Le blogue d'Edmond Prochain

8 décembre 2009

Judas et la corde de misère

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 21:39
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Je sais pas ce qu’ils ont tous avec Judas, mais décidément c’est une manie… Même si j’avoue que le personnage peut avoir par certains aspects quelque chose de sympathique.

Quoi ? qu’est-ce que j’ai dit ?! Ne fais pas ta mijaurée : on est tous beaucoup plus proches de Judas que ce que tu veux bien croire ! Tiens, tu n’as qu’à voir sa réaction quand à Béthanie une femme (Marie) verse du parfum sur les pieds du Christ… Qui ne s’est pas dit un jour, en lisant ce passage : “Bon, quand même, c’est peut-être un peu gâcher du bon parfum” ? Parce que c’est exactement la réaction de Judas, figure-toi ! Il dit (Jn. 12, 1-8) : “Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ?”

Alors, certes, l’évangéliste nous dit qu’en fait, c’est un voleur qui se soucie bien peu des pauvres. Mais soyons honnêtes : quand on commence à dire que le curé ferait mieux de vendre tel tableau ou telle statue pour donner l’argent “aux pauvres”, est-ce que “les pauvres” sont toujours notre première préoccupation ? Mmh ?… Je suis sûr que, dans le fond, au départ, Judas était juste un bon bougre, mais juste un de ceux qui n’attendaient pas ce genre de Messie-là. Un déçu du Nazaréen, en somme. Qui a mal tourné – vraiment mal tourné – hélas pour lui… mais qui a quand même commencé par suivre Jésus ! Qui de nous aurait tout lâché comme ça ?

Bref. Tout ça pour dire que j’ai acheté et lu le dernier Blake & Mortimer : La Malédiction des trente deniers.

A quoi reconnaît-on une grande série ? Le héros peut être de dos sur la couverture.

Bilan express de l’album : le travail de René Sterne au dessin est honorable, mais la reprise par Chantal de Spiegeleer dans la deuxième moitié est nettement moins convaincante, selon moi… Du côté de l’histoire, j’ai eu la désagréable impression de lire un long prologue ; il faut croire que tout démarrera vraiment dans le tome 2. En plus, j’aime tellement le capitaine Blake que je suis toujours déçu quand il est trop au second plan.

Pour le reste, je trouve le thème intéressant en soi (en plus, ça fait un joli titre), et je n’étais a priori pas spécialement inquiet que l’ombre de Judas se profile sur l’album, puisque les trente deniers reçus en salaire de sa trahison me paraissaient assez prometteurs. Et assez peu orientés vers des offenses potentielles au catholique que je suis (scoop ?!). Au final : “jusque là, ça va !” En espérant juste ne pas avoir de mauvaise surprise dans la suite.

Il y a simplement un p’tit truc qui m’a chiffonné : l’argument de départ. Pour le scénariste Jean Van Hamme et les besoins de son histoire, Judas ne s’est pas vraiment suicidé. La corde s’est cassée. (Sic. Si, si !) Pourquoi donc ? Eh bien on nous explique que c’est parce que “Dieu voulait qu’il vive pour expier sa terrible trahison” (p.25)… Alors ce serait ça, la miséri-corde ? (Ah ! ah ! ah !) Une corde pourrie pour que Judas paie son crime ? Belle vision de Dieu ; si peu catholique, hélas ! Alors qu’on vous dira que la trahison de Judas, in fine, est moins grave que son refus d’accueillir le pardon que Dieu aurait pu lui donner. La grande, la terrible faute est là… Dommage qu’on en soit encore à cette vision judiciaire du Seigneur, accentuée par la “malédiction” du titre.

Et puis… bon. Pour nous justifier un truc que les évangiles racontent pourtant, l’argument scénaristique est tout de même un peu léger, voire cocasse ! Figure-toi que, oui, Judas a survécu : “Il est écrit qu’il s’est pendu, en effet. Mais il n’est dit nulle part qu’on ait retrouvé son corps.” (p.25 aussi) Mouarf ! La faiblesse de l’argument m’amuse terriblement… Car comment donc les évangélistes ont-ils su que le bougre s’est pendu, si on ne l’a pas retrouvé, justement ?! Tu vois Judas dire aux autres disciples, après la crucifixion : “Bon, les gars, en fait je crois que j’ai merdé… je vais aller me pendre, tiens !”

