Au pied de la croix, avec Jean

Mais dites...

Vendredi, à la veille de la Semaine Sainte. C’est davantage ce moment qu’autre chose qui me pousse à publier ces quelques idées que je rumine depuis plusieurs jours.

Comme beaucoup de catholiques, je suis choqué, profondément, par cette image d’Andres Serrano que certains ont choisi de nous exhiber à la Collection Lambert en Avignon. S’il faut le dire, alors je le dis : ce « Piss Christ » est répugnant. Esthétiquement beau, certainement, mais ce qu’il représente est à vomir. Combien de fois les croyants devront-ils reposer cette même question, inlassablement : pourquoi les artistes reviennent-ils constamment nous insulter au plus profond de nos convictions ? J’entends les arguments « liberté d’expression », « provocation constitutive de l’art », etc. mais j’ai quand même du mal à saisir ce plaisir sans cesse renouvelé de nous coller de grandes gifles aussi gratuitement. En sachant pertinemment, en plus, qu’on ne fera que tendre l’autre joue, et qu’en fait de réactions violentes dénoncées par les médias il n’y aura que quelques gesticulations pétitionnaires et manifestations qui n’en viennent pas aux mains… Tu parles d’une institution contre laquelle tu te rebelles, ami artiste ! Dis, tu n’as jamais eu envie de te révolter contre de vrais adversaires, un jour, juste pour voir ?

Bref. En fait, je crois que j’en veux encore plus à la Collection Lambert et à la municipalité d’Avignon. Qu’ils exposent la photo, s’ils l’aiment… mais là encore, quel besoin si urgent pour la liberté dans notre pays d’en faire l’affiche de l’exposition et de venir pavaner sous le nez des catholiques ? A part le plaisir d’imaginer des réactions (inévitables) qui feront une jolie publicité à l’expo, je ne vois pas. Insulter publiquement une catégorie de personne pour se faire remarquer, c’est une réaction d’ados en manque d’attention.

Est-ce si difficile de comprendre que, pour beaucoup de croyants, toucher au Christ est une insulte de ce qu’il y a de plus profond et de plus précieux en nous ? Revendiquez un droit au blasphème si ça vous amuse, mais de grâce : lâchez-nous la grappe, juste une fois ! (Je ne vous dis même pas d’aller l’exercer avec d’autres religions, parce que je n’ai personnellement aucune envie que vous alliez cracher à la gueule des musulmans plutôt qu’à la nôtre – soit dit en passant.)

Et de grâce : épargnez-nous aussi vos cris de vierges effarouchées faussement surprises qu’on puisse trouver à redire à cette expo, faussement choquées qu’on attente (oh ?) si lourdement (ah ?) à la laïcité (gné ?)… Quelle laïcité, d’ailleurs ? Celle qui vous fait exiger le retrait du crucifix de salles d’examens, mais l’exhiber plongé dans la pisse quelques mois plus tard ? Soyons sérieux… ou tout au moins cohérents.

Mais soit. Puisque la photo est là, qu’elle fait le tour des médias et qu’on peut difficilement se faire la moindre illusion sur son retrait : soit. Essayons d’en prendre notre parti. Essayons peut-être de prendre un peu de hauteur par rapport à la bassesse qu’on nous impose. [Edit : Je découvre d’ailleurs au moment de me relire un article de Jean-Pierre Denis qui suggère le même genre d’intuition. La seule chose qui m’empêche d’y souscrire pleinement, c’est qu’il me semble que ce cher Jean-Pierre – tu permets que je t’appelle « cher », Jean-Pierre ? c’est que je le pense – se tortille un peu trop pour ménager la chèvre et le chou, et que son intuition est encore trop embryonnaire. Quoique, sa conclusion est quand même belle.]

Nous y voilà donc. Au seuil de la Semaine Sainte. Au pied de la croix, avec Jean. Le Christ s’est laissé faire, il ne s’est pas défendu, il a accepté qu’on l’emmène pour le plus injuste procès de l’histoire, dont l’issue ne fait aucun doute. Son cœur s’est-il agité devant ses juges ? Personne ne le sait. Jean a dû pourtant entendre longtemps résonner cette pulsation à ses oreilles, comme en écho du moment où il a penché sa tête sur la poitrine de Jésus. Toum-ta, toum-ta, toum-ta, toum-ta… Un rythme tranquille, paisible, certainement. Le rythme éternel du cœur du Christ.

Et puis des cris, des cris déchirants, tandis que les Romains meurtrissaient la moindre parcelle de chair de son pauvre corps d’homme. Quand ils l’ont sorti, la croix sur les épaules, il était méconnaissable. Le terme « défiguré » prenait alors tout son sens : ce visage n’en était plus un, ils l’avaient réduit à une cascade de sang et de larmes mêlés en d’horribles ravines. Les mouches, à l’odeur de la mort imminente, le harcelaient de bourdonnements et réveillaient inlassablement ses nerfs mis à vif.

Cet homme s’était appelé Jésus, jadis. Il était déjà par anticipation devenu le Crucifié.

Et en curieuse involontaire reconnaissance de sa double nature, les spectateurs sur son passage s’écriaient : « Mon Dieu ! » … Il n’y a plus que l’ironie humaine, parfois, pour révéler les vérités divine.

Alors ils l’ont cloué sur le bois, ils l’ont dressé pour que les hommes soient contraints de lever les yeux vers lui, l’Humilié. Ironie humaine, encore.

Nous y voilà donc, au pied de la croix. Avec Jean, je contemple l’outrage, l’ultime outrage. Ils ne lui ont rien laissé : ni son visage, ni son souffle, ni ses vêtements, ni sa royauté, ni même la dignité de son nom. La croix, ce symbole de l’humiliation, du déshonneur, de la défaite même, j’en ai fait mon emblème. Mon seul orgueil. Chaque jour je le contemple, au point d’en oublier parfois à quel point elle est infamante, cruelle, dégradante, blessante.

Finalement, quelle humiliation pourront-ils y ajouter, ces hommes qui ont déjà mis Dieu à mort ? Qu’ils crachent sur la croix : ils l’ont déjà fait. Qu’ils la brisent ou la renversent : ils ont déjà fait trébucher Jésus sur le chemin, ils lui ont déjà percé le côté. Qu’ils la dégradent d’inscriptions insultantes : ils ont déjà écrit « INRI ». Qu’ils vocifèrent contre elle, qu’ils la chassent des lieux publics : ils ont déjà diffamé le Christ, ils ont déjà crié après lui, ils l’ont déjà entraîné à l’écart pour le mettre à mort. Qu’ils s’en moquent, qu’ils projettent des ordures dessus : ils l’ont déjà méprisé, ils lui ont déjà servi à boire du vinaigre.

Et qu’ils trempent une croix dans de la pisse, et après ? On a déjà fait tellement pire… tellement de fois.

Alors quoi ? Prier au pied de cette croix. Oui : au pied de cette croix-là, celle qui est plongée dans l’urine. Non pas contre elle, si c’est à ce point vain de lutter, mais avec elle ; cette « icône » moderne qui n’est qu’un pâle reflet des outrages qu’on a déjà fait subir au Christ. Cette offense du pauvre, sans imagination, sans panache ; vulgaire. Tu entends, Andres ? Je suis debout et je contemple ta misérable croix – mon orgueil, notre victoire – parce que ma place est là. Je ne la défendrai jamais, je ne l’approuverai jamais, mais je peux la reconnaître comme faible réplique du scandale qui constitue le formidable Prologue de ma foi. En attendant le matin de Pâques, je contemple le Christ humilié, une nouvelle fois, sur le bois de la croix. Parce que Jean, en un sens, c’est moi.

