Jésus ne me fait pas de guilis

Rabat-joie

C’est le genre de billet qui risque encore de lever une mini-polémique. Mais m’en fous : j’assume (de toute façon je nuancerai en commentaire, comme d’hab’).

Il n’y a pas si longtemps, quelqu’un a cherché à me définir comme un « cramé ». Or, il se trouve que je suis un garçon poli. Comme disait l’abbé de l’Epée : « Vaut mieux entendre ça qu’être sourd. » Mais faut pas pousser. J’ai alors estimé qu’une petite mise au point s’imposait :

Non, je ne suis pas un « cramé ».

Et même : je réfute totalement le qualificatif. Par ailleurs je n’ai rien contre ceux qui s’en réclament, mais j’avoue avoir beaucoup de mal avec le mot, à titre strictement, exclusivement et uniquement personnel : ce n’est pas comme ça que je vois l’Esprit-Saint. L’Esprit que je connais (ouais, on est potes), il brûle gentiment, il ne consume pas, il embrase le cœur pour le purifier et faire place nette. Mais je ne l’ai jamais vu cramer quoi que ce soit, qui que ce soit. Cramer, c’est un truc de voyous. Et l’Esprit-Saint n’est pas un anarchiste.

J’entends bien ce que les amateurs du terme veulent dire (eh ! oh ! je suis pas complètement idiot, non plus), à savoir tenter de définir une expérience décapante de l’amour de Dieu, introduisant un changement de vie radical, toussa. J’entends. Mais qu’on n’utilise pas le mot pour moi. Le Christ n’a pas tout envoyé à la benne pour faire place nette en moi ; je préfère penser qu’il me ponce le cœur en douceur. Chacun sa conception du taf qu’il accomplit.

Comme Jésus a eu un père charpentier, j'imagine qu'il saura faire quelque chose de joli.

Comme il a eu un père charpentier, j'imagine qu'il saura faire quelque chose de joli.

Bon. Tant que j’y suis, je vais aussi revenir sur l’étiquette de « charismatique » qui a tendance à me coller à la peau. C’est pas forcément qu’elle est fausse, mais profondément, elle n’est pas juste. Oui, je me sens proche du Renouveau et la plupart de mes amis ont plongé dedans jusqu’aux oreilles, mais en fait, « en être ou ne pas en être » (si telle est la question), bah je m’en fous. Et même, quitte à être grossier, faut que tu comprennes que je m’en tamponne le popotin avec un gros Catéchisme de l’Église catholique (le Compendium est trop léger pour être suffisamment symbolique).

La vérité, c’est qu’on n’en a rien à carrer de nos dossards. Je suis catholique, et c’est la seule chose qui compte.

Pourvu qu'on puisse afficher celui-là, c'est tout ce qui compte.

Pourvu qu'à l'arrivée on puisse afficher celui-là...

Dernière mise au point (qui en fait justifie toutes les autres) : Jésus ne me fait pas de guilis. Les excès de sensibilité que certains emploient beaucoup (trop parfois) d’énergie à dénoncer, je les connais, mais je m’emploie à les éviter à chaque instant. Parce que nous sommes incarnés, nous avons parfois besoin de ressentir un peu ce à quoi nous croyons ; et alors, l’Esprit-Saint, pas mauvais bougre, sait nous donner accès à quelques réalités ineffables. Du genre que quand on est devant l’Eucharistie, on peut savoir au plus profond de notre être (plus profond, cherche mieux) que c’est Jésus qui est là, on peut le comprendre à la façon des enfants. De ce genre ou d’un autre ; peu importe. La multitude des charismes est faite pour être mise en œuvre, pourvu que ce soit toujours la communauté et non moi qui en tire bénéfice.

Mais à quoi serviraient ces manifestations et ces consolations temporaires, si elles ne permettaient pas de passer à une foi adulte, qui croit en admettant sa propre pauvreté de créature finie ? L’infini est pour plus tard ; pour le moment, je préfère rester incarné dans cette vie. Alors, de temps en temps, il me semble que Jésus me fait coucou, mais il ne me fait pas de guilis en permanence ; c’est sans doute sa façon à lui de me laisser libre et de m’aider à grandir. Ça me va.

