De tout mon c(h)oeur

De rien

C’est une question de sensibilité.

Il m’arrive certains jours de fredonner des cantiques que je n’aime pas trop. Oh, si, tu sais : des « Ne rentrez pas chez vous comme avant », « La paix oui la paix », « Laisserons-nous à notre table » ou « Une porte ouverte sur le ciel »… Des chants que j’ai chantés des dizaines, des centaines de fois durant mon enfance, dans une (toute) petite paroisse de village, que j’ai aimés, que j’ai trouvés ringards, que j’ai détestés, que j’ai fini par regarder avec l’œil assuré de celui qui – bon, on arrête les conneries maintenant – a un peu mieux compris le sens de la liturgie et qui, même si ça finit par allonger ma phrase, considère qu’il doit y avoir un genre de standard minimum de sacré à conserver. Un « tradi » : voilà, tu n’as rien compris !

Disons qu’il y a quelque chose de gentiment condescendant, je le concède, dans la façon que je peux avoir de fredonner ces cantiques dans la journée. Et pour être totalement honnête avec moi-même, j’ai beau ne pas me moquer il faut quand même avouer que je me moque un peu. Un tout petit peu. J’ai d’ailleurs le culot de ne pas trouver ça bien grave. Après tout, comme je respecte profondément l’intention qui a conduit à les composer et à les diffuser, je ne vois pas trop non plus pourquoi il faudrait que je me sente mal. C’est comme Mike Brant, tiens : je trouve ça tout naze, mais ça ne m’empêche pas de respecter le fait 1. que le gars était peut-être très chouette (je sais pas), 2. que ses fans aient pu aimer. A l’époque. Je sais même pas pourquoi je me justifie ; tss, tss…

Alors donc, ce que je voulais dire, c’est que quand (parce que, oui, ça m’arrive) je me retrouve dans une paroisse (en vacances, par exemple) qui a choisi dans sa très grande et belle liberté de ne pas considérer mes standards comme universels, et qui prend l’un de ces chants honnis pour la messe, eh bien que faire ?

En pareille situation, j’ai globalement deux attitudes possibles (et une troisième, mais j’y viens) : me taire et fulminer derrière mon pilier, ou bien chantonner pas trop fort – faut pas déconner – en attendant que ça passe. Ou alors, choisir la voie qui consiste à chanter ce cantique-là de tout mon cœur, en y vivant malgré tout l’aujourd’hui de mon petit psaume de vie, en donnant intérieurement à ces paroles qui me semblent si fades toute l’intensité et l’incandescence que j’aurais voulu y trouver… et prier, offrir cette louange-là à Dieu, comme si c’était la plus belle qu’il m’était possible de donner. Parce qu’en fait, dans ces instants, c’est la plus belle que je puisse donner.

Ce n’est pas une question de sensibilité.

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33 réflexions sur “De tout mon c(h)oeur

  1. J’aime bien le « à l’époque », pour Mike Brant.

    Sinon, eh bien j’avoue avoir du mal à ne pas fulminer quand je ne me sens pas en « communion » avec une assemblée (c’est un défaut, d’être raleur, hein?), mais quand il s’agit uniquement des chants, j’avoue faire comme toi : allez, on chante à tue-tête, et en avant jeannot, roule, ma poule. Certains airs appartiennent au patrimoine de l’humanité, quand bien même les paroles sont.. spéciales :-)

    Sinon, rien à voir mais j’avais encore jamais vu ce petit schtroumph farceur, à droite, et je voulais te dire que j’apprécie.

    Et sinon, toujours rien à voir, mais je trouve ça scandaleux que tu attaques Mike Brant sous pseudo. Franchement, ça me rappelle l’inquisition.

  2. Bien vu. Tu fais preuve d’une charitable clairvoyance – ou plutôt d’une charité clairvoyante – dont nous sommes (je suis) parfois bien incapables.

    Bref, même nous, catholiques, nous trouvons piégés dans cette espèce d’individualisme qui, subtilement, sournoisement, nous persuade que notre vie entière, pour être réussie, pour nous rendre « heureux », doit être à la carte et que, partant, nous pouvons, nous devons, en sélectionner chaque détail, comme si aucun d’entre eux n’était relié aux autres.

