Le blogue d'Edmond Prochain

27 mars 2011

Se créent des sources

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 16:04
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Bon troisième dimanche de carême ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Jn. 4, 5-42)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

23 mars 2011

Seconde(s) chance(s)

Filed under: Humeur(s) — Edmond Prochain @ 12:17
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Si on m’avait dit qu’un jour Pascal Obispo me pousserait à l’écriture d’un billet… Oui, je sais : ça te fait sans doute un peu mal même à toi. Quoique, les plus hispanisants m’objecteront sans doute (objecter, ça l’ibère) qu’avec un nom pareil – Obispo : essaie de suivre un peu – ce monsieur était en quelque sorte prédestiné à subir un jour les foudres de ma bonne mauvaise foi. Ce n’est pas une objection totalement infondée. Retenons-la donc comme justification foireuse à l’existence de cet article. Après tout, pourquoi pas.

Commençons par les faits : je découvre (effaré, mais voilà déjà un sentiment qui m’éloigne des faits) que Pascal Obispo signe une nouvelle comédie musicale intitulée “Adam & Eve, La seconde chance”. Soit.

Comme le spectacle ne sera visible qu’à partir du 31 janvier prochain, je vais me borner à émettre des considérations subjectives sur l’argumentaire aujourd’hui communiqué. Si ça se trouve, le résultat sera très éloigné de ce que laisse présager le site internet et les communiqués de presse qui commencent à être envoyés.

Première impression, donc : Aïe, aïe, aïe… (En gros.)

Je vais tout de même essayer de faire abstraction du fait que la musique de l’énergumène Pascal Obispo me laisse relativement de marbre, quand elle ne me hérisse pas le poil, certes, à part quelques vieux titres qui n’ont en fait pour eux que le côté “carte postale d’un moment précis de mon adolescence” un peu marqué. Mais c’est déjà ça. Eh bien, même en faisant abstraction de ce qui sonne quand même assez violemment à mes oreilles comme le symbole absolu de la musique aseptisée aux orchestrations interchangeables et toujours prévisibles, j’ai peur que ça ne sauve pas grand chose.

Seconde chance impression, donc : Aïe, aïe, aïe… (Globalement.)

C’est tout de même amusant de constater qu’après Les Dix commandements, Pascal Obispo choisit encore un symbole judéo-chrétien fort pour bâtir un spectacle. Son inspiration est intéressante, j’attends avec impatience qu’il se penche sur l’histoire de Job ou de Jérémie, qu’on rigole un peu (ou pas). Et à quand le show inspiré du livre des Macchabées ? Pas de bol pour lui, Jesus Christ Superstar, c’est déjà pris… Trop, trop dur.

Mais revenons à nos petites brebis du moment. Voilà-t-y pas que le premier homme et la non moins première femme vont se voir gratifier par leur nouvel évêque pop d’une “seconde chance”. C’est cool, la vie en binaire tout noir et blanc. C’est tellement plus chouette de réécrire les histoires qu’on ne connaît pas, pour que tout le monde les connaisse encore moins. Parce que voilà, dans un élan de génie pur que ne sauraient sans doute égaler que la finesse psychologique de Michael Bay ou la délicate pudeur de Christine Angot, Mgr Pascal Obispo a eu l’idée du siècle : “Et s’il était donné à l’humanité une seconde chance ?” Entre temps, c’est devenu l’accroche du spectacle. Il faut dire aussi que, par un coup de bol que n’égalent probablement que l’érudition et le flegme de Franck Ribéry ou la sobriété dans les effets de Baz Luhrmann, c’était un peu trop long pour faire un titre de roman de Marc Lévy, donc c’était libre.

