Le blogue d'Edmond Prochain

2 novembre 2012

Le Cathologue : Peut-on encore trouver des arguments originaux pour aller aux JMJ ?

Classé dans : Blogue,Tout-venant — Edmond Prochain @ 23:31
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Un concours de vidéos pour inviter des jeunes aux prochaines Journées mondiales de la jeunesse (à Rio en 2013) ? Il n’en faut pas plus à Jérôme et Damien pour se lancer, avec la complicité pas toujours bienveillante de Chloé, dans une grande recherche des meilleures pires raisons de participer à ce grand événement.

Et du coup, tout le monde va en prendre pour son grade, à commencer par ce mauvais esprit si terriblement français…

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Quelques rappels : la boutique officielle des t-shirts du Cathologue, la page Facebook de la série, ainsi que celles des différents coproducteurs : L’1visible, KTO, SAJE Prod.

28 octobre 2012

Le Cathologue : Faut-il évangéliser, ou bien ?

Classé dans : Blogue,Tout-venant — Edmond Prochain @ 13:40
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Annoncer notre foi, c’est une demande explicite du Christ. Mais ce n’est pas pour autant quelque chose de facile à faire… Heureusement, Jérôme a quelques techniques qui lui permettent de témoigner au quotidien. Certes, avec un succès parfois limité.

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19 octobre 2012

Le Cathologue : Pour une vocation, combien d’appels en absence ?

Classé dans : Blogue,Tout-venant — Edmond Prochain @ 9:49
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Les conseils de séduction de Jérôme et Damien vous ont laissé sur votre faim ? Cette semaine, ils choisissent de poursuivre dans la veine des choix de vie, en révélant les plus grands secrets de la vocation sacerdotale (quoique, la plupart des éléments seraient sans doute valables aussi pour une vocation à la vie consacrée).

Comme d’habitude, ça tourne à l’accident industriel ? Pas si sûr, en fait…

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12 octobre 2012

Le Cathologue : Comment devenir irrésistible aux yeux d’une jeune catholique pratiquante ?

Classé dans : Blogue,Tout-venant — Edmond Prochain @ 12:38
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Et si on laissait de côté cette semaine les sujets catéchétiques (ou pas, d’ailleurs) pour s’intéresser à une vraie question de société ? C’est ce qu’ont dû se dire Jérôme et Damien, avant de se lancer dans des conseils de séduction à destination de la génération JMJ.

Il n’est d’ailleurs pas certain que toutes les claques se perdent…

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5 octobre 2012

Le Cathologue : La prière, action ou vérité ?

Classé dans : Blogue,Tout-venant — Edmond Prochain @ 9:07
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Après deux épisodes qui bousculaient un peu la forme traditionnelle de la série, retour à une présentation plus "classique" cette semaine (rassurez-vous : il y aura encore des surprises à l’avenir).

L’enjeu cette fois, pour Jérôme et Damien, c’est de parler de la prière. Faut-il prier ? Comment prier ? Pourquoi prier ? Où prier ? Quand prier ? Avec qui prier ?… Toutes ces questions, et beaucoup d’autres, ne trouveront probablement pas de réponse dans cet épisode. Ou un peu quand même. Peut-être.

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11 septembre 2012

Eloge du chemin le moins efficace

Classé dans : De rien — Edmond Prochain @ 10:48
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Un collègue bien intentionné m’a gentiment expliqué l’autre jour que le trajet que je prenais pour arriver au bureau le matin était : 1. complètement con, 2. plus long que le sien, 3. tu comprends parce que bon voilà quoi. (Ne rayez pas la mention inutile, tout y était.) Ce propos liminaire a été suivi d’une démonstration rigoureuse destinée à montrer qu’en adoptant sa technique, je pouvais à la fois gagner du temps et moins me fatiguer. En pratique, descendre une station de métro plus loin permettrait d’avoir moins à marcher ensuite, et permettrait un coquet gain de temps estimé à 30 grosses secondes. L’affaire est, il est vrai, séduisante ; aussi, je me tâte.

