Silence(, ) coupable !

Blogue, News

Dilemme récurrent, qui se pose à vrai dire à chaque fois que l’actualité vient bousculer nos petites habitudes : faut-il faire de l’actu ? L’actualité est mauvaise pour la réflexion. Parce qu’elle secoue l’esprit et souvent nous presse pour que nous nous déterminions en fonction d’elle, ce qui finit par nous donner l’impression de sans cesse courir après l’avis… Mais même comme journaliste, j’ai du mal à admettre de devoir me déterminer en permanence sur du contingent ; il me semble que mon seul devoir, en tant que chrétien, est de me déterminer par rapport au Christ (c’est à dire pour lui).

La semaine passée, deux événements ont interrogé ma pratique du blogue. Deux sujets sans rapport qui se sont malgré tout présentés à moi de la même façon, à travers l’éternel « en parler ou non » : Haïti et la Marche pour la vie. Avant Noël ; c’était Pie XII. Bientôt, ce sera encore autre chose.

Et finalement, je réalise que la question qui se pose derrière tous ces sujets est la même : c’est celle du témoignage. Quand certains esprits se sont échauffés juste avant le lancement de Sacristains, c’est parce que nous avions eu l’outrecuidance d’affirmer (peut-être pas de la façon la mieux formulée qui soit, mais c’est un autre débat) que nous n’allions pas nous positionner dans l’apologétique systématique. Récemment, « on » nous l’a de nouveau reproché, alors même que plusieurs blogueurs membres avaient largement évoqué le cas Pie XII sur leurs sites respectifs. Je me suis fendu d’un commentaire exprimant une pointe de lassitude, mais la réaction vive de départ suscite malgré tout une réflexion.

Sommes-nous une religion de témoins ou de militants ? Organiser une manifestation « pour la vie », c’est militer, qu’on le veuille ou non. Dans une moindre mesure, prendre publiquement la défense de Pie XII, c’est encore une forme de militantisme. Se bouger pour Haïti, c’est moins directement militant, mais c’est une conception très nette du catholicisme comme œuvre de solidarité.

Je précise ici que je ne porte aucun jugement de valeur sur l’une ou l’autre conception. La seule chose qui m’agace, c’est qu’on puisse être accusé de « mauvais catholique » (voire de « pas catholique du tout ») sous prétexte que l’on a parlé ou non de tel événement, que l’on s’est mobilisé ou non pour tel autre.

On peut me le reprocher, et j’accepte volontiers le reproche du moment qu’il est fait sans condamnation idiote : je n’ai pas dit un mot à propos de la Marche pour la vie. Je n’en suis pas spécialement fier, d’ailleurs ; il me semble que j’aurais pu l’annoncer, l’évoquer, la suggérer. Ne serait-ce que pour dire – comme certains l’ont fait – le besoin de dépolitiser cette démarche. Et d’apaiser le débat, aussi, en l’axant sur des slogans et des propositions qui évitent de stigmatiser pour essayer de construire. Mais voilà : le militantisme, ce n’est pas complètement mon truc, et du coup je me suis laissé déborder sans en en faire une priorité.

Même chose pour Haïti. On pourrait légitimement me reprocher de ne pas en avoir dit un mot, de ne pas avoir appelé à donner pour aider la population, de ne même pas avoir donné un signe de compassion. Il se trouve justement que j’ai passé la semaine avec quelques visages en tête, en me demandant s’ils resteraient à jamais des visages ou si j’aurais une chance de les revoir un jour. Pas des proches, juste des personnes croisées dont le souvenir m’est inévitablement revenu. Et prier pour eux, dans le temps que j’avais à consacrer à autre chose que mon travail, a été ma priorité. Les appels à la solidarité passaient après cela.

Je l’avoue : je préfère de loin le témoignage. Il me semble que le témoignage (certains diront l’évangélisation) est la nature première du chrétien, sa mission centrale. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas aller défiler, qu’il ne faut pas se mobiliser pour une cause. Au contraire. Mais n’oublions pas que d’autres défendront les mêmes causes que nous, que d’autres se mobiliseront en même temps que nous. Mais nous seuls pourrons apporter le Christ au monde.