Certes, ce deuxième point n’est pas bien grave, mais il a quelque chose de ridicule, il faut l’avouer. Ça ne remet pas en cause l’album, mais ça valait bien un petit billet sur le sujet…

car Dieu voulait qu’il vive pour expier sa terrible trahison

31 octobre 2009

Hans Küng : sénile, ni écrire

Classé dans : Actu, Humeur(s) — Edmond Prochain @ 14:21
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hanskungL’article d’Hans Küng sur la politique du pape envers les anglicans est un véritable drame ! Il n’y a qu’à lire le premier paragraphe pour faire le plein de clichés, c’est assez intéressant d’un point de vue rhétorique : c’est la pédagogie du coup de pied dans la tronche. Fin comme la finition d’un gant de boxe. Rempli jusqu’à la nausée des obsessions d’un vieux monsieur qui semble saisir n’importe quelle occasion de régler ses comptes avec Benoît XVI ; même si ça doit passer par des tribunes où la pensée est tellement distendue que l’ensemble en devient intellectuellement incompréhensible. Symptomatique. Pathologique.

“Après avoir heurté de front les juifs, les musulmans, les protestants et les catholiques réformistes, voilà que le pape Benoît XVI s’en prend maintenant aux anglicans.”

Ah, mince, les pauvres : qu’est-ce qu’il va leur faire, le méchant Benoît XVI ? Il les agresse ? Pire encore : il les accueille. Fasciste, va !

Mais la situation, selon Hans Küng, n’est pas si simple. Non, “si simple” n’était pas assez : mieux vaut encore qu’elle soit simpliste, au moins tout le monde comprendra. Alors, d’abord, il y a un vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique. Le genre qui fait mumuse avec les extrêmes en permanence et ne dit jamais un mot sur l’Afrique ou l’économie mondiale. Du “pas bien” en barre, quoi. Et alors, le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique, eh bien il a tendu un piège machiavélique à tout un tas de charmants petits anglicans, qui sont un peu benêts et qui se sont laissés prendre comme des nouilles et qui quand même sont salement d’extrême droite (oui, parce que sinon ça se tient pas que le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique qui ne fait mumuse qu’avec les extrêmes s’intéresse à eux). Quant à l’archevêque de Canterbury, s’il a signé le communiqué annonçant la nouvelle du rapprochement, c’est parce que c’est une grosse buse. La preuve que c’est une buse ? facile : s’il n’en était pas une, il n’aurait pas signé.

Pour appuyer ce qu’il dit, Hans Küng a même trouvé un mec vachement bien qui dit des trucs rudement chouettes qui vont pile dans son sens : Hans Küng ! A quoi bon avoir des gens qui pensent comme soi, quand on est d’accord avec soi-même…

A part ça, son article est tout plein de petites sottises pour amuser la galerie (quel déconneur, tout de même !), d’allusions tout juste destinées à donner à l’ensemble un peu de sel polémique, d’interprétations qui feraient de l’expression “procès d’intention” un compliment, et surtout d’une suffisance telle qu’on n’en trouve guère que chez “les gens qui savent”. Du rabâchage de vieilles obsessions personnelles, écrites au mortier. Si près de 400.000 anglicans rejoignent l’Église catholique, c’est forcément contre leur gré, même s’ils ne le savent pas encore… Ce qui se conçoit mal s’énonce salement. Il ne manque finalement, pour faire entrer cette tribune parmi les grands classiques des pamphlets-ni-à-faire, qu’une allusion à Vichy – ce qui nous rappelle au passage qu’Hans Küng n’est pas Français, mais Suisse.

La coupe couche est pleine.

Comme le dit Patrice de Plunkett, dans un bon billet consacré à cette même tribune : “Küng a hanté trop longtemps les salles de rédaction pour n’avoir pas pris une série de tics”. Il qualifie même le texte d’“article de trop”, ce que je ne serais pas loin de penser si cette idée ne m’était pas déjà venue par le passé. De son côté, Gian Maria Vian, dans son éditorial de l’Osservatore Romano, ajoute : “le ton ne fait pas honneur à son histoire personnelle, et (…) à certains égards, frise le comique”. C’est vrai que, dès lors qu’on arrête d’être affligé, on se marre quand même pas mal.

Küng, King of the Kongs ? Évidemment non, mais ce papier n’est pas digne de sa grande intelligence ; et moi, des types brillants comme ça qui disent des âneries et le font exprès (et le font depuis un certain temps), ça m’agace pas mal. L’ensemble est tellement bête et méchant qu’il me donnerait presque envie de dire des grossièretés. Sauf que si je fais ça, ma mère risque de m’appeler pour me reprocher encore de dire des gros mots sur mon blogue. Et si elle m’appelle, elle risque de me reprocher aussi de ne pas l’appeler plus souvent. Tu comprendras donc que je ne préfère pas tenter le coup…

Alors que dire ? Rien. Il n’aurait même pas fallu en parler, finalement. Pourtant ça fait du bien !

