Catholiques pratiquement

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Quand on discute un peu avec un musulman (oui, je sais, je suis un déglingo, des fois) et qu’on amène la conversation sur la vision qu’il a des catholiques (genre, le mec, complètement frappé, quoi !), la réponse ne se fait généralement pas attendre. Et elle n’est pas forcément douce à l’oreille. Un catholique (moyen), pour un musulman (moyen), ce n’est pas d’abord un vieux facho de droite un peu raciste sur les bords. Ça, c’est la définition d’un Français moyen, si j’ai bien lu la presse. Non, non : un catholique pour un musulman c’est avant tout [spoiler] quelqu’un qui ne prie pas.

Fais l’expérience chez toi avec des amis, tu verras : c’est très amusant. Ou pas.

En général, c’est le moment où je commence à démentir et à sortir des preuves pour montrer au musulman ignorant que, non, pauvre fou, tu as tout faux, c’est un peu plus compliqué que ça, et d’abord c’est même pas vrai, blablabla… En général, des arguments, j’en trouve tout un gros paquet : des messes, des pélés, des groupes de prière (haha ! gotcha !), des chapelets, blablabla… En général, je finis par lui asséner l’argument ultime qui va lui refroidir le slip le calmer sévère : Môôaaaa, je prie !

Oui, mais là non. Là, je peux pas. Ça tient plus. TNS-Sofres m’a tuer.

Pourtant, ça commençait pas trop mal. Le titre de l’article qui a déboulé sur mon écran sentait bon le triomphalisme à peu de frais, le youpi tralala de parvis et la victoire en priant deux fois : « L’Église catholique a une assez bonne image dans l’opinion ». Héhé… Dans ta face l’anticléricalisme ! C’est nous qu’on est les meilleurs, amen de gloire de bon sang sur le bois de la croix ! Le sel de la terre, on t’en met une belle cartouche dans le fondement… La lumière du monde, c’est encore nous : on est les lampions, on est les lampions, on est, on est, on est les lampions !

Mais cet enthousiasme, bien que très festif, fut de courte durée. Il suffisait de commencer à lire le détail du sondage (mais qui fait ça, de nos jours ?) pour voir que dans l’ensemble de la population française, c’est en fait un peu moins d’un Français sur deux qui a une bonne opinion de l’Église. Et un peu moins d’un sur trois qui a une bonne opinion du pape – ce qui est pour le coup encore anormalement élevé, après les efforts courageusement déployés depuis le début de son pontificat pour saper son autorité.

Soit dit en passant, j’aurais quand même dû me méfier un peu : le sondage a été réalisé pour Pèlerin. Comme un précédent sondage de sinistre mémoire pour mon moral… L’expression « sondage Pèlerin » va-t-elle devenir un synonyme de « voile déchiré sur lequel était peinte l’illusion de notre bonheur » ? Je ne suis même pas trop sûr que les pauvres journalistes qui y travaillent aient envie de se traîner cette image.

Et donc, un peu plus loin, le coup de grâce. A la question : « A quelle fréquence vous arrive-t-il de prier ? » 56% des jeunes catholiques interrogés ont simplement répondu… qu’ils ne priaient jamais. 56% !! Et même si cette catégorie ne représente que 11% d’un échantillon de 1070 personnes, même si ça ne fait au final que 66 jeunes cathos pris au hasard d’un sondage, même s’ils se sont dits « catholiques » et pas « catholiques pratiquants », c’est une réalité plutôt dure à avaler. Peut-être que les musulmans avec qui il m’est arrivé de parler de foi avaient raison : peut-être les catholiques ne sont-ils effectivement pas ce qu’ils pourraient être. Les musulmans prient, même les bouddhistes prient… et nous ? Sommes-nous des « croyants pratiquement » ?

Car je ne me fais pas énormément d’illusions : en dehors des catholiques-vachement-pratiquants-messalisants-yeah-man, parmi les individus qui acceptent d’être définis comme cathos mais qui ne se reconnaissent pas trop ni dans le discours de l’Église ni dans ses rites, quelles peuvent bien être les « valeurs refuges » ? Qu’est-ce qui pourraient encore donner le sentiment d’être chrétien ? Le message d’amour du Christ, oui, d’accord… mais peut-être la prière, non ? Une prière personnelle, voulue comme un lien direct avec Dieu sans l’encombrement des intermédiaires cléricaux. Mais non ! même pas ! Et si la prière est si peu une réalité pour les jeunes catholiques pris dans leur ensemble, n’est-ce pas d’abord et surtout parce que les plus fervents d’entre eux ne savent pas donner le goût, le sens et l’importance de cette prière ?

Nous serions alors une religion de croyants qui prient peu, trop peu, dramatiquement trop peu. Et si nous en sommes là, il n’existe alors qu’une seule solution : faire silence et entrer en prière. Encore.

