Le blogue d'Edmond Prochain

21 septembre 2009

Chroniques d’un croyant du dimanche

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 10:49
Tags: , , , , , , , ,

Dimanche. Du latin dies dominicus, jour du Seigneur. Sauf qu’on ne peut pas servir deux maîtres à la fois, nous a un jour expliqué un jeune barbu qui pour le coup en était un authentique, de maître. Nous devons donc choisir, et deux options s’offrent à nous : soit Dieu soit l’argent. Comme dans les vieilles séries-B à base d’immortels et de lande écossaise : au final, il n’en restera qu’un. Le dimanche ne peut avoir qu’un seul Seigneur ; et les débats récents sur le travail dominical tendent à montrer que notre société a tranché. Devine pour qui.

Dans ce “contexte de perte de sens” (c’est classe, comme expression) qui tend à repousser en fin de semaine ce jour qui devrait pourtant en être le premier, j’ai trouvé par l’intermédiaire et les bons conseils d’une amie (qu’elle en soit remerciée) un remède rudement efficace, à travers le livre d’un vigoureux résistant : Le Dernier dimanche, de Gaspard-Marie Janvier (non, même avec un nom pareil, ce n’est pas un prêtre !). C’est un bien curieux ouvrage d’ailleurs : du début à la fin, on ne sait pas tellement s’il s’agit d’un traité, d’un recueil de chroniques, d’un témoignage, d’un journal, d’un essai ou – comme l’indique pourtant la couverture – d’un roman. C’est un livre constamment sur le fil ; et en matière de fil, juge celui qui se fait directeur : un homme qui n’a pas mis les pieds à l’église depuis bien longtemps décide d’aller à la messe chaque dimanche pendant un an, et de consigner à son retour les impressions recueillies durant cette heure particulière.

Voilà comment il introduit cette décision :

“Pour les appétits de l’âme comme pour ceux du corps, j’opte résolument pour une alimentation traçable. Même borgne, à demi éteintes, louches et crépusculaires, je préfère donc les lanternes du christianismes aux vessies du matérialisme, et avec Socrate, ceux qui s’interrogent à ceux qui savent. Dans cette drôle d’époque où les croyants se posent des questions quand les incroyants ne doutent plus, j’ai souhaité comprendre ce que m’apportait d’irremplaçable le fait d’être chrétien, même d’un peu loin.”

Le résultat ? Souvent un joyau. Un pur et simple bijou d’humanité, d’intelligence et, d’une certaine façon, de foi. Il faut voir le narrateur s’attacher à ce rendez-vous hebdomadaire, il faut laisser son œil neuf renouveler le nôtre. Durant la semaine où le livre m’a accompagné, j’ai redécouvert un amour de la liturgie que je ne pensais pas si vif en moi ! De petite phrase en réflexion esquissée, Gaspard-Marie Janvier m’a redonné soif de la Parole de Dieu donnée dans la messe. Il fallait le faire. Il l’a fait.

Faut pas se fier à cette couverture kitschouille...

Faut pas se fier à cette couverture kitschouille...

Au fil des pages, pas mal de gens en prennent quand même pour leur grade. C’est du brutal. Il y en a presque pour tout le monde : les politiques, les athées, ceux qui vont au centre commercial le dimanche… Les catholiques, aussi, qui ramassent autant que les autres. Et si certaines remarques ne sont pas toujours bien ajustées (j’émets de vives réserves sur certaines de ses conclusions – mais même les plus douteuses demeurent intéressantes par le regard qu’elles révèlent), l’expérience vécue dimanche après dimanche donne lieu à de merveilleuses petites mises en perspective. Je ne résiste pas au plaisir de t’en livrer une pépite… un peu longue, pardon :

