Le blogue d'Edmond Prochain

30 janvier 2011

Élever le débat

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 5, 1-12)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

23 janvier 2011

Les pires RH du monde… (ou pas)

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 9:21
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 4, 12-23)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

21 janvier 2011

Car tu es un homme, mon frère

Filed under: De rien — Edmond Prochain @ 16:01
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Si tu vois s’effondrer ce corps qui est le tien
Et te trahir ces mains qui furent alliées,
Ou se sceller la langue hier aux cent refrains
Sans cesser de t’émerveiller ;

Si, sur ce long chemin que tu sais sans retour,
Si tu peux rendre grâce et pas rendre les armes,
Et, face à tes enfants, être enfant à ton tour
Dans la douleur et dans les larmes ;

Si tu vois que ta force est dans cette faiblesse
Et que, plus que les mots que tu ne sais plus dire,
Cette main dans ta main, en ultime caresse,
Est la seule chance à saisir ;

Si, toi qui as souvent tonné de mille orages,
De ton souffle coupé tu permets qu’en ce lit,
Passion, langueur de temps, aient raison de ta rage,
Pour apaiser chaque aujourd’hui ;

Si tu peux t’incliner comme, foulée, fait l’herbe
Et sur tes horizons mettre un point à la ligne,
Si tu sais délaisser tes désirs, ta superbe
Sans jamais cesser d’être digne ;

Si tu peux appeler victoire ta défaite
Et placer ton courage où certains ont l’orgueil,
Renonçant à ce que ta volonté soit faite
Comme on porte son propre deuil ;

Sache que, quant à moi, je me tiendrai tout près
Pour te donner à boire ou te parler encore ;
Pas par pitié : jamais ! simplement je saurai
Que c’est ainsi que je t’honore ;

N’écoute pas tous ceux qui ne verront en toi
Que l’épave brisée d’une vie en calvaire
Pour qui – vite ! – la mort serait le dernier droit :
Car tu es un homme, mon frère.

*

C’est parti d’une idée soufflée par un titre de billet de Pneumatis (d’ailleurs, il la pousse un tout petit peu plus loin à la fin, mais je n’ai en fait lu le billet qu’après avoir écrit ce texte)… je me suis dit qu’on devait pouvoir creuser ce sillon-là un petit peu. Comme les plus perspicaces l’auront remarqué, je me suis donc très librement inspiré de If, de Rudyard Kipling, et plus précisément de la fameuse traduction française d’André Maurois, au moins pour la forme.

20 janvier 2011

Puisqu’on nous le demande…

Filed under: Actu — Edmond Prochain @ 13:03
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Je l’ai déjà croisé trois ou quatre fois depuis ce matin, et quelques autres fois les jours derniers. Éric Cantona, qui, je le rappelle, a été un bon joueur de football avant de devenir acteur et leader de la rébellion contre les banques, s’affiche en grand pour une marque de sport dont le nom signifie “victoire” et l’emblème est une virgule. D’ailleurs, il y a d’autres affiches dans ce style, mais elles ont moins su capter mon attention, faute sans doute d’un petit mot tiré du vocabulaire religieux (on ne se refait pas, hein).

“Prière de déranger”, donc. Le symbole porté par l’homme est fort, le slogan accrocheur, la composition efficace. Et me voilà à me remuer le cerveau en marchant pour savoir ce qu’on attend de moi, au juste. A vrai dire, venant d’une marque de fournitures sportives, je crois que ce n’est pas la peine d’imaginer des attentes trop fortes : “déranger”, ça doit grosso modo vouloir dire qu’il ne faut pas aller acheter les mêmes baskets chez le concurrent, comme tous ces gros beaufs qui ne savent même plus vraiment que Cantona a été un jour une légende de foot.

N’empêche… “Prière de déranger”, quoi ! C’est sans doute de la provoc’ à peu de frais (hors conception et affichage, en fait : ça doit banquer pas mal de ce côté), mais c’est de la provoc’ qu’on a le droit d’interpréter. Même n’importe comment. Parce qu’on est des déglingos dans nos têtes, wouhou, youpi tralala !

