Le Cathologue : Peut-on encore trouver des arguments originaux pour aller aux JMJ ?

Blogue, En passant

Un concours de vidéos pour inviter des jeunes aux prochaines Journées mondiales de la jeunesse (à Rio en 2013) ? Il n’en faut pas plus à Jérôme et Damien pour se lancer, avec la complicité pas toujours bienveillante de Chloé, dans une grande recherche des meilleures pires raisons de participer à ce grand événement.

Et du coup, tout le monde va en prendre pour son grade, à commencer par ce mauvais esprit si terriblement français…

*

Quelques rappels : la boutique officielle des t-shirts du Cathologue, la page Facebook de la série, ainsi que celles des différents coproducteurs : L’1visible, KTO, SAJE Prod.

Publicités

Le Cathologue : Comment devenir irrésistible aux yeux d’une jeune catholique pratiquante ?

Blogue, En passant

Et si on laissait de côté cette semaine les sujets catéchétiques (ou pas, d’ailleurs) pour s’intéresser à une vraie question de société ? C’est ce qu’ont dû se dire Jérôme et Damien, avant de se lancer dans des conseils de séduction à destination de la génération JMJ.

Il n’est d’ailleurs pas certain que toutes les claques se perdent…

*

Quelques rappels : la boutique officielle des t-shirts du Cathologue, la page Facebook de la série, ainsi que celles des différents coproducteurs : L’1visible, KTO, SAJE Prod.

Vous n’écoutiez pas beaucoup au catéchisme ? … lui non plus !

Blogue

Au rythme des publications sur ce blogue ces derniers mois, les plus sagaces d’entre toi l’auront compris : je te fais des infidélités, ô fidèle lecteur. C’est vrai, je te trompe. Je comprends que ce soit douloureux, mais ne te voile pas la face : ça fait bien longtemps que tu sais – même si tu refusais de l’admettre – que je regarde ailleurs. Oui, j’ai déjà eu des aventures l’an dernier, mais tu t’es raisonné en te disant que ce ne seraient que des passades. Mais là, pardonne-moi, j’ai bien peur que ce ne soit un peu plus sérieux, et que cette histoire-là soit faite pour durer plus longtemps. Car on s’ennuie de tout, mon ange, c’est une loi de la nature ; ce n’est pas ma faute… Je dirai même plus : « C’est mon droit et c’est comme ça ». Mais que je sois infidèle n’implique pas nécessairement que vous soyez cocus. En tout cas, j’espère !

Alors voilà : il s’appelle Jérôme. Et Damien. Et Chloé. Et Hugo. Ce n’est pas un livre, mais une mini-série que j’ai contribué à concevoir et à écrire ces derniers mois. Le bébé s’appelle donc Le Cathologue, et on ne va pas tarder à en parler assez sérieusement. Déjà, quelques médias bruissent de l’info, qui circule sur le web de bouche de druide à oreille de druide.

Mais plus précisément : de quoi ça s’agit ?

Tout simplement d’un programme court et (très) décalé, coproduit par L’1visible, SAJE Prod et KTO. C’est donc, si je ne m’abuse, la toute première série télé catholique humoristique professionnelle. Ce qui fait beaucoup d’adjectifs, tout de même. Le projet a même reçu le soutien du Centre national de la cinématographie (CNC) – c’est dire si j’ai des raisons d’être plutôt pas fâché de m’être investi là-dedans avec Hubert de Torcy.

Tout ça pour l’histoire de deux étudiants qui entreprennent de poster des cours de caté en vidéo sur internet, mais qui se heurtent à l’incompétence crasse et à l’esprit totalement foldingue de celui des deux qui présente l’émission (Jérôme). Remarquez d’ailleurs que l’autre (Damien), c’est pas beaucoup mieux, car il a une formation plus solide mais il est trop timide (« émotif ») pour passer à la caméra. S’ajoutent à cela leur jolie voisine (Chloé), pas vraiment dupe du succès de leur programme, mais qui vient régulièrement squatter chez eux, et un troisième coloc (Hugo), qui lui pour le coup s’en cogne totalement. Au final, les épisodes sont une sorte de making-of ou de bêtisier de ce qu’ils essaient de faire sans jamais y parvenir.

