Fourbi et orbi (dans ta librairie)

Blogue, Indispensable (ou pas)

antiseches-cathos-pour-ceux-qui-ont-seche-le-catéIl fallait bien que ça arrive un jour. A force de caser des anecdotes débiles à tout bout de champ – dont un certain nombre concernant l’Eglise – on pouvait se douter que tout cela finirait dans un bouquin. Alors entre deux aventures de Tirdel et Albin, j’ai réussi à trouver un peu de temps pour caser cette petite chose, ce machin, ce truc assez chouette. Le voici donc, tout prêt à venir trainer sur vos étagères (ou dans d’autres pièces moins avouables de la maison, je ne suis pas trop regardant à ce niveau-là).

Comment le décrire ? Eh bien je me réfère ici au titre et (long) sous-titre du bouquin – une curiosité en tant que telle –, qui est peu lisible sur l’image ici mais que voici :

Antisèches cathos pour ceux qui ont séché le caté
Ou plus précisément : Florilège d’informations et anecdotes – authentiques, à défaut d’être toujours indispensables – que vous ignoriez probablement, sur l’Eglise et les catholiques. Ce titre s’est joué à pierre-papier-ciseaux, car l’auteur préférait Curiosités catholiques pour briller en société (ou Fourbi et Orbi). L’éditeur a gagné. Mais ouvrez plutôt ce livre et faites-vous votre propre idée…

Un complément utile et nécessaire au catéchisme, donc, qui tient autant du Manuel des Castors Juniors que du recueil de miscellanées, et dans lequel chacun saura piocher au gré de ses besoins du moment les petites informations qui lui apporteront attention et prestige dans ses dîners mondains. Ou à la machine à café. Ou auprès de ses beaux-parents. Bref.

A titre d’exemples, dans ce « cabinet de curiosités » catholiques (j’avoue, j’aimais vraiment le titre Fourbi et orbi… snif !), vous pourrez apprendre la recette des hosties, combien de papes se sont vraiment appelés Jean, quel saint invoquer en cas de verrues et quels sont les horaires des messes à la basilique Saint-Pierre. Vous retiendrez aussi quel Français a composé l’hymne du Vatican, réviserez quels auteurs célèbres ont été un jour mis à l’Index, saurez désormais que les véliplanchistes ont un saint patron ou quels super-héros sont catholiques… Et vous aurez enfin la réponse à toutes ces questions que vous vous êtes toujours posées : « Mais en fait, l’A.E.P., c’est quoi ? » « Comment relancer la conversation à l’apéro de la paroisse ? » « Quel fut le martyre le plus atroce ? » « Comment aller à Bethléem sans quitter la France ? » « Quels synonymes de prêtre vaut-il mieux éviter d’employer devant son curé ? » « Est-ce que Benoît XVI s’en grille une petite de temps en temps ? » « Suis-je hérétique ? » Et surtout, surtout : « Qu’est-ce que c’est que cette numérotation relou pour les psaumes ? »

Comme je sens que vous ne prenez pas la chose très au sérieux (vous avez tort d’avoir raison), je précise aussi que la réalisation de cet ouvrage a notamment nécessité : 13 mois de travail (dont la moitié après l’arrivée d’un nourrisson à la maison – ceux qui ont des enfants comprendront la performance), 17 paquets de biscuits en forme de dinosaures, 14 litres de thé vert dégustés, 29 litres de thé noir engloutis, 4 stylos noirs épuisés, 2 stylos rouges éreintés, 3 semaines de panne d’ordinateur, 67 « Rondes de nuit » pour calmer mon fils et pouvoir me remettre au boulot, 105 interprétations du « Petit Indien » d’Henri Salvador (pour l’endormir), 314 mails échangés avec mon éditrice, 3 tours de corrections (minimum) pour chaque article et une seule utilisation du terme « odonyme » (ce qui est déjà beaucoup, au fond).

Et grâce à un sens du timing qui frôle la perfection, vous savez donc désormais quoi offrir autour de vous à Noël, avant même d’avoir encore eu le temps de vous poser la question !

Franchement : merci qui ?

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L’Autre et le mème

Indispensable (ou pas)

C’est une campagne de publicité parmi les plus amusantes de ces dernières années. En tout cas à mes yeux, qui sont pleins de petits morceaux de caca – comme chacun sait – mais peu importe… Je me rappelle encore la première fois que je suis tombé sur l’une de ces affiches de la marque de lunettes Krys. Un homme au crâne aussi lisse qu’une réclame de lessive affirmait fièrement : « Avant, j’étais chauve ». Un instant interdit, je me souviens du large sourire qui s’était dessiné sur mon visage devant l’astuce du slogan, et surtout son originalité, là où les concurrents de la marque préfèrent généralement opter pour des slogans « foufous », voire des chanteurs morts.