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91 réflexions sur “Au pied de la croix, avec Jean

  1. Ben non, Anne-Claire, justement, pas « coup de gueule ». D’une extraordinaire douceur, celle qui rend vulnérable parce qu’elle ne frappe pas.
    Chapeau l’artiste – je parle à Edmond, hein.

  2. Clap, clap, clap. Clap. Clap.

    Rien à ajouter, pas un mot à enlever. Chapeau bas.

  3. Moi je constate une chose étrange… Regardons bien la photo. Et elle seule. Que voyons-nous ? Voyons-nous de l’urine ? Non, la seule chose visible c’est la croix et le Christ crucifié. Entouré d’une aura lumineuse pas tellement désagréable. Je ne sais pas s’il y a eu volonté d’outrager la divinité du Christ, il est en tous cas certain que ceux qui veulent jouer au petit laïciste « j’outrage un symbole chrétien, je risque rien et ça fait ‘in’ ! » peuvent s’en donner à coeur joie, et qu’il est bien facile ensuite de dénoncer des réactions excessives chez les personnes qu’on a blessé, peut-être pas volontairement, mais en tous cas sans rien faire pour éviter ça. Quoi qu’il en soit, je constate que l’outrage ne passe que par tout ce qu’on peut dire sur la photographie, son titre, le contexte de mise en image etc. Nous, regardons les choses telles qu’elles apparaissent vraiment : la Passion du Christ en croix est la seule chose visible dans cette image, bien au-dessus de tout outrage vulgaire qu’on a peut-être voulu y mettre ou qu’on voudrait y voir. Même le pire blasphème ne pourrait réellement salir le Christ ! Même l’urine ne peut cacher le rayonnement d’amour du Christ Sauveur ! Chapeau, Jésus, t’as encore réussi à m’épater sur ce coup-là !

  4. Je précise, pour éviter toute erreur d’interprétation, que j’approuve totalement cette affirmation d’Edmond : « S’il faut le dire, alors je le dis : ce « Piss Christ » est répugnant. Esthétiquement beau, certainement, mais ce qu’il représente est à vomir.  »
    Et là, aussi : « Et de grâce : épargnez-nous aussi vos cris de vierges effarouchées faussement surprises qu’on puisse trouver à redire à cette expo, faussement choquées qu’on attente (oh ?) si lourdement (ah ?) à la laïcité (gné ?)… Quelle laïcité, d’ailleurs ? Celle qui vous fait exiger le retrait du crucifix de salles d’examens, mais l’exhiber plongé dans la pisse quelques mois plus tard ? Soyons sérieux… ou tout au moins cohérents. »

    Je constate juste que même une représentation ridicule, insultante, dégradante ou répugnante du Christ en croix ne peut pas cacher ce que Lui représente et ce dont Il est le signe !

  5. Allons même peut-être un peu plus loin.

    Nous sommes responsables, tous, de la mort du Christ. C’est nous qui l’avons crucifié, transpercé, laissé mourir (je dirais même crever) comme un malfaiteur il y a 2000 ans. Aujourd’hui, n’est-ce pas nous, aussi, qui lui faisons subir ces nouveaux outrages, chaque jour ? Cette photo ne nous aide-t-elle pas à en prendre un peu conscience ?

    Mais cette réflexion n’enlève rien à l’abjection de cette image, et à la profonde bêtise dont ont fait preuve l’artiste, les partenaires de l’exposition et les pouvoirs publics.

  6. @ Anne-Claire : Ce n’est pas un coup de gueule, comme le précise Vianney. Au départ, je n’avais même écrit que la seconde partie du texte… la plus importante à mes yeux. Et puis David TheRedOne m’a fait remarquer que je risquais d’être mal interprété (je pense qu’il avait raison), donc j’ai rajouté un (très) long préambule.

    @ C.S. Indhal : C’est exactement le sens de ce que j’ai voulu exprimer, en fait.

    @ Sylvain : Je ne suis pas sûr que les arguments qui y sont exprimés soient particulièrement constructifs… A part l’attaque ad hominem, c’est pour dire quoi ?

    @ Goéland : Oui, nous sommes tous responsables. Je n’ai pas insisté dessus (on ne peut pas tout rappeler à chaque fois), mais c’est une évidence à avoir à l’esprit.

  7. Rappelons-nous que Jésus passait son temps avec les pécheurs, les péagers et tous ceux qu’il venait sauver. Ceux qui affrontent votre religion avec ce genre de représentation sont les mêmes que ceux dont Jésus demandait à Dieu de les pardonner parce qu’ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient…

    Je n’aime pas cette forme d’art. Mais je pense à Jésus, à son sacrifice, et à celui que nous devons faire pour aimer les autres. « Moi je vous dis aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent ».

    Aimons ceux qui « commettent » ces oeuvres d’art au lieu de les conspuer. Comme le faisait notre – et j’espère votre – Seigneur.

  8. Cf Robert Bresson (et Bernanos) dans le journal d’un curé de campagne :

    « vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter de verges, et finalement le clouer sur une croix… Qu’importe ? C’est déjà fait »

  9. Eh ben ! Faut croire que j’ai des résurgences de Bernanos là où je ne les attends pas !
    Merci pour l’extrait : c’est troublant… (Même le « qu’importe » était présent dans la version de départ de mon billet… retiré parce que jugé « trop violent » par une relectrice…)

  10. Ouahou, merci,
    en ce moment où ma boîte mail est saturée de pétitions, et même à l’instant d’un appel à manifestation demain à Avignon.
    Je dis bravo, parce que c’est article est magnifique et pacificateur, il nous fait réfléchir, et nous met dans une belle disposition pour la semaine sainte .

  11. Tout en étant choqué (j’ai signé une pétition dans ce sens), j’imagine que Jésus en croix ne devait pas sentir bon (sueur, sang…). Je n’ai d’ailleurs jamais aimé ces croix argentées ou dorées, et donc aseptisées, de nos églises (ou suspendues au cou de nos évêques). A la rigueur, une croix en bois…

  12. Merci merci merci!!! Ca m’avait pas mal troublée cette histoire, reçu une pétition aussi mais que j’avais pas trop trop envie de signer, un petit côté sectaire et puis ça m’énervait de manifester pour ça, est-ce que vraiment ça l’atteignait le Jésus là-haut au fond? Je veux dire, il me semble que Dieu est un peu beaucoup plus blessé par d’autres choses qu’on tait. Enfin bref, je trouvais ça assez stérile et puis c’est probablement ce qu’il attendait l’autre Andres. Et en même temps, sale impression de passer pour une grosse traître à sa foi en refusant d’adhérer.
    Donc mille fois merci pour ton billet qui comme d’habitude s’élève au-dessus de la vile et sale bêtise humaine ^^ Nan, sérieux, superbe réflexion qui me plaît bien bien bien plus que les pétitions. Ca c’est constructif au moins, d’abord!

