Le blogue d'Edmond Prochain

3 mars 2012

Tête à lectures

Filed under: Tout-venant — Edmond Prochain @ 16:11
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Je suis entré pour la première fois dans cette petite église du sud de la France un dimanche soir d’une fin de mois d’août, après avoir roulé toute la journée. Il faisait chaud. Et je ne le dis pas seulement pour faire un effet de style avec une phrase factuelle et très ramassée juste derrière une séquence sensiblement plus longue et avant d’enchaîner avec une autre phrase longue ; non, en réalité, j’avais même noté ce jour-là des pointes absolument indécentes en terme de température et de degré d’humidité. Il faisait donc très chaud, même si je commence à réaliser que mes tentatives d’effets de styles sont moisies, dans la mesure où cette information n’est absolument pas pertinente pour la suite… Bref : j’étais dans une région inconnue, une ville inconnue, une paroisse inconnue, j’étais moi-même un inconnu et en plus j’avais trop chaud, et le prêtre s’est dirigé vers moi d’un air décidé pour me demander si j’accepterais de faire la deuxième lecture.

Dans cette autre église que je connais un peu mieux, plutôt dans l’ouest et plutôt à l’automne, mais où je n’avais pas remis les pieds depuis bien sept ans, les habitués se saluaient poliment de la tête, d’un bout à l’autre de leur banc. Il y avait là déjà toutes sortes de crânes : des boucles blondes, des dégarnis, des cendrés, des blanchis, des longs, des ras, des lisses, des hirsutes, des soyeux, des gras, des couverts, un rouge pétaradant. Certaines assemblées chrétiennes sont comme des vaisselles dépareillées : on se dit d’abord qu’elles ne ressemblent à rien, qu’elles ne sont pas présentables, et puis on oublie complètement au moment de passer à table. En tout cas, celle-ci ne ressemblait pas à grand chose, et le prêtre était un peu taillé du même bois, improbable et touchant. Si touchant, même, que c’est à mon épaule qu’il est venu le manifester juste avant le début de la messe : je ferais bien la première lecture, n’est-ce pas ?

Cette fois-ci, je l’ai senti dès que je suis entré. Petite église de petit village, aussi blanche de pierres que de paroissiens. A peine un pied posé dans la nef, la responsable de la liturgie (pourtant occupée à ralentir encore la chorale, des fois qu’il resterait encore un peu de rythme dans le chant qu’ils répétaient alors) a posé son œil d’aigle sur moi. J’ai senti par anticipation ses serres se refermer sur mon dos pour m’entrainer contre mon gré jusque dans son nid – autrement appelé ambon. J’avais raison : quelques minutes à peine plus tard, juste le temps d’expédier un sanctus deux tons en-dessous (je suis taquin, mais en réalité assez admiratif du dévouement d’une telle femme, même si mon oreille saigne un peu – je parle de mes oreilles au singulier parce que l’autre s’est déjà suicidée), la voilà qui fond sur moi et me lance, nasillarde : "Un peu de jeunesse, ça va nous faire du bien pour la lecture !"

Je n’y peux rien : j’ai une tête à lectures.

Avec les années, il aura bien fallu me rendre à l’évidence : je suis le genre qui plaît pour une lecture improvisée. Un "aspirateur à grands-mères et à curés", comme disait ma sœur autrefois (aujourd’hui, elle niera en bloc avoir jamais rien affirmé de tel, c’est évident). Il suffit que je débarque dans une paroisse pour que – crac – l’irrépressible envie de me confier une lecture s’impose dans l’esprit de quelques autochtones comme l’idée de l’année pour meubler la liturgie. C’est valable partout, sauf chez moi. Car curieusement, je n’ai  jamais tant de succès que dans des paroisses où je suis un parfait inconnu.