Bref. Je ne suis pas là pour parler campagnes de com. Juste pour dire que les différentes déclinaisons de cette affiche ont eu le temps de recouvrir quelques murs, et les parodies n’ont pas tardé à pointer le bout de leur nez. Ce n’est peut-être pas le mème le plus populaire du net, mais enfin… une simple recherche dans Google Image suffit pour comprendre le phénomène. A tel point que, je dois l’avouer, il m’est pour certaines impossible de déterminer si l’affiche est réelle ou pastichée.

Mais alors quoi, donc ? Il y a quelque chose d’intéressant dans cette idée qu’un changement de perspective peut nous conduire à réviser totalement notre jugement, à renouveler en profondeur notre regard. Si ce n’était pour vendre des montures de lunettes, je dirais presque qu’il y a une idée chrétienne là-dedans : l’apparence, les jugements, le sentiment, les étiquettes ou le bout de notre nez ne suffiront jamais pour comprendre la profonde vérité d’une personne. Certaines choses se dérobent à notre perception, à notre compréhension, mais elles sont pourtant là, offertes à qui voudra bien les accueillir.

Et puis, voilà, osons-le franchement :

Traditore, traditore

Clin d'oeil, Indispensable (ou pas)

Ceux qui me suivent sur Twitter ou Facebook ont probablement vu passer cet article en début de semaine, dans lequel on apprend (effaré, d’ailleurs) qu’Hachette a commis une nouvelle traduction (« revue ») des aventures du Club des Cinq. Traduire, c’est trahir ; certaines fois davantage que d’autres… et là, on est dedans.

Quand on a comme moi un penchant inavouable pour la littérature populaire, qu’Enid Blyton fait partie d’un panthéon très particulier où figure également en bonne place Paul Féval fils (auteur du très largement – quoique justement – sous-estimé D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac), que Fantômas côtoie Fantômette, mais aussi James Bond, Zorro, Alice Roy (mais était-ce Nancy Drew ?) ou encore ce Docteur March qui n’a jamais été docteur dans les tréfonds de phrases comme je n’en avais plus écrit sur ce blogue d’aussi mal barrées depuis bien longtemps, quand tout ça (donc), on ne peut que ressentir une blessure profonde à cette nouvelle. Profondément profonde, même – c’est dire.

Blessure profonde, dis-je, parce que le Club des Cinq est peut-être l’un des plus magnifiques exemples d’une traduction-adaptation (oserai-je parler d’inculturation ?) finement menée dans la littérature enfantine en France. Tout était fait pour servir l’œuvre en la rendant proche de ses nouveaux lecteurs sans jamais trahir l’original. Si on excepte évidemment les épisodes réécrits par la suite et toutes les déclinaisons déjà en circulation.

Et me voilà à imaginer que les moules à gaufres qui ont osé ce sacrilège s’en prennent demain à l’évangile. Pour l’adapter à un lectorat en perte vertigineuse de vocabulaire et de motivation, s’ils se mettaient à le dépecer à grands coups de simplifications excessives, reformulations hasardeuses, émasculations grammaticales, vulgarités linguistiques et banalités destinées à anéantir le moindre risque de choquer, le tout sous une épaisse couche de bons sentiments qui collent aux fesses doigts…

Du chapitre 2 de l’évangile selon saint Luc, par exemple, que resterait-il ? Pas grand chose, sans doute. Et d’ailleurs, pour que les éditeurs ne se donnent pas ce mal, j’ai décidé de me lancer moi-même dans l’exercice de caviardage massif. Bien entendu, avec une considérable mauvaise foi. (Mais sinon, ça n’aurait pas eu d’intérêt.) Voici donc ce chapitre, tout au présent, en langage courant et dans un vocabulaire limité, politiquement impeccable, sans allusions à la religion et remis dans le contexte contemporain. Mais je laisse quand même les titres de sections et les numéros de versets tels qu’ils figurent dans la traduction pour la liturgie, histoire d’aider chacun à se repérer un minimum.

Le résultat ? Peu amène

*

Évangile selon saint Luc (traduction revue)

– Chapitre 2 –

(Naissance de Jésus et visite des bergers)

(1) Il y a un truc obligatoire qui est publié par le chef Auguste, et qui dit qu’il faut que tout le monde aille dire qu’il existe dans la ville de sa famille. (2) (3) Alors tout le monde obéit.

(4) Du coup, José s’en va de Quimper en Bretagne (c’est là qu’il habite) vers Montpellier, vu qu’il est originaire de là. (5) Et il amène avec lui sa femme Marie, sachant qu’elle attend un bébé. (6) Et puis il se trouve que quand il arrive à Montpellier, Marie sent que leur fils ne va pas tarder à naître. (7) Et ça arrive, alors le bébé devient l’aîné de la famille. On l’habille et on le fait dormir dans un petit lit bien confortable, parce que tout le monde est vraiment sympa avec eux et on se bat pour les accueillir.

