Villes cathos : des réserves naturelles ?

Humeur(s)

Communautarisme – quitte à dire des gros mots, je préfère les lâcher tout de suite. C’est ce qu’on rétorquera, souvent à raison peut-être, à toute tentative de reconstituer un petit « entre-soi » catholique, peu importe le lieu ou la manière. Et le communautarisme, ben c’est pas bien. Bouh !

Jolie matière à débats, en tout cas, que ce reportage diffusé dimanche dans l’émission 66 minutes (sur M6). Qu’est-ce qu’on y voit ? Une ville en plein développement aux États-Unis, en Floride, avec une particularité : elle a été fondée en 2007 par un catholique… pour des catholiques ! Et le lieu affiche franchement la couleur : Ave Maria, ça s’appelle. C’est sûr que dans le genre on doit pouvoir faire plus discret, voire même plus œcuménique. A l’origine du projet, on trouve le créateur de la chaîne Domino’s Pizza, Tom Monaghan, qu’on peut voir dans le sujet de M6 présenter et défendre sa ville. On y aperçoit aussi une famille de onze enfants (oui, je sais : plus cliché, tu meurs) et – entre autres choses amusantes – on apprend que la ville comprend une grande université, qu’il n’y a qu’un seul pub et qu’on ne trouve aucun contraceptif dans les magasins… Autant dire que c’est de l’enquête fouillée et certainement exempte du moindre présupposé. Mais passons, parce qu’après visionnage il en ressort quand même une relative bienveillance à l’égard de ces Américains légèrement excentriques (ce qui est probablement un pléonasme, d’ailleurs). Pas de quoi fouetter une brebis dans le portrait de cette « ville 100% catho », selon moi.

Pour t’en faire une idée, c’est regardable ici :

Spontanément, j’ai commencé par voir la chose d’un œil assez suspicieux. Mais je suis un garçon qui porte parfois l’esprit de contradiction aussi haut que son surmoi est bas, et il a suffi qu’un proche émette un avis définitif du type : « C’est mauvais, nous sommes appelés à vivre notre foi dans le monde, ces gens n’ont rien compris » pour que je sois pris de l’irrépressible envie de soutenir la thèse inverse ! Rassure-toi quand même : jusqu’à une certaine limite.

Il est évident que le principe même de notre foi est d’être partagée et annoncée au plus grand nombre… Dès lors, s’enfermer dans de petits ghettos remplis de gens comme nous, comme d’ailleurs se regrouper sur des réseaux (dits) sociaux confessionnels, n’est-ce pas trahir notre mission fondamentale ? C’est sûr, on se tient chaud… mais c’est pas comme ça qu’on va réchauffer le monde autour.

Pour prendre une autre image : à énergie consommée équivalente, on éclaire bien mieux avec mille petites lampes qu’avec un seul très grand spot.

Mais est-ce que l’un empêche vraiment l’autre ? Il y a un petit détail qui m’a trotté dans la tête après avoir vu ce reportage et auquel le journaliste n’a pas – à mon sens – accordé toute l’importance qu’il aurait fallu… Certes, ces cathos américains habitent un lieu qu’ils ont reconstitué à leur image (tiens, tiens… y’a peut-être comme un souci, quand on regarde les choses sous cet angle), mais on nous dit aussi que presque tous travaillent pour l’université de la ville. Là, si j’avais tenu la caméra et le micro, je serais allé creuser un peu. Et s’il fallait plutôt considérer les choses dans l’autre sens ? Si le point névralgique du reportage était cette université qu’on ne fait finalement qu’apercevoir ? Sur le plan que j’ai placé en illustration de l’article, elle occupe quand même de loin la plus large place… Alors la « ville catho » deviendrait en priorité un environnement catholique pour des étudiants. Une université « vraiment catholique », conçue pour (bien) former des catholiques d’aujourd’hui, et à la marge portée par une petite communauté très soudée. On ne serait alors pas vraiment dans cette image de ghetto-chic présenté par le reportage de 66 minutes. Quelques milliers de personnes, à l’échelle des États-Unis, est-ce vraiment plus qu’un petit foyer de personnes ?

Ceci pour rééquilibrer le regard porté sur le projet. Je n’ai toujours pas d’avis tranché sur la question et je continue d’être un peu interpellé par ce qui m’apparaît quand même de prime abord comme un sacré retrait du monde… Comme la reconstitution d’une « réserve protégée » de croyants. Je n’en voudrai à personne d’y voir le signe d’un repli identitaire, voire même un aveu de déclin.

Quoi de plus naturel que d’émettre des réserves… sur le principe des réserves ?

Mais ne nous voilons pas la face avec notre distanciation européenne teintée de laïcitéàlafrançaise (je l’écris volontairement comme ça parce que c’est vraiment une notion en tant que telle !) : des réserves de cathos, on en a. Moins marquées, peut-être, mais bien réelles. On a des Versailles, des hospitalités de Lourdes, des retraites de Taizé et des sessions de Paray-le-Monial. Et c’est pas parce que je mets des choses très différentes dans le même sac qu’il n’y a pas un peu de vrai là-dedans. On a même, pour certains, nos journaux (ou pas), nos médias télé ou radio, nos associations favorites, nos librairies, nos lieux d’échange, nos groupes de musique, nos écoles privées (là, les exemples sont vraiment trop nombreux), nos blogues préférés… Toutes ces petites choses qui, mises bout-à-bout, finiront bien par recréer une forme de communautarisme ou d’entre-soi. Il n’est pas interdit d’y penser avant de repousser dédaigneusement des initiatives comme celle d’Ave Maria. En sommes-nous toujours si loin que nous le voudrions ?