Bien sûr, cette situation a quelque chose de flatteur. Mais pas que. Je passerais volontiers sur le fait qu’elle dérange régulièrement mon désir tout naturel et très catholique de pantouflisme eucharistique : c’est vrai, j’aime bien me cacher pendant les célébrations, mais je prends avec philosophie les coups de pieds dans le fondement que constituent ces demandes bien innocentes. Après tout – me dis-je en souriant et en moi-même… Pourtant, vient toujours une crainte sensiblement plus profonde : moi que l’on vient solliciter pour lire la Parole, est-ce que ce n’est pas au détriment de quelqu’un dont le désir secret serait qu’on le sollicite, un jour ? Un habitué tellement fidèle et timide qu’il ferait partie des chaises, et à qui personne ne demande jamais rien pour ne pas le déranger et devoir faire sa connaissance, alors qu’être dérangé ne le dérange pas ?

J’en frémis. (Oui, c’est le retour de l’effet de style moisi du début de ce billet.)

Et même si je me plie souvent de bonne grâce à la montée au micro, je trouve parfois – comme tout le monde – de bonnes grosses excuses des familles pour ne pas avoir à me décoller de mon banc. Car au rang des techniques pour ne pas sortir du rang, ma boîte à outils recèle quelques stratagèmes habiles. Et je ne parle pas seulement de la bonne vieille méthode de l’imperturbable abîmé en prière au moment où passe le rabatteur ; c’est un classique, mais la montée du sans-gêne dans la population de notre pays le rend de moins en moins efficace. Au contraire, préférez la tactique – dite – de Judas, elle-même très efficace : quand on s’approche de vous pour vous demander si vous accepterez de faire une lecture, répondez avec négligence en désignant votre voisin : "Moi non, mais lui oui." Évidemment, il faut venir à la messe avec un ami (ou un parent), mais c’est assez imparable. Autre subterfuge qui a fait ses preuves : l’accent étranger à couper au couteau et le français épouvantable qui va avec. Si ce rôle est joué avec suffisamment d’aplomb et une mine d’incompréhension absolue de ce qu’on vous demande, il s’avère très difficile à détecter. Pour peu qu’on ne la ramène pas trop ensuite durant les chants et les répons. Mais la technique la plus efficace pour se dérober au moment de se faire refourguer une lecture est encore probablement celle qui consiste à répondre en se composant un visage confus : "Je veux bien… mais je ne sais pas lire…" C’est très fort, mais il existe tout de même un risque : celui de se retrouver avec un panier de quête en lot de consolation !

Un mot enfin, avant de refermer ce billet foutraque et inutile, sur les différents profils de lecteurs qu’on retrouve généralement dans les assemblées. Comme une longue et minutieuse étude des spécimens peuplant les églises m’a permis de le constater, en effet, les lecteurs se répartissent en différents rôles plutôt universels et généralement très bien définis. Citons donc quelques uns des plus fumeux fameux :

Vito Corleone. Ce personnage a l’amusante particularité d’être totalement inaudible. On ne sait pas trop s’il s’adresse aux chauves souris de l’église par ultrasons ou s’il soigne sa laryngite, mais personne ne pipe mot à ce qu’il crachote, même l’oreille collée aux hauts parleurs (qui, il faut tout de même l’avouer, ne marchent pas).

Sarah Bernhardt. "La Parole de Dieu est vivante" : celle-là a tellement bien intégré cette idée qu’elle s’emploie à restituer toute la beauté du texte par mille intonations et changements de voix. Mais comme l’assemblée est à peu près aussi apathique que le Théâtre du Châtelet un soir de cérémonie des César, elle récolte rarement les applaudissements recherchés pour sa prestation.

Droopy. Sorte de cousin en miroir de Sarah Bernhardt, en voici un qui sous-joue systématiquement tout ce qu’il a à lire. Et non seulement il lit d’une voix monocorde, mais en plus cette corde unique semble faite pour qu’on puisse se pendre avec, tant sa voix est déprimante.

Oompa Loompa. Personne, fort heureusement, ne lui reprochera d’être plus petit que la moyenne (personne n’oserait – n’est-ce pas, les deux ou trois qui ricanent au fond ?). En revanche, cette information, depuis le temps, a peu de chances de lui avoir échappé. Et dans la mesure où cet individu fait une lecture toutes les deux ou trois semaines, il est peu concevable qu’il n’ait toujours pas compris comment réajuster l’orientation du micro lui-même.

