Le blogue d'Edmond Prochain

6 octobre 2011

Traditore, traditore

Ceux qui me suivent sur Twitter ou Facebook ont probablement vu passer cet article en début de semaine, dans lequel on apprend (effaré, d’ailleurs) qu’Hachette a commis une nouvelle traduction (« revue ») des aventures du Club des Cinq. Traduire, c’est trahir ; certaines fois davantage que d’autres… et là, on est dedans.

Quand on a comme moi un penchant inavouable pour la littérature populaire, qu’Enid Blyton fait partie d’un panthéon très particulier où figure également en bonne place Paul Féval fils (auteur du très largement – quoique justement – sous-estimé D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac), que Fantômas côtoie Fantômette, mais aussi James Bond, Zorro, Alice Roy (mais était-ce Nancy Drew ?) ou encore ce Docteur March qui n’a jamais été docteur dans les tréfonds de phrases comme je n’en avais plus écrit sur ce blogue d’aussi mal barrées depuis bien longtemps, quand tout ça (donc), on ne peut que ressentir une blessure profonde à cette nouvelle. Profondément profonde, même – c’est dire.

Blessure profonde, dis-je, parce que le Club des Cinq est peut-être l’un des plus magnifiques exemples d’une traduction-adaptation (oserai-je parler d’inculturation ?) finement menée dans la littérature enfantine en France. Tout était fait pour servir l’œuvre en la rendant proche de ses nouveaux lecteurs sans jamais trahir l’original. Si on excepte évidemment les épisodes réécrits par la suite et toutes les déclinaisons déjà en circulation.

Et me voilà à imaginer que les moules à gaufres qui ont osé ce sacrilège s’en prennent demain à l’évangile. Pour l’adapter à un lectorat en perte vertigineuse de vocabulaire et de motivation, s’ils se mettaient à le dépecer à grands coups de simplifications excessives, reformulations hasardeuses, émasculations grammaticales, vulgarités linguistiques et banalités destinées à anéantir le moindre risque de choquer, le tout sous une épaisse couche de bons sentiments qui collent aux fesses doigts…

Du chapitre 2 de l’évangile selon saint Luc, par exemple, que resterait-il ? Pas grand chose, sans doute. Et d’ailleurs, pour que les éditeurs ne se donnent pas ce mal, j’ai décidé de me lancer moi-même dans l’exercice de caviardage massif. Bien entendu, avec une considérable mauvaise foi. (Mais sinon, ça n’aurait pas eu d’intérêt.) Voici donc ce chapitre, tout au présent, en langage courant et dans un vocabulaire limité, politiquement impeccable, sans allusions à la religion et remis dans le contexte contemporain. Mais je laisse quand même les titres de sections et les numéros de versets tels qu’ils figurent dans la traduction pour la liturgie, histoire d’aider chacun à se repérer un minimum.

Le résultat ? Peu amène

*

Évangile selon saint Luc (traduction revue)

- Chapitre 2 -

(Naissance de Jésus et visite des bergers)

(1) Il y a un truc obligatoire qui est publié par le chef Auguste, et qui dit qu’il faut que tout le monde aille dire qu’il existe dans la ville de sa famille. (2) (3) Alors tout le monde obéit.

(4) Du coup, José s’en va de Quimper en Bretagne (c’est là qu’il habite) vers Montpellier, vu qu’il est originaire de là. (5) Et il amène avec lui sa femme Marie, sachant qu’elle attend un bébé. (6) Et puis il se trouve que quand il arrive à Montpellier, Marie sent que leur fils ne va pas tarder à naître. (7) Et ça arrive, alors le bébé devient l’aîné de la famille. On l’habille et on le fait dormir dans un petit lit bien confortable, parce que tout le monde est vraiment sympa avec eux et on se bat pour les accueillir.