Mais pas de procès d’intention (c’est pas le genre de la maison – zon, zon, zon…), laissons encore toute sa (seconde ?) chance au spectacle et lisons ensemble, dans un même mouvement de docilité de nos cerveaux disponibles, les quelques lignes de présentation gracieusement offertes par l’équipe de communication d’Adam & Eve, La seconde chance :

“S’inspirant avec poésie et modernité de la première histoire d’amour, Pascal Obispo renoue avec les thèmes qui lui sont chers et nous invite à rêver d’un monde meilleur. Rythmée par une musique originale fidèle à ses plus grands succès, cette nouvelle comédie musicale est un grand spectacle familial, fédérateur et porteur d’espoir.
Au (re)commencement sera toujours l’Amour…”

Je n’ai pas changé un mot. Promis, juré, craché.

Néanmoins, un léger décryptage s’impose :

S’inspirant avec poésie et modernité

C’est tout mon Pascal, ça : “poésie et modernité”. Quand je pense à lui, ce sont clairement les mots qui me viennent spontanément à l’esprit. “Poésie”, “modernité”, et puis aussi “viandes en sauce”. Mais il n’y avait pas la place, là.

de la première histoire d’amour,

Oui, tout le monde sait ça : Adam et Ève, c’est avant tout une belle et grande histoire d’amour. Bon, le seul problème, c’est quand même que c’est surtout l’histoire d’un amour déçu, où l’homme et la femme décident de rompre avec Dieu et de vivre leur propre vie comme s’ils ne lui devaient rien. Histoire qui, d’ailleurs, aura une conclusion tragique quand le Christ se sacrifiera pour rétablir l’alliance originelle brisée. Mais on va pas finasser, d’autant que vendre l’“histoire d’amour” d’un homme et d’une femme complètement à poil, ça a toutes les chances de marcher.

Pascal Obispo renoue avec les thèmes qui lui sont chers

Et que tout le monde connaît bien, depuis que son oeuvre est étudiée religieusement dans les salles de classe, juste après le chapitre sur Enid Blyton et avant la lecture cursive d’Amélie Nothomb.

et nous invite à rêver d’un monde meilleur.

T’entends ça, John Lennon ? Tu peux aller te rhabiller (t’as qu’à prendre les fringues d’Adam, il en a pas besoin de toute façon), Pascal va nous faire son pouvoir des fleurs à lui, ça va envoyer du pâté. Enfin un monde vachement plus mieux où les gens seraient gentils, où le ciel bah il serait tout bleu sauf le soleil qui serait jaune et où les zanimals seraient toujours bien peignés. Allez zou : tout l’monde tout nu, et qu’ça saute !

Rythmée par une musique originale

Je demande quand même à voir.

fidèle à ses plus grands succès,

Ah ! j’étais sûr qu’il y avait une arnaque ! Une œuvre radicalement nouvelle, dans la droite ligne de ce qu’il faisait avant. A partir de dorénavant c’est comme d’habitude, en somme.

cette nouvelle comédie musicale est

… une grosse machine à fric ?

un grand spectacle familial,

Ah, tiens, non. C’est juste fait pour qu’on amène mémé et les enfants, pour communier gaiement en payant tout plein de billets, et rêver ensemble à un monde qu’il est plus beau.

fédérateur

Oui, surtout, oubliez pas d’inviter aussi vos voisins. Tant qu’ils paient.

et porteur d’espoir.

L’histoire originale originelle était porteuse d’une Espérance, mais c’est nul l’espérance. Alors que l’espoir, au moins, ça permet de faire plein de chouettes rimes avec croire, victoire et croquer dans la poire. Astucieux. Je suis pas certain qu’on gagne au change, mais c’est astucieux.

Au (re)commencement sera toujours l’Amour…

T’as noté le jeu de mots, hein ? “(Re)commencement”, comme dans “commencement” mais avec un “(re)” un petit peu caché devant. Genre, on va refaire la création du monde, sauf que cette fois-ci on va pas laisser ce nul de Dieu gérer les affaires, on va mettre l’homme et la femme aux commandes et ce sera vachement plus mieux. Et puis, c’est vrai quoi zut flûte sans blague à la fin : l’amouuuur toujouuuurs, toussa… Snif, versons une larmiche (et le prix du billet d’entrée, n’oublions pas).

