Au cas où tu n’aurais pas encore remarqué : nous sommes début novembre. Le mois le plus mal aimé (mais à juste titre) de l’année vient donc de commencer, et je pense qu’on peut le dire sans crainte de représailles d’un quelconque mouvement terroriste : jusqu’ici, il n’est pas décevant. Il fait froid, il flotte, il se met à faire nuit d’un seul coup en plein milieu de l’après-midi, il y a des feuilles plein les trottoirs et j’ai oublié l’anniversaire d’un copain. Saleté de mois de novembre, tiens !
Pourtant, juste avant que novembre vienne squatter toutes les pages de mon agenda, nous étions encore fin octobre (je sais : ma pensée est d’une puissance rarement atteinte). Et alors, durant les derniers jours d’octobre, figure-toi que j’ai été – ici en ville – témoin un soir d’une scène tout à fait étonnante : des hommes commençaient à installer des décorations de Noël. Genre guirlandes, toussa.

Dans ce style-là (mais en pas tout à fait pareil).
Forcément, j’ai regardé l’heure pour vérifier qu’il était toujours octobre, mais non : je n’avais pas été pris d’une crise d’hibernation subite ni fait un bond dans le temps. A l’heure où le guignol lambda finissait ses préparatifs d’Halloween de cette charmante petite fête qui permet aux cathos de redécouvrir la Toussaint, ces guignols-là anticipaient déjà Noël. Ce n’est même pas encore l’Avent qu’ils nous inventent l’Encore-Avant. Ça m’a laissé tout “ah tiens”, cette affaire…
Une amie m’a glissé qu’ils avaient drôlement raison d’anticiper un peu, parce que c’est vrai qu’on a été prévenus : on ne connaît ni le jour ni l’heure. Alors des fois que Noël serait avancé cette année, autant être sur ses gardes et tenir son lampion allumé… C’est pas idiot du tout, du coup.
Depuis, j’ai quand même pris le temps d’y repenser. (D’autant qu’on s’emmerde généralement beaucoup plus en novembre qu’en octobre, donc ça laisse un peu de temps pour réfléchir.)
Et j’ai compris. (Tu trouves pas ça classe, toi, de caser une idée par paragraphe ?!)
En fait, le monde crève d’impatience que Jésus vienne le visiter ! Je ne vois pas d’autre explication : nos amis les contemporains n’attendent qu’une seule chose : qu’un petit enfant vrai Dieu et vrai homme débarque dans leur vie pour les illuminer de sa Parole et les rassasier de sa présence. Ils ne rêvent que de ça, ils n’en peuvent plus d’attendre ! Même que c’est parce qu’ils ne veulent surtout pas le louper, le petit Jésus d’amour de gloire, qu’ils commencent déjà à lui baliser le chemin comme une énorme piste d’atterrissage : “Te plante pas, Emmanuel : c’est bien ici qu’il faut que tu viennes !”
Bref, on est en train de nous brancher des Maranatha multicolores dans toutes nos rues, et il ne faudrait pas qu’on passe à côté de ce signe-là, parce que c’est quand même rudement fort.
Prépare ton faire-part : on va lui faire une fête de tous les anges, au p’tit divin gars !