Mais il y a malgré tout des arguments que je place dans la balance et qui n’auront – j’en ai peur – strictement aucun impact sur mon interlocuteur. Sur le chemin que j’emprunte donc tous les jours, accélérant de la façon la plus inconséquente qui soit l’usure inéluctable de mes semelles et perdant là un temps précieux, il y a des odeurs qui trainent et me réjouissent les narines. Il y a aussi deux kiosques à journaux devant lesquels j’aime flâner et, parfois, gaspiller un peu plus de temps et quelques euros pour acheter un journal ou un magazine que je n’ouvrirai pas avant le soir (voire le lendemain), mais dont la seule possession me remplit d’une satisfaction aussi infime qu’exquise. Il y a aussi ce feu de circulation où, bien souvent, l’on voit s’arrêter des petites filles qui tiennent la main de leur maman et des petits garçons qui cherchent à leur échapper. Une fois, sur ce chemin si malheureusement trop long, une feuille morte s’est effrontément posée sur la tête ; une autre, j’ai croisé une bulle de savon sans savoir d’où elle pouvait provenir. J’ai aussi failli être percuté par une trottinette de collégien en retard (j’en ai souri). Il y a des devantures qui me mettent à chaque fois les mêmes chansons stupides dans la tête, dont je mettrai plusieurs heures à me débarrasser. Deux fleuristes scandent à leur façon le passage des saisons, par petites touches bleues, jaunes, roses, et luxuriances de verts.

Je concèderai toutefois que l’autre chemin – soit précisé en passant, bien que je n’y passe pas, la seule idée de l’existence d’un autre chemin, plus court, est l’une des réjouissances du mien – croise la boulangerie, ce qui m’oblige à prolonger encore ma marche les matins où l’envie se fait sentir de commencer ma journée avec un croissant, un pain au chocolat ou une brioche. Et même si ce "suffixe pédestre" n’est pas la partie la plus agréable de la route, il a ce goût délicieux du léger effort supplémentaire qui fait mériter le réconfort viennoisé.

Mais surtout, surtout : rien ne me déprime plus que les choses efficaces.

J’y peux rien, je suis comme ça : il y en a pour qui l’importance et la performance sont des valeurs sûres. Je n’aime rien tant que le dérisoire. La possibilité d’une discussion sur les avantages comparés d’un chemin et d’un autre est plaisante, mais que ce débat puisse être tranché par un argument tel que : "Mon chemin est le plus rapide" (sous entendu : "C’est moi qui pisse le plus loin") serait l’une des nouvelles les plus déprimantes de cette journée. Je n’ose y croire.

C’est un peu comme ma nouvelle paroisse, au fond. L’église est moche (sauf si on apprécie le style blockhaus, évidemment), le curé est vieux, il a des manies agaçantes, il me semble qu’il raconte tout de même pas mal de conneries dans ses homélies, l’assemblée est morne, les cantiques datés, l’animatrice des chants entonne tout d’une voix de tête qui transgresse régulièrement les limites de la justesse, certaines célébrations basculent par moments dans une sorte de léger n’importe quoi liturgique, les annonces sont trop longues, les enfants crient et les grands-mères râlent trop fort contre eux. Bref, la paroisse d’à côté présente bien des avantages et je prierais certainement plus en y allant à la messe. Mais prierais-je mieux ? j’ai la prétention d’en douter.

De même qu’il y a quelque chose dans le chemin le plus long qui s’offre à moi pour m’émerveiller chaque jour, il y a quelque chose dans la paroisse la plus rude que je peux offrir à Dieu. Car tout ce qui pourrait me ravir vient de lui, il n’y a que mon énervement qui vienne de moi ; alors je peux lui faire cadeau de ces irritations passagères que je choisis de mettre de côté pour me tourner vers lui. Mes impatiences contre sa Passion : pourquoi  pas ? Je peux lui donner de recevoir avec humilité et simplicité cette paroisse imparfaite qui est la mienne. Parce qu’à sa façon – plus lente, moins immédiatement satisfaisante – c’est moi qu’elle fait grandir, par petites touches insoupçonnables.

Je ne suis pas quelqu’un de très efficace, mais ce n’est déjà pas si mal.

15 juin 2012

Le Cathologue : Faut-il avoir peur de la peur de l’Enfer ?

Classé dans : Blogue,Tout-venant — Edmond Prochain @ 10:16
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La pause estivale approche… Pour leur 8e podcast, Jérôme et Damien ont choisi de parler sans tabou de l’Enfer. Enfin… ça, c’était dans l’idée, au début, avant que Jérôme ne vienne une fois de plus tout gâcher.

Et pour rappel : la boutique officielle des t-shirts (mais pas que) du Cathologue, réclamée à corps et à cris par certains, est toujours ouverte.

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Quelques rappels :  la page Facebook de la série, ainsi que celles des différents coproducteurs : L’1visible, KTO, SAJE Prod.

8 juin 2012

Le Cathologue : L’Eglise n’est-elle pas un peu misogyne sur les bords ?

Classé dans : Blogue,Tout-venant — Edmond Prochain @ 8:38
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Pour son 7e podcast, "Le Cathologue" a décidé de s’attaquer de bas du front à une question particulièrement délicate : la place des femmes dans l’Église. Ses arguments ne manquent certainement pas d’intérêt, mais… comment dire ? Non, d’ailleurs : ne disons rien. C’est mieux comme ça.

