Satiété de consolation ?

Humeur(s)

Quelles sont les circonstances qui conduisent à se retrouver devant un film ? Un titre un peu pourri, une affiche pas belle, des acteurs de seconde zone sur le retour qui ne donnent pas plus envie que ça, un pitch vaguement intéressant mais sans plus, et surtout aucune raison particulière (bonne critique, recommandation d’un ami) pour justifier qu’on soit assis là ce soir. Et pourtant… j’y étais.

Si je m’interroge sur les raisons qui m’ont poussé à consommer The Joneses – ou en bon français La famille Jones – c’est précisément que la consommation est le sujet du film. Bon, le truc, c’est que je n’ai pas bien la réponse à la question : « Qu’allais-je faire dans cette galère ? » La chose s’est globalement jouée à un : « Bon, ben on n’a qu’à aller voir ça, on verra bien… » On a donc vu ça, et on a été plutôt agréablement surpris. Et en même temps n’exagérons rien non plus : agréablement surpris… pour une série B. Déçu en bien, disons. Le sujet du film est en or massif, la réalisation pas souvent à la hauteur de l’idée de départ. Et surtout : l’histoire n’arrive pas à coller assez à son thème et se perd un peu dans des détours hollywoodiens déjà trop vus pour rester convaincants. Mais quand même : chaque fois que le réalisateur resserre le cadre pour se focaliser sur son intrigue de départ, il redevient intéressant.

De quoi ça parle, donc ? En gros, d’une famille (un père, une mère, un ado, une ado) qui s’installe dans un quartier résidentiel plutôt huppé. Ces Jones-là ont tout pour plaire : ils envoient des kilos de signes extérieur de perfection. Famille unie dont tous les membres sont beaux et charismatiques, visiblement bien plus qu’à l’abri du besoin, avec du goût, du style et un sens certain de l’idéal contemporain qui pue quand même sacrément le magazine de mode. Trop beaux pour être vrais ? dans le mille, Émile ! Les Jones sont en réalité autant une famille que je suis moi-même le fils d’Indiana (Jones). Même si de l’extérieur ça a l’air cool. Ce sont des mannequins, au sens propre : ils sont payés pour être parfaits et « envoyer du rêve » à leurs voisins. Le but de l’opération, c’est de vendre tout un tas de conneries toutes plus inutiles que brillantes. Une sorte de version hardcore de la pub, en somme.

Et alors, pourquoi je me prends soudain de parler de ce film ? Tout simplement parce que j’ai quand même apprécié la façon dont il pointe l’un des ressorts les plus intéressants (quoique pervers) du marketing moderne.

Très clairement, ce ne sont pas des objets que les Jones vendent à leurs voisins, mais un mode de vie. C’est d’ailleurs ce que dit l’affiche américaine : « Ils ne se contentent pas de vivre le rêve américain, ils le vendent aussi. » Le mécanisme est clair : si je possède comme eux, je serai heureux comme eux. « Toi aussi, fabrique ta vie parfaite avec des crèmes pour la peau et des clubs de golf dernier cri ! » Excessif ? certainement. Et on reprochera aussi au film de rester malgré tout une critique bien sage (en l’espèce, le 99 Francs de Frédéric Beigbeder, quoi qu’on en pense au fond, était bien plus brutal), trop aseptisée pour être vraiment efficace. N’empêche, le constat est là et le mécanisme mental bien montré : dans l’esprit des « clients » potentiels, l’important n’est pas d’acheter de l’avoir mais de l’être.

Tout cela se cristallise dans le film autour d’un personnage de voisin, qui se noie littéralement dans cette illusion-là et court désespérément à sa perte. Crucifié – là encore quasi-littéralement – par l’écart entre le désir que les Jones exacerbent chez lui et sa vraie vie, si imparfaite soit-elle. Et si cette figure fonctionne un peu de façon cathartique, il pousse surtout à l’extrême une logique dans laquelle tous les habitants du quartier sombrent allègrement. Tous ces gens n’ont plus rien pour se reposer, aucune présence à laquelle se raccrocher : même la famille devient un lieu où la possession prend le pas sur les relations humaines. On se console comme on peut, mais cette « consumation » est sans satiété possible.

On passera sur le pseudo happy end, la démonstration est faite. Là où il n’y a rien pour sortir l’homme de lui-même et l’inviter à se dépasser, il s’enferme tranquillement dans une prison à l’image des rêves qu’on lui a vendus. L’illusion du « Moi en mieux » est l’ennemie de l’homme de bien.

