Le blogue d'Edmond Prochain

31 octobre 2009

Hans Küng : sénile, ni écrire

Classé dans : Actu, Humeur(s) — Edmond Prochain @ 14:21
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hanskungL’article d’Hans Küng sur la politique du pape envers les anglicans est un véritable drame ! Il n’y a qu’à lire le premier paragraphe pour faire le plein de clichés, c’est assez intéressant d’un point de vue rhétorique : c’est la pédagogie du coup de pied dans la tronche. Fin comme la finition d’un gant de boxe. Rempli jusqu’à la nausée des obsessions d’un vieux monsieur qui semble saisir n’importe quelle occasion de régler ses comptes avec Benoît XVI ; même si ça doit passer par des tribunes où la pensée est tellement distendue que l’ensemble en devient intellectuellement incompréhensible. Symptomatique. Pathologique.

“Après avoir heurté de front les juifs, les musulmans, les protestants et les catholiques réformistes, voilà que le pape Benoît XVI s’en prend maintenant aux anglicans.”

Ah, mince, les pauvres : qu’est-ce qu’il va leur faire, le méchant Benoît XVI ? Il les agresse ? Pire encore : il les accueille. Fasciste, va !

Mais la situation, selon Hans Küng, n’est pas si simple. Non, “si simple” n’était pas assez : mieux vaut encore qu’elle soit simpliste, au moins tout le monde comprendra. Alors, d’abord, il y a un vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique. Le genre qui fait mumuse avec les extrêmes en permanence et ne dit jamais un mot sur l’Afrique ou l’économie mondiale. Du “pas bien” en barre, quoi. Et alors, le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique, eh bien il a tendu un piège machiavélique à tout un tas de charmants petits anglicans, qui sont un peu benêts et qui se sont laissés prendre comme des nouilles et qui quand même sont salement d’extrême droite (oui, parce que sinon ça se tient pas que le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique qui ne fait mumuse qu’avec les extrêmes s’intéresse à eux). Quant à l’archevêque de Canterbury, s’il a signé le communiqué annonçant la nouvelle du rapprochement, c’est parce que c’est une grosse buse. La preuve que c’est une buse ? facile : s’il n’en était pas une, il n’aurait pas signé.

Pour appuyer ce qu’il dit, Hans Küng a même trouvé un mec vachement bien qui dit des trucs rudement chouettes qui vont pile dans son sens : Hans Küng ! A quoi bon avoir des gens qui pensent comme soi, quand on est d’accord avec soi-même…

A part ça, son article est tout plein de petites sottises pour amuser la galerie (quel déconneur, tout de même !), d’allusions tout juste destinées à donner à l’ensemble un peu de sel polémique, d’interprétations qui feraient de l’expression “procès d’intention” un compliment, et surtout d’une suffisance telle qu’on n’en trouve guère que chez “les gens qui savent”. Du rabâchage de vieilles obsessions personnelles, écrites au mortier. Si près de 400.000 anglicans rejoignent l’Église catholique, c’est forcément contre leur gré, même s’ils ne le savent pas encore… Ce qui se conçoit mal s’énonce salement. Il ne manque finalement, pour faire entrer cette tribune parmi les grands classiques des pamphlets-ni-à-faire, qu’une allusion à Vichy – ce qui nous rappelle au passage qu’Hans Küng n’est pas Français, mais Suisse.

La coupe couche est pleine.

Comme le dit Patrice de Plunkett, dans un bon billet consacré à cette même tribune : “Küng a hanté trop longtemps les salles de rédaction pour n’avoir pas pris une série de tics”. Il qualifie même le texte d’“article de trop”, ce que je ne serais pas loin de penser si cette idée ne m’était pas déjà venue par le passé. De son côté, Gian Maria Vian, dans son éditorial de l’Osservatore Romano, ajoute : “le ton ne fait pas honneur à son histoire personnelle, et (…) à certains égards, frise le comique”. C’est vrai que, dès lors qu’on arrête d’être affligé, on se marre quand même pas mal.