Niveau 1 : la prière peut-elle déranger ? Posons la question au diocèse de Lyon ou à 20minutes, et on en tirerait certainement un oui assez net. Mais j’en ai déjà parlé, et je n’ai pas l’intention de te gonfler à nouveau avec ça. (Ma bonté me perdra.)

Niveau 2 : dérangeons-nous ? En tant que catholique, je crois devoir dire que la réponse est oui, forcément un peu. Mais je sais aussi trop bien que la revendication de politiquement incorrect est aujourd’hui le sommet de l’élégance, et la capacité d’indignation une valeur jugée exquise. On en fait même des best-sellers, paraît-il, ce qui me fait penser a posteriori qu’au lieu de perdre mon temps à réfléchir sur des blogues je ferais peut-être mieux d’employer cette énergie à sortir de courts bouquins à la pelle. Je m’y retrouverais peut-être financièrement, à la longue… (Si c’était pour moi un objectif.)

Je crois pourtant qu’il y a bien quelques personnes que le catholicisme aujourd’hui dérange. J’en veux pour preuve que le pape s’en prend plein la tronche dès qu’il l’ouvre (quoi qu’il dise, d’ailleurs). Ou encore que des gens comme Jean-Luc Roméro peuvent affirmer sans rire que l’adoption d’un projet de loi favorable à l’euthanasie par le Sénat est “une première victoire de la liberté face à l’obscurantisme”. D’ailleurs, la reductio ad obscurantem est ce qui se fait de mieux comme argument anti valeurs chrétiennes. On s’habitue. Hier, on entendait encore le bonhomme pérorer (toujours sans rire, parce que c’est un garçon sérieux) : “Les politiques sont tellement conservateurs et tellement soumis à l’Église. Il existe une paroisse près de l’Assemblée, Sainte-Clotilde, avec un prêtre pour les députés. On l’appelle le petit Vatican. Et ça marche très bien !” C’est effectivement bien connu : les parlementaires passent tous dans le confessionnel du père Matthieu Rougé avant de se rendre en séance voter quoi que ce soit, et ils suivent bien scrupuleusement ses recommandations…

Bref. Voilà une question sur laquelle les catholiques doivent bien déranger quelques personnes : l’euthanasie. Sans entrer dans le fond du sujet, puisque d’autres le font déjà et mieux que moi, je n’ai pas l’intention d’envoyer des noms d’oiseaux aux personnes qui y sont favorables : leur position peut facilement être comprise, pour peu qu’on se donne la peine d’y penser avec bonne foi. Il y a certainement une sincère compassion pour les personnes en fin de vie confrontées à une grande souffrance physique et morale. Malgré tout, je n’étonnerai personne en disant ici que pour ma part je crois fermement qu’un développement très large des soins palliatifs et de l’accompagnement des personnes (c’est redondant, mais je préfère être clair) est préférable. Pas seulement pour des raisons religieuses liées au respect de la vie, mais parce que l’indignité suprême à mes yeux serait de laisser une personne croire que sa propre vie est devenue indigne. L’important est-il d’aider à mourir, ou d’aider à bien mourir ?

L’euthanasie, en l’état du texte qui sera examiné par le Sénat, pose trop de questions, et des problèmes trop profonds, pour qu’on ne s’y penche pas davantage. Ainsi, alors qu’un sondage récent faisait état d’une “acceptation massive” de l’euthanasie par les Français, un sondage encore plus récent montre au contraire :

  1. que les Français ignorent très largement les dispositions actuelles de la loi,
  2. qu’à choisir, ils préfèrent largement qu’on favorise les soins palliatifs plutôt que l’euthanasie.

En clair : les Français sont bien plus opposés à l’acharnement thérapeutique que favorables une “aide active à mourir”, et de ce fait ils appellent de leur vœux une loi… qui existe déjà !

