Le blogue d'Edmond Prochain

4 novembre 2009

Ah ! ces jeûnes…

Classé dans : Indispensable (ou pas) — Edmond Prochain @ 21:47
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Lettre à un curé de paroisse :

Monsieur le père,

hostieJe vous écris au sujet d’une petite question qui me turlupine. Je viens tous les dimanches à la messe que vous faites, mais comme il y a toujours du monde pour vous parler à la sortie je préfère vous écrire.

On m’a dit qu’il fallait faire un jeûne eucharistique avant la messe et qu’il devait être d’une heure. Mais la personne qui m’en a parlé ne m’a pas expliqué si c’était une heure avant la communion ou une heure avant le début de la messe… C’est quand même pas pareil.

J’aimerais bien savoir, parce que je trouve quand même la messe un peu longue. Pas trop, ne vous inquiétez pas, mais un petit peu quand même. Du coup, vers la fin j’ai un peu faim.

Alors parfois je mange un peu avant de venir. Pas grand-chose : juste des chocos ou parfois un reste de tarte aux pommes, des trucs comme ça. Si je n’en mangeais pas, je pense que je pourrais m’évanouir avant la fin de la messe.

Pouvez-vous me dire si c’est un gros péché de manger un peu comme ça et d’aller à la communion après ? Et, si je ne mange pas trop (par exemple, je pourrais éviter de boire du coca avec et de manger des tic-tac dans le métro en venant, aussi), est-ce que c’est moins grave ? Et est-ce qu’il y a des solutions ?

J’essaie de ne pas le faire mais je n’y arrive pas. A chaque fois c’est pareil : j’ai faim…

Je vous demande tout ça parce que, vu que je ne suis pas baptisé, on n’a pas pu me l’expliquer au catéchisme.

Merci d’avance pour votre réponse.

La paix du Christ vous salue,

X.

[Note : Ceci est bien entendu une fausse lettre. Ecrite à la demande d'un vicaire facétieux, qui a voulu que je l'envoie à son pauvre curé (le genre scrupuleux qui se fait une montagne pour pas grand chose)... Hélas, on n'a jamais connu le fin mot de l'histoire !]

21 septembre 2009

Chroniques d’un croyant du dimanche

Classé dans : Mais dites... — Edmond Prochain @ 10:49
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Dimanche. Du latin dies dominicus, jour du Seigneur. Sauf qu’on ne peut pas servir deux maîtres à la fois, nous a un jour expliqué un jeune barbu qui pour le coup en était un authentique, de maître. Nous devons donc choisir, et deux options s’offrent à nous : soit Dieu soit l’argent. Comme dans les vieilles séries-B à base d’immortels et de lande écossaise : au final, il n’en restera qu’un. Le dimanche ne peut avoir qu’un seul Seigneur ; et les débats récents sur le travail dominical tendent à montrer que notre société a tranché. Devine pour qui.

Dans ce “contexte de perte de sens” (c’est classe, comme expression) qui tend à repousser en fin de semaine ce jour qui devrait pourtant en être le premier, j’ai trouvé par l’intermédiaire et les bons conseils d’une amie (qu’elle en soit remerciée) un remède rudement efficace, à travers le livre d’un vigoureux résistant : Le Dernier dimanche, de Gaspard-Marie Janvier (non, même avec un nom pareil, ce n’est pas un prêtre !). C’est un bien curieux ouvrage d’ailleurs : du début à la fin, on ne sait pas tellement s’il s’agit d’un traité, d’un recueil de chroniques, d’un témoignage, d’un journal, d’un essai ou – comme l’indique pourtant la couverture – d’un roman. C’est un livre constamment sur le fil ; et en matière de fil, juge celui qui se fait directeur : un homme qui n’a pas mis les pieds à l’église depuis bien longtemps décide d’aller à la messe chaque dimanche pendant un an, et de consigner à son retour les impressions recueillies durant cette heure particulière.

Voilà comment il introduit cette décision :

“Pour les appétits de l’âme comme pour ceux du corps, j’opte résolument pour une alimentation traçable. Même borgne, à demi éteintes, louches et crépusculaires, je préfère donc les lanternes du christianismes aux vessies du matérialisme, et avec Socrate, ceux qui s’interrogent à ceux qui savent. Dans cette drôle d’époque où les croyants se posent des questions quand les incroyants ne doutent plus, j’ai souhaité comprendre ce que m’apportait d’irremplaçable le fait d’être chrétien, même d’un peu loin.”