Küng, King of the Kongs ? Évidemment non, mais ce papier n’est pas digne de sa grande intelligence ; et moi, des types brillants comme ça qui disent des âneries et le font exprès (et le font depuis un certain temps), ça m’agace pas mal. L’ensemble est tellement bête et méchant qu’il me donnerait presque envie de dire des grossièretés. Sauf que si je fais ça, ma mère risque de m’appeler pour me reprocher encore de dire des gros mots sur mon blogue. Et si elle m’appelle, elle risque de me reprocher aussi de ne pas l’appeler plus souvent. Tu comprendras donc que je ne préfère pas tenter le coup…

Alors que dire ? Rien. Il n’aurait même pas fallu en parler, finalement. Pourtant ça fait du bien !

15 septembre 2009

On a posé un lapin au Pape [Sacristains]

Classé dans : Sacristains — Edmond Prochain @ 11:00
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Je suis un garçon assez naïf par nature. Et je jure devant Dieu que c’est entièrement de ma faute : je ne suis même pas né comme ça, je me suis efforcé de le devenir. C’est bête, je sais ; pourtant il m’arrive, certains matins en prenant ma douche, d’être assez fier de ma naïveté. Elle est encore toute propre et pas trop usée, elle me va bien je trouve. Bon, le seul truc un peu caca dans tout ça, il faut bien l’avouer, c’est qu’elle ne sert pas souvent… [...]

*

Le billet complet est à lire sur :

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18 août 2009

A quoi sert ce blogue ? [An 1]

Classé dans : Blogue — Edmond Prochain @ 14:13
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Mine de rien, on a quand même fêté silencieusement le premier anniversaire d’existence de ce blogue. Et pour un site lancé sur un coup de tête en août dernier, je trouve que le chemin parcouru jusqu’ici n’est pas si mauvais… Ce ne sont pas les dernières semaines qui vont me faire changer d’avis.

Je m’étais amusé, en décembre, à faire un petit bilan de cinq mois derrière mon clavier ; tu me pardonneras – j’espère – si je recommence l’exercice aujourd’hui : je le fais parce que je trouve intéressant de noter certains points.

D’abord, depuis janvier, le blogue semble voir trouvé sa raison d’être avec l’actu. Les polémiques de ces derniers mois ont confirmé mon intuition de départ : oui, il existe un vrai besoin d’une présence “paisible mais visible” (comme dirait Koz) des catholiques sur le ouèbe. Entre temps, le pape a également encouragé cette présence. Il ne faudra pas s’étonner si celle-ci se renforce encore dans les prochains mois ; en tout cas, des liens se créent entre blogueurs et je m’en réjouis. Pour preuve, je citerai un fameux dîner avec Koz et Chafouin, au début de l’été, ou encore le fait que David n’ait pas hésité à faire un détour pour passer me rencontrer.

Et, évidemment, je pourrai difficilement cacher ma surprise d’avoir découvert récemment être suivi, y compris sur touitteur et faycebouc, par quelques confrères et consœurs  (including one distinguished English colleague). C’est ainsi que je me suis retrouvé une ou deux fois interviewé, malgré le fait qu’à l’échelle d’internet je sois encore un débutant…

(Photo de Karym Bagoee, parue dans Famille chrétienne.)

(Photo de Karym Bagoee, parue dans Famille chrétienne.)

Parmi les rencontres amusantes, façon “effets secondaires”, je noterai aussi les deux joyeux lurons de la Frassa-Team, autour d’un dîner très sympa malgré l’absence de four chez Amaru…! (On croit rêver !) Autant de contacts qui se nouent au fil des clics et finissent par tisser des relations, pas forcément toujours proches, mais incontestablement intéressantes.

Petits tuyaux, encouragements, rencontres – du virtuel au réel, il se passe de vrais trucs. Je n’irai pas jusqu’à dire que cette année “quelque chose s’est levé, qui ne retombera pas”, mais je n’en suis pas loin quand même…

Au tout début, c’était presque un jeu, une blague ; un an plus tard à peine, c’est devenu une vraie petite carte de visite, et je ne suis pas loin de penser qu’en restant prudent (vu les sujets abordés et les convictions affichées), l’expérience de ce blogue pourrait être un véritable apport professionnel. Sans compter que je me retrouve à faire – pour moi-même et gratos, certes ! – ce dont je rêvais sans vraiment oser y croire lorsque j’étais encore étudiant : être chroniqueur. Pas désagréable, ça.

