Le blogue d'Edmond Prochain

18 décembre 2009

Les jeunes, c’est plus ce que j’étais

Filed under: Humeur(s) — Edmond Prochain @ 10:53
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L’Abbelge pourra en témoigner : on a discuté hier de ce moment où les premiers signes extérieurs de vieillesse nous tombent dessus. J’ai bien dit "extérieurs" : c’est à dire quand quelqu’un vient nous signifier concrètement qu’on a passé un stade en terme d’âge, alors même qu’on a encore le sentiment d’être bien jeune. Ça se manifeste généralement par un petit merdeux quelqu’un de plus jeune que toi qui t’appelle soudain Monsieur (ou Madame, si tu fais partie de l’autre moitié de l’humanité).Très mauvais moment à passer ; mais le plus dur est peut-être que ce n’est souvent que le début d’une longue série d’humiliations du même type.

Autrement, il y a donc aussi les signes "intérieurs" de vieillesse. Eux, ce sont plutôt toutes ces réflexions ©VieuxCon qu’on se met un jour à sortir sans s’en rendre compte : à un enfant, "Je t’ai connu petit comme ça" ; à un ancien camarade de classe, "T’as pas changé" ; en regardant des photos, "C’est fou ce que j’étais maigre à l’époque"… Et puis l’inévitable, l’inénarrable, l’inégalable : "Nous, on était pas comme ça !"

Ose me dire que cette expression ne t’est jamais venue à l’esprit à la vue d’un groupe de collégiens ou de lycéens.

En ce qui me concerne, j’avoue que ça m’est arrivé plus souvent qu’à mon tour. Voire encore un peu plus souvent que ça, d’ailleurs. Il m’arrive assez régulièrement de regarder ces petits cons adultes en devenir en pensant qu’à leur âge, on était plus sages, plus disciplinés, plus respectueux des aînés, etc. Bien entendu, j’ai raison de le penser puisque c’était vrai. CQFD (Ce qu’il fallait déblatérer). Eh bien je jure solennellement devant ma tasse de café ici présente que je ne le ferai plus !

A cause de lui (enfin, d'un gars qui lui ressemble).

Traumatisme du matin, dans le métro : nous sommes serrés les uns contre les autres, et je me trouve juste à côté d’un petit minet de seconde en train de faire son cinéma devant deux filles de la même classe… Il se la joue tellement que c’en est risible. La rame s’arrête à une station, les gens se fraient un chemin vers la sortie, et voilà qu’un homme d’une trentaine d’années accroche un peu le sac du Don Juan à peine pubère. Lequel se retourne et lance un classieux : "Vas-y mais fais gaffe quoi bordel !" (Je n’ai pas mis de ponctuation parce que je ne savais pas où la placer.) Moment typique où je serais normalement tenté de conjuguer dans mon petto le verbe "demontemps"… sauf que j’ai alors assisté à un dialogue surréaliste (à mes yeux).

L’incident a visiblement inspiré le blondinet qui, tout en verve et en verlan (pourtant, ce n’était pas un jeune musulman), s’est lancé dans une longue plainte contre "les p’tits sixième" qui ne savent pas respecter leurs aînés des classes supérieures. Le tout illustré d’exemples précis pour arriver à cette effrayante conclusion : "A leur âge, nous, on était pas comme ça !"

Alors, deux possibilités : 1. soit les jeunes sont de pire en pire chaque année et il va falloir se planquer parce que ça va rapidement devenir dangereux, 2. soit on dit tous un jour des trucs comme ça et on ferait mieux de se taire.

Tu fais ce que tu veux ; personnellement, dans le doute, je crois que je vais me taire.

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