“Chacun de nous vit sa vie sur le mode de l’alternance : travail et loisir, profession et famille, temps pour moi, temps pour autrui. Le rythme consiste à découper le calendrier, il se consigne au crayon sur l’agenda, il procède d’une représentation chronologique de notre être au temps. Et comme nous investissons tout de nous même dans cette conception filaire de la durée, nous sommes heurtés de plein fouet par chaque vicissitude, par chaque aléa fâcheux de l’existence, qui semble foncer vers nous en sens invers, comme sur une route à une voie. Le rendez-vous dominical élargit cette route et permet le croisement. Cette heure hebdomadaire de calme, de recueillement, de méditation, de contemplation, heure où je me retrouve parmi d’autres, ni pour commander ni pour obéir, ni pour acheter ni pour vendre, ni pour parler ni pour me taire, mais pour être là, simplement avec eux ; heure pour unir ma voix à la leur, heure pour recevoir, heure pour partager l’événement de ces images originelles, resurgissant de semaine en semaine, de mois en mois, d’année en année, toujours les mêmes et toujours autres, créant à chaque apparition de nouvelles et imprévisibles significations : oui, cette petite heure semainière de fermentation spirituelle crée une profondeur vertigineuse dans mon existence, comme un regard levé vers l’horizon lorsqu’on marche sur la crête. L’aventure s’épaissit.”

En refermant l’ouvrage, on sera malgré tout frappé d’un manque flagrant, d’un vide laissé béant durant cette année de messes, d’un vrai rendez-vous manqué : jamais Gaspard-Marie Janvier ne se laisse toucher par l’eucharistie. Il s’en rend compte, d’ailleurs, et il le dit à un moment donné : son goût pour la littérature et la philosophie lui font accorder une place démesurée à la première partie de la messe, à la liturgie de la Parole. Mais c’est aussi ce qui m’a touché (moi personnellement et pour moi-même en ce qui me concerne !), parce que ça m’a renvoyé à ma propre focalisation intérieure sur la seconde partie depuis quelque temps… du coup, je rééquilibre !

L’autre regret que l’on pourra émettre – et qui est, là encore, désamorcé par le narrateur, très lucide – c’est l’attachement sans doute trop grand à une figure de prêtre : le père Joris. Cette admiration forte est la plus grosse fragilité de la foi renaissante, et pourtant elle conserve quelque chose de touchant, parce qu’elle rappelle à quel point notre foi s’incarne souvent malgré nous dans quelques “grands frères” que la Providence veut bien mettre sur notre route.

Au final, je te laisse décider si tu te laisseras ou non séduire par cette petite expérience (parfois maladroite, mais vigoureusement rugueuse). Sache simplement que Le Dernier dimanche est sans doute le meilleur remède actuellement disponible à la tentation que représentent les discours sur le… travail du dimanche. C’est Chafouin qui va être content !

4 septembre 2009

La rentrée est une grâce (si, si !)

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 11:10
Tags: , , , ,

Septembre. Le raisin et la pluie sont de retour, l’école en bas de chez moi refait le plein du matin au soir et j’entends les mêmes complaintes à longueur de journée.

  • “C’est reparti pour un an.”
  • “Voilà : une année de plus.”
  • “Encore une rentrée.”
  • “Tout repart.”
  • “Ça recommence.”
  • “On reprend le rythme normal.”

Curieusement – tu me diras si je me trompe – je sens comme une pointe de lassitude dans ces rengaines pré-automnales. Non ? Une lamentation lancinante contre un quotidien en éternel recommencement, un murmure d’ennui ordinaire sans cesse renouvelé, une rumeur sourde remplie d’amertume à l’heure de remettre en place un programme d’année.

Et toi, tu planifies quoi pour cette année ?

Et toi, tu planifies quoi pour cette année ?

Pourtant, je voudrais poser une question dont tu me pardonneras (j’espère) la banalité : est-ce qu’on n’est pas un peu maître de ce qu’on fera de cette année ? Au moins dans une mesure raisonnable (et bien tassée, comme on dit bibliquement) ?

Je ne sais pas si tu as déjà envisagé les choses sous cet angle : chaque année, nous avons la chance de remettre notre quotidien à plat. Plutôt que le simple prolongement de l’année écoulée, la rentrée nous offre un nouveau départ. Mais c’est un cadeau qu’on reçoit trop souvent comme une malédiction ; alors que, comme tout ce qui nous est imposé, on peut l’accueillir ou le subir. In fine, la façon dont on le vivra nous appartient.

Et si on abordait cette rentrée non pas comme un recommencement, mais comme un renouvellement ? En ce qui me concerne, je te souhaite de tout aborder avec à l’oreille la voix de Celui qui déclare : “Voici que je fais toutes choses nouvelles.”