Le résultat ? Souvent un joyau. Un pur et simple bijou d’humanité, d’intelligence et, d’une certaine façon, de foi. Il faut voir le narrateur s’attacher à ce rendez-vous hebdomadaire, il faut laisser son œil neuf renouveler le nôtre. Durant la semaine où le livre m’a accompagné, j’ai redécouvert un amour de la liturgie que je ne pensais pas si vif en moi ! De petite phrase en réflexion esquissée, Gaspard-Marie Janvier m’a redonné soif de la Parole de Dieu donnée dans la messe. Il fallait le faire. Il l’a fait.

Faut pas se fier à cette couverture kitschouille...

Faut pas se fier à cette couverture kitschouille...

Au fil des pages, pas mal de gens en prennent quand même pour leur grade. C’est du brutal. Il y en a presque pour tout le monde : les politiques, les athées, ceux qui vont au centre commercial le dimanche… Les catholiques, aussi, qui ramassent autant que les autres. Et si certaines remarques ne sont pas toujours bien ajustées (j’émets de vives réserves sur certaines de ses conclusions – mais même les plus douteuses demeurent intéressantes par le regard qu’elles révèlent), l’expérience vécue dimanche après dimanche donne lieu à de merveilleuses petites mises en perspective. Je ne résiste pas au plaisir de t’en livrer une pépite… un peu longue, pardon :

“Chacun de nous vit sa vie sur le mode de l’alternance : travail et loisir, profession et famille, temps pour moi, temps pour autrui. Le rythme consiste à découper le calendrier, il se consigne au crayon sur l’agenda, il procède d’une représentation chronologique de notre être au temps. Et comme nous investissons tout de nous même dans cette conception filaire de la durée, nous sommes heurtés de plein fouet par chaque vicissitude, par chaque aléa fâcheux de l’existence, qui semble foncer vers nous en sens invers, comme sur une route à une voie. Le rendez-vous dominical élargit cette route et permet le croisement. Cette heure hebdomadaire de calme, de recueillement, de méditation, de contemplation, heure où je me retrouve parmi d’autres, ni pour commander ni pour obéir, ni pour acheter ni pour vendre, ni pour parler ni pour me taire, mais pour être là, simplement avec eux ; heure pour unir ma voix à la leur, heure pour recevoir, heure pour partager l’événement de ces images originelles, resurgissant de semaine en semaine, de mois en mois, d’année en année, toujours les mêmes et toujours autres, créant à chaque apparition de nouvelles et imprévisibles significations : oui, cette petite heure semainière de fermentation spirituelle crée une profondeur vertigineuse dans mon existence, comme un regard levé vers l’horizon lorsqu’on marche sur la crête. L’aventure s’épaissit.”

En refermant l’ouvrage, on sera malgré tout frappé d’un manque flagrant, d’un vide laissé béant durant cette année de messes, d’un vrai rendez-vous manqué : jamais Gaspard-Marie Janvier ne se laisse toucher par l’eucharistie. Il s’en rend compte, d’ailleurs, et il le dit à un moment donné : son goût pour la littérature et la philosophie lui font accorder une place démesurée à la première partie de la messe, à la liturgie de la Parole. Mais c’est aussi ce qui m’a touché (moi personnellement et pour moi-même en ce qui me concerne !), parce que ça m’a renvoyé à ma propre focalisation intérieure sur la seconde partie depuis quelque temps… du coup, je rééquilibre !

L’autre regret que l’on pourra émettre – et qui est, là encore, désamorcé par le narrateur, très lucide – c’est l’attachement sans doute trop grand à une figure de prêtre : le père Joris. Cette admiration forte est la plus grosse fragilité de la foi renaissante, et pourtant elle conserve quelque chose de touchant, parce qu’elle rappelle à quel point notre foi s’incarne souvent malgré nous dans quelques “grands frères” que la Providence veut bien mettre sur notre route.

Au final, je te laisse décider si tu te laisseras ou non séduire par cette petite expérience (parfois maladroite, mais vigoureusement rugueuse). Sache simplement que Le Dernier dimanche est sans doute le meilleur remède actuellement disponible à la tentation que représentent les discours sur le… travail du dimanche. C’est Chafouin qui va être content !