C’est pourquoi je signale le manifeste du collectif Plus digne la vie, et j’invite tous ceux qui partagent l’avis qui y est exprimé à le signer et à le diffuser. Pour qu’il y ait un vrai débat sur cette question, qui ne se limite pas seulement à diaboliser l’interlocuteur afin de discréditer ses arguments (ni dans un sens, ni dans l’autre : je veux croire que les intentions sont tout aussi louables, et d’ailleurs pas forcément très éloignées au départ, sans doute).

“Prière de déranger”, nous dit-on. C’est le moment.

16 janvier 2011

Hermé(neu)tique joannesque

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 15:39
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Jn. 1, 29-34)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

11 janvier 2011

Introduction au Véritivisme

Filed under: Tout-venant — Edmond Prochain @ 22:11
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Je m’autorise une entorse à la thématique catholique de ce blogue, mais c’est pour la bonne cause. Il était temps en effet de donner à cet espace d’expression la dimension philosophique qu’il mérite. C’est pourquoi je suis heureux de révéler aujourd’hui au monde le texte qui suit : véritable manifeste d’intelligence, de ceux qui peuvent changer à jamais l’humanité. Il s’agit de la thèse de philosophie du Pr Jean-Philémon Pule. Je précise toutefois que ce texte, qui croupissait jusqu’ici au fond d’un tiroir (où, dit-on, il fait trop noir), n’est que la validation de thèses dont l’intuition initiale (et géniale) revient à mon ami Spag – lequel vient de devenir papa, ce qui n’a rien à voir mais méritait toutefois d’être signalé.

(N.B. Je présente mes plus plates et sincères excuses à toutes ces boîtes d’aspirine qui vont dérouiller grave durant la lecture de cet article. Désolé, les filles ! D’autant que c’est quand même un peu long, ces conneries…)

*

LE VÉRITIVISME,

UNE PHILOSOPHIE POUR LE XXIe SIÈCLE

« In vino veritas »

(adage populaire)

Introduction fondamentale

De mémoire d’humanité, la recherche de la vérité s’est toujours trouvée au cœur des interrogations les plus profondes, à la source des querelles les plus vives, à la racine des cheveux ; en somme : dans tous les esprits. Quel homme n’a pas rêvé d’acquérir parfaite connaissance, et par là même de se trouver à jamais à l’abri du besoin ? Qui n’a jamais été plongé dans un scepticisme abyssal au moment de choisir entre différentes informations contradictoires ? Cent mille manifestants selon la police, deux millions selon les syndicats ; victoire indiscutable selon Bordeaux, défaite inexplicable selon le PSG… les exemples sont nombreux, voire préoccupants. Et la vérité, dans tout ça ?

Quand le désir profond d’infini inscrit en l’homme se heurte au mur de l’expérience et de sa finitude, deux solutions semblent s’offrir à celui qui s’épuise dans sa quête d’absolu. D’une part, le dogmatisme le plus strict : en adhérant à un système extérieur, il exorcise son angoisse et se plonge tout entier dans une vérité, qu’il juge « convenable » ; ainsi, quoi qu’il arrive, « il a raison », étant devenu son unique référentiel fiable. D’autre part, le relativisme absolu, par lequel il choisit de douter de tout et de remettre en cause de façon permanente toute vérité qui se présente à lui. On a longtemps cru que ces deux voies étaient les seules. A tort : il en existe une autre.

Un des principaux problèmes rencontré par toute recherche de la vérité est la conception même de celle-ci, toujours envisagée comme une réalité à l’intérieur de laquelle il faut entrer. L’innovation consiste donc à partir d’une posture toute différente : considérer que la vérité est une donnée naturelle et se situer au-dessus d’elle. Cette attitude inédite constitue le fondement du véritivisme.