C’est comme ça que je reviens à la dimension catholique de ce blogue. Pour ce genre de rappels, ça valait la peine. Et la prochaine fois, j’irai quand même voir un meilleur film.

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23 réflexions sur “Satiété de consolation ?

  1. Si je puis me permettre d’intervenir, une chroniqueuse de l’émission d’Isabelle Giordano sur France Inter la semaine dernière critiquait ce film en le conseillant MAIS en insistant sur le fait qu’hélas les producteurs et le réalisateur n’étaient pas allés au bout de leur démarche, car toutes les marques citées ou apparaissant dans le film le faisaient, bien évidemment, gracieusement…

  2. Ouais, la prochaine fois un film mieux, parce que quand même il casse pas des briques, parce que un enfant de 8 ans est capable, s’il est pas trop demeuré de voir combien c’est factice, et puis, et la part du rêve la dedans, non ca reste dans le surfait, et la fin, hein, oula, ben vous pouviez pas réagir avant non trop attardés mentaux tiens…

  3. C’est contraint et force que j’ai regardé ce film dans un avion Hong-Kong Londres. J’ai été particulièrement frustré en le voyant. La critique de la société de consommation, ou être et paraitre se confondent, n’est pas assez poussée à mon gout. L’idée était la mais n’a malheureusement pas été exploitée.
    Je suis entierement d’accord pour dire que le consumerisme est une ethique bien pauvre a l’image d’une bonheur factise qu’il erige en ideal. Cependant, je ne suis pas certain que croire que le bonheur n’est pas de ce monde constitue un mode de vie plus satisfaisant.

    Lui de Duo d’Idées
    http://duodidees.wordpress.com/

  4. C’est en Première sur un vol Londres Hong-Kong de Singapour Airlines que j’ai regardé ce film sur un écran Samsung haute définition en sirotant mon Piper-Heidsieck.

    J’espérais y voir critiqués les fashion victims et la société de consommation, et en effet les Dior-addicts, les Chanel-maniacs et autres obsédés de la XBox 360 avec Kinect sont bien ridiculisés, mais ça reste un peu court.

    Ceci dit, un film catastrophe sur une prise d’otage en avion ne m’aurait pas plu non plus.

  5. Je vois que vous avez bien étudié ma personnalité. Un peu plus et je vous Je vois que vous avez bien étudié ma personnalité. Un peu plus et je vous soupçonnerais de m’épier en ce moment même. Cette mise à nue de ma personne est réellement troublante. Vous me révélez à moi-même. Je vais renoncer à toute possession matérielle et allée vivre en anachorète dans une grotte afin d’avoir le temps de méditer à cette profonde remise en cause.

    Plus sérieusement, je critique très sincèrement le consumérisme. Je ne pense pas que le bonheur puisse se résumer au fait de posséder des objets et je cherche à donner un autre sens a ma vie que la constante accumulation de biens. Je souhaitais simplement dialoguer sur ce blog à ce sujet.

    Lui

  6. Ne l’ébruitez surtout pas ici, mais je suis Dieu ; je vous connais donc comme si je vous avais fait, ou comme si j’avais parcouru votre blog.

    Disons que votre critique très sincère du consumérisme ne saute pas directement aux yeux à la lecture de votre site, mais il n’est jamais trop tard pour se repentir. Je ne doute pas qu’un billet sur votre site « sans aucun interdit » qui traiterait des limites spirituelles à la constante accumulation de biens ne manquerait pas d’étonner, provoquant ainsi la hype, le buzz, et le too much du must : vous auriez tort de vous en priver !

    Enfin, si vous pensiez que « Cependant, je ne suis pas certain que croire que le bonheur n’est pas de ce monde constitue un mode de vie plus satisfaisant » serait une pique solide contre le christianisme, voire une entame pertinente pour le dialogue que vous appelez de vos voeux, je crains qu’il ne vous faille réajuster votre tir.

