Moi non plus, je ne sais pas prier. Parce que je suis le dernier d’une longue série de disciples mal embouchés qui font rien qu’à réclamer des techniques et passeraient facilement plus de temps à se demander s’ils “font bien” qu’à faire, tout simplement. Voire même – encore plus simplement – à se laisser faire.
La solution nous a pourtant été donnée, puisque la question fut posée une bonne fois pour toutes par un disciple que Luc n’a pas vu l’intérêt de nommer : “Seigneur, apprends-nous à prier”… Le résultat, c’est la plus simple des prières ; la plus directe, aussi, avec un subtil équilibre d’exigences (pour soi-même) et de demandes (à Dieu). On n’a pas encore fait mieux. Normal, vu l’auteur.
Il y a pourtant une façon de l’améliorer sensiblement, ce bon Notre Père : c’est de le garnir de gros bouquets de Je vous salue, Marie. Et là, j’entends tous les parpaillots de mon entourage (y’en a) gémir et crier au sacrilège ! C’est pour ça que je leur réponds d’emblée : “Faites ch…” Au moins, c’est dit et je peux continuer à être d’accord avec mon avis ; que je partage, soit dit en passant. S’il est vraiment besoin de le dire, quitte à dire de grosses banalités pour certains, l’Ave est bien moins une prière à Marie qu’une prière par Marie. Même que c’est pour ça que je l’aime bien aussi, celle-là : parce qu’on a tous un jour été un gamin qui, timidement, n’osait pas trop aller demander un truc à son père, et qui préférait demander à sa mère de se faire l’intermédiaire. Histoire de mettre un peu de douceur dans la requête. Les enfants timides sont des roublards. Les cathos aussi, et ils ont bien raison.
Mais entourer les Notre Père de gros bouquets, disais-je. Question bouquet, je conseille la dizaine ; et tant qu’à faire, les offrir par cinq (avec une petite amorce de trois pour un, histoire de compléter le tout. C’est très joli, et ça tient dans la poche. Et ça va avec tout : un brin de marche, une pointe de métro, un soupçon d’ennui en réunion…
Le Je vous salue, Marie ? un simple petit coup de pouce. Au sens propre comme au figuré, c’est ça qui est le plus beau.