J’en profite pour signaler que la boutique officielle du Cathologue, réclamée à corps et à cris par certains, a été finalement ouverte. Les t-shirts de Jérôme sont donc désormais à la portée de tous !

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Quelques rappels :  la page Facebook de la série, ainsi que celles des différents coproducteurs : L’1visible, KTO, SAJE Prod.

28 mars 2012

Le discernement, c’est maintenant

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 14:15
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Je ne sais pas bien comment aborder la question, au juste, n’ayant pas vraiment le temps d’entrer dans le vif du sujet (des sujets, ai-je même envie de dire, tant ils sont nombreux) et de débattre des questions en jeu, mais j’ai tout de même bien envie de relayer cette initiative, alors voilà :

Koz a parfaitement bien résumé le contexte et les enjeux de cette vidéo ; NM et Henry le Barde ont également apporté des éclairages des plus intéressants. Ce clip a donc été réalisé par SAJE Prod, petite société de production fort sympathique avec laquelle je suis en lien – on va dire – étroit (mais ça, on en reparle très prochainement pour une annonce de projet de dingue – comme on dit sur touitteur : #teasingdemerde), et réalisé (donc – avant que je digresse sur des annonces à venir) à partir du document publié par la Conférence épiscopale en octobre dernier. Le titre était le même que celui de la vidéo, et le contenu avait le grand mérite de bien synthétiser les enjeux pour les échéances électorales à venir… mais aussi pour les mois et les années qui suivront.

Le tout est d’ailleurs regroupé sur une page internet tout ce qu’il y a de plus basique (mais efficace) : Quellesociete2012.fr

J’en entends déjà dire que le clip et les 13 points proposés à notre discernement ne nous donnent pas de consigne de vote aident pas à savoir pour qui voter. Effectivement, non. Et c’est heureux ! L’Église n’est pas là pour nous traiter comme des enfants, en nous expliquant qui nous devons soutenir ; au contraire, comme elle veut voir en nous les adultes responsables que nous sommes (si ! nous le sommes – arrêtez de ricaner au fond). Tout en nous donnant les outils – la "boussole" – pour éclairer notre choix, elle nous laisse choisir en conscience à qui nous choisirons de donner notre voix. Elle ne nous dit pas, comme l’a souligné Koz, "pour qui" voter, mais nous aide à discerner "pour quoi" voter… La décision qui en découle nous appartient, et elle est éminemment respectable dès lors qu’elle est posée en pleine conscience.

D’ailleurs : n’aurait-on pas hurlé si les évêques ou même de simples catholiques avaient prétendu nous dicter notre vote ?

En attendant, nous voici avec de bons outils pour affiner notre réflexion et faire entendre la voix de l’Église dans la société actuelle. Évidemment, tout ne sera pas au goût de tout le monde, mais le message a le mérite d’être franc et les questions d’être posées. Dans une campagne où tout le monde se plaint que les sujets de fond ne soient pas abordés, cette prise de parole peut éventuellement trouver une petite place, par l’écho que nous lui donnerons. A chacun, ensuite, d’en tirer les éléments qui le guideront (ou pas, d’ailleurs), au moment de passer dans l’isoloir.

D’ici là : bon discernement à tous !

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NB : Merci de ne pas faire des commentaires un espace de tracts pour tel ou tel candidat… La propagande politique, il y a des endroits pour ça !

3 mars 2012

Tête à lectures

Classé dans : Tout-venant — Edmond Prochain @ 16:11
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Je suis entré pour la première fois dans cette petite église du sud de la France un dimanche soir d’une fin de mois d’août, après avoir roulé toute la journée. Il faisait chaud. Et je ne le dis pas seulement pour faire un effet de style avec une phrase factuelle et très ramassée juste derrière une séquence sensiblement plus longue et avant d’enchaîner avec une autre phrase longue ; non, en réalité, j’avais même noté ce jour-là des pointes absolument indécentes en terme de température et de degré d’humidité. Il faisait donc très chaud, même si je commence à réaliser que mes tentatives d’effets de styles sont moisies, dans la mesure où cette information n’est absolument pas pertinente pour la suite… Bref : j’étais dans une région inconnue, une ville inconnue, une paroisse inconnue, j’étais moi-même un inconnu et en plus j’avais trop chaud, et le prêtre s’est dirigé vers moi d’un air décidé pour me demander si j’accepterais de faire la deuxième lecture.