  7. @ Yogi
    Rho, dis-donc Yogi… Une pique comme celle-là, je n’aurais pas lu le nom du commentateur, j’aurais pu croire qu’elle venait de toi ! ;)

    Sinon, en ce qui concerne ta divinité, ça fait un ptit moment que je commençais à m’en douter…

  8. Si vous aviez pris la peine de vous renseigner réellement sur mon blog, vous auriez sans doute remarqué que nous l’écrivions à deux. Le concept de notre blog implique que ma copine puisse me contraindre de traiter des sujets dont je ne souhaiterais pas parler en temps ordinaire.
    La femme de ma vie, qui a sans doute trop écouté Madonna chanter Material girl, a été l’instigatrice des posts auxquels vous faite référence. J’ai pour ma part choisit de parler de wikileaks, de l’identité ou pour le prochain billet à paraitre de l’art d’avoir toujours raison. Il ne me semble pas que ces thèmes trahissent une forte préoccupation pour les possessions matérielles. Je pense par ailleurs qu’il serait intéressant d’imposer à ma compagne très prochainement de parler des limites et dangers du consumérisme en tant qu’éthique (ca la fait râler d’avance)
    En revanche, je persiste à penser que le bonheur est de ce monde, ou plus modestement que l’on doit s’employer à chercher le bonheur dans ce monde faute d’être certain qu’un autre monde existe.

    Au plaisir de vous lire

    Lui

  9. J’ai porté à votre blog toute l’attention qu’il mérite, c’est pourquoi j’ai bien veillé à prendre un exemple issu également de vos billets personnels, d’où mon allusion à la « XBox 360 avec Kinect » que vous réclamez à cor et à cris à votre compagne. Il me paraît donc un peu rapide et peu élégant de débiner celle-ci sur ce point.

    En tous cas, je vous prierais d’éviter de critiquer les religions en général et le catholicisme en particulier, et vous en remercie par avance.

  10. Vous avez raison au sujet de cet article de notre blog, je me roule par terre des que je passe devant le rayon jeu vidéo.
    Sincèrement, je ne m’achèterai pas ce type de console car cela ne fait tout simplement pas partie de mes priorités. Quand bien même, cela ne ferait pas de moi un zélote du consumérisme et si tant est que je sois un ardent défenseur du consumérisme qui s’ignore, ne serait il pas plus intéressant d’en discuter avec moi dans le but de me montrer mon erreur. Vous avez une étrange manière de vous adressez aux brebis égarées…
    En ce qui concerne la religion, je suis particulièrement tolérant et respecte les croyances d’autrui. Je ne me permettrais pas de juger une religion quelle qu’elle soit dans la mesure ou croire ou ne pas croire relève de la foi et qu’en toute honnête je reconnais que je n’ai pas d’argument rationnel à opposé à la foi. Je ne vois pas comment vous pouvez interpréter mes propos comme une critique de la religion, dans la mesure ou je me gardais bien d’émettre un quelconque jugement de valeur. Je me contentais de faire part de ma position qui est de douter.

    LUI

  11. Moi, je me pose une seule question : Yogi, en démontant ici, à tort ou à raison, un nouvel arrivant au nom de quelque chose (la religion en général, et le christianisme en particulier) que vous passez votre temps à dénigrer par ailleurs, quelle est votre intention ? Simplement vous mettre dans la peau d’un évangélisateur tel que vous les imaginez (à tort, d’ailleurs, et ceux qui discutent ici ou ailleurs avec vous depuis un certain temps le montrent bien), pour voir ce que ça fait ? Ou participer à l’établissement de ce genre de réputation en vous faisant passer pour ce que vous n’êtes pas ?
    Autrement dit, qui comptez-vous tromper ? Vous-même, ou aussi les autres ?

    Ou bien est-ce moi qui vous prête des intentions que vous n’avez pas, ce que j’espère, et ce pour quoi je vous demande alors pardon ? Mais alors expliquez-nous !

  12. @ LUI : Je suis conscient du fait qu’il est particulièrement inconvenant d’avoir à parler de vous, sans m’adresser à vous, dans les paragraphes qui suivent, et j’en suis sincèrement désolé. Par ailleurs, peut-être l’impression que j’ai retirée de la visite -rapide- de votre blog est-elle trompeuse.

    @ Vianney : Ce n’est pas du tout au nom de la religion que j’ai « démonté » notre nouvel arrivant, mais au nom (de l’idée que je me fais de) la cohérence et de l’intégrité personnelle. La phrase d’attaque « contraint et forcé dans un avion Hong-Kong Londres » m’avait déjà parue en opposition frontale avec la volonté affichée de simplicité et de détachement, et la visite du blog m’a renforcé dans cette impression de totale dissonance. C’est cela que j’ai voulu mettre en avant dans mes deux premiers messages.

    Ayant fait passer mon point, j’ai voulu ensuite saisir la perche tendue par LUI sur « un autre monde » pour aller sur le terrain de la religion. C’est volontairement que je n’ai pas reproduit un vrai discours évangélisateur car d’une part je m’en sens difficilement capable (cohérence personnelle ;-) ), et d’autre part cela m’aurait vraiment paru de mauvais goût venant de moi sur ce blog-ci.

