Petites contrariétés des détenteurs de carte de presse

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Les catholiques sont plutôt des gens contrariants. C’est un peu comme s’ils avaient décidé, dès les origines, qu’ils ne feraient rien comme tout le monde et qu’ils n’en manqueraient pas une pour agacer le bon citoyen lambda. Surtout le citoyen lambda muni d’une carte de presse, d’ailleurs.

Rien de spécialement étonnant à cela, quand on se donne la peine d’y penser (mais c’est déjà un effort – ne nous fatiguons pas trop dès le début d’un billet) : une religion qui n’est même pas fichue d’avoir un Père fondateur et se contente d’un Fils à Papa aux origines troubles, lequel non content de jouer les raconteurs d’histoires durant une tournée de trois ans en Palestine, ne trouve rien de mieux à faire que d’aller mourir lamentablement dans un supplice parmi les plus terribles que l’humanité ait connu. Après un tel démarrage, on aurait pu espérer que les disciples du Bonhomme auraient eu la présence d’esprit de se faire discrets. Las ! il a fallu qu’ils crient victoire face à cette défaite manifeste et incontestable. La suite, tout le monde la connait : forts des quelques grammes d’espoir qu’ils dealaient à toutes les misères du monde et tous les simplets qu’ils ont croisés (soit des personnes généralement non munies d’une carte de presse), ils ont lancé un petit business qui s’est révélé plutôt florissant. Et qui perdure encore aujourd’hui et continue de faire des ravages, malgré les efforts quotidiens de salubrité intellectuelle entrepris par les détenteurs de carte de presse.

A la tête de leur bazar, ils placent généralement un vieux en robe – d’ordinaire, ils choisissent le moins avenant qu’ils puissent trouver, surtout pour l’actuel – qu’ils baladent autour du monde avec des chapeaux moches et des chaussures ridicules. On s’amuse comme on peut, tu me diras.

En fait, ce qu’il est intéressant de noter avec le vieux en robe, c’est essentiellement qu’il n’a pas le charisme de son prédécesseur. Lequel était aussi un sale vilain réac, mais plus personne ne s’en rappelle trop et ce serait dommage d’en reparler parce que ça enlèverait une critique toute faite de l’actuel. Donc bon : côté charisme, c’était mieux avant. Côté ouverture, aussi : ça manque cruellement de lecture des Inrocks, tout ça… enfin, moi j’dis ça, hein !

L’ennui, c’est qu’en plus de cumuler tous ces petits défauts bien agaçants, il a aussi cette manie qui semble donc héréditaire chez les amateurs de goupillon : il est plutôt contrariant. Ainsi, quand il part dans un pays – prenons, au hasard, le Royaume-Uni – il apparait évident à toute personne dotée d’une intelligence (ou d’une carte de presse – ça va souvent de pair) que ce déplacement sera un échec. Pour les raisons évoquées plus haut. En toute logique. C’est imparable, puisque tout le monde voit bien que ça ne peut pas être autrement.

Mais comme il faut bien justifier de temps en temps sa carte de presse, entre deux sujets sur le dernier Marc Lévy et sur les après-rasages bio, on tentera de jeter un œil distrait à ce qui se passe lors du voyage précédemment mentionné. Heureusement, dans ces cas-là, on a aussi quelques jolies casseroles qu’on s’est employé les années précédentes à accrocher derrière le vieux qui porte des robes : on peut les ressasser, on reste en terrain connu, c’est sécurisant. Alors, bien sûr, il faut généralement un peu prêter l’œil pour finir par dégoter deux ou trois opposants manifestes au milieu d’une foule faussement enthousiaste, mais par bonheur la nature a su doter les détenteurs de carte de presse d’un habile regard fort bien exercé à cette tâche. On a beau ne pas être sur place, on trouve.

Sauf qu’au bout d’un moment, ça ne passe pas : on a parlé pendant une dizaine de jours de l’échec inévitable du voyage, mais il faudra admettre à la toute fin que, bon, d’accord, pour cette fois ça n’a pas été autant un échec que ce qu’on avait prévu. Même que, peut-être, éventuellement, ça aurait été un relatif succès éclatant, mais faudrait voir à pas trop pousser non plus, et puis c’est déjà du passé, n’en parlons plus et attendons sagement le prochain échec inévitable.

C’est pas bon pour l’ulcère d’être trop contrarié.

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11 réflexions sur “Petites contrariétés des détenteurs de carte de presse

  1. C’est un péché de s’amuser de l’ulcère de certains (et pourtant nombreux) détenteurs de carte de presse ?
    Non, je me renseigne, juste.

  2. Le pape propose la paix vraie là où il passe, et parler aux personnes à un niveau de vie souvent insoupçonnable par les professionnels de l’information de surface. En bon disciple de Jésus, il chasse les démons!

  3. Merci au détenteur de la carte de praise d’avoir diagnostiqué la cause de l’ulcère ! Je gage que certains détenteurs de carte de presse sauront lui être reconnaissant… ;)

  4. c’est génial le coup du chapeau et des chaussures !!!
    ils ont rien d’autre à dire à l’Express Styles………..affligeant !

  5. On sent un peu l’énervement du détenteur de cette fameuse carte envers certains de ses collègues… certains font vraiment du mal au métier !

  6. Tous les détenteurs de la carte de presse ne critique pas les fringues de Benoit 16 et n’ont pas dit que le voyage de Benoit 16 allait etre un échec.
    Les journalistes de « L’équipe » ont sut parfaitement rester neutre sur le sujet (tellement neutre qu’il n’en ont pas parlé), alors qu’ils ont bien parlé d’échec quand certaint clubs ont attiré pour les premiers matchs de la saison moins de 8000 pers (ce qui prouve que c’est des spécialistes en matière d’affluence).

    A part ça, quand tu dis : »il apparait évident à toute personne dotée d’une intelligence (ou d’une carte de presse – ça va souvent de pair) », vu que moi je n’ai pas de carte de presse, ça veut dire quoi ?

  7. Edmond, serais-tu un détenteur de carte de praise un peu contrarié également, en raison de l’acharnement de certains de tes collègues à chercher à tous prix des poux sur la blanche tête du Saint Père ?
    (Tiens, je note au passage que la carte de praise que tu nous présentes dans ton profil est quelque peu périmée… ^^)
    Génial le coup du chapeau et des chaussures ! Mais franchement, je crois qu’on aurait tort de trop cracher sur l’article de l’Express styles : il est un bon exemple de style journalistique empreint de neutralité et d’une certaine bienveillance. Et même qu’il est un peu documenté, puisque la journaliste sait que le rouge représente le sang des martyrs (bon, entre autres choses, c’est vrai, mais c’est déjà pas mal !), et elle va jusqu’à se renseigner auprès de média chrétiens (lien vers Catholic news) ! Si tous les journalistes de nos journaux quotidiens à grands tirages avait un tel professionnalisme, le monde de l’information en serait plus heureux, je crois.
    Moi j’ai confiance, je crois qu’il existe encore pas mal de journalistes qui ont une véritable conscience professionnelle. Et je les en félicite dès que possible !
    Merci de tes petits billets un peu acerbes qui nous aident parfois à nous mettre en question !

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