28 mai 2009

La vérité, la liberté, le Christ, le nutella, toussa

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 23:11
Tags: , , , , ,

Avec un titre pareil, je pense que tu te dis d’emblée que ça va être un billet vachement profond, façon philosophie ou un truc du genre. Et tu n’as pas totalement tort, bien que tu n’aies franchement pas raison non plus. En plus, là, tu viens probablement de relire la phrase précédente pour être sûr de l’avoir comprise. C’est dire si la vie est dure.

"Le preneur de tête", par Rondin.

"Le preneur de tête", par Rondin.

Je me lance en réalité dans un petit exercice de méquinegue-of de la “pensée pour aujourd’hui” précédemment publiée. Parce qu’il me semble qu’elle soulève des questions que l’aphorisme – si bien pourri soit-il – ne peut résoudre, et qu’il serait par ailleurs bien léger de ma part de laisser en suspens. Pour mémoire (ou grosse flemme d’aller voir plus bas), voilà ce que ça disait :

Le Christ n’a jamais dit : “La liberté vous rendra libres.” C’est d’ailleurs tout le problème.

Il se trouve que j’ai procédé en deux temps. D’abord, j’ai eu envie d’écrire la partie entre guillemets, toute seule, pour voir si certains réagiraient. Et puis j’ai réfléchi (oui, moi aussi) et je me suis dit que c’était quand même un peu nouille en un sens à bien y penser pour peu qu’on se donne la peine d’examiner la chose en prenant un peu de recul, parce que, bon, en même temps, c’est quand même archi-faux de dire ça. C’est alors que m’est venue l’idée de la pirouette.

Parce que oui, le Christ n’a jamais dit : “La liberté vous rendra libres”. Il ne l’a jamais dit parce que ça aurait été très con de sa part et que ça ne lui ressemble pas du tout (il est quand même Dieu, faut pas déconner non plus). Le fait est que si on prend la liberté – et elle seule – pour point de départ, elle a beaucoup plus de chances de nous rendre esclave d’un truc que plus libre encore. Si tu ne me crois pas, regarde ta propre expérience… Tu vois  bien !

Note d’ailleurs que le Christ n’a jamais dit non plus : “La liberté vous rendra vrais”. Il faut y penser. Alors penses-y.

Ce que Jésus il a dit, c’est bel et bien : “La vérité vous rendra libres”. Et puisqu’on en est à mélanger les mots, tu noteras que : “La vérité vous rendra vrais” sonne à peu près aussi juste. Comme quoi, c’est vraiment une question de priorités, cette histoire. Faut penser à mettre la vérité en premier et puis c’est tout.

Voici une belle image de la liberté.

Voici une belle image de la liberté.

Là-dessus, David se demande pourquoi le Christ n’a pas dit non plus : “Le nutella vous rendra libres”. Or la réponse est évidente : c’est parce que le nutella est un peu comme l’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est pas vraiment qu’il la donne, mais plutôt qu’il est le lieu où elle s’exerce. Amen amen je te le dis : il en va de même pour le nutella et la liberté ; le nutella n’apporte pas la liberté, mais par le nutella nous est donné l’occasion de l’exercer.

C’est beau comme une tartine, ce que je dis.

12 avril 2009

Le Jour-J

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 20:20
Tags: , , , , , ,

Tata-taam ! C’est pas l’homme qui prend la vie, c’est la vie qui prend l’homme… tata-taam, toussa. Bon, bah voilà quoi : c’est nous qu’on a gagné, on est les champions, on est les champions, on est, on est, on est les champions. Qui ne saute pas (hors du tombeau) n’est pas catho. Clap-clap. Youpi tralala.

J’en profite au passage pour préciser que “youpi tralala” est la traduction la plus exacte qu’on puisse trouver pour “alléluia”. Si, si. Parce que je l’ai décidé. Va le dire à ton curé, tiens, pour mettre un peu de fun dans ta paroisse.

C’est Pâques, notre Agneau à nous il a été sacrifié et il est rené – en quelque sorte – pour dire à la mort qu’elle aille se rhabiller, et puis que par la même occasion elle arrête de faire rien qu’à nous embêter tout le temps. Ouste, dégage : on veut plus te voir. Elle l’avait bien cherché, en vrai.

resurrection

Une Anastasie sans Javotte... celle-là, je la préfère nettement !

