Le blogue d'Edmond Prochain

27 novembre 2011

C’est pas demain, la veille

Filed under: Bédés — Edmond Prochain @ 10:14
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Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là (ou en Mc. 13, 33-37)…

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi). L’album Les Disciples est désormais disponible en librairie.

21 novembre 2011

Quelques échardes parmi tant d’autres

Filed under: De rien — Edmond Prochain @ 22:38
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Joseph sent bien que depuis l’arrivée du nouveau responsable de la chorale, ce n’est plus tellement comme avant. Les têtes se sont renouvelées, le style des participants aussi. Et surtout, le répertoire a bien changé en l’espace de quelques semaines, balayant beaucoup de cantiques qu’il aimait bien et qui avaient son âge, cinquante ans… Ce n’est pas tellement que Joseph n’a plus sa place dans la chorale, c’est juste qu’il la trouve un peu moins facilement. En fait, on lui fait parfois sentir que sans lui, ce ne serait probablement pas différent, surtout s’il n’aime pas “les nouvelles orientations liturgiques”. Pourtant, ce n’est pas qu’il n’aime pas ; c’est différent, il faut qu’il s’adapte. Ce n’est pas une raison pour partir : il est fidèle depuis vingt ans à cette chorale paroissiale, il n’est pas question que ça change. Mais Joseph commence tout de même à se sentir légèrement exclu, et ça le rend un peu triste.

Didier préfère sortir de l’église par la petite porte au niveau de la sacristie. Sur le parvis, il n’y a presque personne pour le saluer, ce qui lui fait toujours un pincement au cœur. Sur la paroisse, il n’a jamais été accueilli. Avec ses sept enfants, et sa coupe de militaire, on le soupçonne de penser du mal des gens d’ici, et les gens d’ici n’aiment pas tellement qu’on pense du mal d’eux. D’ailleurs, on l’a vu une fois venir avec son frère – un prêtre en col romain – et on n’aime pas tellement cette façon qu’ont “les tradis” de replier l’Église sur elle-même. Didier ne dit rien, il n’a même pas protesté quand le curé a refusé l’accès à une célébration à la troupe SUF de son fils. Mais à ses amis qui l’encouragent à faire quelques kilomètres de plus en voiture pour trouver une paroisse “qui corresponde à sa sensibilité”, il rétorque que sa paroisse, elle est ici, et qu’il n’est pas question que ça change. Même s’il préfère sortir par la petite porte au niveau de la sacristie.

Anne s’assied généralement trois rang avant le fond, tout à droite. Derrière, elle trouve que ça fait un peu trop hostile ; devant, elle a l’impression que tout le monde va la regarder. Elle ne vient pas tous les dimanches, parce que souvent elle oublie l’heure ou se laisse tenter par une autre activité. Mais elle essaie malgré tout d’être présente : elle trouve que c’est important, et elle sait qu’elle repart toujours contente, même quand elle traine les pieds pour venir. Sauf que la semaine dernière le jeune diacre est venu la voir à la fin de la messe, et elle n’a pas trop aimé ça. Comme elle restait assise un moment à regarder les vitraux – Anne aime bien rester un moment assise à scruter les vitraux – il s’est approché pour s’asseoir à côté d’elle. Puis il lui a dit bonjour. Anne a murmuré bonjour aussi. Puis le diacre lui a demandé comment elle s’appelait. Anne a répondu Anne. Puis il lui a demandé pourquoi elle ne s’asseyait jamais “plus haut”. Anne pense qu’il voulait dire “plus devant”, mais elle n’a pas répondu. Alors il lui a dit qu’elle devrait s’investir, participer, faire quelque chose ; qu’il ne fallait pas qu’elle vienne uniquement en “consommatrice”. Anne n’avait jamais pensé qu’on pouvait être un profiteur dans une église, ça lui a fait une impression un peu étrange. Ce dimanche, Anne s’est assise tout à droite, deux rangs avant le fond.

