Le discernement, c’est maintenant

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Je ne sais pas bien comment aborder la question, au juste, n’ayant pas vraiment le temps d’entrer dans le vif du sujet (des sujets, ai-je même envie de dire, tant ils sont nombreux) et de débattre des questions en jeu, mais j’ai tout de même bien envie de relayer cette initiative, alors voilà :

Koz a parfaitement bien résumé le contexte et les enjeux de cette vidéo ; NM et Henry le Barde ont également apporté des éclairages des plus intéressants. Ce clip a donc été réalisé par SAJE Prod, petite société de production fort sympathique avec laquelle je suis en lien – on va dire – étroit (mais ça, on en reparle très prochainement pour une annonce de projet de dingue – comme on dit sur touitteur : #teasingdemerde), et réalisé (donc – avant que je digresse sur des annonces à venir) à partir du document publié par la Conférence épiscopale en octobre dernier. Le titre était le même que celui de la vidéo, et le contenu avait le grand mérite de bien synthétiser les enjeux pour les échéances électorales à venir… mais aussi pour les mois et les années qui suivront.

Le tout est d’ailleurs regroupé sur une page internet tout ce qu’il y a de plus basique (mais efficace) : Quellesociete2012.fr

J’en entends déjà dire que le clip et les 13 points proposés à notre discernement ne nous donnent pas de consigne de vote aident pas à savoir pour qui voter. Effectivement, non. Et c’est heureux ! L’Église n’est pas là pour nous traiter comme des enfants, en nous expliquant qui nous devons soutenir ; au contraire, comme elle veut voir en nous les adultes responsables que nous sommes (si ! nous le sommes – arrêtez de ricaner au fond). Tout en nous donnant les outils – la « boussole » – pour éclairer notre choix, elle nous laisse choisir en conscience à qui nous choisirons de donner notre voix. Elle ne nous dit pas, comme l’a souligné Koz, « pour qui » voter, mais nous aide à discerner « pour quoi » voter… La décision qui en découle nous appartient, et elle est éminemment respectable dès lors qu’elle est posée en pleine conscience.

D’ailleurs : n’aurait-on pas hurlé si les évêques ou même de simples catholiques avaient prétendu nous dicter notre vote ?

En attendant, nous voici avec de bons outils pour affiner notre réflexion et faire entendre la voix de l’Église dans la société actuelle. Évidemment, tout ne sera pas au goût de tout le monde, mais le message a le mérite d’être franc et les questions d’être posées. Dans une campagne où tout le monde se plaint que les sujets de fond ne soient pas abordés, cette prise de parole peut éventuellement trouver une petite place, par l’écho que nous lui donnerons. A chacun, ensuite, d’en tirer les éléments qui le guideront (ou pas, d’ailleurs), au moment de passer dans l’isoloir.

D’ici là : bon discernement à tous !

*

NB : Merci de ne pas faire des commentaires un espace de tracts pour tel ou tel candidat… La propagande politique, il y a des endroits pour ça !

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19 réflexions sur “Le discernement, c’est maintenant

  1. Halucinant… Mais bon, s’il faut aller voter pour défendre ce qui est « sacré » (dixit), si les cathos sont des défenseurs de valeurs puisqu’ils ne croient plus dans le Christ, il ne faut plus s’étonner que nos églises soient vides.

  2. @ Jean Duma : Les premiers mots du site vers lequel renvoie la vidéo sont : « Chaque personne est unique aux yeux de Dieu. » Ce n’est pas la meilleure façon de noyer le poisson…
    Après, qu’il y ait eu des choix lexicaux pour tenter de parler au plus grand nombre possible, c’est facilement compréhensible, non ? Je vois d’abord une initiative positive (et audacieuse). Certainement pas parfaite, mais avec ce grand mérite d’exister. Me semble-t-il.

