Le blogue d'Edmond Prochain

12 novembre 2009

Nazareth

Classé dans : De rien — Edmond Prochain @ 22:00
Tags: , , ,

nazarethL’air de rien. Ce sont des jours qui se traînent, avec leur lot d’heures dénombrables et d’heurts indénombrables ; de ces minuscules contrariétés qui arc-en-ciellent un quotidien à force de nous en montrer de toutes les couleurs.

Des réveils importuns et lourds, une froidure nouvelle de l’autre côté de la couette, des pommeaux de douche échappés qui s’écrasent sur des orteils mal réveillés. Des transports bondés ou des écharpes qui grattent ; un coup de pied involontaire au détour d’une rue. Des trottoirs souillés par des soirées étudiantes. Un dossier qui se trouve en retard à force d’urgences, une commande qui n’arrive pas, des enveloppes qui ne collent plus et la Poste qui ferme bientôt. Des autorisations chiffonnées, des coups de fils agacés, des questions de dernière minute qui remettent en cause les dernières heures passées. Une eau qui a un goût bizarre. Quelques courriels trop secs pour être agréables ; deux ou trois conversations “mises au point” à la chaîne (quelques larmes sitôt esquissées, sitôt effacées). Une messe à laquelle on n’arrivera jamais. Un coup de fil, un texto, une remarque qu’on ne saura pas comment prendre. Un déménagement : cartons de livres trop gros, coin de meuble légèrement abîmé dans la camionnette, visions différentes du rangement, canapé qui ne passera jamais dans l’escalier mais qui finit par passer malgré tout. Bref calcul pour s’apercevoir qu’on est en train de dépasser le poids maximum de l’ascenseur ; à trois. Sommeils écrasés. Au milieu de tout cela, un livre terminé qui n’a pas encore trouvé de remplaçant. Du chauffage, pour la première fois de l’année. Toujours pas eu le temps d’aller refaire des photos d’identité.

Passé un certain âge, il y a des personnes qui ne répondent plus “Ça va”, mais “Ça se maintient”. J’aime bien l’idée.

Évidemment, toutes ces couleurs seraient salement mélancoliques si elles n’étaient pas nuancées par un peu de profondeur. Appelons cela des ombres portées.

La lumière blanche et claire de l’hiver, qui révèle le jour et les contours. Le plaisir des lampes, en fin d’après-midi, des éclairages qui étoffent l’air de halos doux et réguliers. Un couteau suisse retrouvé, un rire d’enfant si particulier, un défaut de prononciations que l’on ne sera pas pressé de corriger. Jus d’orange, thés glacés, tisanes, cafés, kirs, bordeaux et San Pelegrino. Des signes d’achat d’une nouvelle paire de chaussures ; quelques fins de journées flânées d’une librairie à l’autre, sans perdre l’espoir d’y débusquer une envie ou une curiosité. Un long texte qui échoue dans la boîte aux lettres et déroule une histoire sans fioritures, terrible et fidèle. Le plaisir d’un stylo neuf, une lettre inattendue soudain indispensable. Un geste de dépouillement ordinaire, qui se donne dans toute l’humble violence de sa gratuité. Au terme d’une journée de travail et d’échanges, remerciements contre gratitude. La paroi brûlante d’une tasse de café, alors qu’on découvre une réponse qu’on n’espérait plus, et le sourire de ceux qui savourent ce moment. Gâteaux de chez Picard ; épinards. Des sifflements dans la bouche du fleuriste, en passant. Une satisfaction inédite devant un travail accompli, en contemplant le résultat, accompagnée de ce picotement de fierté que ne remarquent que ceux qui n’en abusent pas pour eux-mêmes.

Parfois, au quotidien, je ne sais plus bien où j’en suis. Dans ces moments-là, je me souviens que Dieu se fait tout petit à côté de moi, qu’il est le Dieu de l’extraordinairement ordinaire, le Sauveur de tout cela. Alors je me rappelle : je suis à Nazareth.