C’est bête, mais ces événements (et peut-être les témoignages de foi des Haïtiens), voilà ce à quoi ils m’ont fait penser…

Ah, et simplement, en guise de conclusion, j’aimerais répondre à une petite phrase un rien amère entendue dimanche : « Évidemment, ce ne sont pas les mêmes cathos qui se bougent pour ceux qui en ont besoin et qui vont défiler… » Peut-être que c’est vrai (mais qui serait-on pour en juger ?). Peut-être que ce ne sont pas les mêmes cathos, mais une chose est certaine : c’est bien la même Église.

*

[Ceci est un billet décousu, contestable et pas abouti, qui brasse un peu tout et n’importe quoi. Je n’ai pas les idées complètement au clair en ce moment ; merci d’être indulgents ! Merci aussi d’éviter les anathèmes et/ou les polémiques en commentaire. « Il y a des endroits pour ça… »]

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36 réflexions sur “Silence(, ) coupable !

  1. Bonsoir ! C’est mon premier commentaire sur ce blog, d’habitude je me contente de lire.
    Il me semble que le plus important est que les catholiques soient présents sur Internet, et la particularité d’un blog est d’être le reflet du point de vue d’une personne : rien ne l’oblige à relayer et/ou commenter toute l’information du moment, surtout si elle n’inspire rien de constructif [que dire en effet face au drame d’Haïti ? toute parole semble superflue…] Prions plutôt, comme tu le conseilles !

  2. Il est parfait ton billet Edmond. Il dit ce que des centaines de catholiques ressentent lors de ces « évènements », sans savoir parfaitement l’exprimer.

    On le sait qu’il faut aider, agir, même militer lorsque cela est nécessaire. Mais tout ça finit toujours par « passer » au regard des médias, et donc malheureusement mais fatalement pour nous aussi. Et dans quelques semaines, on courra après la prochaine cause, en attendant la suivante.

    Mais le Christ demeure lui. Il nous aime, toujours et encore. Et il nous attend. Et le rôle premier des chrétiens (on l’a bien oublié) c’est que ça se sache. Au-delà de tout ce que la vie peut avoir de dramatique jusqu’à l’inexplicable, Lui est toujours là.

    Merci Ed.

  3. Bonsoir,
    Le terme « stigmatiser » est une de ces facilités modernes qui ne veulent pas dire grand chose. Critiquer, c’est stigmatiser, donc interdisons la critique, ça sera plus simple. (Fin de la parenthèse sémantique)
    Je peux témoigner que les slogans de la marche pour la vie étaient gentils pour tout le monde. Un peu trop peut être. Heureusement qu’il y a eu quelques initiatives rigolotes comme les « socialistes pour la vie » et des slogans du genre. « des papiers pour les bébés », « l’avortement c’est pas bien » ou « sauvons les bébés avant les banquiers ». Ca avait de la gueule :)
    Dépolitiser la marche, en revanche, est une vraie question.

  4. Bonsoir Edmond. C’est aussi mon premier commentaire alors que j’ai plaisir à vous lire et à guetter vos « articles ».

    Celui-ci évoque pour moi la diversité de dons de l’Esprit.
    1 Co 12 : « Il y a certes, diversité de dons spirituels, mais c’est le même Esprit ; diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ; diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous.

    Je partage avec vous « l’action dans la prière ».

  5. Lu chez Camus dans « La Chute » (publiée en 56):
    « Il m’a toujours semblé que nos concitoyens avaient 2 fureurs: les idées et la fornication. a tort et à travers pour ainsi dire. Gardons-nous, d’ailleurs, de les condamner: ils ne sont pas les seuls, toute l’europe en est là. Je rêve parfois de ce que diront de nous les historiens futurs [moi, j’préfère pas trop y penser…]. Une phrase leur suffira pour l’homme moderne: il forniquait et lisait des journaux. Après cette forte définition le sujet sera, si j’ose dire, épuisé. »
    après avoir seulement regardé les images qui m’ont inspiré cette déclaration, je m’empresse de lire ton billet au risque de constater que ce que je viens de taper est complètement à côté de la plaque…

  6. Bienvenue aux nouveaux ! Et merci pour votre indulgence… (Pas sûr que le billet soit complètement honteux, mais je n’en suis pas spécialement fier malgré tout.)