(8) Pas loin de là, il y a des écolos qui dorment à la belle étoile. (9) Mais d’un coup il y en a un qui reçoit un SMS (10) qui dit : « T’inkt, lol !!! (11) C just pr te dir k ya tro 1 star ki é né pa loin ! (12) Fo tro k tu viN le voir mdr !!! » (13) Et alors tous leurs portables se mettent à faire de la lumière et à sonner avec (14) une musique qu’on chante à la messe à Noël en sonnerie.

(15) Du coup, tous les écolos se disent qu’ils vont quand même aller voir ce qui se passe, histoire de voir un peu. (16) Heureusement, comme ils ont un GPS, ils trouvent super vite la maternité et ils voient le bébé. (17) Après ça ils racontent à tous leurs amis ce qu’ils ont vu, (18) mais tout le monde trouve ça normal et pas trop étonnant.

(19) Et pendant ce temps là, Marie elle fait de la méditation spirituelle dans son cœur en pensant à tout ce qui se passe. (20)

(Circoncision de Jésus)

(21) Huit jours plus tard, on emmène le bébé à la clinique où un docteur spécialiste ne lui fait rien du tout et surtout pas mal. Et comme ça fait déjà huit jours qu’on l’appelle le bébé, on décide qu’on va plutôt l’appeler Jésus, parce que ses parents ont rêvé avant qu’il fallait l’appeler comme ça.

(Présentation de Jésus au temple et rencontres prophétiques)

(22) Un peu plus tard, c’est le moment de le montrer à la mairie parce que (23) la loi dit que tous les garçons qui sont des aînés nés en premier dans une famille doivent être montrés à la mairie. (24) Et puis il y a aussi une tradition qui oblige aussi à apporter avec deux pigeons ou bien deux moineaux à la place. Sauf que personne ne fait du mal aux petits oiseaux : on les relâche plutôt et ils sont très heureux de s’envoler dans la liberté.

(25) A la mairie, il y a un vieux monsieur très honnête et cool qui est en super connexion spirituelle (26) et qui sait qu’il ne va pas mourir tant qu’il n’a pas vu ce bébé Jésus-là justement. (27) Quand les parents arrivent pour faire les formalités qu’il faut faire, (28) il prend le bébé dans ses bras et il se met à dire tout content : (29) «  Voilà, c’est bon, je vais pouvoir mourir vu que je suis quand même très vieux et que c’est normal à mon âge qu’un jour on s’en aille. (30) En plus, j’ai vu la star que j’avais vraiment très envie de voir et ça c’est cool. » (31) (32)

(33) Mais le papa et la maman du bébé, ils ne comprennent pas tout. (34) Alors le vieux leur dit : « Ce bébé, il va être un super révolutionnaire. (35) Et en plus, il va faire de toi une maman trop contente. »

(36) Après ça, ils croisent encore une autre vieille qui leur raconte aussi des histoires bizarres. (37) (38)

(Enfance de Jésus)

(39) Et puis ensuite ils retournent en Bretagne à Quimper.

(40) Et le petit garçon, il se met à prendre de l’âge et des tailles de vêtements, parce qu’il a quand même du bol.

(Jésus au Temple chez son Père)

(41) (42) (43) (44) (45) (46) (47) (48) (49) (50) (51) (52) En tout cas, une chose est sûre et certaine : il n’a jamais fugué. Jamais.

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43 commentaires »

  1. on dit pas sa femme mais ‘sa compagne’ (réac)

    Commentaire par David — 6 octobre 2011 @ 11:06

  2. On sent un brin de démotivation, hein ? Je t’avais connu plus inspiré sur le Petit Jésus.
    Cela dit, on est d’accord, la nouvelle traduction d’Enyd est moche, mais la transposition ne me convainc pas vraiment.

    Commentaire par Nicolas — 6 octobre 2011 @ 11:13

  3. Très bon ton article ! Et tu n’es pas très loin de la vérité ; il m’est arrivé une fois d’aller à la messe et au moment de la proclamation de l’Évangile entendre le prêtre dire « Nous ne prendrons pas le texte officiel, il est trop dur et violent, j’ai trouvé une traduction beaucoup plus soft qui dit à peu près la même chose » Sic !