Averell Dalton. Est-ce une faim brûlante qui lui donne cette envie furieuse de dévorer le micro ? Toujours est-il que l’énergumène ressent un besoin irrépressible de coller sa bouche à l’appareil, pensant probablement être ainsi mieux entendu, alors que l’objet est réglé pour capter le son dans des conditions optimales à 10 centimètres au moins…

Rachida Dati. Son truc à elle, c’est le gros lapsus bien gênant au milieu du texte. Parfois, c’est amusant et mignon, parfois beaucoup moins. Par exemple, les disciple qui "conduisent l’ânesse à l’ânon", alors que ça devrait être "l’ânesse et l’ânon", ça peut faire désordre. Mais le plus amusant, c’est que cette personne n’est souvent pas aidée par les textes à lire, et se retrouve avec des cas d’insanités bibliques telles que : "comme se dissipe la fumée" (Ps 68), "le loup et l’agneau paîtront ensemble"  (Is. 65) ou "la foi d’Eunikè ta mère" (2Tim 1). Le seul souci, en fait, c’est qu’elle s’en rend compte.

Clotaire. C’est un fait : Clotaire est le dernier de sa classe. Dès lors, QUI a eu l’idée brillante de lui confier cette lecture ?

Chevalier Bayard. Sans honte mais pas sans reproches, il est bien décidé à rentabiliser jusqu’au bout son abonnement à Prions en Église. Notre homme s’avance donc à l’ambon avec son livret, et ne lira pas la Parole sur un autre support ! Rien ne lui fera entendre raison (pas même le fait qu’une fête locale ait pu modifier ponctuellement la liturgie).

Philip K. Dick. Son truc à lui, c’est l’anticipation. Il n’aime rien tant qu’aller faire un bond dans l’avenir pour en rapporter les textes de la liturgie que nous n’entendrons pas avant quelques jours ou quelques semaines. A noter toutefois que ce profil est généralement combiné avec un autre évoqué précédemment, ce qui permet d’en profiter deux fois plus longtemps, grâce à la correction de page au milieu de la lecture.

*

Image d’illustration : Saint Pierre applaudi pour ses qualités d’orateur, lors d’un meeting à Jérusalem.

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32 Commentaires »

  1. il ne manque que le paragraphe sur les inclinations :)

    Commentaire par incarnare (@incarnare) — 3 mars 2012 @ 16:55

  2. [...] } #themeHeader #titleAndDescription * { color: black; } edmondprochain.wordpress.com – Today, 10:36 [...]

    Ping par Tête à lectures | Quand la Nouvelle est Bonne | Scoop.it — 3 mars 2012 @ 17:36

  3. "En se rappelant la dignité de la parole de Dieu et l’importance de son office, le lecteur cultivera assidûment la manière de bien dire et de bien prononcer pour que ceux qui participent perçoive clairement la parole de Dieu.
    Et puisqu’il annonce aux autres la parole divine, il l’accueillera lui-même docilement et la méditera avec soin pour en témoigner par son comportement" (Cérémonial des évêques 1984, n° 32)

    Commentaire par p — 3 mars 2012 @ 17:50

  4. Heu… mon commentaire précédent est parti trop vite, sans que j’ai le temps de le signer.

    Commentaire par Perenadler — 3 mars 2012 @ 17:52

  5. et le "parole du Seigneur" plus ou moins intégré déjà dans la lecture.
    et le spécialiste des parthèsses, médesses et élamitèsses, et autres pièges à la c..
    et la gentille dame antillaise qui aime bien lire mais dont les volutes accentoires restent un peu hermétiques
    et l’enfant qui anonne (qui ressemble à clotaire mais pas que)
    et le général d’infanterie qui t’engueule avec le texte de Saint Paul
    et la voix mielleuse (parce que c’est la Parole de Dieu, et que Dieu il est gentil)
    et LE mec super lent, qui détache chaque syllabe au point que tu te souviens généralement plus du début du mot à la fin
    et l’ado mal dans sa peau qui se dandine en équilibre sur à peine un pied, l’autre s’emberlificotant autour de sa jambe plantée
    et celle qui lit "pour toi, là, oui toi, mrrrhmmmmm"

    aaaaaaaaaaaah les lecteurs.