(Intermède ludique : pour une réécriture amusante de l’histoire d’Adam et Ève, va plutôt voir cette vidéo-là…)

Évidemment, je suis d’une sacrée mauvaise foi avec un spectacle que je n’ai même pas vu. N’empêche… la tentation (ah ! ah ! ah !) est trop forte de ne pas rappeler ici qu’en fait de seconde chance, l’humanité a en réalité une nouvelle chance par seconde de ne pas choisir le mal. La “seconde chance” ultime, c’est quand même le Christ qui est venu nous la donner sur la croix. C’est aussi ce qui nous est offert à tous le jour de notre baptême. C’est enfin ce qu’on peut obtenir à chaque fois qu’on laisse la miséricorde de Dieu passer un coup de balai dans notre péché quotidien.

Alors bon, tu m’excuses, Pascal, je suis sûr qu’en vrai t’es un bon gars plein de chouettes intentions pour un monde meilleur et porteur d’espoir où on serait tous drôlement plus heureux, mais j’achète pas trop cette ébauche de prêchi-prêcha moralo-cucul qui a l’air de faire passer l’histoire du Salut pour un procès sans appel où l’humanité a été condamnée une fois pour toutes. Et je t’invite à relire attentivement cette (belle et terrible) histoire d’arbre de vie délaissé par l’homme au profit d’un obscur “arbre de la connaissance”… qui va nécessiter que Dieu vienne refaire le jardinier sur terre en plantant un nouvel “arbre de la renaissance” en forme de croix.

Tu vois : la Rédemption peut aussi être racontée façon Tistou les pouces verts. C’est très “flower power”, quand on se donne la peine d’y regarder de plus près. Mais, certes, ça demande d’être considéré avec un peu de sérieux et de gravité.

“Or, il y avait un jardin près du lieu où Jésus avait été crucifié.” (Jn 19, 41.)

13 mars 2011

Mauvaises fréquentations

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 10:14
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Bon dimanche, et excellent carême ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 4, 1-11)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

10 mars 2011

Exclu : l’appli iPhone pour vivre le Carême !

Filed under: Tout-venant — Edmond Prochain @ 19:35
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J’en entends certain(e)s se demander s’il existe une “appli” iPhone pour vivre le Carême. La réponse est évidemment : oui. Et je ne parle pas de la Retraite dans la ville ou de l’appli Catholique.org qui vient de sortir. Pas du tout. Ces trucs-là, c’est pour les petits zizis joueurs. Ceux qui ont l’intention de faire leur Carême sans trop se fouler.

Tiens, vas-y, lâche-toi : conspue-les publiquement avec moi : “Ouuuuuuuuuuuuuuh !”

Qu’est-ce que tu as tous à gesticuler et à gémir, ceux d’entre toi qui sont au fond ? Quoi ? Tu me trouves gonflé de conspuer publiquement les Carêmes light alors que moi-même je n’ai coupé ni mon blogue ni mon compte Twitter ni mon profil Facebook ? Je vois pas le rapport : môôaaa, je n’ai jamais dit que j’allais le faire. Je n’en ai même jamais eu l’intention, c’est dire ! Je vis la Quarantaine autrement, et j’en suis très content aussi.

Mais pour tous ceux qui, comme certain(e)s, se demandent s’il existe une application pour leur iPhone (perso, j’ai pas d’iPhone, mais ça ne m’empêche pas d’avoir un sens du service public très développé…) pour les aider à mieux vivre leur Carême 2011 (mais aussi les suivants), je tiens à apporter modestement mon aide dans cette recherche bien légitime.

Voici donc, en exclusivité, l’appli officielle du Carême sur iPhone :

Ne me remercie pas.

Demain, je t’expliquerai comment installer l’application équivalente “spécial Carême” sur Facebook. Bonne Quarantaine !