15 octobre 2009

Assiette anglaise

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 17:19
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assiette-anglaiseComme j’ai eu depuis hier au moins trois frustrations bloguesques venues directement d’Outre-Manche, je t’ai fait un petit plat réchauffé avec tout ça. Tu prends ce que tu veux, ce ne sont que quelques réflexions en vrac, histoire de faire taire cette petite démangeaison qui me pousse à aborder ces quelques trucs…

*

Bon, d’abord, il y a cette petite info savoureuse que j’ai amèrement regretté de ne pas avoir dégottée le premier. Ça aurait pu faire un billet mordant et décalé, tout empreint de cette mauvaise foi que j’aime à laisser s’exprimer parfois…

Parce que figure-toi qu’une consultation (j’ose pas dire “sondage”, quand même) sur internet a permis de dresser une liste des chefs d’État les plus “hot” du monde. Tu te demandes qui arrive en tête ? je m’en fous. Il se trouve juste que le Pape figure en bonne avant-dernière position ; ce qui lui évite la honte absolue (ouuuh !) et permettra à certains d’ergoter sur la beauté intérieure, toussa.

Dommage d’avoir manqué l’info. On se consolera malgré tout avec l’excellent commentaire d’Anna Arco : c’est vrai, le Pape n’est peut-être pas hot… mais c’est parce qu’il est cool !

*

Autre sujet, qui implique la même Anna Arco (non, ce n’est pas un billet sponsorisé, c’est juste qu’elle est en forme) : le passage des reliques de sainte Thérèse (la petite qui a tout d’une grande) au Royaume-Uni. Notre fière et jeune journaliste du Catholic Herald a pastiché avec beaucoup de finesse et d’humour un petit torchon publié dans qui a sali le plus beau journal du monde.

Ainsi, le racoleur :

Elle a beau être populaire auprès des fidèles, la dévotion à sainte Thérèse arrange bien les intérêts politiques de la hiérarchie catholique.

est devenu, par un astucieux changement de sujet :

Ils ont beau être populaires auprès des fidèles, le succès de The Priests arrange bien les intérêts politiques de la hiérarchie catholique.

Le reste est du même ordre et le détournement savoureux. A tel point que j’aurais bien aimé découvrir ça moi aussi et avoir la présence d’esprit de rigoler un peu en faisant de même avec une autre figure encore plus polémique :

Il a beau être populaire auprès des fidèles, la foi en Jésus Christ arrange bien les intérêts politiques de la hiérarchie catholique.

Par exemple !

*

Pour la bonne bouche, je ne résiste pas au plaisir d’une bonne petite citation chouette comme un écho d’adolescence – à l’âge où on pense qu’on est en train d’inventer la pureté de cœur qui sauvera le monde. C’est signé Sarah Silverman et c’est beau comme un écran plat certifié HD pour regarder des documentaires humanitaires en Blu-Ray. Juge toi-même : cette charmante personne a eu la bonne idée de conseiller au Pape de vendre le Vatican et de résoudre le problème de la faim dans le monde avec l’argent récolté.

C’est beau, non ? Le plus formidable là-dedans, c’est que comme l’Église se chargerait de tout, eh bien plus personne n’aurait besoin de songer à changer quoi que ce soit dans son comportement. Qu’importe, finalement, que sans Vatican il n’y ait plus de Saint-Siège et (donc) plus rien pour unifier les associations et fidèles catholiques qui œuvrent – concrètement, elles, pas juste en émettant des idées – à travers le monde… Vivent les bonnes intentions !

Quelqu’un d’intéressé par l’achat d’une petite résidence à Rome ?!

25 août 2009

L’Eucharistie affranchie de l’Eglise ?

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 9:08
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Certains peuples ont leurs rituels. On dit par exemple l’Anglais très attaché à la lecture de son journal à l’heure du petit déjeuner. Pour ma part, n’étant pas Anglais (ni Belge, contrairement à des légendes répandues), mais seulement folliculaire, j’ai pour habitude de boire mon café serré au son de la radio matinale. Et hier matin, m’est venue la vision à l’écoute de ladite radio que si j’avais été Anglais, j’aurais probablement pu recevoir bien plus qu’un simple journal pour mon petit-déjeuner…

“By Jove ! (comme disent les Belges) Qu’est-ce que tu racontes, Edmond ? On ne capte rien à cette introduction !”

Soit. Soyons donc un peu plus clair.

C’était lors de la revue de presse. La toute nouvelle chroniqueuse nous avait dégoté une info des plus savoureuse, dans le Guardian pardon : le Gouarediane (je m’appuie sur sa prononciation impeccable de l’anglais…!). Imagine un peu : au pays des gens qui parlent dans les angles, il est désormais possible de recevoir la communion à domicile ! Mais si mon bon môssieur, et par le facteur encore ! Tu veux une preuve ? la voilà. Même que si tu n’as pas la chance de parler la plus belle langue du monde après le français et toutes les autres, parce que je suis quelqu’un de bon qui pense à ses lecteurs (c’est toi), tu peux aussi trouver un résumé en langue vernaculaire.