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43 réflexions sur “Catholiques pratiquement

  1. Sans la prière on ne peut rien faire nous dit Jésus, alors oui parfois nous n’en avons pas envie, nous préférons faire autre chose, mais pour que notre vie change en profondeur, nous devons prier, prier et encore prier. Et Si nous ne savons pas prier, le Seigneur nous apprend à le faire avec le Notre Père.
    Alors oui ce sondage fait peut être mal à entendre, mais après tout si ça peut nous réveiller dans notre foi souvent endormie et bien Gloire à Dieu :) !!! et Merci Edmond de nous réveiller un peu ;) !!!

  2. Ça me rappelle la dernière réunion de préparation au baptême… À la question : « qu’est-ce que ça veut dire pour vous être chrétien ? » Y’a eu pas mal de réponses disant en gros que c’était une question de morale…….. Et la relation au Christ ? Non ? Ah. J’aurai cru pourtant…

  3. C’est tellement vrai… Il y a beaucoup d’honnêteté dans la réponse de ceux qui avouent ne pas prier… Mais nous, prions nous assez? Merci pour ce bilet qui sonne pour moi comme une piqure de rappel.

  4. C’est super de voir ça écrit! Je me suis aussi tapé la honte dans une conversation sur le même sujet, avec des musulmans… Et même, lorsque je dis que le cœur de ma foi c’est ma relation à Dieu, je choque les cathos de mon entourage qui me disent « arrête ton char »… (ok, les cathos de mon entourage sont tièdes). On dirait que la foi vivante est un scandale ou une folie pour pas mal de cathos… WTF? Faudrait-il revoir nos terrains d’évangélisation?

  5. Oui, ok, on prie moins, mais on prie quand même mieux, non?

    Comme disait Zélie Martin, sa prière du début ressemblait plutôt à une liste de courses, alors qu’à la fin de sa vie, c’était une acceptation de la volonté de Dieu dans les épreuves.
    Il y a quelques 1000 ans, à part la prière de Jésus et celle de Marie, il n’y avait pas beaucoup de prières de chrétiens, et pourtant, c’était la prière la plus fondamentale de toute l’histoire de l’humanité.

    Le Royaume de Dieu n’est pas d’abord numérique, il est avant tout question de profondeur. Regardez le roi David quand il a voulu faire un recensement (yeah! du premier coup, recensement!), eh bien il s’est pris une épidémie de je sais pas quoi sur le coin du recensement (je ne m’en lasse pas).

    Alors bon, prions pour le salut des musulmans, espérons qu’ils prient pour le nôtre, et arrêtons de compter les points, ça n’a pas de sens!

    sinon, à mon grand étonnement, une soeur clarisse, du couvent qui fabrique les hosties du diocèse, me disait que depuis 50 ans, il n’y avait eu aucune diminution du nombre d’hosties consommées! Alors soit le satanisme est vraiment en hausse, soit les cathos-pratiquants en-semaine-messalisants qui communient chaque jour compensent les anciens chrétiens (héritiers du jansénisme bien malgré eux) venus de la campagne qui, comme mon père, ne communiaient guère qu’à Noël et à Pâques!
    (au passage, je fais remarquer qu’un musulman ne communie jamais -à la prière de Jésus, que nous considérons comme la prière par excellence, en somme- et que donc, comment on peut comparer?)

    sinon, pour les non cathos qui lisent ça, désolée de dire ici que ma religion me semble plus proche de Dieu que toutes les autres, mais si un jour je dis le contraire sans en changer, faites moi enfermer!

  6. Ce soir dans le métro, je voyais un Monsieur qui lisait un bout de Magnificat (la revue). Ça m’a rappelé que Jean-Paul II nous exhortait à ne pas hésiter à dire notre chapelet en allant au travail.

    Peut-être que si les gens ne prient pas, c’est que cela ne leur vient même pas à l’esprit. Peut-être qu’en voyant quelqu’un s’entretenir avec le Tout-Puissant, ça peut réveiller en eux le goût de Dieu. Enfin, il ne s’agit pas non plus de célébrer une procession dans la Station Châtelet Les Halles. Juste de suggérer l’idée par un signe de croix et des perles égrainées. Ou bien de faire une lectio divina dans le bus.

    Il m’est arrivé parfois, lorsque des amis me confiaient des soucis de leur dire que j’allais prier pour ça ou même de leur proposer de prier. La prière du débutant porte beaucoup de fruits.

    Certes, personne ne prie. Mais ils ne savent même pas que ça existe, comment on fait et pourquoi.