Les compères y abordent de grands sujets de foi, à travers des questions aussi essentielles que (par exemple) : « La brebis perdue est-elle un irresponsable ? » (sic), « La Vierge Marie était-elle vierge ? » ou encore « Comment se confesser sans douleur ? » Le tout sur une ligne de crête humoristique, puisqu’il s’agit d’essayer d’être drôle sans manquer de respect aux croyants. Ça tombe pas trop mal, cela dit, parce que je suis moi-même croyant, et je n’ai pas trop l’intention de me manquer de respect (sinon je m’en colle une, direct !). Le Cathologue, ce n’est pas de l’humour pour les cathos, ni de l’humour contre les cathos : c’est de l’humour avec les cathos. Et j’ose croire que ça peut faire toute la différence. Le défi d’adapter, d’une certaine façon, l’esprit de ce blogue dans une série décalée, avec pour objectif de créer un vrai divertissement d’humour… c’était trop tentant !

La saison 1 devrait normalement compter 24 épisodes de 3’30 environ, sachant que 10 sont déjà dans la boîte et qu’il va falloir sérieusement qu’on se mette à rédiger la suite… Et tout commence jeudi soir à 20h35 sur KTO, sur l’appli mobile de L’1visible et sur le web.

En attendant, voici déjà un petit teaser :

Page de pub (2) : le « Dico catho »

Blogue

Rassurez-vous, mes petits canards, c’est la dernière annonce de ce type (tout au moins pour le moment – l’avenir, c’est comme le Coca-Cola et le « gratin surprise » de mamie, on ne sait jamais complètement de quoi il sera fait). Il se trouve simplement que j’ai un deuxième ouvrage à sortir cette semaine de mes poches. Ou plutôt, des poches que j’ai trainées sous mes yeux une bonne partie de l’année dernière. Mais je dis pas ça non plus pour faire pleurer (ou si peu).

Parallèlement aux Disciples aux Éditions de l’Emmanuel, BD tous publics mais quand même un peu plus pour les adultes malgré l’absence notable de contenu pornographique, voici donc le Dico catho, qui sort ce vendredi chez MAME, un livre coécrit avec le philosophe Paul Clavier et (joliment) illustré par « Mademoiselle » Anne Bordenave, avec quelques dossiers complémentaires d’Aliénor Rousseau et Joséphine Bataille.

Alors, en quelques mots, de quoi ça s’agit-il, cette fois ?

Eh bien ce Dico catho est un bon gros pavé destiné en priorité aux jeunes. « Bon gros pavé », parce que du haut de ses 330 pages – et malgré un prix tout à fait modeste, au kilo – il pèse tout de même son petit poids. « Destiné en priorité aux jeunes », parce qu’il a été conçu comme une réponse à cette éternelle interrogation de tout parent grand-parent parrain marraine adulte invité à venir célébrer la profession de foi ou la confirmation d’un proche : « Mon Dieu, mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui offrir d’intelligent ? » J’ai l’honneur de vous annoncer que les jours de cette question sont désormais comptés, face à la réponse indiscutable qui sort donc cette semaine en librairie. (A noter que cette réponse peut également marcher pour un cadeau de Noël ou d’anniversaire… Il n’y a guère que pour une bar-mitzvah que ce ne serait pas du meilleur goût.)

    

Le Dico catho, c’est donc, histoire d’expliquer un peu, une sorte de grand lexique d’une centaine de mots expliqués aux ados et aux étudiants. On se balade ainsi dans le vocabulaire de la foi et de la culture chrétienne, en partant d’Absolu pour arriver à Vocation, avec par exemple des pauses sur les aires suivantes : Apôtres, Communion, Famille, Grâce, Miracles, Prière, Résurrection et même Sexe… Rien de spécialement original sur le fond : il s’agit essentiellement d’une explication de ce que dit l’Église sur tous ces sujets. C’est davantage sur la forme que nous avons travaillés, formidablement aidés par Charlotte, notre éditrice et petite maman : nous avons essayé d’expliquer sans tomber dans une simplification qui prendrait les lecteurs pour des demeurés, et nous nous sommes appliqués à le faire sur un ton suffisamment vivant et léger pour que la lecture soit agréable.