Si je décolle, rattrapez-moi. Ma place est là.

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36 réflexions sur “Jésus ne me fait pas de guilis

  1. ouaaiii ça c’est envoyé!!! ;-) bien dit Ed’ ;-)

    moi franchement chui fan du dossard ouaahhh j’veux l’m’aime ;-) mdr

    ça c’est un petit (gros?) coup de gueule mais sa profondeur et sa vérité donne à réfléchir sur les termes qu’on emploie parfois un peu vite sans trop réfléchir justement ! MERCI!!!!!

  2. En réalité , merci edmond d’écrire ce post , j’ai bien rigolé et en plus ( c’est le Plus produit) mon copain l’esprit saint me fais pas des guilis tout le temps à moi aussi donc Coucou jésus je sais que tu es là et vivant et mon meilleur pote !

  3. Mais non tu ne décolles pas, Ed’… Les pieds bien sur terre et la tête dans l’Esprit, c’est comme ça qu’on t’aime !

    Merci pour cette mise au point, qui me fait bien sourire. Parce qu’après tout, nous ne sommes que des humains. Alors de temps en temps, c’est normal d’avoir besoin de guilis… Non ? Et comme Dieu (ou Jésus, ou l’Esprit, le mystère de la Trinité, ça reste un mystère) sait bien ce qui est bon pour nous, parfois il nous le rappelle, qu’il est là, bien là, dans nos corps aussi !

  4. bien d’accord avec toute cette analyse!
    Je rajouterais une nuance: on n’est pas des chacha ou des pas chacha: on est catholiques, avec des étapes dans notre vie de foi; on peut tous passer par des épisodes sensibles, extraordinaires ou radicaux et par des épisodes de descente aux enfers, de pauvreté ou d’obscurité. On a des dons, que ce soit la sagesse, la prophétie, la charité, l’accueil; dons spirituels ou dons naturels; on a aussi nos limites. Alors, on peut accepter la différence parce qu’on se sait aussi différent, et en même temps on ne veut pas se laisser enfermer dans une étiquette. Surtout si les étiquettes servent à critiquer plus efficacement!

  5. Très bon billet Edmond!! Belle mise au point sur laquelle je suis parfaitement d’accord et je partage également la nuance de do (ré, mi…).

    Il faudrait te trouver des sponsors pour le dossard, ce genre de truc est top tendance en ce moment!

  6. Juste pour préciser pcq sur FB l’ironie n’était peut-être pas si perceptible… merci pour ce billet qui est pour moi du bon sens et pas du tout polémique. Cette histoire d’étiquettes m’agace prodigieusement surtout que comme le dit Do elles servent bien souvent à juger et à condamner plus qu’à reconnaître la valeur de nos différences. Bref on va tâcher de te rattraper si tu décolles trop… :D

  7. « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé! » (Luc 12,49). La saison du barbecue vient de débuter et je veux bien faire partie de la brochette ; me laisser réchauffer, consumer avec d’autres morceaux, toussa avec 5 légumes (au moins ; il paraît que c’est bon pour la santé).
    Et pour la culture… Catéchisme de l’Eglise Catholique §799 sur les charismes.

  8. Je crois qu’aujourd’hui le mot charismatique est très mal compris et détourné.
    Quelqu’un de charismatique vit des dons et des charismes du Saint Esprit.
    Un charisme est un don particulier de l’Esprit Saint donné pour le bien commun (1 Cor 12,7). Les charismes concernent aussi bien l’Eglise dans son ensemble, que chaque fidèle en particulier. Toute l’Eglise est donc charismatique par nature.
    Vatican II avec le cardinal Suenens nous enseigne différente chose sur l’utilisation des charismes. Les charismes sont donnés aujourd’hui encore, à tous les fidèles, par le Saint-Esprit, pour l’édification de l’Eglise.
    Les charismes peuvent être ordinaire ou extraordinaire.
    Dans le concret, un charismatique est une personne qui a reçu le Saint-Esprit, et qui le laisse donc agir en lui pour l’édification de l’Eglise. Le définition du chrétien est la même. Avant d’être celui qui croit en la résurrection du christ, le chrétien est celui qui a reçu l’Esprit Saint. Donc un charismatique = un chrétien. Et il est difficile d’être réellement catholique sans être chrétien !
    Pour ce qui est du mot cramé, il s’oppose au mot tiède dans l’évangile. Le verset c’est : « Jésus vomit les tièdes ».