  7. Combien de fois n’entendons-nous pas les vieux se lamenter qu’il n’y a plus de jeunes à la messe ? Et quand on leur demande ce qu’il en est de leurs enfants, vous comprenez, ils ont pris des distances aussi (mon bon monsieur). L’enfant n’obéit pas, IL IMITE.
    Si nous ne prions pas devant et avec nos enfants, depuis leur plus tendre enfance, ils ne prieront pas et s’écarteront de l’Eglise.
    C’est aussi simple que ça, je le crains.

  8. Perso, je prie tous les soirs, je suis catho, c’est ma prière à moi, pas celle que j’ai appris à l’église mais je prie.
    Maintenant ce qui énerve, c’est la montée de la religion musulmane, quand on voit même les catho qui s’y convertissent, m’ouais !!!!!!!!!! Ça me fout les jetons à moi……

  9. @Edmond : Nom de Zeus ! Un bon coup de cuvette de WC sur la tête, et tu verras qu’ils s’y mettront, à la prière !

    @Le Chafouin : non, nous ne prions jamais assez. D’ailleurs tu connais la juste durée d’un temps de prière ? Plus.

    @do : le royaume n’est peut-être pas numérique, mais si la quantité est nulle, alors la profondeur ne peut pas être calculée !! Sinon, étonnant le coup des hosties !

    @Sanglier : ça me réchauffe toujours le cœur quand je vois qqn qui lit Magnificat ou Prions dans les transports. Il m’arrive de prier mon chapelet en public, mais je cache encore une grande partie dans mon poing… c’est un chemin !

  10. C’est triste, c’est triste, c’est très triste… (oui, je sais, ça ressemble à un confiteor) Je ne peux m’empêcher de penser à un petit livre intitulé le Manuscrit de l’Enfer, qui ne fait pas peur du tout, il donne juste plein d’espoir, en révélant ceci : la clé du paradis, c’est la prière.
    Eh ben là, du coup, ton article c’est un peu un coup de gourdin derrière les ouïes. Tant de chrétiens devraient, à défaut de la messe et tout, utiliser la ligne directe avec le Ciel, même si c’est pour crier leur colère, et ne le font pas.
    Tant de chrétiens en danger.

    Le pire, c’est qu’au fond, ça ne m’étonne pas. J’aurais dû m’y attendre.
    On a intérêt à se bouger pour faire changer ça, maintenant !

  11. Hem.. Au risque de faire office d’éléphant dans un magasin de porcelaine, je me lance : personnellement, je ne prie pas… du tout. Parce que je n’en éprouve pas du tout le besoin. Je ne suis pas sure que de m’astreindre à prier quand même (juste au cas où ce fameux manuscrit dirait vrai et que le paradis était sur le point de me passer sous le nez) serait très honnête de ma part. Limite un brin hypocrite. Non ?

    Je ne me considère ni en danger ni même moins catho que les autres (woa l’aut’ hey), et ma relation à Dieu est certes beaucoup moins codifié ou formelle, mais elle n’est pas moins là. J’ai des amis (que je ne compare pas à Dieu, hein, sachons toutes proportions garder teud’même !) que je ne vois qu’une fois par an, voire une fois tous les 3-4 ans, mais notre relation n’est pas moins forte. Quand on se voit, c’est comme si on s’était quittés la veille. On n’a pas besoin de s’appeler tous les soirs pour garder le contact.. Voyez-vous où je veux en venir ?

  12. Merci pour ce billet. Mais je ressens une légère insatisfaction en le lisant, pour deux raisons :
    – la première c’est que comparer le sens de la prière dans l’Islam et le sens de la prière en régime chrétien est nécessairement une impasse : nous ne prierons jamais « comme » les musulmans, c’est une question de qualité de la prière qui touche à son rythme, à son caractère à la fois mécanique et obligatoire à heures fixes.
    – la seconde c’est qu’il n’est jamais question de l’Eglise. or, je crois savoir que la prière chrétienne est toujours une prière qui engage l’Eglise.

    En même temps, les style arrache des larmes de rire, et ça fait vraiment du bien. Si, en plus, cela permet une prise de conscience de l’importance de la prière dans la vie chrétienne, alors tant mieux.

    « Prions sans cesse » !

  13. @Emma : au risque de lancer un débat inutile (je sais que ne vous convaincrai que difficilement), il me semble qu’il y a là confusion. On ne prie pas uniquement parce qu’on en a « besoin ». Ce serait en effet réduire la prière à la prière de « demande ». Mais il existe deux autres objets de la prière : la louange (rendre gloire à Dieu pour ce qu’Il est) et la prière d’action de grâce (remercier Dieu pour ce qu’il nous donne).

    On oublie souvent de remercier Dieu, alors qu’il nous donne quelque chose de manière continuelle : l’être. Sans lui nous ne serions pas. C’est déjà une raison pour lui rendre grâce sans cesse : c’est une raison pour prier.

