Le vent est de retour

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Quand j’étais enfant, je jouais parfois avec des petits moulins à vent ; tu sais, ces trucs colorés accrochés au bout d’une tige, comme des fleurs, et qui tournent. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas toujours du vent. Alors parfois il fallait le chercher, et la magie de l’enfance, c’est qu’on le trouvait, le vent : il suffisait de courir pour le rattraper ! Et le moulin tournait.

Ensuite j’ai un peu grandi et j’ai commencé à faire un peu moins gaffe au vent. Mais j’ai découvert une autre façon de le trouver quand il se cachait (et même que j’étais vachement fier de moi) : je mouillais mon doigt et je le levais. Ça me faisait sentir le sens des courants d’air. Et j’aimais bien ça, je crois.

Le truc avec le vent, en fait, c’est qu’à part les bourrasques et les tempêtes, et à part quand on est enfant aussi, on se rend jamais trop compte s’il est là ou pas. On croit qu’il est parti, un peu.

Et puis hier, j’ai pris le train. Le paysage défilait drôlement vite. Ah ouais, parce qu’il faut que tu saches que je continue de considérer que quand tu voyages, c’est le paysage qui se déplace ; la preuve, c’est que moi je bouge pas. D’abord. Or donc voilà, toussa, à côté de mon train y’a de grosses éoliennes qui sont passées. J’ai bien regardé les arbres autour : ils bougeaient pas, y’avait pas de vent. Et pourtant elles tournaient. Donc y’avait du vent. Un peu. Le même vent que je croyais parti, en fait, il était resté. Voilà. Il suffisait de quelques éoliennes pour rendre témoignage au vent. Le vent était de retour.

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

A ton avis, Don Quichotte il l'aurait attaquée, celle-là ?

Si je te raconte tout ça, c’est pour que tu fasses pas de blague toute pourrite sur le titre du bouquin dont au sujet duquel je veux te parler. Ça s’appelle Dieu est de retour. (Nan, en vrai, il était pas parti – essaie de suivre, je te jure, c’est fatigant parfois…) C’est écrit par un ami qui s’appelle Jean-Baptiste Maillard, mais c’est pas que pour ça que j’en parle. Quoique, un peu quand même. Mais pas que.

En dédicace, JBM m’a écrit :

« Nous partageons le même souci de l’évangélisation. Puisse ce livre t’encourager dans ton apostolat sur internet, autour de toi et loin de toi ! »

La question, donc, c’est qu’il est urgent d’annoncer notre foi dans le monde. Pourquoi c’est urgent, tu te demandes ? Faut que tu lises le livre pour savoir ! (Je fais du suspense pour vendre un peu, t’auras noté.) La vraie question, alors, c’est que la mission laissée par le Christ aux apôtres, c’est l’affaire de tout le monde aujourd’hui. Chacun à sa place, chacun a sa place. Et cette enquête le montre bien, en brassant à peu près tous les domaines : professionnel, générationnel, confessionnel, sensibilitionnel, toussa.

JBM, il dit des trucs énergiques et parfois un peu grosmotisés, du genre : « Le monde crève la gueule bouche ouverte, le monde meurt. Et que faisons-nous pour voler à son secours ? » Mais il a pas tort, et je dirais même plus : il a raison. Et puis JBM, aussi, il parcourt la France à la rencontre de tout plein d’évangélisateurs tous plus tarés les uns que les autres, et pourtant humains. Au final, il fait un sacré recueil de bonnes idées.

C’est un peu Tintin et les Sept dons de l’Esprit, en fait.

La couverture est jolie (c'est toujours plus sympa au moment de l'afficher sur son blogue).

La couverture est jolie, non ?

Après, évidemment, je pourrais lui reprocher d’avoir un peu poussé le principe du panel trop loin, de zapper d’un sujet à l’autre sans que le rapport soit toujours évident, de présenter des initiatives d’inégal intérêt à mes yeux, d’avoir casé sa femme dans les témoins interrogés alors que moi-même pas (tu me diras, ça m’a évité de lui dire non !), ou encore de taper parfois un peu trop dans un milieu que je reconnais trop facilement, où je connais un peu trop de noms pour être totalement surpris. Je pourrais lui reprocher ces choses, sauf qu’en vrai il arrive toujours à dépasser ces petites caricatures passagères pour revenir à quelque chose de plus essentiel. Le Christ, en l’occurrence. (Ça devrait toujours être l’occurrence.)