    Commentaire par Hugues Foucault — 6 octobre 2011 @ 11:21

  4. Excellent ! Dans le style, sur une cible complémentaire, avec antériorité (23 août), mais l’intertextualité est à la mode, et le sujet toujours marrant !

    http://luc1249.wordpress.com/2011/08/23/levangile-mis-aux-normes/

    Commentaire par Jean Duma (@JeanDuma1) — 6 octobre 2011 @ 11:41

  5. Mais ça existe déjà ce genre de traduction : bayard a fait ça en 2001 http://www.biblebayard.com/biblebayard/extraits.htm

    Commentaire par aquinus (@aquinus) — 6 octobre 2011 @ 11:47

  6. Heureux EP, les propositions d’embauche vont pleuvoir, le stock de littérature à remettre au (dé)goût du jour étant de taille… Faire monter les enchères, surtout. Ou les en chaire.

    Commentaire par Vieil Imbécile — 6 octobre 2011 @ 11:50

  7. @ David : Et d’abord, pourquoi ce serait une femme, en fait ?!

    @ Nicolas : Peut-être… mais le petit Jésus, c’est quelque chose de très particulier. J’en ferai probablement d’autres, un jour ; tout l’exercice ici était justement de ne pas aller piétiner sur ce terrain-là. Et imiter la platitude de ces versions édulcorées et bêtifiantes qu’on impose désormais aux enfants. Pas forcément très drôle, mais pas si éloigné de la réalité non plus.

    @ Hugues : Gloups… Voilà qui conforte l’une de mes grandes maximes personnelles : « Si l’Église est vraiment une citadelle assiégée, alors elle l’est de l’intérieur… »

    @ Jean Duma : Je pense qu’il aurait fallu aller encore plus loin que ça. Rien que dans la reprise des noces de Cana : de quel droit Jésus parle-t-il ainsi à une femme ? Sale machiste !

    @ Aquinus : Tss, tss ! Je ne peux pas cautionner, pardon. (Mais je n’en pense pas moins, certes.)

    @ Vieil imbécile : Chic ! du boulot fastoche ! chic, chic, chic ! :p

    Commentaire par Edmond Prochain — 6 octobre 2011 @ 12:02

  8. Génial. je suis hilare devant mon ordinateur. S’il vous plait, traduisez la suite et surtout l’apocalypse de saint Jean en « Heroic fantasy » ce sera excellent !!!
    Mandrée

    Commentaire par Jean Redemande — 6 octobre 2011 @ 12:16

  9. Mais au fait, de quoi s’agit-il ? Je n’ai pas suivi : qu’est-il arrivé au Club des Cinq ?
    Mon cher Edmond, console-toi si tu veux retrouver tous tes amis de jeunesse (et j’en partage un certain nombre !!) va donc au restaurant Le Club des Cinq, rue des Batignolles. Tu vas adorer !!

    Commentaire par Anne Clé — 6 octobre 2011 @ 12:47

  10. Moi je suis MDr
    Déjà David, on dit pas « compagne » mais « sa go » ou « sa meuf  » …

    Ensuite Marie pour rester Vierge (c’te mytho), elle a eu une césarienne !
    Et j’ai grave kiffé l’histoire des écolos (altermondialistes, of course ?) et leur sonnerie de portable

    Commentaire par lagrossefernanda — 6 octobre 2011 @ 13:15

  11. Essi dicono cosi : « Traduttore… traditore! »
    Ciao, bello!
    Sempre In Christo.
    B

    Commentaire par BetShems — 6 octobre 2011 @ 13:20

  12. @ Jean Redemande : Il faut savoir ne pas abuser du caviardage… ;-)

    @ Anne Clé : Feignasse ! t’avais qu’à cliquer sur le premier lien de ce billet ! A quoi ça sert, sinon, que je me décarcasse pour vous trouver tout plein de liens super chouettes ?