    @ PF Benoît : Donc tu retiendras essentiellement un usage approximatif du verbe « stigmatiser » ? En même temps, ça me semblait à peu près clair que ça désignait des pancartes sur le thème : « Avortement = meurtre », dont la première qualité n’est pas d’être très audibles pour le monde… Des comme ça, moins il y en a, mieux je me porte.
    Mais si tu veux ergoter sur des mots passe-partout, on peut éventuellement parler de « moderne »… Ça veut dire quoi, « moderne » ? ça commence quand, « moderne » ?! ;-) (Fallait pas me chercher, là !)

    @ fr PLM : Et donc ? Je ne suis effectivement pas sûr de voir immédiatement le rapport, du coup ça m’aurait amusé de lire un deuxième commentaire !!

  7. J’avoue ne pas tellement comprendre ; en effet il y avait des pancartes « l’avortement tue », mais … c’est un peu le coeur du message des opposants à l’avortement ! Je ne vous apprends rien en ajoutant que les opposants considèrent, témoignages à l’appui, que cela tue non seulement un futur enfant mais une partie de la mère, qui parfois ne s’en remet pas … Alors il ne faut pas montrer du doigt les femmes qui sont contraintes d’avorter, je suis bien d’accord, mais il faut bien dénoncer l’acte lui-même, et ceux derrière qui poussent à cet acte. C’est au nom de cette « précaution » à ne pas utiliser des mots un peu forts que pendant 30 ans les catholiques se sont écrasés sur ce sujet comme sur tant d’autres. Renoncer à la liberté d’expression, c’est renoncer à un droit politique fondamental.

  8. C’est l’éternel débat. Qu’on ne refera pas ici.
    Pour ma part, je n’ai aucune intention de brader mes convictions en la matière, tant qu’il est possible de le faire de façon respectueuse et (encore une fois) audible.

  9. « Dilemme récurrent :… faut-il faire de l’actu ? L’actualité …nous presse pour que nous nous déterminions en fonction d’elle » : je me dis la même chose chaque fois que, dans ma classe, je suis obligée d’adhérer au thème « la rentrée », « Noel », « la galette », « carnaval », « fête des mères », etc…; je finis par avoir l’impression d’être un rayon d’Auchan! Donc je confirme: non, il ne FAUT pas faire de l’actu, il faut faire ce qu’on veut faire.
    après ça, s’il y a des gens qui sont déçus parce qu’ils attendaient autre chose de nous, c’est pas très grave: c’est le réajustement normal de l’imaginaire confronté à la réalité, ça permet de revenir au réel, parce que sur internet, on ne se connait pas de fond en comble, on apprend à se connaître.
    mais il y a aussi, parfois, la déception des blogueurs qui donnent d’eux mêmes et qui ne sont pas reçus comme ils l’…imaginaient: là aussi, retour au réel, les commentateurs ne sont pas parfaits non plus, mais je ne crois pas que ce soit grave.
    adaptation, simplement, je crois.

    Pour ma part, ce dimanche, que ceux qui priaient, ceux qui militaient, ceux qui charitaient, et ceux qui témoignaient se rassurent, ils étaient tout à une très bonne activité: moi, je crois que je sais où était l’erreur à ne pas commettre, encore pire que Golias: c’était pile là où j’étais: pas à la marche pour la vie, pas à Haïti, pas à la prière, mais sur mon ordi qui avait chopé le # @ % & de virus iexplorer, à essayer de le nettoyer alors que j’y connais rien et que j’ai fait n’importe quoi: trop nul, comme dimanche 17 janvier! franchement, partout ailleurs, ou quels que soient les sujets que vous avez traités, c’était bien; et on est pas obligé de hiérarchiser les biens!