    Nous oublions ainsi qu’un chant n’est pas fait pour nous plaire, mais pour rendre grâce.

    Bref. A oublier que nous ne sommes tous membres d’un seul corps (donc même les pieds ont le droit de chanter !), le risque est grand que, d’ici 20 ans, nous sélectionnions nos playlists d’une messe on line sur le site 4.0 du Jour du Seigneur…

    Ceci dit, tu avoueras tout de même que certains auteurs auraient mérité l’excommunication, non ?

  3. Ah, cher Edmond, quelle sagesse tu as ! Moi j’avoue que certains cantiques, même avec le peu d’humilité et de bon esprit dont je dispose, je n’arrive pas à me faire suffisamment violence pour y adhérer. Notamment « le rat mort ». Si, si, tu sais, « plus jamais Jésus-Christ ne sera mort ». J’entends invariablement « ce rat mort ». Et puis, ce cantique me semble tellement hérético-débiloïdo-n’importe quoi point com, que je ne peux pas le chanter. Quoi ? Si nous faisons ceci ou cela plus jamais Jésus Christ ne sera mort ? Outre que la formule écorche les tympans, ça inverse tellement le rapport entre le Christ et nous (c’est nous qui par nos bonnes actions le ressuscitons ?) que non, on aura beau me considérer comme le plus sociopathe des abrutis du dimanche, je ne peux pas, désolé, que d’chique, wallou. Oui, il est bel et bon de donner tout son coeur à ce qui se vit, là, avec les moyens qu’on a, dans le contexte où on est, et je vis à la campagne, je connais un peu les limites des petites paroisses paumées, mais comment peut-on laisser au répertoire des niaiseries qui vont carrément à l’encontre de la foi ? Autant chanter « je veux que les fées existent, j’y crois, j’y crois ».

    Alez, pour le plaisir, copyright j’sais pas qui :

    Si nous partageons comme le pain notre vie ;
    Si l’on peut dire en nous voyant : « C’est Dieu vivant » !

    Refrain: Jésus-Christ plus jamais ne sera mort ! (bis)

  4. @ Florent : Si j’adopte généralement la troisième attitude d’Edmond, dans les cas où le chant pose un réel problème de foi, comme celui du rat mort (tu n’es pas le seul à entendre ça ;), je ne chante pas du tout et j’essaie de ne pas trop fulminer. Mais finalement, c’est assez rare car le plus souvent les chants en question sont plus niais ou laid que faux.

    @ Edmond : Moi aussi, j’ai souvent en tête des chants que je n’aime pas trop, c’est étrange… En ce moment, c’est « Entrez, Dieu est en attente ! »

  5. Ben merci Florent, je ne pourrai plus jamais entendre ce cantique sans penser au rat mort et me mettre à rire comme je viens de le faire en vous lisant. Merci pour le fou rire aussi, car la journée commençait mal, donc ça va mieux.
    Moi aussi j’adore chanter des cantiques dans la journée. Mon hit parade perso : « Que vive mon âme à Te louer », « Ecoute la voix du Seigneur », « Couronnée d’étoiles ».
    Et comme Edmond j’ai du mal avec « La paix voui la paix ». Parfois, j’arrive à chanter de tout coeur ce que je n’aime pas, parfois pas. Tomber, se relever, retomber…

  6. @Natalie : désolé :) J’ai tout un tas d’amis à qui j’assène cette anecdote régulièrement au cours de soirées genre « on refait l’Eglise » autour d’une… euh… tisane, et à qui j’ai ainsi définitivement pourri la vie car, chaque fois qu’ils entendent ce merveilleux cantique dans une célébration, il éclatent de rire comme des ravis de la crèche qui auraient trouvé drôle une blague de Toto. Comme ce cantique s’emploie souvent dans des périodes liturgiques où on porte du violet, c’est-à-dire pas les plus tagazou de l’année, ça tombe invariablement mal. Je sais, c’est moche. Mais c’est un combat au moins aussi important que d’interdire la police ComicSans, le WordArt, ou de faire revenir GrosQuick.