[Edit : Je reviens quand même brièvement sur la question de l'anonymat, qu'on me repose régulièrement. Certes, mes arguments ont en partie évolué, j'apprécie le fait que le blogue d'"Edmond Prochain" puisse davantage interpeller et intéresser que si j'utilisais mon vrai nom, mais le fond reste le même : je ne me cache pas, j'exerce simplement une profession où il n'est pas toujours évident de rester libre. Aussi, pour préserver cette liberté, je garde mon pseudo. C'est tout.]

Un espace d’expression plutôt sympa, des contacts intéressants, des coups de main salutaires, des rencontres décisives… Voilà pour un bilan de mon côté. Et afin d’améliorer le côté participatif de cet espace, tu es cordialement invité à laisser tes impressions au bout d’un an : comment es-tu arrivé ici ? quelles évolutions as-tu notées ? lesquelles espères-tu ? (Je te laisse t’exprimer d’autant plus librement que, de toute façon, je fais ce que je veux !!) A toi la parole ! Si ça peut être l’occasion pour quelques “lecteurs silencieux” de dire bonjour, j’en serai ravi.

Et pour la suite, quelque chose me dit que ce n’est pas terminé, que d’autres surprises sont encore à venir… Alors, en avant ! An 2.

22 juin 2009

Le vent est de retour

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 10:06
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Quand j’étais enfant, je jouais parfois avec des petits moulins à vent ; tu sais, ces trucs colorés accrochés au bout d’une tige, comme des fleurs, et qui tournent. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas toujours du vent. Alors parfois il fallait le chercher, et la magie de l’enfance, c’est qu’on le trouvait, le vent : il suffisait de courir pour le rattraper ! Et le moulin tournait.

Ensuite j’ai un peu grandi et j’ai commencé à faire un peu moins gaffe au vent. Mais j’ai découvert une autre façon de le trouver quand il se cachait (et même que j’étais vachement fier de moi) : je mouillais mon doigt et je le levais. Ça me faisait sentir le sens des courants d’air. Et j’aimais bien ça, je crois.

Le truc avec le vent, en fait, c’est qu’à part les bourrasques et les tempêtes, et à part quand on est enfant aussi, on se rend jamais trop compte s’il est là ou pas. On croit qu’il est parti, un peu.

Et puis hier, j’ai pris le train. Le paysage défilait drôlement vite. Ah ouais, parce qu’il faut que tu saches que je continue de considérer que quand tu voyages, c’est le paysage qui se déplace ; la preuve, c’est que moi je bouge pas. D’abord. Or donc voilà, toussa, à côté de mon train y’a de grosses éoliennes qui sont passées. J’ai bien regardé les arbres autour : ils bougeaient pas, y’avait pas de vent. Et pourtant elles tournaient. Donc y’avait du vent. Un peu. Le même vent que je croyais parti, en fait, il était resté. Voilà. Il suffisait de quelques éoliennes pour rendre témoignage au vent. Le vent était de retour.

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

Si je te raconte tout ça, c’est pour que tu fasses pas de blague toute pourrite sur le titre du bouquin dont au sujet duquel je veux te parler. Ça s’appelle Dieu est de retour. (Nan, en vrai, il était pas parti – essaie de suivre, je te jure, c’est fatigant parfois…) C’est écrit par un ami qui s’appelle Jean-Baptiste Maillard, mais c’est pas que pour ça que j’en parle. Quoique, un peu quand même. Mais pas que.

En dédicace, JBM m’a écrit :

“Nous partageons le même souci de l’évangélisation. Puisse ce livre t’encourager dans ton apostolat sur internet, autour de toi et loin de toi !”

La question, donc, c’est qu’il est urgent d’annoncer notre foi dans le monde. Pourquoi c’est urgent, tu te demandes ? Faut que tu lises le livre pour savoir ! (Je fais du suspense pour vendre un peu, t’auras noté.) La vraie question, alors, c’est que la mission laissée par le Christ aux apôtres, c’est l’affaire de tout le monde aujourd’hui. Chacun à sa place, chacun a sa place. Et cette enquête le montre bien, en brassant à peu près tous les domaines : professionnel, générationnel, confessionnel, sensibilitionnel, toussa.