6 novembre 2009

Ma ville attend un enfant

Classé dans : Humeur(s) — Edmond Prochain @ 11:09
Tags: , , , , , ,

Au cas où tu n’aurais pas encore remarqué : nous sommes début novembre. Le mois le plus mal aimé (mais à juste titre) de l’année vient donc de commencer, et je pense qu’on peut le dire sans crainte de représailles d’un quelconque mouvement terroriste : jusqu’ici, il n’est pas décevant. Il fait froid, il flotte, il se met à faire nuit d’un seul coup en plein milieu de l’après-midi, il y a des feuilles plein les trottoirs et j’ai oublié l’anniversaire d’un copain. Saleté de mois de novembre, tiens !

Pourtant, juste avant que novembre vienne squatter toutes les pages de mon agenda, nous étions encore fin octobre (je sais : ma pensée est d’une puissance rarement atteinte). Et alors, durant les derniers jours d’octobre, figure-toi que j’ai été – ici en ville – témoin un soir d’une scène tout à fait étonnante : des hommes commençaient à installer des décorations de Noël. Genre guirlandes, toussa.

guirlandes-noel-ville

Dans ce style-là (mais en pas tout à fait pareil).

Forcément, j’ai regardé l’heure pour vérifier qu’il était toujours octobre, mais non : je n’avais pas été pris d’une crise d’hibernation subite ni fait un bond dans le temps. A l’heure où le guignol lambda finissait ses préparatifs d’Halloween de cette charmante petite fête qui permet aux cathos de redécouvrir la Toussaint, ces guignols-là anticipaient déjà Noël. Ce n’est même pas encore l’Avent qu’ils nous inventent l’Encore-Avant. Ça m’a laissé tout “ah tiens”, cette affaire…

Une amie m’a glissé qu’ils avaient drôlement raison d’anticiper un peu, parce que c’est vrai qu’on a été prévenus : on ne connaît ni le jour ni l’heure. Alors des fois que Noël serait avancé cette année, autant être sur ses gardes et tenir son lampion allumé… C’est pas idiot du tout, du coup.

Depuis, j’ai quand même pris le temps d’y repenser. (D’autant qu’on s’emmerde généralement beaucoup plus en novembre qu’en octobre, donc ça laisse un peu de temps pour réfléchir.)

Et j’ai compris. (Tu trouves pas ça classe, toi, de caser une idée par paragraphe ?!)

En fait, le monde crève d’impatience que Jésus vienne le visiter ! Je ne vois pas d’autre explication : nos amis les contemporains n’attendent qu’une seule chose : qu’un petit enfant vrai Dieu et vrai homme débarque dans leur vie pour les illuminer de sa Parole et les rassasier de sa présence. Ils ne rêvent que de ça, ils n’en peuvent plus d’attendre ! Même que c’est parce qu’ils ne veulent surtout pas le louper, le petit Jésus d’amour de gloire, qu’ils commencent déjà à lui baliser le chemin comme une énorme piste d’atterrissage : “Te plante pas, Emmanuel : c’est bien ici qu’il faut que tu viennes !”

Bref, on est en train de nous brancher des Maranatha multicolores dans toutes nos rues, et il ne faudrait pas qu’on passe à côté de ce signe-là, parce que c’est quand même rudement fort.

Prépare ton faire-part : on va lui faire une fête de tous les anges, au p’tit divin gars !

20 septembre 2009

Prendre un enfant par la main… (pardon)

Classé dans : Bédés — Edmond Prochain @ 6:00
Tags: , ,

Bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.

accueil-enfants

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

22 juin 2009

Le vent est de retour

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 10:06
Tags: , , , , , , , , ,

Quand j’étais enfant, je jouais parfois avec des petits moulins à vent ; tu sais, ces trucs colorés accrochés au bout d’une tige, comme des fleurs, et qui tournent. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas toujours du vent. Alors parfois il fallait le chercher, et la magie de l’enfance, c’est qu’on le trouvait, le vent : il suffisait de courir pour le rattraper ! Et le moulin tournait.