  7. Je plussoie Florent, entre autres pour le « je veux que les fées existent » !

    Un truc qui me rend dingue, c’est le « La paiiiix, oui la paiiiiiix, blablabla » au lieu de l’Agnus Dei. Franchement. Ça défigure un tantinet soit peu la liturgie, non ? Idem quand on omet le si triste confiteor (oui, je les mets en latin paskeu ça va plus vite, et puis je mets les titres que je veux tant qu’ils sont justes ! Rôh !) qui nous donne tellement l’impression d’être des pécheurs !
    Bon, je vais pas commenter comme si ton article était semblable à celui du Chafouin, mais ça se rejoint ce que vous dites, tous les deux.

    Mais t’as raison, si le seul moyen qu’on a de louer Dieu est de chanter des cantiques un peu moyens, le Seigneur ne regarde pas (que) la forme, Il regarde l’intention, l’amour qu’on y met. C’est comme ça que dans mon trou paumé en Chine, la seule fois où j’ai identifié les paroles toutes simples d’un chant de ma paroisse d’adoption, je me suis jointe à la prière. Après plusieurs mois à écouter un orgue électrique accompagner de façon bancale des chants que j’ignore, ça faisait du bien.

  8. Dans la foulée de Florent, moi c’est un Allelu…ia, allelu…ia, allelu…ia, alleluuuuuuu…ia qui m’a toujours fait penser, à l’éveil à la foi, à une course de traîneaux de loups dans la neige : « ah, les loups, ya ! »

  9. @Florent : Encore un plus que le mot « tagazou » qui m’a valu un grand et long fou-rire… Ch’uis allée faire un tour chez toi (entre blogueur, hein) et je suis abonnée.

    @Edmond : Pardon, parenthèse refermée, si si regarde : voilà.

  10. Je n’arrive pas à mettre des paroles sur « une porte ouverte sur le ciel »… mais sinon je suis comme toi. Il m’arrive même de leur trouver du sens… et de temps en temps je me dis que si je ne les aime pas c’est parce qu’ils bousculent un peu trop mon côté « Jésus et moi -les autres ça ne compte pas ».
    Parce qu’au fond : Nez pas peur ! laisse-toi…

  11. Je reconnais bien là ces chants ringards…
    Chez nous on les appelle des « rats morts », car on se souvient toujours de l’archétype du chant ringard : « Jésus Christ plus jamais ne sera mort »… sera mort… ce rat mort !

  12. Je reviendrai plus tard sur le fond, mais si déjà les commentaires pouvaient éviter de venir critiquer les chants dont on parle, ça serait une bonne idée ! Ça ne concerne pas tout le monde, mais y’a déjà des remarques un peu limites, surtout quand on considère le sujet du billet (qui – je le rappelle ici – appelle à un regard d’espérance et de tendresse sur ce qu’on n’aime pas trop).
    Merci à tous pour votre aide ! :-)

  13. c’est quand même problématique quand par exemple une anamnèse par « et tu reviens encore pour nous sauver », et évacue toute la dimension eschatologique de la foi, en laissant entendre que la venue de Jésus, c’est ce qui va se passer maintenant que nous allons chanter le Notre Père en nous tenant la main…Dans ces cas là (comme dans le cas des « Agnus » massacré, je dis dans mon coeur la formule liturgique qui convient, je n’en fais pas tout un pataquès, mais je refuse de chanter ça.

  14. Bravo!!!! Je vous en cite un autre pas mal  » aller porter la paix oh mon dentier!!!!

  15. @Edmond : pardon, j’ai peur d’avoir ouvert la boîte de Pandore. Il fallait que je crie au monde ma douleur, et comme je suis méchant, et pas gentil, je n’ai pas pu m’empêcher de donner des noms. Pan sur les doigts, je ne recommencerai pas. Je regrette surtout de l’avoir fait chez toi, c’est un peu comme vider son cendrier de bagnole devant chez le voisin. Je ne voudrais pas qu’un auteur vexé vienne t’agonir d’injures à cause de moi. Mais quand-même, évidemment que sur un sujet comme celui-là ça ne peut que déclencher une série de « ah oui, il y a aussi ». Moi je m’interroge tout de même : d’où vient que l’on ne pourrait jamais, au risque de commettre un crime de lèse-communion ecclésiale, dire qu’un chant est neuneu ou mal torché ? D’où vient que l’on ne pourrait pas, dans un cas extrême comme celui que je cite, dire « je suis désolé, mais ce n’est pas ma foi, et c’est même tellement opposé à ce que je comprends de la foi, que je ne peux pas le chanter » ? C’est une vraie question que je me pose. Lorsque, dans une paroisse, on reprend pour aller dans un autre sens « et de Dieu le père apaiser le courroux », ou « s’il était venu chez nous nous ne l’aurions pas crucifié », a-t-on le droit de tiquer ou pas ?