Est-ce que j’aurais envie de vivre là ? C’est vrai que le ciel est sacrément bleu, que les gens ont l’air gentils, que les messes dans cette cathédrale doivent être drôlement priantes… mais finalement, je ne pense pas. Ça manque un peu de véritables choses à découvrir chez l’autre, ça manque d’aspérités. Ça manque de mission, aussi, évidemment. Et je ne me fais même pas d’illusion : l’image de petit paradis sur terre ne peut pas tromper, je n’arrive pas à croire à la parfaite harmonie dépeinte. Les cathos ne sont pas meilleurs que les autres (tout juste leur foi les garde-t-elle peut-être de devenir pires que les autres !), et il doit bien y avoir des mesquineries entre voisins, des divergences de points de vue, des sales cons à la caisse de la librairie et des bagarres occasionnelles.

Mais le reportage aura au moins eu le mérite de m’interpeller sur le sujet. D’ailleurs, quand on y réfléchit, j’ai fait quoi juste après l’avoir vu ? je me suis empressé de partager mes réflexions… à mon réseau catho. Bref, on est pas rendus !

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34 réflexions sur “Villes cathos : des réserves naturelles ?

  1. Je suis d’accord avec ton article, et j’ai eu une fois l’occasion de débattre sur la frontière ghettos cathos/cathos dans le monde, quand aux scouts (autre ghetto catho par excellence^^), nous avons parlé du regard à avoir en tant que chrétien sur le monde, et en particulier dans le cas de scandales… Et tout ce p’tit monde de me citer médias et réseaux sociaux bien estampillés… Dur de dire que parfois la mission se trouve pleinement ailleurs, dans des pages et sur des ondes sans tampon catholique…

    En plus, ça fait « réaction-des-cathos-qui-veulent-faire-comme-tout-le-monde-mais-pas-que » …

  2. @ Pipelette : Ah oui, j’ai oublié le scoutisme, tiens… ça m’étonne presque que ça m’ait échappé !

    @ Pierre Marie : C’est vrai que c’était vraiment le point essentiel qu’il ne fallait surtout pas manquer de pointer dans mon billet. (D’autant que ça se discute.) Merci, donc, de l’avoir fait. ;-)

  3. Il s’agit d’un juste milieu à trouver dans une vie : après tout l’étymologie du mot église parle d’elle-même. On a besoin de retrouver entre chrétiens pour se ressourcer et approfondir notre foi, tout comme on doit aller dans le monde porter la Parole, ce qui permet aussi de se remettre en question et d’avoir de quoi échanger lors des moments entre croyants, qui regonflent à bloc pour repartir dans le monde, etc.

    Je crois que j’aurai du mal à me faire une opinion sur cette ville 100% catho tant que je n’y aurai pas mis les pieds… (Ce qui ne veut pas dire que j’y arriverai, c’est loin la Floride !)

  4. Ceci est un coup de geule (grave) :
    Moi ce qui m’embête le plus c’est quand même ce petit détail (mais néanmoins primordial):

    qu’il n’y a qu’un seul pub

    Encore une fois il apparaît que les cathos ne boivent jamais et passe leur temps au pain sec et à l’eau. Comment on discute et on se rencontre dans la Catho City ?

  5. Quelques réflexions:

    Tout d’abord, parce « qu’un peu d’humour ne fait pas de mal », il faut reconnaitre que les gens qui travaillent chez Domino’s Pizzas n’ont généralement pas une tête à habiter dans « ‘Ave Maria »…

    Mais surtout: tout d’abord, merci pour cet article. je ne regarde pas la télé, mais cette information mes semble intéressante, à plusieurs égards.

    La tentation première, évidemment très forte, est effectivement d’assimiler cette initiative à – pour citer vos mots – un « replis communautaire ». À cet égard, la réflexion sur le pôle universitaire catholique semble pertinent.

    Cependant, là où je ne peux pas être d’accord, c’est au sujet du parallèle que vous effectuez avec nos « réserves de cathos ».

    « Versailles, hospitalités de Lourdes, retraites de Taizé, sessions de Paray-le-Monial, journaux, médias télé ou radio, associations favorites, nos librairies, nos lieux d’échange, nos groupes de musique, nos écoles privées, nos blogues préférés » ou encore scoutisme: tout ceci ne désigne que des lieux ou des moments ponctuels de notre vie chrétienne, vie que, par ailleurs, nous vivons dans le monde.

    Des villes catholiques, chrétiennes, ou tout simplement créées pour telle ou telle communauté culturelle, ça n’existe pas en France, et ce n’est pas souhaitable. A titre d’exemple, les villes nouvelles, ou autre quartiers créés sur le même modèle vers la fin des années 60 furent fondés pour accueillir une certaine classe sociale, basée sur des critères économiques. Les distinctions raciales et culturelles que l’on observe à posteriori sont des incidences de ces créations qui, effectivement, et malheureusement, sont un des moteurs du « communautarisme ».