  10. Voici un billet qui pose plein de questions… J’aimerais en poser un petite à notre ami Edmond : quelle est la différence entre témoignage et militantisme ? Il y en a une c’est certain mais comment distinguer ?

  11. c’est encore moi…a mon sens, il y a une grande différence entre le drame d’Haïti, la conférence des évêques d’Afrique d’une part, et la marche pour la vie d’autre part…
    la grande différence réside dans le battage médiatique…tout le monde a entendu parlé d’Haïti, tout le monde a entendu parler de ce synode…peu de monde a entendu parler de cette marche!
    si les cathos n’en parlent pas qui le fera…les pierres???
    plus de 200 000 assassinats en France chaque années, on ne peux pas édulcorer la vérité sous prétexte de contraintes de communications!
    faire de la pub pour cet évènement (qui n’était même pas annoncé en paroisse!) me semble la moindre des choses…
    Personnellement je n’attendais pas de toi que tu te fende d’un billet avec plein de bons mots a l’intérieur non..juste que tu dise que cet évènement existe et qu’il faut le soutenir en tant qu’être humain (même pas en tant que chrétien)
    les bons mots peuvent parfois se faire attendre sans grands maux…

  12. @ NM : Excellente question, à laquelle je n’ai pas de réponse absolue. Sur un cas particulier, je pense que je saurais la faire, mais où placer le curseur d’un point de vue général ? Je vais encore y réfléchir… Si tu as des pistes.

    @ Vianney : Tout le monde a entendu parler du synode sur les églises d’Afrique ? Je sais pas sur quelle planète tu vis, mais clairement pas la même que moi ! :-p J’en ai même encore moins entendu parler que la Marche pour la vie… Quoi qu’il en soit, ce que je voulais dire par ces exemples, c’est qu’on trouvera mille autres causes justes dont je pourrais avoir le devoir de parler. Pour Haïti, par exemple, on a peut-être médiatisé le séisme, mais la cause centrale d’un tel drame, la pauvreté dramatique de ce pays dont nous sommes tous (hélas) un peu responsables, est-ce qu’on en parle vraiment ? Est-ce qu’on en parlait avant la catastrophe ? Est-ce que ce n’est pas une cause juste ?
    La Marche pour la vie ne pourra jamais être le seul combat des catholiques ; c’en est un parmi d’autres.

    Si ça te semble « la moindre des choses » que je fasse « la pub » de la Marche, si c’est ce que tu « attend[s de moi] », alors pardon mais tu n’as pas compris le principe d’un blogue. Je ne suis pas un média, je n’ai pas de devoir d’exhaustivité. Il y a même des sujets dont j’ai parfois envie de parler, et pour lesquels je ne trouve simplement pas d’angle d’attaque. Je ne suis qu’un (pauvre) être humain, qui a sa vie à côté, qui écrit ici bénévolement (tiens, je lâche le mot !), qui peine souvent à raccrocher tous les wagons de son emploi du temps… J’ai dit que je n’étais pas spécialement fier de ne pas l’avoir au moins évoquée. Oui, rétrospectivement, je mettrais bien une bannière…
    Mais qu’on vienne me dicter ce que je dois faire, et qu’on le fasse sous forme de jugement de ma « valeur » comme chrétien (cf. ton allusion à Golias, hors de propos et très bête), c’est le genre de chose qui me donne des réactions épidermiques et me pousserait presque à réagir par l’inverse, en passant définitivement l’événement sous silence.
    Ce qu’au passage je ne fais pas, comme tu peux le constater.

  13. Pour apporter ma maigre contribution, j’aurai tendance à dire que le militant est celui qui DIT ses convictions, le témoin celui qui les VIT.