  13. « Esthétiquement beau »
    C’est contestable. Quoique l’urine de ce type me parait particulièrement jaunâtre.
    Il y aurait lieu de procéder à une analyse.

    Une anecdote : une personne (dont j’ai oublié le nom) sur son lit de mort.
    On lui présente un crucifix qu’il repousse : « Un Donnatello ou rien » dit-il dans un dernier soupir.
    Ça c’est de l’art.

  14. Etrange actualité permanente de la Croix depuis près de 2000 ans, non?. Le Christ est crucifié hier, aujourd’hui et encore pour longtemps visiblement, humilié et outragé hier comme aujourd’hui et demain, mis à mort aujourd’hui dans des conditions toujours aussi infamantes, pour nous et par nous. Par des soldats, des grands-prêtres, des passants, des artistes, des directeurs de musées, des journalistes, des photographes, des pisseurs. Par nous et par eux. Et nous sommes plongés dans cette urine avec Lui, greffés par notre fraternité avec le Roi. Le serviteur n’est pas plus grand que le maître. En ce temps de Carême ce débat m’actualise la réalité, la proximité, la présence de la Croix : c’est bien aujourd’hui qu’il est crucifié par cet artiste. Pardonnons lui, il ne sait pas ce qu’il fait.

  15. Je me disais aussi ce Carême était bien calme. Les deux années précédentes ont a eu droit à un pope-bashing de première. En 2002 on s’est tapé la Croix du Christ aimablement amalgamée avec la croix gammée par Costa-Gavras. Et puis sans parler de cette émission sur Arte « Corpus Christi » qui revient fréquemment. Bref, il fallait bien marquer le Carême par un petit outrage de ci de là.

  16. « Ne pleurez pas sur moi, pleurez plutôt sur vous. »
    Le scandale de la croix durera jusqu’à la fin du monde: qu’est-ce-qui est scandaleux, le supplice de l’urine ou le supplice de la croix? Mon péché ou sa pisse? O folie d’amour qui confond toute sagesse!
    Merci à cet artiste (sans doute mal intentionné) de me rappeler l’horreur de tout endurcissement, de me faire à nouveau pleurer devant un crucifix: qu’il nous retourne le coeur autant qu’il veut, si c’est pour en attendrir la chair!

  17. « Je contemple le christ humilié, une nouvelle fois, sur le bois de la croix ». Oui, Edmond, merci.

    Livre troisième, les Contemplations, Victor Hugo:
     » Ecrit au bas d’un crucifix
    Vous qui pleurez, venez à ce Dieu, car il pleure
    Vous qui souffrez, venez à lui, car il guérit
    Vous qui tremblez, venez à lui, car il sourit
    Vous qui passez, venez à lui, car il demeure. »

  18. Bravo et vraiment merci. Comment ne pas être scandalisé par de telles atteintes au Christ? Et pourtant vous nous rappelez avec justesse qu’Il a déjà tout subi. Évidemment ce genre d’exposition soit disant artistiques nous blessent dans notre foi et c’est notre coeur qui saigne avec le Sien… Mais merci vraiment de nous rappeler l’humilité et la douceur du Christ. Et puis qui sait, peut être que le photographe a voulu renouveler la « mierda d’artista » de je ne sais quel artiste italien… Avec une petite (ou plutôt une grosse) dose d’anti christianisme histoire de faire vendre et de faire parler de lui. Rien de véritablement intéressant en somme si ce n’est de nous rappeler le sacrifice pascal!

  19. c’est vrai qu’il nous aide singulièrement à méditer la Passion du Christ, en ce début de semaine Sainte!

    et en même temps,
    quand on voit combien l’insulte que nous fait une personne éloignée de nous ne nous atteint jamais autant
    que la minuscule piqûre d’épingle, le tout petit manque de confiance, d’une personne très proche,

    moi, ça me dit que je fais peut-être plus de mal au Christ, qui se donne à moi chaque jour,
    quand j’omets d’aller prier 5 minutes un jour, ou quand je dis du mal de quelqu’un inutilement,
    que cet artiste qui, finalement, ne le connait même pas!

    (ça fait réfléchir).

    Mais aussi que peut-être, du coup, on a la capacité de le consoler, mystérieusement, par le bien qu’on fera.

  20. Il y a aussi ce court extrait d’Henry de Montherlant, dans le Cardinal d’Espagne, Francisco Jiménez de Cisneros :

    «Parce que je suis chrétien. Quand on me frappe, je pense à mon Sauveur. Vous voyez mon visage : il est couvert de crachats, comme le sien. Mais il faut que les épines entrent dans le crâne, pour que la couronne tienne bien sur la tête. J’ai cette couronne-là, si je n’en ai pas d’autre ».

  21. merci Edmond, pour votre billet qui, comme l’a souligné certains lecteurs, est rempli d’une extraordinaire douceur….
    @ Do : je pense exactement comme vous. je suis certaine que mon manque de piété et ma foi parfois vacillante doit le faire aussi mal, si ce n’est plus, que certaines oeuvres qui, je l’espère, se retrouveront dans un grenier à prendre une tonne de poussière (ou détruites, l’espoir fait vivre!), et que leurs auteurs seront un jour « éclairés » par celui qu’ils ont offensés, blessés, comme notre ami Saint Paul sur le chemin de Damas…c’est tout le mal que je leur souhaite!

  22. Merci pour ce beau retournement de situation.
    Je suis fervent catholique et défenseur (à ma petite échelle) de l’Eglise et du Christ, mais je ne m’attache qu’à la portée symbolique de cette oeuvre. En effet pour moi ce Piss Christ est une manière de représenter ce que fait une certaine frange de la société (et parfois même les Chrétiens)tous les jours dessus, ils le roulent dans la …

    Cependant, comme Edmont, ça m’énerve profondément que ce soit devenu l’affiche de cette exposition, ce qui en change beaucoup le sens, ce qui attaque plus l’Eglise que ceux qui ne la respectent pas, enfin c’est ce que je perçois.

    En définitive, ok pour l' »oeuvre », NON à l’affiche et au financement par l’Etat.
    Salut à tous

  23. et puis on lit (ou dit, ou pense) malheureusement trop
     » je suis indignée qu’il n’y ait pas davantage de respect pour les Chrétiens »
    et pas assez
    « je suis affreusement triste pour Jésus »

    -souvent, sans doute, parce qu’on n’ose pas le dire, de peur d’être incompris,
    mais néanmoins, il est le coeur de ce triste débat –

  24. Mon commentaire s’étant effacé,et muni d un téléphone,ayant la flemme de le retaper,j en garde l essentiel: 1/c est le texte le plus intelligent que j ai eu à lire sur le sujet 2/je ne suis pas persuadé que l intention de l artiste n était pas justement de susciter la réflexion que tu poses a la fin du billet et 3/posons nous la question de nos propres outrages à la croix…

  25. Merci à tous pour vos commentaires. Je peux difficilement reprendre chacun, désolé…

    Deux remarques, simplement :
    – Évidemment, parler de cette photo dans un nouveau billet, c’est encore lui faire de la publicité. Mais il me semble que, de toute façon, les pétitions qui circulent ont déjà très largement contribué à mettre la lumière sur l’expo d’Avignon, donc je ne crois pas ajouter grand chose. A tout le moins, j’essaie de prendre mon parti de la polémique déjà bien installée, pour en tirer (si possible) autre chose au moment d’entrer dans la Semaine Sainte.
    – Attention toutefois à ne pas tomber dans un excès inverse qui consisterait à prendre trop sur soi-même dans de grands élans doloristes… Je ne suis pas certain que ce soit la façon la plus saine d’aborder la Semaine à venir. Certes, notre péché est porté sur la croix du Christ, mais n’exagérons pas non plus la chose et sachons le regarder avec la bonne mesure dans l’œil. Que je sois l’un des bourreaux de Jésus, c’est une évidence ; pour autant, ça ne veut pas dire non plus que je dois nécessairement être le seul ! (Et encore heureux !)