Mais j’en entends qui maugréent au fond. (Du verbe maugréer : faire des gnagnagnas au lien d’entrer dans la joie de son Maître. En quelque sorte.) Ils disent : “Ouais, d’abord, toussa, c’est pas vrai : la mort elle est rien vaincue du tout et que en fait les gens ils meurent tout le temps et partout et c’est pas cool quand même.”

Et moi, je leur réponds : Prenez des cours de français, les gars ! Mais comme je suis sympa et que j’ai compris l’idée, je leur réponds aussi : Vous avez pas tort, mais en fait vous avez tort. Ce qui est paradoxal, je sais.

La mort, elle est bien vivace (c’est là son moindre défaut) et elle court partout sans s’arrêter, même si elle semble aimer s’arrêter pas mal chez Woody Allen. C’est vrai. Et en même temps, c’est pas pour ça qu’elle a pas perdu. Eh non, d’abord !

Il n’y a pas si longtemps que ça, j’étais à un genre de conférence ou de formation ou de truc où t’as quelqu’un qui parle et quelques uns qui écoutent, regardent leur montre ou dorment. Bref : en ce qui me concerne, j’écoutais. Et alors, j’ai bien fait, parce que le quelqu’un qui parlait a dit un truc que j’ai trouvé rudement chouette. Il a dit qu’on pouvait comparer le délai entre la Résurrection (ça, c’est fait) et la fin des temps à celui qui s’était écoulé entre le débarquement des alliés en 1944 et la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945. Soit, dans ce cas-là, un peu plus d’un an – ce qui n’est quand même pas rien.

Eh ben voilà, c’est du même ordre : la Résurrection, c’est le Jour-J… avec un J comme Jésus ! Et depuis, la mort, elle se débat autant qu’elle peut et fait encore des ravages. Mais en vrai, nous, on sait que c’est fini, qu’elle ne peut plus gagner. On attend juste la victoire finale.

On attend, et puis on espère aussi. Que Jésus il revienne parmi les siens.

Youpi tralala.

16 janvier 2009

L’Oint est proche

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 19:51
Tags: , ,

Je sais, le titre est trompeur. Néanmoins, je le dis : Ami de la gaudriole, passe ton chemin. Ce soir, c’est de sérieuseries que je te cause (parce que, comme je crois l’avoir déjà dit, je suis ici chez moi et donc je fais ce que je veux). Bon. Cette entrée en la matière envoyée, voilà de la matière à méditer :

“Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche.” (Is. 55, 6)

Jamais trop compris pris la peine d’essayer de comprendre cette phrase, moi. Un verset biblique comme un autre, pas spécialement plus marquant à mes yeux que n’importe quel passage du Cantique ou des Actes. Un détail, en gros. Eh bien justement, en fait de détail, il m’apparaît maintenant bien gros ! Comme ça m’arrive encore de temps en temps, je me suis pris cette phrase en pleine tronche tout à l’heure.

christ1

Ce Dieu, qu’on accuse d’être si lointain, et jamais là quand il faut, et dans un ailleurs indéfinissable, etc. etc. Ben, ce Dieu-là, il est quand même venu prendre chair pour nous montrer à quel point il était proche !

Et moi ? Au lieu de dire que Dieu n’est quand même pas très souvent avec moi, combien de temps par jour je passe avec lui ? Combien de fois j’accepte de le regarder, de l’écouter ? Peut-être que la distance que je sens entre Dieu et moi, elle est plutôt entre moi et Dieu… P’têt, tiens. Lui est certainement bien moins loin de moi que je ne le suis de lui.

9 janvier 2009

Parabole de la roue de charrette

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 13:00
Tags: , , , , , ,

Si j’en crois les statistiques du blogue, t’avais bien aimé la parabole de la centrale à béton. Ça tombe pas trop mal, parce que figure-toi que j’en ai une autre à te raconter. Elle vient aussi de mon père spi (le père Spicace, il s’appelle, et il est Belge même si lui il dit qu’il est Wallon).

Cette fois-ci, il m’a expliqué l’Église avec l’image d’une roue de charrette. Tu remarqueras encore une fois qu’il aime bien choisir des images résolument glamour… Passons.