Sans compter qu’au-delà de cette essence-là, JBM a le bon goût, tout le long de son enquête, de ne pas se positionner en réactions aux initiatives passées (et parfois encore présentes) de l’Église en France. Ce parti-pris, sage et très juste, de la continuité tout en réclamant un souffle nouveau, un paragraphe l’illustre bien :

« Il ne suffit pas que l’Église de France « prenne à bras le corps les questions de société », comme on l’entend souvent. Ni qu’elle réfléchisse à la question de sa « présence au monde » ou de sa « visibilité ». Être présent est nécessaire mais insuffisant sans l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut. Le plus urgent est que l’Église de France se jette sans plus attendre dans cette évangélisation de nos contemporains. Cette évangélisation, rappelons-le, n’est pas un volontarisme ou un activisme. Mais toutes les activités des chrétiens doivent être ordonnées à l’annonce du Christ , comme nous l’a rappelé Benoît XVI en France. Oui, il faut évangéliser la France. Alors qu’attendons-nous ? Si nous nous lançons résolument dans cette évangélisation, alors oui, l’Église sera vraiment présente dans notre société, et le Christ dans le cœur de chacun. »

Mais sans rire, il faut lire Dieu est de retour. Et pas que parce que c’est le livre d’un copain. Il faut le lire parce que ce livre présente plus de visages de cathos engagés que ce que certains croient qu’il reste de cathos dans l’Église. Il faut le lire, aussi, parce que quand on est dans le train à regarder les éoliennes avec le livre posé sur la tablette devant soi, il interpelle les gens qui passent : « Dieu est de retour… Ah bon, il était parti ? »

Nan, en vrai, il était pas parti.

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25 réflexions sur “Le vent est de retour

  1. Edmond, très bon pitch que je partage pleinement.
    Merci à JBM pour cet ouvrage qui rassemble outre les témoignages d’évangélisateurs, des textes de certains de nos évêques qui ainsi nous encouragent dans les voies de l’évangélisation.

    « Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde » Sainte Catherinne de Sienne qui nous encourage elle aussi à l’évangélisation.

  2. un ti peu de pub?

    en fait, pour la « couleur » des témoignages, c’est peut être dû au fait que le mot est utilisé par certains groupes d’Eglise quand chez d’autre il est quasiment tabou (n’en déplaise à Paul VI). Cela ne veut pas dire que la réalité en est absente, simplement qu’ils se feraient arracher un bras plutôt que de dire que c’en est.

    Et si tu veux savoir ce qu’est le vent, viens à Cherbourg, tout le temps!

  3. C’est malin, quand je vais rentrer il va falloir que je fonce acheter le livre maintenant.

    Le jour où tu t’ennuies dans le journalisme (si cela arrive) tu pourras te reconvertir dans la pub.
    En plus évangéliser à travers la pub ça risque de changer pas mal le visage de la France tiens…

    (Tu remarqueras que ce comm’ est nettement plus court que ton billet.)(Comment ça « pour une fois » ?!)

  4. @David : ma tendance à faire des fautes d’orthographes n’est plus a prouvé mais parfois j’ai la lueur d’esprit de passer un correcteur… mais aujourd’hui je suis dans le gaz… j’ai attrapé la crève et je rédige n’importe comment… pas facile de bosser non plus dans ces conditions… mais je survis !
    Mes plates excuses à Catherine et aux lecteurs intelligents de ce blog !

  5. J’ai l’impression que y’a pas que moi, mais ça fait m’a fait un peu bizarre le titre « Évangéliser les évangéliques »… Alors bon, il est vrai que je n’ai pas lu le livre et que je ne connais pas bien les évangéliques (je sais qu’il y a de tout sous ce terme par contre), mais je trouve que ce n’est pas très œcuménique cette histoire ! Le livre parle-t-il de les « remettre dans le droit chemin de l’Église catholique » comme cet article (http://www.topchretien.com/topinfo/view/53001) semble le sous-entendre ? Ou bien parle-t-il de ces évangélique plus loins de l’évangile que certains catholique dit pratiquants ?
    Parce que là, il risque d’y avoir pas mal de réactions virulentes (comme on peut voir dans les commentaire de l’article d’ailleurs)…
    Et ça me fait penser à ce groupe de gens (en italie) qui cherchaient à taper sur du catho en disant qu’ils ne suivaient pas la bible mais avaient refait les commandements à leur sauce… et que donc ils ne suivaient pas le Christ mais un homme (le pape)

    Pour moi, l’évangélisation, ce n’est pas d’aller chercher les chrétiens et les faire revenir à l’Église catholique, mais d’aller chercher les païens et les faire revenir au Christ, quelque soit l’église où ils s’engagent ensuite…
    Qu’en dites-vous?