    @u Chafouin : Bon, zut, du coup je regrette de ne pas avoir eu ton commentaire un peu plus en longueur… surtout concernant le point 2, qui me paraît assez intéressant et qui renvoie à la remarque d’un ami hier, quand on parlait de la polémique : « Si Andres Serrano avait appelé la photo ‘Christ aux outrages’, je me demande si elle me choquerait »… Question ultra-pertinente, à mon sens (même si elle reste un peu vaine, dans la mesure où il lui a de toute façon donné un autre titre).

  26. Parmi les réactions il en est qui font remarquer que parler de cette photo et du contexte c’est lui faire de la publicité. Sans doute.
    Mais il serait bon qu’une fois pour toute on cesse de considérer le silence comme la seule attitude raisonnable en face de la provocation.
    Oui Jésus nous a demandé de tendre la joue… Il en a donné l’exemple quand un serviteur du grand prêtre lui en a collé une !
    Et si quatre évangélistes n’avaient rien écrit sur les événements et ne nous avaient pas laissé l’héritage de quatre Passions qui ont été transfigurées par J.S. Bach (entre autres !) qui sait où en serait aujourd’hui?
    Le temps est venu, non pas de rendre coup pour coup, mais de parler sereinement puisque au plus haut niveau le dogme de la laïcité en est venu à enfermer toutes les confessions da

  27. Suite et fin… pardon pour la fausse manœuvre…
    … dans un ghetto.
    Et puis pour revenir sur le sujet de ce billet. Jésus n’a pas permis que les outrages qui lui ont été infligés fussent autres que physiques et humiliants (même si l’on ignore ce qu’il a pu subir comme autres vexations entre son arrestation et le simulacre de procès). Mais combien de martyrs ont du subir des humiliations du genre de celle que représente pour Lui d’abord et pour toute l’Église cette indigne représentation qui prétend accéder au rang d’œuvre d’art !
    De tout cela nous aurons à garder la mémoire dans la Semaine Sainte sans vindicte mais en prenant, comme Lui et comme il nous l’a demandé, la croix pour le suivre. « Père, pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

  28. Merci, Edmond… de nous rappeler tout en douceur que tendre la joue gauche n’est pas baisser les bras, abdiquer de sa foi; et qu’il y a tant d’autres manières de montrer l’amour du christ qui nous brûle qu’une manifestation.

  29. ouais… y a quand-même des gens tordus… ils feraient mieux de mettre leur « créativité » au service d’autre chose plutôt qu’au blasphème…
    Merci pour cet article tout en douceur… souffrir avec Lui

  30. merci Edmond!
     » Pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils font  » nous dirait Il.

  31. Alors prout, j’en ai marre, j’ai quand même envie de dire une chose.
    J’ai lu, ailleurs, sur un commentaire mesuré d’un type, qu’en soi l’image est très belle, quand on ne sait pas comment elle a été faite. Et je suis parfaitement d’accord avec lui : si ça avait été du cidre, ou un « bain d’or », selon ses mots, personne n’aurait protesté.
    C’est la manière de produire cette image et son titre, ainsi que la publicité faite autour d’elle qui posent sérieusement question parce qu’elles sont ostensiblement blasphématoires et que c’est assez clairement intentionnel.
    Alors oui, c’est vraiment une œuvre d’art, et même une belle œuvre d’art, même si, moralement, elle est réprouvable. En soi, objectivement, l’image est belle, et je l’afficherais sans complexe dans ma chambre si je ne savais pas le reste.
    Arrêtons de dire « prétendue » œuvre d’art, ou « œuvre d’art » entre guillemets, ou « prétendu » artiste, ou « artiste » entre guillemets. Il faut savoir distinguer l’art et la morale, l’artiste et la morale.
    Moralement, je suis d’accord avec tous (ou presque) ici : beurk. Artistiquement, si l’on prend l’image seule, sans son titre et son contexte : chapeau l’artiste !

    Alors maintenant, la question suivante, c’est de savoir dans quelle mesure on peut distinguer art et morale, sans les séparer ni les confondre. Et là, je ne rentre pas dans le jeu… trop long, trop complexe, et je n’ai pas le temps.

    Rendons à ces arts ce qui est à ces arts, et à Dieu ce qui est à Dieu ! (Non, je n’ai même pas honte !)

  32. Ils sont des milliers à subir les pires outrages de par le monde …Et nous prions pour eux régulièrement à l’ACAT !
    L’affiche peut donner la nausée, les témoignages reçus et transmis par l’ACAT aussi …
    ACAT: Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture .

  33. La position d’Andres Serrano est pour le moins étonnante et floue:
    J’ai glané ça: http://www.communityarts.net/readingroom/archivefiles/2002/09/shooting_the_kl.php

    « Andres Serrano: I have always felt that my work is religious, not sacrilegious. I would say that there are many individuals in the Church who appreciate it and who do not have a problem with it. The best place for Piss Christ is in a church. In fact, I recently had a show in Marseilles in an actual church that also functions as an exhibition space, and the work looked great there. I think if the Vatican is smart, someday they’ll collect my work. »

    « CF: So you do see yourself carrying on a tradition of religious art?

    AS: Absolutely. I am not a heretic. I like to believe that rather than destroy icons, I make new ones. »

  34. Je comprends qu’il y en aient qui relativisent cette nouvelle humiliation en disant qu’on a déjà fait pire. Mais il faut accepter que parmi nos frères offusqués il y a différents caractères tous très humains qui réagissent de bon droit. Il faut savoir quand même qu’ il y a une réelle volonté de dénigrement chez cet auteur exposé en Avignon. Jugez les autres œuvres de ce prétendu « artiste » ailleurs conservées : (si vous ne censurez pas)
    un homme mort un chapelet entre les doigts reposant sur un sexe exhibé, une femme torturée à côté d’un cardinal , une religieuse qui se masturbe , Jean Paul II aspergé de sang d’animal. Elles ont été publiées. C’est à vomir. La volonté de nuire ou la maladie de cet homme est réelle.
    Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon, très courageux, a demandé dès le 8 avril le retrait de la photographie « Piss Christ » et précise qu’il « s’agit là d’une provocation, d’une profanation qui nous atteint au cœur même de notre foi ! »
    Le Christ nous a donné l’exemple il a su être doux mais il a aussi réagi et chassé les marchands du temple. Je ne pense pas que ce soit nécessairement la bonne solution pour les chrétiens de se laisser tondre comme des moutons; nous avons droit au respect, droit de manifester notre indignation même si avons vu pire dans le passé, ce n’est pas une raison pour prendre de la distance avec ceux qui sont choqués et manifestent comme moi et nous avons droit aussi de demander à la justice de se prononcer pour faire cesser le scandale. (Félicitations pour votre ouverture si vous laissez passer)

  35. Reste à savoir si ceux qui manifestent sont, eux aussi, si courageux que cela. Eux non plus ne risquent pas leur vie, nous sommes dans un pays où le droit de manifester pour tout et n’importe quoi est reconnu.