Dans cette autre église que je connais un peu mieux, plutôt dans l’ouest et plutôt à l’automne, mais où je n’avais pas remis les pieds depuis bien sept ans, les habitués se saluaient poliment de la tête, d’un bout à l’autre de leur banc. Il y avait là déjà toutes sortes de crânes : des boucles blondes, des dégarnis, des cendrés, des blanchis, des longs, des ras, des lisses, des hirsutes, des soyeux, des gras, des couverts, un rouge pétaradant. Certaines assemblées chrétiennes sont comme des vaisselles dépareillées : on se dit d’abord qu’elles ne ressemblent à rien, qu’elles ne sont pas présentables, et puis on oublie complètement au moment de passer à table. En tout cas, celle-ci ne ressemblait pas à grand chose, et le prêtre était un peu taillé du même bois, improbable et touchant. Si touchant, même, que c’est à mon épaule qu’il est venu le manifester juste avant le début de la messe : je ferais bien la première lecture, n’est-ce pas ?

Cette fois-ci, je l’ai senti dès que je suis entré. Petite église de petit village, aussi blanche de pierres que de paroissiens. A peine un pied posé dans la nef, la responsable de la liturgie (pourtant occupée à ralentir encore la chorale, des fois qu’il resterait encore un peu de rythme dans le chant qu’ils répétaient alors) a posé son œil d’aigle sur moi. J’ai senti par anticipation ses serres se refermer sur mon dos pour m’entrainer contre mon gré jusque dans son nid – autrement appelé ambon. J’avais raison : quelques minutes à peine plus tard, juste le temps d’expédier un sanctus deux tons en-dessous (je suis taquin, mais en réalité assez admiratif du dévouement d’une telle femme, même si mon oreille saigne un peu – je parle de mes oreilles au singulier parce que l’autre s’est déjà suicidée), la voilà qui fond sur moi et me lance, nasillarde : "Un peu de jeunesse, ça va nous faire du bien pour la lecture !"

Je n’y peux rien : j’ai une tête à lectures.

Avec les années, il aura bien fallu me rendre à l’évidence : je suis le genre qui plaît pour une lecture improvisée. Un "aspirateur à grands-mères et à curés", comme disait ma sœur autrefois (aujourd’hui, elle niera en bloc avoir jamais rien affirmé de tel, c’est évident). Il suffit que je débarque dans une paroisse pour que – crac – l’irrépressible envie de me confier une lecture s’impose dans l’esprit de quelques autochtones comme l’idée de l’année pour meubler la liturgie. C’est valable partout, sauf chez moi. Car curieusement, je n’ai  jamais tant de succès que dans des paroisses où je suis un parfait inconnu.

Bien sûr, cette situation a quelque chose de flatteur. Mais pas que. Je passerais volontiers sur le fait qu’elle dérange régulièrement mon désir tout naturel et très catholique de pantouflisme eucharistique : c’est vrai, j’aime bien me cacher pendant les célébrations, mais je prends avec philosophie les coups de pieds dans le fondement que constituent ces demandes bien innocentes. Après tout – me dis-je en souriant et en moi-même… Pourtant, vient toujours une crainte sensiblement plus profonde : moi que l’on vient solliciter pour lire la Parole, est-ce que ce n’est pas au détriment de quelqu’un dont le désir secret serait qu’on le sollicite, un jour ? Un habitué tellement fidèle et timide qu’il ferait partie des chaises, et à qui personne ne demande jamais rien pour ne pas le déranger et devoir faire sa connaissance, alors qu’être dérangé ne le dérange pas ?

J’en frémis. (Oui, c’est le retour de l’effet de style moisi du début de ce billet.)

Et même si je me plie souvent de bonne grâce à la montée au micro, je trouve parfois – comme tout le monde – de bonnes grosses excuses des familles pour ne pas avoir à me décoller de mon banc. Car au rang des techniques pour ne pas sortir du rang, ma boîte à outils recèle quelques stratagèmes habiles. Et je ne parle pas seulement de la bonne vieille méthode de l’imperturbable abîmé en prière au moment où passe le rabatteur ; c’est un classique, mais la montée du sans-gêne dans la population de notre pays le rend de moins en moins efficace. Au contraire, préférez la tactique – dite – de Judas, elle-même très efficace : quand on s’approche de vous pour vous demander si vous accepterez de faire une lecture, répondez avec négligence en désignant votre voisin : "Moi non, mais lui oui." Évidemment, il faut venir à la messe avec un ami (ou un parent), mais c’est assez imparable. Autre subterfuge qui a fait ses preuves : l’accent étranger à couper au couteau et le français épouvantable qui va avec. Si ce rôle est joué avec suffisamment d’aplomb et une mine d’incompréhension absolue de ce qu’on vous demande, il s’avère très difficile à détecter. Pour peu qu’on ne la ramène pas trop ensuite durant les chants et les répons. Mais la technique la plus efficace pour se dérober au moment de se faire refourguer une lecture est encore probablement celle qui consiste à répondre en se composant un visage confus : "Je veux bien… mais je ne sais pas lire…" C’est très fort, mais il existe tout de même un risque : celui de se retrouver avec un panier de quête en lot de consolation !