  6. Ca donne envie d’aller voir un peu ce qu’il dit ce livre…hum hum….. En tout cas je suis d’accord avec l’analyse qu’il faut que l’Eglise évangélise puisque c’est son rôle premier. Ou en tout cas qu’elle soit témoin de la Parole. Mais on n’échappera pas aux questions du « comment » et « avec qui », « par qui », parce que si l’Eglise a du mal ces dernières dizaines d’années à remplir cette mission première, c’est parce qu’elle a oublié de répondre à ces questions, ou en tout cas de les faire évoluer.

  7. @ Ayayaye : JBM a mis en ligne un extrait du chapitre « Evangéliser les évangéliques » ( http://www.anuncioblog.com/index.php?post/2009/06/16/Evangeliser-les-evangeliques ). Il s’agit du témoignage de Richard Borgman, ancien évangélique devenu catholique.

    Richard Borgman est très partisan et très critique sur son ancienne Eglise, ce que je trouve regrettable, comme je l’ai dit en commentaire sur Anuncioblog. Il me fait penser aux « reborns », ces nouveaux convertis américains qui se veulent plus brûlants de foi que leurs voisins. Point n’est besoin de critiquer les autres sensibilités pour justifier sa conversion !

    Bref, il y a sans doute de tout dans ce livre, mais cet extrait et la polémique qui a suivi ne me donnent pas vraiment envie de le lire. Oui, ce genre de propos peuvent être blessants, surtout pour les personnes qui essaient de vivre l’oecuménisme au quotidien…

  8. ça m’a fait sourire, cette histoire d’évangéliser les évangéliques, mais on voit bien que ça ne les fait pas sourire eux.
    Pourtant, ne dit-on pas que les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés? Même si leur nom se réclame de l’Evangile, et donc qu’ils reconnaissent le Christ et donc ont reçu l’Esprit Saint, ils peuvent quand même se tromper en partie! ce n’est pas parce que les témoins de Jehohvah (je sais jamais où est le h) ont pris ce nom de Jésus qu’ils ont la Vérité toute entière! pas plus que les intégristes!
    On assiste aujourd’hui à une floraison de sectes dites « christiques », qui se réclament du Christ, mais de quel Christ?! pas celui de la Bible (l’Eglise catholique l’aurait trafiquée), mais un brave type, amant de Marie Madeleine, qui a été approché par des esprits-guides issus du grand tout divin (notre mère Gaïa la Terre pour les écolo) et qui a eu plein de pouvoirs après ça… Je crois qu’on peut évangéliser ces gens là sans craindre de les égarer.
    En fait, tout chrétien, catholique ou non, a besoin de se laisser évangéliser, humblement, parfois même par un enfant, parce que tout simplement, ce n’est jamais terminé ici bas!

  9. Je ne sais pas si j’aurai l’occasion de lire ce livre.
    Mais cela semble rejoindre ce qui m’a interpellée hier. Thérèse Nadeau-Lacour nous a parlé de Saint Paul, l’évangélisateur par excellence. Tout part d’une rencontre personnelle avec le Christ. Et si cette rencontre nous a bien brûlé (j’ai pas écrit cramé) et fait comprendre que Jésus aime chaque être humain de ce même amour, l’idée que certains d’entre eux ne le savent (que Dieu les aime) devrait nous être insupportable : « L’amour du Christ nous presse/étreint… » (2Co 5, 14-15).
    Je ne veux pas refaire l’enseignement de feu qu’on a reçu, ni faire un sermon (il y a d’autres frères prêtres dans les lecteurs fidèles de ce blogue)… mais le côté « insupportable » ne m’est jamais apparu aussi clairement !…
    Et une conversion de plus, une ! Y a plus qu’à !… Avec amour, bien sûr !

  10. Est-il écrit quelque part que nous devons évangéliser? ou bien que nous devons annoncer et témoigner ???

  11. Marie Courtoy « Allez dans le monde entier et de toutes les nations faites des disciples », dixit un certain Jésus (je ne pas la référence, j’ai pas pris ma bible avec moi, je sais c’est affreux affreux, mais je crois bien que c’est juste avant l’Ascension, David ou un autre me corrigera), ça répond à ta question ?

