Un vieux camarade de classe avait une habitude amusante, quand un chahut conduisait le prof à taper du poing sur son bureau : il s’écriait immédiatement “C’est les filles, m’sieur !” Cette coutume – toute potache qu’elle fût – ne manquait jamais de provoquer la colère du poulailler de ces demoiselles, et lui valut avec le temps une solide réputation de macho bourrin et indélicat ; bref : de mec. Un ancien collègue s’est retrouvé un jour au ban de la société (celle qui nous employait, pas celle de consolation) pour avoir osé affirmer en public – l’andouille – qu’il avait toujours plus de mal à se sentir à l’aise quand il y avait autour de lui “de la fille en masse”. Enfin, un prêtre de ma connaissance choqua profondément sur sa paroisse pour s’être justifié de toujours s’occuper des garçons avec plus de soin en pastichant le Christ : “Des filles, vous en aurez toujours…” (Citation que je considère personnellement depuis comme culte – mais ça me regarde.)
Que faut-il déduire de ces trois anecdotes ? Que les filles sont susceptibles, que les garçons sont indélicats et (surtout) qu’il est peut-être temps de baisser les armes et d’en rire tous ensemble. Camarade féministe : viens-t-en boire une mousse avec nous !

Frapper un pauvre enfant, les filles, c'est pas cool...
Il n’aura échappé à personne qu’à l’ouverture de Sacristains, nous n’étions qu’entre gros machos hommes. Mais le lecteur attentif que tu es aura aussi repéré quelques signes de notre ouverture ; je me rappelle pour ma part avoir répondu bêtement lors d’une interview à la grande question “Où sont les femmes ?” : “Comme Adam à la Création, on les attend et on les espère !” Certaines ont-elles osé croire que ce n’était qu’un vœu pieu ? (Non, les gars : je n’ai pas écrit “un vœu de pieu”… je ne suis pas grossier à ce point !)
Ces derniers jours, il y a eu une tempête étonnante sur Sacristains. Étonnante, parce que JBB (qui est un boulet au moins aussi gros que ceux de mon introduction – je pense qu’on peut le dire !) s’y est amusé à écrire des trucs qui ont fait réagir ces dames ; parfois à tort, parfois à raison, toujours avec passion. Étonnante surtout parce que, moi, je m’étais pris un bon gros week-end pépère, et quand je suis rentré j’ai découvert le boxon qu’on nous avait mis (parfois à tort, parfois à raison, toujours avec passion) sur le site. Là, tu me diras : le message de Koz sur mon répondeur aurait pu me mettre la puce à l’oreille. Et tu auras raison. Bref. Alors, donc, c’était le bazar, et par un heureux hasard aujourd’hui deux chouettes nanas rejoignent l’équipe de bras cassés qu’on formait déjà. Même que c’est à moi qu’est revenu l’honneur d’annoncer, avec joie et une petite larme d’émotion qui perlait au coin des yeux (car oui, j’ai un cœur), l’arrivée, non pas d’une, mais de deux femmes dans l’équipe ! Elles sont de qualité, nous sommes ravis de les compter parmi nous. A ma droite il y a Zabou ; à ma gauche, Anne-Claire. Bienvenue à elles.
Pourquoi seulement maintenant, se demanderont les plus suspicieuses d’entre toi ? Il se trouve simplement qu’il nous fallait un peu de temps pour étudier les dizaines de milliers de candidatures reçues. Et puis aussi de mettre un peu d’ordre et de faire le ménage, histoire que ce soit présentable. Parce que, bon, faut voir dans quel état onze types vous foutent une sacristie en quinze jours de temps… L’odeur, là-dedans ! Une horreur ! Et de la poussière partout, des miettes dans tous les coins, les cadavres de bière (d’abbaye, certes, mais quand même) planqués à la va-vite sous le canapé, les mégots plantés comme des bougies dans les restes de pizza… Je passe sur la PlayStation et les maillots de foot, par pudeur, mais il y aurait encore beaucoup à dire. Un souk de tous les diables. Un vrai squat. La seule plante verte du lieu en avait fait une crise cardiaque (tu vois une autre explication à sa mort, alors qu’on l’arrosait vingt fois par jour ?).
Et avec tout ça, je me demande quand même s’il y aura autant de femmes que sur Sacristains pour s’offusquer d’une telle accumulation de clichés, tiens ! (Mais non, ce n’est pas de la provoc’ ! En plus, évite de me mettre trop le boxon chez moi en recommençant le débat de l’autre côté : 1. ça m’intéresse pas, 2. je vais être un peu absent les prochains jours… Je compte sur toi.)
Là-dessus, faut que je te laisse : on n’a pas tout à fait fini le ménage…