    Donc, lorsque l’on vous traite de charismatique ou de cramé, prenez ceci comme un compliment, c’est l’unique voie du chrétien.

    Cela dit, je comprend bien ce qui a été dit dans ce billet, mais les mots y sont injustement utilisés.

    Merci Edmond pour ton blog, j’adore tes blagues et ca fait du bien de voir des chrétiens comme ça.

  9. rectif, à propos d’étiquette, je préfère dire « chrétienne » que « catholique » comme je l’ai écrit. je trouve que « chrétiens », c’est vraiment notre identité première. C’est l’appartenance au Christ, parce que l’Esprit Saint nous a fait connaître qu’il est Dieu. avant, j’ai été baptisée, puis tiède, athée, new-âge, puis croyante mais pas en Jésus, et puis je me suis fait récupérer par Marie et j’ai reçu le pack catho. Mais je me sens soeur de tout chrétien. c’est ma vraie famille.

  10. @ AD : Merci ! Ca m’aurait vexé que personne ne fasse de commentaire sur le titre. :-p

    @ Do : On est bien d’accord. C’est parce que les étiquettes servent trop souvent à critiquer que celles-ci me gonflent. Ce qui ne veut pas dire qu’elles soient nécessairement fausses (dans leur esprit) par ailleurs. Mais il y a des réalités plus larges qu’il ne faudrait pas oublier !
    Quant à l’étiquette « chrétienne » ou « catholique », on va dire que c’est mon histoire qui me fait aujourd’hui mettre en avant la seconde. Mais il n’empêche que pour moi, la première est pleinement comprise dedans ; et je me sens évidemment de la famille de tout chrétien.

    @ Emmanuel : Non, justement, je ne crois pas mal utiliser les mots. Ce que tu dis sur les charismes est juste, mais tout cela est également sous-entendu dans mon billet. Tout ce qui m’importe, c’est de ne pas être enfermé dans un « courant » ou une « sensibilité », parce que ces réflexes de catégorisations finissent pas compartimenter l’Église. Le fait est qu’aujourd’hui « charismatique » est souvent entendu comme la désignation d’un groupe restreint, par opposition à d’autres. Je recherche l’unité d’abord, et je préfère qu’elle se fasse autour de mots comme « catholique » (et in fine « chrétien ») qu’autour de « charismatique » ! ;-)

  11. Merci Do d’avoir répondu ce que je pensais, je suis moi aussi d’abord chrétienne -et dans l’Eglise catholique- attendant avec impatience « que tous soient un ».
    cela m’est arrivé de me sentir plus proche de certains protestants que de certains catholiques, comme quoi la diversité est riche !
    Merci pour les pieds sur terre, Edmond car c’est vraiment ici qu’on vit et les purs esprits c’est un peu plus tard …

  12. ouh la, t’en dis des choses sérieuses dans ce post.
    Très intéressant tout ça.
    Moi aussi je préfère rester incarnée, ben oui, sinon notre ami le nutella…
    Quand est-ce que tu nous imprimes des T-shirt comme cui-là, ce serait top!!!

  13. ça n’a rien a voir avec le sujet, mais je tiens à te féliciter pour ta prestation radiophonique ce matin sur radio notre dame. Même bébé croco a tout écouté avec sagesse et respect.