Ensuite j’ai un peu grandi et j’ai commencé à faire un peu moins gaffe au vent. Mais j’ai découvert une autre façon de le trouver quand il se cachait (et même que j’étais vachement fier de moi) : je mouillais mon doigt et je le levais. Ça me faisait sentir le sens des courants d’air. Et j’aimais bien ça, je crois.

Le truc avec le vent, en fait, c’est qu’à part les bourrasques et les tempêtes, et à part quand on est enfant aussi, on se rend jamais trop compte s’il est là ou pas. On croit qu’il est parti, un peu.

Et puis hier, j’ai pris le train. Le paysage défilait drôlement vite. Ah ouais, parce qu’il faut que tu saches que je continue de considérer que quand tu voyages, c’est le paysage qui se déplace ; la preuve, c’est que moi je bouge pas. D’abord. Or donc voilà, toussa, à côté de mon train y’a de grosses éoliennes qui sont passées. J’ai bien regardé les arbres autour : ils bougeaient pas, y’avait pas de vent. Et pourtant elles tournaient. Donc y’avait du vent. Un peu. Le même vent que je croyais parti, en fait, il était resté. Voilà. Il suffisait de quelques éoliennes pour rendre témoignage au vent. Le vent était de retour.

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

Si je te raconte tout ça, c’est pour que tu fasses pas de blague toute pourrite sur le titre du bouquin dont au sujet duquel je veux te parler. Ça s’appelle Dieu est de retour. (Nan, en vrai, il était pas parti – essaie de suivre, je te jure, c’est fatigant parfois…) C’est écrit par un ami qui s’appelle Jean-Baptiste Maillard, mais c’est pas que pour ça que j’en parle. Quoique, un peu quand même. Mais pas que.

En dédicace, JBM m’a écrit :

“Nous partageons le même souci de l’évangélisation. Puisse ce livre t’encourager dans ton apostolat sur internet, autour de toi et loin de toi !”

La question, donc, c’est qu’il est urgent d’annoncer notre foi dans le monde. Pourquoi c’est urgent, tu te demandes ? Faut que tu lises le livre pour savoir ! (Je fais du suspense pour vendre un peu, t’auras noté.) La vraie question, alors, c’est que la mission laissée par le Christ aux apôtres, c’est l’affaire de tout le monde aujourd’hui. Chacun à sa place, chacun a sa place. Et cette enquête le montre bien, en brassant à peu près tous les domaines : professionnel, générationnel, confessionnel, sensibilitionnel, toussa.

JBM, il dit des trucs énergiques et parfois un peu grosmotisés, du genre : “Le monde crève la gueule bouche ouverte, le monde meurt. Et que faisons-nous pour voler à son secours ?” Mais il a pas tort, et je dirais même plus : il a raison. Et puis JBM, aussi, il parcourt la France à la rencontre de tout plein d’évangélisateurs tous plus tarés les uns que les autres, et pourtant humains. Au final, il fait un sacré recueil de bonnes idées.

C’est un peu Tintin et les Sept dons de l’Esprit, en fait.

La couverture est jolie (c'est toujours plus sympa au moment de l'afficher sur son blogue).

La couverture est jolie, non ?

Après, évidemment, je pourrais lui reprocher d’avoir un peu poussé le principe du panel trop loin, de zapper d’un sujet à l’autre sans que le rapport soit toujours évident, de présenter des initiatives d’inégal intérêt à mes yeux, d’avoir casé sa femme dans les témoins interrogés alors que moi-même pas (tu me diras, ça m’a évité de lui dire non !), ou encore de taper parfois un peu trop dans un milieu que je reconnais trop facilement, où je connais un peu trop de noms pour être totalement surpris. Je pourrais lui reprocher ces choses, sauf qu’en vrai il arrive toujours à dépasser ces petites caricatures passagères pour revenir à quelque chose de plus essentiel. Le Christ, en l’occurrence. (Ça devrait toujours être l’occurrence.)