JBM, il dit des trucs énergiques et parfois un peu grosmotisés, du genre : “Le monde crève la gueule bouche ouverte, le monde meurt. Et que faisons-nous pour voler à son secours ?” Mais il a pas tort, et je dirais même plus : il a raison. Et puis JBM, aussi, il parcourt la France à la rencontre de tout plein d’évangélisateurs tous plus tarés les uns que les autres, et pourtant humains. Au final, il fait un sacré recueil de bonnes idées.

C’est un peu Tintin et les Sept dons de l’Esprit, en fait.

La couverture est jolie (c'est toujours plus sympa au moment de l'afficher sur son blogue).

La couverture est jolie, non ?

Après, évidemment, je pourrais lui reprocher d’avoir un peu poussé le principe du panel trop loin, de zapper d’un sujet à l’autre sans que le rapport soit toujours évident, de présenter des initiatives d’inégal intérêt à mes yeux, d’avoir casé sa femme dans les témoins interrogés alors que moi-même pas (tu me diras, ça m’a évité de lui dire non !), ou encore de taper parfois un peu trop dans un milieu que je reconnais trop facilement, où je connais un peu trop de noms pour être totalement surpris. Je pourrais lui reprocher ces choses, sauf qu’en vrai il arrive toujours à dépasser ces petites caricatures passagères pour revenir à quelque chose de plus essentiel. Le Christ, en l’occurrence. (Ça devrait toujours être l’occurrence.)

Sans compter qu’au-delà de cette essence-là, JBM a le bon goût, tout le long de son enquête, de ne pas se positionner en réactions aux initiatives passées (et parfois encore présentes) de l’Église en France. Ce parti-pris, sage et très juste, de la continuité tout en réclamant un souffle nouveau, un paragraphe l’illustre bien :

“Il ne suffit pas que l’Église de France “prenne à bras le corps les questions de société”, comme on l’entend souvent. Ni qu’elle réfléchisse à la question de sa “présence au monde” ou de sa “visibilité”. Être présent est nécessaire mais insuffisant sans l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut. Le plus urgent est que l’Église de France se jette sans plus attendre dans cette évangélisation de nos contemporains. Cette évangélisation, rappelons-le, n’est pas un volontarisme ou un activisme. Mais toutes les activités des chrétiens doivent être ordonnées à l’annonce du Christ , comme nous l’a rappelé Benoît XVI en France. Oui, il faut évangéliser la France. Alors qu’attendons-nous ? Si nous nous lançons résolument dans cette évangélisation, alors oui, l’Église sera vraiment présente dans notre société, et le Christ dans le cœur de chacun.”

Mais sans rire, il faut lire Dieu est de retour. Et pas que parce que c’est le livre d’un copain. Il faut le lire parce que ce livre présente plus de visages de cathos engagés que ce que certains croient qu’il reste de cathos dans l’Église. Il faut le lire, aussi, parce que quand on est dans le train à regarder les éoliennes avec le livre posé sur la tablette devant soi, il interpelle les gens qui passent :Dieu est de retour… Ah bon, il était parti ?”

Nan, en vrai, il était pas parti.

23 mai 2009

Sur le même sujet…

Classé dans : Médias — Edmond Prochain @ 0:42
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Dans mon empressement à publier quelques mots sur l’invitation de Benoît XVI à témoigner sur internet, j’en aurais presque négligé ce charmant clin d’oeil d’un site d’info qui doit définitivement être mon préféré… Sauf que cette fois, inutile de charger l’AFP, c’est juste le système de reconnaissance d’articles similaires qui fait d’éloquents “accrochages”.

Tiens, juge par toi-même :

Voir l'encadré "Sur le même sujet", en bas à gauche...

Voir l'encadré "Sur le même sujet", en bas à gauche...

D’in côté, le pape appelle les jeunes à témoigner de leur foi, de leur joie de croire, toussa ; de l’autre, on nous renvoie à une édifiante tribune dans laquelle Matthieu Grimpret annonçait il y a quelques mois sa “honte” d’être catholique.

Voilà un site qui a décidément tout compris !

- – -

[Edit : Pour revenir plus sérieusement sur la question du témoignage sur internet - que ce soit par rapport au message du pape ou à l'article de FC - je conseille la lecture de ce billet. Je suis presque d'accord avec tout.]