  14. Y a pas à dire, je ne laisse pas souvent de commentaires mais je prends connaissance des billets publiés à chaque sortie (merci les flux érèsèsse..) et à chaque fois je ne suis jamais déçu ! Merci ! Et puis hop en voyant le commentaire précedent je cours vers le site RND pour écouter !

  15. Pas mal. Plutôt très bien, même …
    Les différentes définitions de termes me vont, sauf une. Nous ne sommes pas incarnés. Seul le Verbe l’est. Nous, nous sommes « corps et âme, mais vraiment un. » (GS 14, ça fait bien la référence à Vatican II, non ?) Et c’est précisément pour cela, que Dieu de temps en temps nous fait « guilis. » Parce que nous ne sommes pas qu’une âme, mais une personne humaine « une de corps et d’âme. ».
    C’est pourquoi, même si je suis d’accord avec toi sur l’excès d’importance qu’on peut leur accorder de temps en temps – les « guilis » ne peuvent pas être critères de discernement : la foi n’est pas d’abord de l’ordre du sensible mais de l’ordre de l’intelligence et par suite de la volonté (que je ressente quelque chose ou pas, lorsque la messe est célébrée validement Jésus est là, et c’est parce que je le sais que j’ai décidé d’être prêtre)- je serais quand même un peu plus souple que toi sur les « guilis » (ça doit être dû à ma culture originelle, celle du pays du compromis) : franchement, de temps en temps, ça nous requinque bien.
    Bonne journée, et à bientôt ?

  16. « Tout ce qui m’importe, c’est de ne pas être enfermé dans un “courant” ou une “sensibilité”, parce que ces réflexes de catégorisations finissent pas compartimenter l’Église. »; »Le fait est qu’aujourd’hui “charismatique” est souvent entendu comme la désignation d’un groupe restreint, par opposition à d’autres. »

    Qu’elle utilisation du mot « charismatique » segmente l’Eglise ? Au lieu de dire que l’on est pas charismatique, je crois qu’il est bon de dire réellement ce qu’est un charismatique. Ton utilisation du mot est courante je le sais bien, mais je crois qu’il faut la combattre, car ceux qui l’utilise en général sont ceux qui segmente l’Eglise.
    La réalité est qu’il y a beaucoup de gens qui rejette les charismes et par là, ceux qui se dise charismatique.
    Mais ces gens la rejette l’Esprit Saint. I Corinthiens 12. « La main ne peux pas dire au bras je n’ai pas besoin de toi ». Il n’y a qu’un seul Esprit agissant de différente manière. Voici l’unique manière de ne pas faire de groupe, reconnaitre l’action de l’Esprit Saint chez l’autre. Le progressiste ne peut pas dire au tradi, je n’ai pas besoin de toi, et inversement. Il est bon de ne pas rester dans sa sensibilité, et d’aller gouter celle de l’autre.
    Après, pour ce qui est du renouveau charismatique, on ne peut pas dire que c’est un autre mouvement, en réalité, le renouveau charismatique catholique est un renouveau de l’Eglise catholique surgissant juste après le concile Vatican II est rentrant dans la case sur mesure préparé par celui-ci. Le renouveau charismatique n’est pas un nouveau courant ou une nouvelle sensibilité car il renouvelle l’Eglise dans chacun de ses courants et sensibilités. De plus, le renouveau charismatique est un renouveau dans toutes les confessions.

    Soyez béni

  17. @François
    Bonjour, quel plaisir de te voir ici ! ça va bien là-haut ?

    En effet, si on comprend le mot « incarnation » comme impliquant un mouvement (l’action de prendre chair), seul Jésus est concerné.
    Mais je pense que quand nous faisons usage de ce mot pour nous-mêmes, ce n’est pas ce que nous mettons derrière, c’est juste une façon maladroite de dire que nous avons une chair et ne sommes pas purs esprits.
    Nous ne sommes pas incarnés, nous sommes juste carnés. Et ouais.

