Considérations de second plan

De rien

Il existe quelque part un type qui s’appelle B. et que je connais pas. Je veux dire : je ne sais même pas quelle tête a B., je n’ai probablement jamais entendu le son de sa voix ni parlé avec lui, je n’ai pas plus de raisons que ça de le croiser un jour. Par ailleurs, j’ignore un grand nombre de choses essentielles à propos de B., parmi lesquelles : la couleur de son parapluie, son avis sur les sapins de Noël, le bruit qu’il fait en éternuant, s’il a lu un jour Les Liaisons dangereuses et ce qu’il en a pensé, la façon qu’il a de manger des clémentines, le nombres d’ampoules en attente d’être remplacées chez lui, la poche dans laquelle il range ses clés, s’il a déjà compté le nombre de marches dans l’escalier qui mène à son bureau, son degré d’attente de War Horse (le prochain film de Steven Spielberg), le sens dans lequel il parcourt un magazine, son navigateur internet, s’il a une sœur ou s’il aurait aimé en avoir une, son personnage préféré des santons de la crèche, s’il sourit quand il croise une bulle de savon sans raison dans la rue, le troisième prénom de sa maman, s’il a conservé son premier walkman, s’il peut s’empêcher de se regarder quand il est face à un miroir, sa position sur les petits parasols en papier qu’on pique parfois dans les glaces, quel a été son tout premier DVD, s’il lui est déjà arrivé d’acheter un ananas sur le marché, son côté préféré dans les canapés, combien de titres d’Alain Chamfort il peut citer de mémoire, s’il était plutôt Pif Gadget ou Picsou magazine, à quel niveau il pousse le bouton de la lampe halogène du salon, et le nom qu’il donnerait à son (prochain ?) chien. Autant dire que je ne le connais vraiment pas, donc.

Mais j’apprends que B. parle de moi. La réciproque de non-connaissance semble donc en partie fausse, puisque B. – que je connais pas – a visiblement des informations sur moi à raconter à des gens que je connais un peu ; B. a même, semble-t-il, un avis sur des choses qui me concernent. Et pourtant, B. ne me connaît théoriquement pas.

Voilà un petit événement qui m’interpelle. Sans trop de raison, mais juste comme ça.

C’est un peu comme S., en fait. S. est japonais, ou d’une nationalité comme ça. Il visitait la France il y a quelques années (c’est-à-dire Paris, d’un point de vue japonais ou assimilé). J’ignore beaucoup de choses sur S. également ; ma connaissance se limite probablement à la couleur de ses yeux, son goût pour les sacs à dos avec des petites diodes lumineuses, sa détermination à ne pas « casser » la visière de sa casquette tour-eiffel, ses difficultés à décoder un plan de métro et le plaisir qu’il prend à faire des photos. Avec toutes les photos qu’il prend, je ne sais pas si S. fait des albums ou s’il encadre des souvenirs, mais s’il le fait, et cela sans me connaître, S. a probablement désormais une photo de moi chez lui.

Juste comme ça, j’y pense parfois avec un certain amusement, parfois avec une pointe de crainte pour les remarques que pourraient faire les amis de S. en voyant le t-shirt que je portais ce jour-là, que je n’ai pratiquement jamais remis à cause d’une tache d’huile de pizza qui l’a relégué quelques jours plus tard dans la catégorie « t-shirts pour bricoler », mais que je porterai probablement ad vitam aeternam au Japon ou quelque part par là. Certains soirs, je me demande dans quel environnement pourrait atterrir la photo d’un jeune Français croisé un soir de début d’été sur le parvis d’une église parisienne et qu’on a voulu prendre en photo pour immortaliser une conversation sur Dieu dans laquelle aucun des deux ne parlait probablement de la même chose…

C’est d’ailleurs une constante pour toutes les photos de nous, prises à notre insu (ou non) par des inconnus qui les ont collées dans des albums sans trop se soucier du second plan. Un jour, peut-être, un enfant demandera qui est ce monsieur derrière qui mord dans son sandwich, ou si ces lunettes de soleil là au fond étaient un déguisement ou pas. Quelqu’un remarquera, sans nous connaître, que nous avons un matin osé le pull jaune citron, le bob décathlon, l’écharpe de notre sœur ou le bouquet de lys en pleine rue. Nous serons peut-être le grand mystère d’une famille : où allions-nous ? qui était cette personne à nos côtés ? Pourquoi regardions-nous notre montre ? quelle menace hors cadre semblait tant nous inquiéter ? allions nous nous rendre compte un peu plus tard dans la journée que notre chemise était mal boutonnée ? Ou alors, nous serons affublé par des inconnus d’un surnom dont nous ne saurons jamais rien : « le mec au sac-banane », « celui qui a l’air de se curer le nez », « l’homme qui s’en va réparer un carreau », « le gros con qui est passé dans le champ à ce moment-là et qui a pourri la photo »

Sommes-nous conscients que notre vie se raconte sûrement dans des dizaines, des centaines, des milliers d’albums photos de gens au sujet desquels nous ignorons toutes sortes de choses aussi essentielles que le bout par lequel ils commencent un petit beurre, les livres qu’ils offriraient en premier à un amour, l’aptitude à démarrer un feu de cheminée, la taille idéale pour eux d’une feuille de salade ou l’amusement réel qu’ils trouvent à organiser des courses d’escargots ? En un sens, c’est dommage : c’est tout un récit de notre vie en images que nous manquons.