Alors, qu’y lit-on ? (Tiens, c’est joli, ça : “kiliton”…) Que certains épiscopaliens – grands pourvoyeurs d’idées douteuses devant l’Éternel ! – ont trouvé une toute nouvelle connerie pour faire parler d’eux : envoyer la communion par la poste. Là, c’est clair qu’il fallait y penser, quand même ! Et donc, ils appellent ça “Post the Host“. C’est intéressant, ça ; voilà.

Et le pire de tout, c’est qu’il faut bien admettre que l’argument derrière tout ça est très certainement louable : il s’agit de permettre, selon l’Open Episcopal Church, à ceux qui sont éloignés de l’église (le bâtiment, mais du coup aussi l’assemblée de fidèles) à cause de leur âge ou de leur condition physique de recevoir malgré tout la communion. Pour peu qu’ils s’acquittent quand même des frais de port (faut pas déconner, non plus).

L'hostie directement à votre porte : une idée d'avenir ?

La communion directement à sa porte : une idée d'avenir ?

Ce qui est triste là-dedans, c’est que tout épiscopaliens qu’ils soient, ils n’ont pas l’air d’avoir compris que le but de l’Église était justement de réunir l’assemblée du peuple de Dieu – corps du Christ. Et que si certains ne peuvent se joindre à l’assemblée, c’est qu’il nous faut aller les rejoindre là où ils sont. Pas en favorisant une petite religion personnelle de “pain béni” commandé par boîtes de vingt, mais en allant leur porter la communion, pour signifier concrètement qu’ils sont eux-mêmes membres du corps…

Ironie de la chose, c’est exactement ce que m’a vanté ensuite une publicité pour une marque de couleur, qui disait (en substance) : “Il y a certaines choses qu’on ne peut pas faire à distance”. Eh ouais. Je sais pas toi, mais personnellement j’aime beaucoup ces petites coïncidences !

J’écarte volontairement ici toute la question sacramentelle et tous les débats qui pourraient en résulter ; non pas par manque d’intérêt, mais parce qu’il me semble important que, puisque l’initiative est née sur un plan strictement humain, on puisse en rester au niveau de l’assemblée pour l’analyser. Qu’on développe des services pour faciliter l’accès à l’eucharistie serait une excellente chose (y compris dans nos paroisses – pas besoin de voir à grande échelle alors qu’on a tous des voisins). J’ai quand même du mal à croire que “poster des hosties” puisse aider à une plus grande… communion.

Mais je suis probablement trop catholique pour les épiscopaliens…

24 août 2009

Déconcertant !

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 9:07
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Le concert Anuncio est annulé. Voilà. Sans rire. Pour de vrai. Ça m’évitera au moins d’avoir à chercher une introduction pertinente pour amener la nouvelle : autant la jouer brute, dans le style journalistique le plus pur : “Facts, facts, facts”. (C’est à peu près tout ce que ce billet aura de journalistique, je te préviens.)

Le concert Anuncio, ça devait être une joyeuse fête, le 29 août à Paris, pour clore en beauté un festival d’évangélisation de dix jours (pas à Paris, lui). Selon les mots des organisateurs : “35 artistes, 250 bénévoles, 3000 personnes attendues”. Tout ce petit monde peut aller se rhabiller, pleurer dans son coin ou s’enfermer dans la pénombre des chapelles. Pour une fois que les cathos devaient sortir dans la rue, on les renvoie chez eux. Trop injuste. (Quoique, ceci n’est pas tout à fait exact – mais j’y reviens en fin de billet.)

Bye bye, affiche originale pour soirée décapante...

Bye bye, affiche originale pour soirée décapante...

Ici, la question légitime (et brûlante) s’impose : Pourquoi ? Bonne question. Très religieuse, d’une certaine façon, puisque c’est essentiellement à celle-ci que toute foi répond. Eh bien, savoure l’ironie de la situation : je crains qu’en l’occurrence il nous faille nous contenter des réponses à une autre question, elle toute scientifique et laïque : Comment ? Là, c’est plus simple ; morceaux choisis du communiqué :

L’association Anuncio a tout mis en œuvre pour que l’édition 2009 de son festival puisse coexister avec [une représentation théâtrale prévue le même soir dans les arènes de Montmartre]. Dès le mois de mars, des démarches ont été entamées afin de chercher à concilier les deux événements. Mais la troupe a opposé une fin de non recevoir à l’ensemble des propositions.