    Quant aux guilis, je suppose que c’est sympa, mais moi Jésus ne m’en fait pas non plus.
    Pour le moment.
    Qu’il essaye un peu pour voir…

  18. @ François : Purée, en plus t’as raison (sur l’incarnation)… Cela dit, tu l’auras compris, j’en parlais surtout dans le sens que souligne Poussah. Ce qui est un abus de langage, d’accord !
    Mais en même temps, tu sais, je suis un mec vachement souple sur les guilis, en fait. Tant qu’on ne passe pas son temps à en chercher.

    @ Emmanuel : Oui, je suis d’accord avec toi. Et c’est pour ça précisément que je cherchais à contourner le mot, parce que son emploi (au sens courant qui vise à le restreindre à une partie de l’Église seulement) est certes pas totalement faux mais en revanche complètement injuste. Ce que j’ai d’ailleurs dit dans le billet. En moins clair, sans doute… ;-)

  19. Merci Edmond, votre billet m’a beaucoup plu, même si j’ignorais complètement cet usage du mot « cramé ».

    Cela m’a rappelé un passage du Livre de la vie de sainte Thérèse d’Avila, chapitre 11, qui m’avait marqué :

     » En définitive, l’amour de Dieu ne consiste pas à verser des larmes, à éprouver ces goûts spirituels et ces tendres sentiments, qu’on désire tant d’ordinaire et où l’on met sa consolation, mais à servir Dieu dans la justice, la force d’âme et l’humilité. Le reste, à mon avis, c’est recevoir toujours et ne jamais donner.
    Qu’une petite femme, faible et sans énergie comme moi, soit conduite par la voie des consolations, cela se conçoit. Dieu, en ce moment, agit ainsi à mon égard, pour me rendre supportables certaines peines qu’il a plu à sa Majesté de m’envoyer. Mais entendre des serviteurs de Dieu, des hommes graves, de savoir et d’intelligence, se plaindre comme ils le font de n’avoir pas de dévotion, en vérité, cela me fâche !* Je ne leur dis pas de la refuser, si Dieu la donne ; ils doivent même en faire grand cas, parce qu’alors sa Majesté estime qu’elle leur convient. Mais je dis que s’ils en sont privés, ils ne doivent pas s’en désoler. Quand Notre-Seigneur ne la leur donne pas, c’est qu’elle ne leur est pas nécessaire : qu’ils sachent le comprendre et rester maître d’eux-mêmes. »

    Ce qui est important, c’est que le Seigneur nous fasse grandir. Parfois, nous avons besoin d’un soutien sensible, parfois d’une bonne traversée du désert.

    Au fond cela pose la question de la place du ressenti qui est souvent perçu comme un critère de vérité d' »authenticité ». Et cela ne touche pas que les « chachas » (expression employée avec le sourire et affection fraternelle), loin de là, et ne concerne pas que la vie spirituelle.

    Il y a le même problème pour la vie amoureuse : puisque je suis amoureux(se) de Gontrand ou de Sidonie, cela veut dire que « je suis appelé(e) » à faire ma vie avec cette personne. Puisque je ne ressent plus grand chose, cela veut dire que je me suis trompé…

    Au fond, la sensibilité c’est bien, puisque Dieu nous veut et nous crée sensible. Mais la sensibilité toute seule, surtout qu’elle est marquée et blessée par le péché, la sensibilité déconnectée de la raison, nous conduit assez vite sur les rochers. Et puis, la question centrale que pose sainte Thérèse, qui est un problème pour tout homme et tout chrétien, qui est le problème de la Croix, vivons-nous pour recevoir ou pour donner?

    Au fond, cher Edmond, vous m’y faite penser, il faudra un jour que j’écrive quelque chose sur tout cela.

    * les fâcheries d’une sainte sont toujours profitables.

  20. Tiens le CEC ne sert pas qu’à surélever les pieds du lit ??…Pourtant prendre de la hauteur par rapport à toutes ces étiquettes ça fait du bien…
    Bravo Ed ! continue!

  21. Tu l’as ruminé longtemps cet article apparemment, mais… quand c’est sorti, c’est sorti en beauté !
    Comme d’hab’, remarque.