Olivia aimerait bien dire au curé de la paroisse, tout à l’heure, à la fin de la communion de son neveu, ce qu’elle pense des dernières déclarations du pape. Elle ne comprend pas qu’on puisse se reconnaître dans une Église qu’elle trouve “aussi rétrograde”, et elle pense que c’est dommage parce que, quand même, Jésus avait un vrai message d’amour et d’accueil de l’étranger et de respect de l’autre. Ce qu’Olivia a entendu à la radio ne ressemble pas à ça. Il faut comprendre, aussi : déjà qu’il y a des “affaires”, ce n’est quand même pas la peine d’en rajouter… Ou alors, il ne faut pas tellement s’étonner si les églises se vident. Bref. Pendant la messe, elle pense à ce qu’elle dira au curé à la sortie. Mais quand à la communion elle voit son frère Damien rigoler en désignant les croyants qui se mettent à genoux, elle lui dit de se taire ou de sortir : ça ne sert à rien de ne pas être d’accord si on ne respecte même pas les gens pour qui c’est important. Sauf qu’au moment où elle dit cela à son frère, l’un des fidèles dont elle prenait justement la défense se retourne et lui siffle : “Chuuuut !” avec un regard noir. Olivia hausse les épaules et donne un petit coup à Damien qui répondait par une grimace.

*

Anne, Didier, Joseph et Olivia n’ont pas rencontré une Église parfaite. Ils se sentent même un peu exclus, parfois, souvent… Mais dans cette Église de bric et de broc, de tocs, de pics, de chocs, de tics, ils ont trouvé une chaise. Une chaise sous le regard d’un grand Christ accroché à une croix au bois vermoulu. Comme des milliers de petites échardes, prélevées dans des milliers de cœurs et rassemblées pour être ici transfigurées.

Et le collage continue.

16 novembre 2011

J’ai fait un non-éveil…

Filed under: Actu,Humeur(s) — Edmond Prochain @ 22:55
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Ce n’est pas parce que j’ai été non-présent ces derniers temps que je ne suis pas non-loin pour autant. Et comme non-peu d’entre vous, sans doute, j’ai non-échappé aujourd’hui à la dernière campagne de pub de Benetton. Et je dois le non-taire : je suis choqué ! Non-superficiellement, même.

Je ne m’étends pas sur l’aspect non-respectueux des clichés que la non-inconnue marque de non-nudité et de vivrensemblitude forcenée a choisi d’imposer à notre non-cécité. Ça fait tout de même bien longtemps que les limites de ma non-désespérance vis-à-vis du monde qui m’entoure ne recouvrent plus le territoire occupé par l’entreprise. Peut-être cette non-indulgence de ma part provient-elle d’anciennes campagnes d’affichage qui mettaient en scène des non-laïcs déjà en train de se rouler allègrement des patins ? Ou alors simplement du fait que Benetton a consciencieusement, depuis des années, choisi de nous non-proposer toutes sortes de visuels tous non-moins non-ragoutants les uns que les autres. Je non-nie que je ne sais pas…. C’est décidément non-simple.

Non-long : cette provocation supplémentaire, que puis-je en non-taire, sinon que c’est non-malin, non-respectueux mais surtout non-intelligent ? Faire s’embrasser le pape et un imam sous le slogan de “Un-Hate” (“Non-Haine”), comme c’est drôle ! comme c’est spirituel ! comme c’est original et pas du tout répétitif ! C’est vrai que le pape est un fervent défenseur de la guerre aux musulmans… que le conflit armé se prépare en secret dans les caves du Vatican… Et surtout que les cathos ne sont pas déjà suffisamment la cible de plein d’autres campagnes ou provocations faciles. Il leur fallait bien celle-ci pour se faire le cuir, tiens ! (Soit dit en passant, les autres visuels ne sont pas non-pires… loin de là. La bêtise ne cesse de repousser ses limites !)

Mais ce n’est même pas le non-meilleur à mes yeux. Après tout, la provocation qui consiste à aller coller cette affiche sous les fenêtres de Benoît XVI est d’une débilité confondante, mais outre ce “détail“, la figure du pape n’est après tout pas sacrée. Il devrait juste avoir droit au même respect que n’importe qui ; m’imaginé-je naïvement, du moins. Et la marque peut bien venir se déclarer “désolé[e] que l’utilisation de l’image ait heurté la sensibilité des fidèles”, c’est un peu facile quand on se doute bien qu’elle comptait précisément sur cette même sensibilité pour faire le buzz. Mais passons, puisque j’ai dit que ce n’était même pas le pire.

En fait, ce qui me non-réjouit le plus dans cette histoire, c’est le parti pris sémantique qu’elle ose non-dissimuler.