    Par exemple, le premier va défiler à la Marche pour la vie, le second va adopter un enfant handicapé (exemple un peu extrême, je l’avoue :op), ou donner de l’argent à une association qui soutient les mères en difficulté, ou recueillir sa mère vieillissante chez lui, etc…

    Bref, les deux attitudes sont nécessaires mais le reproche que nous devons éviter (dixit l’Evangile) : « ils disent et ne font pas ».

  14. heuresement que Jesus a répondu d’une certaine manière à ce dilemme … d’une certaine manière certes ..
    Et oui souviens toi de Marthe et de Marie (je sais pas si ça n’a pas était déjà dit dans les commentaires … je ne les ai pas lu)
    Là on peut dire certains sont militants d’autres témoignent .. ou est le problème … puisque l’essentiel c’est l’Amour …
    après … ce n’est que littérature …
    Il faut faire selon sont cœur et selon l’endroit ou Jésus nous a mis …
    Voilà …

    Bizzzzzzz

  15. Salut Edmond,

    encore une fois, tu dis avant et mieux que moi le désarroi que je ressens également…

    Ce qui m’interroge surtout, c’est toute cette souffrance, cette peur, cette épouvante que je trouve dans mon coeur, et que je crois lire dans un certain nombre d’yeux… Comment continuer à témoigner de l’Espérance du Christ dans ces conditions ? Comment porter un message d’amour quand je suis moi-même à terre rien qu’à l’énoncé des chiffres, plus de 75.000 morts en quelques secondes à Haïti, 200.000 avortements par an en France, et autant de vies à reconstruire ? Comment ne pas tomber dans la révolte et la violence, comme le font certains très (trop ?) engagés ?

  16. Je suis d’accord. Le problème c’est que très souvent, on oublie que les blogueurs n’ont pas leurs blogs comme principale activité, qu’ils sont seuls à publier et qu’ils ont aussi leur vie personnelle et professionnelle à gérer. Qu’il n’ont pas forcement les compétences, l’envie et le temps de traiter certains sujets (d’où l’intérêt de mutualiser les talents, comme dans Sacristains par exemple).

    Quant à la Marche pour la vie, il est pour ma part important qu’elle reste une manifestation apolitique ET laïque. Qu’on en parle dans les blogs plus généralistes, je suis tout à fait d’accord. Par contre, il me semble qu’il faut certaines précautions quant on en fait de la pub dans les sites cathos, pour ne pas en faire une revendication communautaire et en exclure les personnes qui partageraient ces opinions sans partager notre foi.

  17. Moi je me dis que si nous allions tous plus loin dans le témoignage de vie, dans la douceur, la patience, pas le doucereux, ni le mièvre hein, vertus qui caractérisent le chrétien vivant de la justice et de la miséricorde de Dieu, le chrétien quoi, ben y aurait-il besoin de manifs ?
    Je ne peux m’empêcher de penser (mais éclairez-moi donc sur le sujet) que la discrétion de l’action (pas l’absence d’action) est bien plus efficace que les grosses manifs qui risquent toujours d’enfermer les gens dans des cases. Et donc de bloquer des cœurs.

    Quand le Christ critique ouvertement certaines conduites, c’est ciblé. C’est pas au tout venant.
    Il n’y a qu’aimer qui puisse changer les cœurs. Pas les slogans, un tantinets violents parfois.

    La volonté d’agir est belle, mais agissons, aimons ! chacun d’avantage dans nos vies. Et toute occasion d’annoncer l’Amour du Seigneur se présentera quand il faudra, au cas par cas.
    Existe-t-il une conversion profonde de masse ?