    @ BetShems : Vous connaissez pas les jeux de mots, en Italie, ou quoi ?

    Commentaire par Edmond Prochain — 6 octobre 2011 @ 16:27

  13. IL ETAIT PAS DOCTEUR!!!!?? Le mythe s’effondre….. sniff’

    Commentaire par youpitralala — 6 octobre 2011 @ 18:35

  14. Ah, le meilleur, c’est la dernière phrase !
    Je sais pas trop si je dois dire merci pour le désastre, mais j’ai bien envie, vu que j’ai quand même pas mal rigolé !

    Tu vas nous refaire un remaniement stylistique des évangiles à chaque automne ?
    Coooooool !

    Commentaire par Nitt — 6 octobre 2011 @ 19:23

  15. Et au fait, c’est normal la répétition en titre ?

    Commentaire par Nitt — 6 octobre 2011 @ 19:32

  16. Le pire, c’est qu’un paquet de sermons et de caté n’en ont pas les mots, mais çà sonne pareil, le même son creux !

    Quant à la Bible Bayard, @aquinus, terrible de branchitude !

    Commentaire par JeanDuma — 6 octobre 2011 @ 20:43

  17. Vous n’êtes pas au courant? Si José et Marie étaient anglais, on ne dirait plus « le papa et la maman de Jésus » mais « le Parent 1 et le Parent2″. Et Jésus serait plus né en l’an zéro de « l’ère commune » ((l’an -4 ou -6 pour les plus savants mais ce n’est pas le sujet) et non en l’an 0 Anno Domini. Pdc

    Commentaire par Artemis — 7 octobre 2011 @ 10:42

  18. Et j’ai oublié: c’est très improprement que vous parlez de leur « fils ». Jésus, toujours petit anglais, n’a pas encore choisi son identité. Au reconvrement au Temple, il choisira peut-être d’être une fille.

    Que le Seigneur nous vienne en aide!

    Commentaire par Artemis — 7 octobre 2011 @ 10:50

  19. Je suis la seule enfant de la famille qui ne savait pas lire à l’âge de six ans et je détestais qu’on veuille me forcer à cela. Et puis, un jour dont je me rappellerais toute ma vie, ma mère a commencé à me lire le club des cinq contre attaque à voix haute, puis après quelques chapitres, elle m’a laissé seule pour aller cuisiner le repas.
    Résultat, j’ai voulu savoir la suite et j’ai dévoré la suite.
    Après, j’ai bien rattrapé mon retard dans ce domaine et quand j’avais neuf ans, mon étagère était remplie d’ouvrages de la bibliothèque rose.
    Aujourd’hui encore, je garde précieusement mon premier livre sur mes étagères remplies de livres bien plus sérieux…

    Commentaire par laureanne — 7 octobre 2011 @ 11:41

  20. J’ai vu à la Fnac un livre intitulé « Bible ».
    Du coup ça m’interpelle !! Je regarde !! C’est donc pour les « lecteurs du 21eme siècle » que l’équipe à traduit la Bible pour la rendre plus accessible car « ses premiers lecteurs n’avaient pas besoin d’un dictionnaire à coté d’eux pour comprendre le texte !! »
    Moi non plus.

    Commentaire par Adveniat regnum eius — 7 octobre 2011 @ 16:19

  21. Il y a aussi la Bible en français courant, qu’un comique a mise en regard du grec dans l’interlinéaire, pour que tout le monde voit bien que ce n’est même plus une traduction… pourtant l’idée n’est pas complètement stupide, mais bon.
    En tous cas, c’est bien de rétablir (enfin !) une vérité historique : c’est bien en Bretagne que tout s’est passé, parce que sainte Anne était bretonne, comme chacun sait.