A ce propos, nous avons même renoncé à notre idée de coller une bande d’antidérapant sur la couverture : c’est dire si nous avons confiance dans le fait que ce livre ne tombera pas des mains de ses lecteurs ! Nos traumatismes respectifs de livres reçus pendant notre propre adolescence et encore jamais ouverts à ce jour ne sont probablement pas pour rien dans cet effort, d’ailleurs.

Bref : tout en sachant parfaitement qu’une bonne part des habitués de ce blogue ont déjà passé la « date limite de consommation », je me permets de faire la retape de ce livre dont on est quand même un peu contents, Paul et moi… Comme le souligne Mgr Dubost dans la préface, c’est un peu comme du chocolat : on peut tout avaler d’un coup ou le savourer par petits morceaux. Voire même le partager à plusieurs et en faire un outil à la source d’échanges avec les jeunes de notre entourage (en famille ou en aumônerie).

Et ceux qui n’aimeront pas pourront toujours avantageusement caler un meuble avec.

Le miracle des lourdes

Humeur(s)

On ne parle pas assez de santé sur ce blogue. C’est un tort (et j’en entends déjà qui vont me dire que, ces derniers temps, on n’y parle pas assez tout court). La santé, c’est important. Même si le Christ a dit qu’il n’était pas venu pour les bien portants – parce qu’en vrai c’était une image : il fait rien qu’à guérir des malades pour les rendre tous bien portants, d’abord.

En plus, il faut bien avouer qu’en matière de santé, les chrétiens sont gâtés. Grâce à qui ? grâce à notre pote le site Etudes-americaines.com ! Pas un mois qui passe sans qu’on ait droit à une nouvelle étude « très sérieuse » pour lier la religion à tel ou tel sujet de santé publique. De quoi alimenter de la brève pour pas cher et faire gentiment rigoler parce que – soyons sérieux – on sait bien qu’il ne faut pas prendre ça trop au sérieux.

Et c’est ainsi qu’on aura appris ces dernières années, en vrac :

  • que les croyants vivent plus longtemps (mais ça, c’est logique, puisque la foi augmente l’Espérance de Vie !) ;
  • qu’aller à l’église rend plus heureux que la moyenne, surtout les femmes (et pan dans tes dents Nietzsche le relou qui vient sans cesse me dire que les cathos ont vraiment pas des tronches de ressuscités) ;
  • que croire en Dieu aide à moins boire et moins fumer (tagada-tsoin-tsoin, mais j’ai pas retrouvé de lien) ;
  • que la foi permet d’être plus détendu, mieux armé contre les aléas de la vie, de mieux dormir, de limiter les dépressions, d’avoir moins de problèmes cardiaques, d’être plus beau, moins con, meilleur amant

Bref. Personne n’y accorde globalement plus d’importance que ça, mais ça fait joli dans les dîners et sourire à la machine à café (effet collatéral intéressant, d’ailleurs : sourire, c’est aussi bon pour la santé). Avec tout ça, on comprend juste vaguement que la foi doit avoir un lien avec une certaine sérénité intérieure qui serait meilleure pour l’organisme qu’un stress perpétuel… D’où, sans doute, le succès des moines et des retraites en monastères.

Et puis : patatras ! Il est fini le temps des cathédrales des études positives sur la foi. Ce coup-ci, les croyants vont dérouiller, et sévèrement : voici venir l’étude américaine qui vous découragera de mettre les pieds dans votre paroisse (deux-points-ouvrez-les-guillemets) : « Aller à l’église, ça rend gros ». Si, si. C’est Libé qui le dit. Et Libé ne sort évidemment pas cette info du chapeau : Time a consacré un article au sujet, en reprenant les conclusions de l’étude.

Il faut bien reconnaître le poids de la découverte : réussir à prouver que croire en Dieu rend obèse, c’est énorme. Sacré coup dans le lard des religieux de tout poil. On voit déjà (gros comme une maison) les messages publicitaires : « Pour votre santé, évitez de trop fréquenter la paroisse ». Faut dire que si y mettre les pieds une fois par semaine suffit à vous faire doubler ou tripler de volume, il y a de quoi réfléchir un peu avant d’aller se gaver de messes et de temps de prière. Non ?