    La prière n’est pas quelque chose de ressenti. On ne ressent pas nécessairement pas le besoin de prier. Mais notre âme, elle, en a besoin. Que nous ressentions ce besoin ou pas. Nous avons besoin de la proximité divine, pour pouvoir vivre en chrétien (saviez-vous que « chrétien » est formé sur le nom du « Christ » : les chrétiens, ce sont eux qui appartiennent au Christ… comment Lui « appartenir » sans Lui parler ?).

    Dieu n’est pas juste un ami éloigné. Dieu est là, constamment présent, à côté de nous. Quand vous êtes en présence de vos amis, vous ne leur parlez pas non plus ? Je suppose que vous passez la nuit à papoter. Hé bien Dieu est là, qui n’attend qu’une chose, c’est que vous lui parliez. Et visiblement, vous l’ignorez ? Que diriez-vous, si vous invitiez un ami, et qu’il reste là, sans parler, sans répondre à vos questions, sans écouter ce que vous lui dites ? Est-ce un ami ?

    Enfin, la prière appelle la prière. Moins on prie, moins on ressent le besoin de prier. Si vous voulez sentir le besoin de prier… priez. Si vous ne priez pas, ce n’est peut-être pas parce que vous n’en ressentez pas le besoin, mais parce que vous ne… voulez pas ?

  14. @u Chafouin : J’aime quand tu me lis aussi bien ! Il ne s’agissait évidemment pas de fustiger ceux qui ne prient pas, mais de s’interroger sur notre propre prière…

    @ Sanglier intrépide : Et justement, on fait quoi pour qu’ils sachent que ça existe ?

    @ Emma : J’espère que tu ne prendras pas ça trop personnellement, mais il se trouve que tu cumules en un seul commentaire les deux arguments qui ont tendance à me hérisser le plus le poil sur ce sujet : « je me considère pas moins catho que les autres » et « au moins je suis pas hypocrite ». Parce que ce n’est pas une question de dresser des échelles de valeur ni de juger sa propre attitude ou celle des autres : il s’agit de savoir si, oui ou non, on désire avoir une relation avec Dieu et si, oui ou non, on est sensible aux invitations répétées du Christ à prier, et à prier « sans cesse ».
    Et puis : peut-on vraiment comparer (même avec les réserves que tu poses) Dieu à des amis un peu lointains qu’on voit une fois par an ? Est-ce bien sa place ? Comme disait Koz récemment : « Dieu est Dieu, merde à la fin ! » Sa place devrait, en toute logique, être la première… non ?

    @ François Moog : (Je recopie à mon tour ce que j’ai écrit d’abord sur Facebook.)
    Mais je n’ai pas voulu directement comparer la prière chrétienne et musulmane, en fait… Je sais bien que c’est une impasse. En revanche, la perception musulmane des chrétiens comme des « croyants qui ne prient jamais », si ell…e s’appuie certainement sur l’absence d’une prière rituelle (à heure fixe) ne peut que pointer d’autant plus cruellement le fait qu’on prie effectivement de moins en moins.
    Quant à l’Église, je crois que tu as touché le petit truc qui me chiffonnais encore dans mon billet… Bravo ! Mais on dira que, pour une fois que je ne ramène pas tout à l’Église et que je reste au niveau du croyant individuel, c’est un gage que je donne à ceux qui me trouvent encore trop tradi ! ;-)

  15. Hmmm… Je ne suis pas aussi fermée au dialogue que vous semblez le croire (bon ok, quand j’écris mes commentaire, je le fais toujours un peu à chaud, alors forcément…) et ce que vous me dites là me donne matière à réfléchir…

    C’est ce que je vais faire d’ailleurs, avant de dire des bêtises.

    Merci de cet éclairage en tout cas, j’aime bien voir les choses sous un autre angle, ça fait avancer les choses :)

  16. @ Edmond : non non je ne le prend pas (trop) personnellement, et effectivement, j’ai pu me tromper sur l’utilité de la prière (oh mon dieu elle reconnait qu’elle a tord, vite une capture d’écran !). Comme je l’ai dit, je ne suis pas une assidue des rituels, et sans doute pas très au fait de tout ce qu’il « faut » faire pour Lui (j’ai mis des guillements, qu’on ne se méprenne pas, mais chui une rebelle dans l’âme, j’aime pas trop qu’on me dise quoi faire). Après, si vraiment il s’agit d’une relation très personnelle entre Lui et moi, alors peut-être qu’Il n’est pas si susceptible que ça et qu’Il ne m’en voudra pas de penser à lui sans nécessairement le lui dire. Comme disait je ne sais plus qui dans une chanson : il y a des silences qui disent beaucoup (hem j’espère que je ne cite pas un nanar !)

    Bon j’arrête d’écrire des bêtises et je vais réfléchir à tout ça.