(8) Pas loin de là, il y a des écolos qui dorment à la belle étoile. (9) Mais d’un coup il y en a un qui reçoit un SMS (10) qui dit : « T’inkt, lol !!! (11) C just pr te dir k ya tro 1 star ki é né pa loin ! (12) Fo tro k tu viN le voir mdr !!! » (13) Et alors tous leurs portables se mettent à faire de la lumière et à sonner avec (14) une musique qu’on chante à la messe à Noël en sonnerie.

(15) Du coup, tous les écolos se disent qu’ils vont quand même aller voir ce qui se passe, histoire de voir un peu. (16) Heureusement, comme ils ont un GPS, ils trouvent super vite la maternité et ils voient le bébé. (17) Après ça ils racontent à tous leurs amis ce qu’ils ont vu, (18) mais tout le monde trouve ça normal et pas trop étonnant.

(19) Et pendant ce temps là, Marie elle fait de la méditation spirituelle dans son cœur en pensant à tout ce qui se passe. (20)

(Circoncision de Jésus)

(21) Huit jours plus tard, on emmène le bébé à la clinique où un docteur spécialiste ne lui fait rien du tout et surtout pas mal. Et comme ça fait déjà huit jours qu’on l’appelle le bébé, on décide qu’on va plutôt l’appeler Jésus, parce que ses parents ont rêvé avant qu’il fallait l’appeler comme ça.

(Présentation de Jésus au temple et rencontres prophétiques)

(22) Un peu plus tard, c’est le moment de le montrer à la mairie parce que (23) la loi dit que tous les garçons qui sont des aînés nés en premier dans une famille doivent être montrés à la mairie. (24) Et puis il y a aussi une tradition qui oblige aussi à apporter avec deux pigeons ou bien deux moineaux à la place. Sauf que personne ne fait du mal aux petits oiseaux : on les relâche plutôt et ils sont très heureux de s’envoler dans la liberté.

(25) A la mairie, il y a un vieux monsieur très honnête et cool qui est en super connexion spirituelle (26) et qui sait qu’il ne va pas mourir tant qu’il n’a pas vu ce bébé Jésus-là justement. (27) Quand les parents arrivent pour faire les formalités qu’il faut faire, (28) il prend le bébé dans ses bras et il se met à dire tout content : (29) «  Voilà, c’est bon, je vais pouvoir mourir vu que je suis quand même très vieux et que c’est normal à mon âge qu’un jour on s’en aille. (30) En plus, j’ai vu la star que j’avais vraiment très envie de voir et ça c’est cool. » (31) (32)

(33) Mais le papa et la maman du bébé, ils ne comprennent pas tout. (34) Alors le vieux leur dit : « Ce bébé, il va être un super révolutionnaire. (35) Et en plus, il va faire de toi une maman trop contente. »

(36) Après ça, ils croisent encore une autre vieille qui leur raconte aussi des histoires bizarres. (37) (38)

(Enfance de Jésus)

(39) Et puis ensuite ils retournent en Bretagne à Quimper.

(40) Et le petit garçon, il se met à prendre de l’âge et des tailles de vêtements, parce qu’il a quand même du bol.

(Jésus au Temple chez son Père)

(41) (42) (43) (44) (45) (46) (47) (48) (49) (50) (51) (52) En tout cas, une chose est sûre et certaine : il n’a jamais fugué. Jamais.

« Remakes » de quelques paraboles

Indispensable (ou pas)

Il est établi que le Christ s’est adapté constamment à son auditoire au moyen de paraboles pour faire comprendre aux foules la Bonne Nouvelle. Mais on peut quand même parfois se demander si ces fables de La Fontaine de Jésus continuent de parler vraiment aux hommes d’aujourd’hui. C’est là qu’une petite opération de lifting pouvait s’imposer…

Renouant avec son auguste (et autoproclamée) mission de service public, ce blogue (et son humble mais fier rédacteur) est heureux de présenter aujourd’hui une version totalement remasterisée de quelques paraboles parmi les plus célèbres. Le style est plus resserré – d’aucuns diront « plus punchy », sauf que ce n’est pas tellement français quand même -, la narration est simplifiée, les images réadaptées pour l’époque contemporaine, la morale parfois modifiée pour mieux correspondre aux exigences culturelles ou pastorales, etc. Bref : ce sont de véritables petits remakes généreusement offerts pour le bien de tous.

Je laisse les titres originaux ou les éléments qui devraient permettre de reconnaître l’image d’origine. Comme ça, la comparaison reste possible. Même si parfois, je sens qu’elle va être dure quand même (« traduttore traditore« , toussa).

Inutile de me remercier : la satisfaction du travail bien mal fait est ma seule vraie récompense.

*

« Les dix jeunes filles »

(Mt. 25, 1-13)

Dix femmes s’inscrivent pour participer à la « Valise RTL ». Mais seulement la moitié pense à recharger son iPhone. Quand Fabrice appelle enfin, celles qui ne se sont pas occupées de leur batterie sont bien emmerdées.