    Commentaire par Vianney + — 7 octobre 2011 @ 17:29

  22. La prochaine étape va etre de renommer Ouioui en Ouaiouai ?
    Demain je m attaque à mettre au gout du jour et simplifier le vocabulaire (avec du politiquement correcte bien sure) des livres de « T’choupi » et de « petit ours brun », pardon : « l’ours de petite taille » (dont nous ne diront pas la couleur de peau)

    Pour la bible, c’est pas nouveau : regarde la bilbe des peuples :Mt9,2 « courage mon gars,tes péchers sont pardonnés »
    Pas mal la traduction.

    Commentaire par FX — 7 octobre 2011 @ 17:51

  23. « « l’ours de petite taille » (dont nous ne diront pas la couleur de peau) »

    J’ai ri, autant qu’à l’article, c’est dire :)

    Commentaire par Fikmonskov — 7 octobre 2011 @ 18:10

  24. et encore un vieux, sur le KT, oublié http://luc1249.wordpress.com/2011/08/02//

    Commentaire par JeanDuma — 7 octobre 2011 @ 18:19

  25. La Bible de Bayard n’a rien à voir avec le magnifique exercice mené ici ! Il ne s’agit absolument pas d’une traduction « branchée », en langage « actuel » ou « compréhensible »… C’est une traduction « littérale » (oui, j’aime les guillemets, surtout avec les doigts !). C’est très utile pour faire de l’exégèse à petit niveau, quand on ne lit ni le grec, ni l’hébreu ! A lire seule, c’est imbuvable, mais à mettre en regard de plusieurs traductions c’est très instructif !
    Edmond, j’aime beaucoup ce que vous faites («  »), mais vos lecteurs me dépriment souvent… Nous ne sommes pas une citadelle assiégée de toute part… Cessons de juger sans cesse ! Et non, ça n’était pas forcément « mieux avant » ! Regarder le monde avec amour, et en pliant les genoux s’il le faut !

    Commentaire par Laure — 7 octobre 2011 @ 18:32

  26. Laure, votre commentaire m’a interpelé, et j’ai vérifié, sur un texte que je connais presque par cœur en grec et en français, le prologue de l’évangile de Jean. Ce n’est pas une traduction littérale. Pareil pour le début de la Genèse. Chouraqui l’est beaucoup plus, et je n’aime pas plus.
    Pour le reste… je ne sais pas : je suis toujours étonné des personnes qui parlent d’autres personnes négativement en leur demandant d’arrêter de juger. Moi, je vous aime bien.

    Commentaire par Vianney + — 8 octobre 2011 @ 21:36

  27. C’est étrange tu as choisi la Bretagne pour traduire Nazareth. Si j’étais breton, j’apprécierais pas trop vu qu’un prophète a dit: « Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon? » Heureusement tu n’as pas traduit Jean 1, 46.

    Commentaire par Sanglier intrépide — 9 octobre 2011 @ 0:06

  28. @ Youpitralala : Désolé de déchirer ainsi le voile sur lequel était peinte l’illusion de ton bonheur… Cela dit, le bon côté des choses, c’est que ça te fera désormais une anecdote amusante pour briller en société ! (On ne souligne pas assez la dimension éminemment culturelle de ce blogue, je trouve !)

    @ Artemis : Je m’en suis tenu, pour cette traduction, à l’état actuel des connaissances…! Par la suite, il faudra sans doute la retravailler encore !

    @ Laureanne : Excellente technique (que je note) !

    @ Adveniat : Pardon, mais je pense effectivement que les lecteurs du XXIe siècle, dans leur large majorité, auraient bien besoin d’un dictionnaire (ou au moins d’un guide) pour bien lire la Bible aujourd’hui. Des milliers de références nous échappent, même quand on est un lecteur averti, et de nombreuses subtilités nous sont totalement étrangères… On a beau comprendre l’ensemble et bien le connaître, le texte a beau avoir sa force propre pour parler à tout un chacun, il reste toujours de nouvelles couches à gratter.

    @ FX et Fikmonskov : Moi aussi, j’ai ri.