  17. Bonjour!

    Pour ma part, je vis ma relation à Dieu tous les jours, à mon niveau, avec ma guitare… chanter est pour moi l’occasion de dire merci à Dieu pour ce qu’il nous donne et le louer en toute simplicité. C’est un moyen, pour moi qui ne savait trouver les mots pour entrer en relation avec Dieu (et pourtant je m’y suis essayé en bon petit catho^^).

    Merci Edmond pour ce billet qui m’amène à réfléchir en profondeur sur le sens de notre prière, ancrée dans le Christ… merci de nous accompagner et de nous aider à nous remettre en question!

  18. Bonjour,

    Ce genre de sondages me laisse toujours songeur (pour info, je travaille dans les sondages, à la Sofres justement)… En effet, ils considèrent toujours comme « catholiques » ceux qui disent simplement l’être, même s’ils ne vivent jamais leur « foi » ou ne savent même pas ce qu’elle est. Est-ce vraiment pertinent ? Comment faut-il définir un catholique ?

    Ainsi, 44% des catholiques (selon le sondage SOFRES) ne prient pas. Ok mais se disent-ils catholiques parce qu’ils ont la foi mais ne pratiquent pas (ce serait acceptable) ou parce qu’ils ont simplement été élevés dans la religion catholique (et sont athées, réincarnationistes, etc.) ? Cette deuxième catégorie n’est pas catholique, par définition. Il y a donc un problème avec le recueil déclaratif : n’importe qui peut se dire catholique sans l’être en vérité.

    Ensuite, il serait intéressant d’avoir la question précise. Par exemple, la Messe était-elle comptée dans la prière ? Ou bien demandait-on aux personnes si elles priaient personnellement ? Ce genre de précisions peut paraître étrange mais c’est important : selon la façon dont la question a été posée, la réponse peut et doit être comprise différemment.

    Cordialement,

  19. @ Xavier : Oui, mais c’est le principe même du sondage d’être purement déclaratif… C’est une réserve que j’ai toujours à l’esprit en les lisant.
    Si on va par là, n’importe quel farceur peut dire qu’il n’est pas catho (alors qu’en fait il est pratiquant) et qu’il ne prie pas (alors qu’en fait il prie beaucoup), etc. Ce qui est intéressant ici, c’est que les sondés n’ont même pas l’air d’avoir donné une réponse jugée « convenable » : il y a des cathos qui disent clairement qu’ils ne prient jamais !
    Évidemment que je suis prudent en consultant les résultats, mais puisque c’est fait pour « sentir » des tendances, j’en profite : et ce que je vois se dessiner m’inquiète passablement.

    En tout cas, merci pour ce commentaire. Sans vouloir être trop indiscret : si tu bosses sur les sondages Sofres, peut-être pourras-tu répondre à la vraie grande question que je me pose toujours ? Par qui et de quelle façon sont élaborées les questions des consultations ?

  20. Étonnant. J’ai commencé à lire cet article en écoutant « Resign to Surrender » d’Epica, et j’ai fini de lire les commentaires en écoutant, dans la suite du même album du même groupe, « Martyr of the Free Word ».
    Étonnant. J’ai tellement de mal à prier ces temps-ci, je rame tellement à essayer de dire mon office quotidien, au point que souvent je finis de le dire après minuit, que l’oraison quotidienne est passée à la trappe depuis quelques jours. Heureusement, il reste la messe quotidienne… mais ça ne suffit pas. « Resign to Surrender », ou presque… et puis je lis cet article : « Martyr of the Free Word » ? Je ne sais pas… mais je vais éteindre cette musique de fou (pourtant tellement belle) et aller prier, tiens.

    Merci, Edmond !

    PS : je préviens ceux qui voudraient écouter la musique dont je parle… ce n’est pas précisément de la pop-louange ! Mais les voies du Seigneur sont parfois détournées : de l’art d’écrire droit avec des lignes courbes ! :)

  21. Après y avoir réfléchi, j’en suis venue à la conclusion que EN CE QUI ME CONCERNE (pardon pour les majuscules, mais je ne veux pas qu’on croie que je pense pour tout le monde, je parle uniquement pour moi), une prière n’aurait pas plus de sens que de me faire un collier de plumes de canard. Je veux dire que tant que moi je n’y mettrais pas plus de sens, ça sonnerait un peu faux, et je trouverais ça dommage de me donner des airs histoire de rentrer dans le rang. A mes yeux, la religion est avant tout une question de ressenti intérieur, de paix, et si je parviens à trouver la paix sans m’adresser à qui que ce soit, n’est-ce pas là une bonne nouvelle ? faudrait-il singer une prière pour avoir l’air d’une « bonne » catholique ? cela fait-il de moi une « mauvaise » catholique ?

