Quand j’étais blogueur

En passant

1924041_32406792822_398_nMon pauvre David, je n’ai que 7 ans. J’ai appris que l’ami Koz fêtait ses 10 ans… Bon, vous connaissez la chanson, hein. J’aurais pu lui citer Yves Duteil, histoire de lui faire plaisir, mais en même temps ça ne me déplait pas de l’emmerder un peu avec Michel Delpech. Sinon le risque aurait été fort de tomber dans l’émouvant et l’onctueux, alors qu’il aime les vaches. Bref.

On me demande parfois si « ça ne [m]e manque pas, le blog ». Pour être honnête, pas trop, mais il m’arrive malgré tout de repenser avec une pointe de nostalgie à l’époque glorieuse ou la cathosphère se réduisait à quelques poignées de tocards, et où nous pouvions régner en maîtres incontestés sur ce grand site qui a bien foiré qu’était Sacristains (je ne mets pas de lien, devinez pourquoi). De ces années de grand n’importe quoi et d’intenses billets aussi vite oubliés que le prénom du stagiaire, il me reste pourtant quelques perles ineffaçables, à commencer par les amitiés nouées au fil du temps, dont les deux olibrius (cherchez pas, les jeunes, c’est une référence latine) cités plus haut sont de beaux et fidèles spécimens. Et non, je ne me risquerai pas à une liste exhaustive. Trop risqué, et je vous rappelle que j’ai un pseudo, donc peu de courage.

Il est d’assez bon ton, ces derniers temps, de critiquer l’ego ou le caractère du camarade Erwan. Ces reproches sont d’ailleurs très certainement fondés, mais comme je suis assez con moi-même, je ne m’en suis jamais rendu compte. Être une grosse tanche, c’est aussi un art de vivre.

Je me rappelle juste que la toute première fois que Koz m’adressa la parole, en commentaires sous un de ses billets, ce fut pour m’envoyer paître. Je l’avais un peu cherché, d’ailleurs. Depuis, il a aimablement reproduit ce premier mouvement de nombreuses fois, et je crois avoir moi-même régulièrement tancé ce facho, ce gauchiste ou ce sale Breton, selon l’occasion… Le truc avec les blogs et les réseaux sociaux, c’est qu’on a toujours tendance à se croire dans un dialogue exclusif avec la personne à l’autre bout du site. Or les échanges et les réactions s’entremêlent avec à mille autres (comment ça, prétentieux ?), entre une engueulade à la maison sur les vacances, un coup de stress au boulot, un stalker qui vous signale que vous êtes son cousin au 14e degré, une inconnue qui veut juste savoir si ça va, et la douzième personne de la journée qui vous soumet une objection à laquelle vous avez répondu dans le billet que pourtant elle commente… Bref : on se veut unique, et on est un petit point dans la foule. Les internets devaient nous rapprocher ; ils sont peuplés de zéros et de « hein ?! »

Tout ça pour dire qu’il y a des anniversaires qui me rappellent quand même quelques bons souvenirs, et que certains souvenirs valent bien une petite bafouille. Un soir pas loin de Saint-Georges, je faisais pas la kermesse mais j’ai bu une bière avec un vrai type bien. On en a même bu quelques autres depuis, et même en y mettant du mien je n’ai jamais réussi à changer d’avis. C’est con, mais c’est comme ça. Faut dire aussi que pour moi y’a longtemps que c’est fini, je comprends plus grand’chose aujourd’hui mais je lis quand même des choses que j’aime et ça distrait ma vie… Du coup, merci pour ces moments – numériques ou alcooliques – cher Koz. (Et je préfèrerais des espèces, si ça ne t’ennuie pas.)

9 réflexions sur “Quand j’étais blogueur

  1. Je peux au moins confirmer une chose : tu es assez con toi-même et je remercie le Seigneur chaque jour de ne pas t’avoir fait lucide, sinon nous ne serions plus amis.

  2. « Koztoujoursfr ». Qu’est-ce que j’ai fait à WordPress pour mériter ça ?

  3. Parfois difficile à suivre. Un peu tendance à continuer vos conversations entre vous, sans vous soucier beaucoup du passant qui pousse la porte parce qu’il a vu une petite lumière… Mais c’est à l’étranger (!) de s’adapter, n’est-ce- pas ?! Je ne vous en veux pas car vos échanges sont toujours enrichissants…

  4. magnifique cette amitie! merci a toi et koz toujours!!!!!!!!!!!!

  5. J’assume ce côté un peu privé. Tout ce qui est écrit ici aurait dû plutôt être dit hors ligne, mais certains commentaires lus ici et là m’ont poussé à le faire publiquement.
    Après, il ne faut jamais oublier qu’un blogueur n’avait que sa mère et ses amis pour lecteurs à ses débuts, ce qui laisse quelques traces s’il ne se laisse pas trop enivrer (ce qui reste un objectif humain respectable). Du coup, je prends un peu la réflexion comme un compliment… désolé ! :)

  6. En réalité, c’est ton côté pudique qui t’a incité à dire tout cela publiquement plutôt qu’en face à face. La psychologie du blogueur est atypique.

  7. @ koztoujoursfrKOz : C’était bien tenté pour la correction du pseudo sous WordPress, mais ça a encore merdé visiblement !

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