Le blogue d'Edmond Prochain

31 octobre 2009

Hans Küng : sénile, ni écrire

Classé dans : Actu, Humeur(s) — Edmond Prochain @ 14:21
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hanskungL’article d’Hans Küng sur la politique du pape envers les anglicans est un véritable drame ! Il n’y a qu’à lire le premier paragraphe pour faire le plein de clichés, c’est assez intéressant d’un point de vue rhétorique : c’est la pédagogie du coup de pied dans la tronche. Fin comme la finition d’un gant de boxe. Rempli jusqu’à la nausée des obsessions d’un vieux monsieur qui semble saisir n’importe quelle occasion de régler ses comptes avec Benoît XVI ; même si ça doit passer par des tribunes où la pensée est tellement distendue que l’ensemble en devient intellectuellement incompréhensible. Symptomatique. Pathologique.

“Après avoir heurté de front les juifs, les musulmans, les protestants et les catholiques réformistes, voilà que le pape Benoît XVI s’en prend maintenant aux anglicans.”

Ah, mince, les pauvres : qu’est-ce qu’il va leur faire, le méchant Benoît XVI ? Il les agresse ? Pire encore : il les accueille. Fasciste, va !

Mais la situation, selon Hans Küng, n’est pas si simple. Non, “si simple” n’était pas assez : mieux vaut encore qu’elle soit simpliste, au moins tout le monde comprendra. Alors, d’abord, il y a un vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique. Le genre qui fait mumuse avec les extrêmes en permanence et ne dit jamais un mot sur l’Afrique ou l’économie mondiale. Du “pas bien” en barre, quoi. Et alors, le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique, eh bien il a tendu un piège machiavélique à tout un tas de charmants petits anglicans, qui sont un peu benêts et qui se sont laissés prendre comme des nouilles et qui quand même sont salement d’extrême droite (oui, parce que sinon ça se tient pas que le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique qui ne fait mumuse qu’avec les extrêmes s’intéresse à eux). Quant à l’archevêque de Canterbury, s’il a signé le communiqué annonçant la nouvelle du rapprochement, c’est parce que c’est une grosse buse. La preuve que c’est une buse ? facile : s’il n’en était pas une, il n’aurait pas signé.

Pour appuyer ce qu’il dit, Hans Küng a même trouvé un mec vachement bien qui dit des trucs rudement chouettes qui vont pile dans son sens : Hans Küng ! A quoi bon avoir des gens qui pensent comme soi, quand on est d’accord avec soi-même…

A part ça, son article est tout plein de petites sottises pour amuser la galerie (quel déconneur, tout de même !), d’allusions tout juste destinées à donner à l’ensemble un peu de sel polémique, d’interprétations qui feraient de l’expression “procès d’intention” un compliment, et surtout d’une suffisance telle qu’on n’en trouve guère que chez “les gens qui savent”. Du rabâchage de vieilles obsessions personnelles, écrites au mortier. Si près de 400.000 anglicans rejoignent l’Église catholique, c’est forcément contre leur gré, même s’ils ne le savent pas encore… Ce qui se conçoit mal s’énonce salement. Il ne manque finalement, pour faire entrer cette tribune parmi les grands classiques des pamphlets-ni-à-faire, qu’une allusion à Vichy – ce qui nous rappelle au passage qu’Hans Küng n’est pas Français, mais Suisse.

La coupe couche est pleine.

Comme le dit Patrice de Plunkett, dans un bon billet consacré à cette même tribune : “Küng a hanté trop longtemps les salles de rédaction pour n’avoir pas pris une série de tics”. Il qualifie même le texte d’“article de trop”, ce que je ne serais pas loin de penser si cette idée ne m’était pas déjà venue par le passé. De son côté, Gian Maria Vian, dans son éditorial de l’Osservatore Romano, ajoute : “le ton ne fait pas honneur à son histoire personnelle, et (…) à certains égards, frise le comique”. C’est vrai que, dès lors qu’on arrête d’être affligé, on se marre quand même pas mal.

Küng, King of the Kongs ? Évidemment non, mais ce papier n’est pas digne de sa grande intelligence ; et moi, des types brillants comme ça qui disent des âneries et le font exprès (et le font depuis un certain temps), ça m’agace pas mal. L’ensemble est tellement bête et méchant qu’il me donnerait presque envie de dire des grossièretés. Sauf que si je fais ça, ma mère risque de m’appeler pour me reprocher encore de dire des gros mots sur mon blogue. Et si elle m’appelle, elle risque de me reprocher aussi de ne pas l’appeler plus souvent. Tu comprendras donc que je ne préfère pas tenter le coup…

Alors que dire ? Rien. Il n’aurait même pas fallu en parler, finalement. Pourtant ça fait du bien !