    Commentaire par David — 3 mars 2012 @ 18:05

  6. Merci pour cette grande poilade, et le jour où tu viens dans l’ouest Breton, tu es tout à fait invité à faire la lecture qui te conviendra !
    Nooooon pas taper !

    Et sinon : tu mens pour éviter un service liturgique, toi ??? Déshonneur sur toi ! Déshonneur sur ta famille ! Déshonneur sur ta vache !

    Commentaire par Nitt — 3 mars 2012 @ 18:17

  7. aaah… la sacristine chargée de recruter les lecteurs pour les soirs de semaine apprécie!
    à noter, qu’effectivement, celui qui feint de se plonger dans la prière ne m’impressionne pas. Bon, je comprends qu’il n’a pas envie de lire, mais éventuellement, je n’hésite pas une seconde à le déranger. Celui qui se plonge dans son Magnificat (ou son Prions en Église) n’a pas non plus trouvé la bonne tactique: puisqu’il a déjà lu le texte, et le connaît, il fera sûrement très bien la lecture, n’est ce pas?
    Bon, après, il fut savoir user de diplomatie: "sens-toi libre, si tu veux, je peux demander à quelqu’un d’autre (en plus, je suis sincère, même quand c’est déjà la 4e personne à qui je demande!)
    Le plus comique : la jeune fille qui prépare la lecture avec son Magnificat, se lève avec, le pose sur le lectionnaire, et lit… la lecture du lendemain!
    Bon, le prêtre a prêché sur ce qui a été lu, quel talent d’improvisation!

    Commentaire par C.C. — 3 mars 2012 @ 18:27

  8. ah, je confirme pour les Parthèsses, les Médèsses et les Élamitèsses, et l’histoire de Ruth et Bouse (de vache?), et "Nabuschodonor", et autres… il y en a même qui s’obstinent à lire de travers alors même que je leur ai discrètement insinué la bonne lecture…
    Bon, je ne parle pas du cas classique de ceux qui lisent la lecture de l’année paire en année impaire ou inversement: ils ont juste un an d’avance (ou de retard!). Là, quand il y a un piège, je tâche d’avertir aussi! ("la lecture commence en bas de la page de droite…" . faut avouer que c’est tout ce qu’il y a de plus excusable de se tromper dans ce cas!!!)
    Enfin, une messe "zéro défaut", en fait, je crois que c’est impossible!
    Ah, Edmond, au fait , c’est très vilain de mentir pour ne pas faire la lecture! pourquoi ne pas dire la vérité? (il y en a des quantités, qui n’ont pas envie… on a le droit de dire gentiment, je ne sais pas moi, "suis fatigué", "pas aujourd’hui"… !)
    Bon, on aura bien ri avec ce billet, et si tu viens chez moi, un jour de semaine, promis, je te demande la lecture : puisque tu as une tête à ça, je ne te raterai pas!!!
    ah, au fait tu sais animer, plutôt?

    Commentaire par C.C. — 3 mars 2012 @ 19:10

  9. Tu MENS avant la Messe !!! M’enfin !!!

    Commentaire par Fernanda — 3 mars 2012 @ 19:12

  10. J’adore les profiles types!

    Commentaire par Blogblog — 3 mars 2012 @ 20:14

  11. Moi j’ai une tête à quêtes. Et l’alibi du kleptomane, ça passe moyen.
    Heureusement, j’ai bien étudié le parcours de la dame aux corbeilles de 10:25 à 10:30.

    Commentaire par Henry le Barde — 3 mars 2012 @ 20:50

  12. Tu as oublié celui qui s’est tellement chauffé pendant la première lecture qu’il continue sur le psaume, la deuxième, l’Évangile… Youpikaï!