  16. Merci.
    Pour la musicienne que je suis, ce cas du « cantique ringard », pour peu qu’en plus il soit chanté faux, pas en rythme, avec des manières, est toujours une sorte de mortification…
    J’ai compris ça moi aussi, et j’essaie de le faire avec coeur : le chanter le mieux possible (ce qui n’est pas toujours facile quand le rythme est lent et hasardeux, le ton trop haut ou l’orgue désaccordé), habiter ces paroles vides (mais au fond rien ne résonne mieux que le vide) tout en se taisant discrètement quand, vraiment, l’auteur abuse.
    En espérant que la mamie qui chante nous laissera quelques instants de répit après la communion, histoire de chanter dans ma tête une prière de Sainte Thérèse… (à laquelle, d’ailleurs, personne ne résiste quand un beau jour, une jeune fille prend l’initiative de la chanter après la communion. N’importe qui mesure la différence entre une loghorrée creuse et une parole vive ; cela suppose juste une certaine « éducation à la spontanéité » pour se libérer des illusions du sympa – la raison pour laquelle les personnes plus âgées trouvent parfois méga cool les chants ringards – et laisser résonner en soi les paroles qui sont habitées par l’Esprit, et peuvent transformer).

    Il y avait un bel article dans Arts Sacrés, cet été, sur le chant en paroisse. Faudrait que je remette la main dessus.

  17. C’est un vieux qui ose prendre la parole (82 ans bien sonnés!) Je suis d’accord , pleinement, sur le fait que bien des chants religieux « nouveaux » sont douteux, quant aux images, quant à la musique,quant à la vérité théologique…
    Mais il faudrait, je pense, relativiser un peu : tout n’est pas semblable à « ce rat mort »! (je n’y avais jamais pensé… bien que trouvant les paroles dépourvues de sens… et j’ai bien ri!) Mais, globalement, dans le foisonnement de chants nouveaux qui sont apparus depuis le Concile (et même un peu avant), il se trouve des petites merveilles que le temps n’effacera pas; Je pense par exemple à ce chant de ma jeunesse sacerdotale : « La nuit qu’il fut livré, Le Seigneur prit du pain »…
    Mais avez-vous connu ce que l’on chantait lorsque j’étais enfant (avant 1939!) … cf le Manuel Lethielleux de l’époque…
    – « J’irai la voir un jour! »
    – « Je n’ai qu’une âme qu’il faut sauver, de l’éternelle flamme je veux la préserver! »
    – « L’encens divin embaume cet asile! »
    – « J’engageai ma promesse au baptême… »

    Alors, (j’étais encore au Séminaire) lorsque les chants nouveaux sont apparus (je Pense aux « Deux tables »), nous, les jeunes séminaristes de l’époque, avons senti avec joie un grand vent de renouveau passer dans l’Eglise!Et je pense que ce qui ne mérite pas d’être passera tôt ou tard… mais qu’il ne faut pas « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Prions « sur de la beauté » comme le demandait St Pie X; ce n’est pas facile… mais on y arrivera!

  18. @u Chafouin : Oui, mais on parle bien des chants, hein ! A la différence de ton billet sur Sacristains, j’ai essayé de me limiter à cette partie-là des choses qui peuvent m’agacer. Parce que c’est aussi là que j’arrive le plus facilement à être charitable (ben oui, la sainteté parfaite, ça se bosse un peu quand même !).

    @ Natalie : Se relever, c’est un bon chemin. Encore et encore.

    @ Florent : « interdire la police ComicSans, le WordArt, ou de faire revenir GrosQuick », voilà de justes causes auxquelles j’adhère pleinement et joyeusement ! Ça, et l’interdiction des Rice Krispies.