    Je recopie un commentaire que j’ai écrit ailleurs :
    Allons jusqu’au bout de votre raisonnement : si le Christ est toujours du côté des insultés et de ceux qui se font pisser dessus, alors il est aussi du côté des « pontifiants zouaves d’Avignon », des « baptisés avec des cerveaux de singe ou de mouton », des « canailles », des « téméraires Croisés », quand vous les affublez de ces mots peu amènes. Et si le Christ n’est jamais du côté des insulteurs, alors il n’est pas de votre côté quand vous le faites. Et si on se mettait réellement, une fois pour toutes (et donc s’y remettant chaque jour que Dieu fait), du côté de ceux qui refusent d’insulter qui que ce soit tout en sachant [se*] lever contre l’insulte ?

    * Oui, j’ai fait une faute, voilà.

  36. merci

    « sans beauté ni éclat nous l’avons vu, objet de mépris, rebut de l’humanité »
    Isaïe

  37. @ Edmond : « C’est exactement le sens de ce que j’ai voulu exprimer, en fait. » Ah ben ça c’est une surprise, alors ! ^^

    @ Eliette : « sale impression de passer pour une grosse traître à sa foi en refusant d’adhérer » Ouhlà, gros piège ! Rappel : la Foi, c’est une histoire entre Dieu et toi-même. Personne n’a le droit de juger ta foi. La seule chose pour laquelle il y a à se poser la question d’adhérer, c’est la Foi transmise par l’Eglise.
    Et pour le deuxième commentaire : tout à fait d’accord avec toi, la position de M. Serrano est floue et ambigüe. Dans mon commentaire je suis resté assez nuancé pour lui laisser le bénéfice du doute. On peut produire une oeuvre révoltante sans avoir eu l’intention consciente et explicite d’attaquer les chrétiens. Osons la Charité : croyons-le sincère. Ne nous croyons pas suffisamment « purs » pour le juger.

    @ René de Séverac :  »  »Esthétiquement beau » C’est contestable. » Bien-sûr. En Esthétique, il est beaucoup question de jugement de goût, ce qui est très personnel. Ce qui apparaît beau à l’un n’apparaît pas forcément beau à l’autre, et il est tout à fait vain de vouloir convaincre un autre de la beauté de quelque chose que lui trouve laid.
    S’il est incontestable que, du point de vue de la méthode employée et du respect de la sensibilité des Chrétiens, cette oeuvre est lamentable, en revanche, d’un point de vue esthétique et prise pour elle-même, on peut trouver cette image belle. Comme on peut aussi la trouver quelconque, ou laide. Seulement, il convient de ne pas confondre les deux types de jugement.
    L’anecdote que vous présentez montre bien le risque qu’il peut y avoir à confondre la piété face à un symbole religieux et l’émotion esthétique face à une oeuvre d’art…

    @ Etienne : « Je n’ai d’ailleurs jamais aimé ces croix argentées ou dorées, et donc aseptisées, de nos églises (ou suspendues au cou de nos évêques). A la rigueur, une croix en bois… » Pas d’accord (mais là c’est une question d’opinion, chacun est libre d’avoir la sienne…). Il me semble en tous cas qu’il faut distinguer un crucifix (représentation de la Passion du Christ) d’une croix (symbole de la Foi chrétienne). La croix pectorale des évêques est signe de leur fonction dans l’Eglise, doit-elle vraiment donner une représentation réaliste de la crucifixion ? Il me semble que ce n’est tout simplement pas la fonction de cet objet.
    (Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Il est bien évident que la croix chrétienne fait bien référence à la mort du Christ en croix ! Seulement, elle n’en est pas une représentation au sens pictural, on n’y voit pas le Christ crucifié.)

    @ Vianney : assez d’accord, sauf peut-être sur le « clairement intentionnel ». Et tu pointes bien (tu permets le tutoiement ?) le problème : l’articulation entre l’aspect esthétique et la dimension morale dans l’oeuvre d’art. Pour ma part, je juge qu’une production artistique moralement condamnable ne peut recevoir mon assentiment, quelque soient par ailleurs ses qualités esthétiques. Comme toi, bien qu’en regardant l’image seule, je puisse la trouver belle, je ne peux, sachant ce qu’elle représente vraiment (càd un crucifix plongé dans de l’urine), l’afficher dans ma chambre ou en faire la publicité. En revanche, je crois qu’on peut ne pas apprécier l’oeuvre sans pour autant condamner l’artiste ! Cette image nous parait scandaleuse, elle nous outrage ? Nous pouvons le dire. Est-il besoin pour cela de tomber dans la violence, la haine, la condamnation ? Je ne le crois pas. Et peut-être aussi peut-on être un bon chrétien, un bon catholique, sans forcément élever la voix pour condamner cette image, ou sans participer à moult pétitions ou manifestations… (Donc +1 aussi pour votre commentaire n°54, même si je n’aurais pas dit ça de cette façon…)

    @ Bertrand Massilia (et d’autres) : « Le Christ nous a donné l’exemple il a su être doux mais il a aussi réagi et chassé les marchands du temple. Je ne pense pas que ce soit nécessairement la bonne solution pour les chrétiens de se laisser tondre comme des moutons; »
    Et pmlg aussi : « Oui Jésus nous a demandé de tendre la joue… Il en a donné l’exemple quand un serviteur du grand prêtre lui en a collé une ! »
    Je suis bien d’accord, mais justement, dans cet épisode, la réponse de Jésus au serviteur du grand-prêtre est la bonne réponde, la réaction à avoir : « Si j’ai mal parlé, montre moi ce que j’ai dit de mal. Sinon, pourquoi me frappes-tu ? » Il ne s’agit donc pas de se laisser faire sans réagir, et de protester quand il le faut. Mais pas de condamner ni de haïr. Jésus reste dans une position de dialogue, il laisse à l’autre la possibilité de se justifier. Et vous remarquerez que l’autre ne le peut pas…

    Ne croyez pas non plus que je défends l’indéfendable. Comme dit pas un commentateur (Alban) sur cet autre article : http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Chroniques/Piss-Christ-la-meprise/Default-6-2559.xhtml
    « Il n’empêche que le catholicisme est d’abord populaire et voir ainsi le Christ profané est immédiatement choquant. Que vous l’interprétiez plus profondément, bravo à vous! Mais acceptez que certains autres, moins formés, moins élitistes se sentent attaqués ou humiliés et cherchent à se défendre. »

    Voilà pourquoi, selon moi, cette oeuvre n’est pas acceptable. Pas plus que ne serait acceptable une contestation ou une condamnation de cette oeuvre qui prévaudrait sur la Charité. Être Chrétien, ce n’est pas avant tout défendre l’image du Christ en croix. C’est avant tout suivre le Christ, qui est Amour. Aimez ne veut pas dire « tout laisser faire sans rien dire ». Mais ce n’est certainement pas non plus insulter, mépriser, condamner, haïr. Entre ces deux extrêmes, il y a suffisamment de place pour que chacun ai son point de vue, en toute conscience.