    Commentaire par Taloche — 3 mars 2012 @ 20:52

  13. @ Edmond et David
    Ya aussi le diacre, qui y met tout son cœur (enfin il garde un peu de coffre pour la Paix et l’Envoi) afin de rentabiliser le déplacement.

    Commentaire par Henry le Barde — 3 mars 2012 @ 20:54

  14. Merci pour ces insanités bibliques… je ne les avais pas détectées :) et elles m’ont bien fait marrer !
    La tactique de Judas – jdcjdr -ne me semble pas répondre au louable souci d’aider ton prochain qui rêve de monter à l’ambon…

    Commentaire par Vieil imbécile — 3 mars 2012 @ 21:49

  15. Je ne sais plus où, mais j’ai éclaté de rire dans cette lecture….Et effectivement, mon excuse à moi, c’est : je suis une femme, ce serai mieux un homme pour lire, non ? En général, ça marche….

    Commentaire par Laurence de C. — 3 mars 2012 @ 23:00

  16. @ PèreNadler : Évidemment, il y en a toujours un pour venir faire le CEC avec les textes officiels…!

    @ David, Taloche, et quelques autres : Oui, j’en ai oublié plein. Et en même temps, je pense que les principaux sont là malgré tout. Les autres, c’est nous tous !

    @ Henry : J’adoooooore ton alibi du kleptomane pour les quêtes ! Je devrais l’essayer, tiens, juste pour voir la tête de la pauvre femme chargée de trouver des bénévoles.

    @ tous ceux qui s’inquiètent de me voir mentir avant la messe : C’est une fiction, voyons ! Voyons, voyons, voyons… soyons sérieux. :p

    Commentaire par Edmond Prochain — 3 mars 2012 @ 23:07

  17. à Taloche: ah oui, je l’ai déjà vue aussi, celle qui AU LIEU DE faire la première lecture, attaque l’évangile avec entrain! ouf, c’te course vers l’ambon pour lui arracher le lectionnaire et lui montrer ce qu’il faut lire!!!

    bon, je rigole, mis c’est vrai que du coup, moi, je ne la fais pas, la lecture, et, dans la paroisse "de vacances", j’évite aussi la quête : ratatinée sur mon banc et en prière (si, si, c’est vrai!), et refus si on me demande, assorti d’une suggestion: demandez donc à un enfant, il sera ravi (!!!)
    mais évidemment, si les enfants sont kleptomanes…

    Commentaire par C.C. — 3 mars 2012 @ 23:32

  18. "et le général d’infanterie qui t’engueule avec le texte de Saint Paul" (cf. David), J’avoue, celui-là, me fait marrer à chaque coup. Même effet avec l’avocat qui te fait des effets de manche dans les engueulades style Amos ou Apocalypse ou St Jacques.

    Commentaire par François+ — 3 mars 2012 @ 23:48

  19. Bonjour, voilà, j’ai pensé à votre texte ce matin à la messe, enfin, tout à l’heure…La personne qui doit lire la deuxième lecture se trompe. Le diacre s’avance droit comme un I et d’un air sévère pointe le doigt sur le texte à lire. Et au moment du signe de la paix, il "fait" toute l’église pour n’oublier personne mais prend soin d’en éviter cependant quelques un(e)s qui ne lui "reviennent" pas …
    Sinon, il y a aussi ceux ou celles( souvent celles d’ailleurs ) qui lisent pour la première fois ( et qui n’ont pratiquement jamais mis les pieds à l’église…) le jour de la profession de foi du petit cousin ou du mariage de la fille et qui ne comprennent rien au texte…( Bon j’arrête…)

    Commentaire par Else ( Brigitte Papleux) — 4 mars 2012 @ 12:01

  20. Sinon, il y aussi les paroissiens qui écoutent attentivement le moindre mot de la lecture, avec tellement de concentration que ça fait presque mal…
    Ceux qui, après la messe, vont dans la voiture, critiquer allègrement le malheureux lecteur qui lit trop lentement, ou ce genre de petits détails…
    Ceux qui semblent mourir d’ennui.
    Ceux qui préfèrent lire la parole de Dieu dans leur magnificat plutôt que d’écouter.
    Ceux qui se disent "il lit mal" mais qui tentent de refouler ce genre de pensée car on est en présence du Seigneur…

    On peut trouver plein d’exemples.