    Merci pour tous ces petits rappels de CEC, que je crois bien que moi aussi il me faudra une hospitalisation pour m’y plonger… et un gros coup de grâces derrière les ouïes.

  22. @ Esse Pérance : Comment ça le CEC, un livre pour caler les pieds du lit ??????????????????? mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (comme dirait quelqu’un)
    Tout catho de moins de 40 ans – j’allais dire jeune, mais je n’ose plus, car qu’est-ce qu’un jeune … et puis, je commence à vieillir … – normalement constitué devrait l’avoir dans ses usuels (usuel = bouquin que l’on utilise au moins deux fois par semaine, hors vacances sauf pour la bible dont l’utilisation quotidienne est plus que recommandée), avec la Bible et les textes de Vatican II ! La génération Vatican II, c’est nous et le CEC en est un fruit splendide. Et à mon gout, bien meilleur que le Compendium, qui est au CEC ce que le steak haché est à la côte-à-l’os ou le fish-stick (cf. Captain Iglo) au filet de colin sauce au beurre.
    Bref, le CEC (à prendre en tranche, sous peine d’écœurement) est précisément un excellent outil pour « prendre de la hauteur par rapport à toutes ces étiquettes. »
    Bref, je le cite au n° 155 :  » Croire est un acte de l’intelligence adhérant à la vérité divine sous le commandement de la volonté mue par Dieu au moyen de la grâce  » (S. Thomas d’A) »
    Ce qui n’exclut aucunement quelques « guilis » de temps à autres.

  23. @ Poussah : Oui, ça va plutôt bien, sauf que je viens de voir que même le digne auteur de ce grand blog parle du CEC comme d’un « gros machin relativement imbuvable » …
    En fait, il a raison, c’est relativement imbuvable … mais c’est parfaitement digeste par petite tranche ! et vu que même avant le cp, il savait déjà lire, je pense qu’il devrait pouvoir s’y mettre, non ?
    Dans la magnanimité qui me caractérise, je lui – et à vous par le fait même – en sers de ce pas une petite tranche : Les charismes (n° 799-801)

    799 Extraordinaires ou simples et humbles, les charismes sont des grâces de l’Esprit Saint qui ont, directement ou indirectement, une utilité ecclésiale, ordonnés qu’ils sont à l’édification de l’Église, au bien des hommes et aux besoins du monde.
    800 Les charismes sont à accueillir avec reconnaissance par celui qui les reçoit, mais aussi par tous les membres de l’Église. Ils sont, en effet, une merveilleuse richesse de grâce pour la vitalité apostolique et pour la sainteté de tout le Corps du Christ ; pourvu cependant qu’il s’agisse de dons qui proviennent véritablement de l’Esprit Saint et qu’ils soient exercés de façon pleinement conforme aux impulsions authentiques de ce même Esprit, c’est-à-dire selon la charité, vraie mesure des charismes (cf. 1 Co 13).
    801 C’est dans ce sens qu’apparaît toujours nécessaire le discernement des charismes. Aucun charisme ne dispense de la référence et de la soumission aux Pasteurs de l’Église.  » C’est à eux qu’il convient spécialement, non pas d’éteindre l’Esprit, mais de tout éprouver pour retenir ce qui est bon  » (LG 12), afin que tous les charismes coopèrent, dans leur diversité et leur complémentarité, au  » bien commun  » (1 Co 12, 7) (cf. LG 30 ; CL 24).

    Bon, j’espère que du coup, il ira lire lui-même ce qui précède et ce qui suit. (la lecture de ces qq numéros confirme en tout cas sa catholicité …)
    C’est pas tout ça, mais je dois retourner au boulot. Poussah, t’as un voyage prévu vers la capitale de l’Europe un de ces prochains jours ?

  24. Bon, bah… de tous vos commentaires, je retiens surtout que François me donne un « certificat de catholicité ». C’est toujours ça de pris ! ;-)

    Pour le reste, bah, vivent les guilis occasionnels ; pourvu qu’on ne vive pas que de ça, mais aussi des paroles qui sorte de la bouche de Dieu, toussa !