  38. @ Vianney : D’accord avec toi. Merci pour tes contributions.

    @ Bertrand Massilia : Je ne dis pas qu’il ne faut pas réagir et faire savoir notre désapprobation. Je ne crois pas d’ailleurs relativiser les choses dans mon billet, au contraire. Simplement, il me semble qu’entre « laisser pisser » (et c’est le cas de le dire) et venir démolir l’œuvre à coups de masse (ce qui vient donc d’être faits, d’après ce que j’apprends dans la presse), il y a une vraie gamme de réactions, et je ne suis pas certain d’avoir envie de me ranger du côté de ceux qui insultent et qui cognent. Comme l’a dit Vianney un peu plus haut, le Christ ne se range jamais de ce côté-là, et l’évangile de la Passion lu ce jour en est une excellente illustration quand il dit à Pierre : « Rengaine ton glaive ! » La réaction peut être mesurée, ferme mais pacifique ; en fait, elle doit l’être. Sinon nous sommes doublement perdants.
    (Et ne me félicitez pas pour mon « ouverture » : je n’ai absolument aucune raison de censurer un commentaire, tant qu’il ne tombe pas dans l’insulte de l’autre. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas exactement le même avis qu’on ne peut pas tranquillement en discuter… ce serait d’un triste !)

  39. D’accord avec toi, Edmond : détruire l’oeuvre est à moins avis encore moins charitable que de l’avoir exposée. Je crois même que cette destruction probablement perpétrée « au nom du Christ » (on verra ce qu’il en est à l’enquête) est plus insultante pour Lui que pouvais l’être cette oeuvre. Je ne suis pas un partisan de tout laisser faire au nom de la liberté d’expression, mais moi, je suis certain de ne pas vouloir me ranger du côté de ceux qui cognent et qui insultent, même au nom de la liberté religieuse ou du respect des croyants !
    « Dieu est Amour ». Ne tournons pas Dieu contre lui-même ! Frères Chrétiens, vous qui êtes au Christ, souvenez-vous que, pas plus que Pierre (Marc VIII, 31-33), vous ne pouvez Le défendre contre Lui-même ! Vouloir défendre le Christ, ou l’Eglise, ne peut pas être une bonne chose si cela doit se faire à l’encontre des commandements du Christ : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent » (Math. V, 44).

  40. c’est vrai que ça nous interroge profondément sur plein de points!

    – Pierre (le premier Pape, quand même) a bien effectivement sorti son glaive pour défendre Jésus: c’est donc une réaction qui n’est pas complètement idiote. Mais Jésus lui a dit de le rengainer. Il l’a fait, mais il n’a rien compris. c’est ce que je choisis de faire, je choisis de penser que ce type a le droit de faire des oeuvres pourries qui me heurtent au plus profond, mais franchement, j’ai hyper du mal à accepter de choisir de penser ça.

    – il nous est difficile de crier au blasphème et de détruire un truc qui appartient à quelqu’un et qui a même peut-être -même si on en doute, vu ses autres oeuvres- un sens pour lui, et d’un autre côté appeler à la libération d’Asia Bibi au Pakistan, alors que ce qu’elle a dit, qui pour nous est une vérité de foi (en gros : « Jésus est mort pour moi, pas Mahommet ») heurte autant les musulmans de là bas dans leur foi que cette photo nous heurte dans la nôtre…
    moi, au nom de la liberté de penser et d’expression, je trouve que ce type a le droit de faire cette oeuvre. …mais que j’ai aussi le droit de signer des pétitions pour la faire retirer! Mais de même, j’aimerais avoir la même liberté d’expression pour dire ce que je pense, par exemple, de certaines formes de sexualité… ou encore, j’aimerais qu’il y ait un même traitement pour l’outrage à toute religion que pour l’outrage au drapeau: soit une interdiction, soit une permission, mais pas deux poids deux mesures. encore que là, la république défendant les symboles de la république et rien d’autre, ça peut s’entendre.

    – je ne sais pas où en sont les différentes pétitions, mais j’aimerais croire que l’ACAT ou Asia Bibi ou tant d’autres ont recueilli autant de signatures que cette photo, qui, finalement, n’est qu’un tirage papier d’une photo d’un taré… (oui, j’ai le droit de dire qu’il est taré: ça veut dire qu’il a une tare, et je le crois. même si cette tare est juste un immense égoïsme qui le pousse à faire du mal à des gens pour gagner du fric)

    – dans le jugement dernier, en Mathieu 25, il n’est pas dit « venez à moi les bénis de mon père, parce que vous m’avez fièrement défendu toutes les fois où mon Nom a été traîné dans la boue », mais plutôt « parce que j’avais faim, soif, froid etc… et que vous êtes venus à mon aide »: donc ce qui est important, c’est les vraies personnes, pas les paroles, les photos, les provocs etc…

    – en ce moment, il y a un véritable génocide(ou massacre) d’une ampleur incroyable en Libye, et il y a des gens qui critiquent Sarko qui est allé essayer d’y faire quelque chose, il y a des médias qui relayent les fausses infos des massacreurs, il y a des tas de gens sur twitter qui parlent de plein de choses, mais je ne vois quasiment aucun twitt parler de ça ou chercher à relayer des infos qui pourraient parvenir aux médias ou aux politiques ou organiser des manifs pour qu’on fasse tout ce qu’on peut pour ces milliers de gens qui sont en train de se faire massacrer, torturer, avec des armes interdites par la convention de Genève.

    – des gens se mobilisent pour lutter contre l’avortement, ce qui est quand même le meurtre de bébés innocents qui ne peuvent pas appeler à l’aide mais dont on est sûrs qu’ils souffrent et sont en danger de mort: les pro avortements qui pensent que ces vies n’en sont pas crient au scandale. las anti aussi, parfois, au nom de la liberté des mères de tuer leurs gosses. Dans d’autres pays, des hommes ont aussi droit de vie et de mort sur leur femme, ou leurs filles, et l’occident appelle à protéger ces femmes, tandis que les hommes de ces pays considèrent ça comme une ingérence insupportable:
    OU, mais OU ! est ! la ! limite !?
    Où s’arrête notre devoir de chrétiens de protéger les faibles, les gens blessés, et où commence notre respect de la liberté d’autrui ?!?

    eh ben moi, franchement, tout ça, je sais pas.
    je vais aller prier pendant cette semaine sainte pour que les gens aient une conscience plus éclairée,
    qu’ils l’écoutent mieux, -moi la première-,
    …et qu’on arrête d’être confrontés à des situations infectes tout le temps!
    et je vais aller faire mon boulot en essayant de rendre grâce pour tous ces gens qui ont fabriqué ce pays où on peut encore sortir dans la rue sans se faire dégommer par un sniper colombien prêté à un dictateur par un autre dictateur: tous ces gens qui ont choisi de suivre justement, depuis 2000 ans, ce Christ outragé, et crucifié, et encore outragé, et qui ont changé le monde dans lequel je vis, et qui changeront bientôt le reste du monde pour le rendre entièrement aussi vivable que ce pays.

  41. J’arrive un peu après la bataille, il ne me reste pas grand chose a dire, si ce n’est bravo pour cet article Edmond. Tu t’en sors terriblement bien. Et merci, aussi.