« Le fils prodigue »

(Lc. 15, 11-32)

Un junior prometteur dans une société cotée en bourse négocie un licenciement pour aller monter sa propre boîte, avec un max de primes de départ. Sa start-up se ramasse comme une merde. Il revient voir son ancien patron qui lui confie un poste à responsabilités. Son ancien binôme tire la gueule.

« La drachme perdue »

(Lc. 15, 8-10)

Une femme joue une pièce de deux euros à un jeu de grattage. Elle perd. Comme elle est bien dégoutée, elle retente sa chance sept ou huit fois, et finit par gagner deux euros. Pour fêter ça, elle rachète un ticket.

« Le pharisien et le publicain »

(Lc. 18, 9-14)

Un Parisien n’arrête pas de se vanter de toutes les propositions spirituelles dont il bénéficie dans la capitale. Un provincial, au contraire, se plaint de devoir faire des kilomètres ne serait-ce que pour aller à la messe. Sauf que lui, au moins, il y est à l’heure.

« Le semeur »

(Mt. 13, 3-9, 18-23)

Un paysan sème dans tous les sens, sans se soucier de l’endroit où tombe son grain. Alors un type bien intentionné vient lui expliquer que puisque de toute façon ça ne pousse que dans la bonne terre, ce n’est pas la peine d’évangéliser ailleurs que dans l’Église.

« Les talents »

(Mt. 25, 14-30)

Trois jeunes ont reçu des talents différents. Celui qui en a eu cinq vise une grande école et en développe cinq autres. Celui qui en a eu trois fait un bon cursus à la fac et en développe trois autres. Celui qui n’en a eu qu’un chouine sur son sort et préfère rester à rien foutre devant la télé. A la fin, il a bien la honte.

« Le figuier stérile »

(Lc. 13, 6-9)

Un homme a un figuier qui ne produit pas de fruits. Il demande à son jardiner de l’arracher, parce que y’en a marre. Le jardinier propose de plutôt faire des greffes avec des branches d’une nouvelle variété de figuier transgénique.

« Le mariage du fils du roi »

(Mt. 22, 1-14)

Un roi invite tout plein de gens pour le mariage de son fils. Mais il y en a un qui doit s’occuper de la cuisson du rôti, un autre qui a Téléfoot et un autre encore qui s’est couché tard la veille. Alors on ferme la paroisse et les gens râlent parce qu’il n’y a plus de curé dispo quand ils veulent pour les mariages et les enterrements.

« Les greniers neufs »

(Lc. 12, 16-21)

Un homme a fait une récolte tellement bonne qu’il veut agrandir ses greniers pour se faire d’immenses réserves de grain. Mais Dieu lui dit : « T’es pas un peu fou, non ? Et si tu mourais cette nuit ? » Du coup, le type vend toute sa récolte et s’achète un billet pour Disneyland.

« Le grain de moutarde »

(Mt. 13, 31-32)

Prenez la flûte à bec : c’est l’un des plus petits de tous les instruments. Mais dès qu’on se met à souffler dedans, elle devient presque aussi insupportable qu’une fanfare tout entière.

« Le bon Samaritain »

(Lc. 10, 30-37)

Une paroisse est bien mal en point. Un nouveau curé est nommé, mais les paroissiens ne l’accueillent pas parce qu’il est trop tradi. Un deuxième lui succède, mais cette fois il est trop progressiste. Alors la paroisse est rattachée à une autre lors d’un regroupement et l’évêque a enfin la paix.

« Le bon grain et l’ivraie »

(Mt. 13, 24-30, 36-43)

Un concepteur web est en pleine réalisation d’un projet ambitieux. Mais le client n’y connait rien et n’arrête pas de lui faire ajouter des widgets à la con. Sauf qu’il s’en fout : à la première mise à jour de la base de donnée, il virera les applis inutiles.

« La maison bâtie sur le roc »

(Mt.7, 24-29)

Le fou construit sa maison au Japon : un tremblement de terre survient, un tsunami le suit de près, et pour couronner le tout une fuite dans une centrale nucléaire proche rend la zone inhabitable. Alors que le sage, lui, s’est plutôt choisi un pays où ce genre d’emmerdes est rare.

« Les premiers seront derniers »

(Mt. 20, 1-16)

Un État met en place un système pour favoriser les activités culturelles. Une partie des intermittents passe son temps à courir les cachets pour travailler ; les autres font juste le minimum d’heures imposées par la loi. Au final, tout le monde a droit aux mêmes indemnités.

« Le blé qui pousse secrètement »

(Mc. 4, 26-29)

Le Royaume de Dieu, c’est comme un grain de blé qui pousse silencieusement dans un champ. On ne fait rien pour l’aider, mais il pousse quand même, jusqu’à donner un bel épi. Et puis un jour, un type vient lui dire qu’on est dans un pays laïc et fait faucher ce blé obscurantiste.

« Le juge inique »

(Lc. 18, 1-18)

Un juge malhonnête est harcelé jour et nuit par une pauvre femme qui réclame qu’il lui rende justice. Il finit par obtenir une injonction lui interdisant de l’approcher à moins de cent mètres.

