Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 6, 24-34)…
27 février 2011
Panem et uestes
23 février 2011
De l’humain, et autres coquilles vides
Malheureusement, on s’y habitue. Parmi les multiples manifestations de ce que certains qualifieront, de façon un peu excessive mais pas inintéressante, de novlangue médiatique actuelle, il y a de ces petites expressions qui passent presque totalement inaperçues. Sauf à mes yeux, évidemment, puisque comme tu l’auras noté (avec une indéniable mauvaise foi), le paradoxe de l’imperceptible est d’être systématiquement perçu par celui qui le mentionne. Un coup pour l’imperceptibilité, en somme, mais ce n’est pas le sujet. Même si tu auras également noté que j’aime bien parler de tout ce qui n’est pas le sujet (mais ce n’est pas le sujet non plus).
Petite expression qui passe presque totalement inaperçue, donc : “de l’humain”. Je ne connais pas de journaliste qui ne l’ait pas entendue – souvent trop souvent – celle-là. “Tu me mettras de l’humain”, “Faudrait rajouter de l’humain”, “Ça manque d’humain, tout ça”…
Le problème, c’est qu’autant le substantif “un humain” désigne un truc à peu près clair (un homme, une femme, chabadabada), autant l’adjectif “humain” est une notion à peu près envisageable (un truc qui se rapporte à l’humanité, ou alors une certaine qualité de gentillesse et de compréhension)… autant l’adjectif substantivé “de l’humain” est une pure projection du langage qui ne renvoie plus à grand chose. On comprend quand même, bien entendu, mais ce mot créé de toute pièce ressemble quand même assez fort à une vague tentative de noyer le poisson. “Mettre de l’humain” dans un reportage, c’est ajouter une touche de témoignage, insuffler de l’émotion, savoir le rapprocher de la vie quotidienne pour favoriser l’identification. En clair, c’est faire vibrer la corde sensible, non ? D’où ma question : pourquoi ne pas le dire comme ça ? Mmh ? Je sais, ne répond pas : parce qu’on sent déjà une petite touche de démagogie et que, du coup, c’est pas complètement positif. Et depuis Carrefour, on sait que c’est vachement important, ma bonne dame, de positiver, toussa…
Tant que j’y suis, tiens, je vais aussi faire mon vieux con réac à deux balles intégroïde (ce que tu veux) sur un adjectif substantivé assez proche “humanitaire”. Précaution introductive : j’adresse dès maintenant mes plus plates excuses à tous mes amis anciennement, actuellement ou bientôt en coopération internationale (ou pas, d’ailleurs). Mais je vous dois la vérité : chaque fois que je vous entend parler de “faire de l’humanitaire”, j’ai envie de vous dépecer publiquement et d’exhiber vos entrailles tout le long des grilles du jardin du Luxembourg. Pour vous apprendre la dignité. A titre de rappel utile, je rappellerai donc utilement que les substantifs ont une fonction et que les adjectifs en ont une autre. Du coup, quand on parle d’“humanitaire” comme si on désignait une réalité concrète, on expose juste une énorme coquille vide. Je sais bien que d’un point de vue biblique donner un nom est une façon de participer à la création d’une chose… mais faudrait voir à pas en abuser non plus ! Parler uniquement d’“humanitaire”, c’est un peu comme déconnecter l’intention (louable) de sa manifestation. Comme si l’action n’avait plus de finalité en elle-même, à part la satisfaction de ce qui n’en était qu’une propriété parmi d’autres (l’intention).
Pour rendre à Nicolas Mathey [en fait, c'est Incarnare qui a énoncé cette idée sur son fil Twitter : toutes mes excuses...] ce qui lui revient de plein droit, je me souviens d’une exclamation qu’il avait lancée sur Twitter pendant un débat sur l’euthanasie au Sénat. Bon, je ne me rappelle plus de l’expression exacte, mais l’idée était celle-ci : “N’est-il pas évident que le bon sens se trouve du côté de ceux qui n’éprouvent pas le besoin d’inventer de nouveaux mots pour redéfinir une réalité ?” De fait, c’est intéressant de noter qu’alors qu’un mot existe, nous éprouvons régulièrement besoin d’en créer de nouveaux, pour remodeler les contours du débat en fonction de nos idées ou de nos orientations (politiques, morales, religieuses, etc.). L’exemple de l’euthanasie est fort : l’étymologie du mot le définit quand même comme la “bonne mort” ! Quel besoin, donc, en théorie, de le remplacer par des expressions comme “aide médicale à mourir”, “mort dans la dignité”…?
On se moque de ces terminologies qui évoluent, dans la société, pour éviter de donner le sentiment de réduire une personne à un métier, un âge, un handicap, un statut social, etc. Mais y pense-t-on lorsqu’on invente également des termes pour aborder des questions de société, notamment éthiques ? A croire qu’il faut repousser la limite du positif à mesure que le langage s’use (car les mots s’usent à force d’être utilisés, c’est un fait, et on en cherche de plus forts au fur et à mesure). On aurait certainement avantage à revenir plus souvent aux termes initiaux, aux idées simples. A s’appliquer un peu de bon sens.
Et on pourrait commencer par l’appliquer dans le domaine religieux.
Pourquoi parler de “spiritualité”, voire pire : de “spirituel” (encore un bel adjectif substantivé, tiens) ou de “fait religieux”, quand on peut tout simplement dire “foi” et “religion” ? Quel intérêt à rechercher de nouveaux mots ou à appliquer des expressions censées se révéler plus explicites ou plus valorisantes, quand des mots existaient déjà pour désigner très précisément la même chose ? Une “célébration”, la plupart du temps, c’est bien une “messe” ? Un “catholique fidèle à la Tradition”, jusqu’à nouvel ordre, c’est bien grosso modo ce qu’on appelle un “traditionnaliste” (voire gentiment un “tradi” – et je précise que cet exemple ne comporte ni jugement ni attaque !), non ?
