeurs actuelles)

La rébellion, oui. La religion, non. (L’Humanité)

Jérusalem, la ville éternelle. (Pèlerin)

Spécial transport à dos d’âne. (Auto-Moto)

L’entrée triomphale ! (Le Figaro)

Mon fils, ce héros. (Notre temps)

Célébrer la Pâque entre amis. (Arts et décoration)

Jésus / Judas : le torchon brûle ! (Closer)

Les meilleurs placements en deniers. (Capital)

La trahison. (Métro)

Sale temps pour les prophètes. (Courrier international)

Ecce homo ? (Voici)

Torturé atrocement en public. (Le Nouveau détective)

15h. Le rideau du temple se déchire. (France Soir)

Et le Verbe a pris cher… (Le Canard enchaîné)

Les espoirs brisés. Comment ils nous accablent, comment on s’en relève. (Psychologies magazine)

Tout sur la technique du suaire. (Photo)

Il est vivant ! (Il est vivant)

Pierre s’empare des affaires… mais de quel droit ? (Golias)

Le christianisme a-t-il un avenir sans le Christ ? (Témoignage chrétien)

L’Évangile : le scénario que tout Hollywood s’arrache. (Studio-Ciné-Live)

8 décembre 2010

Cher M. 20minutes,

Filed under: Actu — Edmond Prochain @ 12:58
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Je t’écris aujourd’hui en prenant mon plus beau clavier pour te dire à quel point je comprends ta réaction et je salue ton courage.

Je comprends, en effet, que tu n’acceptes pas que l’obscurantisme puisse être diffusé en loucedé à travers tes bonnes pages gratuites. Et je salue le courage avec lequel tu préfères encore la ruine au déshonneur, l’abnégation avec laquelle tu choisis de te priver de belles petites rentrées d’argent pour ne rien céder de ton éhontologie ta déontologie, sans oublier évidemment la profonde et incorruptible cohérence de tes positions.

Ainsi, quand le diocèse de Lyon désire publier dans tes bonnes feuilles quatre pages de publicité à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception, et quand ce même diocèse essaie surtout de glisser discrètement une prière à l’intérieur de ladite pub, tu refuses. D’ailleurs, tu le fais avec tout le poids de ton discernement éclairé, puisque tu prends trois pleines journées de réflexion (temps qu’il t’a fallu, selon mes sources, entre la réception du fichier et la décision effective, hier vers 20h30) pour arriver à cette conclusion si éminemment citoyenne : le fascisme catholicisme ne passera pas.

Bon, c’est vrai quand même que, à la guerre comme à la guerre, l’Église catholique a déjà publié des pubs dans tes colonnes. Et on pourrait aussi y trouver des réclames pour des produits halal. Mais il faudrait être bien sot pour y voir un manque de cohérence de ta part : l’Église, c’est une assoce qui fait appel à des dons (d’ailleurs, le “denier du culte” concerné par ces pubs a été rebaptisé “denier de l’Église” : c’est certainement la preuve que ça n’a plus rien de cultuel), et peut-être même que tu n’avais pas réalisé qui se cachait vraiment derrière ces communiqués-là. Il faut dire qu’ils se cachent et avancent masqués, les bougres… Et puis de toute façon, un produit, ça n’est pas la même chose qu’une prière. Quant au halal, soyons sérieux : les pubs que tu passes, c’est d’abord du business. D’ailleurs, la plupart de ces produits ne sont certainement même pas vraiment halal, alors tu dois bien te réjouir de contribuer à enfler quelques bons musulmans un peu trop crédules…

Mais là, on arrête de déconner : dans la pub que tu viens de refuser – et je le répète : tu es dans ton bon droit et je te soutiens complètement – au diocèse de Lyon, il y une prière. Pas n’importe laquelle, en plus : un “Je vous salue Marie” ! Ah les enfoirés ! les chiens ! les raclures de lunettes de chiottes ! Ils ont osé établir un lien douteux entre le 8 décembre, célèbre pour sa Fête des Lumières à Lyon, et Marie, la mère de Jésus. Ils ont osé affirmer que pour eux, c’est d’abord la fête de l’Immaculée Conception… Pour un peu, ils tenteraient de nous faire croire que l’image traditionnelle de ce qualificatif attribué à la Vierge ne voudrait pas dire (ce que tout le monde sait pourtant, n’est-ce pas ?!) que Marie n’a pas fait crac-boum-hue pour concevoir l’enfant Jésus. Et puis quoi encore ? c’est bien connu, alors c’est forcément vrai ! Les cathos auront beau expliquer qu’“Immaculée Conception” signifie que Marie est née préservée de la marque du péché originel, bénéficiant par avance de la grâce du Salut apporté aux hommes par son fils, qui goberait ce charabia forcément mensonger ? Pas toi, et je t’en félicite. Tu sais réfléchir par ce que tu connais bien, sans te laisser influencer par ce que l’autre pourrait t’apporter dans le dialogue, c’est beau et émouvant. J’en verse une petite larme laïquement patriotique, tiens !

Soit dit en passant : tu devrais te renseigner pour vérifier si l’assassinat de John Lennon – survenu lui aussi un 8 décembre, comme le coup bas que vient de tenter le diocèse de Lyon – ne serait pas en fait un coup des cathos qui n’ont jamais bien digéré son fameux “Bigger than Jesus”… A mon avis, on tient une piste sérieuse, là.