Ce n’est que début août – pour un dossier déposé le 1er avril – que la mairie de Paris a signifié par courrier à l’association Anuncio que les concerts devaient être interrompus de 19h30 à 22h, ce qui revient à une annulation pure et simple de l’événement-concert. (…)

De plus dans son courrier, la Mairie, au sujet de la troupe de théâtre, invoque son « lien avec la municipalité » pour justifier de l’annulation du concert au profit de la représentation théâtrale. De notre point de vue, il semble qu’il s’agisse d’un traitement discriminatoire.

Aussi couillon simple que ça. Avec en prime une certaine forme d’hypocrisie qui fait qu’on n’interdit pas formellement, mais qu’on pose des conditions telles qu’elles reviennent en pratique à forcer les organisateurs à annuler : pas de bruit entre 19h30 et 22h ? Pour un concert, laissez-moi rire ! Comment ça, non ? On ne rit pas ? Ah, c’est vrai : pardon.

C’est là que je reviens à ce que j’avais laissé en suspens un peu plus haut : le concert est annulé, mais le forum d’associations et d’expositions demeure. Alors il est hors de question de retourner dans nos chapelles. Le 29 au soir, la fête est dehors, à Montmartre. Alors, aux Parisiens : rendez-vous tous là-bas !

[Edit 16h20 : Les organisateurs - cf. aussi le commentaire de Dove, plus bas - m'ont confirmé qu'entre 16h et 19h30, un concert serait bien maintenu : Zoë Avril, Rona Hartner et... un invité surprise. A proximité : des expos photos, des associations, des tagueurs et une pièce de théâtre à 19h30 pour remplacer le concert, avec une veillée ensuite. Programme refondu à la dernière minute, mais des vraies bonnes raisons de venir sur place !]

21 août 2009

Bienvenue chez les non-représentatifs

Classé dans : Actu, Humeur(s) — Edmond Prochain @ 14:31
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C’est l’un des débats qui anime la cathosphère en ce moment : le visage du catholicisme français, tel qu’il a été initié par l’enquête Ifop publiée dans Le Monde. Moi-même, j’ai déjà bavé deux ou trois trucs à ce sujet, même si c’était plutôt une actu de France Info qui m’avait agacé. Depuis, j’ai lu quelques commentaires pas inintéressants ; d’abord chez Verel, et puis aussi chez Jean-Baptiste Balleyguier.

Et alors, le catholique français, il ressemble à quoi ? Eh bien, tel qu’il est plutôt bien résumé (mais mal illustré…) par Anna Arco : il est une femme, il a plus de 50 ans et il vote assez franchement à droite. Voilàvoilà.

Contrairement aux apparences, cette fille ne peut pas être catholique.

Contrairement aux apparences, cette fille ne peut pas être catholique.

C’est pourquoi, amen amen je te le déclare : toi qui lis ce blogue pour avoir le point de vue d’un catho, passe ton chemin ! Je ne suis absolument pas représentatif. Par la même occasion, je te conseille de déserter à peu près tous les blogues catholiques français dont on parle de temps en temps, puisque ceux que je connais sont très majoritairement tenus par des hommes ayant dans la trentaine (côté politique, je ne généralise pas : ça dépend).

Même punition pour eux :

Projet "Corpus" d'aller à la rencontre de l'Eglise autour du monde

Projet "Corpus" : aller à la rencontre de l'Église autour du monde.

Pas représentatifs, les gars ! Circulez, y’a rien à croire voir ! Nan mais c’est vrai, quoi, sans blague, à la fin : pour qui ils se prennent ? Déjà, ce sont (encore !) des mecs, alors qu’on se tue à leur expliquer que pour être catho, bah faut être une nana ; ensuite, ce sont (encore !) des jeunes, alors que le cheveu grisonnant est de rigueur ; et je te raconte même pas le détail qui tue : ils sont deux !! Genre, alors qu’il y a tellement peu de catholiques aujourd’hui que la probabilité qu’ils se rencontrent entre eux est infime… Franchement : pas crédibles pour deux sous !

Après, la vérité sur ce billet d’une excessive mauvaise foi, c’est que l’Église que je connais, même en France, pour une communauté sur le déclin, bah elle ne s’en sort pas si mal. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir la joie, l’espérance et l’enthousiasme chez les jeunes. Je le dis en sachant que je me répète, mais bon. Toutes ces forces absolument pas représentatives me réjouissent, parce que les moyennes réussissent surtout à cacher les contrastes. Ce n’est pas David qui me contredira (j’espère) : c’est avec de bons contrastes qu’on réalise les meilleures photos, et avec de mauvais qu’on fait les pires clichés.

En plus, que l’Église soit en crise, on est au courant depuis au moins 2000 ans ! Je te rappelle qu’on a quand même commencé avec un Dieu mis à mort ; alors…

17 août 2009

Le déclin du catholicisme… Ah ? Et ?