  18. « Ils disent et ne font pas ». Nous ne savons pas lire comme Jésus dans les coeurs. Donc nous avons selon la Parole de Paul-VI à chercher des Maîtres qui sont aussi des témoins: la douceur appartient au bon témoin, et il y en avait pas mal……..
    Je ne pense pas que l’on puisse agir de façon collective totalement irréprochable, car Jésus seul n’a pas péché! A la marche, j’ai vu des gens participer avec deux nuit complètes en autocar, partis de loin:Ex: Cannes…..
    C’est pour moi plus encore que du militantisme: du témoignage. C’est aussi un acte citoyen. Mais gare certes à l’orgueil rampant qui tenterait les bien-pensants, et les marcheurs aussi…..
    L’abstention sur cette action, me semble dommage, comme de ne pas voter aux élections.. mais je sais bien que je pèche souvent plus par omission que par action; donc je n’ai pas de pierre à jeter à personne. Par rapport à la Marche d’il y a deux ans, il y avait incontestablement plus de monde, -et beaucoup de jeunes 16 – 30 ans-et je crois qu’il yen aura encore plus l’année prochaine. Il y avait aussi des groupe du monde protestant!… et j’espère aussi des athées.

  19. mais surtout, qu’on laisse à chacun le soin de faire tout seul son méa culpa, et qu’on ne lui fasse une remarque que s’il la demande, ou sinon, peut-être en privé, ou en tout cas, avec une extrême délicatesse. On a déjà bien assez à faire à se convertir soi même, si on veut convertir les autres, on est sur de déserter notre principal lieu de combat. Silouane disait « trouve la paix, et des milliers autour de toi se convertiront »: c’est vrai que ça ne doit pas être un prétexte pour ne rien faire, mais on le voit bien, les gens vraiment bons attirent, et ceux qui les suivent prennent exemple sur eux: alors tâchons juste d’être bons, et laissons les autres libres de faire ce que bon leur semble.

    Je crois que le reproche comme style littéraire, écrit ou oral, avec sa petite soeur la médisance, est le pire des catalyseurs. On le voit dans les couples, mais c’est très vrai ailleurs aussi.

  20. Je devrais dormir, j’ai craqué et suis venue te lire.
    Je vais tâcher donc de faire reposant (surtout que la polémique c’est pas du tout mon truc, encore moins sur un blog auquel j’ai du mal à trouver des défauts) : même quand tu n’as pas les idées claires, tu fais des étincelles.
    Je l’ai déjà dit avant, mais c’est appréciable parfois, de ne pas lire partout la même chose, même si c’est bien fait, bien documenté, intéressant et tout. Parce que pour Pie XII par exemple, quand tous les billets sur le sujet, venant de partout, ont afflué dans mes flux RSS, je ne savais pas où donner de la tête, et j’ai fini, je l’avoue piteusement, par ne pas en donner du tout. Pas le temps pour plus d’un, mais alors lequel choisir, et pourquoi ne pas attendre que ça se calme avant de se précipiter sur les infos, et, et, et…

    Merci de continuer à bloguer comme tu le sens, même en mode brouillon. L’Esprit agit de toutes façons.

  21. Cher Edtond,
    Merci de chercher aussi profondément quelle est la priorité dans la mission de celui qui veut suivre Jésus le Christ, et l’appliquer dans le champ de la réalité.
    Jésus tenté au désert nous montre la différence entre militantisme et témoignage.
    le Diable le met au défi de transformer les pierres en pain.( d’abord nourrir le monde) C’est du militantisme.
    Jésus répond par un témoignage sur la vérité de l’homme; « l’homme ne vit pas de pain seul, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (aimer avant de vouloir nourrir, montrer la valeur de l’amour).

  22. @ Stellae : Évidemment, on ne peut pas décemment se contenter de distinctions entre « celui qui dit » et « celui qui vit »… ne serait-ce que par respect pour ceux qui, militants ou témoins, font les deux. Mais il y a une idée, là-dedans.

    @ Tigreek : Comment ne pas tomber dans la révolte ? En priant. Je me souviens d’un barbu qui disait : « Rengaine ton glaive »… Une phrase qu’on devrait citer plus souvent (juste avant « Aimez vos ennemis »).

    @ Juhi : Je suis assez d’accord avec l’idée qu’en plus d’être apolitique, dans un monde idéal, la Marche pour la vie ne devrait même pas être étiquetée « catho ». Hélas, dans un monde idéal, nous n’aurions pas besoin de Marche pour la vie… En attendant, il faut bien que certains s’y mettent.