Commence par regarder attentivement comment c’est fait, une roue de charrette. Au centre, t’as le moyeu ; à la périphérie, la jante ; entre les deux, il y a des rayons. Eux (les rayons), ils relient le moyeu avec la jante, mais en même temps le moyeu et la jante tiennent les rayons. T’enlève un seul élément et il n’y a plus de roue. (Tu suis ? Oh, ça va, fais un effort !)

C’est seulement quand la roue est solide et bien constituée qu’elle peut faire avancer la charrette et laisser une marque sur le chemin.

T’as compris : le moyeu, c’est le Christ ; les rayons, c’est chacun de nous ; la jante, c’est l’assemblée des croyants qui laisse son empreinte sur le monde. Tu peux même entourer tout ça d’un cercle de charité pour que ça tienne mieux…

Et il y a encore mieux ! Tu sais à quel endroit les rayons sont les plus proches les uns des autres ?

… au plus près du centre !

20 décembre 2008

Le Christ ne vaut pas la peine…

Classé dans : Clin d'oeil, Mais dites... — Edmond Prochain @ 13:14
Tags: , , , , , ,

Toi aussi, ça t’étonne (ça te choque ?) de lire ça ? Bah alors imagine si c’est un prêtre qui le dit ! Un Légionnaire du Christ, en plus ! Et le pire du pire (du pire du pire du pire), c’est que finalement je suis assez d’accord avec lui. Comme quoi… Je pensais pas dire ça un jour, mais voilà, y’a que les lecteurs de Siné Hebdo imbéciles qui ne changent pas d’avis :

Le Christ ne vaut pas la peine…

… Il vaut la vie !

C’est du moins la conclusion de cette vidéo, trouvée par Vivi qui est décidément toujours au taquet sur les questions à haute teneur en testostérone.

P’tit commentaire sur la forme : y’a pas grand chose à dire, en fait, c’est très propre dans la réalisation et ça confirme qu’en terme de com, chez les cathos en France, les Légionnaires du Christ font la course en tête. Alors quand JBM se demande si c’est possible d’évangéliser avec faycebouc (et, plus généralement, avec le ouèbe), je réponds oui… mais on a encore de la marge !

17 novembre 2008

Pourquoi tout n’est pas perdu pour le canard

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 19:33
Tags: , ,

On me parle souvent du canard. Pas toi ? Je suis sûr que si, au moins de temps en temps.

Et attention, hein ! Quand je dis “le canard”, je ne parle pas de celui-là :

foie-gras

Mais plutôt de lui :

canard1

Voilà, soyons clairs. Ce canard, donc, on m’en parle souvent avec une voix geignante et pleurnicharde (non, non : pas que des filles) pour me dire des trucs du genre :

“Ouais, tu comprends, j’me sens tellement pauvre, tu vois… J’me sens tellement petit et faible et fragile et pas beau… Allô maman bobo. Et puis, j’ai l’impression que je sens rien, tu vois… Je sais ce qu’il faudrait que je fasse, mais je retombe toujours dans les mêmes erreurs… Bouhouhouhouhou… Et pourtant, je sais que Dieu veut mon bonheur, hein ! Je le sais, tu vois, mais je n’arrive pas à saisir tout ce qu’il fait pour moi… Snif ! Je suis trop imperméable à son amour, tu vois… La grâce me glisse dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard.

Bon. Nous y voilà. (Au canard.) Même que je pense qu’en chemin tu t’es reconnu : c’est toi qui fais rien qu’à pas arrêter de me rebattre les oreilles avec le canard. Alors, je te préviens tout de suite : tu t’arrêtes direct, sinon je t’en colle une direct aussi !

Et les grâces du baptême, t’en fais quoi ? hein ?!

Au lieu de te morfondre bêtement (en plus, c’est d’un conventionnel, mon pauvre ami… t’imagines même pas à quel point tout le monde fait ça !), tu te relèves une bonne foi(s) pour toutes et tu le regardes vraiment, cet abruti de canard.

Oui, t’as bien lu, tu le regardes :

canard2

T’as compris maintenant ou il faut que je te fasse un dessin ? … D’accord, je t’explique. Ce fameux canard que blablabla l’eau coule sur ses plumes et que blablabla c’est pour ça qu’il est pas touché par la grâce, ce canard-là tu l’as vu ? Nan ? Mais il a les pieds dans l’eau, (virgule,) bougre d’âne !!