  12. annoncer et témoigner n’est ce pas en quelque sorte évangéliser???

    moi j’aime pas trop le mot « évangéliser » car il me rappelle de mauvais souvenirs où évangéliser parfois est (a été ) un synonyme d’embrigader et sérieusement voilà quoi jetez moi la pierre si vous voulez mais c’est comme ça :-$

    j’dirais juste comme un certain Mgr S « reconnaît, reçoit, partage, annonce » un jour de pentecôte 2009 ;-) chacun à sa manière en fait mais comment posséder une lumière et ne pas l’utiliser, la cacher :-$ après tout le monde l’adapte à ce que Dieu lui confie. Je ne crois pas être un « feu contagieux » tous les jours mais vivre ma foi dans toute sa force, la faire insuffler tout mon quotidien et dans tous les domaines est un beau challenge et je crois que c’est aussi une manière d’évangéliser…

    quand à la référence de nitt bin… j’ai pas ma bible sous la main (ça existe des moteur de recherche qui recherche automatiquement une citation sans référence dans la bible????) mais en tout cas je pense que les maîtres es bible auront sans aucun doute l’amabilité d’éclairer nos pauvres lumignons de la référence biblique ke-sisisi-on-connaît-mais-que-nonon-on-arrive-pas-à-la-retrouver :-$ ;-)

    (et vive les pavés!!!! lol )

    bonne journée (et soirée :-P ) n’a tous

  13. @ Ayayaye & Tigreek : Pour l’avoir lu, je peux vous dire que réduire le livre à ce chapitre sur les évangéliques serait profondément réducteur. C’est d’ailleurs loin d’être la partie la plus intéressante, à mon avis…
    Mais on touche à cette question : qu’est-ce que l’œcuménisme, au fond ? Est-ce de dire : « On croit tous en Jésus, on est tous frères, allons nous asseoir autour d’un feu » ? Ou est-ce, à partir de fondements communs, d’accueillir la grâce de l’autre tout en étant avec lui en vérité par rapport à ce que l’on croit soi-même ? Le Christ nous invite à la correction fraternelle (en toute charité et humilité). Si nous sommes catholiques et que nous croyons à l’importance des sacrements institués par Jésus, alors il est de notre devoir d’en témoigner auprès d’autres chrétiens qui s’en sont écartés. Sans agressivité, mais sans béniouiouisme non plus…
    De plus, personne n’a dit qu’il fallait convertir les évangéliques ! Au-delà des mots employés par Richard Borgman (je ne souscris pas à tout), il y a une réalité qui est pointée ici.
    Et ne nous faisons pas d’illusion non plus, la démarche d’évangélisation-conversion, elle existe de la part de certains évangéliques vis-à-vis des catholiques ! Comme on peut le voir dans les commentaires sur l’article de Top-Chrétien cité, certains ne sont vraiment pas tendres avec l’Église. C’est cette critique parfois violente qui peut être blessante, pas la parole d’annonce.

    @ Do : Je reprends à mon compte cette phrase de ton commentaire : « En fait, tout chrétien, catholique ou non, a besoin de se laisser évangéliser, humblement, parfois même par un enfant, parce que tout simplement, ce n’est jamais terminé ici bas ! »

    @ Marie Courtoy (et B-attitude, aussi) : J’allais citer la même référence que Nitt (au passage, c’est Mt 28, 19). Si on veut pinailler sur le vocabulaire, le Christ nous demande clairement plus que le simple témoignage… Sauf que. En réalité, notre mission est de témoigner, en gardant à l’esprit que notre travail d’annonce ne nous appartient pas. Pour reprendre une image souvent citée, nous devons agir comme celui qui sème, en acceptant que d’autres en recueillent les fruits. On ne sait jamais quelle importance peut avoir un témoignage tout simple, même des années après !
    Évangéliser, c’est annoncer et témoigner ! Ni plus, ni moins. C’est déjà énorme. (Ce que le livre met d’ailleurs en avant : il ne présente pas des techniques de conversion, mais le portrait de catholiques qui témoignent à leur façon, là où ils sont, sans chercher à convaincre qui que ce soit.)

  14. c’est pas dans l’evangile les paroles de Nitt, c’est le refrain d’une chanson qu’on chantait dans les messes de mon enfance: “A-allez dans le monde entier, de tous les peupleux faites des disciples, alle-e-luia, A-amen!”
    bon, mais Mt 28, 19-20 dit quelque chose de semblable

  15. @ Edmond : je ne corrobore pas davantage la violence des propos en commentaire de l’article de TopChrétien, que celle des propos de Richard Bergman.