25 août 2009

L’Eucharistie affranchie de l’Eglise ?

Classé dans : Actu — Edmond Prochain @ 9:08
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Certains peuples ont leurs rituels. On dit par exemple l’Anglais très attaché à la lecture de son journal à l’heure du petit déjeuner. Pour ma part, n’étant pas Anglais (ni Belge, contrairement à des légendes répandues), mais seulement folliculaire, j’ai pour habitude de boire mon café serré au son de la radio matinale. Et hier matin, m’est venue la vision à l’écoute de ladite radio que si j’avais été Anglais, j’aurais probablement pu recevoir bien plus qu’un simple journal pour mon petit-déjeuner…

“By Jove ! (comme disent les Belges) Qu’est-ce que tu racontes, Edmond ? On ne capte rien à cette introduction !”

Soit. Soyons donc un peu plus clair.

C’était lors de la revue de presse. La toute nouvelle chroniqueuse nous avait dégoté une info des plus savoureuse, dans le Guardian pardon : le Gouarediane (je m’appuie sur sa prononciation impeccable de l’anglais…!). Imagine un peu : au pays des gens qui parlent dans les angles, il est désormais possible de recevoir la communion à domicile ! Mais si mon bon môssieur, et par le facteur encore ! Tu veux une preuve ? la voilà. Même que si tu n’as pas la chance de parler la plus belle langue du monde après le français et toutes les autres, parce que je suis quelqu’un de bon qui pense à ses lecteurs (c’est toi), tu peux aussi trouver un résumé en langue vernaculaire.

Alors, qu’y lit-on ? (Tiens, c’est joli, ça : “kiliton”…) Que certains épiscopaliens – grands pourvoyeurs d’idées douteuses devant l’Éternel ! – ont trouvé une toute nouvelle connerie pour faire parler d’eux : envoyer la communion par la poste. Là, c’est clair qu’il fallait y penser, quand même ! Et donc, ils appellent ça “Post the Host“. C’est intéressant, ça ; voilà.

Et le pire de tout, c’est qu’il faut bien admettre que l’argument derrière tout ça est très certainement louable : il s’agit de permettre, selon l’Open Episcopal Church, à ceux qui sont éloignés de l’église (le bâtiment, mais du coup aussi l’assemblée de fidèles) à cause de leur âge ou de leur condition physique de recevoir malgré tout la communion. Pour peu qu’ils s’acquittent quand même des frais de port (faut pas déconner, non plus).

L'hostie directement à votre porte : une idée d'avenir ?

La communion directement à sa porte : une idée d'avenir ?

Ce qui est triste là-dedans, c’est que tout épiscopaliens qu’ils soient, ils n’ont pas l’air d’avoir compris que le but de l’Église était justement de réunir l’assemblée du peuple de Dieu – corps du Christ. Et que si certains ne peuvent se joindre à l’assemblée, c’est qu’il nous faut aller les rejoindre là où ils sont. Pas en favorisant une petite religion personnelle de “pain béni” commandé par boîtes de vingt, mais en allant leur porter la communion, pour signifier concrètement qu’ils sont eux-mêmes membres du corps…

Ironie de la chose, c’est exactement ce que m’a vanté ensuite une publicité pour une marque de couleur, qui disait (en substance) : “Il y a certaines choses qu’on ne peut pas faire à distance”. Eh ouais. Je sais pas toi, mais personnellement j’aime beaucoup ces petites coïncidences !

J’écarte volontairement ici toute la question sacramentelle et tous les débats qui pourraient en résulter ; non pas par manque d’intérêt, mais parce qu’il me semble important que, puisque l’initiative est née sur un plan strictement humain, on puisse en rester au niveau de l’assemblée pour l’analyser. Qu’on développe des services pour faciliter l’accès à l’eucharistie serait une excellente chose (y compris dans nos paroisses – pas besoin de voir à grande échelle alors qu’on a tous des voisins). J’ai quand même du mal à croire que “poster des hosties” puisse aider à une plus grande… communion.

Mais je suis probablement trop catholique pour les épiscopaliens…

16 août 2009

Encore une histoire de pain

Classé dans : Bédés — Edmond Prochain @ 15:13
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Je suis un être faible, qui avait décidé de ne pas poster de bédés pendant ses vacances mais qui est incapable de résister à l’idée qui lui a traversé l’esprit pendant la messe ce matin (tu peux remercier le prêtre : il me l’a pratiquement soufflée).