    Si cela existe aux Etats-Unis, comme existe des Harlem ou autre Chinatown, cela signifie plusieurs choses: la culture est un élément majeur de différenciation des sociétés, tout comme un enjeu majeur de notre présent et de notre avenir. La cohabitation des cultures est une chose difficile.

    Cet article me semble être un exemple très intéressant – parmi tant d’autres – de réflexion sur la nature de notre identité culturelle, et ce au meilleur des moments: Cf Xavier Lemoine, le maire UMP de Montfermeil, qui dit et redit, à raison, qu’en 2012, le vrai vote sera un vote culturel.

  6. Je ne pourrais pas vivre là-dedans…Sans mes potes mécréants, sans mes voisins musulmans, sans le punk à chien du coin…J’aurais l’impression de vivre dans une version « dominus te cum » du Truman Show !

  7. Euh Edmond creuse un peu le site, c’est dit noir sur blanc!
    A l’origine il y avait la volonté de fonder une université Catholique!
    Le reste se greffe dessus! C’est pas du tout la démarche des villes de vieux dans la Sunbelt!
    Donc c’est clairement pas un projet de ghetto mais bien ce que tu dis, un projet éducatif avant tout!Par contre comme tout projet éducatif privé, y va qui y veut.
    C’est pas très éloigné du modèle Jésuite, et c’est du au fait que pour certains cathos pratiquants aux US des institutions historiquement catholiques s’éloignent de leur vocation catholique… Remarque en Europe on connais çà aussi, en France et en Belgique… Après niveau universitaire y a l’Université catholique de Louvain qui n’est plus catho que de nom…

    http://www.avemaria.com/Default.aspx?ID=18
    « We wanted to build a major Catholic university in the southern part of the United States with the highest standards, » he said at the time. « I can’t think of a better place than one of the fastest-growing areas in the country, which is centered around Naples. This location will be very attractive to students who want the finest Catholic education. It will offer the best of both worlds — the great quality of life of Naples and a new dynamic Catholic and educational community. »

  8. Après on est aux US et le concept de Community est standard! Il suffit de regarder le succès de Desperate Housewives pour comprendre!

  9. @ Le Gambrinus : Comment on discute et on se rencontre ? Ben… au pub !
    Plus sérieusement, c’est un peu idiot qu’il n’y en ait qu’un, effectivement. Mais faudrait voir si y’a vraiment une demande de plus sur place…

    @ Wasnon : Je ne fais pas un parallèle à proprement parler, j’établis simplement des liens ! Évidemment que l’échelle n’est pas la même (en plus, le contexte culturel est totalement différent), qu’il y a une expérience globale et des réalités partielles. Mais est-ce pour ça qu’on ne peut pas s’interroger sur ces petits réflexes parfois légèrement identitaires ? D’autant que chez certains, l’accumulation de ces signes-là peut finir par créer une « bulle » presque complètement opaque au monde extérieur. Tout est une question de degré… la question est donc : où suis-je sur l’échelle ?

    @ Rodolphe : Comme je l’ai dit, je pense que je ne pourrais pas non plus.

    @ Blogblog : J’ai exploré le site plus en détail après, et j’y ai effectivement trouvé la confirmation de mon intuition. D’ailleurs, ça m’a plutôt fait plaisir pour mes réflexes de journalistes : repérer la faille d’un reportage et être capable de reconstituer ce qu’a de bonnes chances d’être la réalité… je me suis auto-célébré dignement, sur ce coup-là ! ;-) (Je plaisante, of course !)

  10. Edmond tu as bien débiaisé le reportage mais après clairement le risque « d’entre soi » est présent, certes pas plus qu’à Paris où on peut être dans une bulle relationnelle catho, mais l’environnement à Ave Maria par contre ne pousse pas à avoir une démarche missionnaire…
    Bon ensuite c’est une question de degré, mais qu’on puisse se ressourcer pour mieux s’ouvrir au monde ou se former de façon catholique pour être des cathos équilibrés pourquoi pas?
    Finalement les villes qui se sont construites autour des monastères au moyen âge c’était un peu çà même si çà n’était pas planifié….

  11. Quand j’avais entendu parler de ce projet il y a quelque temps, j’étais plutôt sceptique. Mais ce reportage m’a un peu rassurée. C’est en fait juste une communauté de catholiques qui ont envie de vivre ensemble. D’ailleurs, selon le reportage, la ville est ouverte à tous et les valeurs sur lesquelles reposent cette communauté viennent des habitants eux-même et non d’un règlement spécial « doctrine catholique ». Ce qui, soit dit en passant, pourrait être un témoignage à grande échelle pour le monde si le projet avait le bon goût de marcher: catho et heureux, c’est possible !

    Après tout cela ressemble fort à la communauté des premiers chrétiens (Ac 2,42-47;Ac 4,32-36).
    Bien sûr, le gros risque est de se couper du reste de la population et d’oublier notre mission apostolique. Les gamins qui vont sortir de là et entrer dans le monde risque aussi d’être assez déstabilisés…
    Mais je suis d’accord avec Edmond, entre l’école privé, le scoutisme, les vacances cathos, voire les rallyes etc… beaucoup d’entre nous peuvent rapidement se trouver dans une bulle. Et si on travaille dans un milieu catho en plus (clinique, école etc…), je pense que l’on n’est pas si loin d’un habitant de cette ville.
    Je trouve aussi dommage que cette ville n’ait comme seule activité l’université catholique. Avec toutes ces bonnes âmes disponibles, pourquoi ne pas créer des oeuvres destinées aux plus pauvres ?