La grâce enfin vaincue par la graisse ? On imagine déjà les (gros) titres des journaux. Et les discriminations que ça pourrait engendrer : toutes ces personnes en surpoids désignées à la vindicte populaire comme autant de grenouilles de bénitier qui se seraient faites aussi grosses que le bœuf ! On ose à peine envisager que, dans la foulée, les magasins de vêtements spécialisés dans les grandes tailles pourraient être interdits pour non-respect de la laïcité. Seule une manifestation nationale réunissant des millions de personnes pourrait alors sauver les albums d’Astérix de l’autodafé citoyen, car – faudra-t-il hélas le rappeler – Obélix n’est pas gros, seulement un peu enveloppé. Un peu forte, cette adipeuse fiction ? j’attends de voir : le dossier ne cesse de s’épaissir, il s’étoffe, s’élargit, gonfle, se dilate ; le voilà déjà bouffi, distendu… Les caricaturistes s’en donneraient à cœur-joie. « Les cathos, obèses comme des lapins ? » On aurait l’air malins, tiens !

Comme si ça ne nous suffisait pas, nous croyants, d’être déjà statistiquement des femmes âgées qui votent plutôt à droite, il va falloir en plus qu’on soit tous collectivement des grosses. En procession pour le pèlerinage des lourdes ? non merci !

Car en fait, je nous rassure, l’étude n’est pas si négative que les titres peuvent le laisser penser. D’abord, on est en droit de nuancer la chose par la situation un peu particulière des États-Unis sur les questions de poids. Et puis surtout, l’explication que les chercheurs avancent pour justifier le phénomène est bien loin de nous jeter la prière avec l’eau du bain… En réalité, si les rangs des églises s’élargissent, c’est surtout parce que les croyants qui les fréquentent y nouent un réseau social plus ample et imposant qu’ailleurs. A l’heure où tant de gens fouillent sur Facebook les strates de leurs plus antiques amitiés à la recherche d’un peu de compagnie sur internet, les chrétiens se rencontrent et sympathisent IRL (it’s really large).

Le rapport ? il est, certes, mince, mais pas complètement à la masse : comme ces gens-là savent vivre, ils s’empressent d’aller échanger autour de quelque banquet où ils s’adonnent à la gourmandise sans (on l’espère) céder à la gloutonnerie. Résultat, ils grossissent davantage. CQFD (ce qui favorise Dukan).

Pas sûr que la conclusion soit si négative que ça, finalement : les cathos prennent du poids, mais ils ont des amis.

La grâce et la graisse sont donc réunies : c’est le miracle des lourdes.

2011 : le Denier s’anime

Effets de buzz

Puisque c’est la saison : un mot sur le denier. Celui de l’Église. Tu sais : la modeste contribution qu’on nous demande de verser à notre paroisse pour l’aider à fonctionner et à continuer de nous fournir gratuitement au long de l’année services et sacrements.

D’ailleurs, je dis « modeste » contribution, mais c’est à chacun de voir : il n’est pas interdit, quand on a des tas de sous, de donner des tas de sous aussi. L’important étant surtout de donner quand même, y compris quand on en a peu (5 euros symboliquement, c’est un beau geste). Ne serait-ce que parce que les prêtres, eux, ne vivent que de ça ; et ils ne sont même plus les seuls aujourd’hui. Enfin : tu vois avec ta conscience, hein !

Et donc, je disais que c’est la saison : on arrive à cette période de l’année où les diocèses se lancent dans des campagnes de com pour rappeler aux fidèles et aux moins fidèles l’importance du denier pour l’Église. L’an dernier, les diocèses de l’Ouest s’étaient démarqués avec une publicité marrante et décalée. De fait, d’ailleurs, le décalage semble être une carte qui a été souvent jouée, comme en témoigne ce billet de Marc Favreau sur les différentes campagnes 2010.