  3. Bonjour Edmond P. !
    Merci pour ce post et la vidéo.
    J’avoue mon malaise de chrétien par rapport aux élections à venir. Je sais très bien de quelle sensibilité je suis (de gauche) et quel serait mon candidat « naturel ». Mais, comme toujours avec la vie politique, il va falloir se compromettre, accepter de mitiger. Aucun candidat ne me paraît respecter à la fois la liberté religieuse de toutes les religions, y compris une autre que la mienne, et à la fois la défense de l’embryon ou la fin de vie. L’un me paraîtra insuffisamment rassembleur, insuffisamment respectueux de tous les hommes, qu’ils soient français ou non, sur notre territoire, par exemple. Tel autre aura eu des déclarations troublantes sur l’euthanasie, par exemple.
    La vidéo est sans doute plus équilibrée que je ne l’ai ressenti : c’est sans doute parce que le vote auquel je me prépare me met en porte-à-faux par rapport à mes convictions chrétiennes sur la fin de vie (ou ses débuts), que j’ai l’impression qu’elle met trop unilatéralement en avant ces convictions par rapport aux exigences de la justice sociale, de l’option préférentielle pour les pauvres, etc. J’imagine que si j’avais d’autres opinions, j’aurais un autre regard sur cette vidéo et lui reprocherais exactement l’inverse ?

    En fait, tout cela ne m’aide guère, sinon à m’empêcher de fuir la question et de souffrir de ne pas avoir de réponse simple à lui apporter.

    Je crains, j’espère sans mépris, que beaucoup aient le sentiment que la question serait facile à trancher. Je ne le ressens pas du tout ainsi.

    Je suis allé lire les pages que vous proposez en lien. Elles me laissent sur la même difficulté, ce qui est sans doute bon signe.
    Bon, ce message n’apporte rien, et risque de me valoir quelques remarques acerbes (je parie que je suis un chrétien sans « valeur » et qui ne crois guère au Christ et que j’ai contribué à vider les églises). Mais laissons les trolls se répandre dans l’indifférence la plus générale ! :-)

  4. @rcheno: Pour ma part la vidéo ne m’aide pas non plus à décider pour qui voter, par contre elle m’aide à hiérarchiser les priorités et valeurs dans leur ordre d’importance de la DSE.
    Et là l’option préférentielle pour les pauvres est moins forte que le respect de la vie!
    Ne serait-ce que par ce que pour exercer la charité envers les plus pauvres encore faut-il qu’ils vivent et d’autres par en début et fin de vie les personnes sont les plus pauvres au sens de les plus faibles, encore plus que des personnes sans ressources matérielles. C’est dommage pour François Hollande, mais après ses prises de positions sur l’euthanasie et la recherche sur les embryons au regard de la DSE la question est éliminatoire, option préférentielle pour les pauvres ou pas… Cà ne veut pas dire que d’autres candidats sont des candidats d’adhésion automatiquement, mais le pape a été clair sur notre devoir de catholiques vis à vis des points non négociables lorsque l’on a le choix!

  5. pour moi, le choix est fait…car les positions des principaux protagonistes sont très claires concernant la vie humaine et la vie en société: ceux qui défendent la « fibre sociale » avec des arguments qui détruisent la famille sont incohérents, et qu’en sera-t-il de leurs décisions lorsqu’il s’agira de promouvoir la paix et la fraternité dans un contexte mondial tourmenté? sur quel socle de valeurs?comme le montre bien cette vidéo, comment soutenir le plus pauvre, le plus fragile quel qu’il soit si on commence par le supprimer?

  6. Il n’est pas simple de se décider, si on veut être fidèle à la doctrine sociale de l’Eglise, toute la doctrine; mais il y va de la grandeur de l’homme, ce qui fait toute la différence, il s’agit de la conscience. Bonne conscience, alors!