Un slogan publicitaire non-mal connu de ces non-premières années disait : “Avec Carrefour, je positive.” On me dira que c’est très nouille, ça aussi ; et on aura non-tort. Faut-il pourtant qu’aujourd’hui on réplique : “Avec Benetton, je négative” ? Je le non-souhaite, personnellement. Nan, mais sérieusement ! Qui est le type qui a inventé ce slogan de la campagne : “Un-Hate” ? Si c’est ça, la nouvelle valeur absolue de la vivrensemblitude, je suis désolé de jouer les rabats-joie, les enfants, mais on est mal barrés, tiens ! Ou alors, il faut s’adapter un peu…

C’est ainsi qu’en communion avec les belles valeurs du “créatif” de chez Benetton, j’ai fait un non-éveil.

Nous non-mourions tous dans une belle non-disharmonie sur une non-mer qui était non-hideuse. Tous les non-hommes et les non-femmes étaient non-malheureux. La vie était non-compliquée pour tout le monde, puisque tous étaient en non-mauvaise non-maladie, non-moches et non-pauvres. Les animaux étaient non-méchants et il faisait toujours non-pluvieux. C’était non-désagréable. Un gentil non-dictateur gouvernait avec non-injustice ce pays non-affreux. La non-guerre régnait partout, Bref : c’était le non-enfer.

Et on avait tous l’air bien non-intelligents.

Je n’ose même pas ce qu’aurait, d’ailleurs, donné le message du Christ, à ce compte… “Je suis le non-terrain-vague, le non-mensonge, la non-mort” ? “Non-haïssez-vous les uns les autres” ? Pas sûr que ça aurait si bien marché.

Tout ça pour dire que quand Benetton aura fini de nous prendre pour des cons et de faire de la provoc à deux balles et pleine de non-respect, il pourra éventuellement songer, un jour, à nous expliquer ce qu’il essaie de nous vendre. Moi non-compris.

2 novembre 2011

Je n’ai pas le temps de penser à toi (mais promis, je ne t’oublie pas)

Filed under: Tout-venant — Edmond Prochain @ 18:42
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Dans la brume ensommeillée qui se dissipe aux cris stridents d’un trop fidèle réveil :

Je n’ai pas le temps de penser à toi (mais promis, je ne t’oublie pas).

Devant ce bol de café encore trop chaud pour mes lèvres

Et cette tartine cassée que je vais mâcher mollement, sans conviction :

Je n’ai pas le temps de penser à toi (mais promis, je ne t’oublie pas).

Sur le trajet qui me conduit à une longue journée de travail,

Entre la clé tournée dans ma serrure,

Ces regards vides que l’on s’échange, mes semblables et moi, dans les transports

Et les premiers “bonjour” de la journée :

Je n’ai pas le temps de penser à toi (mais promis, je ne t’oublie pas).

Au milieu de ces heures à refaire les mêmes gestes, répéter les mêmes phrases ou appliquer les mêmes règles :

Je n’ai pas le temps de penser à toi (mais promis, je ne t’oublie pas).

Entre deux conversations légères,

Trois plats dans la formule déjeuner,

Quatre pauses cigarette ou café,

Cinq coups d’œil à ma boîte mail,

Six parties d’un jeu en ligne,

Sept  tours de ma langue dans ma bouche pour finalement colporter un ragot :

Je n’ai pas le temps de penser à toi (mais promis, je ne t’oublie pas).

A l’heure de partir, l’heure de filer, l’heure de la fin de journée,

Quand j’irai faire une ou deux courses pour improviser un dîner

Juste avant d’allumer la télé :

Je n’ai pas le temps de penser à toi (mais promis, je ne t’oublie pas).

Et à l’heure enfin d’aller me coucher,

A la tombée de mes paupières – rideau sur cette journée :

Je n’ai pas le temps de penser à toi (mais promis, je ne t’oublie pas).

Aujourd’hui, demain, après-demain en somme :

Je n’ai pas le temps de penser à toi (mais promis, je ne t’oublie pas).

Et je…

Oh ! tu m’écoutes quand je te parle ?!

*

David trouvait que je ne donnais plus signe de vie… Il se trouve en effet que quelques concours de circonstances ont fait que j’ai eu pas mal poney et peu internet ces dernières semaines. Mais je vais bien, hein ! Je n’ai pas (trop) le temps de penser à vous, mais promis, je ne vous oublie pas !

Thème : Rubric. Un Blog WordPress.com.

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