  12. Dans notre France laïque (souvent anti-catholique), ça me ferait du bien de partir en vacances là-bas, sous le soleil et dans un bain de prière; j’ai cru comprendre qu’il y a avait un hôtel?

  13. La question que je me pose, et ce critère de discernement vaut ce qu’il vaut, mais c’en est déjà un, c’est : les pauvres sont-ils admis à Ave Maria ? Ou seulement la classe moyenne aisée américaine ?

  14. @ Juhi : Pas sûr que ça ressemble tant que ça aux premières communautés chrétienne, quand même…

    @ Etienne : Ben, sinon, tu vas faire une retraite en abbaye… c’est moins cher, et ça marche aussi !

    @ Incarnare : Très bon critère, je trouve, dans le cas d’Ave Maria. De fait, je crois qu’une bonne partie d’entre nous (si nous le voulions) ne pourrait même pas s’y installer. Le seul truc qui m’ennuie un peu, c’est que ça nous limite à cet exemple précis. Pour raisonner de façon plus générale, on doit en faire abstraction.

  15. @ FX : Peu importe où tu te situes, si tu manges du fruit de l’arbre qui est au milieu, tu ne risques rien. Il est fait pour ça. (Si, si : va vérifier !)

  16. bon, ben je regarderai les pizzas Domino qui viennent de s’installer dans ma rue d’un autre oeil!
    Vous vous rendez compte de tous ces américains qui en mangeant simplement des tas de pizzas ont contribué peut-être à un méga projet d’évangélisation par cette université!?!?
    Moi, aujourd’hui, j’ai trouvé ma vocation:
    je choisis d’être missionnaire par le mangeage de pizzas!

    Par contre, pour les pubs, avec des couples qui s’aiment et qui restent fidèles, et qui font 11 enfants, je crois que c’est un peu mort! Les soirées, à mon avis, c’est déjà prévu autrement…
    il reste les 700 étudiants, mais après la veillée de louange, la veillée d’adoration, la veillée de lectio divina, et la soirée spaghetti, + internet, je pense que ça laisse assez peu de place à des tas de folies.

    Sinon, ils ont essayé de reproduire un truc qui avait très bien marché au moyen âge, je ne vois pas le problème! il y a bien partout des ghettos de gens riches et des ghettos de gens pauvres, des ghettos de gens de la campagne (ça s’appelle la campagne, d’ailleurs), des tas de pays où on n’a le droit d’être que musulmans, ou à peu près, et il y a 100 ans, en France 98% des gens étaient chrétiens (ou catholiques, même peut-être), et on ne s’en portait pas plus mal. Et que dire, alors, du Vatican, un pays entier avec quasiment rien que des prêtres?!?! ou des îles où les révolutionnaires avaient -selon eux- prévu de déporter tous les prêtres avant de les abandonner sur les pontons de la Rochelle?
    finalement, c’est eux qui ont eu l’idée en premier: étonnant, non?

    En tout cas, je retiens un truc: pas de criminalité, pas de police: déjà du point de vue du coût, c’est hyper pas rien: vous vous rendez compte, à quelle vitesse on rembourserait notre dette et à quel âge on partirait à la retraite, avec zéro police et zéro frais d’assurances pour vol ou cambriolage? (et je ne parlerai pas des viols et des meurtres et de tout ce qui va avec les moeurs dissolues, divorces, deux logements par famille, allocations, avocats, etc…)

    Comme quoi, des chrétiens, même en ne faisant rien de bien de plus que les autres, déjà, avec tout le mal qu’ils ne commettent pas, ça suffit à rendre la vie bien plus vivable et économique! (mais bon, j’irais pas, parce qu’ils parlent tous en anglais, là bas: c’est nul, d’abord, ce sectarisme!)

  17. Merci Edmond ! J’avais vu le début (avant la coupure) mais avait dû m’absenter pour… aller à la Messe !
    Je suis donc très contente d’avoir pu voir ce reportage en entier (oui, j’aurai pu aller le dénicher sur le site je suppose mais juste, je n’y ai pas pensé) et effectivement, à la description qu’en fait la journaliste et aux premières minutes du reportage, je m’étais aussi fait la réflexion que ça sentait le replis sur soi à 50 lieues à la ronde.

    Ton argumentation pour prouver le contraire ne me convainc pas trop mais il a au moins eu le mérite de me montrer qu’on pouvait avoir un autre avis sur la question (^^).
    Après tout, ça ne fait que 3 ans que la ville existe. Je ne sais pas si on peut vraiment tirer des leçons d’une ville de 3 ans. Ca se fait plus à long terme qu’à moyen terme ces choses là non ?

    Mon avis sur la question est donc que je ne pourrais pas y vivre car je m’y sentirai trop enfermée, trop regardée. C’est ce que dit une des touristes : elle a l’impression qu’elle ne serait pas libre. C’est un peu mon état d’esprit. Mais c’est vrai que je ne peux – normalement – pas me permettre de juger sans avoir vu sur place ce qui s’y passe. Mais ça me saoulerait d’aller à la Messe tous les jours, sachant que si je n’y vais pas, ça se saura et qu’on médira dans mon dos (ça remplira les confessionnaux !). Bon, évidemment, j’extrapole certainement un peu mais ça m’étonnerait que tous les habitants d’Ave Maria soient complètement parfaits (même s’ils ont des jupes à fleurs et des chemisiers clairs, ce qui est – vous en conviendrez – un bon début.)