24 octobre 2009

Le pasteur et son tripot

Classé dans : Rabat-joie — Edmond Prochain @ 19:14
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Depuis une étiquette gracieusement offerte par un hebdomadaire familial catholique, je sais bien que certains se contentent de voir en moi un rigolo de service. Sauf que, regarde bien, dans la colonne à droite (l’amusant avec internet, c’est que c’est l’un des rares lieux où la droite de celui qui montre est la même que celle de celui qui se fait montrer – remarque pertinente s’il en est) il y a une catégorie qui s’appelle “Rabat-joie” ; où j’assume donc le fait d’être occasionnellement un râleur fini. Comme ça va être le cas dans la suite de ce billet. Même pas honte.

Petit désaccord – cordial – entre sacristains en fin de semaine, sur une info un peu étonnante : un prêtre américain de 28 ans qui a gagné 100.000 dollars pour sa paroisse en jouant au poker. L’info est reprise un peu partout dans la presse, et on comprend les journalistes : l’histoire du père Andrew Trapp a quand même quelque chose de savoureux… C’est toujours l’occasion de montrer qu’on est en verve par quelques calembours du plus bel effet. (Il n’y a qu’à voir le titre de ce billet pour se rendre compte que je ne vaux guère mieux que les autres !) Du côté des grenouilles de bénitier sonneuses de cloches, JBM en a fait un billet sur Anuncioblog, apparemment Armagilius partage son avis (cherche pas où – c’est en interne ou sur faycebouc que je l’ai vu). Aujourd’hui, voilà qu’Emmanuel Pic aborde brièvement la question à son tour ; et je dois dire qu’il m’enlève les mots de la bouche, je suis assez d’accord avec son point de vue.

poker

Alors, bon. Certes, on nous dit que tous les gains iront à un projet de sa paroisse, que son évêque lui a donné sa bénédiction, que même s’il avait perdu ça aurait été une occasion de voir un prêtre à la télévision. Certes, on nous cite aussi le CEC pour nous expliquer que le poker est cascher :

“Les jeux de hasard ou les paris ne sont pas en eux-mêmes contraires à la justice.”

Mouais… Sans que je sois profondément outré par la démarche (qui m’amuse malgré tout par son culot), je ne suis pas convaincu par l’argument. Je le trouve même d’assez mauvaise foi : un pari entre amis, un jeu de hasard à l’occasion ne sont pas mauvais tant qu’ils restent des occasion de se rencontrer et d’échanger, me semble-t-il. C’est en ce sens que je comprends le Catéchisme. Mais peut-on en dire autant de jeux “massifs”, tels que le Loto ? Dans ce cas-là, chacun peut jouer dans son coin et quelques rares gagnants touchent des sommes démesurées, alors qu’à l’autre bout de la chaîne certains vont prendre sur leur nécessaire, comme un impôt prélevé pour avoir le droit de rêver que l’argent leur offrira des lendemains meilleurs… En tant que chrétien, je n’ai jamais pu me faire à l’idée de jouer ; c’est contraire à ce que ma conscience me souffle. Quitte à être effectivement un rabat-joie.

Dans le cas du poker, je ne trouve pas ça beaucoup mieux. On présente l’affaire comme une belle aventure, mais elle s’appuie malgré tout sur un jeu d’intimidation qui peut devenir une réelle addiction chez certains joueurs. Une partie entre amis, avec des mises symboliques, ne peut évidemment pas être mauvaise (elle peut même être franchement marrante). Mais à ce niveau, quand le but est d’écraser l’autre pour récolter la plus grosse somme possible, est-ce encore le cas ?

Je répète : il n’y a pas de condamnation dans mon propos. Je m’interroge simplement.

Qu’aurait-on dit si ce jeune et sympathique prêtre avait perdu l’argent de sa paroisse dans le tournoi de poker ? C’est pourtant le revers possible de son succès…

andrew-trapp-pretre-poker

Dernier point : là où je ne suis pas du tout d’accord avec JBM (mais alors, vraiment pas du tout !), c’est quand il présente l’affaire comme une initiative d’évangélisation. Certes, c’est le thème de son blogue, mais je m’insurge ! Evidemment que la présence d’un prêtre dans ce tournoi diffusé à la télévision est une occasion de voir l’Eglise différemment, avec un beau visage jeune, moderne et dynamique… Mais bof. Voilà le plus pur concentré de mon avis : Bof ! A ce titre-là, autant imaginer qu’un prêtre aille ouvrir un bar et serve de l’alcool pour toucher un public peu habitué aux églises et montrer que l’Eglise et le clergé sont faits d’hommes ordinaires ! Je pousse un peu (et encore : j’aurais pu aller plus loin dans la caricature), mais cette idée me fait réfléchir.