  25. @ François
    Rien de prévu, mais si ça arrive je t’avertirai ! Se croisera-t-on plus au sud entre le 9 et le 14 juillet ?

    Et je confirme, le CEC est délicieux, mais faut pas espérer l’ingérer en une fois. Mais faut bien commencer, soit par le début, soit en allant lire ce qui nous intéresse directement en partant des nombreuses tables & index !

    @ Edmond : Tu vas être le premier blog avec un nihil obstat ! :-D

  26. @ François: Rassure-toi MON CEC n’est pas sous le lit et j’en déguste volontiers une petite tranche de temps à autre, car c’est bien connu  » joie pour les coeurs qui cherchent Dieu »
    à bientôt…

  27. Oui…les petites étiquettes, les petites chapelles… »chacha », « cramé », « tradi »…Et tous les sous-mouvements genre la « troisième vague » ou je sais pas quoi…Il me semble qu’on s’égare un peu là dedans, et cela finit par laisser croire que dans l’Eglise comme ailleurs tout n’est finalement qu’affaire de sensibilité, le don de prophétie pour les « cramés », le grégorien pour les « tradis », et on oublie gentiment que l’Eglise est UNE, et que tout ce qui nous est donné l’est pour le bien du Corps entier, et pas juste pour le mien et celui des membres de ma chapelle.

    Cela dit…Autant le terme « cramé » me dérange parce qu’il est issu de l’argot de la drogue et sous-entend que les personnes qui vivent à l’écoute de l’Esprit-Saint sont un petit peu disjonctées, autant il ne fait pour moi aucun doute que le Paraclet est bien un Feu, un Feu dévorant, un Amour qui ne va pas par quatre chemins pour faire place nette dans notre coeur, si nous lui en ouvrons la porte. Et je ne parle pas ici de consolations sensibles, bien que je ne sois pas du genre à cracher dessus lorsqu’elles viennent, je parle de cette Vie répandue sur chacun depuis le Côté Ouvert, de cet Amour qui veut tout saisir en nous, jusqu’à nous mettre à l’unisson du Coeur de Jésus, quitte à nous submerger de grâce ou au contraire à nous mettre en cale sèche pour que nous Le désirions toujours d’avantage…Cela excède un tantinet les conceptions étriquées de ce monde et ne manquera pas de nous mettre en porte-à-faux avec lui. Vous avez dit « cramés » ?

  28. Merci Edmond pour cet article! Ca fait du bien de lire ça!! Même si je suis assez proche du Renouveau, j’ai toujours eu un peu de mal avec des manifestations excessives de sensibilité, des témoignages où les gens te racontaient comme ils avaient été retournés par le « Seigneur »… je n’ai rien contre, mais ça ne me rejoignait pas du tout, car personnellement Jésus ne m’a jamais fait de « guilis ». Et du coup, même si j’étais au courant que la foi n’était pas affaire de sensibilité, eh bien je trouvais quand même que ma foi était aride, ma prière fastidieuse et tout et tout…
    Je suis en train de comprendre (ça fait pas longtemps!) que la foi n’est pas une affaire de ressenti, mais d’abord une adhésion de notre volonté et de notre intelligence, et que Jésus est là même si je ne le sens pas (heureusement!!). Et ça c’est génial parce que du coup ça dépend de nous, on n’est pas obligés d’attendre d’éprouver qqc pour croire, il faut juste le vouloir!!
    Donc ça fait du bien de le lire écrit par toi!

    Merci à sainteodilejeunes pour l’extrait de Ste Thérèse d’Avila, le passage sur la dévotion est génial!

    Après, si Jésus veut venir me faire des guilis un jour, je ne suis pas contre… mais c’est comme Il veut!!