    Commentaire par Théa — 4 mars 2012 @ 12:39

  21. En fait, je ne devrais jamais te lire JUSTE avant d’aller à la messe… Sinon, distractions garanties !… Je le sais, je le sais très bien… ;o)))))

    Commentaire par Cath+ — 4 mars 2012 @ 14:17

  22. Ah oui, et j’aime beaucoup ta (?) comparaison d’assemblées chrétiennes à de la vaisselle dépareillée. Et au moment de passer à table, on oublie et on passe un beau moment chaleureux !…

    Commentaire par Cath+ — 4 mars 2012 @ 14:22

  23. Je plussoie Cath+ et Théa

    Commentaire par François+ — 4 mars 2012 @ 17:26

  24. … une histoire d’un de nos anciens dans l’état ecclésiastique… alors qu’il était en formation dans le Gers, où le charme d’un accent rocailleux illumine souvent les longues soirées d’hiver (mais le style m’égare), la chorale du séminaire avait été conviée à chanter et soutenir l’office des ténèbres le vendredi saint à la cathédrale…c’était un temps ou la réforme liturgique n’étant pas passé, cela se célébrait TRES tot le matin.d’où l’affluence record des … chanoines! lemaitre de cérémonie invita un vieux chanoine a faire la lecture du livre de daniel ou soudain, son accent rocailleux eut du mal sur la prononciation des trois noms Shadrach, Meshach et Abednego en latin…. bien sur sourire en coin des jeunes potache séminaristes.. et du maitre de cérémonie fier de son coup.. et dans le contexte y’avait pas de quoi vraiment se marrer dans cet office!!
    l’année suivante, même topo… le même interpellé pour le même servicesur la même lecture … et la même difficulté:… tout d’un coup un commentaire jaillit de l’ambon, seulement teinté du pourpre de l’énervement du chanoine…: "et merde les trois mêmes couillons que l’année dernière!!" c’est quelle catégorie de lecteurs ça??? lool

    Commentaire par hourcade — 4 mars 2012 @ 20:33

  25. Un énorme fou-rire !!!
    Comment dire un truc que tu sais parfaitement j’y reconnais tant et tant de lecteur (à commencer par moi…)

    Mais je confrme ce cher @PèreNadler qui nous ramène à l’essentiel (en même temps c’est son job).

    Parlons aussi des prêtres qui lisent l’évangile et le reste du rituel… Ceux qui nous parlent des républicains au lieu des publicains ! ceux qui veulent absolument nous donner la bénédiction nuptiale un dimanche soir à 20h alors que la bénédiction finale serait plus de circonstance et qui dans un même élan veulent absolument prier la "vieille Marie" !!!
    Ou encore celui ui voulait absolument que Jésus soit entouré de ses dix slips…

    Que des profils "Rachida Dati" ceux là !

    Ou je me souviens d’un de mes scouts qui à la messe du dimanche s’était porté volontaire pour lire une lecture, une fois au micro il a tenu à lire l’Evangile, m’approchant de lui, je le remets "délicatement" sur le droit chemin et il me rétorque qu’il avait décidé de lire l’Evangile alors je pouvais aller me faire cuire un oeuf ! (texte légèrement modifié pour éviter de choquer…)

    Merci Edmond pour ces bons souvenirs qui remontent !

    Commentaire par Frantz TOUSSAINT — 4 mars 2012 @ 21:27

  26. que de vérité…

    Commentaire par Christian MAUFFREY — 5 mars 2012 @ 17:38

  27. il y a aussi :
    -le type qui se rate quand il tourne la page et saute une page sans s’en rendre compte : ça donne par exemple "Dieu dit à Moïse : prend ton peuple et (tourne deux pages au lieu d’une) crucifie le" !
    -le type fan de film de guerre qui te lit l’ancien testament comme s’il te racontait "Rambo" !
    -le type qui n’a pas de chance et qui se tape une généalogie (genre un texte des chroniques) qu’il a beau lire 15 fois, il va clairement écorcher une partie des noms !
    -le type qui arrive à l’ambon et il n’y a pas le lectionnaire à l’ambon (déjà vécu à une vigile pascale) avec variante lectionnaire présent mais pas ouvert à la bonne page !
    -le type qui lit et se rappelle d’une blague (ou d’une BD) liée à la lecture et est pris d’un fou-rire !