Pas sûr que toutes les occasions soient bonnes d’évangéliser, que toutes les attitudes soient acceptables pour annoncer la Parole de Dieu. Mais là, ce n’est que mon point de vue, évidemment…

[Edit : Après certains commentaires, dont celui du Père Andrew ci-dessous, j'ai consacré un second billet au sujet. A lire avant de réagir, éventuellement !]

15 septembre 2009

On a posé un lapin au Pape [Sacristains]

Classé dans : Sacristains — Edmond Prochain @ 11:00
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Je suis un garçon assez naïf par nature. Et je jure devant Dieu que c’est entièrement de ma faute : je ne suis même pas né comme ça, je me suis efforcé de le devenir. C’est bête, je sais ; pourtant il m’arrive, certains matins en prenant ma douche, d’être assez fier de ma naïveté. Elle est encore toute propre et pas trop usée, elle me va bien je trouve. Bon, le seul truc un peu caca dans tout ça, il faut bien l’avouer, c’est qu’elle ne sert pas souvent… [...]

*

Le billet complet est à lire sur :

logo-sacristains-long-200

2 septembre 2009

L’Église est un gaz

Classé dans : De rien — Edmond Prochain @ 11:00
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Note préliminaire : Ce billet est tellement sponsorisé par Poussah et Spag qu’il est en réalité pratiquement écrit par eux. Merci de me laisser reprendre cette idée.

Note un peu moins préliminaire, mais quand même : Il est possible de soutenir l’idée développée ci-dessous à travers un groupe faycebouc. Qui t’attend, alors viendez tous.

Note carrément plus préliminaire du tout : Tous ceux qui ont eu des idées scatologiques mal placées à la lecture du titre de ce billet, tu sors immédiatement !

* * *

On ne m’en voudra pas trop de faire un peu de maths (ou de physique) dans ce qui va suivre, dans la mesure où – comme je le répète souvent – je fais ce que je veux chez moi. Ainsi donc :

  • Soit une nef de surface S, qu’on prendra “fixe” et “quelconque” (mais de préférence jolie, parce que c’est pas le tout de s’emmerder à faire des expériences à la con, autant les faire dans des endroits qui ont un peu de gueule).
  • Soit aussi A, une assemblée de n fidèles (catholiques). On pourra nommer ces fidèles selon le schéma ai, i=1,2, … , n ; ce qui donne : A{a1, …, ai, …, an}. On prendra aussi soin que le nombre de fidèle demeure strictement inférieur aux nombre de chaises (ce qui est de toute façon la règle dans une église normale hors de grandes célébrations), ou pour dire les choses plus clairement : n < chaises(S), où chaise est une application qui, à une surface S, associe le nombre de chaise(s) réparties sur la-dite surface. (A étant un sous-ensemble de l’Église E – mais on ne va quand même pas commencer à tout compliquer non plus !)

Pour les besoins de l’expérience, nous allons jeter A sur S. Une fois cette action accomplie, observons ensemble la répartition sur S des molécules d’Église (autrement appelées “fidèles”).

Dans des conditions normales de température et de pression, les fidèles se répartissent uniformément sur l’ensemble des chaises disponibles, de façon à occuper la surface S avec homogénéité, et ceci malgré nos tentatives pour les regrouper vers l’avant.

De cette expérience (fort intéressante), il résulte qu’une assemblée de fidèles de l’Église se comporte exactement de la même façon que les molécules d’un gaz. D’où, conclusion implacable :

L’Église est un gaz.

CQFD.

C'est quand même beau, la science appliquée à l'Eglise...

C'est quand même beau, la science appliquée à l'Eglise...

* * *

Notes :

  • Un chauffage localisé peut perturber le déroulement de l’expérience. Il faut donc veiller à couper toute source de chaleur (ce qui est fait par défaut dans la plupart des églises, mais mieux vaut vérifier malgré tout.
  • L’expérience peut s’avérer encore plus spectaculaire au mois d’août, ou dans n’importe quelles circonstances entraînant par nature une augmentation spectaculaire du rapport entre les fidèles et le nombre de chaises (au détriment des premiers), tel que : n << chaises(S).
  • On aurait également pu en profiter pour vérifier la loi des gaz parfaits, soit PV=nRT ; mais bon, ça, je laisse à ceux que ça amuse le soin de le faire…

Note préliminaire : Ce billet est tellement sponsorisé par Poussah qu’il est en réalité pratiquement écrit par lui. Merci de me laisser reprendre cette idée.

