Le blogue d'Edmond Prochain

14 octobre 2012

Quitte à rester barbant…

Filed under: De rien,Rabat-joie — Edmond Prochain @ 19:32
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Il y a deux façons possibles d’avoir une barbe.

Attention : je ne parle pas de deux manières de porter la barbe ; il y a surement pour cela bien plus d’attitudes envisageables. Non, ce qui m’intéresse profondément ici est bien les deux façons possibles de se retrouver barbu. Et ce n’est pas seulement une réflexion à avoir en se rasant le matin… Pas plus, d’ailleurs, qu’une idée exclusivement masculine : rassurez-vous les filles, c’est valable aussi pour vos ongles et toutes sortes d’autres choses (dont certaines, d’ailleurs, qui seraient bien plus proches de mon image de la barbe, en terme d’analogie capillaire, mais que la décence m’incite à taire pour le moment) : il existe deux façons de les avoir longs. Mais je vais quand même prendre ce exemple de la barbe, ne serait-ce que parce que je le trouve rigolo, en plus d’être extrêmement parlant et quotidien. Sans émettre pour autant aucun jugement de valeur, ni sur les hommes chevelus du menton ni sur ceux qui ont les joues en forme de crâne de Yul Brynner.

Mais regardons donc, puisque c’est le sujet annoncé, ces deux façons possibles d’avoir de la barbe (ou une simple moustache, ou des cheveux longs, ou des ongles proéminents, ou du poil aux pattes). La première manière d’être barbu est extrêmement simple : il suffit de décider de se laisser pousser la barbe et de mettre en application cette décision, pour se retrouver bien vite pourvu d’élégants signes d’une virilité toute übersexuelle (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il est assez rare d’accorder cet adjectif au féminin). Mais la seconde manière est encore plus simple : il suffit de ne rien décider du tout.

C’est un constat tout à fait étonnant, que tout le monde peut reproduire aisément dans sa salle de bain : le choix ne se situe pas, comme on pourrait le croire, entre avoir de la barbe et ne pas avoir de barbe, mais en réalité entre prendre une décision concernant la barbe ou ne rien choisir du tout. La conséquence directe de l’absence de décision étant – c’est tout de même amusant – précisément la même que la résultante d’un des deux choix qui nous semblent possibles (en avoir ou pas – essayez de suivre un peu, que diable !).

Et le plus drôle, c’est que cette observation peut être faite dans plein d’autres domaines. Il existe par exemple (l’avez-vous déjà remarqué ?) deux façons de boire un café sans sucre, mais aussi deux façons de ne pas faire un travail, ou encore deux façons de perdre un bouton qui commence à se découdre. En poussant un peu, on s’apercevrait même qu’il existe deux façons d’être tout nu… Pour le café, on peut donc soit choisir de ne pas mettre de sucre dedans, soit ne pas prendre de décision concernant le sucre ; pour le travail, on peut décider de ne pas le faire, ou rester planté là sans parvenir à déterminer si on va s’y mettre ou non ; pour le bouton, on peut délibérément l’arracher, ou alors ne rien faire jusqu’à ce qu’il tombe de lui-même. Ultimement, on peut opter pour la pratique consciente du nudisme en société, ou ne pas parvenir à se fixer sur le choix de vêtements.

En revanche, il n’existe qu’une seule manière de sucrer son café, de faire un travail, de recoudre un bouton et de s’habiller. Une seule manière aussi d’avoir les cheveux courts, les ongles coupés ou de ne pas être barbu. Toutes ces choses ne peuvent s’obtenir qu’en prenant la décision de les faire.

Il existe donc deux façons d’avoir de la barbe, et une seule d’être glabre.

Deux façons de laisser faire, mais une seule d’agir.

Deux façons de faire le mal.

Une seule de faire le bien.

On prend parfois consciences de choses étonnantes, un rasoir à la main…

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25 Commentaires »

  1. Il me cherche, le gars

    Commentaire par koz (@koztoujours) — 14 octobre 2012 @ 19:44

  2. Barbu comme je suis ces derniers temps, je ne pense pas, non…!

    Commentaire par Edmond Prochain — 14 octobre 2012 @ 19:45

  3. Ouais… Et ton rasoir à la main, c’est pour la déco ?

    Commentaire par koz (@koztoujours) — 14 octobre 2012 @ 19:52

  4. Non, mais puisque tu en parles, je peux te lisser le col, si ça te fait plaisir.

    Commentaire par Edmond Prochain — 14 octobre 2012 @ 20:08

  5. Même pour le bien, ça foire parfois. Rm 7, 19.

    Commentaire par David — 14 octobre 2012 @ 20:19

  6. À écouter en te lisant… http://www.youtube.com/watch?v=OJb_vHfVSn4&noredirect=1

    Commentaire par Vieil imbécile — 14 octobre 2012 @ 20:31

  7. Je proteste: le poil aux pattes, ce n’est pas le mal. C’est une révolte face à l’esclavage d’un dogme obscurantiste, menée par des femmes extraordinaires… dont je ne fais pas partie. Mais QUAND MÊME.