  29. @ Axelle : sans vouloir jouer au prêtre de service, non, la foi n’est pas d’abord une adhésion, elle est d’abord, et avant tout, une grâce de Dieu lui-même.
    Je cite Vatican II, parce que ça fait bien, et aussi que c’est un Concile absolument fabuleux :
    A Dieu qui révèle est due « l’obéissance de la foi » ( Rm 16,26 cf. Rm 1,5; 2Co 10,5-6 ), par laquelle l’homme s’en remet tout entier et librement à Dieu dans « un complet hommage d’intelligence et de volonté à Dieu qui révèle » et dans un assentiment volontaire à la révélation qu’il fait. Pour exister, cette foi requiert la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que les secours intérieurs du Saint-Esprit qui touche le coeur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne « à tous la douceur de consentir et de croire à la vérité ». Afin de rendre toujours plus profonde l’intelligence de la libération, l’Esprit-Saint ne cesse, par ses dons, de rendre la foi plus parfaite. (Dei Verbum au n° 5)

    Autrement dit, ce qui est vraiment génial, c’est que même si lorsqu’on ne ressens rien, le simple fait de croire encore, et même le simple fait de vouloir croire, est déjà signe que Dieu agit maintenant pour moi.

  30. @ Esse Pérance : je suis tout rassuré … en ce qui te concerne … mais en ce qui concerne Edmond …

  31. Pour faire bonne mesure, petite citation du CEC, n° 153 :
    La foi est un don de Dieu, une vertu surnaturelle infuse par Lui. « Pour prêter cette foi, l’homme a besoin de la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que des secours intérieurs du Saint-Esprit. Celui-ci touche le coeur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne ‘à tous la douceur de consentir et de croire à la vérité' » (DV 5).

    Franchement, c’est pas beau ça ?

  32. et au n° 154 :
    Croire n’est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint-Esprit. Il n’en est pas moins vrai que croire est un acte authentiquement humain. Il n’est contraire ni à la liberté ni à l’intelligence de l’homme de faire confiance à Dieu et d’adhérer aux vérités par lui révélées. Déjà dans les relations humaines il n’est pas contraire à notre propre dignité de croire ce que d’autres personnes nous disent sur elles-mêmes et sur leurs intentions, et de faire confiance à leurs promesses (comme, par exemple, lorsqu’un homme et une femme se marient), pour entrer ainsi en communion mutuelle. Dès lors, il est encore moins contraire à notre dignité de « présenter par la foi la soumission plénière de notre intelligence et de notre volonté au Dieu qui révèle » et d’entrer ainsi en communion intime avec Lui.

    Ok, j’arrête. Mais, je le redis quand même, la grâce de Dieu est toujours première, et cela suffit, lorsqu’on le sait, à nourrir une action de grâce continuelle.

  33. @ Francois: Merci! Tu as raison et je me suis mal exprimée!! Le « d’abord » que j’utilisais visait à montrer la primauté de l’adhésion volontaire sur le ressenti… Mais ça n’enlève rien au fait que la foi est d’abord un don, tu as eu raison de le préciser!! Parce que tout seul, on aurait beau vouloir croire, ça ne serait pas très efficace! Heureusement, l’Esprit Saint nous vient en aide, nous donne des grâces pour nous permettre de croire. Mais cela ne se manifeste pas forcément de manière sensible, et ne rien ressentir ne signifie pas qu’il ne se passe rien. C’est ça que je trouve génial… et difficle à la fois! Pour ma part je vois l’action de l’Esprit Saint a posteriori, par les conséquences que cela a dans ma vie de foi. Mais cela suppose donc de se bouger pour prier, même si on n’en a pas envie, et alors on découvre que l’Esprit Saint agit… Donc la grâce est première, mais sans l’adhésion de notre intelligence et de notre volonté on peut passer à côté,non??
    Merci en tout cas de jouer le « prêtre de service »! ;-)

  34. salut,
    je pense que le principal, c’est surtout le résultat…
    Ce que je veux dire si les partisans des guillis ou les parisans des nons guillis ne conduisent pas à plus d’amour envers Dieu et son prochain (les 2 de valeurs égales). C’est que de la foutaise..
    On juge un arbre a ses fruits…

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