« Les deux fils »

(Mt. 21, 28-32)

Un homme demande demande à deux de ses enfants de lui rendre un service. Le premier dit oui, mais n’y va pas. Le second dit non, et n’y va pas non plus. Alors le curé fait ses feuilles de messe tout seul.

« La brebis égarée »

(Mt. 18, 12-13)

Si l’un d’entre vous a cent brebis et en perd quatre-vingt-dix-neuf, ne reste-t-il pas à s’occuper quand même de la dernière, jusqu’à ce qu’elle s’en aille elle aussi ?

Prière à sainte Marie des Réunions

Indispensable (ou pas)

Ô vous,

Sainte Marie des Réunions,

Qui veillez sur nos soirs comme sur nos longs week-ends,

Qui pourvoyez, qui remplissez,

(D’une main généreuse et d’une mesure bien tassée,)

Nos heures et nos jours, et nos périodes creuses

De longs palabres aussi utiles qu’une vitrine sans appuie-tête.

*

Si j’ai choisi de vous importuner

– Sans même faire de rimes, alors que j’aurais pu –

C’est pour implorer votre aide miséricordieuse

Face à ces multiples organismes

Qui croient bon de réunir leurs membres et leurs sympathisants

(Voire même parfois de pauvres otages d’un soir un peu hébétés de se retrouver là)

A intervalle régulier.

*

Sans vous,

Autant vous le dire,

Ça va pas être possible.

*

Durant les compte-rendus interminables, enseignez-nous la patience ;

Durant les tours de table, donnez l’esprit de synthèse (aux autres) ;

Durant les présentations Powerpoint, préservez-nous des animations à la con.

Face aux anciens responsables, apprenez-nous le silence poli ;

Face aux acharnés des processus clairs, inspirez-nous de nouveaux gribouillages sympas ;

Face aux idées de génie à 10 minutes de la fin… trouvez une solution.

Et surtout, surtout :

Pour cet abruti qui dégaine son agenda au moment de partir, rappelez-nous le devoir de charité !

*

Épargnez-nous les témoignages sans relief ni rapport,

Évitez-nous les dépouillements de questionnaires de satisfaction,

Délivrez-nous des regards réprobateurs pour celui qui tente une plaisanterie,

Préservez-nous de ceux qui s’affirment seulement dans l’opposition,

Et empêchez tous ces acharnés de remettre le moindre sujet à une autre réunion…

*

Dans votre insondable bonté,

Faites, je vous en supplie,

Disparaître toutes ces phrases qui commencent par « Et » :

Et puis… Et sinon… Et alors… Et d’ailleurs… Et en même temps… Et je me disais…

Et toi ?

*

Tant que vous y serez,

Faites de même avec celles qui commencent par « Ou », « Mais » et « Sauf que ».

*

Prenez pitié de nous,

Par pitié !

Soulagez nos agendas déjà bien trop chargés.

Ne venez pas y ajouter des acronymes obscurs et imbitables.

Et ne nous soumettez pas au chantage affectif…

*

Ô sainte Marie des Réunions,

Patronne de l’Eglise de en qui est en France,

Donnez-nous de belles et productives réunions.

Mais pas ce soir !

L’histoire véritable et néanmoins authentique de saint Chrétique

Indispensable (ou pas)

En plein cœur du siècle qui le vit naître, saint Chrétique naquit dans une famille nombreuse et unie, de l’amour de deux parents : son père et sa mère. Après la découverte de quelques frères dans les choux et d’une poignée de sœurs dans les roses, la légende veut qu’on ait découvert saint Chrétique dans un plant de rhubarbe (c’est dire s’il montra très tôt de grandes dispositions pour la compote).

Dès son plus jeune âge, il s’employa à grandir comme un grand, ce qui n’était pas une mince affaire et força le respect, sinon de son père, tout au moins de ses hagiographes futurs. Alors qu’il n’était alors qu’un enfant et goûtait innocemment la candeur juvénile de l’enfance, le petit Chrétique montrait d’admirables aptitudes à se laisser prendre à ses propres jeux : c’est avec un plaisir non dissimulé qu’il se racontait de belles histoires en mélangeant toutes sortes de mythes et de récits entendus çà et là dans son entourage.

Touchante carence à sa perfection précoce, néanmoins, il souffrait hélas d’une fâcheuse manie : celle de s’égarer plus souvent qu’à son tour. C’est ainsi qu’il se perdit plus d’une fois dans son propre jardin, causant la plus grande inquiétude à ses parents qui le voyaient disparaître derrière les haies. Sa façon bien à lui de se croire chez lui partout lui valut également bien souvent de ne plus savoir où il vivait, et de croire habiter chez l’un ou chez l’autre alternativement et sans que cela lui paraisse spécialement contradictoire. C’était, disait-on, que le petit avait « autant de tête que son oncle Thomas » ; dans un émouvant souvenir familial d’un cousin qui avait exercé jadis quelque charge auprès d’un roi d’Angleterre.