Note un peu moins préliminaire, mais quand même : Il est possible de soutenir l’idée développée ci-dessous à travers un groupe faycebouc. Qui t’attend, alors viendez tous.

Note carrément plus préliminaire du tout : Tous ceux qui ont eu des idées scatologiques mal placées à la lecture du titre de ce billet, tu sors immédiatement !

* * *

On ne m’en voudra pas trop de faire un peu de maths (ou de physique) dans ce qui va suivre, dans la mesure où – comme je le répète souvent – je fais ce que je veux chez moi. Ainsi donc :

Soit une surface S, qu’on prendra “fixe” et “quelconque” (mais de préférence jolie, parce que c’est pas le tout de s’emmerder à faire des expériences à la con, autant les faire dans des endroits qui ont un peu de gueule).

Soit aussi A, une assemblée de n fidèles (catholiques). On pourra nommer ces fidèles selon le schéma an, ce qui donne : A(a1, a2, …, an). On prendra aussi soin que le nombre de fidèle demeure strictement inférieur aux nombre de chaises (ce qui est de toute façon la règle dans une église normale hors de grandes célébrations), ou pour dire les choses plus clairement : n < chaises(S). (A étant un sous-ensemble de l’Église E – mais on ne va quand même pas commencer à tout compliquer non plus !)

Pour les besoins de l’expérience, nous allons jeter A dans S. Une fois cette action accomplie, observons ensemble la répartition dans S des molécules d’Église (autrement appelées “fidèles”).

Dans des conditions normales de température et de pression, les fidèles se répartissent uniformément sur l’ensemble des chaises disponibles, de façon à occuper la surface S avec homogénéité, et ceci malgré nos tentatives pour les regrouper vers l’avant.

De cette expérience (fort intéressante), il résulte qu’une assemblée de fidèles de l’Église se comporte exactement de la même façon que les molécules d’un gaz. D’où, conclusion implacable :

L’Église est un gaz.

Notes:
- Un chauffage localisé peut perturber le déroulement de l’expérience, veillez à le couper.
- L’expérience est plus spectaculaire en août, où tout autre condition entraînant n << chaises(N).

27 août 2009

Pensée pour aujourd’hui XIV

Classé dans : Tout-venant — Edmond Prochain @ 15:58
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La vie spirituelle, c’est un peu comme une vieille église : moins c’est entretenu, plus on risque des chutes de prières.

25 août 2009

L’Eucharistie affranchie de l’Eglise ?

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 9:08
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Certains peuples ont leurs rituels. On dit par exemple l’Anglais très attaché à la lecture de son journal à l’heure du petit déjeuner. Pour ma part, n’étant pas Anglais (ni Belge, contrairement à des légendes répandues), mais seulement folliculaire, j’ai pour habitude de boire mon café serré au son de la radio matinale. Et hier matin, m’est venue la vision à l’écoute de ladite radio que si j’avais été Anglais, j’aurais probablement pu recevoir bien plus qu’un simple journal pour mon petit-déjeuner…

“By Jove ! (comme disent les Belges) Qu’est-ce que tu racontes, Edmond ? On ne capte rien à cette introduction !”

Soit. Soyons donc un peu plus clair.

C’était lors de la revue de presse. La toute nouvelle chroniqueuse nous avait dégoté une info des plus savoureuse, dans le Guardian pardon : le Gouarediane (je m’appuie sur sa prononciation impeccable de l’anglais…!). Imagine un peu : au pays des gens qui parlent dans les angles, il est désormais possible de recevoir la communion à domicile ! Mais si mon bon môssieur, et par le facteur encore ! Tu veux une preuve ? la voilà. Même que si tu n’as pas la chance de parler la plus belle langue du monde après le français et toutes les autres, parce que je suis quelqu’un de bon qui pense à ses lecteurs (c’est toi), tu peux aussi trouver un résumé en langue vernaculaire.

Alors, qu’y lit-on ? (Tiens, c’est joli, ça : “kiliton”…) Que certains épiscopaliens – grands pourvoyeurs d’idées douteuses devant l’Éternel ! – ont trouvé une toute nouvelle connerie pour faire parler d’eux : envoyer la communion par la poste. Là, c’est clair qu’il fallait y penser, quand même ! Et donc, ils appellent ça “Post the Host“. C’est intéressant, ça ; voilà.

Et le pire de tout, c’est qu’il faut bien admettre que l’argument derrière tout ça est très certainement louable : il s’agit de permettre, selon l’Open Episcopal Church, à ceux qui sont éloignés de l’église (le bâtiment, mais du coup aussi l’assemblée de fidèles) à cause de leur âge ou de leur condition physique de recevoir malgré tout la communion. Pour peu qu’ils s’acquittent quand même des frais de port (faut pas déconner, non plus).