Du coup, bah… bon dimanche ! Les lectures du jour, c’est par là.

pain-chair

Bédé réalisée grâce à StripGenerator (et un peu Ma Pomme, aussi).

30 juillet 2009

Cette histoire de dignité…

Classé dans : De rien — Edmond Prochain @ 11:43
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Avant de commencer ce billet, j’aimerais savoir si toi aussi, parfois, ça t’arrive de t’imaginer que ta vie pourrait être vachement plus marrante si tu la vivais comme une bande-annonce des années 50… Tu sais, avec une voix off un peu flippante sur les bords et un gros titre qui s’affiche dans des caractères très subtilement kitsch.

Un truc qui donnerait à peu près ça :

that-worth-thing

La classe, non ?

Pompopom… Donc, tout ca pour dire que je vais aujourd’hui te raconter une aventure à peu près aussi édifiante qu’elle est vraie (c’est dire si elle est édifiante, parce que je te raconte même pas à quel point elle est vraie !).

C’était un dimanche, et même que c’était à la messe et dans ma chère paroisse. Mon curé (dit aussi “Bossuet” par certains – i.e. moi – par rapport à ses qualités d’orateur) vient me demander si je vais pouvoir l’aider à donner la communion. Bon, perso, je suis pas contre sur le principe, mais il peut y avoir des moments où je ne le sens pas des masses et où j’ai bien envie de dire que, finalement, non pas trop.

Explication : certains jours, c’est pas que je me sens spécialement morveux, mais disons que je ne suis pas au top de ma forme, et surtout que je ne me sens pas complètement digne de ce genre de chose. Mais passons revenons-y plus tard. (Note tout de même pour les plus tradis d’entre toi : ce sentiment d’indignité n’a rien à voir avec le délai de ma dernière confession ; c’est juste une impression générale.)

Comme je suis le bon gars et que je sais parfaitement le-truc-que-je-vais-développer-par-la-suite, je dis quand même oui. Ce qui prouverait que je suis un bon gars s’il en était encore besoin, puisque je l’ai dit clairement dans la phrase précédente.

Alors bref, donc, je l’aide à donner la communion. (Tu notes quand même comme je suis un bon gars, hein, tu notes ?) Toujours en me sentant indigne, mais en me disant que s’il me l’a demandé, c’est qu’il a besoin de moi, et puis qu’il n’est pas totalement exclu qu’il y ait un genre de grâce d’état pour ce type de service, toussa. Je ne croyais pas si bien penser.

A la fin de la messe, une amie vient me voir et me dit ça :

“Je voulais te remercier. Avant la communion, je ne voulais pas y aller parce que je ne m’en sentais pas digne. Finalement, j’ai décidé d’y aller quand même, et c’est toi qui m’a donné la communion. Et tu m’as donné deux hosties collées l’une à l’autre ! J’ai trouvé ça vraiment beau comme clin d’œil !”

Le plus étonnant providentiel, c’est qu’en passant par ma main (moi qui m’en sentais indigne), le Christ s’est donné deux fois à cette amie (qui s’en sentait tout aussi indigne). Comme pour nous rappeler à l’un et à l’autre cette petite évidente : il y a un mot que Dieu ne connaît pas, c’est “dignité“. Il ne connaît que “grâce“.

Il faut juste essayer de s’en rappeler, de temps en temps…

24 juillet 2009

Veilleur

Classé dans : De rien — Edmond Prochain @ 9:33
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Il s’est relevé dans la nuit, à l’heure où aucune âme ne bruisse. Dans la lenteur du silence, il a respiré l’air obscur, plus frais que d’ordinaire ; et il est sorti, il a traversé quelques rues en s’étonnant du son de ses propres pas. Puis il est arrivé, comme le carillon daguait quatre fois l’atmosphère.

Le clocher. L’heure. Voici l’heure.

Sans un mot, il s’est abaissé contre terre et bientôt une autre personne immobile s’éclipsait. Il restait seul, dans un pluriel tout intérieur, un Pluriel pourtant exposé là, devant lui. Dans l’opacité de la nuit, un soleil unique dressé comme une offrande, et l’homme semblable à une statue contemplant la lumière. De tout son être, accueillir la nuit, accueillir la lumière et bientôt la parole née du plus profond des silences.

Au cœur de la ville, un cœur battant.