Pourtant Chrétique, de son oncle Thomas, n’avait bien que la tête. C’est ainsi qu’on l’apercevait régulièrement, passant de maison en maison pour mendier quelques gouttes de pain ou un maigre quignon de soupe. Et il rentrait ensuite chez lui, tout heureux, dodelinant de la tête et de l’arrière-train, pour mélanger les vagues ingrédients collectés et en tirer une étonnante mixture inconsistante dont il disait fièrement : « C’est moi qui l’ai fait ! »

Pour une raison qu’on n’explique guère (la peur de représailles, sans doute), Chrétique devint en grandissant assez populaire dans la région. Ses histoires, racontées le soir au coin du feu ou à la nuit devant une bonne flambée, ravissaient petits, grands et piécettes qu’on lui cédait de bon cœur à chaque nouvelle ovation de son public, pourtant habituel. Car le jeune homme avait un secret : très vite, il s’était aperçu que les humains ont une mémoire des plus limitées, et qu’on pouvait ainsi leur raconter de multiples et nombreuses fois à la suite, sans cesse, le même récit, du moment que celui-ci flattait leurs bas instincts, la foi en leur propre intelligence, leurs préjugés préalablement considérés comme vérités établies, et toutes sortes d’autres choses pourvu que les phrases fussent trop longue pour qu’on puisse, à leur terme, dire avec certitude quel en était exactement le point de départ. Et cette bonne fortune fut donc à l’origine de la sienne.

Cependant, Chrétique était malgré tout un garçon néanmoins consciencieux. Il avait compris avant l’heure que son siècle serait religieux ou serait autre chose, mais qu’il valait mieux ne pas trop froisser les croyants de tout poil (quoique, pas seulement les barbus). C’est ainsi qu’il avait pris l’habitude d’honorer les dieux et divinités de chacun et chacune, voire parfois même de tous, les uns après les autres. Il se retrouvait alors à pratiquer des sacrifices à la chaîne, afin de satisfaire aux rites les plus divers et parfois variés, dont certains étaient même – lui affirmait-on – des coutumes. L’usage d’alors (précisons-le entre parenthèses pour les moins avertis des lecteurs) était de sacrifier de jeunes veaux (qui, précisons-le aussi, n’étaient à l’époque pas encore des électeurs) sur des autels levés à la hâte.

La légende veut que ce soit la multiplication des tables qui ait fini par avoir raison de ce beau geste d’ouverture, qu’on n’hésita pas non plus à qualifier de message d’espoir. Face au déraisonnable développement des croyances, le lieu des sacrifices se mit peu à peu à ressembler à un véritable abattoir. Et faute de remplacer les bêtes offertes par de la choucroute, on finit par en avoir la nausée à l’heure des égorgements.

Voilà comment saint Chrétique en vint à prononcer cette fameuse phrase qui, non seulement le rendit célèbre, mais encore conduisit à l’élever lui-même sur d’autres autels (moins tachés) pour avoir réussi à imposer la synthèse d’innombrables religions en une même spiritualité cosmique vouée au développement personnel (mais solidaire). Notre héros, encore jeune et vigoureux, n’y tenant plus, s’écria un matin, consterné :

« Tout ce veau ! tout ce veau ! »

Le saint-chrétisme était né.

Bingomélie : le jeu qui va vous changer la messe

Indispensable (ou pas)

Souviens-toi, vous tous autant que tu êtes. C’était au temps où écouter le moindre sermon à la messe te plongeait dans une ardente contemplation du Christ en croix. Patiemment, tu endurais ta « passion » (ce qui est assez logique, quand on y pense), tu écoutais sagement le prêtre s’embrouiller dans ses digressions interminables et ses élucubrations post-évangéliques.

Je parle de cette période au passé, parce que l’époque où tu devais supporter l’ennui profond que t’inspiraient les homélies dominicales est désormais révolue. Et je ne dis évidemment pas ça pour ceux qui ont un curé suffisamment passionnant pour les passionner tout du long et – paradoxalement, du coup – leur épargner une passion passive. Non, je parle pour les autres, ceux qui ont un curé normal.

Voilà déjà quelques années que je tente de procurer à mes lecteurs une maigre distraction hebdomadaire, sous forme d’interrogations sur le sujet choisi pour la bédédudimanche. Mais je te propose aujourd’hui d’aller encore plus loin en te proposant (attention, accroche-toi à ta souris, c’est une exclu intersidérale) :

le BINGOMÉLIE !

(Tu as le droit de faire « Ooooooh… »)

Grâce à ce jeu unique, tu vas enfin pouvoir t’occuper intelligemment, et en profiter pour augmenter ton niveau d’attention ! Étonnant, non ?