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 13:36
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C’était le sujet de ces derniers jours. Le Monde a dégainé un sondage révélant (pour qui n’aurait pas déjà remarqué) que les catholiques français avaient tendance à se faire un peu vieux. Surprise s’il en est, tu le reconnaîtras aussi facilement que moi : il y a pourtant tellement de jeunes dans les églises qu’on compte les vieux sur les doigts d’une main. Et je précise que ceci est ironique, parce qu’il semble que certains ne comprennent pas toujours…

Bref. Donc, oui : les cathos vieillissent et ne se renouvellent pas tellement. D’un point de vue quantitatif, tout au moins. On pourra regretter que de telles études ne s’intéressent pas à la question qualitative – car en fin de compte le sujet pourrait bien être là : le nombre de catholiques adhérant à leur foi par conviction et non par tradition baisse-t-il tant ? Si le renouvellement n’est pas optimal sur le plan générationnel, n’est-il pas encourageant en matière d’énergie et de conviction ? Comme je viens de voir quelques milliers de jeunes réunis à Paray-le-Monial pour un Forum vivant et joyeux, tu me permettras d’avoir un très léger a priori sur la réponse ; d’autant que d’autres rassemblements de jeunes auront marqué l’été, à commencer par un pèlerinage en Terre Sainte, ou encore le festival Anuncio.

Il ne s’agit pas de nier que le catholicisme est en déclin (en France !), mais plutôt d’en appeler à une véritable analyse. Une analyse qui manque toujours autant sur le sujet.

Et surtout, surtout, par pitié et au risque de faire encore une fois le pinailleur de service : qu’on arrête de nous infliger des accroches de sujets à peu près aussi cliché que stupides. Du genre de celle qu’on pouvait découvrir hier sur France Info :

L’affluence dans les églises pour le 15 août ne doit pas masquer la réalité : le catholicisme est en déclin en France.

A l'antenne comme sur le site, l'accroche est la même.

A l'antenne comme sur le site, l'accroche est la même.

Pourquoi ce “ne doit pas masquer la réalité” ? Qui a dit le contraire ? Est-ce que cette affluence est une opération de com’ “cache-misère” de la part de l’Eglise ? C’est le genre de petits morceaux de phrase que j’ai du mal à comprendre. Sauf à les interpréter négativement.

Plutôt que de laisser entendre un peu trop de plaisir dans cette ombre au tableau après une affluence qui a dû les surprendre le 15 août, et s’ils avaient posé les données du problème dans l’autre sens ? Et si on se demandait, une fois, pourquoi une religion aussi moribonde et vieillissante arrive encore à mobiliser autour de fêtes plus tellement comprises par la majorité de la population ? Je classe volontairement “hors catégorie” Noël ou Pâques, qui peuvent objectivement bénéficier d’un effet “tradition familiale”… mais l’Assomption ?! Pourquoi aller gâcher une grasse mâtinée de vacances ? Est-ce que ça ne révèle pas quelque chose du catholicisme en France, quelque chose d’un tout petit peu plus profond qu’une simple curiosité culturelle heureusement contrebalancée par des statistiques laïcisantes ?

Je ne sais pas, hein ! je pose juste la question. Comme je suis en vacances, j’ai le temps de m’interroger sur des trucs comme ça…

L’affluence dans les églises pour le 15 août ne doit pas masquer la réalité : le catholicisme est en déclin en France.

31 juillet 2009

2 juillet 2009

La croix, elles la bannirent

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 8:53
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Il y a forcément un côté kamikaze à se lancer dans le traitement d’un sujet que Koz a déjà excellemment commenté. Mais je suis un déglingo, alors j’en remets une couche. Eh ouais. Mais j’en profite pour préciser d’entrée que ça ne servira à rien de me dire en commentaire que mon-billet-t-à-moi il est moins bien ; j’en suis conscient, et je crois d’ailleurs que je m’en fous…

Mais entrons dans le vif du sujet.

C’est l’histoire de deux profs de français – des femmes, mais c’est un détail peu pertinent – qui ont fait une funeste découverte en venant gentiment faire les examinatrices au bac de français. Brr, les pauvres… Avec quoi se sont-elles donc retrouvées nez-à-nez ? se demande ici et à juste titre n’importe quel lecteur (on va dire : toi, pour simplifier). Était-ce le cadavre d’un élève de filière S ? Flaubert lui-même déterré par quelque candidat rancunier ? Le nouveau ministre de l’Education Nationale dépecé avant d’avoir pu annoncer sa première réforme ? Pire, les enfants ! pire ! Bien pire !