    @ David : Tant pis pour ceux qui se contenteront de se moquer. On discutera avec les autres. Toi, par exemple. (Bon, et puis, se moquer gentiment, je suis pas fondamentalement contre non plus… je serais mal placé pour jouer les vierges effarouchées en la matière, je crois.)

    @ Marion : Moi qui ai quand même un bonne oreille, crois-moi, je disais tout cela en pensant bien fort à toutes ces fois où je souffre, et pas qu’un peu ! C’est même pas du snobisme, mais ça rend d’autant plus nécessaire l’effort d’entrer dans le chant et de laisser tomber tout pour ne plus rester qu’à la prière, commune, joyeuse.
    Ce qui ne veut pas dire non plus qu’on ne peut pas, parfois, essayer un peu de suggérer un peu plus de « beau » ou d’harmonie. C’est pas incompatible.

    @ Jeuge : Voilà un point de vue auquel j’adhère parfaitement ! :-)

  19. Moi, je n’aime pas les vieilleries de mon enfance, je n’aime pas les chants en latin, je n’aime pas , je n’aime pas…..
    La liste pourait être longue…
    Mais dans ma paroisse ou ailleurs, en vacances, je pense que c’est par ce chant ou par cette liturgie que je peux accueillir le Christ dans ma vie ce jour là, à cette Eucharistie.
    Alors, oui, je chante, même si jà ne suis pas enchantée ( notez le jeu de mots exceptionnel) !
    Parce que de toutes façons, chanter c’est prier deux fois.
    Je râle parfois intérieurement, mais si je pense que ces chants sont nuls, il n’y a parfois qu’un pas pour penser que les gens qui les ont choisis sont nuls aussi. Je suis bien capable de tels raccourcis peu glorieux et donc, je chante car cela reste le meilleur moyens de me faire taire!!!

  20. Voilà je me lance. Ordinairement je me contente d’assister en spectatrice muette aux échanges qui se trouvent sur ce blogue mais là j’ai envie de réagir!
    Tout d’abord j’ai remarqué que les chants nouveaux sont spécialement chantés dans de petites paroisses de campagne. Messes pendant lesquelles on peut ne voir que des têtes blanches en majorité.(A noter que je n’ai rien contre eux, puisque sans eux il n’y aurait presque personne) Or vu que l’assemblée est généralement peu fournie et les chants complétement inconnus, les voix sont encore moins nombreuses à s’élever.
    De plus, moi qui ne suis pas vieille (21 ans) je rencontre à chaque messe pléthore de chants nouveaux. Ma réaction est immédiate, je regarde avec des yeux de chouette éffarée ma feuille en cherchant dans ma mémoire si celui là je l’ai déjà au moins entendu une fois. Généralement pas

    @ Cath : en effet l’expression « mon dentier » est assez drôle!

  21. de toutes façons, à côté du choeur des anges, nos chants, nouveaux ou anciens, avec ou sans sens, bien ou mal chantés, çà ne vole pas bien haut… mais je crois que le Bon Dieu, dans Sa Miséricorde, les accueille avec autant d’amour que les parents qui entendent leur cher petit Gontran ou Cunégonde bredouiller la dernière comptine (parfois carrémment cucu la praline) apprise à l’école. Ce qui compte c’est l’amour que nous voulons (ou pas) exprimer par ce chant à notre Créateur.

  22. Cari carillonne Jésus est né! Cari carillonne c’est le sauveur! ….. C’est le chant de Noël de mon enfance on attendait la messe avec impatience! Bon les chants daujourd’hui seront ils vieillots dans 30 ans?

  23. ben nous, on va parfois animer des messes dans une maison de retraite des petites soeurs des pauvres (moyenne d’âge 80 ans, et plein de maladies, de décès, etc…), avec des beaux chants du renouveau que c’est nous qu’on les choisit que même que d’abord,

    eh ben, les personnes très âgées, limite sourdes, qui chantent plus trop, qui souffrent, qui supportent pas le bruit des bébés qui hurlent pendant l’homélie, (le reste du temps, ça va, on connait),

    eh ben ces personnes là, à la fin, elles viennent nous remercier de leur faire chanter des beaux chants, avec du rythme, des instruments, et tout.