    Bon enfin j’en étais là de mes réflexions quand mon cher et tendre, qui ne mâche pas ses mots et avec qui je discutais justement du sujet, me sort cette phrase imparable : « sans rituel, une religion n’est rien de plus qu’une philosophie ». Bon ben mince alors, je suis pas rendue…

  22. @ Emma : merci ton cher et tendre ;-) !
    Souvent ceux qui ne pratiquent pas les « rituels officiels » (genre aller à la messe par exemple ou même pire se confesser ) disent qu’ils n’ont pas besoin de ça, qu’ils ont une relation personnelle à Dieu, eux, qu’ils s’adressent directement à Lui, pas besoin de décorum et de trucs tout fait. Bon. c’est leur point de vue que je ne partage pas. Et alors là on apprend qu’en fait ils ne prient jamais. Du coup je m’interroge : c’est quoi leur relation personnelle à Dieu ? Ils s’adressent à lui quand et comment et à quelle fréquence? J’arrive pas trop à suivre, j’ai du mal à comprendre.
    Comme tu le dis, Il n’est pas susceptible. Il est même tellement plein d’amour pour toi, pour moi, pour nous, qu’Il nous aime inconditionnellement, donc même quand on oublie son existence ou qu’on vit avec un vague souvenir de Lui mais comme s’Il n’était pas là.
    Seulement faut quand même reconnaître que ne pas lui donner la première place alors même qu’on sait combien il nous aime. Ne pas lui rendre une once de cet amour qu’Il a pour nous et dont il nous fait vivre, c’est un peu vache. Ne jamais le remercier pour ce qu’Il fait, le louer parce qu’Il est, intercéder pour les autres…
    J’ai du mal à voir en quoi c’est cohérent.
    Alors c’est vrai, moi, j’ai du mal à être fidèle à la prière personnelle, j’ai du mal à prier, parfois même je me demande si un pot de fleur à ma place n’aurait pas plus glorifié le Seigneur. C’est vrai quoi, au moins il aurait été beau. Alors je me dis que le pot de fleur ne choisit pas d’être là et que moi, si, j’ai choisi, librement, d’être présente. Et que cette présence qui en apparence ne m’apporte rien, qui m’est même pénible quand elle n’est pas simplement physique parce que mentalement je ne suis pas là du tout, ça lui manifeste, lamentablement certes, que je l’aime quand même un tout petit peu.

  23. Désolée Edmond d’avoir été longue… et encore je me suis auto censurée, je n’ai pas parlé de l’Eglise pour en rester à la question de la prière personnelle. Et je ne suis pas certaine d’avoir fait de la pub pour la prière là… hum !

  24. J’arrive un peu tard dans la discussion, mais je voudrais rapprocher l’évangile du jour à cette réflexion : saint Luc 19,45-48. Jésus entra dans le Temple, et se mit à expulser les marchands. Il leur déclarait : « L’Écriture dit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Commentaire : C’est la prière qui est importante, plus que les sacrifices qui ont conduit à la présence de marchands et changeurs dans le temple.
    http://www.radionotredame.net/emission/evangiledujouretcommentaire
    http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=readings&localdate=20101119
    Pour ma part la prière n’est pas quelque chose de facile. Ce qui m’a aidé est l’image de la carte de visite de Mère Teresa. 5 lignes
    le fruit du silence est la prière.
    Le fruit de la prière est la foi.
    Le fruit de la foi est l’amour.
    Le fruit de l’amour est le service.
    Le fruit du service est la paix.

  25. Très intéressant tout ça, mais une question me tarabiscote : pour vous, c’est quoi exactement la prière ?

    Comme l’a précisé François Moog, pour commencer, le sens de la prière n’est pas le même pour un Catholique et pour un Musulman. Ce ne sont ni le même « rite », ni la même tradition, ni les mêmes raisons, ni surtout la même conception de la prière qui expliquent les habitudes de prière d’un Catholique (et plus largement d’un Chrétien) et d’un Musulman. Donc à mon sens, on ne peut pas vraiment comparer : on ne mélange pas les torchons et les serviettes, wesh mec.

    Et puis, je dois avouer que je me reconnais plutôt dans la réaction d’Emma. Personnellement j’essaie de prier, mais je n’y arrive pas. J’ai vraiment du mal à croire à un Etre surnaturel, omniprésent et éternel, et surtout dont l’Amour, la Grâce et le Pardon seraient infinis (« genre ! on ne me l’a fait pas à moi celle-là … et pis quoi encore ?! »). Alors pour ce qui est de me mettre en sa présence, physiquement (ce qui est sensé être toujours le cas) et surtout mentalement (ce qui est beaucoup moins évident), c’est beaucoup m’en demander.