Coin coin !

[Photos de Poussah - merci à lui.]

1 novembre 2008

Les Béatitudes des Doux Dingues

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 0:07
Tags: , , , , , ,

On va faire les choses dans l’ordre. D’abord :

BONNE FÊTE !

Ensuite, faut que je t’explique un peu la genèse du billet du jour. Il était une fois (nan, je vais faire plus sobre) Tout a commencé quand Eudes Acieux m’a rappelé une chouette citation de Michel Audiard : “Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière.”

En ce jour de Toussaint – jour des Béatitudes – la phrase est particulièrement appropriée, tu ne trouves pas ? Et très paulinienne, en un certain sens… Mais si, rappelle-toi 1Co 1, 27 ! Tu veux un petit rappel ? “Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages.” D’où l’idée (saugrenue ? tant mieux) de reprendre la phrase d’Audiard pour composer une série de nouvelles… “Béatitudes des Doux Dingues” (qu’on pourrait aussi baptiser la “Béat-attitude” !).

Enfile ça pour te mettre dans l'esprit...

Enfile ça pour te mettre dans l'esprit...

Alors, prêt ? C’est parti :

Heureux les fêlés, ils laisseront passer la lumière ;

Heureux les insensés, ils montreront le chemin ;

Heureux les fous, ils trouveront asile au Ciel ;

Heureux les piqués, ils seront toujours bien aiguillés ;

Heureux les givrés, leur joie sera rafraîchissante ;

Heureux les toqués, la porte leur sera grande ouverte ;

Heureux les originaux, on les prendra pour modèles ;

Heureux les allumés, ils embraseront la terre ;

Heureux ceux qui ont un grain, ils porteront du fruit ;

Heureux les timbrés, ils arriveront à bon port.

17 septembre 2008

La vraie lumière, pas le grand spot

Classé dans : Humeur(s), Mais dites... — Edmond Prochain @ 19:36
Tags: , , , , , , , ,

Vendredi dernier, juste après avoir reçu mes deux cadeaux et avant de rejoindre la procession mariale dans les rues de Paris, j’étais à l’église Saint-Nicolas-des-Champs. Belle veillée. Très belle veillée, même, entre louange, témoignages et adoration… avec ce sentiment d’être des veilleurs au milieu de la ville, réunis autour du Saint-Sacrement, cœur battant du Christ.

J’ai aussi eu l’occasion de découvrir la star de l’été, le père René-Luc [*]. Alors, autant je suis en général assez sceptique face à cette mise en avant de personnalités hors du commun, auxquelles tout le monde se réfère durant une période assez courte (il y a eu par exemple Tim Guénard, ou Guy Gilbert avec un succès supérieur encore…), autant le personnage m’a beaucoup plu. Peut-être parce qu’il n’a finalement pas insisté sur son témoignage personnel (par ailleurs très touchant, mais ce n’est pas la question), pour nous faire une présentation du pape Benoît XVI, avec simplicité et conviction. Et beaucoup de talent : il était passionnant.

Mais si je t’en parle, c’est pour une raison beaucoup plus futile… (Tu commences à comprendre le principe de ce blogue, non ?) A un moment donné, il a employé une image qui m’a bien plu, tout simplement parce que j’aime bien les images-à-la-con-mais-qui-en-disent-quand-même-long. Je tente un résumé :

On attend toujours de Dieu qu’il nous donne un phare. Un grand phare marin avec une grande lumière qu’on voit de loin et qui nous indique toujours le bon cap. Eh bien non ! Dieu nous donne bien un phare… mais un phare de vélo ! On voit à deux trois mètres devant. C’est tout. Et si on veut voir plus loin, il faut déjà parcourir ces quelques mètres. Il nous éclaire au fur et à mesure.

Effectivement, saint Jean nous le dit bien (dans le Prologue de son Évangile) : le Christ est pour nous la “vraie lumière”… pas un grand spot aveuglant. C’est pour ça que ce n’est pas facile de le suivre, mais c’est aussi la beauté de la chose, au fond : à chaque instant on reste libre de s’écarter du chemin. Ou pas.

[*] Le père René-Luc est l’auteur de l’ouvrage Dieu en plein cœur.

Page suivante »

Publié sur WordPress.