22 mai 2009

On roule pour le pape

Finalement, les plus paranos des folliculaires qui fantasmaient sur les légions du pape (les fameuses) en nous accusant implicitement de prendre nos ordres du Vatican n’avaient peut-être pas tort. Ça alors…en v’la, une nouvelle qui va révolutionner le petit monde du ouèbe de chez papa. Ou pas, d’ailleurs. Mais quand même. Et les plus sceptiques des cathos en seront pour leurs frais : c’est officiel, le net est casher !

Alors, les fâcheux qui font rien qu’à dire que c’est pas bien : pouet pouet. C’est le pape qui l’a dit, d’abord. Eh ouais ! Même que c’était en prévision de la Journée mondiale des communications sociales (qui tombe dimanche).

Ce truc moche, c'est le logo (j'y peux rien).

Ce truc moche, c'est le logo (j'y peux rien).

Comme je suis un mec plutôt sympa, je vais quand même répéter l’essentiel de ce que ça raconte dans le lien que je viens de te mettre (je le fais juste parce que je sais que certains d’entre toi sont des faignasses du clic). Benoît XVI a donc dit, notamment aux jeunes mais pas que :

« Témoignez de votre foi grâce au monde numérique ! Employez ces nouvelles technologies pour faire connaître la Bonne nouvelle, de façon à ce que la Bonne Nouvelle de l’amour infini de Dieu pour tous les peuples résonne de façon nouvelle à travers notre monde de plus en plus technologique ! »

Et pour montrer le bon exemple, le Vatican lance aussi le site pope2you.net ; mais au moment où j’écris ce billet, il n’est pas encore vraiment ouvert, alors on attendra encore un peu pour en parler pour de vrai. D’accord ? (De toute façon, tu noteras que pour le coup, ton avis m’importe assez peu !) Au programme : des tas de spams tout pleins d’eau bénite pour faycebouc, un ouiki rempli de trucs cools, des vidéos, des messages du pape, toussa toussa… Rien que du [potentiellement] chouette.

Mon Dieu ! Le pape fait des puzzles sur internet !

Mon Dieu ! Le pape fait des puzzles sur internet !

Et pendant ce temps-là, Famille chrétienne publie un dossier sur les “cathos blogueurs”. Où l’on parle, entre autres, de JBM et de David (et de l’avorton que je suis, comme dirait l’autre – qui avait aussi pris un nom d’emprunt, d’ailleurs) ; et où l’on apprend que je suis un “humoriste”, ce qui ne me fait rire qu’à moitié mais que je vais essayer de prendre quand même pour un compliment.

Soit dit en passant, bienvenue à tous les lecteurs en provenance directe du magazine. Ici, c’est parfois un peu le bordel bazar, mais je mords pas. Faites comme (vous voudriez que ce soit) chez vous.

2 mai 2009

Vocations 2.0 : dire Oui 25 fois par seconde

Classé dans : Effets de buzz — Edmond Prochain @ 12:00
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Demain 3 mai : dimanche du Bon Pasteur. Et accessoirement, Journée mondiale de prière pour les vocations. Pour une fois que ce n’est pas une journée à la con, autant essayer d’en profiter et se mettre au boulot : des prêtres, on en veut ? On en aura ; mais seulement si on les veut vraiment. Alors prions. Ouais, comme je te le dis.

Ça, c’est fait.

Comme il ne t’aura pas échappé (parce que je ne sous-estime jamais mon gentil lecteur – oui, oui, c’est de toi que je parle) que j’aime bien parler de ce qu’on trouve sur le ouèbe comme initiatives marrantes ou sympa, je me suis dit que pour le coup, avec une Journée pareille, ça vaudrait peut-être la peine de faire un p’tit billet consacré à la communication en vidéo sur les vocations dans l’Église. T’es en train de le lire, ce billet. Et tu te dis aussi que la phrase précédente était plutôt inutile. Maintenant, tu penses que je suis vraiment trop bête de l’avoir précisé, et comme tu constates que moi aussi je le constate, tu souris parce que j’ai écrit trois fois “constate” à la suite (même que tu vérifies et il y en a bien trois dans la phrase). Voilà. Tu te demandes quand je vais reprendre le cours de mon billet et tu vas bientôt être soulagé parce que j’annonce : c’est maintenant. Ouf. (Trop con, cet Edmond.)