    Mais à mon grand regret ;-) , et même si je ne suis pas d’accord avec son point de vue, la réponse de LUI m’a parue sur ce coup mesurée et cohérente.

  13. Je comprends parfaitement votre point de vue sur l’apparent manque de cohérence entre mon discours et ce que vous pouvez percevoir de moi à travers mon blog et le fait que je mentionne un vol d’avion.
    Je n’ai fait référence a mon récent trajet d’avion que dans le but de montrer que j’avais été « contraint » de voir ce film que je n’aurais pas daigné regarder dans des circonstances plus banales. Pour l’anecdote, je revenais d’un voyage en Chine avec mon sac a dos, et non d’un voyage d’affaire ou de je ne sais quel luxueux déplacement.
    Au sujet de mon apparent manque de cohérence, je me permettrais de vous faire remarquer que ma personnalité ne se résume pas un blog de 10 articles que je fais essentiellement pour m’amuser en adoptant un ton volontiers badin et ironique pour mes billets d’humeur.
    J’admire votre exigence de cohérence absolue entre la théorie que soutient un homme et la vie qu’il mène. J’espère que vous vous appliquez cette même exigence au quotidien. Si vous parvenez à ne jamais trahir vos discours par vos actes, sincèrement je vous admire car vous faites parti des rares Hommes qui sont capable d’une telle maitrise de soi.
    Je suis entièrement d’accord sur le fait que l’on n’a absolument aucune légitimité à proférer des leçons quand on ne se les applique pas a soit même au préalable. Malheureusement, ce test de la cohérence me semble excessivement sévère et n’épargne que très peu de monde. Il me semble quelque peu extrême d’exiger d’une personne qu’elle renonce à tout bien matériel non-nécessaire avant d’avoir le droit d’énoncer une critique de la société de consommation. A ce titre, vous auriez du critiquer avec virulence les producteurs, acteurs, réalisateurs de ce film qui sous couvert de critiquer « gentiment » la société de consommation nous ont commis un blockbuster de facture très moyenne et ont gagné beaucoup d’argent.
    Si tant est que vous ayez raison et que je sois un addict de la consommation, le simple fait que je puisse développer un regard critique sur le consumérisme ne vous parait il pas être un premier pas vers la « rédemption ». La prise de conscience précède en général l’action et c’est précisément de cette incohérence que naitrait un mal-être qui me pousserait à changer mon mode de vie.

    LUI
    http://duodidees.wordpress.com/

  14. tu parles des CD de Glorious et Théos, du magazine « il est vivant », des radios catho…
    En fait tu es un peu un jones catho non ?
    T’es bien catho ? tu n’es pas un mec qui travaille dans la pub avec des boites catho comme client ?

  15. Bon, quelqu’un la pousse à fond, cette critique de la société de consommation ?
    Attention ! Ca peut aller très loin, remettre en cause une foultitude de choses, voire changer radicalement une vie ! Reste-t-il des aventuriers des temps post-modernes, ici ?

    Sans être allé voir son blog, juste en suivant la discussion ici-même, la réflexion de ce LUI de « Elle & Lui » me paraît bien juste.
    Je l’encourage à persévérer dans sa recherche de cohérence.
    J’ai particulièrement aimé cette phrase lumineuse : « La prise de conscience précède en général l’action et c’est précisément de cette incohérence que naitrait un mal-être qui me pousserait à changer mon mode de vie. »
    Face à ce mal-être, au lieu de tendre vers la cohérence, on a parfois tendance à préférer l’aveuglement et donc à refouler sauvagement la prise de conscience. Ce mécanisme de défense psychologique est extrêmement répandu ! mais ne rend pas heureux : une conscience distordue à ce point, c’est inhumain.

  16. Commentaire précédent envoyé non-fini…

    Je continue, et commence par m’autociter : « Ce mécanisme de défense psychologique est extrêmement répandu ! mais ne rend pas heureux : une conscience distordue à ce point, c’est inhumain. »

    Cette situation insupportable de porte-à-faux, je l’ai vécue (difficilement) pendant très longtemps. J’en suis sorti, dans la mesure de ma prise de conscience, bien sûr, et ce n’est jamais fini ; ça a très sévèrement déménagé, ça a changé ma vie de tout au tout, en j’en suis parfaitement heureux.