Mais le plus fou, le plus étrange, ce serait certainement qu’un jour quelqu’un feuillette l’album d’une personne que nous ne connaissons pas, tombe sur une photo dans laquelle nous apparaissons sans rien en savoir, flou et au tout dernier plan, et dise : « Tiens, mais je le connais, celui-là ! » Ce serait tellement improbable et inutile que ce serait amusant.

En attendant, il m’arrive de scruter mes propres albums à la recherche du visage de ces gens dont j’ignore tant de choses essentielles, d’imaginer leur vie et d’avoir une petite pensée en prière pour eux. Avec une conscience aigüe du caractère hautement, terriblement, superbement cucul de cette pensée dérisoire. Mais l’espoir secret que cette petite poussière qui monte alors vers le ciel peut être une réponse à la providence qui a, un jour, placé cet inconnu à l’arrière plan d’un de mes souvenirs.

Ensuite, je referme l’album et je retourne à d’autres choses tout aussi essentielles. Juste comme ça.

*

[NB : Rien à voir avec cette amusante histoire de La Redoute cette semaine… Je pensais à ce billet depuis quelque temps. La coïncidence ne m’apparaît que maintenant, à l’instant de publier le billet.]

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30 réflexions sur “Considérations de second plan

  1. il fut un temps où on me demandait qui étaient les personnes que je prenais en premier plan de mes photos. Je crois que je ne le sais quasiment jamais. J’appuie sur le déclencheur parce qu’à un moment, quelque chose est passé. Pire que les 2nds plans, les premiers en mode inconnu. Et je continue de les aimer aussi.
    si ça peut te rassurer, je crois que dans la vie spirituelle de tout un tas de gens bien, tu as fait plus qu’une apparition en 2nd plan, t’es plutôt le gars qui a foutu la petite claque dans le dos qui a remis en route. Avec le sourire.
    merci Edmond.

  2. Une ode de tout premier plan pour ne pas reléguer au dernier plan les personne au second plan. J’ai bon ?

  3. « Mais le plus fou, le plus étrange, ce serait certainement qu’un jour quelqu’un feuillette l’album d’une personne que nous ne connaissons pas, tombe sur une photo dans laquelle nous apparaissons sans rien en savoir, flou et au tout dernier plan, et dise : “Tiens, mais je le connais, celui-là !” Ce serait tellement improbable et inutile que ce serait amusant. »

    Ça arrive de temps en temps.
    J’ai pas retrouvé la dépêche, mais il y a quelques années, j’avais vu passer l’histoire d’une famille dont la mère affichait dans sa maison une photo d’elle dans un parc d’attractions, alors qu’elle était enfant. Or en deuxième plan de la dite photo apparaissait par hasard son mari, avec ses parents, en visite dans le parc et dont elle ne fit la connaissance que bien des années plus tard. D’autant qu’il leur a fallu quelques années de vie en commun pour percuter qu’ils était tous les deux sur la même photo.

  4. Comme toujours, un texte magnifique sur ces petite et (pas si) insignifiantes choses de la vie… J’avais pris l’habitude d’être une lectrice de second plan, cachée derrière mon écran pour saluer ton talent [mais dis, donc, je rime moi ce soir!] mais ton article, qui me fait d’ailleurs penser à « quelques échardes parmi tant d’autres » m’inspire beaucoup… Et dans nos vie à nous, qui est celui qui semble perdu en arrière plan, flou, mal cadré, que nous connaissons à peine, mais qui pourtant laisse une trace dans nos petites vies à cause (grâce à?) d’une parole, d’un sourire ou d’un petit geste? Et de la même manière, de quel photographe sommes nous le second plan…? Bref, tu m’inspires Edmond !
    Bisous en cette nouvelle année qui sera, j’espère, pleine de belles lignes bien enflammées de Foi!!

    PS: D’ailleurs j’écris un bouquin, des nouvelles, et j’aimerai bien te piquer cette idée d’arrière plan… Je peux?