  7. @rémi: toi, de gauche? ;) J’ai aussi ressenti ça, en regardant la vidéo, la discrétion de cette option préférentielle pour les pauvres, qui me parait pourtant si importante. J’aime bien qu’on puisse être dérangé par une vidéo, mais je lui reconnais de donner le goût pour la campagne, pour comprendre, et bien choisir or c’est difficile pour moi aussi. Mais après tout, je fais partie moi aussi etc etc.
    pour ce qui est du commentaire de Jean Dumà, il aurait pu ne pas être trollesque si, finalement, il avait commencé par dire ce que pouvait produire d’intéressant une telle vidéo. Les propos très virulents d’emblée sont sans doute difficiles à lire, même si, de manière intéressante, il nous interroge sur notre manière de croire en Christ, les valeurs en découlant naturellement. Mais ce n’est qu’une vidéo.
    comme je sens que les phrases du genre « le choix est vite fait » vont pleuvoir dans ces commentaires, je me retire d’ici, je reviendrai sous un autre billet, où l’assurance des uns et des autres cessera d’être mon inquiétude.

  8. @david, que j’aimerai pouvoir dire « le choix est vite fait ». Hélas.

    Cette vidéo est très bien faite, claire et sobre. Elle résume à la perfection les enjeux de 2012. Elle les résume tellement bien que je trouve le « votons en conscience » final, creux et assez irréaliste. Aucun candidat ne répond correctement aux enjeux proposés. Que faire alors ?

  9. @ Rémi et David : Non seulement je comprends, mais j’aurais moi-même aimé une insistance un peu plus forte encore sur les pauvres. Après, ne nous leurrons pas (comme le dit si bien Rémi) : j’ai déjà entendu des avis assez différents sur cette vidéo. Certains, à droite, le trouvent « trop à gauche » ; d’autres, à gauche, le trouvent « assez clairement marqué à droite »… Où est la vérité et le positionnement réel ? Les questions de société sont mises en avant, notamment à travers un rappel des points fondamentaux (ou « non-négociables »), mais la plupart des enjeux sont évoqués… Ceux qui nous sont plus chers que d’autres nous paraissent-ils naturellement trop peu approfondis ? C’est difficile à évaluer.

    Quant aux commentaires sur le mode « le choix est vite fait », j’espère aussi qu’ils ne seront pas trop nombreux ici. Nous avons un outil qui, je crois, invite à se poser des questions, notamment pour identifier les points sur lesquels notre réflexion peut être moins approfondie que d’autres. Saisissons aussi cette chance pour, tous, nous remettre en cause. Et discerner en conscience.

    @ Mèrededieu : Attention tout de même pas à ne pas réduire trop facilement la question du respect de la vie aux « pauvres de demain ». Parce qu’en attendant, il y a des personnes près de nous, aujourd’hui, qui sont particulièrement fragilisées dans la société. Et elles, c’est dès maintenant qu’elles ont besoin de notre aide ! Ce point montre en tout cas que, même s’il existe des enjeux pour l’humanité elle-même, leur traduction concrète dans notre société et la façon de les imbriquer avec ce « service du bien commun sous toutes ses formes » dont parle aussi Benoît XVI n’est pas toujours si simple…

  10. Cher Edmond, Merci pour ton billet !
    Mais je suis étonné… toi qui d’habitude nous parles de sujets graves, tu t’es mis à parler politique… Merci pour le moment de fraîcheur… un vent frais souffle ici !

    Je voudrai apporter une précision… comme tu le dis (si justement) la DSE est une boussole mais ce peuut être aussi un compas ! Certains aiment l’utiliser en équerre afin d’avoir la panoplie du parfait navigateur !

    Sinon, je voudrai partager avec toi et les tiens (oui je te parle toi lecteur) un petit mot de notre Pape bien aîmé, Benoît XVI qui dans l’avion le menant au Mexique a tenu une conférence de presse comme à son habitude maintenant…il a dit ceci…
    « Chez de nombreux catholiques, une certaine schizophrénie entre morale individuelle et publique : personnellement, dans la sphère individuelle, ils sont catholiques, croyants, mais dans la vie publique, ils suivent d’autres routes qui ne correspondent pas aux grandes valeurs de l’Evangile, nécessaires pour l’édification d’une société juste. Il faut donc éduquer à surmonter cette schizophrénie, éduquer non seulement à une morale individuelle, mais à une morale publique. Et ceci nous cherchons à le faire avec la Doctrine sociale de l’Eglise, car naturellement cette morale publique doit être une morale raisonnable, commune et partageable aussi par les non-croyants, une morale de la raison. Bien sûr, dans la lumière de la foi, nous pouvons mieux comprendre de nombreuses réalités que la raison peut également appréhender. Mais la foi sert justement à libérer la raison des intérêts erronés et obscurcis, et ainsi créer, dans la doctrine sociale, les modèles essentiels d’une collaboration politique, en particulier pour surmonter cette division social/antisocial, qui malheureusement existe. »