    Et la redécouverte de la foi catholique en a été le moteur. Le Christ, l’Eglise, les papes, plus subversifs que tous les prétendus libres-penseurs.

    Pour revenir au film, je suis frappé à quel point notre société a la capacité de recycler son auto-critique, de la phagocyter, pour entretenir ses rouages. Quand on consomme de la critique de la consommation, c’est vraiment d’une perversité redoutable. Il faut vraiment un électro-choc d’une puissance phénoménale pour sortir de cette pensée circulaire, de ce cercle vicieux verrouillé de partout. Cette horreur qu’est le marketing n’a vraiment peur de rien : ces procédés sont proprement sataniques.

  17. @LUI : Je n’ai pas demandé que vous renonciez à tout bien matériel non-nécessaire avant de critiquer la société de consommation, j’ai juste demandé un peu de sincérité, ce qui semble en effet ressortir de votre dernier commentaire.

    De même, je ne reprocherais pas aux réalisateurs du film d’utiliser les moyens à leur disposition, et donc ceux mis en place par la société de consommation, pour la dénoncer. Même si je me fais peu d’illusions sur l’issue de ce combat-ci, les arts martiaux ne recommandent-ils pas toujours d’utiliser la force de l’adversaire contre lui ?

    @PMalo : Il semble que bon nombre de chrétiens s’accommodent très bien de la société de consommation, et que les critiques les plus virulentes à son encontre ne viennent pas des partis politiques les plus proches de la religion. Je crains donc que, bien que pour vous ce soit la foi en Christ qui ait été un déclencheur, ceci ne puisse guère être généralisé.

  18. @ PMalo : belle lucidité: « Quand on consomme de la critique de la consommation, c’est vraiment d’une perversité redoutable.  » !

    @Yogi : « les critiques les plus virulentes à son encontre (la consommation) ne viennent pas des partis politiques les plus proches de la religion. » :
    Vous avez lu les dernières lettres ou encycliques du Pape sur la société de consommation?

    si être virulent c’est juste râler et aller manifester en faisant la bringue le reste du temps et en voyageant sans s’encombrer d’enfants et de familles, pour son seul plaisir, en consommant des études et de la musique, voire des aides sociales, c’est plutôt juste un leurre de critique de la consommation.

    Il n’est pas dit que de gagner sa vie en travaillant à un poste de responsabilité dans une usine de production pour élever une famille nombreuse, de sacrifier l’un des emplois du couple pour le bien être des enfants, de confectionner des repas avec des vrais fruits et légumes durant la matinée au lieu de laisser les gamins de 3 ans en collectivité 10h de suite, ne soit pas une -tranquille certes mais bien plus efficace- critique virulente de la société de consommation.

    En tout cas, les gens que je vois le plus consommer de loisirs et de sorties ciné-resto ne sont pas des parents de 5 enfants, mais bien des étudiants …qui vivent un peu sur leur dos.

    Cela dit, à mon avis, c’est surtout une tendance de la jeunesse, de consommer, ça prouve une soif de vivre et une incapacité à trouver encore le bonheur dans les relations, ou du moins, d’envisager des relations assez profondes pour ne pas nécessiter des « à-côtés » matériels. et ce n’est que triste quand des gens plus âgés n’arrivent pas à passer à autre chose. Mais la seule différence entre la droite et la gauche, c’est qu’ils ne consomment pas les mêmes choses: consommer du sexe, par exemple, est-ce vraiment mieux que consommer de la nourriture? ce sont des plaisirs de pauvres, si on veut, mais en faire l’emblème de la liberté n’est pas plus malin que de vénérer l’argent.
    Inutile de ramener la consommation à l’appartenance politique ou religieuse, c’est juste le niveau social et financier qui influe, forcément!

    c’est avant tout dans la conscience de chacun que ça se passe, et clouer le bec des gens en leur rappelant les « exactions » de l’une des catégories où on les a préalablement enfermés et en oubliant soigneusement celles des autres, c’est fatiguant. (bon, sur ce, je crois que je vais aussi jeûner de blogs…)

  19. Et si on n’arrive pas à lire les trois dernières encycliques de Benoît XVI, on peut toujours lire « Lumière du monde », qui donne quelques points intéressants et plus accessibles, avec un point de vue plus décontracté et personnel de la part de leur auteur.
    C’est à son image : révolutionnaire sous une apparence tranquille. Si. Je crois que je suis beaucoup plus rebelle et beaucoup moins révolutionnaire que lui… l’âge aidant, peut-être avancerai-je sur cette voie de sagesse.

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