    Des beaux chants, ça plait à tout le monde, c’est pas parce qu’on est vieux qu’on aime la mocheté, bien au contraire. alors oui, je crois qu’on doit dire, en équipe liturgique, que le chant machin, il est pas conforme à la liturgie ou qu’il nous file des boutons: ça arrange peut-être plus de monde qu’on ne croit! Mais rien n’empêche de le dire avec charité, tact, voire inventivité…
    (heu, ça existe, tu soulignes pas, correcteur orthographique? bon…)

    Sinon, moi, le problème, c’est la musique dans les Eglises, ici: un jour, à Noël, j’avais qu’une demi heure pour prendre un temps de prière, et besoin de réconfort, eh bien, j’ai pleuré, dans cette Eglise, où passait un boucle un chant de Noël qui parlait de petits flocons et de petits nuages en forme de petits moutons: j’ai craqué. mais vraiment. Depuis, j’ai une angoisse, je n’arrive plus à rentrer dans une église paroissiale : elles sont presque toutes atteintes. Il y en a même une, ça se met en marche quand on avance. c’est horrible! on essaye de passer par ailleurs, mais hop, dès qu’on arrive devant le tabernacle, ça démarre! Je rêve de fils électriques sectionnés, d’interrupteurs 0/1 tout bêtes, où l’un pourrait mettre la musique nulle et l’autre l’arrêter (on n’est jamais 2 en même temps), ou de silence les jours impairs, mais rien: la gangrène gagne…

  24. @ Firenze : Oui, on est sur le fil, évidemment. Tout l’intérêt de chanter bien fort, c’est justement de ne pas trop penser aux critiques qu’on pourrait spontanément avoir à formuler.

    @ Montglane : Pas sûr quand même, si la paroisse est peuplée de « têtes blanches », que les chants soient si nouveaux que ça… Et puis, chaque communauté se construit aussi autour d’un répertoire, c’est difficile de leur en vouloir pour ça, il me semble. Là où c’est un tout petit peu dommage, à mon humble avis, c’est quand des chants rares sont choisis pour une grande fête (Noël, par exemple) sans la moindre répétition avant… Beaucoup viendront un peu par folklore, alors autant leur donner gentiment ce qu’ils sont venus chercher.

    @ Le Lann : +1

    @ Do : Tout cela est certainement vrai, mais ce n’est pas tout à fait le sujet et (encore une fois – comme exprimer plus haut) je n’avais pas envie de faire de ce billet une tribune contre les égarements liturgiques ou culturels de certaines paroisses… Il s’agissait d’exprimer autre chose.

  25. je crois qu’on peut prier aujourd’hui les anges gardiens
    de laisser Jésus revenir, revenir parmi les siens!

  26. Moi j’applaudis ce billet: je n’y avais jamais pensé, et moi aussi j’ai des chants qui m’énervent (pas de noms…). Ce sont en général des scies qui combinent des paroles mièvres avec un air que je n’arrive pas à me sortir de la tête. Mais votre attitude est la bonne: ce chant-là est lancé et je ne suis pas à même de proposer à ce moment-là… alors, autant chanter et faire de son mieux pour que ce soit une prière sincère.

    Bien entendu, les scies ringardes des uns sont aussi les souvenirs d’enfance chéris par les autres, et les premiers sont malvenus de se moquer impitoyablement des seconds. Moi, j’ai personnellement, tout seul, de mon plein gré et avec enthousiasme, choisi « laisserons-nous à notre table » pour mon mariage (ma moitié m’ayant laissé cette lourde responsabilité). J’assume. Et il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour me faire dire que je recommencerais pareil aujourd’hui.

  27. Hop ! A mon tour de mettre mon grain de sel !

    J’ai souvent animé les chants de Messe dans la paroisse de mes parents et j’ai alors pu expérimenter la face cachée de la paroisse. Je vous explique en 2 mots : on avait une réunion tous les 2 mois environ pour choisir les chants des Messes des 2 mois suivants. Nous étions une dizaine autour de la table, autant dire qu’il était difficile de mettre tout le monde d’accord. J’étais la plus jeune, sans expérience, face à ces personnes qui animaient depuis plusieurs années. Les chants ne me plaisaient pas toujours (normal, je suis très difficile sur ce point) et je me contentais donc de glisser quelques remarques. Comme elles n’étaient pas toujours bien reçues, j’ai dirigé mes efforts sur un seul point qui me semblait le plus important : Kyrie, Gloria, Credo, Agnus. Vous comprendez certainement pourquoi.