Sans compter qu’au-delà de cette essence-là, JBM a le bon goût, tout le long de son enquête, de ne pas se positionner en réactions aux initiatives passées (et parfois encore présentes) de l’Église en France. Ce parti-pris, sage et très juste, de la continuité tout en réclamant un souffle nouveau, un paragraphe l’illustre bien :

“Il ne suffit pas que l’Église de France “prenne à bras le corps les questions de société”, comme on l’entend souvent. Ni qu’elle réfléchisse à la question de sa “présence au monde” ou de sa “visibilité”. Être présent est nécessaire mais insuffisant sans l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut. Le plus urgent est que l’Église de France se jette sans plus attendre dans cette évangélisation de nos contemporains. Cette évangélisation, rappelons-le, n’est pas un volontarisme ou un activisme. Mais toutes les activités des chrétiens doivent être ordonnées à l’annonce du Christ , comme nous l’a rappelé Benoît XVI en France. Oui, il faut évangéliser la France. Alors qu’attendons-nous ? Si nous nous lançons résolument dans cette évangélisation, alors oui, l’Église sera vraiment présente dans notre société, et le Christ dans le cœur de chacun.”

Mais sans rire, il faut lire Dieu est de retour. Et pas que parce que c’est le livre d’un copain. Il faut le lire parce que ce livre présente plus de visages de cathos engagés que ce que certains croient qu’il reste de cathos dans l’Église. Il faut le lire, aussi, parce que quand on est dans le train à regarder les éoliennes avec le livre posé sur la tablette devant soi, il interpelle les gens qui passent :Dieu est de retour… Ah bon, il était parti ?”

Nan, en vrai, il était pas parti.

15 juin 2009

A sale gosse, sale gosse et demi

Classé dans : De rien — Edmond Prochain @ 15:35
Tags: , , , , , ,

Je le sais avant même de commencer à écrire : il y en a qui vont venir me dire que je ne suis pas gentil et que je risque de perturber durablement une pauvre enfant et que toussa toussa, pas bien, bouh. C’est vrai. Sauf que je m’en fous, parce qu’elle l’a bien cherché. Là, tu auras compris que je parle de Chipie (nan, c’est toujours pas son vrai nom).

J’ai enfin eu ma vengeance ! Ah, elle a pu faire sa maligne une fois, cette pestouille, mais j’ai trouvé la faille : elle est peut-être vachement fortiche en théologie, mais en maths elle est carrément nulle. Niek niek niek… Il fallait qu’elle paie ; elle a payé.

Mais pour ça, il a fallu que je réussisse d’abord à échapper aux regards suspects de sa maman. Laquelle s’inquiétait visiblement (et probablement à raison) pour le sort de sa progéniture dès lors qu’elle se retrouverait entre mes griffes douces mains. Sa surveillance attentive, je l’ai pourtant déjouée, grâce à une ruse multiséculaire, une prise rudement efficace dont peu ont le secret : le coup de fil de sa sœur ! C’est une technique que je te donne, parce qu’elle a fait ses preuves… Rien de tel qu’un bon vieux “coup de fil de sa sœur” pour détourner durablement l’attention d’une mère.

C'est vrai, quoi : les pestes ne gagneront pas !

C'est vrai, quoi : les pestes ne gagneront pas !

Innocemment, j’ai fait comme si je ne m’intéressais même pas plus que ça à Chipie. Et ça, c’est une autre technique que je te donne si tu veux attirer l’attention d’une jeune fille d’environ quatre ans et demi (à soixante-quinze ans près) : fais autre chose, ne t’occupe pas d’elle. Ça n’a évidemment pas loupé : au bout de deux minutes, elle ne pensait plus qu’à une seule chose, m’empêcher de lire mon journal. Le piège pouvait se refermer sur elle…

- Tu sais, Chipie, Jésus il est mort à cause de tes bêtises…

Et là, j’arrête l’histoire, parce que j’en entends hurler que je suis vraiment trop porrible. Bon. J’avoue : je n’ai pas osé faire ça. Quand même ! Je suis presque déçu que tu y aies cru (t’as vraiment une piètre opinion de moi, ça fait peur).

