Il y a l’image que les télés retiendront ; sans doute pour les bêtisiers, d’ailleurs. Un vieux monsieur habillé de blanc, pas très aimé et donc cible idéale des railleries, décoiffé par une bourrasque et soudain privé de son drôle de petit chapeau. La calotte qui met les voiles, devant un million et demi de spectateurs et en direct sur de nombreuses télévisions. C’est du bon, ça, coco : ce drôle d’oiseau balayé, on en rira de bon cœur. Ce n’est même pas la première fois que ça arrive, mais ça illustre bien un certain goût du ridicule : il faut être inconscient ou avoir un sacré sens de l’humour pour porter ce genre de petite galette sur le crâne…
De toute façon, les merles n’ont jamais aimé les hirondelles. Mais qu’ils se moquent : elles s’en moquent ! Les hirondelles sont libres, même quand elles ont été peu à peu défaites par trop de printemps.
Il y aura donc le souvenir de cette calotte qui vole, comme celui d’autres clichés tout aussi amusants. Et puis voilà. Sauf que les télés auront bien raison : la tempête qui dérobe le chapeau du pape, c’est bel et bien l’image qu’il faudra retenir de ces JMJ de Madrid 2011.
Peut-être pas pour les esprits chagrins qui se seront concentrés exclusivement sur la fausse polémique du coût (on attend d’ailleurs que la presse relaie avec tant d’empressement les bénéfices aujourd’hui réestimés des JMJ… pour rire). Peut-être pas non plus pour les participants (eux rapporteront, je l’espère, plutôt le visage du Christ dans leurs souvenirs – qu’ils l’aient aperçu au coin du chemin de croix, au passage de l’adoration eucharistique ou au détour d’une confession), mais je n’oserai pas me prononcer en leur nom : je n’en étais pas. A l’été 2011, durant les Journées mondiales de la jeunesse, je me rappellerai surtout avoir été en vacances, et n’avoir suivi que de loin le rassemblement. Alors je me contenterai de parler pour ceux qui n’y étaient pas et n’auront fait, comme moi, que voir quelques images éparses de la joie madrilène. Pour ces JMJistes par écran interposé, l’image, la grande image, celle qui restera, c’est bien celle que les télés retiendront. Mais pas pour les mêmes raisons.
Du vieillard secoué par le vent au point d’en être décoiffé, on ne retiendra pas la trajectoire de la calotte. Seules les feuilles mortes l’auront suivie. On retiendra l’homme, tenant droit dans le vent et la pluie sur l’aérodrome – si bien nommé ! – de Cuatro Vientos. L’image aurait pu être l’anodin cliché d’un bêtisier, elle est au contraire emblématique, voire prophétique : c’est le symbole absolu d’un pontificat décidément fait pour déjouer les pronostics et tenir bon dans les tempêtes.
Avec Benoît XVI, les catholiques ont pris ces dernières années quelques bonnes rafales de vent. Inutile de les énumérer de nouveau ; sans doute en prendront-ils encore quelques unes. Sans doute verront-ils encore s’envoler quelques coiffes et seront-ils encore secoués de quelques embruns. Et puis voilà : leur pape aura tenu droit, ils tiendront bien. Mieux encore : leur pape aura doucement souri, ils sauront bien s’inspirer de cette philosophie-là et faire contre mauvaise fortune bonne espérance.
Aux quatre vents, debout… les tempêtes ne sont jamais aussi tonitruantes que le calme qui leur succède. A la proue du navire, non pas un chef (pour le chrétien, nul autre chef que le Christ), mais bien un capitaine, dont la présence ne galvanise peut-être pas l’équipage, mais rassure et affermis. “Affermis dans la foi”, c’était d’ailleurs le thème de ces JMJ. (Comme quoi… la météo a parfois des airs étonnamment célestes.) Il suffisait de revoir le capitaine, un peu plus tard, la tempête passée, le discours enfin achevé, se mettre au premier rang d’un temps de prière face au Saint-Sacrement, dans un silence comme on n’en fait plus nulle part ailleurs…
Le rendez-vous de ce pape n’est pas avec les médias, il est avec l’histoire. Le rendez-vous de l’Eglise n’est pas avec le monde, il est avec le ciel. D’ici là, vaille que vaille, malgré l’orage, on s’accrochera à la foi, à l’espérance et à la charité. Et, si possible, surtout à la charité. Elle, elle ne s’envolera pas.
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[P.S. Comme expliqué dans ce billet : je suis en vacances... et très, très peu connecté. Du coup, soyez sages dans les commentaires et soyez patients avec moi : je reviens bientôt.]

Suite des brefs commentaires d’évangile signés cette semaine dans le “supplément prière” du mensuel 









Mt. 19, 13-15 : Pour qu’il leur impose les mains
Tags: évangile, commentaire, enfants, esprit saint, il est vivant, ilestvivant.com
Le commentaire ne porte pas sur l’ensemble du passage, mais seulement sur les mots en gras.
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Pour qu’il leur impose les mains
En écartant “vivement” les enfants qu’on veut amener au Christ, les disciples les privent d’un bien considérable : celui de se laisser toucher par Jésus. Surtout si l’on se rappelle que l’imposition des mains signifie pour l’Église le don de l’Esprit Saint ! De quel droit pourrait-on en priver quelqu’un ? Bien sûr, on imagine aisément que les disciples ne cherchaient qu’à préserver la tranquillité du Seigneur… Mais lui est venu apporter le Royaume d’abord aux plus petits, même s’ils viennent perturber la tranquillité des croyants “installés”. L’Esprit ne peut se refuser à celui qui le réclame. Au contraire : Jésus nous rappelle qu’il nous faut avoir suffisamment de simplicité de cœur pour demander sa grâce à la façon des enfants, sans timidité ni relâche.
Le monde doit savoir :