Apparemment, seul le diocèse de Fréjus-Toulon s’était vraiment lancé dans la production d’une vidéo l’an dernier. Le résultat (un pastiche du film Le Petit Nicolas), baptisé « Le Petit Maximin » était amusant mais un peu fauché quand même, et pas totalement abouti. Mais il faut reconnaître au diocèse son esprit d’innovation !

Cette année, je prends le pari que la vidéo va être l’élément dont on parlera dans les campagnes du denier. Trois sont déjà sorties : Toulon recommence (j’ai envie de dire « évidemment ») avec une parodie kitschouille de « Questions pour un champion », l’Eglise catholique de en qui est en France s’y essaie avec l’appui de KTO, et le diocèse de Saint-Etienne se lance à son tour dans la course.

Alors, au jeu de celui qui fera le plus de buzz, je veux bien poser mes pronostics. Toulon devrait amuser, mais je me demande s’ils réussiront à dépasser une étiquette un peu « ringarde » qu’on risque de leur coller assez vite pour leurs comédiens amateurs et leurs incrustations approximatives… Personnellement, je ne suis pas sûr que le choix de quelque chose d’aussi ambitieux sur le papier soit forcément la bonne option, mais on verra. Clairement, je ne vois pas comment le clip « KTO » peut faire autrement que se ramasser. On va encore me dire que je suis dur, mais pardon : voir des personnes réciter sans aucune spontanéité (et parfois même sans conviction) un texte qu’on leur a écrit à l’avance devant un fond de couleur vert marron qui vire sur le bleu orangé (qui a dit « moche » ?), le tout sur une musique dont les jeux vidéos des années 1990 ne voudraient même pas… euh… sans moi ! Mais c’était gentil quand même d’avoir essayé !

Reste le clip de Saint-Étienne. Mon favori, pour tout un tas de raisons. Leur vidéo fait l’effort de jouer une carte franchement décalée tout en expliquant concrètement à quoi sert le denier. Plutôt intelligent, comme démarche. On peut aisément imaginer que ces formes résolument contemporaines de communiquer (en cherchant à faire comprendre au plus grand nombre le sens profond d’un message, plutôt qu’en le limitant à quelques initiés) ont un bel avenir devant elles. Pour le moment, c’est un pari… mais un joli, qui a toutes les chances de dépasser les limites géographiques du diocèse.

Sans compter la cerise sur le gâteau : Mgr Lebrun, l’évêque de Saint-Etienne, a accepté de mouiller lui-même sa chemise pour faire passer le message ! Alors que bien des campagnes acceptent aujourd’hui de jouer le décalage mais sans l’associer directement à la figure des prêtres et des évêques, alors que les clips humoristiques se multiplient essentiellement dans des associations et des mouvements indépendamment des diocèses, en voilà un qui choisit visiblement d’incarner sa campagne personnellement. Et rien que pour ça (sauf arrivée ces prochains jours d’une autre campagne mieux réalisée), je mise tout sur ce clip pour buzzer le plus… Chapeau bas, Monseigneur !

Juste une petite info, pour finir : vérification faite, l’autre comédien de la vidéo, avec son fort accent stéphanois, est réellement l’économe du diocèse… Eh non : ils n’ont même pas eu besoin de faire venir un comédien !

Catholiques pratiquement

News

Quand on discute un peu avec un musulman (oui, je sais, je suis un déglingo, des fois) et qu’on amène la conversation sur la vision qu’il a des catholiques (genre, le mec, complètement frappé, quoi !), la réponse ne se fait généralement pas attendre. Et elle n’est pas forcément douce à l’oreille. Un catholique (moyen), pour un musulman (moyen), ce n’est pas d’abord un vieux facho de droite un peu raciste sur les bords. Ça, c’est la définition d’un Français moyen, si j’ai bien lu la presse. Non, non : un catholique pour un musulman c’est avant tout [spoiler] quelqu’un qui ne prie pas.

Fais l’expérience chez toi avec des amis, tu verras : c’est très amusant. Ou pas.

En général, c’est le moment où je commence à démentir et à sortir des preuves pour montrer au musulman ignorant que, non, pauvre fou, tu as tout faux, c’est un peu plus compliqué que ça, et d’abord c’est même pas vrai, blablabla… En général, des arguments, j’en trouve tout un gros paquet : des messes, des pélés, des groupes de prière (haha ! gotcha !), des chapelets, blablabla… En général, je finis par lui asséner l’argument ultime qui va lui refroidir le slip le calmer sévère : Môôaaaa, je prie !