    Pour moi, l’oecuménisme, c’est accepter qu’on croit au même kérygme (ce dont Borgman semble douter), mais sans pratiquer sa foi partout de la même manière. Je ne pense pas qu’il y ait une seule manière « valable » d’adorer la Trinité et de proclamer le kérygme.

    Les grandes Eglises chrétiennes reconnaissent qu’il existe un certain nombre de mystères que notre intelligence humaine est trop limitée pour percevoir dans leur ensemble. Pourquoi ne pas envisager que chaque Eglise ait une compréhension de ces mystères ? En se rapprochant et en tentant de se comprendre, plutôt qu’en s’opposant systématiquement, ne progresserait-on pas vers le Royaume ?

  16. Mais là encore l’un n’empêche pas l’autre ! Se rapprocher et tenter de se comprendre n’empêche pas d’être ferme sur sa propre foi. Ce n’est pas en gommant les différences qu’on pratiquera un véritable œcuménisme, mais en trouvant un terrain d’entente et en acceptant de voir ce qu’il y a de bon chez l’autre.

    Pour le reste, je le répète, Dieu est de retour n’est pas un traité de conversion des évangéliques ! Réduire le livre à un seul chapitre, à un seul témoin, c’est aussi risquer de saper tout ce qu’il peut apporter par ailleurs. Et justement, il insiste sur l’importance de la proclamation du kérygme dans le monde d’aujourd’hui ! En montrant bien que c’est l’essentiel, et en mettant en valeur plein de visages qui s’y emploient.

  17. Un beau passage de Ut unum sunt de Jean Paul 2
    «  »47. Le dialogue ne s’articule pas exclusivement autour de la doctrine, mais il implique la personne tout entière: c’est aussi un dialogue d’amour. Le Concile a déclaré: « Il est nécessaire que les catholiques reconnaissent avec joie et apprécient les valeurs réellement chrétiennes qui proviennent du patrimoine commun et qui se trouvent chez nos frères séparés. Il est juste et salutaire de reconnaître les richesses du Christ et les effets de sa puissance dans la vie d’autres qui portent témoignage au Christ, parfois jusqu’à l’effusion du sang; car Dieu est toujours admirable et il doit être admiré dans ses œuvres ». 79″ » »

  18. A ce stade, le plus important me semble de rester brancher sur le Christ et de « vivre » de Lui; si nous nous sommes branchés sur Lui, Il saura nous inspirer lors de nos rencontres avec nos frères des paroles de réconfort, qui seront les toucher. Nous ne convertirons jamais personne nous même, c’est le Christ qui convertit par le contact direct qu’Il établit avec chacun. Vouloir convertir me semble un travers très dangereux philosophiquement, c’est un peu comme vouloir doucher un chat direct alors qu’il peut se nettoyer à son rythme … Cette métaphore est nulle mais j’ai rien d’autre en stock.

    Rien ne nous empêche de creuser la doctrine de l’Eglise catholique romaine, de connaitre les divergences historiques des églises chrétiennes toussa, mais si nous n’avons pas un réel soucis de mettre en contact nos frères avec le Christ et nous avec, nous ne serrons que des cymbales qui retentissent (c’est ce qu’on appelle raisonner comme un tambour …)

    Une très belle lecture qui expose la longue recherche de l’Eglise (commune aux 3 Eglises chrétiennes) sur la personnalité du christ Jésus « la question interdite » de Brunor.

    Pax et Bonum.

  19. Belle initiative de Jean-Baptiste Maillard. Il est urgent de retrouver l’esprit missionnaire des premiers siècles, cela fait partie de notre foi. En grec, « église catholique » signifie « assemblée universelle ». Il y a donc bien cette idée de toucher le plus grand nombre et de ne pas garder pour soi, sa foi privée. Nous avons depuis quelques années, une attitude relativiste, une foi privée et cachée, qui devient une forme de gnose.
    Si Jean-Paul II nous rappelait sans cesse de ne pas avoir peur, ce n’était pas innocemment. Si nous croyons, nous devons être convaincus que sur le long terme l’Esprit Saint fera son œuvre au-delà des hauts et bas du court terme.
    JB Maillard a une belle image : quand on présente une belle femme à un copain célibataire, c’est assez rare qu’il n’apprécie pas. Il ne fera pas pour autant sa vie avec elle mais il sera heureux de l’opportunité.
    Alors que le nombre de prêtres ordonnés ne cesse de chuter (une centaine seulement cette année), les laïcs doivent plus que jamais montrer leur choix de foi avec joie.