La règle est, de fait, d’une simplicité enfantine, et tu vas voir que tu vas rendre tous les enfants des chaises alentours jaloux avec ta superbe grille colorée. A chaque fois que le prêtre prononce l’une des expressions inscrites sur la grille, ou fais allusion à l’un des thèmes qui y sont mentionnés, coche la case correspondante (tu peux aussi y déposer un petit jeton, si tu as une tablette sur laquelle déposer ton plateau de jeu). Dès que tu réussis à remplir une ligne complète de cinq cases – soit en largeur, soit en hauteur, soit en diagonale – lève-toi et crie bien fort : « Bingo ! » Le premier à lancer ce cri dans l’église est le gagnant.

Celui qui réussit à m’envoyer une photo de la tête du curé à cet instant précis est par ailleurs nommé Mon Héros Éternel.

Amuse-toi bien…

L’Evangile à la Une

Indispensable (ou pas), Médias

Le thème est presque récurrent, et c’est vrai que la question est intéressante : comment aurions-nous réagi si le Christ n’était pas venu il y a deux mille ans mais aujourd’hui ? L’aurions-nous suivi ? l’aurions-nous seulement cru ? l’aurions-nous condamné nous aussi ? Au-delà de l’interrogation personnelle, il est évident que cette question n’a pas énormément de sens, dans la mesure où le contexte historique, médiatique et culturel n’a aucun rapport.

Et pourtant… Par le petit bout de la lorgnette (mais c’est une habitude ici, alors on s’y fait), comment la presse que nous connaissons tous aurait-elle pu rapporter les différentes étapes de la vie de ce Jésus au parcours si peu ordinaire ? Je tente l’exercice de style, chaque publication intervenant une seule fois au cours de la vie du Christ (sinon, on n’aurait pas fini). En espérant que la « photographie » sera à peu près fidèle, pas tant d’ailleurs à l’Évangile qu’aux titres eux-mêmes, à leurs sujets et approches de prédilection.

Un seul constat, au final : heureusement… on a échappé à ça !

*

Insolite : Une femme accouche dans une étable. (Le Parisien / Aujourd’hui en France)

De retour de Bethléem, le témoignage bouleversant de Balthazar. (Paris Match)

Hérode : un règne sur le déclin ? (Point de vue)

Vierge et mère : c’est possible. (Elle)

Que faire quand l’enfant fugue ? (Parents)

Nazareth : un foyer presque ordinaire. (Famille chrétienne)

Style : Oser la peau de chameau. (GQ)

Jésus : Le scandale autour de sa naissance ! (France dimanche)

Tentation : l’échec. (Rock & Folk)

L’eau changée en vin, comment ça marche. (Science et vie)

Les reconversions en plein boom. (Les Echos)

Lévi : « Pour lui, j’abandonne tout. » (VSD)

Retrouver l’essence du judaïsme. (Réforme)

Spécial amitié : tout est possible ! (Le Journal de Mickey)

Pharisiens et Francs-Maçons. (Le Point)

Spiritualité(s) : Le grand réveil. (La Vie)

Disciples : les meilleures filières. (L’Etudiant)

Antiennes paraboliques. (20 minutes)

Intrigante Galilée. (Géo)

Marie-Mad : de catin à catho… la cata ! (Charlie Hebdo)

Le Nazaréen : jusqu’où peut-il aller ? (Le Nouvel Observateur)

Jésus de Nazareth. Les photos de sa sainte colère. (Public)

« Détruisez ce temple ? » Enquête auprès des nouveaux iconoclastes. (Marianne)

Faut-il repenser le système religieux ? (La Tribune)

Jésus peut-il vraiment être le Messie ? (Le Monde diplomatique)

Pierre : « Oui, j’irai jusqu’au bout. » (Le JDD)

Pourquoi l’obole de la veuve vaut davantage. (L’Expansion)

Isaïe, le prophète qui nous parle aujourd’hui. (Historia)

L’amour en héritage. (Télérama)

Marcher sur l’eau ou rester dans la barque ? (Réponse à tout)

Pour qui se prend-il ? (Minute)

« Lève-toi et marche ! » (L’Equipe)

C’est l’hallu finale ! (Libération)

Le grand classement des meilleurs guérisseurs. (L’Express)

Vers une réforme de la législation en matière d’adultère. (Le Monde)

Marthe et Marie : les amies fidèles. (Gala)

Qui sait où il nous mène ? (La Croix)

Rencontre avec Jean : La lumière et la grâce. (Panorama)

Le choc Barabbas. (Les Inrockuptibles)

Christ. Pourquoi il inquiète les prêtres. (Valeurs actuelles)

La rébellion, oui. La religion, non. (L’Humanité)

Jérusalem, la ville éternelle. (Pèlerin)

Spécial transport à dos d’âne. (Auto-Moto)

L’entrée triomphale ! (Le Figaro)

Mon fils, ce héros. (Notre temps)

Célébrer la Pâque entre amis. (Arts et décoration)

Jésus / Judas : le torchon brûle ! (Closer)

Les meilleurs placements en deniers. (Capital)

La trahison. (Métro)