    @ Laure et Vianney + : La « Bible de Bayard » (du moins, celle qu’a probablement en tête Aquinus pour son commentaire) n’a rien d’une bible « littérale »… c’est plutôt une version « littéraire », en fait. Texte vivant et plaisant à lire, débarrassé de la langue de buis et des expressions un peu obscures de certaines autres traductions, c’est un travail estimable mais en tout cas pas une référence pour les exégètes.
    Cela dit, je me demande si nous parlons tous bien de la même version… Je doute que Bayard n’en ait publié qu’une seule.
    Quant au caractère « déprimant » ou non des commentateurs, je me réjouis plutôt que les discussions ici soient généralement plutôt d’une bonne tenue. Les vrais débordements sont rarissimes, et chacun vient exprimer son point de vue librement sans partir continuellement dans des polémiques stériles. A mes yeux, même si (loin s’en faut !) je ne suis pas d’accord avec tout ce que je lis, c’est une chance immense.

    Commentaire par Edmond Prochain — 9 octobre 2011 @ 0:38

  29. Cher EP, Pardon pour ma réponse tardive (sur traduttore…),
    Qui a laissé entendre que je t’écrivais d’Italie ?
    C’était, sois rassuré sur mes intentions, plus un clin d’œil, et de la bienveillance, qu’autre chose.
    Quant aux jeux de mots et d’assonances, et plutôt trois fois qu’une, oui je SIGNE !
    Et avant tout, je signe pour ceux des Écritures, notamment du NT : ils éclairent considérablement le lecteur, le croyant.
    Alors, partant pour un atelier commun ? Pourquoi ne pas commencer, par exemple, par le thème du « chef-de-cent-qui-ne vaut-pas » (l’indigne centurion de Mt VIII; 8), celui dont nous reprenons le « Seigneur, je ne suis pas d… ».
    Chiche (Même si je ne suis pas certain que StripGenerator apprécie beaucoup…) ?
    In Christo.
    B

    Commentaire par BetShems — 9 octobre 2011 @ 16:13

  30. Bonjour EP !

    Faut avoir lu cet épouvantable article sur le Club des Cinq retraduit pour apprécier tout le sel !

    Cela dit, il manque quand même l’aspect anti-sexisme (genre Annie qui ne pleurniche plus et ne s’y colle pas à chaque fois pour faire la bouffe). On pourrait imaginer que José et Marie vont dans la ville natale de Marie par exemple, parce qu’en se mariant ils ont décidé de prendre le nom de l’épouse. Ou alors au verset 22, ils vont à la mairie après que Marie est sortie du boulot (congé maternité terminé). Ou que le chef Auguste soit « la présidente Augustine ». Ou que Jésus soit une fille :)

    Commentaire par Jérôme — 9 octobre 2011 @ 17:22

  31. Bonsoir, mille pardons pour mon agressivité…
    Je parlais de l’édition Bayard 2001. Je ne suis vraiment pas une spécialiste, loin de là, mais elle m’avait été très utile. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une « vulgarisation » mais d’un nouveau regard sur le texte. Bref, j’aime bien les nouveaux regards, même si les choses ne sont pas bonnes parce que nouvelles…. Elles ne sont pas mauvaises non plus du fait de leur nouveauté !
    J’ai conscience de ce que mon post portait comme « jugement », je m’en excuse. Je me mets très vite en colère quand j’ai l’impression (je dis bien une impression, fondée sur absolument rien d’autre que mon ressenti !) d’une certaine crispation, d’une revendication d’authenticité. J’ai alors l’image d’une Église qui se recroqueville et jette sur le monde un regard terrorisé si ce n’est hargneux. C’est parfaitement idiot… Et l’un des axes de ma prière depuis plus de 15 ans ! Si vous n’avez rien d’autre à faire, priez pour que je m’assouplisse encore, et porte sur mes coreligionnaires un regard plus bienveillant.