    Pourtant, comme je le dis, j’essaie. Je fais comme si Dieu existait, et je prends du temps pour lui, seule et au calme, souvent quand je passe devant une église par hasard; je lui raconte ma vie, je lui explique mes problèmes, je lui demande pardon quand il le faut, je lui dis merci quand j’estime que c’est justifié, et puis je m’énerve quand je ne suis pas contente de la vie et du monde qu’il me présente. En fait la colère, la reconnaissance, et la tentative de réconciliation font quasiment toujours partie des sentiments qui m’habitent quand je tente de me mettre en présence de Dieu.

    Mais je comprends très bien les Catholiques qui ne prient pas. A mon avis c’est plus une question de Foi et de doute, ou alors d’inconscience de la présence de Dieu, que de « mauvaise habitude à réparer ». Pour changer les choses il faudrait aller directement au nœud du problème, et revoir avec eux les fondements de la Foi. En tous cas, je sais que c’est ça qui m’aiderait, moi.

    Après, ce n’est qu’un avis …

    Et désolée pour la longueur, je me suis laissée emporter.

  26. Ah ben on y arrive! c’est quoi la prière?

    Voici ce qu’en dit Sainte Thérèse: « Pour moi, la prière c’est un élan du coeur, c’est un simple regard jeté vers le ciel, un cri de reconnaissance et d’amour, au sein de l’épreuve comme au sein de la joie. »

    En ce qui me concerne, la première fois que j’ai prié (j’étais déjà hyper vieille!), je ne savais absolument pas que je priais, ni ce qu’était la prière, et en plus j’ai dit à Dieu (auquel je ne croyais déjà pratiquement plus, en passant) des choses très désagréables. genre « mon Dieu, j’aimerais autant que tu existes pas, ton Eglise, c’est nul; si tu existes, je préférerais autre chose, alors là, je vais te laisser tomber, parce que ça va bien, tout ça, mais bon… »

    en fait, c’était ma première prière, la première fois où je m’adressais à Dieu, et j’ai été exaucée de tout (il y avait des trucs que je demandais, au cas où), enfin, tout ce qui était bon pour moi, il y a aussi des trucs que j’ai demandé qu’il a été gentil de pas faire…
    mais 4 ans plus tard. en plein athéisme. Comme ça.

    Et depuis, il m’a appris à prier, mais c’est différent, maintenant, je prie pour les autres, aussi, et je vois le bien qu’il a fait dans ma vie et dans celle de mes proches, depuis notamment le jour précis où j’ai commencé le Rosaire, alors bon, maintenant, je prie comme une potiche, mais c’est une confiance en Jésus qui nous a dit de prier, en Marie qui n’arrête pas de nous le répéter d’apparitions en apparitions, confiance dans les Saints qui n’ont fait que ça de leur vie (plus le reste, bien sûr), et cette confiance, elle ne vient de rien de la terre, pas d’un ressenti, pas d’un intérêt (au début, si, mais plus maintenant), c’est juste à cause cette confiance en Dieu -presque idiote, mais dans le sens où je sais qu’il est bien plus intelligent que moi.

    Par contre, de plus en plus, c’est nourri par l’épreuve: je me rends compte que les gens sur qui je peux compter quand c’est difficile se comptent sur les doigts d’une seule main, que c’est pas les plus sympathiques, ni les plus beaux, ni encore moins les plus gentils, mais les plus fidèles. Parce qu’ils sont déterminés, et qu’ils ne lâcheront pas.

    Alors j’arrive à entrevoir un peu pourquoi Jésus veut de nous cette fidélité dans de petites choses comme un temps de prière à notre mesure, la messe hebdomadaire, un engagement concret…

    sinon, la comparaison de notre prière et celle d’un non chrétien, c’est que nous, on prie « au Nom de Jésus » et que Jésus est Dieu,
    (Jean 14, 13a « Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai »)
    [NLDR : il est fou, ce type!]
    C’est un peu comme si on avait une procuration sur la Carte Bancaire de Dieu, quoi. Mais bon, comment le dire à un non chrétien? Le simple fait qu’il soit non chrétien veut dire qu’il n’est déjà pas d’accord avec ça, et combien on le comprend, c’est incroyable, quand même, ce truc!
    Mais ça doit pas nous rendre orgueilleux, même si on l’est toujours au départ, ça rend même humble, parce que quand même, c’est une drôle de responsabilité: responsabilité de ce qu’on demande (bon, ok, on risque pas grand chose, il met des garde-fous), mais surtout, responsabilité ECRASANTE de ce qu’on demande pas…

    @Diane : très d’accord …sur la conclusion notamment.

  27. Diane< J’ai vraiment du mal à croire à un Etre surnaturel, omniprésent et éternel, et surtout dont l’Amour, la Grâce et le Pardon seraient infinis (« genre ! on ne me l’a fait pas à moi celle-là … et pis quoi encore ?! »).
    Emma< juste au cas où ce fameux manuscrit dirait vrai et que le paradis était sur le point de me passer sous le nez

    J'ai du mal à comprendre les gens qui disent être catholiques quand on leur demande, mais qui ne croient pas aux dogmes de base. Je ne vise Diane et Emma en particulier, je rebondis sur ces propos. Ça rejoint un billet que j'avais lu chez l'ami Koz il y a quelques années, entre les catholiques non pratiquants, pratiquants mais « non-agissants », et non-catholiques « agissants » (je ne retrouve pas le billet, mais ça devait tourner autour de Luc 18:9-14 et Matt. 5:13).