  5. @ David : Évidemment, je me doutais que ça te parlerait, cette histoire d’imprévu et de photographie ! Mais même si tu as la chance de vivre cette immortalisation d’inconnus en premier plan, je parle bien entendu surtout de ces « invités surprise » qu’on ne découvre souvent que longtemps après, sur des clichés qui ont rarement quelque chose d’artistique et sont au contraire souvent trop posés pour être vrais.
    Il se trouve, en plus, que j’ai dans le coin de l’oeil un véritable détecteur à appareils photos et caméras : s’il y en a un (ou une) pas loin, je le remarque immédiatement. Et ensuite, par réflexe, je fais ce que je peux pour que mon visage n’apparaisse pas sur les images prises. Du coup, dans les albums des inconnus, je suis probablement très souvent « le mec qui tourne la tête » !

    Quant à la vie spirituelle de tous ces gens bien, j’aurais bien envie de te dire que tu rêves, mais la modestie va m’obliger (puisque j’ai tout de même reçu depuis trois ans quelques témoignages dans le secret de mon mail) à ne pas nier trop fort… Quoique, l’idée n’est pas tant ce que j’aurais pu – hypothétiquement – apporter à certains bien malgré moi, que ce que d’autres m’ont apporté et continuent de le faire au détour aujourd’hui d’un commentaire.
    (A part ça, je m’attendais à ce que tu dénonces une certaine influence dans ce billet. Mais faisons comme ça : cette « injure »-là te concerne de toute façon tellement plus que moi ! ;)

    @ Lee-Bonsa Märytun : Pas totalement tort, mais je n’utiliserais pas le qualificatif « de premier plan ». Ce texte-là aussi est un texte de second plan : c’est comme ça qu’on peut encore mieux rendre hommage au sujet.

    @ Polydamas : Ton histoire, c’est exactement le genre d’anecdotes sur lesquelles j’aimerais continuer de m’appuyer pour écrire. J’aime quand cet imprévu-là vient nous chatouiller un peu.
    Mais fais attention : tu continues de virer bisounours, toi !

    @ Get : Me piquer l’idée ? J’ai envie de dire oui, mais ça me gratte un peu quand même : et si je voulais la reprendre, après, j’en aurais encore le droit ??

  6. Mais, pourquoi lui péter la gueule ? il n’est pas dit que B. s’exprime de façon malveillante ! Ou alors il y a un délit d’initié de la part de Koz, qui semble validé par Edmond… j’avais plutôt l’image d’un B. lecteur et follower d’Edmond, connaissant une facette cohérente d’un personnage virtuel, et qui aime en parler autour de lui comme exemple réussi de l’utilisation de la technologie actuelle… mais je dois être encore plus bisounours que Poly :D

  7. ça me fait penser à cette copine, qui n’avait qu’une seule belle robe à mettre pour les mariages et les occasions …où on fait des photos, et qui s’est rendu compte quand sa meilleure amie lui a montré son album photo, qu’elle était TOUJOURS habillée pareille sur TOUTES les photos! même à quelques années d’écart. du coup, elle s’est fendu d’une autre robe, ce qui n’était pas évident pour son budget, et maintenant, elle alterne un peu…

  8. C’est ça la célébrité. Plein de gens que t’as jamais vus qui croient te connaître.
    Et sinon, t’as réussi à me faire culpabiliser pour toutes ces fois où j’ai regardé des photos dans des albums (ou pas dans des albums d’ailleurs). C’est du joli !
    Mais merci pour l’idée cucul quand même, hein.

  9. @edmond: pas le mec qui tourne la tête, le mec qui passe une main devant son visage. ça te dit, sinon, un de ces quatre, une petite gorgée de bière?

  10. Moi qui croyais que tu allais faire ton coming out de naturiste en avouant que c’était toi, au 2nd plan de la Redoute…

  11. Disons que je m’en inspire, j’écris, je t’envoi un brouillon et je te demande ton accord… Mieux?

  12. @ Vieil imbécile : Parce que péter la gueule des gens, par principe, surtout quand on n’a pas à le faire, c’est fun ! Na !
    (Et si B. parle de moi, en fait, ce n’est pas en tant qu’Edmond Prochain… mais « dans la vraie vie ».)

    @ Polydamas : Tu files un mauvais coton, on ne le dira jamais assez.

    @ David : Tu sais bien que je suis toujours dispo pour de petites gorgées de bière ! ;)

  13. Un jour en 1989, nous habitions Nantes, mes parents sont allés à Rome pour une canonisation. Mitraillage de rigueur pendant la cérémonie, la foule, la procession, les prêtres dans la procession, les séminaristes avec les prêtres. Plein de monde, quelques uns en plus gros plan.

    Un jour en 1996, nous venions d’arriver à Paris, mes parents ont invité un des prêtres de la paroisse à dîner.

    Quelle était la probabilité pour qu’il apparaisse, parmi les séminaristes reconnaissables dans la procession ?

    Bel article, belles réflexions. Merci.