  20. Bonjour,

    Merci pour ce billet. Mais il me semble que pour qu’il faut aussi bien former les évangélisateurs que nous sommes pour retranscrire au mieux le message du Christ. Il ne s’agit pas d’annoncer des valeurs, une morale, un sentimentalisme ou d’essayer de communiquer sur un sens religieux, mais d’interpeller les gens et de témoigner de cette Présence. Celle ci se manifestant dans l’évangile, la messe, mais aussi la beauté du monde, les amitiés, l’amour.et le destin de l’homme. Sinon ce ne sont que des discours d’illuminés. Je suis un peu un sévère mais je pense que l’urgence première est de ré-évangéliser les chrétiens eux même, et moi aussi, afin que notre foi soit toujours de plus en plus incarnée.

  21. @ Beniouioui : L’image de JBM à laquelle tu fais allusion lui a même été soufflée… par un athée ! C’est dire si nous n’avons pas de raison de nous priver.

    @ Gisèle : Je suis bien d’accord… mais il se trouve que par expérience, les catholiques qui prennent à cœur d’annoncer leur foi commencent presque toujours par se ré-évangéliser eux-mêmes ! Le fait de témoigner du Christ renforce les liens qu’on entretient avec lui et l’amour de l’Église ; il ne faut donc pas attendre d’être saint pour s’y mettre (sinon on peut attendre longtemps, d’ailleurs).
    Je connais même un évêque qui disait que les missions ne servaient pas à convertir les foules mais à fortifier les missionnaires !

  22. une phrase que j’aime bien dans l’Evangile, et qui m’avait calmée sur ce truc de pas porter de signes religieux ostensibles (ça veut dire quoi?):
    « C’est à l’amour que vous aurez LES UNS POUR LES AUTRES que TOUS reconnaîtront que vous êtes mes disciples ». Plus besoin de chapelet autour du poignet, de T-shirt « Jésus t’aime », de montre rosaire…
    Trop cool, comme programme! Je vous aime tous! Aimez-moi!

    En plus, Jésus nous donne plein de super conseils d’Evangélisation, du témoignage au martyre en passant par la charité (ce qui est le plus dur, mine de rien):
    – « Baptisez-les au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit »: un objectif concret et un critère d’évaluation, pour les commerciaux dans l’âme.
    – « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. »: pour se mettre un peu la pression.
    – « Qu’ils soient un (…) afin que le monde croie que Tu m’as envoyé »: une piste (au sens saharien du terme…) pour l’œcuménisme.
    – « aimez-vous les uns les autres »: pour ceux qui veulent faire simple.
    – « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour celui qu’on aime »: pour ceux qui veulent faire compliqué.
    – « (…)en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal(…) »: un petit test rapide pour voir si on a bien évangélisé quelqu’un!
    Non, franchement, l’évangélisation, je vois pas le problème!?.

    (au fait, pour le vocabulaire, « annoncer » la Bonne nouvelle, vu que la bonne nouvelle, en grec, c’est l’Evangile, ça revient au même que « évangéliser ». Après, annonce explicite (on dit que Jésus nous aime, qu’il est ressuscité, ettou) ou implicite (on vit comme si c’était vrai), ça dépend surtout des questions du païen qu’on a en face de nous).

  23. @ Tigreek Merci pour ton commentaire, j’aime mieux regarder ce qui nous unit que ce qui nous divise ; il me semble que pour les chrétiens (quelle que soit leur confession) c’est en priant et en évangélisant ENSEMBLE que nous pouvons vraiment annoncer l’Amour du Christ.
    Mais je pense que de nombreux catholiques restent sur des idées préconcues sur les autres églises chrétiennes (et vice versa): pour mieux se connaitre rien ne remplace le fait de se rencontrer ! « Que tous soient un » cela se vit depuis des années dans certaines communautés, sessions. et pas uniquement pendant la semaine de prière pour l’Unité.
    Dans l’église catholique il y a dans les diocèses, un délégué diocésain à l’oecuménisme et son boulot n’est pas d’aller convertir les autres, heureusement !
    En regardant rapidement la table des matières du bouquin j’ai l’impression que l’auteur n’a pas forcément rencontré des chrétiens très variés ;mais je ne l’ai pas lu.

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