    Cependant, il est admis que dans notre vie de catholique (les autres religions, je ne connais pas assez), il est bon d’avoir un lieu où se former, où se retrouver pour vivre et approfondir notre foi. Cette ville peut être ce lieu pour ces américains et grand bien leur fasse. Mais si j’étais leur père spi (dommage qu’il n’y ait pas de fac de Père Spi parce que je m’y serais bien plu), je leur demanderai de ne pas y rester trop longtemps.

    Pour ce qui est du niveau de vie de la population, je pense que c’est dû au fait que les maisons ont été vendues au prix du marché. Je ne sais pas quel est ce prix mais je crois bien que pour acheter, il faut avoir tout de même quelques revenus. Surtout si c’est pour acheter une maison où loger 11 enfants. Et puis comme la ville n’a que 3 ans, peut-être que ça va changer au fur et à mesure (dans quel sens ??).

    Pour ce qui est du parallèle avec les villes du Moyen-Age, la question ne se pose même pas. Pour faire vite, comme il a été dit, à cette époque, tout le monde était catho et il n’y avait donc pas de guehttoïsation possible.

  18. @ Do : :-D

    @ Miss Pomme : C’est marrant, parce que t’es pas la première à dire ça… Pourtant, ce billet n’est pas une argumentation en faveur du projet !! J’ai même plutôt l’impression d’avoir émis un scepticisme, de façon générale. Le reste, c’est un léger rééquilibrage en tentant de voir plus loin que le reportage, et des mises en perspectives « immédiatement consommables » pour nous aujourd’hui.
    Sinon, franchement : Much a do about nothing !

  19. @ Do : il y a 100 ans, en France, on était 5 ans après les lois anticléricales, et il ne faisait pas bon s’afficher catholique. Tout le monde était baptisé, certes, mais il faudra les boucheries de 14-18, où les clercs sont morts par régiments entiers (et bien plus que n’importe quelle autre catégorie sociale), pour faire bouger l’opinion publique vis-à-vis de l’Église.

    @ personne en particulier : pour ma part, je m’interroge toujours quand je vois et entends des parents catholiques se poser la question : « comment vais-je pouvoir élever mes enfants dans un cadre bon pour eux, alors que, dans le monde dans lequel nous vivons actuellement, les attaques sont si omniprésentes ? » ; il faut reconnaître que, si j’étais parent, je me poserais la même question, et avec la même préoccupation – pour ne pas dire angoisse.
    Pour moi, la réponse peut être bonne quand elle consiste à dire : « pour le temps de leur enfance et de leur adolescence, je veux leur donner un cadre où leur éducation puisse être bonne pour eux, en leur donnant les armes pour, ensuite, se lancer à l’assaut du monde », et quand je dis « assaut », je pense « combat de la vie de tous les jours » et aussi « allez, de toutes les nations faites des disciples ». Les deux ensemble.
    L’enfant est fragile, et il doit être protégé. Il n’a pas besoin de connaître la guerre ; mieux : il a besoin de ne pas la connaître. L’adolescent est fragile mais il se prépare à affronter un monde dur : il doit être protégé, tout en ayant connaissance du monde dans lequel, adulte, il va être lancé. Un monde à conquérir, dans toutes ses dimensions (de la conquête, et du monde).
    Bon, tout ça, c’est bien joli, mais concrètement ? Concrètement, l’idée d’une ville « catho », d’une école « catho », d’un lieu de vie « catho », de relations « catho », etc., ne me rebute pas… tant que, sous le terme « catho », on met « catholique », et donc tout l’homme, et l’homme pécheur. Si on met juste le vernis, ça fait très « bien », mais ça risque de faire très mal à l’arrivée.

    Protéger tout en ouvrant à l’aventure dans toute sa beauté et sa violence, c’est le défi de toute éducation humaine. Aujourd’hui, je crois qu’en « ouvrant l’école » à la société dans toute sa dureté, on ne forme pas des générations aptes à changer cette société, puisqu’elles sont formatées, dès le plus jeune âge, par cette société.
    La question, c’est comment protéger les enfants sans fermer leur cœur. Je n’ai pas la réponse. Peut-être qu’une ville comme « Ave Maria » peut être un élément de réponse. L’université qui en est le cœur est peut-être un indice. Ce n’est peut-être pas totalement idiot, et ce n’est peut-être pas du tout un ghetto, mais plutôt une base de lancement.
    Je me pose la question, et je la partage.