Il faut dire que les lycées privés recellent parfois de curieuses reliques. Moi-même, j’ai vu dans celui dont j’ai ciré les bancs avec mes fonds de culotte un vrai squelette d’origine  inconnue (selon la légende) et même un cerveau humain conservé dans du formol. Soit du bizarre classique et du dégueu ordinaire.

Mais à Choisy-le-Roi, on ne fait pas dans ce genre de curiosités. Au lycée Saint-André, on frappe fort. On exhibe aux yeux de tous des horreurs, des vraies. On suspend sur les murs… ça :

Oui, c'est bien une croix !

Oui, c'est bien une croix ! (J'affiche la même que Koz pour accentuer sa campagne de publication de croix sur faycebouc.)

C’est insoutenable, je sais. Imposer au regard de tous de tels instruments de torture, alors même que pour beaucoup de bacheliers l’oral de français s’apparente déjà à une torture (moi, perso, j’avais eu une bonne note), c’est inhumain. Dégradant. Totalitaire, même. Et je pèse mes mots.

D’ailleurs, je pose la question : qui s’attendrait à trouver ce genre d’objet dans un lycée privé catholique ? C’est vrai, ça : Qui ?

Heureusement, seules pour se lever contre ce cabinet d’épouvante qui aurait fait frémir Barbe-Bleue lui-même, nos deux enseignantes ont enfilé leurs costumes de justicières de la laïcité et exigé le retrait des scandaleux symboles d’aliénation intellectuelle (pour info : elles ne l’ont pas obtenu). Je tiens tout de même à préciser ici, afin que les manuels d’histoire n’ignorent pas ce détail quand on reparlera de ce grand jour pour la résistance à l’obscurantisme, qu’elles l’ont fait au mépris de toutes représailles du lobby judéo-maçonnique des légions du pape (les fameuses). La liberté d’expression a donc fait un grand pas. Youpi tralala.

Depuis, le syndicat enseignant SNES-FSU s’est fendu d’un communiqué pour protester aussi, parce qu’il n’y a pas de raison que deux profs isolées récoltent toute l’attention médiatique. Il a bien fait, à mon avis, parce que ça permet de faire vivre un peu son site internet. Et probablement d’augmenter un peu le trafic, ce qui est toujours bon à prendre à l’heure des vacances scolaires. Il n’y a pas de petits profs profits.

A la place du directeur de l’établissement, je pense que j’aurais demandé si je devais aussi me débarrasser des pieux et des gousses d’ail gardés dans les placards pour compléter l’attirail de défense en cas d’attaque de personnes aux dents longues. Mais le gars a vachement plus d’humour que moi, puisqu’il a répondu (sans rire) :

“Il est difficile de retirer tous les signes religieux d’une école catholique.”

Et il faut bien reconnaître que, bon, c’est pas con. On ne le dit pas assez, en tout cas. Si ça se trouve, l’an prochain, nos deux héroïnes de la liberté d’expression reviendront réclamer que le lycée Saint-André soit rebaptisé “lycée Dédé-le-Bon-Gars” le temps des épreuves du bac. Parce qu’il ne faudrait quand même pas que les pauvres petits élèves si influençables n’entrent en contact avec le moindre signe religieux. T’imagines : des fois que ça les convertirait ! Nos malheureuses examinatrices porteraient la responsabilité de ce drame, et pourraient même être accusées de non-assistance à personne en danger.

En attendant, la Direction des Affaires juridiques a été, nous dit-on, “saisie“. On la comprend : il y a de quoi être drôlement choqué par cette sale affaire. Tss, tss…

22 juin 2009

Le vent est de retour

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 10:06
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Quand j’étais enfant, je jouais parfois avec des petits moulins à vent ; tu sais, ces trucs colorés accrochés au bout d’une tige, comme des fleurs, et qui tournent. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas toujours du vent. Alors parfois il fallait le chercher, et la magie de l’enfance, c’est qu’on le trouvait, le vent : il suffisait de courir pour le rattraper ! Et le moulin tournait.

Ensuite j’ai un peu grandi et j’ai commencé à faire un peu moins gaffe au vent. Mais j’ai découvert une autre façon de le trouver quand il se cachait (et même que j’étais vachement fier de moi) : je mouillais mon doigt et je le levais. Ça me faisait sentir le sens des courants d’air. Et j’aimais bien ça, je crois.

Le truc avec le vent, en fait, c’est qu’à part les bourrasques et les tempêtes, et à part quand on est enfant aussi, on se rend jamais trop compte s’il est là ou pas. On croit qu’il est parti, un peu.