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Tandis que les secondes s’étiraient pour se confondre dans une même durée d’éternité balbutiante, il a laissé ses yeux se fatiguer à la clarté de veille. Tout autour, en mille alentours, des sommeils radieux. En-dedans, un profond soleil. Et pas un cri pour le troubler. Par son intermédiaire, des milliers de cœurs reliés sans le savoir à cette source inépuisable.

Quand il ressort, tranquillement, le jour naît.

La ville murmure déjà, émerge lentement de sa torpeur. Lui inspire et remplit sa gorge de cet air de vie nouvelle. Il observe avec tendresse les premiers signes de vie éclose.

Dans le silence du matin, avec la paix des veilleurs, il enfante la ville qu’il a portée en secret.

12 juin 2009

L’Eucharistie une fois l’an

Classé dans : Médias — Edmond Prochain @ 20:02
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Dimanche, c’est la Fête-Dieu. Si ça c’est pas de l’info solide et vérifiée, je veux bien aller nettoyer Montmartre ou Fourvière avec une brosse à dents, moi. Et donc, fort de cette grosse actu que je viens d’asséner avec l’aisance qui sied à mon métier de folliculaire (on dit aussi “chien”, mais c’est encore moins gentil), je peux ouvrir ce billet sous un resplendissant ciel d’information éclatante. C’est un minimum.

Je m’en vais d’ailleurs fêter ça avec la narration tendre d’un souvenir ému (l’inverse marche aussi).

Nous sommes en août 2006. Sous un soleil écrasant et une climatisation enrhûmante, je me laisse porter par le cahot des rails vers une destination au sud, chaque seconde plus au sud. Ma valise est étendue silencieuse au-dessus de ma tête, un petit sac complémentaire s’est réfugié sous mon siège, je m’affale un peu plus et j’ouvre un bon magazine acheté à la gare juste avant le départ. Le trajet s’annonce bien.

J'aime bien cette image, tiens.

J'aime bien cette image, tiens. Alors je la mets.

Et soudain… (ça fait toujours bien de relever un peu le suspense,) soudain, je bondis sur mon siège et en moi-même ! Quoi ? que lis-je ? Horreur ! Sous mes yeux, en marge d’un article – par ailleurs pas si mauvais, de mémoire – consacré à je-ne-sais-plus-quel-aspect de l’Église, s’étale ce petit encadré qui explique fièrement quelques mots de vocabulaire. Parce ça fait toujours bien de mettre des compléments en encadré à côté d’un article. Ainsi, je lis :

“Saint-Sacrement : autre nom de l’eucharistie. Pour les catholiques, l’Esprit saint descend dans l’hostie consacrée au cours de la messe: c’est le miracle de la transsubstantiation, lorsque le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ. Le sacrement de l’eucharistie est célébré lors de la Fête-Dieu (qui a lieu soixante jours après Pâques). Procession du Saint-Sacrement.”

T’as bien lu : les catholiques ne célèbrent l’Eucharistie qu’une fois par an ! Le plus amusant, c’est que la formulation est curieuse, mais l’explication pas complètement fausse. Sauf que. Quand même. J’en ai tellement ri que je n’arrive toujours pas à vraiment en vouloir à ma consœur ; elle m’a quand même éclairé le voyage avec cette petite ânerie toute mignonne.

Voilàvoilà. C’était le récit ému d’un souvenir tendre (l’inverse marche aussi, je t’avais dit).

8 juin 2009

Jésus ne me fait pas de guilis

Classé dans : Rabat-joie — Edmond Prochain @ 19:49
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C’est le genre de billet qui risque encore de lever une mini-polémique. Mais m’en fous : j’assume (de toute façon je nuancerai en commentaire, comme d’hab’).

Il n’y a pas si longtemps, quelqu’un a cherché à me définir comme un “cramé”. Or, il se trouve que je suis un garçon poli. Comme disait l’abbé de l’Epée : “Vaut mieux entendre ça qu’être sourd.” Mais faut pas pousser. J’ai alors estimé qu’une petite mise au point s’imposait :

Non, je ne suis pas un “cramé”.