    @ Prodige : Merci pour les questions que tu poses. Bloquer des cœurs par nos propres excès, c’est un danger quotidien, probablement bien plus grand que bien des risques contre lesquels on lutte ouvertement. Je suis sûr qu’en poussant un peu plus loin, on en arriverait à parler de « charité dans la vérité »… ;-)

    @ Esperedansles : Bien sûr que c’est une forme de témoignage ! Mais c’est malgré tout bien plus du militantisme. Et j’ai bien dit que je ne donnais pas d’échelle de valeur entre les deux… L’un est une action simple et quotidienne, personnelle ; l’autre est une action de groupe destinée à avoir une influence sur un groupe et pas seulement à toucher une personne. Il y a là une différence fondamentale. Le fait est que le christianisme, quand on y pense, passe beaucoup plus « de la main à la main » (« de bouche de prophète à oreille de disciple ») que de façon massive. Ce qui ne doit pas empêcher de se mobiliser. Mais pourquoi en ferait-on un absolu ?

    @ Do : C’est bien le point central dans tout ça, pour moi. Qu’on arrête cette désagréable habitude qu’on a tous un peu, de vouloir se faire juge des consciences !

    @ Boissoudy : L’idée est intéressante, et le texte original pour expliquer cette distinction. Après, la limite du texte, c’est de rester au niveau de la tentation…

  23. @ Edmond: Juste une précision: je ne suis pas contre que les cathos s’impliquent pour la Marche pour la vie, par leur participation et par la communication qu’ils en font, bien au contraire. C’est juste que j’ai peur que dans certains esprits l’on glisse de la Marche pour la vie à laquelle on participe PARCE QUE on est catho à la Marche des cathos pour la vie: c’est juste une manière de présenter les choses dans les blogs et les communications. En ayant participé à cette marche une ou deux fois, j’ai constaté que certains semblaient confondre la marche avec un pélé. Malheureusement, cela n’était pas passé inaperçu par les médias qui, du coup, avait des arguments pour la faire passer pour une revendication catho-catholique.

  24. Parce qu’Il sort vainqueur du diable, qui Lui proposait de donner le bien-être et de prendre le pouvoir,Jésus peut entrer dans sa vie publique.
    Jésus apporte Dieu aux hommes, un Dieu qui considère d’abord chacun dans sa dignité, et qui à cause de cela répond par la nourriture, la guérison…
    Militer, de miles( soldat)c’est croire que la nourriture ou la guérison vont apporter la dignité à chacun.
    Le texte de la tentation ne serait qu’un discours programmatique, mais tu connais Jésus, quand il reçoit l’Esprit du Père…

  25. Ce billet n’est peut-être pas le plus élégant, le plus drôle ni le plus émouvant que vous ayiez jamais produit, Edmond: mais je le trouve précieux. D’abord, il nous rappelle une vérité importante: c’est bien la même Église qui prie et qui témoigne du même Christ, même si c’est par des voies variées. Ensuite, il me confirme pourquoi je viens vous lire: parce que votre approche me repose de ce qu’on trouve ailleurs, hyper-réactivité, quasi-obligation d’avoir un avis sur tout, exigence de réponse instantanément aux événements sous peine d’obsolescence. Merci !

  26. Certains ont le don de guérir, d’autres celui d’apporter l’espérance, certains ont le don de soutenir, d’autres celui de réchauffer les coeurs, certains ont le don de prophétiser, d’autres de prier…
    Certains ont le don de militer, d’autres celui de témoigner ;-) voila voila
    (c’était un petit remix de je ne sais plus quel texte… genre parabole des talents ou autre^^)

  27. Salut Edmond,
    Avec un peu de retard, merci pour ce billet qui pose beaucoup de questions et a stimulé ma propre réflexion.
    Sur la question militant/témoin, je pense que tu touche juste et j’ai d’ailleurs entrepris un petit billet sur le sujet que j’essaierai de publier sur mon blog dans la semaine qui vient.
    A très bientôt