7 mars 2011

C’est pour une carie…

Filed under: Mais dites... — Edmond Prochain @ 16:30
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Normalement, dans une salle d’attente, il ne devrait pas y avoir des magazines ? Ou même des affiches un peu flippantes, histoire d’étudier minutieusement la géologie d’une mâchoire avant d’aller ouvrir la bouche de l’autre côté de la porte ? Un truc à lire pour passer le temps, en somme… On ne demande pourtant pas grand chose ! Juste un effort de convivialité : des chaises un peu plus confortables, davantage de lumière, une table basse, un tapis – je sais pas, moi ! – une plante verte ? Oui, c’est une bonne idée, ça : une plante verte. Un affreux ficus ou un palmier, même en toc, même jauni. Et des jouets pour faire patienter les enfants, aussi. Non ? Même pas les jouets pour les enfants ? Vous êtes durs, ici.

Déjà, dame de l’accueil n’était pas spécialement avenante. Pas un sourire, tout juste un regard, et sans réelle certitude qu’il me soit adressé. Charmant. Alors je veux bien admettre que dans ce cabinet on reçoit sans rendez-vous, mais ce n’est pas la peine de compter sur moi pour en faire la pub. Enfin… on verra quand même si le praticien est bon. Il y en a qui en disent du bien. D’ailleurs, il y a quand même un peu de monde devant moi.

N’empêche : pas un seul magazine, hein ! Si j’avais su, j’en aurais apporté un, parce que là je suis parti pour m’ennuyer sec. Flûte. Et puis, c’est moi ou ça sent quand même assez fort la cire à bois ? Ambiance mamie a mis un coup sur le parquet… Remarque : si ça se trouve, c’est juste à cause de ça qu’on a retiré le tapis. Nan, parce que sérieusement : je peux pas croire qu’il n’y ait même pas un tapis en temps normal !

Pff… Qu’est-ce que je fais là, d’abord ? Je n’avais même pas envie de venir, et voilà qu’on me répète qu’il faut y passer au moins une fois par an, histoire de vérifier que tout va bien et qu’aucune intervention n’est nécessaire. Mais quoi ! c’est un comble, tout de même : je n’ai même pas mal ! Je le saurais, non ? Et le pire, c’est qu’il est capable de me trouver un peu de tartre, voire une ou deux petites caries bien dissimulées. Un excès de sucre, c’est si vite arrivé… une petite corrosion facilement attrapée, des bactéries qui grignotent doucement, encore imperceptiblement, et finiront par rendre mes dents un peu plus fragiles et un peu moins incisives. Oui, bon, et alors ? Ce n’est pas la perspective d’une petite dévitalisation qui devrait me faire peur. Si ? Mmh… je suis comme tout le monde, en fait : je n’aime pas tellement ça.

Il y a des bruits bizarres. Des tzzzvviiiiiiiiii, des crouuuiiiiiiiiii, des brrriiiiiiivvuiiiiiiiiit. Beaucoup trop de i, beaucoup trop d’aigus pour que ça puisse être un minimum rassurant. Uniquement des bruits qui piquent, qui ratissent, qui creusent, qui vident, qui arrachent, qui déchirent et qui rabotent. Quand ils ne crissent pas tout simplement, le plus effroyablement du monde.

Une petite voix me susurre à la l’oreille : “Il est encore temps de partir. Personne ne le saura. Et puis franchement : est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? C’est encore une façon de se faire du mal pour pas grand chose… Il sera toujours temps de repasser si par hasard une petite douleur se faisait sentir, non ?”

Si j’avais le temps, peut-être aurais-je aussi entendu une autre petite voix me dire quelque chose comme : “C’est un mauvais moment à passer. Et alors ? Je serai tellement plus serein après ! Courage !” Sauf qu’à cet instant précis, la porte s’ouvre en grinçant comme celle d’une prison… ou d’une salle de torture.

Un homme en habit blanc inspecte la salle d’attente d’un coup d’œil, et son regard croise le mien. Je me lève avec un frisson. Il sourit pour me mettre en confiance. Trop tard pour reculer… J’entends juste ma voix dire, en passant la porte :

“C’est pour une carie… euh… un Carême !”

6 mars 2011

Grand architecte

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 9:49
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mt. 7, 21-27)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

Thème : Rubric. Un Blog WordPress.com.

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