Car oui, la vocation sacerdotale s'affiche aussi en vidéo !

Car oui, les vocations s'affichent aussi en vidéo !

Il y a un an à peine, j’aurais noté la communication des vocations sur internet d’un piteux : “Peut mieux faire”. Un an plus tard – maintenant, donc – je constate qu’on a mieux fait. Et je m’en réjouis.

D’abord, il y a eu l’énorme buzz de la Prêtres Academy, lancée par le diocèse de Besançon. On peut penser ce qu’on veut du bon goût de l’entreprise (pour ma part, je n’ai pas trop de problème avec le mauvais goût, pour peu qu’il soit assumé) ; il faut bien admettre que les effets ont été impressionnants : les vidéos ont été vues en un an près de 400.000 fois ! Un enthousiasme médiatique assez efficace. La Prêtres Academy avait même fait l’ouverture du Journal de 13h sur TF1, après avoir été repérée par l’émission LCI est à vous.

Pour mémoire, ça donnait ça :

C’était kitsch, ça oui, mais beaucoup de gens l’ont vu, et certainement un certain nombre hors de la “citadelle”. Et rappeler qu’un prêtre est d’abord un homme comme les autres, c’était une idée intelligente. Les défauts de cette expérience, on les aura assez pointés (faible mise en perspective de l’Eucharistie, notamment), mais zut ! Pouvoir parler de la foi et du sacerdoce de façon décomplexée, et pour une fois sans trop passer pour des constipés, ça vaut bien quelques faiblesses… non ?

Aujourd’hui, il semble bien que le diocèse de Paris ait envie de renouveler l’exploit, puisqu’il communique depuis quelques jours sur le lancement demain d’une mini-série de vidéos baptisée (c’est le cas de le dire) : Into the One (“En plein cœur”). Pour le moment, on ne sait pas si ce sera bien ou pas, mais une chose est sûre : j’ai quand même sacrément hâte de voir ce qu’on nous aura pondu. Si c’est réussi, on en reparle. Mais rien que la volonté de faire quelque chose est déjà un grand pas en avant.

Parmi les autres initiatives notables ayant trait à la vocation, il y a eu celle des Légionnaires du Christ dont je t’avais déjà parlé une fois. Réussie visuellement, internationale, efficace. Le choix de l’accroche “Why not ?” et l’idée d’enchaîner de beaux visages de prêtres jeunes et souriants qui donnent chacun une bonne raison de répondre Oui à l’appel, c’était très bien vu. Je l’ai dit et je le répèterai encore longtemps : en terme de communication sur internet, ils ont pris une sacrée longueur d’avance.

(Je n’ai pas trouvé pris la peine de chercher trop longtemps une vidéo à intégrer dans cet article, mais pour mémoire, tu peux toujours la voir sur cette page.)

Je note enfin d’autres frémissements (mais certaines initiatives m’échappent certainement) intéressants, sur un mode plus modeste certainement mais pas inintéressant dans la volonté de sortir des chemins habituels… A voir notamment, cette vidéo du séminaire de Caen :

Et une autre, de la Communauté de l’Emmanuel, réalisée spécialement pour ce dimanche 3 mai. C’est clairement un appel aux dons, certes, mais la vidéo a le mérite de ne pas se focaliser du tout sur cet aspect financier et de plutôt appeler à la prière pour soutenir les vocations. Un choix pas idiot, dans la mesure où il me semble que l’un n’empêche pas l’autre. En plus, la musique est jolie et le montage bien fichu :

Bon. Et je m’aperçois en poussant les recherches que ce site a lui aussi consacré un billet au sujet de la communication sur les vocations… C’est un peu rageant, parce qu’il me casse un peu ma conclusion, du coup : j’allais dire, comme lui, qu’avec la proclamation de l’année du Prêtre par le pape, les choses pourraient bien bouger encore plus. Maintenant, j’hésite… ah bah non, d’ailleurs : je l’ai fait quand même !

16 avril 2009

Benoît XVI a 82 ans, et 13% des vélos ont des roues

Classé dans : Médias — Edmond Prochain @ 10:43
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Il y a des chiffres indiscutables ; et puis il y a des sondages.

