Le blogue d'Edmond Prochain

19 octobre 2009

Si vous croyez que ça me rassure… [Sacristains]

Classé dans : Sacristains — Edmond Prochain @ 9:58
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Parlons un peu de facilité. Je ne vais pas revenir sur ma naïveté, mais entendons-nous en partant de bases solides (c’est-à-dire bien fragiles) : je suis effectivement un être faible.

Dès le berceau, il me fallait le bruit d’un hochet pour me réconforter, il me fallait les couleurs et les reflets d’un mobile en plastique pour arrêter mes pleurs. Il me fallait sentir une présence aimante dans un au-delà du berceau pour accepter de vivre en couffin et m’apaiser. Signes de faiblesse. [...]

*

Le billet complet est à lire sur :

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14 octobre 2009

L’amour m’attend.

Classé dans : De rien — Edmond Prochain @ 11:58
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forrest-gumpNon, je ne suis pas devenu fou ; au contraire, j’ai le sentiment d’avoir trouvé une petite évidence jusqu’ici bien cachée. M’aurait-on menti ? je ne pense pas. Il me semble surtout que nous avons à la place des yeux et de la tête de bien étranges prismes qui dévient trop souvent notre façon de voir et de ressentir les choses. On se plante gentiment, sans que ce soit vraiment de notre faute.

Ainsi d’une étrange inscription aperçue ces jours-ci sur un mur que le tagueur avait dû trouver trop monochrome. Des mots qui pourtant détonnaient des habituels graffitis urbains, tant par leur sujet que par leur absence de faute d’orthographe :

“J’attends l’amour.”

Rien que ça. (J’aime spécialement le point à la fin.) Face une telle espérance, on est tenté de s’incliner et de passer son chemin. C’est plus qu’un cri et qu’un appel ; c’est une chanson ancestrale répétée à tue-tête (et sans doute de plus en plus souvent à notre époque). Nos contemporains attendent l’amour. Impatiemment. Désespérément, parfois. Quel amour attendent-ils ? Eh bien, sans vouloir trop m’avancer, il me semble qu’en général, c’est plutôt “le grand”. Ce qui ne nous avance guère, mais pose un peu plus haut encore le standard requis.

Voilà plus ou moins les idées qui sont passées dans mon esprit à la lecture du tag. Et puis soudain – un éclair ! Les autres peuvent bien faire ce qu’ils veulent, il me semble qu’ils prennent le problème à l’envers. Ou alors, c’est juste que j’ai un goût un peu trop prononcé pour les retournements… mais l’un n’empêche pas l’autre, d’abord !

Je n’attends pas l’amour. Que ce soit dit ! L’amour m’attend.

J’en entends certains me murmurer que ces quatre mots sont assez orgueilleux. Ne vous énervez pas, c’est autre chose que je veux dire. Et je maintiens, avec force : l’amour m’attend. D’autres – qui entrevoient plus vite l’idée – pensent sans doute que je mélange tout, et voudront préciser que ce n’est pas le même. C’est assez juste (quoique). Et alors ? Ce n’est peut-être pas “le grand”, mais c’est le vrai, le seul. Un peu comme dans ces expressions aux couleurs passées à force d’être trop répétées : “Il est l’heure d’aimer”, “Aime et fais ce que tu veux”, Si je n’ai pas l’amour…, etc. L’amour m’attend, voilà. Il n’attend que moi pour se manifester en moi (c’est-à-dire autour de moi, à travers moi). L’amour est là : tout près, tout prêt, comme si mon Oui était la seule chose importante à ses yeux. La charité (c’est son nom en version “encodée catho”, désolé) brûle d’impatience que je la laisse m’embraser. Sans doute est-ce simplement cela, d’ailleurs : je suis libre pour elle et c’est bien malgré moi que je résiste encore.. L’amour m’attend. Le prochain pas est pour moi ; le prochain pas…

L’amour m’attend. Qu’est-ce que j’attends ?

23 mars 2009

Popol vs. St-Paul ?

Classé dans : Actu, Humeur(s) — Edmond Prochain @ 19:11
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Cas unique sur ce blogue, je publie deux billets simultanément. Et je le fais volontairement, bien entendu. Pourquoi ? (Excellente question, merci de la poser.) Tout simplement parce que j’ai mis pas loin d’une semaine à écrire le premier, péniblement au milieu d’un gros paquet de travail. Aussi, au moment de le publier, je n’en suis plus totalement satisfait. Je l’assume ; il reflète assez bien mon sentiment des jours passés, mais il m’apparaît à chaque instant un peu plus insuffisant. En tant que catholique, me semble-t-il, je ne peux pas me contenter d’un regard à dimension terrestre.