    Commentaire par Dopamine — 14 octobre 2012 @ 20:41

  8. Tu es en train d’accuser les barbus d’etre des serviteurs du Malin, Edmond… Je vais lancer une fatwa contre toi!

    Commentaire par le chafouin — 14 octobre 2012 @ 20:45

  9. Bon, et puis arrête de philospher en te rasant, ça t’empêche de penser à la présidentielle.

    Commentaire par koz (@koztoujours) — 14 octobre 2012 @ 21:25

  10. toutafé.
    je milite moi même activement pour le droit des femmes à leur pilosité.
    on a déjà réussi à récupérer nos sourcils,

    je milite pour les mollets.
    pour les aisselles, je suis pas sûre du bien fondé,
    je préfère laisser ça à la génération future.
    (quant au reste, c’est un peu perso…)

    Commentaire par do (@do_marie) — 14 octobre 2012 @ 21:27

  11. C’est sûr que pour une fille la philosophie capillaire est autrement compliquée.
    Je veux dire par là que pour certaines utilisatrices de petites machines pour le poil aux gambettes on se concentre trop sur le fait que non non non ça fait pas mal pour penser que tiens, en fait, deux façons d’être assimilable à l’orang-outan et une seule d’avoir des jambes de nymphette.

    Et avec ça t’arrives à être à l’heure au boulot le matin ?

    Commentaire par nitt56 — 14 octobre 2012 @ 22:15

  12. en tout cas, ce billet n’est pas rasoir!!
    bon , le poil aux pattes, c’est pas le mal, mais ça fait négligé, je trouve. Or, par respect pour moi-même et pour les autres, je tiens à être pas trop négligée… En plus, je vois pas pourquoi on veut absolument nous convaincre que ça fait mal de l’enlever : même pas vrai! mais il est vrai que je ne philosophe guère en le faisant (et je ne songe pas non plus à me présenter à quelques élections que ce soit). Peut-être parce que je ne le fit pas tous les jours?
    Cela dit, il y a qqs années, mon curé avait inventé une troisième manière d’être barbu: oublier son rasoir à la maison au moment de partir en pélé (c’était peut-être un acte manqué, et donc une décision? )

    Commentaire par C.C. — 14 octobre 2012 @ 23:06

  13. Merci

    Commentaire par boissoudy — 15 octobre 2012 @ 6:47

  14. @ David : Ben non, c’est très précisément la même idée, en l’occurrence… non ?

    @ Dopamine, Do, Nitt et C.C. : Vous voulez vraiment insister sur la question de poil aux pattes ?! Vous n’êtes pas sérieuses, là…

    Commentaire par Edmond Prochain — 15 octobre 2012 @ 7:27

  15. D’accord qu’il y a deux façons de laisser faire mais qu’une d’agir. Mais je ne comprends pas le lien direct que tu fais avec les deux façons de faire le mal qui suivent. Parfois, ça peut être deux façons de faire le bien, et une de faire le mal. Dans le sens où si tu agis, ça sera a priori mal, mais que tu peux choisir de laisser faire le bien, ou ne rien choisir du tout ce qui revient au lâcher prise, même s’il n’est clairement pas intériorisé.

    Commentaire par Polydamas — 15 octobre 2012 @ 10:51

  16. @ Polydamas : Sauf que l’idée sur le bien est le mal n’est pas faite pour être étudiée au cas par cas ; c’est une pure idée générale. Il y a deux façon de faire le mal : faire le mal, ou ne pas faire le bien. Pour faire le bien, ne pas faire le mal ne suffit pas. En soi.
    Après, dans la pratique, il y a évidemment des milliers d’actes à accomplir ou à ne pas accomplir pour faire le bien. Mais c’est le choix du bien qui prime.

    N’intellectualise pas trop non plus cette image. Je suis sûr qu’elle a mille failles ! ;)

    Commentaire par Edmond Prochain — 15 octobre 2012 @ 10:55

  17. @Le Chafouin c’est pourtant bien connu, l’intégrisme est barbu…

    Sinon, et pour répondre à la problématique initiale, une barbe ne se résume pas à laisser pousser le poil, mais demande de l’attention (par exemple, raser autour pour en bien dessiner les contours). Et il n’existe qu’une seule façon de ne pas sucrer son café: ne pas prendre de sucre (alors qu’il existe plusieurs niveaux de sucrage dans les distributeurs automatiques – d’ailleurs, l’indécis en termes de sucrage bénéficiera du réglage par défaut "un peu de sucre" donné par cette machine du diable, ou aura un carré posé sur le coin de sa tasse par un serveur "au cas où"²).
    Et je ne parle pas de ces jeunes, qui, nonobstant la volonté de se parer d’attributs pileux virils, n’arrivent qu’à se faire pousser un fin duvet qui ombre à peine leur joue (pour eux, le club Jacob ouvre ses portes tout grand, car il les comprend – et leur file des astuces à base de plats de lentilles pour arnaquer les poilus aux idées courtes)

    Ah oui, il y a deux façons de se tenir glabre: la manuelle et l’électrique.