A ma droite (mais n’y vois aucune arrière-pensée politique), le pape Benoît XVI fête aujourd’hui ses 82 ans. Et dimanche, il fêtera aussi ses 4 ans de pontificat. C’est l’occasion de chanter un petit “Joyeux anniversaire Saint-Père” du plus bel effet. Et comme nous ne sommes pas des malotrus, on évitera soigneusement d’aller le faire devant les locaux d’Act-up ou sous la fenêtre de Pierre Bergé. Ils seraient capables de le prendre pour une provocation…

Est-ce que toi aussi tu te demandes quelle bougie il peut bien être en train de souffler ?

Est-ce que toi aussi tu as remarqué qu'il manquait 81 bougies sur ce gâteau ? (Bon, en même temps, ça date de l'an dernier.)

A ma gauche (mais surtout, surtout, n’y vois aucun sous-entendu concernant l’habileté des folliculaires concernés), on a appris que 13% des catholiques croient en la résurrection. Pour une fois, ce n’est pas Le Monde qui sort ce genre d’info, mais Pèlerin. Même que ça a inspiré à François Miclo une petite brève toute désopilante et – comme à son habitude – fort bien inspirée.

Alors, on pourrait entrer dans un débat sur le thème de l’éloignement progressif des cathos par rapport à l’Eglise, une très belle façon de ressortir des couplets prémachés (au XXIe siècle, le cerveau humain a des dents atrophiées, c’est pas d’sa faute) sur l’opposition de la “base” et de la “hiérarchie”. Sauf qu’en fait, ce débat-là, il est tout moisi. Ami polémiste ou “catholique critique” (une expression à la mode, mais que je n’ai toujours pas comprise), passe ton chemin : si 13% des catholiques seulement croient à la résurrection, ça veut dire que 87% des catholiques ne sont pas chrétiens. C’est pas moi qui le dis, c’est “juste” la définition du mot : “Le fondement de la religion chrétienne est la foi en la résurrection de Jésus-Christ”.

Le problème n’est même pas [de se demander si] ce sondage [pourrait être] malhonnête, c’est juste qu’il prend les choses à l’envers. C’est la foi (ou non) dans la résurrection du Christ qui définit (ou non) qu’une personne est chrétienne, et a fortiori catholique. 100% des gens qui croient en la résurrection de Jésus sont chrétiens. Ou alors, je ne sais pas ce qu’ils font… C’est tout.

Si on va par là, on aura tôt fait d’apprendre que 13% des vélos ont des roues, que 13% des boulangers font du pain, que 13% des pianistes sont musiciens, que 13% des océans contiennent de l’eau, que 13% des menteurs ne disent pas la vérité, que 13% des chocolats de Pâques sont faits à base de cacao… Bref : on n’a pas fini d’en apprendre !

15 avril 2009

Scoop du Monde : le pape est chrétien !

On le savait catholique, voire intégriste tendance obscurantiste option pas-beau spécialité anti-capote, voilà que le pape se révèle chrétien ! Ah ben, ça alors… C’est Alain Juppé qui avait raison : il commence à poser un vrai problème, le Benoît !

Qui est à l’origine de ce scoop monumental, et même de ce qu’on peut probablement qualifier d’info de l’année ? L’AFP, forcément. Et qui relaie avec bonheur ? Le Monde, qui ne manque décidément jamais de son esprit. Bravo, les gars. Beau travail. A mon avis, si vous mettez un type en investigation à plein temps sur le dossier, il serait bien foutu de trouver vite-fait que le pape croit aussi à la résurrection pour tous. Ça ferait une révélation mortelle !

Ainsi donc, on apprend avec horreur que : Pour benoît XVI, la résurrection du Christ est un événement “réel”, pas un “mythe”. J’admets que sur ce coup-là, l’évêque en blanc, il a fait rudement fort ! Youhou ! Et si tu ne me crois pas, j’ai des captures d’écran, je balance :

le-monde-benoit-16-titre

Rhôô… l’autre, quand même ! Faut qu’il arrête de fumer son bréviaire, hein, ça suffit maintenant… L’a vraiment honte de rien, ce pape ! Avec Jean-Paul II, c’était quand même autre chose, ah la la ma bonne dame, tiens, vous me mettrez aussi un morceau d’andouillette avec.