Ici, le lecteur étonné que tu es s’étonnera sans doute que je prenne un ton aussi sérieux. C’est que la situation le mérite, ma foi !

Qu’on me permette de saluer ici un ami, jeune Fils Prodige pas avare en bon sens. Qu’on me permette aussi de citer (partiellement, du moins) le courriel qu’il m’a envoyé hier :

Sait-on trouver la joie là-dedans ? (…) Va-t-on pouvoir rester dans nos vies comme avant ? Ne doit-on pas s’engager bien plus que ce que nous faisons déjà dans la lutte contre l’injustice et la recherche de la vérité ?
Peut-on rester sans se mouiller ?
Les médias ont – je crois – sonné eux-même l’appel à un engagement profond et radical des catholiques pratiquants aujourd’hui.
Restera-t-il des tièdes ?
Je crois fermement que la joie est là. Et que le Christ a déjà gagné. Et que ce n’est qu’une occasion de plus pour entrer dans l’Espérance d’une manière renouvelée.
N’est-ce pas plutôt cela dont on a besoin ? Un message qui aime nos ennemis, qui leur porte une estime sans mesure (eux, hein, pas leurs écrits ni leur haine, etc.) ?”

Alors voilà. Ne répondons pas aux vociférations par des vociférations. Ne serait-ce que parce que 1) c’est pénible pour les oreilles, 2) on n’a pas forcément moins tort sous prétexte qu’on crie plus fort.  Donc du calme ! Paix, petites brebis…

Surtout, surtout, ne répondons pas à la bêtise par la connerie. C’est nouille, ça ne prouve rien et c’est même contre-productif.

Quelle que soit notre peine face aux événements récents, peut-être est-il temps de travailler à apaiser un peu le débat. En relisant par exemple un vieux texte tout plein de poussière et écrit par un gars dont le nom faisait référence à notre pays :

“Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.”

(Prière attribuée à saint François d’Assise – spéciale kassdédi à une amie journaliste qui se reconnaîtra !)

Et tant qu’à faire, avant de s’emporter pour défendre une autre conception de Popol, peut-être est-il temps de relire saint Paul ? Parce que ça fait toujours du bien de l’entendre le répéter, et parce que la charité nous fait parler d’une seule voix :

Cette vidéo existe grâce au talent de Véro Bréchot. Merci !

Terriblement exigeant, mais tellement enrichissant… Merci, Christophe, de m’avoir remis cela en perspective.

5 mars 2009

Cherche antivol spirituel

Classé dans : Humeur(s) — Edmond Prochain @ 15:39
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On est de drôles d’animaux. Curieuses bêtes infoutues d’apprendre correctement leurs leçons. Par contre, dès qu’il s’agit de retomber exactement dans le même trou que la dernière fois, alors là pas de problème : on est toujours au rendez-vous ! Même la troisième fois, même la quatrième, même la cinquième, même la douzième, même la soixante-dixième… toujours, on remet le pied en plein dedans !

Bien entendu, je parle pour toi, parce que c’est connu que je suis un saint. (Une pointe d’ironie s’est cachée dans cette phrase ; sauras-tu la retrouver ?!)

Cela dit, je vais quand même te concéder un truc : on n’est pas aidés ! Les ornières où-c’qu’on retombe tout le temps, elles sont planquées partout sur notre chemin comme de grossiers pièges à cons à loups. Alors bon, ça nous excuse pas vraiment, mais ça explique quand même pas mal de trucs. Sauf que zut… marre de tous ces voleurs qui se foutent bien de nous !

Illustration pour rester dans le ton du précédent billet...

Illustration pour rester dans le ton d'un précédent billet...

Marre de ces embouteillages qui me volent ma patience ;

Marre des ces rames de métro bondées qui me volent ma paix intérieure ;

Marre de ces commentaires désagréables du matin qui me volent ma joie ;

Marre de ces paquets de Granola qui me volent ma volonté ;

Marre de ces taches de confiture qui me volent ma politesse ;

Marre de ces vidéos sur internet qui me volent mon temps de prière ;

Marre de ces engueulades des voisins qui me volent ma bienveillance ;

Marre de ces conversations critiques qui me volent ma gentillesse ;

Marre de ces rendez-vous professionnels qui me volent ma simplicité ;

Marre de ces nuits de veille qui me volent mon sens de l’humour ;

Marre de ces sursauts d’orgueil qui me volent ma charité ;

Marre… marre…

Aux voleurs ! Aux voleurs ! Aux assassins ! Aux meurtriers ! Justice, juste ciel ! C’est vrai, quoi, non mais sans blague, à la fin !