  42. Merci et chapeau!
    Je voulais vous faire partager les paroles d’un chant de la Communauté du Chemin NEUF que nous chanterons vendredi saint: Victoire au Seigneur de la vie, Victoire au Dieu de l’infini, Victoire au nom de Jésus-Christ.
    Le règne est pour le Tout-puissant, Car l’agneau a donné son sang, qui crie victoire dès maintenant.

    Nous en sommes certains et nous attendons avec confiance son retour : MARANATHA!

  43. Bonsoir,

    sur le même sujet, c’est le billet détestable de koz qui m’amène ici. Je l’en remercie.

    Je suis sans demi-mesure, le votre est excellent !

    Merci aussi pour le commentaire 16 : la vidéo vous est tombée du Ciel ?

    anne.kerjean

  44. Enfin une parole vraie, intelligente, qui reflète pleinement l’état d’esprit de la majorité des chrétiens. Non, nous ne sommes pas bornés d’esprit, non, nous ne sommes pas masochistes de faire du symbole de notre Foi une simple croix, non nous ne défendons pas notre religion pour des raisons culturelles et familiales, mais parce que cette religion nous touche profondément et transforme notre quotidien en bonheur, grâce au Christ.
    Merci Edmond, merci. Les chrétiens, et le monde entier, ont besoin de gens comme toi, qui disent la Vérité en toute simplicité, amour et finesse. Ton texte m’illumine de joie en cette approche de Pâques, moi qui ne parvient pas à vivre correctement le Carême. Merci.

  45. @Edmond : Merci pour cette plongée très éclairante dans les méandres d’une psyché catholique, notamment l’édifiant passage « Et puis des cris, des cris déchirants, tandis que les Romains meurtrissaient la moindre parcelle de chair de son pauvre corps d’homme. Quand ils l’ont sorti, la croix sur les épaules, il était méconnaissable. Le terme « défiguré » prenait alors tout son sens : ce visage n’en était plus un, ils l’avaient réduit à une cascade de sang et de larmes mêlés en d’horribles ravines. Les mouches, à l’odeur de la mort imminente, le harcelaient de bourdonnements et réveillaient inlassablement ses nerfs mis à vif. » C’est saisissant.

  46. tu as écris ce que Jésus Lui-même aurait dit …. avec quelle sagesse de l’Esprit Saint ta réplique est à point – que la paix et la passion de notre Sauveur restent toujours dans ton coeur Edmond…

  47. grâce à Colette, on a une révélation. On se demandait qui était Edmond pour de vrai. uhuhu. C’est inspiré, ce blog ! (pardon Colette, c’était tentant. En plus, je trouve que 71 commentaires, c’est encore un peu juste pour cet article. Quelqu’un pour parler de l’article dans Libé?)

  48. Bravo pour cet article qui récapitule ce que l’on pouvait dire sur cette oeuvre horrible et répugnante !! C’est absolument honteux de se permettre de faire de telles expositions !! Cela est une atteinte grave au respect de la religion et de la croyance, droit qui est normelement inscrit dans la constitution française !! C’est d’autant plus inacceptable que ça baffoue et ridiculise ce que représente la croix pour les chrétiens : croix sur laquelle le christ a connu souffrance et horreur et cette exposition vient mépriser au plus haut point cela !! c’est tout simplement inacceptable et j’espère que Dieu leur pardonnera leur bêtise et leur profonde débilité !!

  49. @ David : moi, ce que j’aimerais bien, c’est que les gens considèrent que les 72 commentaires font partie de l’article, et les lisent aussi avant de réécrire pour la 57ème fois ce qui a déjà été dit (non non, je ne vise personne…), ou ce qui a déjà été dénoncé 12 fois.
    @ Bertrand : voilà, quoi. Lisez.

  50. @ Vianney : C’est l’éternelle plaie d’un blogue, ça… Les commentateurs ont toujours l’impression que la lecture de la discussion (mais parfois aussi… du billet lui-même !!) est facultative.
    Quand ça me gonfle trop de répéter encore et encore, j’ignore.

  51. Cet épisode dans l’histoire récurrente de la provocation-réaction post-chrétienne met en lumière, il me semble, la profonde ambigüité – entre autres problèmes – de l’art « contemporain ». Est en cause aussi ce que Jean Clair appelle la « responsabilité de l’artiste » (ou plutôt son irresponsabilité trop aisément revendiquée quoi qu’il fasse ?). Il met aussi en lumière la très profonde inculture française dans le domaine artistique en général – ce qui est inexcusable quand on vit dans un pays d’une richissime tradition nationale en la matière – et « contemporain » en particulier – ce qui est plus compréhensible, face à une nouveauté qui véhicule le meilleur comme le pire. Nous, catholiques français, n’échappons pas à la règle.
    Et je me demande si ce qui c’est passé à Avignon n’est pas une nouvelle défaite symbolique pour notre Eglise dans son rapport actuel à l’art et aux artistes :
    Oui, il nous faut apprendre à réagir lorsque nos convictions sont attaquées. Oui, il nous faut faire entendre notre voix. Le marteau, le pic à glace, la menace physique et ce que l’on voudra en ce genre sont des défaites de la pensée et, même si l’on peut y entendre l’écho d’une violente indignation, un violent contre-témoignage qui humilie l’Eglise et l’Evangile tout autant que les caricatures que l’on en fait.
    D’autant que, à froid, on pourra s’apercevoir, peut-être, que l’on s’est, en cette affaire, trompé de cible ! « L’artiste », Andres Serrano, se revendiquant depuis longtemps comme « profondément chrétien », ainsi qu’il l’a rappelé récemment dans un entretient. Ou comme Catherine Grenier (chrétienne) l’analysait dans son ouvrage, contestable mais intéressant, « L’Art contemporain est-il chrétien ? ».
    Alors soyons bien clairs : je n’aime pas le travail d’Andres Serrano. Je ne suis pas même sensible à ces effets mordorés ou neo-hamiltonniens (!) du « Piss Christ » en question. Mais je pense qu’il n’est pas interdit de chercher à saisir le discours – chrétien, donc, si l’on fait foi à Serrano !- que veut traduire son « oeuvre ». Soit ! elle est ambigüe, elle aussi. Soit ! elle choque immédaitement les spectateurs sans clef de lecture que nous sommes. Soit, elle provoque la « bétise à front de taureau », que raillait Arthur Rimbaud, de ceux qui confondent violence et arguments. Soit, plus largement et au delà de cette affaire d’urine, faut-il laisser insulter le Christ et l’Eglise ? Non !
    Mais réagir avec intelligence ? Oui ! Ce qui signifie de ne pas foncer tête baissée comme le torero indique au fauve, de sa cape, où il doit foncer. Mais, peut-être et c’est ma préférence, ruser avec celui qui ruse.
    En tout cas ne pas se tromper d’adversaire et ne pas monter en neige de vieux oeufs sans éclat de plus de trente ans (c’est le cas du « Piss Christ »)dans une société dont c’est un des jeux favoris.
    Car enfin, oui, quelle belle publicité pour cette exposition inutile. De quelles belles promotions tant de publicitaires provocateurs peuvent remercier les plus violents d’entre nous. Comme l’on sait bien faire le jeu de ces cyniques.
    Le « Piss Christ » de Serrano n’en valait pas tant. Dans le pire des cas (une pure provocation), le Christ en a effectivement vu bien d’autres et on ne le défendit jamais efficacement avec le glaive.Dans le « meilleur » des cas (un discours sur la présence christique à la déchéance et à la finitude humaine), Grünewald ou Emil Nolde firent probabelment bien mieux et plus directement lisible.
    Alors, pitié pour le Christ ! Cessons de le défendre à coup de marteau !