Et puis hier, j’ai pris le train. Le paysage défilait drôlement vite. Ah ouais, parce qu’il faut que tu saches que je continue de considérer que quand tu voyages, c’est le paysage qui se déplace ; la preuve, c’est que moi je bouge pas. D’abord. Or donc voilà, toussa, à côté de mon train y’a de grosses éoliennes qui sont passées. J’ai bien regardé les arbres autour : ils bougeaient pas, y’avait pas de vent. Et pourtant elles tournaient. Donc y’avait du vent. Un peu. Le même vent que je croyais parti, en fait, il était resté. Voilà. Il suffisait de quelques éoliennes pour rendre témoignage au vent. Le vent était de retour.

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

Si je te raconte tout ça, c’est pour que tu fasses pas de blague toute pourrite sur le titre du bouquin dont au sujet duquel je veux te parler. Ça s’appelle Dieu est de retour. (Nan, en vrai, il était pas parti – essaie de suivre, je te jure, c’est fatigant parfois…) C’est écrit par un ami qui s’appelle Jean-Baptiste Maillard, mais c’est pas que pour ça que j’en parle. Quoique, un peu quand même. Mais pas que.

En dédicace, JBM m’a écrit :

“Nous partageons le même souci de l’évangélisation. Puisse ce livre t’encourager dans ton apostolat sur internet, autour de toi et loin de toi !”

La question, donc, c’est qu’il est urgent d’annoncer notre foi dans le monde. Pourquoi c’est urgent, tu te demandes ? Faut que tu lises le livre pour savoir ! (Je fais du suspense pour vendre un peu, t’auras noté.) La vraie question, alors, c’est que la mission laissée par le Christ aux apôtres, c’est l’affaire de tout le monde aujourd’hui. Chacun à sa place, chacun a sa place. Et cette enquête le montre bien, en brassant à peu près tous les domaines : professionnel, générationnel, confessionnel, sensibilitionnel, toussa.

JBM, il dit des trucs énergiques et parfois un peu grosmotisés, du genre : “Le monde crève la gueule bouche ouverte, le monde meurt. Et que faisons-nous pour voler à son secours ?” Mais il a pas tort, et je dirais même plus : il a raison. Et puis JBM, aussi, il parcourt la France à la rencontre de tout plein d’évangélisateurs tous plus tarés les uns que les autres, et pourtant humains. Au final, il fait un sacré recueil de bonnes idées.

C’est un peu Tintin et les Sept dons de l’Esprit, en fait.

La couverture est jolie (c'est toujours plus sympa au moment de l'afficher sur son blogue).

La couverture est jolie, non ?

Après, évidemment, je pourrais lui reprocher d’avoir un peu poussé le principe du panel trop loin, de zapper d’un sujet à l’autre sans que le rapport soit toujours évident, de présenter des initiatives d’inégal intérêt à mes yeux, d’avoir casé sa femme dans les témoins interrogés alors que moi-même pas (tu me diras, ça m’a évité de lui dire non !), ou encore de taper parfois un peu trop dans un milieu que je reconnais trop facilement, où je connais un peu trop de noms pour être totalement surpris. Je pourrais lui reprocher ces choses, sauf qu’en vrai il arrive toujours à dépasser ces petites caricatures passagères pour revenir à quelque chose de plus essentiel. Le Christ, en l’occurrence. (Ça devrait toujours être l’occurrence.)

Sans compter qu’au-delà de cette essence-là, JBM a le bon goût, tout le long de son enquête, de ne pas se positionner en réactions aux initiatives passées (et parfois encore présentes) de l’Église en France. Ce parti-pris, sage et très juste, de la continuité tout en réclamant un souffle nouveau, un paragraphe l’illustre bien :

“Il ne suffit pas que l’Église de France “prenne à bras le corps les questions de société”, comme on l’entend souvent. Ni qu’elle réfléchisse à la question de sa “présence au monde” ou de sa “visibilité”. Être présent est nécessaire mais insuffisant sans l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut. Le plus urgent est que l’Église de France se jette sans plus attendre dans cette évangélisation de nos contemporains. Cette évangélisation, rappelons-le, n’est pas un volontarisme ou un activisme. Mais toutes les activités des chrétiens doivent être ordonnées à l’annonce du Christ , comme nous l’a rappelé Benoît XVI en France. Oui, il faut évangéliser la France. Alors qu’attendons-nous ? Si nous nous lançons résolument dans cette évangélisation, alors oui, l’Église sera vraiment présente dans notre société, et le Christ dans le cœur de chacun.”

Mais sans rire, il faut lire Dieu est de retour. Et pas que parce que c’est le livre d’un copain. Il faut le lire parce que ce livre présente plus de visages de cathos engagés que ce que certains croient qu’il reste de cathos dans l’Église. Il faut le lire, aussi, parce que quand on est dans le train à regarder les éoliennes avec le livre posé sur la tablette devant soi, il interpelle les gens qui passent :Dieu est de retour… Ah bon, il était parti ?”

Nan, en vrai, il était pas parti.

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