Et même : je réfute totalement le qualificatif. Par ailleurs je n’ai rien contre ceux qui s’en réclament, mais j’avoue avoir beaucoup de mal avec le mot, à titre strictement, exclusivement et uniquement personnel : ce n’est pas comme ça que je vois l’Esprit-Saint. L’Esprit que je connais (ouais, on est potes), il brûle gentiment, il ne consume pas, il embrase le cœur pour le purifier et faire place nette. Mais je ne l’ai jamais vu cramer quoi que ce soit, qui que ce soit. Cramer, c’est un truc de voyous. Et l’Esprit-Saint n’est pas un anarchiste.

J’entends bien ce que les amateurs du terme veulent dire (eh ! oh ! je suis pas complètement idiot, non plus), à savoir tenter de définir une expérience décapante de l’amour de Dieu, introduisant un changement de vie radical, toussa. J’entends. Mais qu’on n’utilise pas le mot pour moi. Le Christ n’a pas tout envoyé à la benne pour faire place nette en moi ; je préfère penser qu’il me ponce le cœur en douceur. Chacun sa conception du taf qu’il accomplit.

Comme Jésus a eu un père charpentier, j'imagine qu'il saura faire quelque chose de joli.

Comme il a eu un père charpentier, j'imagine qu'il saura faire quelque chose de joli.

Bon. Tant que j’y suis, je vais aussi revenir sur l’étiquette de “charismatique” qui a tendance à me coller à la peau. C’est pas forcément qu’elle est fausse, mais profondément, elle n’est pas juste. Oui, je me sens proche du Renouveau et la plupart de mes amis ont plongé dedans jusqu’aux oreilles, mais en fait, “en être ou ne pas en être” (si telle est la question), bah je m’en fous. Et même, quitte à être grossier, faut que tu comprennes que je m’en tamponne le popotin avec un gros Catéchisme de l’Église catholique (le Compendium est trop léger pour être suffisamment symbolique).

La vérité, c’est qu’on n’en a rien à carrer de nos dossards. Je suis catholique, et c’est la seule chose qui compte.

Pourvu qu'on puisse afficher celui-là, c'est tout ce qui compte.

Pourvu qu'à l'arrivée on puisse afficher celui-là...

Dernière mise au point (qui en fait justifie toutes les autres) : Jésus ne me fait pas de guilis. Les excès de sensibilité que certains emploient beaucoup (trop parfois) d’énergie à dénoncer, je les connais, mais je m’emploie à les éviter à chaque instant. Parce que nous sommes incarnés, nous avons parfois besoin de ressentir un peu ce à quoi nous croyons ; et alors, l’Esprit-Saint, pas mauvais bougre, sait nous donner accès à quelques réalités ineffables. Du genre que quand on est devant l’Eucharistie, on peut savoir au plus profond de notre être (plus profond, cherche mieux) que c’est Jésus qui est là, on peut le comprendre à la façon des enfants. De ce genre ou d’un autre ; peu importe. La multitude des charismes est faite pour être mise en œuvre, pourvu que ce soit toujours la communauté et non moi qui en tire bénéfice.

Mais à quoi serviraient ces manifestations et ces consolations temporaires, si elles ne permettaient pas de passer à une foi adulte, qui croit en admettant sa propre pauvreté de créature finie ? L’infini est pour plus tard ; pour le moment, je préfère rester incarné dans cette vie. Alors, de temps en temps, il me semble que Jésus me fait coucou, mais il ne me fait pas de guilis en permanence ; c’est sans doute sa façon à lui de me laisser libre et de m’aider à grandir. Ça me va.

Si je décolle, rattrapez-moi. Ma place est là.

12 mai 2009

Sale gosse !

Classé dans : De rien — Edmond Prochain @ 14:42
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Scène de la vie quotidienne : Edmond s’occupe quelques heures de la fille d’un couple d’amis. Alors attends : je te présente Chipie (nan, c’est pas son vrai nom). Quatre ans et demi, une taille qui lui permet aisément d’attraper tout ce qu’on voudrait garder hors de sa portée, plus d’idées saugrenues à la minute qu’un scénariste de Scrubs et un don inné pour les taches les plus indélébiles. (Tu savais, toi, qu’on pouvait se salir avec de la fêta ? bah si tu étales aussi l’huile qui la conserve, si.) Surtout, surtout : une langue qui dépasse largement de sa poche…

Les cent quarante-trois premières minutes, tout s’est “à peu près” (l’histoire de la fêta, notamment) bien passé. Chipie se balade partout, pose des questions, me demande de lui lire une histoire en me montrant du doigt un Gaffiot, trouve où j’ai planqué mes Granola… Rien que de bien classique, donc. Et puis, à la cent quarante-quatrième minute : le drame !