    Commentaire par Laure — 9 octobre 2011 @ 21:57

  32. Le coup des sms a déjà été fait – mais en bien (hé, ça ne veut pas dire que cet article là n’est pas bien, je veux dire « en bien », contrairement à ce que l’article là ci-dessus évoque et parodie, hein, entendons nous bien, pas de malentendus…) :

    http://la-taniere-de-la-belette.over-blog.com/pages/Pages_1_a_3-4120846.html

    Commentaire par armel h — 10 octobre 2011 @ 9:23

  33. @ Artemis : ce que vous écrivez, non sans une certaine ironie je le crains, met pourtant en lumière un aspect des choses largement occulté sur la Sainte Famille : ne s’agit-il pas d’une famille recomposée, en somme ? Est-il iconoclaste de la considérer ainsi, pour des familles monoparentales et/ou recomposées, hélas de plus en plus fréquentes ?

    Je pense que les Evangiles n’ont pas fini de nous délivrer l’infinie modernité de leur témoignage et que l’Église se distinguerait à faire preuve de modestie devant les défis qui se présentent à elle.

    @ Edmond : n’hésitez pas à supprimer mon commentaire si vous l’estimez de nature à entamer la quiétude et la sérénité de la discussion.

    Amicalement.
    Al West

    Commentaire par Al West — 10 octobre 2011 @ 12:02

  34. [...] de pair. Il suffit de voir à quel point le langage qui nous est imposé est édulcoré (voir ceci par [...]

    Ping par La poésie aujourd’hui | Le temps d'y penser — 10 octobre 2011 @ 15:20

  35.  » l’Église se distinguerait à faire preuve de modestie devant les défis qui se présentent à elle. » – c’est repiqué d’un discours électoral, ça, non ?

    Commentaire par armel h — 10 octobre 2011 @ 21:07

  36. @ armel h : »c’est repiqué d’un discours électoral, ça, non ? » je ne puis guère répondre, je ne les écoute pas. Ou alors, à l’insu de mon plein gré comme dit l’autre, je les ingère malgré moi, à les entendre sans plus les écouter, un peu comme une musique d’ascenseur. Il transparaît cependant un peu de défiance dans cette phrase, or il n’y en a point dans mon esprit.

    Amicalement.
    Al.

    Commentaire par Al West — 11 octobre 2011 @ 11:03

  37. Je veux dire que ça fait un peu « grande phrase qui fait joli mais reste vague » – qui donne l’impression d’avoir dit quelque chose d’important tout en restant interprétable dans n’importe quel sens selon ce que chacun voudra.

    Soit dit en passant et pour répondre à votre remarque, la Sainte Famille ne peut être considérée comme « recomposée » au sens contemporain de ce terme, puisque ni Marie ni Joseph ne sont divorcés, à notre connaissance. Quant à l’adoption ça n’est pas ce qu’on entend de nos jours par « famille recomposée ».

    Ceci n’empêche cependant pas que cette Sainte Famille soit le modèle et l’idéal des familles y compris recomposées, de même que chacun de nous, quoique pécheur et mal en point, est censé chercher à ressembler à Jésus.

    Commentaire par armel h — 11 octobre 2011 @ 22:30

  38. mais qu’est-ce que c’est que ce premier verset?
    Nous sommes dans une société libre et il n’y a pas de chef!! Et il est interdit d’interdire, alors obliger vous imaginez?
    Tout le monde obéit: c’est anti-démocratique çà!!

    Et encore pire: avec toute la mauvaise foi du monde, j’arrive pas à trouver de nouvelles critiques: c’est pas gentil ça!!!

    Prochain exercice: le récit de la Passion. Et interdit d’omettre certain versets (je sais à ce niveau c’est du sadisme!!! Et c’est pas bien!!! Na!!!)