En réalité, c’est encore une fois elle qui m’a abordé :

- Dis, Edmond… Comment Jésus il a fait pour être sur une croix ?

Euh… gloups. Elle veut vraiment que je lui explique comment on fait ? J’en connais qui ont étudié la question, et c’est franchement pas appétissant. Brr… Mais heureusement, alors que je commençais à envisager de lui passer le dévédé de La Passion du Christ, elle a précisé sa question et m’a sauvé la mise.

- Parce que, à Noël il est tout petit bébé dans la crèche, et puis à Pâcre [*] il est grand et les méchants ils le mettent sur une croix.

Elle a comme un souci avec la concordance des temps, en fait.

Elle a comme un souci avec la concordance des temps, en fait.

Awé, kanmèm… La p’tite Chipie, elle aura beau être hyper balèze question transsubstantiation, toussa, elle est même pas foutue de comprendre qu’on lui fait l’histoire de Jésus en résumé. Et toi, lecteur, ne viens pas lui trouver des excuses sous prétexte qu’elle a quatre ans et demi ! C’est pas une raison ! Je te rappelle qu’elle a des notions de théologie beaucoup plus poussées que le commun de mortels adulte. Alors zut.

Du coup, je lui ai répondu ça :

- C’est parce que Jésus était un garçon très doué. Les enfants sages et gentils, ils grandissent [en âge et en sagesse - note d'Ed] plus vite que les autres. Et ceux qui mettent du temps à grandir, c’est parce qu’ils ne sont pas assez gentils…

Et elle l’avait bien cherché. D’abord.

- – -

[*] Je suppose qu’elle voulait dire “Pâques”…

9 juin 2009

Le baptême est un droit : que fait la Halde ?

Classé dans : Humeur(s) — Edmond Prochain @ 15:25
Tags: , , , , , ,

Y’a des fois, vraiment, on s’demande… On nous dit qu’il y a de moins en moins de catholiques (la preuve : ils sont de plus en plus nombreux dans le monde), et l’Église refuse de recruter à peu de frais de nouveaux adhérents. Un scandale, mon bon môssieur ! D’ailleurs, j’en parlais hier avec mon coiffeur et il me disait : “Oui, c’est toi qui as raison !” C’est dire.

Il y a quelques mois, en Loire-Atlantique, un prêtre refusait de baptiser un enfant. Et pour un motif des plus futiles : les parents ne voulaient pas inscrire leur fille au catéchisme. Bah mince alors ! Voilà des gens qui respectent la liberté de l’un de leurs enfants (elle ne veut pas aller au catéchisme, c’est son droit) d’un côté, mais veulent quand même imposer le baptême à l’autre. Il paraît qu’une cohérence s’est cachée dans la proposition précédente ; si tu la trouves, merci de me prévenir…

Mais le plus terrible dans cette histoire, c’est qu’elle se répète. Et cette fois, les raisons sont beaucoup plus graves. Juge un peu : un prêtre canadien ose refuser de célébrer un baptême hors de l’église !

Je sais, toi aussi tu es choqué ; même que tu demandes comme moi de quoi il se mêle, le curé ! C’est vrai quoi sans blague à la fin, les parents c’est eux qui payent alors ils ont le droit de faire ce qu’ils veulent ! Y’en a marre que l’Eglise impose des trucs tout le temps.

C’est pas parce que les prêtres n’ont pas (encore) le statut des intermittents du spectacle qu’ils peuvent tout se permettre. Zut !

bapteme-enfant

Le faire-part devait ressembler à ça.