  28. Y’a peut-être aussi une vision fausse de la prière, parmi les chrétiens. Par prière, certains n’imaginent rien d’autre que « se mettre à genoux devant une croix et réciter des je vous salue pendant une demi heure ». Mais si on parlait plus de la prière jaculatoire, alors beaucoup se rendraient peut-être compte qu’ils prient, beaucoup plus qu’ils ne l’imaginaient.

    Y’a quelque chose à faire là-dessus, non ?

  29. Tiens ça me fait penser qu’en cours de géo, on a regardé une émission du « Dessous des cartes » sur les civilisations, religions… On apprend que les chrétiens sont les plus nombreux. Bon, très bien, au fond, ça ne m’étonne qu’à moitié. S’ensuit un chiffre au double-tranchant: 2 milliards d’habitants sont baptisés. Je ne sais pas si vous vous rendez compte! Quasi 1 personne sur 3!!!! Sauf que si ça fait terriblement plaisir à entendre quand vous etes une catho déclarée, ça laisse aussi un peu songeur: je ne sais pas comment on pourrait définir un chrétien. Techniquement ce serait toute personne baptisée. 2 milliards de baptisés mais y a-t-il vraiment 2 milliards de chrétiens? Sûrement pas 2 milliards qui prient régulièrement… et moi la première! Merci du billet Edmond et bonne fête au passage. ;-)

    @Emma: Vous m’impressionez, votre premier commentaire m’avait également paru assez catégorique mais alors je ne m’attendais absolument pas du tout du tout à vous voir déclarer:
    « ce que vous me dites là me donne matière à réfléchir…
    C’est ce que je vais faire d’ailleurs, avant de dire des bêtises.
    Merci de cet éclairage en tout cas, j’aime bien voir les choses sous un autre angle, ça fait avancer les choses »

    Je trouve ça vraiment chouette les gens qui acceptent le dialogue et s’excusent (surtout en public ou la fierté risque tjrs plus d’être atteinte), on voit ça assez rarement de nos jours et pas seulement sur un blog catho!!! En général chacun campe sur ses positions et ça mène pas loin. Merci pour le modèle, j’ai encore du chemin à parcourir moi qui aime tjrs avoir raison ;-)

  30. Ben dites donc, ça fait parler ce billet. J’ajoute une petite contribution… En rappelant que ne pas savoir prier, c’est NORMAL.
    1°) Saint Paul le dit lui-même : « nous ne savons pas prier » (Rm 8, 26), mais il ajoute que « l’Esprit vient en aide à notre faiblesse ». Il y a donc de l’espoir…
    2°) Les apôtres eux-mêmes ont demandé à Jésus : ‘apprends-nous à prier » (Lc 11, 1), et Jésus le leur enseigne, ce qui nous indique d’une part que lorsqu’on ne sait pas prier, il suffit de demander et, d’autre par, que le Christ peut nous l’apprendre.

    Par ailleurs, en plus du livre du Cardinal Vingt-Trois cité par Clémence, je recommande vigoureusement l’ouvrage de Mgr Eric Aumonier, évêque de Versailles, « Apprends-nous à prier » (http://bit.ly/dCGvPW), un très beau dialogue entre un évêque et des jeunes sur la prière.

  31. @mad: Ce que vous dites me touche beaucoup ! Mais un pot de géranium ne peut pas faire grand chose pour montrer à Dieu qu’il l’aime, alors que vous si =)

    Pour moi, avant, être chrétienne, c’était se dire l’être. Et le fait de me définir comme catho était déjà un énorme cadeau que je faisais à Dieu: ça suffisait amplement d’avoir la foi, tout le reste était facultatif, parce qu’en plus. « Alors, la prière, faut pas pousser, c’est du bonus pour les saints! Et puis c’est bon, j’ai pas besoin, je suis chrétienne… Je prie à la messe! De toute manière si la prière marchait, ça se saurait et tout le monde prierait! »
    Sauf qu’être chrétien c’est avoir une relation avec Dieu, et donc se rapprocher de Lui… d’où le besoin de prière! C’est dingue d’en arriver à se persuader que la prière est essentielle, on devrait même pas se poser la question! On est quand même rien que des pauv’rejetons qui pensons pas assez à not’pauv’Père…

  32. @ Chik : MERCI !

    C’est quand même chouette un post qui permet une vraie discussions sur la prière ! non?

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