    Pour ce qui est des « chants de grand-mères », je suis d’avis d’en chanter de temps en temps (je n’ai pas toujours eu cette opinion !) ne serait-ce que pour faire plaisir à ces personnes qui ont entendu ces airs depuis – presque – toujours. Elles sont en terrain connu et sont donc rassurées. En plus, elles peuvent chanter, ce qui est super pour elles (parfois beaucoup moins pour les voisins mais c’est une autre histoire).

    De plus, ces « vieux chants tout moches », si on regarde de plus près la partition, on peut souvent se rendre compte d’une nette différence avec la réalité chantée. :-D

    Quant aux chants qui nous sortent par les yeux, ça peut être de très beaux chants. Par exemple, pour moi, c’est « Couronnée d’étoiles ». Eh oui ! Quel chant magnifique ! Mais chanté tous les dimanches, à toutes les Messes de mariage, et parfois plus encore, ça fini par lasser…
    Comme quoi, les goûts et les couleurs…

  28. Merci Edmond de m’apprendre cette troisième voie qui m’est si difficile ! J’ai encore un long chemin à parcourir avant d’arriver à cette simplicité, et pourtant je peux vous dire que, comme diacre, dans le chœur, face à tout le monde, on prend parfois de grands moments de solitude quand, vraiment, on ne peut pas, mais alors vraiment pas chanter.
    Voilà une belle leçon d’humilité de ta part, que je prends comme telle, et pour laquelle je te remercie !
    Chantons en chœur !

  29. merci Edmond pour ton message. J’essaierai de m’en souvenir en rentrant chez mes parents, quand le monsieur si gentil chantera tout seul un nouveau chant (nouveau parce qu’on l’a jamais chanté, mais issu du magnifique carnet de chant dans la paroisse depuis 40 ans et avec quels sous on en achèterait un autre, pour les 20 personnes qui vont à la messe et encore, avec les parisiens de la saison de la chasse?), et on sait qu’il l’a choisi avec amour, qu’il pense que c’est bien pour ce dimanche là et qu’il le reprendra dimanche prochain (o joie) pour que, cette fois là, on puisse chanter avec lui… parce que se rappeler cet article, ca me fera penser que je fulmine à la messe alors que je pourrai je sais pas moi… prier, et remercier Jésus pour la bonne volonté de ce monsieur qui fait chanter depuis xxx ans. Bref tout ça pour dire donc…merci (ben oui cest long, cest comme ça)

  30. merci! merci !merci ! je n’aurai pas mieux écrit…Dieu sait (et IL en sait des choses!) si le simple choix de chants pour une messe peut créer des tensions parfois légères certes mais tensions quand même, dans une « équipe » d’animation…Chanter c’est prier deux fois disait St Augustin (oui,c’est facile de citer les classiques,mais..) alors notre chant doit être prière avant d’être poésie, on aura sinon, beaucoup de jolis(euh bof) poèmes chantés mais rien à voir avec une vraie louange,une vraie méditation, une vraie intercession, une vraie action de grâce…autant parler sinon, c’est pas mal le texte du petit Prince non ??(je PLAISANTE !!) bonne inspiration à ce blog que je découvre avec joie !! (oui-oui)

  31. Je sais, deux ans après le billet je fais mon commentaire…Mais j’ai besoin de réfléchir longtemmmmps avant de poster. Tout ça pour dire que moi, j’aime « Une porte ouverte sur le Ciel »… Que j’aimerais l’entendre plus souvent, car c’est comme la « Madeleine » de Proust, je replonge quelques années (très peu!) en arrière lorsque je l’entend. Je me revois près de ma mère, chantant comme une dératée, parce que je trouvais tellement beau les paroles.
    Je me rend compte finalement que tous les chants que tu as cité, je les aime tout autant pour les mêmes raisons!
    Bonne continuation Edmond!

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