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I. Une philosophie nouvelle, stable et ouverte sur le monde

1) Les précurseurs

La première occurrence du terme « véritivisme » a été enregistrée en France, en 2005, et cette date correspond approximativement à celle d’une première définition cohérente du concept. Pour autant, on ne saurait conclure trop hâtivement que le véritivisme est né ex nihilo cette année-là. De nombreux prémices peuvent en effet être notés dans les siècles passés, avec il est vrai des apparitions de plus en plus fréquentes au cours du XXe siècle (notamment avec de nombreux humoristes, qui savaient semble-t-il ressentir cet état d’esprit grandissant).

Pour cette étude, nous avons choisi de nous arrêter sur un exemple des plus intéressants, l’une des premières manifestations évidentes de véritivisme. « On ne médisait point, chez nous, on constatait, dans l’affliction, les défauts d’un caractère. » L’auteur de cette phrase pourra surprendre : il s’agit de Jean-Paul Sartre. Il est intéressant de noter que c’est chez un philosophe français qu’on retrouve si tôt une telle annonce du véritivisme ; cette doctrine a montré depuis son enracinement profond dans la culture hexagonale.

Mais prêtons attention à cette sentence. A première vue, il s’agit d’une grossière hypocrisie… Pourtant, il suffit de lire ces quelques mots pour saisir que l’auteur y opère en réalité une exhibition de sa propre médisance, doublée de lâcheté. Voilà le véritivisme !

2) Fondements du véritivisme

L’étymologie du terme reste relativement obscure. La plupart des spécialistes s’accordent à dire qu’il s’agirait de l’association des mots latins « veritas » (la vérité) et « vis » (la force) ; il s’agirait donc, à l’instar de la « vis comica », d’une sorte de « force dans la vérité » ou de « force sur la vérité ». Nous nous devons pourtant de signaler que d’autres experts affirment que la finale –visme serait en réalité une dérivation d’un autre mot latin : « via » (la route, le chemin). Mais cette nuance ne remet heureusement pas en cause le sens global dégagé du terme.

Se situer au-dessus de la vérité. Cette posture ne s’envisage certes pas de façon désinvolte : elle implique au contraire un large effort sur soi-même, afin de l’intégrer pleinement. Ainsi, le véritiviste peut révéler toute la mesure de sa maîtrise et de son courage social et intellectuel. Le lâche dit : « Veritas ? Quid est veritas ? Potes mihi dicere ? » (« Tu me fais rire, toi, à me parler de vérité ! D’abord, c’est quoi la vérité, hein ? Vas-y, puisque tu es si malin : explique-moi ! » – Ponce Pilate), l’homme qui use de véritivisme dit : « Arrête ton char… »

Il ne s’agit en effet pas seulement de « dire la vérité » ; cela n’aurait aucun sens. Il faut en réalité montrer la vérité. Le véritivisme est donc l’acceptation entière du doute lié à la vérité. « Je sais que je ne sais rien », disait Socrate, mais il aurait voulu en conclure un peu trop rapidement qu’en vertu de cette première connaissance son savoir était grand. Faux ! « N’est stupide que la stupidité » réplique Forrest Gump : attitude fondamentalement véritiviste.

3) Intégration dans la relation à autrui

« En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées. » Cette formule restée célèbre est l’exemple parfait de la posture véritiviste face à soi-même. Seul, il ne suffit pas de se mettre en avant ; le dénigrement de l’autre est fondamental, pourvu que celui-ci soit tempéré par une ironie qui ne manque pas d’en retourner subtilement les effets. Très subtil, ce travail sur soi doit néanmoins être proscrit en présence d’autrui, car il présente un danger trop grand pour la bonne tenue des lunettes ou du nez de celui qui en use.

A aucun moment il ne faut oublier que « si la vérité blesse, c’est la faute de la vérité » (Nicolas Sarkozy). Le véritiviste va donc user de franchise, mais d’une franchise teintée de prudence. Il ne dira pas : « Tu es un poids pour moi », mais : « Tu es sensiblement un poids pour moi. » Ainsi, l’autre saura accepter le reproche avec mesure, sans le rejeter pour son caractère exclusif.