  20. Pfiou… Un reportage de la télé française (qui donc -entre autres tares- ne comprend rien à la foi et la religion) sur un truc aux States (culture communautaire bien différente de la nôtre, en plus d’un joyeux mélange d’affairisme et de religion, etc), bref comment voulez-vous vous faire une idée de la réalité de la chose ? Il y a trop de prismes déformants et réducteurs en même temps : finalement, que voyons-nous ? Un grand vide bien habillé par de jolies images.
    Bref, impossible d’avoir un avis sur la question, il manque trop d’éléments pour se faire une idée. Ah si, une chose : visuellement, l’aspect Disneyland me rebute totalement (comment une cité dite catholique peut-elle être si artificielle et si chère ? Et la simplicité, et la création, dans tout ça ? L’Homme gardien et jardinier de la création, connaissent pas ?) ; et deuxièmement, j’ai un mal fou avec cette conception si américaine de la prospérité. (Ce qu’a soulevé Do : « je choisis d’être missionnaire par le mangeage de pizzas! »)

  21. Une ville où tous les enfants sont formatés sans aucune chance de se construire par eux-mêmes, c’est l’apothéose du prosélytisme forcené.
    Vivement l’équivalent chez les Juifs, Musulmans, Témoins de Jéhovas et même chez les Athées et on aura un moyen pratiquement infaillible de fabriquer un monde ou chacun aura peur des fous du village voisin.

  22. @ Edmond: je ne suis pas d’accord avec ce reportage!!!

    raison1: c’est fait par des journaliste de grand médias. Chacun sait que leurs travaux sont nuls (ça c’est fait… mais cest vrai aussi c’est ça le problème!!!); ou plutôt que « nul » qui est quand un tantinet définitif, je dirais capable de vérifications très sommaires et d’une présentation systématiquement anti-catho (les bon cathos c’est ceux qui vont jamais à la messe, qui critiquent le pape, boivent, baisent et avortent comme tout le monde, et SURTOUT le revendiquent (les autres c’est que des hypocrites pour les journaux, qui ne comprennent pas que s’imposer un idéal élevé peut entrainer des difficultés pour le suivre…); et évidemment, ils sont pour le dialogue interreligieux (ou prétendu tel: celui dans lequel il ne faut pas dire qu’on est chrétien), pour le mariage des prètres, pour le mariage des homosexuels… je m’arrète, vous avez compris)
    Sauf que comme le bon catholique des journaux n’est pas catholique en fait, ça aboutit à ce que dès qu’on parle d’un catholique (un vrai, pas celui qui se fait sa religion, mais celui qui cherche à suivre les enseignements de l’Eglise de son mieux), il faut forcément lui coller l’étiquette d’intégriste quitte à l’inventer (connaissant des tradis, je ne comprends toujours pas d’où leur vient cette étiquette d’intégriste qui leur colle à la peau…).
    Et vous observerez que cette présentation ne loupe jamais (ici, soit les journaux parleraient pas de nous, soit ils nous traiteraient ou bien d’intégristes et d’hypocrites qui ne font pas ce qu’ils disent (ça me donne une idée de billet sur l’idéal ça…), ou bien d’imbéciles qui n’ont pas compris que l’Eglise est une secte…); alors je tiens les interprétations de ce reportage pour nuls et non avenus.

    Voyons ce qu’il y a: une ville qui cherche à être une ville catholique… Elle se batit autour d’une université, et cherche à vivre conformément à ce que demande l’evangile.
    Elle est pas fermée sur elle-même: il n’y a pas marqué: « Interdit aux chiens et aux athées » (pour faire allusion à certains écritaux ignobles d’une époque pas si reculée). Si il y avait ça ça serait en grand dans le reportage, histoire de faire du scandale et de ramener de l’audimat.

    Je vais aussi répondre à Edmond sur les lampes: peut-être qu’à même consomation d’énergie mille lampe brillent plus qu’une seule grosse… sauf si les petites seules s’éteignent!! Et je peux te dire que moi si il n’y avait pas de ces grosses lampes bien visibles, celle que je porte serait soufflée depuis longtemps!!
    donc cet argument ne tient pas…

    Et par ailleurs… Un magnifique exemple de communautarisme et de « retrait du monde », ce sont les moines!! ces personnes qui sont des cathos qui restent entre eux tout le temps, c’est même leur règle de vie!!! Et pourtant, ils portent des fruits pour la mission, même des carmélites… (type sainte thérèse de l’enfant Jésus, au hasard)
    Il ne faudrait pas oublier que le but de notre vie c’est d’aller au ciel, et que si nous offrons à Dieu nos efforts pour aller droit vers lui afin qu’il convertisse les pécheurs, il saura quoi en faire (il est pas tout puissant pour rien!!). Dans nos petits calculs d’efficacité terrestre, il ne faudrait pas oublier qu’il y a Dieu, et que l’efficacité de la mission n’est pas proportionnelle au temps qu’on passe avec les païens (sinon ce serait les païens qui n’ont jamais vu de chrétiens les meilleurs évangélisateurs), mais à la grace de dieu et à notre foi!!!
    Et que les missions qui marchent le mieux ne sont pas celles où l’on fait de nombreux petits calculs de stratégie de communication, mais bien celles où l’on se laisse porter par dieu…

  23. Ce qui au final me dérange dans ce projet est surtout le fait qu’il annonce de manière un peu cynique qu’il est de toute manière beaucoup plus simple de vivre dans un monde sans aspérité et sans différence basé. C’est tout à fait vrai , la vie quotidienne nous pousse chacun à fréquenter les personnes de notre milieu social, professionnel, religieux. Finalement, tout ceci n’est-il pas un peu la voix (voie) de la facilité?