Sale temps pour les prophètes. (Courrier international)

Ecce homo ? (Voici)

Torturé atrocement en public. (Le Nouveau détective)

15h. Le rideau du temple se déchire. (France Soir)

Et le Verbe a pris cher… (Le Canard enchaîné)

Les espoirs brisés. Comment ils nous accablent, comment on s’en relève. (Psychologies magazine)

Tout sur la technique du suaire. (Photo)

Il est vivant ! (Il est vivant)

Pierre s’empare des affaires… mais de quel droit ? (Golias)

Le christianisme a-t-il un avenir sans le Christ ? (Témoignage chrétien)

L’Évangile : le scénario que tout Hollywood s’arrache. (Studio-Ciné-Live)

Tes parents (cathos)

Indispensable (ou pas)

P’tite variation de pas grand chose très vaguement inspirée par la « tante » de Natalia… Ou plutôt par les différentes « tantes » qu’on pourrait avoir, les uns les autres. Et puis les oncles aussi. Et puis même qu’en vrai ce seraient pas des oncles ou des tantes mais des parents (ce qui – d’ailleurs – n’est pas fondamentalement incompatible). On a tous été baignés dans une culture différente, qui nous conduit à avoir un peu de mal à accepter tel ou tel profil. Sauf s’il faut vraiment, peut-être ? Ou juste si on décide de se regarder différemment.

David, qui m’a fait l’amitié de me relire, m’a rappelé gentiment de ne pas oublier quand même les « sans voix », ceux qui sont cathos mais qui n’appartiennent pas à un « clan ». Qui croient, certains jours qui croient un peu moins. Qui ne comprennent pas tout bien à l’Église et au langage des catholiques. David n’a pas tort, évidemment. Je sais aussi qu’on est essentiellement « entre nous », alors sans les oublier j’ose un petit clin d’œil à presque tout le monde. En espérant que personne ne sera vexé au passage : il y en a normalement pour tous les (dé)goûts.

Ah oui, au fait : ça se marmonne sur l’air de « Tes parents », de Vincent Delerm.

***

Tes parents seront p’t-être

Pour le mariage des prêtres

Branchés sur RCF

Abonnés à La Nef

Chez tes parents dans c’cas-là

Y’aura Panorama

Le Jésus de Duquesne

Et on mang’ra des graines

*

Mais tes parents si ça tombe

Sont plutôt Hautecombe

Tout l’été à Paray

Fans de Monseigneur Rey

Bras en l’air à la messe

Toujours le feu aux fesses

Leurs débats enragés

Sont sur Medjugorje

*

J’suis prêt à tout accepter

ADV ou CCFD

J’suis prêt à faire des concessions

Brûler des cierges en procession

J’suis prêt à tout pour qu’ça passe

Faire semblant d’avoir lu Maurras

Dire du mal du curé à table

Choisir les hosties « équitables »

*

Mais tes parents pourquoi pas

Vont à Saint-Nicolas

Ils feraient deux cent bornes

Pour une messe dans les normes

P’t-être quand même qu’il faudrait

Leur dire s’ils insistaient

Que la r’traite au Barroux

Ils la feront sans nous

*

Mais tes parents c’est crédible

Prennent des cours sur la Bible

Ils viennent juste d’accepter

De donner le caté

Les trucs qui les défrisent

C’est tout ce qui divise

Tes parents ont des airs

De cathos ordinaires

*

J’suis prêt à tout accepter

Du Messe et chants au Cantate

Prêt à trahir mes convictions

Râler après la communion

J’suis prêt à tout pour qu’ça passe

Chanter du Jo Akepsimas

Rire avec Mgr Vingt-Trois

Et même m’abonner à La Croix

*

Mais tes parents c’est peut-être des gens bien

Qui vont s’asseoir au fond et qui disent rien

Et puis qui d’mandent : « Est-ce que vous voudrez venir avec nous à la messe demain matin ? »

Avec ta mère qui veut toujours te donner une pièce pour la quête

Même si tu gagnes bien plus que sa retraite

Et puis ton père qui me demande :

« Alors Edmond, quand est-ce que vous faites un billet un petit peu moins parisien ? »

(Soupir.)

*

J’suis prêt à tout pour qu’ça passe

M’asseoir dans l’coffre d’un monospace

Le petit dernier sur les genoux

Marie m’a tellement parlé de vous…

Apprends-moi

Indispensable (ou pas)

Seigneur, apprends-moi la joie.

Sans rire.

Seigneur, apprends-moi la patience.

Mais vite.

Seigneur, apprends-moi la délicatesse.

Bordel.

Seigneur, apprends-moi l’écoute.

T’entends ?

Seigneur, apprends-moi le renoncement.

J’y tiens.

Seigneur, apprends-moi la paix.

Et que ça saute !

Seigneur, apprends-moi la douceur.

Plus fort.

Seigneur, apprends-moi le partage.

Rien qu’à moi.

Seigneur, apprends-moi.

Ou pas.