Le véritivisme n’a pas à se soucier d’être dans le vrai, puisqu’il l’est par essence : au-dessus de la vérité, donc les pieds légèrement dedans.

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II. Un système élaboré et englobant

1) Face aux contingences du réel

Le grand adversaire du véritivisme, c’est la vie. La vie qui  ne cesse de se ramifier, de complexifier le réel. L’existence est un frein à la vérité, en tant qu’elle semble ne jamais vouloir cesser de la fuir. « Est-ce que la vérité n’a pas dix-sept enveloppes comme les oignons ? » s’interrogeait Paul Claudel. Eh bien oui ; et c’est à cause de cela qu’il apparaît nécessaire d’élaborer une nouvelle façon de penser à la fois la vie et la vérité, afin de les réconcilier enfin.

Jules Renard, pris d’une intuition saisissante, a un jour écrit : « Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité. » L’aphorisme suffirait à ranger l’auteur parmi les plus éminents précurseurs du véritivisme, tant il y expose toute la complexité de l’attitude véritiviste. L’important est de tenir compte du monde extérieur, afin d’adapter de façon adéquate son intériorité et préparer les mots du dedans à sortir dehors. Au début de l’initiation, cela peut mettre plusieurs heures à chaque fois, mais après quelques temps de pratique, l’opération devient instinctive (donc plus efficace).

2) Le vrai : entre peur et fascination

A quoi bon être véritiviste si le monde change ? Cette question, fréquemment posée, mérite qu’on lui accorde notre attention. Afin de l’éclairer, prenons un exemple imagé.

Un chat souhaite jouer à dérouler une pelote de laine ; c’est son plaisir, et il n’aspire qu’à le satisfaire chaque fois qu’il en a l’occasion. Se présente une pelote (bleue, par exemple). Hélas pour le chat, apparaît au même instant une seconde pelote (rouge). La première se trouve sur un petit îlot au milieu d’une piscine ; la seconde dans un coffre posé au centre d’un champ de braises ardentes. Laquelle choisira-t-il ? Seule l’attitude véritiviste peut lui permettre de résoudre ce problème et d’accéder ainsi au bonheur.

Gandhi n’a pas hésité une seconde avant de dire que « la vérité est dure comme le diamant et fragile comme la fleur de pêcher », mais Julien Green lui a aussitôt répondu : « Si la vérité ne vous enivre pas, n’en parlez point. » Lequel des deux est le plus proche du véritivisme ? Aucun, bien sûr ! Ils se situent dans une tentative d’appréhension de la vérité, au lieu de chercher à simplement la percevoir de façon systématique.

3) Le dépassement de la vérité

« Le  langage de la vérité est simple » (Sénèque). Pour l’atteindre, il faudrait alors accepter de renoncer à la comprendre. Voilà bien un paradoxe de la vérité : on ne peut la connaître qu’en abandonnant l’idée de la posséder… Le véritivisme vient faire éclater cette frontière artificielle en proposant de se faire instrument de la vérité ; ne plus vouloir ni l’avoir, ni la savoir, ni la prévoir, ni même la concevoir.

Le philosophe véritiviste ne se situe pas en recherche, il attend simplement la manifestation. Il ne désire rien, il accepte tout. C’est de cette façon qu’il fait preuve de force d’esprit : en atteignant des sphères de sagesses jusqu’ici interdites aux hommes. Dans une situation donnée, il choisit de regarder la vie comme matière en mouvement : il appréhende le réel et en laisse surgir de lui-même une nouvelle forme de sincérité. C’est pourquoi il fait rire souvent, car il déconcerte ; mais, au fond, chacun admire son courage et la force de son caractère.

Le véritivisme n’est donc jamais l’expression de la vérité : il est une victoire sur celle-ci.