    Dans une commentaire, quelqu’un à fait remarquer que ce projet n’excluait personne et que tous étaient les bienvenus. Il me semble que c’est faire preuve soit d’hypocrisie soit d’un angélisme total à d’imaginer que quelqu’un de non catholique puisse se sentir tout à fait à l’aise dans cette ambiance (même si les gens sont sûrement très accueillants et n’ont pas l’air d’être des excités fanatiques).

    Pour conclure, je dirais tout de même que Ave maria en plus se prétend être le « paradis » des catholiques… C’est peut être un peu prétentieux, Ave Maria, c’est une certaine vision du catholicisme et une certaine manière de vivre sa foi, très encrée dans une culture middle class américaine. Mais je répète ce qui a déjà été commenté.

    En tout cas, merci pour cet article qui nuance aussi le reportage qui de toute manière n’est pas de grand qualité (c’est 66 minutes tout de même, on est pas dans du grand reportage d’information :-) )

  24. @ sarita: toi tu es américaine, non?
    Par « on n’exclut personne », je ne voulais pas dire que tout se vaut, mais que toute personne le voulant pouvait venir. Mais pas que tout le monde le voudrait… Celles qui sont susceptibles de le vouloir sont des personnes que ce type de vie ne rebute pas, qui sont curieuses: elles peuvent venir voir ce que c’est, et si ça leur convient.
    Pour le reportage, j’ai déjà expliqué qu’à mes yeux tous les grands médias se valaient: ils ne veulent de toute façon faire de l’info, mais de l’audimat!!!

  25. @ Vianney : La question est décidément complexe. Non, ce n’est pas complètement idiot pris sous le prisme de l’université, mais ce n’est pas non plus satisfaisant (à mes yeux) si on s’arrête à un projet de ville qui risquerait une uniformité un peu trop forte… Ensuite, pour « protéger » un enfant la question peut encore se poser différemment ; en sachant que le risque de coupure du monde extérieur augmente quand même avec l’isolement. Pas simple du tout.

    @ PMalo : Oui, beaucoup de prismes déformants, mais ça ne nous empêche pas forcément de poser un œil dessus et de s’interroger sur le sujet (notamment sur tous les éventuels petits « replis » qui pourraient nous tenter parfois – je ne dis pas d’ailleurs que tout ce que je mentionnais est de cet ordre, simplement qu’à force ça pourrait nous y conduire).

    @ Thomas : Ne faisons pas d’un exemple isolé une généralité… et ne donnons pas à cette (toute) petite ville trop d’importance non plus ! D’un autre côté, toute société « formate » ses enfants selon ses codes et ses principes : pas sûr que ceux d’Ave Maria soient plus bêtes ou moins libres que les autres.

    @ Panouf : L’image des lampes que j’ai proposée parlait de petites communautés réparties un peu partout dans la société, pas d’individus isolés. Avant de réfuter des « arguments » (qui n’en sont pas – une image n’est qu’une image, avec ses limites) de façon aussi méprisante, tu n’as pas envie de t’assurer juste que tu l’as bien compris ? ;-)
    Quant à ton couplet sur les journalistes, tu l’as déjà exprimé plusieurs fois ici. Ce n’est peut-être pas la peine d’en remettre une couche à chaque fois. D’autant que ce n’est pas particulièrement débordant de respect pour les personnes…

    @ Sarita : Effectivement, on ne va pas non plus demander à 66 minutes des enquêtes fouillées… Mais l’aperçu valait quand même le coup d’œil et je suis quand même content d’avoir vu ce court reportage, qui interpelle et interroge. Et oui, le projet apparaît quand même un peu cynique, voire orgueilleux, et est trop ancré dans la « middle class » américaine pour nous concerner complètement. Mais il provoque la discussion et j’aime bien ça ! :-)
    (Sinon, rien à voir : je suis allé jeter un œil sur ton blog, et j’ai adoré les jeux de post-its ! C’est vraiment très drôle !)

  26. Déjà que je soutenais les moines grace à la boisson.
    Maintenant je vais soutenir cette ville grace à la bouffe.
    En fait, pizza-biere, c’est très catho comme menu.Je vais donc en faire mon menu quotidien

  27. @ panouf
    La différence entre cette ville et un monastère, c’est que les habitants sont laïcs, et donc ne sont pas appelés à vivre hors du monde, mais au dedans du monde et à en être le ferment (Christifideles Laici de JPII).
    Et de plus je ne l’ai pas trouvé si méchant que ça à l’encontre des cathos, ce reportage. Un peu goguenard peut-être mais j’ai vu pire.
    Pour que cette ville sorte de son cercle fermé, il manque juste un projet un peu plus ouvert aux autres.

  28. Où l’on reparle un peu de la question du communautarisme catho qui depuis quelques années suscite des débats passionnés parmi les différentes sensibilités catholique.

    Au delà des caricatures de forteresse assiégée ou d’une présence au monde assez vague; cette notion américaine de communautarisme nous amène à réfléchir sur la relation du laïc avec le monde, sur la nature de la mission et les formes que doit prendre la nouvelle évangélisation.
    Si c’est pas d’actualité.