- Dis…

Mon cerveau, qui sait très bien analyser ces moments-là, m’a sobrement hurlé : Alerte ! alerte ! Question tordue en approche : sauve qui peut ! on dégage ! (Réaction : je me tais et je fais genre je l’ai pas entendue… Oh, mais dis-moi : c’est passionnant un plan de métro…)

- Dis, Edmond ?

Et m… ! Repéré. Bon, en même temps, elle a beau avoir quatre ans et demi, Chipie, elle est pas idiote ; et j’étais le seul autre être vivant mammifère humain de cet appartement.

- Mmh ?

- Dis, est-ce que Jésus, il est dans l’hostie ?

Rhôô, la fourbe. Le débat théologique, d’entrée. Je t’en pose des questions, moi ?! Esquiver, simplifier… confirmer :

- Oui.

- Ah bon, c’est vrai ?

Le ton de la voix de Chipie est sournois. Ça sent la réplique qui tue… Alerte ! alerte !

- Pas’que ma maman elle dit que l’hostie c’est Jésus…

Oh p… ! Je m’attendais à tout, mais pas à ce que le piège soit dans la question de départ. Et puis, d’abord, quatre ans et demi, c’est pas un peu jeune pour faire la différence entre transsubstantiation et consubstanciation ? Y’a des tas d’adultes qui n’entrent pas dans ces nuances et qui ne torturent personne. J’avais rien demandé, moi ! Et à vouloir être gentil sans trop l’embrouiller, je passe pour un demeuré.

Sale gosse !!

24 novembre 2008

C’est officiel : on sera vieux

Classé dans : Humeur(s) — Edmond Prochain @ 14:16
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Ce matin, je suis d’hyper bonne humeur ! Et comme tu peux t’en douter, puisque c’est le concept du blogue, je vais te raconter pourquoi. Mais j’aimerais bien que tu commences par te réjouir pour moi (ça me ferait plaisir)… Alors, prêt ? C’est parti : “Wééééé ! Youuuh !” (Merci.) Je suis d’hyper bonne humeur, donc, pour différentes raisons :

  1. J’ai passé un bon week-end (même si je me suis pris hier quelques boules de neige bien ajustées qu’Y.dLS. et E.A. me paieront très cher),
  2. L’article (pourtant fort court) sur la nomination d’Yves Le Saux a offert à ce blogue un nouveau pic d’audience,
  3. Mais surtout, surtout, surtout : j’ai appris que j’allais vivre plus longtemps ! (“Wééééé ! Youuuh !”).

Je veux pas dire, mais c’est quand même une super nouvelle de penser que je vais pouvoir profiter de quelques automnes de plus qu’un individu lambda. Et la bonne nouvelle aussi, c’est que t’as de bonnes chances de vivre plus longtemps avec moi, pour peu que ta vie ressemble un minimum à la mienne (pour peu que tu sois catho, quoi – t’es pas obligé d’être timbré).

L’info, je la tiens de Spag, qui est un bon copain même si c’est un peu un gros geek sur les bords, souvent. L’info, elle vient de là, et elle dit ça :

Aller à la messe régulièrement diminue de 20% le risque de mortalité !

C’est pas cool, ça ? (Moi, je pense que si.)

J’en entends qui murmurent : “Avec le nombre de vieux qu’on croise à la messe, on s’en doutait un peu…” Tss, tss ! Pas de mauvais esprit !

Alors, bien sûr, il faudrait définir un peu mieux le terme “régulièrement”, parce que je vois déjà venir les gros malin qui diront : “J’y vais une fois tous les dix ans : c’est régulier !” Bah, on n’a qu’à admettre que “régulièrement” ça fait en gros une fois par semaine (au moins). Du coup, je rentre largement dans les critères, et donc alors ben voilà : je risque moins la mortalité que n’importe quel gros mécréant pas beau…! (“Wééééé ! Youuuh !”)

panneau-vieux

Et même si le sérieux de l’étude me paraît assez discutable (si seulement il y avait un semblant de source avec l’info !), même si je me doute bien que ça doit pas être si vrai que ça… en tout cas, ça nous rappelle une chose totalement indubitable (qu’on savait déjà) :

Croire en Dieu augmente fortement l’Espérance de Vie ! ;-)

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