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III. Inéluctabilité d’un courant de pensée essentiel

1) Nécessité d’une « nouvelle donne »

C’est bien face au silence de la vérité que s’est imposé le besoin de faire table rase de tout courant de pensée antérieur pour parvenir à élaborer une nouvelle conception des choses. La pensée, dans son évolution au cours des siècles à travers la philosophie, s’est finalement trouvée dans une aporie complète. Peu importe la façon qu’on a de l’aborder, la vérité résiste. Certains l’ont tout de même finalement bien compris, qui se sont exclamés : « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité (y compris celle-ci). » Heureux visionnaires, ayant pris le nom de Shadoks.

Napoléon Bonaparte lui-même avait bien compris toute l’ambiguïté dont est porteur cet obscur objet de toutes les convoitises intellectuelles (« Le moyen d’être cru est de rendre la vérité incroyable. »). Bien après lui, fort heureusement, des hommes se sont élevés pour faire triompher l’intelligence.

Ne nous y trompons pas : c’est effectivement en rupture avec des siècles de philosophie que se pose le véritivisme. Et ce n’est pas la moindre de ses qualités.

2) Une méthode actuelle et immédiatement applicable

Il est évidemment entendu que nul ne peut être véritiviste de sa seule volonté ; la doctrine implique un apprentissage qui, s’il n’est pas nécessairement long, est toujours contraignant. La rupture n’est jamais simple – ceux qui ont un jour quitté le foyer familial en savent quelque chose. Mais surtout, l’ironie des railleurs (ceux qui n’ont rien compris : ce sont souvent les gens qui ne sont pas de notre avis) est la plus dure à supporter ; « la vérité est ailleurs », osent-ils prétendre. C’est face à eux qu’il faut enfin faire preuve de courage pour affirmer que la vérité est ici, et que par le véritivisme nous sommes capables de la vaincre, de la dépasser et de trouver pleine satisfaction intellectuelle.

Par « immédiatement », nous ne voulons pas dire que la méthode est en quelque sorte instantanée… En réalité, cela signifie qu’elle se passe de médium, quel qu’il soit. Le véritivisme n’implique l’intervention d’aucun tiers, il est avant tout une attitude intérieure et personnelle. C’est seul qu’on peut le comprendre, seul qu’on peut y parvenir. Toute opération extérieure est au mieux inutile, au pire vouée à l’échec.

3) Le véritivisme à l’épreuve du temps

Depuis sa conception, le véritivisme semble être promis à une belle expansion. A tel point qu’en paraphrasant Émile Zola l’on pourrait prétendre : « Le véritivisme est en marche et rien ne l’arrêtera. »

Le défi de l’avenir est un beau défi qui s’offre à lui, et nul doute que les générations futures sauront apprécier ce combat dors et déjà engagé entre la philosophie nouvelle et les ruines de l’ancienne vérité. S’il serait présomptueux de prédire aujourd’hui l’issue de cette lutte acharnée, nous nourrissons les plus grands espoirs (dans une grande confiance sereine) pour le véritivisme.

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Conclusion définitive

Le véritivisme est porteur d’un élan nouveau, qu’il faudrait être fou pour ne pas vouloir embrasser tout entier. Il se pose aujourd’hui comme la solution à des siècles d’errance psychologique et philosophique – solution au sens propre, puisqu’il ne se contente pas de résoudre ces problèmes : il les dissous littéralement pour les rendre tout à fait autres.

Ce qui est nouveau choque toujours, il n’est donc pas étonnant que le véritivisme dérange encore tant à l’heure actuelle dans les milieux intellectuels. Pourtant, déjà, la vérité vacille, le doute se trouble, les certitudes s’effondrent et le relatif prend un goût d’absolu. Mettons donc tous un pied sur la vérité ; soumettons-la, affirmons-nous : la pensée ne reculera plus, car le temps est venu de faire entrer l’humanité dans une nouvelle ère.

L’homo sapiens a vécu ; vive l’homo veritivus !