Bon, ce que l’article ne dit pas, c’est qu’au départ, les parents voulaient que ça se passe au McDo. Ils demandaient quand même pas la lune ! Et puis ils préféraient aussi que ce soit un rabbin qui célèbre, mais là encore ce curé intégriste a refusé. C’est comme pour leur idée de faire ça à la bière bénite : rejetée d’un revers de main, sans aucune explication. Et histoire que le tableau soit complet : le prêtre a catégoriquement exclu de remplacer les formules du rituel traditionnel par “Que la Force soit avec toi” (ce qui était pourtant beaucoup plus compréhensible, quand même). Bref, le gars, c’est un facho, quoi !

Le plus drôle de l’histoire, malgré tout, ça reste cette déclaration du père (celui de l’enfant, pas le curé) :

“On dit qu’il y a de moins en moins de paroissiens et de croyants, mais l’Église refuse encore de s’adapter au monde d’aujourd’hui. Quand je vois notre prêtre décliner une demande aussi simple et agréable que la nôtre et ce, au risque de perdre un nouveau membre de la famille de Dieu, je remets en question mon attachement à certaines valeurs de la religion catholique.”

Qu’il se rassure : si son attachement tient juste à la possibilité ou non de faire célébrer un baptème à l’intérieur ou à l’extérieur d’une église, c’est certainement une bonne chose qu’il le remette en question. Juste pour voir s’il ne faudrait pas creuser un peu. Par exemple.

14 mai 2009

L’Esprit-Saint prend ses responsabilités

Classé dans : Médias — Edmond Prochain @ 15:45
Tags: , , , , , , ,

On est bien d’accord (oui, parfaitement, on est d’accord par avance !) : c’est vraiment pour pinailler… En plus, je commence à me lasser de presque toujours pointer des bourdes dans LeMonde.fr, parce que je suis presque sûr que ses petits camarades ne font pas vraiment mieux.

Mais bon. Il se trouve que Jack Ryan m’a signalé ça, alors je me voyais difficilement ne pas le relayer…

Question à 30 centimes d’euros : qu’a donc annoncé l’archange Gabriel à Marie ? C’est très simple. Il se trouve que Marie est “tombée” enceinte, que c’était “la faute” de l’Esprit-Saint, mais que comme c’est un mec bien il a “pris ses responsabilités” et il a reconnu l’enfant. Tu ne me crois pas ? Bah, c’est écrit là :

à Marie alors enceinte...

Si tu as du mal à lire : "... l'archange Gabriel a annoncé à Marie alors enceinte la prochaine naissance de Jésus."

N.B. Ami lecteur, on va dire que sur ce coup-là, on évite les débats théologiques sur la virginité de Marie, toussa. D’accord ? Il se trouve que je n’ai pas ma théologienne préférée avec moi aujourd’hui, alors je ne suis pas trop d’humeur à débattre de la question. Donc ce qu’on va dire, c’est que “selon la tradition chrétienne” (comme le dit si bien l’article), l’Ange est venu demander à Marie si elle acceptait de porter le Messie – cf. Lc. 1, 26-38. Et on va s’en tenir là. Merci de ta compréhension.

12 mai 2009

Sale gosse !

Classé dans : De rien — Edmond Prochain @ 14:42
Tags: , , , , , ,

Scène de la vie quotidienne : Edmond s’occupe quelques heures de la fille d’un couple d’amis. Alors attends : je te présente Chipie (nan, c’est pas son vrai nom). Quatre ans et demi, une taille qui lui permet aisément d’attraper tout ce qu’on voudrait garder hors de sa portée, plus d’idées saugrenues à la minute qu’un scénariste de Scrubs et un don inné pour les taches les plus indélébiles. (Tu savais, toi, qu’on pouvait se salir avec de la fêta ? bah si tu étales aussi l’huile qui la conserve, si.) Surtout, surtout : une langue qui dépasse largement de sa poche…

Les cent quarante-trois premières minutes, tout s’est “à peu près” (l’histoire de la fêta, notamment) bien passé. Chipie se balade partout, pose des questions, me demande de lui lire une histoire en me montrant du doigt un Gaffiot, trouve où j’ai planqué mes Granola… Rien que de bien classique, donc. Et puis, à la cent quarante-quatrième minute : le drame !