L'hostie directement à votre porte : une idée d'avenir ?

La communion directement à sa porte : une idée d'avenir ?

Ce qui est triste là-dedans, c’est que tout épiscopaliens qu’ils soient, ils n’ont pas l’air d’avoir compris que le but de l’Église était justement de réunir l’assemblée du peuple de Dieu – corps du Christ. Et que si certains ne peuvent se joindre à l’assemblée, c’est qu’il nous faut aller les rejoindre là où ils sont. Pas en favorisant une petite religion personnelle de “pain béni” commandé par boîtes de vingt, mais en allant leur porter la communion, pour signifier concrètement qu’ils sont eux-mêmes membres du corps…

Ironie de la chose, c’est exactement ce que m’a vanté ensuite une publicité pour une marque de couleur, qui disait (en substance) : “Il y a certaines choses qu’on ne peut pas faire à distance”. Eh ouais. Je sais pas toi, mais personnellement j’aime beaucoup ces petites coïncidences !

J’écarte volontairement ici toute la question sacramentelle et tous les débats qui pourraient en résulter ; non pas par manque d’intérêt, mais parce qu’il me semble important que, puisque l’initiative est née sur un plan strictement humain, on puisse en rester au niveau de l’assemblée pour l’analyser. Qu’on développe des services pour faciliter l’accès à l’eucharistie serait une excellente chose (y compris dans nos paroisses – pas besoin de voir à grande échelle alors qu’on a tous des voisins). J’ai quand même du mal à croire que “poster des hosties” puisse aider à une plus grande… communion.

Mais je suis probablement trop catholique pour les épiscopaliens…

21 août 2009

Bienvenue chez les non-représentatifs

Classé dans : Actu, Humeur(s) — Edmond Prochain @ 14:31
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C’est l’un des débats qui anime la cathosphère en ce moment : le visage du catholicisme français, tel qu’il a été initié par l’enquête Ifop publiée dans Le Monde. Moi-même, j’ai déjà bavé deux ou trois trucs à ce sujet, même si c’était plutôt une actu de France Info qui m’avait agacé. Depuis, j’ai lu quelques commentaires pas inintéressants ; d’abord chez Verel, et puis aussi chez Jean-Baptiste Balleyguier.

Et alors, le catholique français, il ressemble à quoi ? Eh bien, tel qu’il est plutôt bien résumé (mais mal illustré…) par Anna Arco : il est une femme, il a plus de 50 ans et il vote assez franchement à droite. Voilàvoilà.

Contrairement aux apparences, cette fille ne peut pas être catholique.

Contrairement aux apparences, cette fille ne peut pas être catholique.

C’est pourquoi, amen amen je te le déclare : toi qui lis ce blogue pour avoir le point de vue d’un catho, passe ton chemin ! Je ne suis absolument pas représentatif. Par la même occasion, je te conseille de déserter à peu près tous les blogues catholiques français dont on parle de temps en temps, puisque ceux que je connais sont très majoritairement tenus par des hommes ayant dans la trentaine (côté politique, je ne généralise pas : ça dépend).

Même punition pour eux :

Projet "Corpus" d'aller à la rencontre de l'Eglise autour du monde

Projet "Corpus" : aller à la rencontre de l'Église autour du monde.

Pas représentatifs, les gars ! Circulez, y’a rien à croire voir ! Nan mais c’est vrai, quoi, sans blague, à la fin : pour qui ils se prennent ? Déjà, ce sont (encore !) des mecs, alors qu’on se tue à leur expliquer que pour être catho, bah faut être une nana ; ensuite, ce sont (encore !) des jeunes, alors que le cheveu grisonnant est de rigueur ; et je te raconte même pas le détail qui tue : ils sont deux !! Genre, alors qu’il y a tellement peu de catholiques aujourd’hui que la probabilité qu’ils se rencontrent entre eux est infime… Franchement : pas crédibles pour deux sous !

Après, la vérité sur ce billet d’une excessive mauvaise foi, c’est que l’Église que je connais, même en France, pour une communauté sur le déclin, bah elle ne s’en sort pas si mal. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir la joie, l’espérance et l’enthousiasme chez les jeunes. Je le dis en sachant que je me répète, mais bon. Toutes ces forces absolument pas représentatives me réjouissent, parce que les moyennes réussissent surtout à cacher les contrastes. Ce n’est pas David qui me contredira (j’espère) : c’est avec de bons contrastes qu’on réalise les meilleures photos, et avec de mauvais qu’on fait les pires clichés.