  14. Sur le fun de péter la gueule « des gens » par principe, mon instinct est bien d’accord, mais j’essaye de lutter – avec l’aide de Dieu – contre ce lourd penchant… De toute façon, si c’est IRL, je retire tout mon soutien à B. : j’avais pô compris. Et plus, si jamais je rencontre un B. qui ressemble à ton anti-description, j’assume sans frein mon penchant. Gentiment ?

  15. ah ben c’est malin, ça! après c’t’article, toutes les fois qu’on va nous montrer des photos: « et regarde, là, c’est Bertrand
    – roooh! c’est fou c’qui r’semble à son père! »
    nous, au lieu de regarder Bertrand qui r’semble comme un fou à son père, on regardera tous ceux qui sont en 2nd plan et qui sont là per caso…

  16. Un jour dans l’est sauvage, trou plus paumé que celui là tu meurs (300 habitants?) je fais la connaissance d’une charmante dame que je finis par inviter à prendre une tasse de thé et à regarder mes albums photos « scouts » parce qu’elle m’avait avoué avoir été guide dans sa jeunesse…

    Au fil de l’album, elle tombe sur une photo prise en camp école et me dit « mais c’est bidule, là! ma voisine et meilleure amie de quand j’étais une petite fille de l’Ouest parisien… »

    Elles n’avaient pas fait de scoutisme ensemble, mais étaient restées en relations.Résultat, j’ai eu des nouvelles de bidule avec qui j’avais sympathisé à l’époque, mais perdu largement de vue depuis…
    Et comme la situation de bidule n’était pas rigolote, on a commencé avec la dame en question, devenue depuis une bonnne amie, un petit chapelet à ses intentions qui est devenu une habitude lorsque plein d’autres intentions s’y sont rajoutées, hein, par ce qu’il n’y a pas forcément besoin de photos pour savoir qu’à l’arrière plan de nos vies, c’est plus souvent noir et blanc que photo couleur….

  17. @exilé et polydamas : j’adore vos histoires, elles sont trop top. sincèrement.
    @edmond : à bien y réfléchir, pour les Japonais, la France se limite plutôt à Paris et à Chamonix. tss…

  18. c’est vrai que ton article, ça fait un peu « Delerm du Net »… mais c’est très bon ! et tellement vrai !

  19. C’est quoi la taille idéale d’une feuille de salade pour toi Edmond ? (je suis sûre que la baronne de Rotschild a son avis sur la question)

  20. Bon, je vais me replonger dans mes photos pour voir le second plan. Je trouverai surement 2 ou 3 conneries.
    A part ça, bien sure, Picsou magasine est quand même mieux que Pif Gadget.
    En attendant voila une vidéo qui montre bien que dans le cinéma, on a de l’estime pour les second plan : http://www.youtube.com/watch?v=KsLwYnFei-o

    @edmond : tes frites, tu les prends avec de la mayo ou du ketchup ? t es plutot Beatles ou stones ?

  21. @ Mariehelenew : Bon, disons quand même que si on commence à chercher dans les événements cathos, les probabilités augmentent assez fortement, malgré tout…!

    @ fr PLM : Et alors ? ça donnera enfin un peu d’intérêt aux soirées diapos (que je compte parmi les pires méthodes de torture inventées par les hommes). Non ?!

    @ Natalie et exilé : Oui, moi aussi j’aime bien. De toute façon, j’aime bien toutes les coïncidences.

    @ Charlotte : Sans aucune considération de bonne manière et totalement pour l’aspect pratique, je dirais que la taille idéale est à peu près celle qui ne nécessite de replier la feuille qu’une seule fois avant de la piquer à la fourchette. Mais c’est vrai, quoi : on s’est tous retrouvés une fois devant des feuilles de salade gigantesque qu’on ne savait pas par quel bout prendre, ou face à des lamelles rachitiques qui se glissaient inéluctablement entre les dents de la fourchette… Je ne suis quand même pas le seul, si ? ;-)

    @ FX : Mes frites, toujours pures (juste au sel). Et Beatles, évidemment !

  22. 1° installer un logiciel de reconnaissance de visage (picasa?)
    2° le paramétrer (oui en mettant plein de photos et de visages… #feedthetroll quoi)
    3° mettre une photo de manif’ (marche pour la vie)
    4° avoir très peur…

    mais sinon j’aime beaucoup le faire de temps à autre ;-)

  23. Ah, voilà (Merci @Clem de Brest)! J’aime bien ces petites-listes-des-choses-de-la-vie que tu nous glisses deux ou trois fois par an dans tes billets ;o) Et cela me faisait bien penser à l’un ou l’autre auteur. Mais je n’avais pas pensé à Delerm… ni à David…
    PS : Frites, salade, bière… manque plus que le poulet pour un plat (pays) typique de par-ici ;o)

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