    Loin de moi l’idée de re-faire ici toute une dissertation sur le sujet. Juste une petite remarque néanmoins. Il est certain que le principe d’une ville avec que des catho dedans est en soi assez excessif (mais n’est-ce pas un synonyme d’américain?) mais ce principe répond aussi à un besoin : celui de se retrouver ensemble.
    Ce besoin est une nécessité spirituelle de premier ordre qui trouve sa réalisation dans l’assemblée dominicale et de manière moins régulière dans les pèlerinages ou les sessions comme Lourdes, Chartres, Paray,…
    C’est également un besoin moral. Vivre en chrétien signifie aussi vivre à contre-courant, en quelque sorte à rebrousse-poil du monde, monde naturel qui n’est pas le notre (notre Patrie, c’est le Ciel!) mais dans lequel nous sommes et que nous devons aimer jusqu’à le transfigurer ou tout au moins le transformer vers un monde meilleur. Le double devoir de tendre à la sainteté et de témoigner serait impossible à réaliser sans l’entraide fraternelle, sans la joie de se retrouver entre amis partageant la même Foi.
    Cette prédilection pour ceux qui partagent notre Foi, n’est pas un frein à l’évangélisation mais l’un des éléments moteurs de la Mission : « Voyez comme ils s’aiment! »
    Lieu d’éducation privilégié, lieu de ressourcement, lieu d’entraide matérielle, morale et spirituelle, la communauté est par excellence lieu d’évangélisation. Il ne s’agit pas alors d’une citadelle à défendre d’un ennemi sournois mais d’une oasis à laquelle le vagabondeur sans Dieu ni Vérité, totalement assoiffé, finit par se rendre.

    Le communautarisme est peut-être la version américaine de la notion de Chrétienté. J’y vois néanmoins la différence suivante : en simplifiant il me semble que l’on pourrait dire de la Chrétienté qu’elle est l’union fragile entre le temporel et le spirituel obtenu par une longue pénétration du surnaturel dans la communauté humaine; alors que le mouvement communautariste cherche à créer artificiellement les conditions de cette union.
    D’une certaine manière dans le premier cas c’est le spirituel qui attire le temporel dans le second le temporel qui attire le spirituel, avec le risque d’une subordination inversée…

  29. @Vianney : quand je disais que 98% étaient catholiques, c’était d’après une statistique que j’avais lue il y a longtemps (je ne sais pas si c’était juste avant ou juste après 1905, mais c’était bien dans cette période): les français n’étaient pas d’accord avec ces lois, ils les subissaient pour la plupart, dans les campagnes; il n’y avait que quelques intellectuels dans les villes qui allaient dans le sens de ces lois. enfin, je crois. Mais oui, c’était risqué de s’afficher catholique à partir de la révolution, c’est vrai. Je ne sais pas de quoi ce chiffre était composé. Mais juste pour dire qu’un pays à 100% catholique ne me dérangerait pas tellement… C’est même un peu le but de l’évangélisation, non? Ensuite, le faire en supprimant les autres sans les évangéliser, bon, c’est pas ça. mais là, je crois que le but premier était l’université, et le centre-cathédrale, pas la sélection, puisqu’il a laissé venir qui voulait: alors ça se tient. ça s’étendra sûrement.

    Par contre, la dame qui dit « je n’aimerais pas qu’on me dise ce que je dois faire » est symptomatique de l’idée fausse que se font les non catholiques du catholicisme! On vous a déjà dit ce que vous deviez faire, vous? Moi, jamais! mais je connais des tas de non-chrétiens qui vont voir des voyantes exactement pour ça, pour qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire; et l’Eglise est la seule à dire que c’est une abomination.
    …ça fatigue, ces gens qui critiquent l’Eglise avec des arguments complètement nawak!

    Sinon, je suis complètement d’accord avec @Vianney pour l’histoire de la protection des jeunes (pasque moi, j’ai pas été protégée, eh bien bonjour le résultat, vous imaginez même pas! je peux même pas en parler ici, c’est dire!).
    Mais je dois avouer que mon fils, qui est fils de divorcés, élevé dans le plus strict public depuis son plus jeune âge, en pâture chez des athées anticléricaux pour la plupart de sa famille, en pétard contre sa mère trop catho (je dis en pétard juste pour la symétrie avec pâture; en vrai, il m’aime bien quand même), eh bien, il m’étonne, ce petit: il est mille fois plus chrétien que moi, même si pour le moment il ne croit pas en Dieu, il fait tout ce qui est bien, rien de ce qui est pas bien, il évangéliserait presque les autres, et il est compatible avec les pires milieux sans jamais devenir miscible avec eux.
    Alors je me dis que c’est autre chose, qui protège. Mes parents étaient cathos, m’avaient mise dans un lycée catho, mais ils ne priaient pas, on ne priait pas en famille, on ne parlait pas de Jésus, ni de rien. (même à l’école!!)

    Je crois de plus en plus que ce qui protège, c’est la prière, c’est l’invisible qui nous entoure, c’est Marie, c’est nos anges gardiens, c’est Jésus lui-même, c’est pas ces remparts humains (ou inhumains) pleins de trous invisibles (et imprévisibles). ça m’arrange pas de dire ça, parce que j’aimerais bien être protégée par des vrais murs bien durs, mais force m’est de constater que mes ennuis ont commencé à s’arrêter le jour où j’ai commencé à prier le rosaire, pas un autre jour. Enfin, l’avantage, c’est que ça coûte moins cher, et que ça isole pas de tout le monde, au moins…

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