Le blogue d'Edmond Prochain

4 décembre 2011

Parabole du volcan dans la purée

Filed under: De rien,Mais dites... — Edmond Prochain @ 21:02
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Vous êtes bien sur le blogue de David Lerouge… Ou plutôt : dans une sorte de faille spatio-temporelle qui nous ramènerait aux premiers temps de ce blogue-ci, quand je m’amusais encore régulièrement à assommer mes lecteurs avec des images à la con et des paraboles plus ou moins foireuses. C’est donc dans cette lancée que je me (re)situe aujourd’hui, pour une nouvelle petite méditation d’Avent.

Il se trouve simplement que je réfléchissais l’autre jour à la façon dont l’approche de Noël pouvait m’imprégner. Je n’y entre pas toujours facilement, mais cette année je crois que j’y suis déjà. La faute, sans doute, à des excès prématurés de chants pseudo traditionnels, ou au retour fidèle et saisonnier de la Frassateam dans ses œuvres. Bref. J’ai soudain compris de quelle façon nous étions appelés à nous préparer à la venue du Sauveur – et sans aucun lien avec le fait que j’ai compris ça à table.

On emploie souvent l’image du berceau qu’on prend le temps de bien préparer. Et il faut avouer que ce n’est pas non plus complètement idiot… Un bébé, une petite place dans la maison, le bouleversement d’une vie. Ça marche pas trop mal. Sauf que non.

Il en va en réalité de l’avènement du Christ dans nos vie comme de la sauce qu’on ajoute sur la purée. C’est bon, la sauce sur la purée : ça donne un peu de goût à cette mixture de pommes de terre (surtout quand on l’a faite en poudre et à l’eau, ce qui est quand même assez caca-berk, tout le monde vous le dira). Mais la sauce sur la purée, ça ne se dépose pas comme ça, à la va-vite ou par-dessus la jambe (d’autant que ce n’est pas si évident, techniquement). Si on veut bien accueillir la sauce, il faut préparer la purée. Parfaitement !

Car parmi les purées qui vont recevoir la sauce, certaines ne changent rien à leur conduite et ne s’apprêtent pas. Toutes à leur vie et à leurs préoccupations, elles envisagent la sauce comme un événement purement extérieur et s’attendent à être transformées sans effort de leur part. Or, la sauce survient quand elles ne s’y attendent pas ; elle se dépose sur ces purées et ruisselle jusqu’à l’assiette. Ainsi, l’essentiel de la sauce se perd sur la vaisselle, tandis que la purée n’est affectée qu’en surface. Et ces purées auront beau ensuite s’étendre et se disperser pour tenter de récupérer le plus de sauce possible, il est trop tard : la sauce refroidit et leur échappe sans cesse un peu plus loin sur l’assiette.

Mais il est d’autres purées, avisées celles-ci, qui à l’annonce de l’arrivée de la sauce se retournent sur elles-même pour lui préparer un chemin et une place. Elles se réordonnent, font place nette et creusent en leur cœur un petit réceptacle destiné à accueillir la sauce. Pour elles aussi, la sauce survient, et elle vient se nicher dans le petit cratère préparé là spécialement à son attention. Là, elle reste bien chaude et imprègne doucement, de l’intérieur, la purée sans qu’aucune goutte ne se perde sur l’assiette.

Voilà.

Je vous laisse méditer là-dessus, bande de patates… et bonne préparation à Noël !

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