Un mot enfin, avant de refermer ce billet foutraque et inutile, sur les différents profils de lecteurs qu’on retrouve généralement dans les assemblées. Comme une longue et minutieuse étude des spécimens peuplant les églises m’a permis de le constater, en effet, les lecteurs se répartissent en différents rôles plutôt universels et généralement très bien définis. Citons donc quelques uns des plus fumeux fameux :

Vito Corleone. Ce personnage a l’amusante particularité d’être totalement inaudible. On ne sait pas trop s’il s’adresse aux chauves souris de l’église par ultrasons ou s’il soigne sa laryngite, mais personne ne pipe mot à ce qu’il crachote, même l’oreille collée aux hauts parleurs (qui, il faut tout de même l’avouer, ne marchent pas).

Sarah Bernhardt. "La Parole de Dieu est vivante" : celle-là a tellement bien intégré cette idée qu’elle s’emploie à restituer toute la beauté du texte par mille intonations et changements de voix. Mais comme l’assemblée est à peu près aussi apathique que le Théâtre du Châtelet un soir de cérémonie des César, elle récolte rarement les applaudissements recherchés pour sa prestation.

Droopy. Sorte de cousin en miroir de Sarah Bernhardt, en voici un qui sous-joue systématiquement tout ce qu’il a à lire. Et non seulement il lit d’une voix monocorde, mais en plus cette corde unique semble faite pour qu’on puisse se pendre avec, tant sa voix est déprimante.

Oompa Loompa. Personne, fort heureusement, ne lui reprochera d’être plus petit que la moyenne (personne n’oserait – n’est-ce pas, les deux ou trois qui ricanent au fond ?). En revanche, cette information, depuis le temps, a peu de chances de lui avoir échappé. Et dans la mesure où cet individu fait une lecture toutes les deux ou trois semaines, il est peu concevable qu’il n’ait toujours pas compris comment réajuster l’orientation du micro lui-même.

Averell Dalton. Est-ce une faim brûlante qui lui donne cette envie furieuse de dévorer le micro ? Toujours est-il que l’énergumène ressent un besoin irrépressible de coller sa bouche à l’appareil, pensant probablement être ainsi mieux entendu, alors que l’objet est réglé pour capter le son dans des conditions optimales à 10 centimètres au moins…

Rachida Dati. Son truc à elle, c’est le gros lapsus bien gênant au milieu du texte. Parfois, c’est amusant et mignon, parfois beaucoup moins. Par exemple, les disciple qui "conduisent l’ânesse à l’ânon", alors que ça devrait être "l’ânesse et l’ânon", ça peut faire désordre. Mais le plus amusant, c’est que cette personne n’est souvent pas aidée par les textes à lire, et se retrouve avec des cas d’insanités bibliques telles que : "comme se dissipe la fumée" (Ps 68), "le loup et l’agneau paîtront ensemble"  (Is. 65) ou "la foi d’Eunikè ta mère" (2Tim 1). Le seul souci, en fait, c’est qu’elle s’en rend compte.

Clotaire. C’est un fait : Clotaire est le dernier de sa classe. Dès lors, QUI a eu l’idée brillante de lui confier cette lecture ?

Chevalier Bayard. Sans honte mais pas sans reproches, il est bien décidé à rentabiliser jusqu’au bout son abonnement à Prions en Église. Notre homme s’avance donc à l’ambon avec son livret, et ne lira pas la Parole sur un autre support ! Rien ne lui fera entendre raison (pas même le fait qu’une fête locale ait pu modifier ponctuellement la liturgie).

Philip K. Dick. Son truc à lui, c’est l’anticipation. Il n’aime rien tant qu’aller faire un bond dans l’avenir pour en rapporter les textes de la liturgie que nous n’entendrons pas avant quelques jours ou quelques semaines. A noter toutefois que ce profil est généralement combiné avec un autre évoqué précédemment, ce qui permet d’en profiter deux fois plus longtemps, grâce à la correction de page au milieu de la lecture.

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Image d’illustration : Saint Pierre applaudi pour ses qualités d’orateur, lors d’un meeting à Jérusalem.

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