  28. Salut Edmond

    Merci pour ce message, que j’ai découvert par sa (mini-)polémique. J’avoue assez bien comprendre ta réaction : on m’avait aussi fait comprendre qu’en tant que modérateur-Facebook d’un groupe chrétien d’environ six cents personnes, je n’avais pas d’autre choix que de promouvoir cet évènement. Ce que, moins sagement que toi peut-être (?) j’ai finalement choisi de ne pas faire. Principalement parce que l’immense majorité des membres du groupe habite hors Île-de-France, voire hors Europe, mais aussi parce que contrairement à ce que j’ai pu lire ci-dessus j’ai pas mal entendu parler de cette marche pour la vie (évidemment pas dans la presse écrite, mais sur Internet oui)… beaucoup plus que du Synode africain, par exemple. Et j’ai supposé qu’il en était de même pour tous ceux qui voudraient marcher pour la vie. Et donc que mon relai d’information était superflu.

    Par contre, j’ai été très surpris de découvrir aujourd’hui quelque chose d’inédit dans la Marche pour la vie. Je t’invite, à moins que tu ne l’aies déjà fait, à aller voir cette initiative qui m’a pour le moins surpris, mais réjoui.

    Merci encore ! Bonne journée !

  29. Bien d’accord avec Fabrice, tu touches ici à l’essence de ton métier, incarné par un catholique. Ce billet nous touche, nous sommes concernés, tu nous place devant un choix récurent et existentiel.
    Cette fois, Edmond, tu te regardes dans le miroir et nous livre une sensation radicale de la liberté du chrétien, « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile »
    Militer est une logique de défense d’un groupe,soumis à une logique humaine,avec sa dimension disciplinaire.Le Christ nous libère, et nous demande de la suivre en étant nous-même, que nous même.
    Merci p’tit gars.

  30. Pourquoi attendre qu’un drame arrive dans un pays pauvre pour se soucier de ce pays.
    En 2004-2005, une mission en Haïti a été faite par ma famille (oncle, cousin, cousine…).A cette époque, déjà beaucoup creuvé la faim la bas dans l’indifférence total du reste du monde (la mission a été autofinancé par la famille et personne d’autre voulaient y participer financièrement).
    Aujourd’hui,parce qu’il y a eu un tremblement de terre, tous le monde s’en souci. Pourtant pour la plus par d’entre eux, le tremblement de terre n’a pas changé grand chose : la pauvreté été la avant. Alors il serait bon de se soucier de la pauvreté dans le monde et ce, pas forcément attendre le prochain tremblement de terre ou tsunami.

  31. @ FX : Oui, et c’est exactement ce que j’ai dit un peu plus haut en répondant aux commentaires de Vianney (je cite pour t’épargner de chercher) : « On a peut-être médiatisé le séisme, mais la cause centrale d’un tel drame, la pauvreté dramatique de ce pays dont nous sommes tous (hélas) un peu responsables, est-ce qu’on en parle vraiment ? Est-ce qu’on en parlait avant la catastrophe ? »
    C’est de ce point de vue que je trouve important de parler d’Haïti ; parce que ce drame révèle surtout un profond malaise de notre monde…

  32. @Edmond : oui, faut aider Haïti.
    J’ose espéré que par la suite, ceux qui aident Haïti vont aider d’autre pays pauvre. Par exemple Madagascar, un des pays les plus pauvre de la planette, j’espère que certain vont l’aider sans attendre un tremblement de terre la bas.
    Sinon pour la pauvreté, pas besoin d’aller bien loin : il faut juste ouvrir les yeux quand on sort de chez soi ou devant son église quand on va à la messe. Je sais bien qu’il n’y a pas de tremblement de terre en france mais vous pouvez aussi les aider : macadam café, captif, secour catolique, fidesco, dcc, soupe…
    Pour une fois, j’aurai aimé que la BD ne porte pas sur l’évangile dimanche dernier mais sur la 2nd lecture : l’hymne a la charité

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