En plus, que l’Église soit en crise, on est au courant depuis au moins 2000 ans ! Je te rappelle qu’on a quand même commencé avec un Dieu mis à mort ; alors…

22 juin 2009

Le vent est de retour

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 10:06
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Quand j’étais enfant, je jouais parfois avec des petits moulins à vent ; tu sais, ces trucs colorés accrochés au bout d’une tige, comme des fleurs, et qui tournent. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas toujours du vent. Alors parfois il fallait le chercher, et la magie de l’enfance, c’est qu’on le trouvait, le vent : il suffisait de courir pour le rattraper ! Et le moulin tournait.

Ensuite j’ai un peu grandi et j’ai commencé à faire un peu moins gaffe au vent. Mais j’ai découvert une autre façon de le trouver quand il se cachait (et même que j’étais vachement fier de moi) : je mouillais mon doigt et je le levais. Ça me faisait sentir le sens des courants d’air. Et j’aimais bien ça, je crois.

Le truc avec le vent, en fait, c’est qu’à part les bourrasques et les tempêtes, et à part quand on est enfant aussi, on se rend jamais trop compte s’il est là ou pas. On croit qu’il est parti, un peu.

Et puis hier, j’ai pris le train. Le paysage défilait drôlement vite. Ah ouais, parce qu’il faut que tu saches que je continue de considérer que quand tu voyages, c’est le paysage qui se déplace ; la preuve, c’est que moi je bouge pas. D’abord. Or donc voilà, toussa, à côté de mon train y’a de grosses éoliennes qui sont passées. J’ai bien regardé les arbres autour : ils bougeaient pas, y’avait pas de vent. Et pourtant elles tournaient. Donc y’avait du vent. Un peu. Le même vent que je croyais parti, en fait, il était resté. Voilà. Il suffisait de quelques éoliennes pour rendre témoignage au vent. Le vent était de retour.

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

Si je te raconte tout ça, c’est pour que tu fasses pas de blague toute pourrite sur le titre du bouquin dont au sujet duquel je veux te parler. Ça s’appelle Dieu est de retour. (Nan, en vrai, il était pas parti – essaie de suivre, je te jure, c’est fatigant parfois…) C’est écrit par un ami qui s’appelle Jean-Baptiste Maillard, mais c’est pas que pour ça que j’en parle. Quoique, un peu quand même. Mais pas que.

En dédicace, JBM m’a écrit :

“Nous partageons le même souci de l’évangélisation. Puisse ce livre t’encourager dans ton apostolat sur internet, autour de toi et loin de toi !”

La question, donc, c’est qu’il est urgent d’annoncer notre foi dans le monde. Pourquoi c’est urgent, tu te demandes ? Faut que tu lises le livre pour savoir ! (Je fais du suspense pour vendre un peu, t’auras noté.) La vraie question, alors, c’est que la mission laissée par le Christ aux apôtres, c’est l’affaire de tout le monde aujourd’hui. Chacun à sa place, chacun a sa place. Et cette enquête le montre bien, en brassant à peu près tous les domaines : professionnel, générationnel, confessionnel, sensibilitionnel, toussa.

JBM, il dit des trucs énergiques et parfois un peu grosmotisés, du genre : “Le monde crève la gueule bouche ouverte, le monde meurt. Et que faisons-nous pour voler à son secours ?” Mais il a pas tort, et je dirais même plus : il a raison. Et puis JBM, aussi, il parcourt la France à la rencontre de tout plein d’évangélisateurs tous plus tarés les uns que les autres, et pourtant humains. Au final, il fait un sacré recueil de bonnes idées.

C’est un peu Tintin et les Sept dons de l’Esprit, en fait.

La couverture est jolie (c'est toujours plus sympa au moment de l'afficher sur son blogue).

La couverture est jolie, non ?

Après, évidemment, je pourrais lui reprocher d’avoir un peu poussé le principe du panel trop loin, de zapper d’un sujet à l’autre sans que le rapport soit toujours évident, de présenter des initiatives d’inégal intérêt à mes yeux, d’avoir casé sa femme dans les témoins interrogés alors que moi-même pas (tu me diras, ça m’a évité de lui dire non !), ou encore de taper parfois un peu trop dans un milieu que je reconnais trop facilement, où je connais un peu trop de noms pour être totalement surpris. Je pourrais lui reprocher ces choses, sauf qu’en vrai il arrive toujours à dépasser ces petites caricatures passagères pour revenir à quelque chose de plus essentiel. Le Christ, en l’occurrence. (Ça devrait toujours être l’occurrence.)