- Dis…

Mon cerveau, qui sait très bien analyser ces moments-là, m’a sobrement hurlé : Alerte ! alerte ! Question tordue en approche : sauve qui peut ! on dégage ! (Réaction : je me tais et je fais genre je l’ai pas entendue… Oh, mais dis-moi : c’est passionnant un plan de métro…)

- Dis, Edmond ?

Et m… ! Repéré. Bon, en même temps, elle a beau avoir quatre ans et demi, Chipie, elle est pas idiote ; et j’étais le seul autre être vivant mammifère humain de cet appartement.

- Mmh ?

- Dis, est-ce que Jésus, il est dans l’hostie ?

Rhôô, la fourbe. Le débat théologique, d’entrée. Je t’en pose des questions, moi ?! Esquiver, simplifier… confirmer :

- Oui.

- Ah bon, c’est vrai ?

Le ton de la voix de Chipie est sournois. Ça sent la réplique qui tue… Alerte ! alerte !

- Pas’que ma maman elle dit que l’hostie c’est Jésus…

Oh p… ! Je m’attendais à tout, mais pas à ce que le piège soit dans la question de départ. Et puis, d’abord, quatre ans et demi, c’est pas un peu jeune pour faire la différence entre transsubstantiation et consubstanciation ? Y’a des tas d’adultes qui n’entrent pas dans ces nuances et qui ne torturent personne. J’avais rien demandé, moi ! Et à vouloir être gentil sans trop l’embrouiller, je passe pour un demeuré.

Sale gosse !!

14 novembre 2008

Une chaire, à quoi ça sert ?

Classé dans : De rien — Edmond Prochain @ 14:14
Tags: , , , , , ,

C’est bien vrai ça, d’abord : à quoi ça sert une chaire d’église aujourd’hui ?

A ce stade de ta lecture, je me doute bien que tu es en train de te demander : “Ça y est ! Qu’est-ce qu’il a encore trouvé pour s’essorer les méninges ?” Sache que tu me juges fort mal. Parce que : 1) tu t’es déjà posé la question, 2) c’est çui qui l’dit qui y est. Donc c’est toi ça-y-est-qu-est-ce-qu-il-a-encore-trouvé

C'est pas celle de mon église, mais elle illustre bien la suite du propos (tu verras).

C'est pas celle de mon église, mais elle illustre bien la suite du propos (tu vas voir).

Souvent, je rêve que mon curé aille faire son sermon dans la chaire de mon église (ouais, c’est la mienne d’abord ! bisque bisque rage !). Mais en même temps, vaut mieux pas, parce que déjà qu’en temps normal il a des envolées lyriques dignes de Bossuet, alors imagine un peu s’il les faisait deux mètres au-dessus de l’assemblée, sous un petit chapiteau sculpté d’angelots tout à poil… Nan, imagine pas, en fait !

Bref. Et donc, si je te cause là maintenant de chaire, c’est parce que j’ai compris hier l’utilité du truc. Même au XXIe siècle, eh oui ! C’est pas juste pour faire joli et cacher la vue à ceux qui sont arrivés en retard (même si c’est bien fait pour leur gueule, fallait être à l’heure). Hier, donc, un charmant bambin de cinq ans Obama au bas mot visitait mon église, et il a demandé à sa mère :

“Est-ce que je peux monter dans la fusée ?”

(Ceci est une idée.)

(Ceci est une idée.)

Mais bon sang mais c’est bien sûr !! Voilà à quoi ça sert !

N.B. Tu ne trouves peut-être pas ça drôle pour le moment, mais tu verras : toi aussi ça te fera une grosse distraction dimanche à la messe… niark niark !

Publié sur WordPress.