    Commentaire par panouf — 14 octobre 2011 @ 17:41

  39. @ Laure : Il y a toujours de la place pour les intentions des autres donc, je prierai pour toi =)

    @ EP : un guide, certes, c’est vrai que la Bible est d’une grande richesse et qu’il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre (je prends pour exemple la Genèse …). Mais avoir besoin d’un guide ne signifie pas forcément, à mon avis, transformer le texte en le simplifiant. De l’extrait que j’avais lu dans l’Èvangile selon St Matthieu, je retiens une vrai perte de cette richesse, justement, car même si cette « traduction » reste très fidèle à l’original et est, m’est avis, la moins pire de celles que j’ai pu lire, à chaque fois qu’on retravaille un texte on le change, même si c’est très léger.
    Je trouve dommage de perdre un peu de profondeur pour prendre de l’accessibilité, même si je comprends la nécessité d’aider les potentiels lecteurs.
    Maintenant, si les divers transformations nous choquent ou autre, peut-être est-ce à nous d’être disponible, de nous former et d’aider les autres.

    Commentaire par Adveniat regnum eius — 15 octobre 2011 @ 10:53

  40. Moi aussi, j’avais été trompé par l’intitulé. Il se trouve que le docteur March est docteur en théologie et non en médecine. En France, nous avons l’habitude de sous-entendre docteur en médecine quand on emploie le mot docteur sans autre précision, mais il y a des tas de doctorats différents.
    Ayant eu récemment un Nancy Drew sous la main, j’ai été très déçue de trouver une héroïne très moderne et beaucoup moins attachante qu’Alice.
    Sans vouloir vous vexer Edmond, votre traduction-trahison est encore loin d’être politiquement acceptable. Faudrait déjà que l’empereur Auguste devienne un gentil bienfaiteur du pays proposant (et non imposant) d’aller s’inscrire dans sa ville de naissance pour toucher des allocs. Et puis non, encore trop compliqué : vous vous rendez compte que vous faites voyager la Sainte Famille de Quimper à Montpellier. Qui en a jamais entendu parler à part les habitants de ces deux localités ? Peut-être bien qu’ils devraient habiter le 93 et devraient se rendre à la mairie de Paris alors qu’une grève on ne peut plus légitime paralyse les transports.

    Commentaire par Barbara — 15 octobre 2011 @ 14:15

  41. Qu’est-ce que c’est drôle! Merci Edmond, pour cet énorme fou-rire!!

    Commentaire par em — 19 octobre 2011 @ 21:15

  42. Hé oui, comme le révisionisme est mort , grace à Dieu , dans ma patrie d’origine où actuellement monastères et églises se multiplient…. l’Europe occidentale sombre dans la christianophobie et la pseudo-culture de 3 sous.
    En Italie, sous l’égide d’un quotidien bien connu (se distingue par des articles bourrés d’erreurs dans de nombreux domaines: Eglise, Russie, sciences etc.etc.) et celle d’un « écrivain » à la mode, il a été décidé de sauver (!!!) des chef-d’oeuvre de la Littérature .
    Voici comment : monsieur Untel, réécrit et résume en moins de 100 pages un roman bien connu de façon à le rendre compréhensible, comme dit la publicité tapageuse, à un public de 6 à 70 ans et plus !
    Ont subi ce triste sort
    « Don Giovanni » (sujet particulièrement adapté aux enfants !!!)
    « Crime et chatiment » de F.M.Dostoievsky (en 100 pages!)
    et quelques autres malheureux livres de grands écrivains massacrés lors de la publication de la première série de sauvetages!
    Dans un quiz à la TV italienne, la réponse considérée juste était de placer Moise dans le livre de la Genèse!
    Donc il ne faut plus s’étonner de rien, meme quand un metteur en scène transforme « Les noces de Figaro » de Mozart en séance de spiritisme où apparait le FANTOME de la Comtesse.

    Commentaire par David — 26 octobre 2011 @ 15:13

  43. [...] pair. Il suffit de voir à qu’elle point le langage qui nous est imposé est édulcoré (voir ceci par [...]

    Ping par La poésie aujourd’hui… « Carnet2route — 2 décembre 2011 @ 13:16


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