Jusque quand est-ce que je vais accepter de me faire piquer tout ce qui peut-être chouette chez moi par ces brigands de pacotille ? Faut-y pas être un pauv’ type bien peu solide pour se laisser percer toujours le même mur de la maison ! Brr… Allez : on va tâcher de faire mieux, hein ! On va essayer, ouais : essayer.

Mais remarque, si tu me trouves un bon antivol, je prends aussi.

antivol

9 janvier 2009

Parabole de la roue de charrette

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 13:00
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Si j’en crois les statistiques du blogue, t’avais bien aimé la parabole de la centrale à béton. Ça tombe pas trop mal, parce que figure-toi que j’en ai une autre à te raconter. Elle vient aussi de mon père spi (le père Spicace, il s’appelle, et il est Belge même si lui il dit qu’il est Wallon).

Cette fois-ci, il m’a expliqué l’Église avec l’image d’une roue de charrette. Tu remarqueras encore une fois qu’il aime bien choisir des images résolument glamour… Passons.

Commence par regarder attentivement comment c’est fait, une roue de charrette. Au centre, t’as le moyeu ; à la périphérie, la jante ; entre les deux, il y a des rayons. Eux (les rayons), ils relient le moyeu avec la jante, mais en même temps le moyeu et la jante tiennent les rayons. T’enlève un seul élément et il n’y a plus de roue. (Tu suis ? Oh, ça va, fais un effort !)

C’est seulement quand la roue est solide et bien constituée qu’elle peut faire avancer la charrette et laisser une marque sur le chemin.

T’as compris : le moyeu, c’est le Christ ; les rayons, c’est chacun de nous ; la jante, c’est l’assemblée des croyants qui laisse son empreinte sur le monde. Tu peux même entourer tout ça d’un cercle de charité pour que ça tienne mieux…

Et il y a encore mieux ! Tu sais à quel endroit les rayons sont les plus proches les uns des autres ?

… au plus près du centre !

21 octobre 2008

Elle avec Dieu

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 14:12
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“On” me demande pourquoi je n’ai encore rien écrit sur la mort de sœur Emmanuelle. Ne cherche pas trop loin : j’ai simplement lu plein de choses et je ne voyais pas trop ce que je pourrais ajouter d’intéressant. Donc plutôt que de dire des banalités, j’avais plus ou moins décidé de ne rien dire. Et puis toi ou un autre, vous me faites remarquer que mon silence pourrait passer pour de l’indifférence (alors que c’est le contraire : une estime que je n’ai pas envie d’affadir).

Que dire, alors ? Qu’elle portait son nom à merveille : Dieu avec nous ! Elle aura été une belle, une très belle incarnée. Un exemple admirable d’équilibre entre la foi et les œuvres, l’un de ces témoins qui rendent toute tentative d’opposition de l’une à l’autre absolument caduque.

On ne va tout de même pas pleurer alors que sœur Emmanuelle était drôle en diable divinement drôle… Mais on va la regretter, c’est certain, car elle était de ces êtres qui savent faire frissonner le meilleur de nous-mêmes, qu’on a parfois dissimulé bien profond.

Alors, pour tout le bien que ton souvenir nous poussera encore à aller chercher en nous, merci et à Dieu, chère soeur…

22 août 2008

Aimer le monde ?

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 11:13
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Je n’ai qu’un conseil à te donner : va voir ailleurs !

Pour ma part, en me baladant sur le blogue de Patrice de Plunkett, je suis tombé sur une réflexion pas bête du tout, tiens dis donc !

Dans un billet intitulé “Quelle impression donnent les croyants ?”, il se demande si nous laissons autour de nous le sentiment “d’agir par amour fraternel ? ou pour des arrière-pensées ?”

“Quelle impression donnons-nous ? Celle d’aimer nos contemporains au point de demander à Dieu leur salut ? Ou celle de détester l’époque, au point de ne pas aimer nos contemporains ?”

(Lire tout l’article.)

Et c’est vrai qu’à force de répéter qu’il nous faut “être dans le monde sans être du monde”, on finirait presque par oublier que la première partie de la phrase est aussi importante que la seconde ! Et est-ce qu’on n’oublie pas un peu trop souvent, justement, de l’aimer, notre monde ?

Ceci est une question.

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