Un exemple récent, pour l’anecdote : une amie me demandait il y a quelques semaines : “Comment on peut appeler un prêtre très âgé ?” La question sous-entendue était évidemment : “comment le qualifier de façon positive ?” Je n’ai rien trouvé de mieux à lui répondre que “un vieux prêtre”. Et j’en suis, finalement, assez content.
Il faut bien évidemment expliquer certaines notions et rendre le vocabulaire religieux plus accessible, mais j’ai parfois le sentiment qu’en créant certains synonymes et certaines périphrases pour arrondir les angles, on ne fait en réalité que compliquer et brouiller le message… On pourrait, en somme, y mettre un peu moins “de vrai” et plus de vérité !
20 février 2011
Aimer son prochain, et le suivant aussi
Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 5, 38-48)…
Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).
13 février 2011
“La loi, c’est moi.”
Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 5, 17-17 37)…
Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).
12 février 2011
2011 : le Denier s’anime
Puisque c’est la saison : un mot sur le denier. Celui de l’Église. Tu sais : la modeste contribution qu’on nous demande de verser à notre paroisse pour l’aider à fonctionner et à continuer de nous fournir gratuitement au long de l’année services et sacrements.
D’ailleurs, je dis “modeste” contribution, mais c’est à chacun de voir : il n’est pas interdit, quand on a des tas de sous, de donner des tas de sous aussi. L’important étant surtout de donner quand même, y compris quand on en a peu (5 euros symboliquement, c’est un beau geste). Ne serait-ce que parce que les prêtres, eux, ne vivent que de ça ; et ils ne sont même plus les seuls aujourd’hui. Enfin : tu vois avec ta conscience, hein !
Et donc, je disais que c’est la saison : on arrive à cette période de l’année où les diocèses se lancent dans des campagnes de com pour rappeler aux fidèles et aux moins fidèles l’importance du denier pour l’Église. L’an dernier, les diocèses de l’Ouest s’étaient démarqués avec une publicité marrante et décalée. De fait, d’ailleurs, le décalage semble être une carte qui a été souvent jouée, comme en témoigne ce billet de Marc Favreau sur les différentes campagnes 2010.
Apparemment, seul le diocèse de Fréjus-Toulon s’était vraiment lancé dans la production d’une vidéo l’an dernier. Le résultat (un pastiche du film Le Petit Nicolas), baptisé “Le Petit Maximin” était amusant mais un peu fauché quand même, et pas totalement abouti. Mais il faut reconnaître au diocèse son esprit d’innovation !
Cette année, je prends le pari que la vidéo va être l’élément dont on parlera dans les campagnes du denier. Trois sont déjà sorties : Toulon recommence (j’ai envie de dire “évidemment”) avec une parodie kitschouille de “Questions pour un champion”, l’Eglise catholique de en qui est en France s’y essaie avec l’appui de KTO, et le diocèse de Saint-Etienne se lance à son tour dans la course.
Alors, au jeu de celui qui fera le plus de buzz, je veux bien poser mes pronostics. Toulon devrait amuser, mais je me demande s’ils réussiront à dépasser une étiquette un peu “ringarde” qu’on risque de leur coller assez vite pour leurs comédiens amateurs et leurs incrustations approximatives… Personnellement, je ne suis pas sûr que le choix de quelque chose d’aussi ambitieux sur le papier soit forcément la bonne option, mais on verra. Clairement, je ne vois pas comment le clip “KTO” peut faire autrement que se ramasser. On va encore me dire que je suis dur, mais pardon : voir des personnes réciter sans aucune spontanéité (et parfois même sans conviction) un texte qu’on leur a écrit à l’avance devant un fond de couleur vert marron qui vire sur le bleu orangé (qui a dit “moche” ?), le tout sur une musique dont les jeux vidéos des années 1990 ne voudraient même pas… euh… sans moi ! Mais c’était gentil quand même d’avoir essayé !
Reste le clip de Saint-Étienne. Mon favori, pour tout un tas de raisons. Leur vidéo fait l’effort de jouer une carte franchement décalée tout en expliquant concrètement à quoi sert le denier. Plutôt intelligent, comme démarche. On peut aisément imaginer que ces formes résolument contemporaines de communiquer (en cherchant à faire comprendre au plus grand nombre le sens profond d’un message, plutôt qu’en le limitant à quelques initiés) ont un bel avenir devant elles. Pour le moment, c’est un pari… mais un joli, qui a toutes les chances de dépasser les limites géographiques du diocèse.
Sans compter la cerise sur le gâteau : Mgr Lebrun, l’évêque de Saint-Etienne, a accepté de mouiller lui-même sa chemise pour faire passer le message ! Alors que bien des campagnes acceptent aujourd’hui de jouer le décalage mais sans l’associer directement à la figure des prêtres et des évêques, alors que les clips humoristiques se multiplient essentiellement dans des associations et des mouvements indépendamment des diocèses, en voilà un qui choisit visiblement d’incarner sa campagne personnellement. Et rien que pour ça (sauf arrivée ces prochains jours d’une autre campagne mieux réalisée), je mise tout sur ce clip pour buzzer le plus… Chapeau bas, Monseigneur !
Juste une petite info, pour finir : vérification faite, l’autre comédien de la vidéo, avec son fort accent stéphanois, est réellement l’économe du diocèse… Eh non : ils n’ont même pas eu besoin de faire venir un comédien !
6 février 2011
Sale, gamin !
Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 5, 13-16)…