    (de façon générale, l’indécision ne pousse pas toujours au mal, contrairement à son choix. Comme le fait de ne pas savoir comment s’habiller va pouvoir se traduire en "prendre n’importe quoi sur son étagère" – la version ‘à l’aveugle’ ayant son petit succès d’estime. Elle traduit juste l’abandon de son libre-arbitre à des contingences extérieures, qui sont, elles, a-morales)

    ²ndlr: ah oui, chez moi, c’est l’absence de sucre dans le café qui est le bien. Quand je sucre mon petit noir, c’est qu’il n’est pas bon…

    Commentaire par Skro — 15 octobre 2012 @ 11:08

  18. Cf. ma réponse à Polydamas, donc…

    Commentaire par Edmond Prochain — 15 octobre 2012 @ 11:11

  19. Merci, Edmond. je déduis de ce billet que décider de faire le mal ou laisser faire les choses ont souvent le même résultat. Par contre, pour le bien, il faut y aller. Alors, on y va quand ?

    Commentaire par amie5978 — 15 octobre 2012 @ 17:38

  20. "@ Dopamine, Do, Nitt et C.C. : Vous voulez vraiment insister sur la question de poil aux pattes ?! Vous n’êtes pas sérieuses, là…"

    Edmond, leçon n°4256 sur les filles: la décence les poussera à ne pas parler d’épilation jusqu’à ce qu’on leur tende une perche. Et là… c’est la fin. (genre vraiment!) ;)

    Commentaire par Eliette — 15 octobre 2012 @ 18:56

  21. @Eliette Tiens, salut, toi! En prépa, tes poils doivent avoir la belle vie, nan? En fin de P1, on avait fait un concours de longueur avec des potes, ça fait des bons souvenir :D

    @Edmond Les filles et les poils, c’est toujours une affaire sérieuse. Faut bien comprendre que ce sont nos ennemis intimes, quand même. :)

    Commentaire par Dopamine — 15 octobre 2012 @ 23:41

  22. jamais épilée.
    mais je suis un peu imberbe du mollet, il faut dire.
    du coup je me demande si c’est quand les filles s’épilent que ça repousse dru.
    pas trop envie d’essayer.
    ya pas une fille qui aurait essayé de s’épiler une jambe pendant 10 ans et jamais l’autre,
    pour voir si ça vaut vraiment le coup?
    en tout cas, je regrette pas de jamais m’être épilé les sourcils à l’époque où tout le monde le faisait, parce que celles qui l’ont fait et qui ont voulu arrêter, ça a pas été possible. ça repousse avec des trous. c’est affreux. condamnées au trait de crayon sur le front à vie.

    Commentaire par do (@do_marie) — 16 octobre 2012 @ 22:20

  23. Maintenant, je sais : pour faire le bien il faut y aller : le mardi 23/10 avec Vita et le samedi 17/11 avec l’Humanité Durable, + gays sans le mariage et les autres qu’on attend : les maires, les adoptés, les AFC…A bientôt donc !

    Commentaire par Amie5978 — 17 octobre 2012 @ 12:10

  24. @Dop: forcément, on parle de poils, je me ramène ;P Mais oui, la prépa crée un certain laisser aller des jambes… Là j’ai une pote qui veut m’emmener faire du sport vendredi (moi? vous m’avez vue? ^^) bref, va falloir sortir l’artillerie lourde :D
    #pardon edmond de bavarder de poils chez toi ;)

    Commentaire par Eliette — 17 octobre 2012 @ 21:43

  25. Edmond,
    d’abord, mon propos essentiel n’était pas le poil aux pattes (ça, c’est toi qui as indirectement lancé le sujet…), mais d’abord, de remarquer que, pour philosopher, je choisis généralement un autre moment (et d’ailleurs, je te fais remarquer que Nitt te posait une question qui doit la tracasser un peu, avec quelque raison, après ton éloge du chemin des écoliers : "Et avec ça, t’arrives à être à l’heure au boulot le matin ?").
    avec ça, j’avais indiqué une 3e manière d’arriver au même résultat (le mal?): avoir certes l’intention de faire… (le bien?); mais s’en trouver (certes, suite à une erreur que l’on a commise précédemment…) bien empêché (et, euh, c’était le but de mon commentaire!)
    ah, mais!

    Commentaire par C.C. — 17 octobre 2012 @ 23:27


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