Sans compter qu’au-delà de cette essence-là, JBM a le bon goût, tout le long de son enquête, de ne pas se positionner en réactions aux initiatives passées (et parfois encore présentes) de l’Église en France. Ce parti-pris, sage et très juste, de la continuité tout en réclamant un souffle nouveau, un paragraphe l’illustre bien :

“Il ne suffit pas que l’Église de France “prenne à bras le corps les questions de société”, comme on l’entend souvent. Ni qu’elle réfléchisse à la question de sa “présence au monde” ou de sa “visibilité”. Être présent est nécessaire mais insuffisant sans l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut. Le plus urgent est que l’Église de France se jette sans plus attendre dans cette évangélisation de nos contemporains. Cette évangélisation, rappelons-le, n’est pas un volontarisme ou un activisme. Mais toutes les activités des chrétiens doivent être ordonnées à l’annonce du Christ , comme nous l’a rappelé Benoît XVI en France. Oui, il faut évangéliser la France. Alors qu’attendons-nous ? Si nous nous lançons résolument dans cette évangélisation, alors oui, l’Église sera vraiment présente dans notre société, et le Christ dans le cœur de chacun.”

Mais sans rire, il faut lire Dieu est de retour. Et pas que parce que c’est le livre d’un copain. Il faut le lire parce que ce livre présente plus de visages de cathos engagés que ce que certains croient qu’il reste de cathos dans l’Église. Il faut le lire, aussi, parce que quand on est dans le train à regarder les éoliennes avec le livre posé sur la tablette devant soi, il interpelle les gens qui passent :Dieu est de retour… Ah bon, il était parti ?”

Nan, en vrai, il était pas parti.

9 juin 2009

Le baptême est un droit : que fait la Halde ?

Classé dans : Humeur(s) — Edmond Prochain @ 15:25
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Y’a des fois, vraiment, on s’demande… On nous dit qu’il y a de moins en moins de catholiques (la preuve : ils sont de plus en plus nombreux dans le monde), et l’Église refuse de recruter à peu de frais de nouveaux adhérents. Un scandale, mon bon môssieur ! D’ailleurs, j’en parlais hier avec mon coiffeur et il me disait : “Oui, c’est toi qui as raison !” C’est dire.

Il y a quelques mois, en Loire-Atlantique, un prêtre refusait de baptiser un enfant. Et pour un motif des plus futiles : les parents ne voulaient pas inscrire leur fille au catéchisme. Bah mince alors ! Voilà des gens qui respectent la liberté de l’un de leurs enfants (elle ne veut pas aller au catéchisme, c’est son droit) d’un côté, mais veulent quand même imposer le baptême à l’autre. Il paraît qu’une cohérence s’est cachée dans la proposition précédente ; si tu la trouves, merci de me prévenir…

Mais le plus terrible dans cette histoire, c’est qu’elle se répète. Et cette fois, les raisons sont beaucoup plus graves. Juge un peu : un prêtre canadien ose refuser de célébrer un baptême hors de l’église !

Je sais, toi aussi tu es choqué ; même que tu demandes comme moi de quoi il se mêle, le curé ! C’est vrai quoi sans blague à la fin, les parents c’est eux qui payent alors ils ont le droit de faire ce qu’ils veulent ! Y’en a marre que l’Eglise impose des trucs tout le temps.

C’est pas parce que les prêtres n’ont pas (encore) le statut des intermittents du spectacle qu’ils peuvent tout se permettre. Zut !

bapteme-enfant

Le faire-part devait ressembler à ça.

Bon, ce que l’article ne dit pas, c’est qu’au départ, les parents voulaient que ça se passe au McDo. Ils demandaient quand même pas la lune ! Et puis ils préféraient aussi que ce soit un rabbin qui célèbre, mais là encore ce curé intégriste a refusé. C’est comme pour leur idée de faire ça à la bière bénite : rejetée d’un revers de main, sans aucune explication. Et histoire que le tableau soit complet : le prêtre a catégoriquement exclu de remplacer les formules du rituel traditionnel par “Que la Force soit avec toi” (ce qui était pourtant beaucoup plus compréhensible, quand même). Bref, le gars, c’est un facho, quoi !

Le plus drôle de l’histoire, malgré tout, ça reste cette déclaration du père (celui de l’enfant, pas le curé) :

“On dit qu’il y a de moins en moins de paroissiens et de croyants, mais l’Église refuse encore de s’adapter au monde d’aujourd’hui. Quand je vois notre prêtre décliner une demande aussi simple et agréable que la nôtre et ce, au risque de perdre un nouveau membre de la famille de Dieu, je remets en question mon attachement à certaines valeurs de la religion catholique.”