    Cela devrait nous aider à réflechir…

  11. Personnellement, ce qui m’inquiète, c’est de vouloir absolument poser une étiquette sur ce film. La gauche la droite, mais qu’est ce qu’on s’en … moque? On cherche ce qui nous correspond le mieux, non? Alors je propose de dire un partout et balle au centre. Comme ça tout le monde il est content, et puis on peut chercher les vraies questions.

  12. En fait, droite ou gauche, peu importe. Et ce n’est pas forcément « ce qui nous correspond le mieux » qui l’emporte.
    Regardez, moi, je suis paresseux bien qu’intelligent, je n’aime pas me prendre la tête des heures avec de l’analyse trop poussée, et je suis procrastinateur au plus haut degré (tous ces exemples sont bien sûr purement fictifs… ou pas). Si je prends ce qui me correspond le mieux, je vais voter pour qui ? (Je ne réponds pas à cette question, parce qu’il n’y a pas de réponse : je ne vois aucun candidat paresseux !)
    Bon, évidemment, j’aurais pu aussi dire : regardez, moi, je suis catholique jusqu’au bout des ongles, je prie plusieurs heures par jour, et je passe mes journées et mes soirées à ne bosser que pour le Bon Dieu (tous ces exemples sont bien sûr purement fictifs… ou pas). Si je prends ce qui me correspond le mieux, je vais voter pour qui ? (Je ne réponds pas à cette question, parce qu’il n’y a pas de réponse : je ne vois aucun candidat passer ses journées et ses soirées à ne bosser que pour le Bon Dieu !)
    Bon, évidemment, j’aurais pu aussi dire : …

    Bref : purée, je vote pour qui ? Pour celui qui me semble le mieux possible, ou le moins mauvais possible peut-être… et c’est précisément cela, la politique : rechercher le meilleur POSSIBLE, pas le Bien absolu, qui n’existe qu’en Dieu, qui est Dieu, et que l’on cherche dans la prière et les sacrements pour qu’il diffuse peu à peu dans la société réelle, y compris dans la politique.
    Ça laisse un large champ de possibles, et les choix seront divers, y compris chez les cathos les plus convaincus. Merci à nos évêques, non seulement de nous laisser ce choix, mais de nous le donner en nous rappelant ce qui peut nous aider à le faire.
    Bon courage à tous :)

  13. Et en changeant aussi l’adresse de mon site, sweet Jesus Lord of Mercy ! (Ceci pour éviter une ribambelle d’insultes indignes d’un bon Chrétien !)

  14. @ Frantz : Oui, j’ai eu la même (mauvaise) pensée à propos de la boussole, comme tu t’en doutes bien. En même temps, dans un document épiscopal, faut-il vraiment s’étonner de trouver des symboles maçonniques ?! (Ici, l’auteur de ces lignes file se confesser pour expier la très très grosse vilenie qu’il vient de proférer… Pardon, pardon, pardon ! Je le referai plus ! Promis !)

    @ Piedsbleus : Oui, je suis assez d’accord sur le fait qu’il faut arrêter de vouloir coller des étiquettes sur une réflexion qui, justement, devrait précéder les étiquettes… Voire carrément les dépasser, d’ailleurs.

    @ Vianney : « Bon courage à tous », c’est un peu l’idée, oui…! C’est même presque : « Bonne chance », par moments.
    (Et pour le problème sur les commentaires, le torrent de mon propre agacement se noie dans l’océan de mon impuissance… ça fait un peu justification moisie de collabo, mais c’est hélas vrai. Là aussi : Bon courage à tous !)

  15. @ edmond : je travail pour des supermarché donc je ne compte pas arrêter de coller des étiquettes

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