    Commentaire par FX — 6 mars 2012 @ 15:19

  28. Pour ne pas lire, il y a aussi la technique ne ne rentrer dans l’église qu’une fois que le chant d’entrée est commencé ! En général la personne à déjà été choisit !
    Non je n’ai pas dit d’arriver en retard ;-)

    Commentaire par Patrice — 6 mars 2012 @ 20:28

  29. Bon, encore un comm’ et puis je m’arrête, promis !
    En relisant encore une fois (oui, il me plaît bien, ton billet et ses commentaires !), je remarque que tu estimes avoir une "tête" de lecteur… Et tu décris très bien les "voix"… Mais toi, dans quelle catégorie de "voix" te classes-tu ? Ou quel est le taux de surprise des grands-mères, curés et autres sacristines aspirés (ou inspirés) quand ils t’entendent "faire la lecture" ?…
    @Patrice : perso, je pratique mieux cette technique que celle du pieux mensonge ;o)

    Commentaire par Cath+ — 6 mars 2012 @ 22:01

  30. Ah, le choix des lecteurs… ou l’angoisse de l’animateur du samedi soir (ou du dimanche soir).

    Je me rappelle une messe des Rameaux. Il me fallait choisir plus de lecteurs que d’habitude, puisqu’un seul prêtre était là et que l’Evangile en nécessitait trois.
    Je demande donc à un paroissien que je vois régulièrement s’il veut bien se charger de la narration. Il accepte de bon coeur… et je m’aperçois, catastrophée, qu’il a un défaut de prononciation. Il semble tellement content à l’idée de lire que je ne me vois absolument pas faire marche arrière.

    Heureusement, une bonne lectrice -je l’avais déjà entendue- étant apparue, je lui ai demandé de faire le troisième larron..; et j’ai ensuite demandé au monsieur de bien vouloir lire les "autres personnes" plutôt que faire la narration, avec pour argument "vous comprenez, l’autre lecteur est une femme, et ce serait mieux si c’était un homme qui lisait les paroles de la foule ou des apôtres".

    L’échange de texte s’est passé sans soucis, la foule, les apôtres et Pilate avaient un défaut de prononciation, mais tant pis. Je me rappelle avoir eu chaud…

    ‘pis ça me fait penser qu’il va falloir que je trouve un chantre pour le psaume du dimanche de Pâques – là, c’est difficile de s’y prendre au dernier moment, même si je connais des animateurs qui pratiquent ça. Parfois pendant la première lecture, d’ailleurs.

    Commentaire par Pimprenelle — 7 mars 2012 @ 16:17

  31. Il manque un profil malheureusement très courant : "Speedy Gonzalez" : à savoir, l’homme (ou la femme) qui lit plus vite que son ombre.
    Cela donne souvent une lecture sans queue ni tête, puisque toutes les phrases sont enchainées les unes aux autres sans ponctuation.
    Le plus souvent, le dit Speedy termine sa lecture au bord de l’évanouissement, rapport au fait qu’il n’a pas respiré depuis le début.

    Mais sinon à part cet oubli mineur, très bon billet, tu écris bien frérot !

    Commentaire par Charlotte Prochain — 9 mars 2012 @ 21:32

  32. et puis le lecteur plein de morgue et pourtant chevronné qui pris par "l’émotion du micro"
    commence d’une voix de stentor, le silence enfin rétabli dans la nef :
    "Lecture du livre de Ben Cirage le sac "….
    authentique

    Commentaire par Philippe BATAULT — 3 juillet 2012 @ 7:51


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