Parce que, bon. Soyons sérieux, voyons ! Oh ! Le Christ, ressuscité ?! Vous n’y pensez pas ! Pour les païens que nous sommes, c’est un vrai scandale…

Selon Le Monde, cet homme a de l'humour.

Selon Le Monde, cet homme a de l'humour.

Et en même temps… En même temps, je rigole, mais ça ne me fait rire qu’à moitié, ce truc. Il se trouve que samedi dernier (à la veille de Pâques, donc), je tombais sur cette brève toute marrante de Causeur.fr. Et moi, candide que je suis, je la partageais allègrement sur faycebouc en écrivant : “Si Benoît XVI fait ça, c’est décidé : je quitte l’Eglise catholique ! (Faut pas déconner, non plus… non mais c’est vrai quoi sans blague zut à la fin.)”

Comme quoi, on ne devrait jamais être cynique. Ni sous-estimer l’esprit du  monde (avec ou sans majuscule). En la matière, il arrivera toujours à nous surprendre.

(Merci à Koz pour l’info.)

6 avril 2009

Vivement dimanche

Classé dans : Humeur(s) — Edmond Prochain @ 14:26
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Allez hop : c’est parti pour la semaine sainte ! Youhou ! Jours de jeûne et de prière et de toussa. La grosse fête, en mode mineur, option vaguement pénitentielle sur la fin. L’autre façon d’envisager le combat ordinaire, la version chrétienne : choisir la retraite. Je suis à deux doigts de m’y plonger, histoire de faire un peu le ménage le temps d’un petit tri d’homme… Enfin, pour ça, il faudrait d’abord que j’arrive un peu à m’extirper d’un quotidien un chouille prenant, en ce moment.

Et j’ai bien dit m’extirper, parce que j’ai peut-être un goût douteux en matière de jeux de mots, mais j’ai du vocabulaire. Voilà.

Faut admettre qu’on aura vécu un Carême 2009 vaguement éprouvant, avec des crises en veux-tu en voilà et de multiples occasions de monter au créneau. Des créneaux façon château fort, hein ; voire citadelle assiégée, par moments, et dont on se serait volontiers passés. Mais comme on n’a pas été préservés, on a eu du mal à s’abstenir. (Et allez : encore des jeux de mots douteux sur la capote… pardon.)

Au final, le catho lambda – ce qui est déjà pas si mal, dans la mesure où le Lambda est presque à mi-chemin entre l’Alpha et l’Oméga – doit avoir les rotules sensiblement douloureuses. Ce qui ne tombe pas si mal, dans la mesure où maintenant on est entré dans le vif du sujet : l’accomplissement de tout, le moment où on se souvient en détails d’un Gars qui aura eu bien plus mal que seulement aux rotules. Pour tous les hommes chaque homme moi.

L’avantage de la semaine sainte, aussi, c’est qu’elle remet tout ça en perspective. Parce qu’aussi sûrement que je vais faire exploser mon apport quotidien en calories dimanche prochain, je connais la fin de l’histoire. Le catholicisme n’a jamais été très fort, question suspense…

Tout ça pour dire que j’aurais voulu dire un mot la semaine dernière à propos du pèlerinage de Chartres (celui des étudiants – bien que je ne le fasse plus depuis quelques temps déjà), et puis que je n’ai pas trouvé le temps. Ballot, non ? parce que maintenant, il est passé. Bon. D’un autre côté (non, ne te tourne pas : c’est une façon de parler), je peux toujours revenir sur le thème, que j’ai trouvé fort adapté cette année :

Avance, espère et prends courage ! (Je dois être un grand sentimental...)

T'as vu ? "Avance, espère et prends courage !" (Je dois être un grand sentimental...)

Et puis tout ça, finalement, ça m’a fait repenser à un cadeau qu’on m’a fait et qu’on t’a fait aussi en septembre dernier. Tu te souviens ? C’était à Notre-Dame, le pape était là. Il nous a confié la croix. Et tiens ! depuis, on l’a bien eue. Mais alors : bien, hein !

Sauf que… souviens-toi mieux. Il nous a aussi confié l’Esprit-Saint. Alors avance, espère et prends courage : le deuxième cadeau, il arrive bientôt.

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