Qu’il se rassure : si son attachement tient juste à la possibilité ou non de faire célébrer un baptème à l’intérieur ou à l’extérieur d’une église, c’est certainement une bonne chose qu’il le remette en question. Juste pour voir s’il ne faudrait pas creuser un peu. Par exemple.

8 juin 2009

Jésus ne me fait pas de guilis

Classé dans : Rabat-joie — Edmond Prochain @ 19:49
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C’est le genre de billet qui risque encore de lever une mini-polémique. Mais m’en fous : j’assume (de toute façon je nuancerai en commentaire, comme d’hab’).

Il n’y a pas si longtemps, quelqu’un a cherché à me définir comme un “cramé”. Or, il se trouve que je suis un garçon poli. Comme disait l’abbé de l’Epée : “Vaut mieux entendre ça qu’être sourd.” Mais faut pas pousser. J’ai alors estimé qu’une petite mise au point s’imposait :

Non, je ne suis pas un “cramé”.

Et même : je réfute totalement le qualificatif. Par ailleurs je n’ai rien contre ceux qui s’en réclament, mais j’avoue avoir beaucoup de mal avec le mot, à titre strictement, exclusivement et uniquement personnel : ce n’est pas comme ça que je vois l’Esprit-Saint. L’Esprit que je connais (ouais, on est potes), il brûle gentiment, il ne consume pas, il embrase le cœur pour le purifier et faire place nette. Mais je ne l’ai jamais vu cramer quoi que ce soit, qui que ce soit. Cramer, c’est un truc de voyous. Et l’Esprit-Saint n’est pas un anarchiste.

J’entends bien ce que les amateurs du terme veulent dire (eh ! oh ! je suis pas complètement idiot, non plus), à savoir tenter de définir une expérience décapante de l’amour de Dieu, introduisant un changement de vie radical, toussa. J’entends. Mais qu’on n’utilise pas le mot pour moi. Le Christ n’a pas tout envoyé à la benne pour faire place nette en moi ; je préfère penser qu’il me ponce le cœur en douceur. Chacun sa conception du taf qu’il accomplit.

Comme Jésus a eu un père charpentier, j'imagine qu'il saura faire quelque chose de joli.

Comme il a eu un père charpentier, j'imagine qu'il saura faire quelque chose de joli.

Bon. Tant que j’y suis, je vais aussi revenir sur l’étiquette de “charismatique” qui a tendance à me coller à la peau. C’est pas forcément qu’elle est fausse, mais profondément, elle n’est pas juste. Oui, je me sens proche du Renouveau et la plupart de mes amis ont plongé dedans jusqu’aux oreilles, mais en fait, “en être ou ne pas en être” (si telle est la question), bah je m’en fous. Et même, quitte à être grossier, faut que tu comprennes que je m’en tamponne le popotin avec un gros Catéchisme de l’Église catholique (le Compendium est trop léger pour être suffisamment symbolique).

La vérité, c’est qu’on n’en a rien à carrer de nos dossards. Je suis catholique, et c’est la seule chose qui compte.

Pourvu qu'on puisse afficher celui-là, c'est tout ce qui compte.

Pourvu qu'à l'arrivée on puisse afficher celui-là...

Dernière mise au point (qui en fait justifie toutes les autres) : Jésus ne me fait pas de guilis. Les excès de sensibilité que certains emploient beaucoup (trop parfois) d’énergie à dénoncer, je les connais, mais je m’emploie à les éviter à chaque instant. Parce que nous sommes incarnés, nous avons parfois besoin de ressentir un peu ce à quoi nous croyons ; et alors, l’Esprit-Saint, pas mauvais bougre, sait nous donner accès à quelques réalités ineffables. Du genre que quand on est devant l’Eucharistie, on peut savoir au plus profond de notre être (plus profond, cherche mieux) que c’est Jésus qui est là, on peut le comprendre à la façon des enfants. De ce genre ou d’un autre ; peu importe. La multitude des charismes est faite pour être mise en œuvre, pourvu que ce soit toujours la communauté et non moi qui en tire bénéfice.

Mais à quoi serviraient ces manifestations et ces consolations temporaires, si elles ne permettaient pas de passer à une foi adulte, qui croit en admettant sa propre pauvreté de créature finie ? L’infini est pour plus tard ; pour le moment, je préfère rester incarné dans cette vie. Alors, de temps en temps, il me semble que Jésus me fait coucou, mais il ne me fait pas de guilis en permanence ; c’est sans doute sa façon à lui de me laisser libre et de m’aider à grandir. Ça me va.

Si je décolle, rattrapez-moi. Ma place est là.

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