9 janvier 2011

Faudrait pas que ça devienne une habitude

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 9:06
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 3, 13-17)…

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3 janvier 2011

L’information, c’est vraiment une p… de vocation !

Filed under: Humeur(s),Médias — Edmond Prochain @ 18:26
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Il est de bon ton, dans les premiers jours d’une nouvelle année, de se souhaiter tout un tas de trucs, de préférence positifs, pour les douze mois à venir. On se le dit de vive voix dans un festival de “Bonne année”, “Heureuse et sainte année”, et ce délicieux manque d’originalité si typiquement catholique qui ose la transformation du traditionnel “bonne santé” par “bonne sainteté” ! Hohohoho… on ne s’en lasse décidément pas !

C’est aussi le moment où on dresse des bilans… 2010, ça aura été quelques trucs biens, et puis aussi des décès remarqués : Eric Rohmer, Tibet, Jean Ferrat, Laurent Terzieff, Tony Curtis, Johnny Hallyday, Irvin Kershner, Jacqueline de Romilly… Souhaitons-nous donc dès maintenant de meilleurs vieux pour 2011.

Cela dit, j’ai une très mauvaise nouvelle. Vraiment. C’est France Info qui nous l’apprend, hélas : cette année, beaucoup de jours fériés vont tomber pendant le week-end. C’est triste, je sais. La faute à qui ? Eh bien, à tous ces 1er et 8 mai qui ont décidé de tomber encore une fois un jour où de toute façon on ne travaille pas. Mais la faute surtout à ces salopards de jours de Pâques et de la Pentecôte, qui n’ont rien de trouvé de mieux à faire en 2011 que d’être des dimanches ! Enfoirés, tiens ! Immondes rebuts de fosses à purin !

Faudrait d’ailleurs penser à vérifier si ce n’est pas un sale coup des cathos, ça… Ce serait bien leur genre !

Heureusement que le jeudi de l’Ascension tombe un jeudi, ça sauve un tout petit peu nos affaires. Mais à peine.

Rien à dire : belle infographie...

D’autant que j’ai une autre mauvaise nouvelle. Selon une étude très sérieuse menée par France Info (on arrête de rire, dans le fond, j’ai dit que c’était sérieux), Pâques et la Pentecôte tomberont encore des dimanches plusieurs fois les années à venir… Brr, j’en tremble d’avance. Alors, jetons un œil à la liste des années noires : déjà 2012 sera comme 2011. Ah, tiens : 2013 aussi. Et 2014. 2015 ? pas mieux. Espérons quand même qu’en 2016 et 2017 on aur… eh non, malheureusement ! 2018 sera également une année terrible de ce point de vue. Et apparemment, 2019 n’ira pas en s’arrangeant. Et ce n’est pas fini : 2020, 2021, 2022, 2023, 2024, 2025, 2026, 2027, 2028, 2029, 2030…

Oh mon Dieu mais c’est horrible ! On a dû entrer dans une impasse temporelle. Nous sommes maudits. A partir de maintenant, il semble bien que Pâques et la Pentecôtes vont tomber tous les ans un dimanche ! Heureusement que France Info est là pour dénoncer ces vrais drames…

Je ne sais pas si l’information est vraiment une vocation, mais en tout cas ça n’a pas l’air de s’embarrasser de culture religieuse, hein !

*

[Edit : France Info a visiblement eu un petit regret d'avoir affiché autant de bêtise... Sur le lien donné un peu plus haut, Pâques et la Pentecôte ont disparu. Mais comme il fallait un peu justifier quand même le titre, ils ont discrètement réintégré dedans le 1er janvier... 2012 ! Quant au changement de titre, il est tout simplement "priceless" ! Héhé, les p'tits malins, tiens !

- Merci à Poussah pour l'info.]

2 janvier 2011

Echec et mages

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 10:21
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A tous, je te souhaite une belle et sainte année 2011 !

Accessoirement, aussi, un bon dimanche. Et d’ailleurs, comme d’habitude : les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 2, 1-12)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

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