  52. Reflexion pleine de beauté et de vérité.
    Oui, en fin de compte, nous ne faisons que vivre cet intemporel mépris de Dieu, dont Il a porté toute l’ignominie pour le transformer en sublime sacrifice pour le rachat du monde.
    Quel mystère insondable…

  53. Bonjour Edmond
    Sympa le blog. Une réaction à ces mots « misérable croix ». Il me semble que c’est toujours Christ en croix même si il est dans de l’urine. Je trouve que misérable n’est pas bien placé.
    Bonne continuation sur ce blogue.
    Bon vendredi saint et bonne fête de pâques.
    UDP A+

  54. Alors oui Vianney et Edmond, j’ai lu les commentaires. mais je commente quand même pour un petit merci de plus . A l’auteur pour ce texte empli de douceur et très fort à lire aujourd’hui, mais aussi aux nombreux commentaires, variés et pas tous d’accord qui m’aide à me faire mon propre avis sur cette question .
    Merci à tous, et belles fêtes de Pâques .

  55. « pour le plus injuste procès de l’histoire, dont l’issue ne fait aucun doute »
    Ne s’agit-il pas là de l’image de tous les procès? Y compris de celui que nous tiendrions ici, et … dont l’issue ne ferait aucun doute.
    Vous écrivez : « pour beaucoup de croyants, toucher au Christ est une insulte »
    L’image du Christ serait le Christ ? Je ferais donc une pâle copie d’une représentation du Christ, j’urine sur cette image, et il se trouverait un type au monde pour croire qu’il s’agit du Christ, et non pas d’un malade, moi même, qui fait exactement ce qu’il veut, ou ce qu’il peut, comme chacun de nous tous ?
    Je regarde Arrêt sur Images et votre blog a été cité. D’où mes lectures de cet article.
    Sans la colère à caractère variable exprimée par nombre de « croyants », ASI n’aurait sans doute jamais traité de cet artiste dont qu’on avait totalement oublié par ailleurs. Tout de même symptomatique de quelque chose qui vous concerne, d’en faire un tel pataquès, non ?
    Pour ma part, au pire, je me battrai pour que le pire abruti puisse s’exprimer, par prudence, au cas où je le serais moi même. Mais comment peut-on jouer à croire que quiconque est réellement blessé sinon du fait d’une ignorance ou d’une pathologie qui ferait confondre la représentation avec ce qui est représenté ?
    Bah, je suis probablement un âne.
    Bonne continuation.

  56. D’accord sur tout, sauf sur : « Qu’ils la dégradent d’inscriptions insultantes : ils ont déjà écrit « INRI ». »

    Pour moi, INRI est déjà une profession de foi. « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » Ou alors j’ai mal compris l’une des deux phrases : la tienne ou celle de Pilate.

  57. @ guelw : Non, vous n’êtes pas un âne ! Mais justement… nous avons une tête et un cœur, servons-nous en !
    Imaginez que je pisse sur votre photo, en public. Personne ne dira que je pisse réellement sur vous, car évidemment ce n’est pas le cas. En revanche, personne ne niera que, symboliquement, je pisse sur vous, car évidemment c’est le cas.
    Là, c’est pareil : personne ne dit que cet artiste a réellement pissé sur le Christ, car évidemment ce n’est pas le cas. En revanche, ceux qui disent que cet artiste n’a pas du tout pissé sur le Christ n’accèdent visiblement pas à la pensée symbolique, ce qui est un léger problème, parce que le symbolique est très puissant.
    Pensons de manière intégrale, je me tue à le répéter ! Opposer le réel et le symbolique est un non-sens : sans symbolique, on ne peut même plus parler, car la parole est essentiellement (c’est-à-dire par essence) symbolique, et que c’est par la parole qu’on accède à la pensée conceptuelle. Pensons le réel ET le symbolique ensemble, sans les confondre ET sans les séparer (et c’est là que je me dis que les définitions dogmatiques de Chalcédoine ont une haute portée philosophique… comprenne qui pourra).

    @ Fikmonskov : « INRI » n’est pas tellement insultant pour Jésus que pour les Juifs ! Pilate a été contraint par certains Juifs à condamner Jésus à mort dans un procès absolument infâme, et il le sait. « INRI » est une insulte : « Vous m’avez contraint à crucifier un homme que je sais innocent, OK. Voilà, j’ai crucifié votre roi, ça vous apprendra ! » Ils ont dû méchamment grincer des dents… et ça fait une lâcheté de plus de la part de Pilate. Il se trouve que, dans cet océan de m…, Dieu donne une parole prophétique, et au grand prêtre, et à Pilate. Étonnant…

  58. Salut les frangins ! (Comprenne qui pourra !)

    Entre Koz, Plunkett, Polydamas (que je plussoie volontiers, je le précise avec joie parce que ce n’est pas toujours le cas) Edmond et quelques autres (liste non exhaustive des échos que j’ai eus de cette triste affaire), je crois qu’on a une belle brochette d’analyses honnêtes, apaisées/apaisantes et constructives. Bravo messieurs.
    Je crois que nous avons tous raté une belle occasion de « nous » rattraper : « on » aurait pu organiser une lecture de la Passion devant l’oeuvre incriminée en ce vendredi saint, genre « flash-mob ».
    A retenir pour la prochaine fois ?

  59. @ L’esprit d’Avignon : 1. je ne vois pas le rapport. 2. je ne vois toujours pas le rapport, et donc je n’ajoute rien au sujet que vous évoquez.

  60. @ Vianney : plus que d’accord, l’insulte est envers les juifs, qui, de fait [ ;) ] l’ont mal pris, puisqu’ils sont allés revoir Pilate pour lui demander des explications. Et donc peut-être comprends-je mieux la phrase d’Edmond. Je croyais y lire que l’insulte était adressés au Christ. En fait, c’est pas écrit :)

    Et ce qu’il n’a pas écrit, Edmond ne l’a pas écrit…

    @PMalo : J’ai compris, j’ai compris !!! Je gagne quoi ?

  61. Le piss christ est magnifique,
    c’est vrai que l’idee de l’urine est ambigue mais l’artiste lui meme est kto, ce n’est donc pas a « trick on purpose »
    C’ets vrmt dommage de montrer cette image de l’église en ravageant l’oeuvre, est ce comme cela que ces personnes ‘tendent la deuxieme joue’ ?
    Merci pour ce blogue wonderful!

  62. « Parce que Jean, en un sens, c’est moi ». (c’est la phrase qui m’a le plus ému dans votre plaidoyer). La barre est haute, essayons déjà d’être comme le bon larron au côté de Sa croix… Oui, manifestons notre indignation, mais comme des chrétiens. Au lieu de tout casser et de tomber ainsi dans le panneau de la provocation, mieux vaut faire une chaîne ou veillée de prière autour de la collection Lambert, en recommandant tout spécialement au Christ nos frères en humanité, l’artiste et les organisateurs de l’expo. C’est par nos actes de chrétiens amis du Christ et des hommes que nous nous monterons dignes de Lui.

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