De toute façon, toi et moi on sait bien que les gens ne croient jamais vraiment à ce que raconte une pub (les gens ne sont quand même pas des buses). Sauf que là, toi, 20minutes, grand quotidien national, tu ne peux pas te permettre de prendre le risque que pour une fois les gens (qui redeviennent des buses quand le spectre de la religion approche, c’est bien connu) se mettent à y croire. Tu ne fais qu’appliquer un légitime principe de précaution, en fait. Bravo. Grâce à toi, les masses crédules ne se précipiteront donc pas aujourd’hui à la messe dans un élan hystérique de délire collectif. Et tu ne risques pas non plus que demain tout ce que la France compte de juifs, de musulmans et de crédules de tout poil vienne chez toi bafouer ta dignité en achetant des pages pleines d’appel à la prière. Pouah-berk !

Mine de rien, avec tes petits bras musclés, tu viens de sauver la Nation.

Le travail courageux entrepris pour durcir encore la conception (virginale ?) de la laïcitéàlafrançaise n’a pas de petits combats, pas de petites victoires. C’est pourquoi je salue ton acte d’aujourd’hui, comme je salue la SNCF qui a réclamé que le nom de Marie soit retiré des affiches installées dans ses gares (on n’y lit désormais plus que “Merci”), et comme je félicite encore ceux qui s’opposent à la présentation de crèches en dehors des églises en période de Noël. Il ne manquerait plus que les gens sachent encore pourquoi on a un jour férié (quoique, pas trop cette année) et quelle est l’origine de cette si belle et si républicaine “fête des cadeaux”. Comme disait Homer Simpson : le vrai sens de Noël, c’est la naissance du Père Noël ! Amen. Sacrebleu.

Mon seul regret pour toi, c’est que la Providence Bonne Fortune ne t’ait pas envoyé in extremis une bonne vieille pub de lessive ou de voiture avec une femme à poil dessus, un truc classique et évidemment tellement moins dégradant qu’un texte qui inviterait les gens à prier…

Je répète donc : bravo à toi, cher M. 20minutes. On te dit tous merci, et on se prépare pour la suite du programme : en finir avec toutes les réflérences crypto-religieuses de notre société. Et bientôt, la Fête des Lumières sera celle de la lutte contre l’obscurantisme. En partie grâce à toi.

*

[Edit : les réactions de Koz et du Chafouin, publiées après ce billet.]

5 décembre 2010

Si ce n’est lui, c’est donc son cousin ?

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 10:14
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Bon dimanche ! Après l’annonce d’hier (dont je ne saurais que trop conseiller aux amateurs de ce rendez-vous dominical d’aller la lire rapidement), retour donc à une bédé “normale”

Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 3, 1-12)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

4 décembre 2010

Il est dedans

Filed under: Bédés,Blogue — Edmond Prochain @ 10:46
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Ceci est une annonce importante. Ou pas. Enfin, tu te débrouilles pour juger par toi-même le niveau d’importance, t’es grand. (Mais ne décroche pas avec la première partie du billet : la vraie-de-vraie annonce, elle est à la fin…)

Il fallait bien que je trouve le temps de le dire, parce que je crois que certains ont commencé à s’en rendre compte par eux-mêmes… Pour les autres (soit quand même la majorité, j’imagine), voilà un bref “flash info”. Le mensuel Il est vivant fait peau (sacrément) neuve ces jours-ci. C’est bien simple, pour ceux qui avaient déjà eu l’occasion de feuilleter la revue, elle est méconnaissable : nouveau format plus petit, nombre de pages doublé (voire plus encore), changement complet de visuels, de maquette et de rubriques… Pour un peu, c’est un nouveau magazine. Il n’y a probablement que la rédaction et l’esprit qui n’ont pas trop bougé.

Et alors, pourquoi je parle d’Il est vivant maintenant ? Ben, déjà parce que je le trouve beau dans ses nouveaux habits. Je n’ai pas connu jusqu’ici, de mémoire en tout cas, un journal catho qui se présente sous une forme aussi “luxueuse”. Non, même pas Panorama. C’est sûr qu’ensuite, il faut aimer le créneau (la spiritualité), ce qui n’est évidemment pas le cas de tout le monde. Voire pas complètement le mien, d’ailleurs. Mais passons.

Pour les plus curieux d’entre toi, Il est vivant se feuillette par ici, et c’est même possible d’en recevoir un numéro par là.

Mais en fait… là n’est pas la question !

Il se trouve que je suis au courant de cette nouvelle formule depuis un bon moment déjà, et qu’on m’a proposé d’y participer (modestement). Et là, c’est aux amateurs de la bédédudimanche que je m’adresse tout particulièrement. A partir de maintenant, dans Il est vivant, bien cachées au bas de la page 73, au milieu d’une rubrique “Détente”, trois petites cases viendront squatter chaque mois.

Pour cette occasion, il fallait aussi un changement. Et l’idée du changement est assez simple, dans la mesure où je ne sais pas dessiner moi-même et qu’il n’était pas envisageable d’utiliser les images de StripGenerator dans la revue. C’est pourquoi j’ai l’honneur de te présenter mesdames et messieurs… Elvine ! Et il se trouve qu’Elvine, c’est une fille chouette et sympa et douée comme tout, qui sait dessiner, qui aime bien rigoler un peu, et qui a accepté de se charger de ce lourd fardeau de gribouiller les âneries de ces pauvres disciples mal embouchés.

Voilà, voilà ! Le résultat pour cette première bédé dans Il est vivant, c’est ça (et oui, c’est le recyclage d’un ancien gag publié ici) :

Rendez-vous donc tous les mois là-bas pour une petite bédé reloookée. Pour le moment, les strips publiés ici chaque semaine garderont leur propre graphisme moche.

Et il n’est absolument pas exclu (voire même, c’est hautement probable) qu’un album entier naisse de cette collaboration naissante… C’est une idée qui me trotte dans la tête depuis fort, fort longtemps. Elle semble en très bonne voie de concrétisation, donc. Mais pour ça, il va falloir être quand même un petit peu patient ! On en reparlera.

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