Oui, mais là non. Là, je peux pas. Ça tient plus. TNS-Sofres m’a tuer.

Pourtant, ça commençait pas trop mal. Le titre de l’article qui a déboulé sur mon écran sentait bon le triomphalisme à peu de frais, le youpi tralala de parvis et la victoire en priant deux fois : « L’Église catholique a une assez bonne image dans l’opinion ». Héhé… Dans ta face l’anticléricalisme ! C’est nous qu’on est les meilleurs, amen de gloire de bon sang sur le bois de la croix ! Le sel de la terre, on t’en met une belle cartouche dans le fondement… La lumière du monde, c’est encore nous : on est les lampions, on est les lampions, on est, on est, on est les lampions !

Mais cet enthousiasme, bien que très festif, fut de courte durée. Il suffisait de commencer à lire le détail du sondage (mais qui fait ça, de nos jours ?) pour voir que dans l’ensemble de la population française, c’est en fait un peu moins d’un Français sur deux qui a une bonne opinion de l’Église. Et un peu moins d’un sur trois qui a une bonne opinion du pape – ce qui est pour le coup encore anormalement élevé, après les efforts courageusement déployés depuis le début de son pontificat pour saper son autorité.

Soit dit en passant, j’aurais quand même dû me méfier un peu : le sondage a été réalisé pour Pèlerin. Comme un précédent sondage de sinistre mémoire pour mon moral… L’expression « sondage Pèlerin » va-t-elle devenir un synonyme de « voile déchiré sur lequel était peinte l’illusion de notre bonheur » ? Je ne suis même pas trop sûr que les pauvres journalistes qui y travaillent aient envie de se traîner cette image.

Et donc, un peu plus loin, le coup de grâce. A la question : « A quelle fréquence vous arrive-t-il de prier ? » 56% des jeunes catholiques interrogés ont simplement répondu… qu’ils ne priaient jamais. 56% !! Et même si cette catégorie ne représente que 11% d’un échantillon de 1070 personnes, même si ça ne fait au final que 66 jeunes cathos pris au hasard d’un sondage, même s’ils se sont dits « catholiques » et pas « catholiques pratiquants », c’est une réalité plutôt dure à avaler. Peut-être que les musulmans avec qui il m’est arrivé de parler de foi avaient raison : peut-être les catholiques ne sont-ils effectivement pas ce qu’ils pourraient être. Les musulmans prient, même les bouddhistes prient… et nous ? Sommes-nous des « croyants pratiquement » ?

Car je ne me fais pas énormément d’illusions : en dehors des catholiques-vachement-pratiquants-messalisants-yeah-man, parmi les individus qui acceptent d’être définis comme cathos mais qui ne se reconnaissent pas trop ni dans le discours de l’Église ni dans ses rites, quelles peuvent bien être les « valeurs refuges » ? Qu’est-ce qui pourraient encore donner le sentiment d’être chrétien ? Le message d’amour du Christ, oui, d’accord… mais peut-être la prière, non ? Une prière personnelle, voulue comme un lien direct avec Dieu sans l’encombrement des intermédiaires cléricaux. Mais non ! même pas ! Et si la prière est si peu une réalité pour les jeunes catholiques pris dans leur ensemble, n’est-ce pas d’abord et surtout parce que les plus fervents d’entre eux ne savent pas donner le goût, le sens et l’importance de cette prière ?

Nous serions alors une religion de croyants qui prient peu, trop peu, dramatiquement trop peu. Et si nous en sommes là, il n’existe alors qu’une seule solution : faire silence et entrer en prière. Encore.

Villes cathos : des réserves naturelles ?

Humeur(s)

Communautarisme – quitte à dire des gros mots, je préfère les lâcher tout de suite. C’est ce qu’on rétorquera, souvent à raison peut-être, à toute tentative de reconstituer un petit « entre-soi » catholique, peu importe le lieu ou la manière. Et le communautarisme, ben c’est pas bien. Bouh !

Jolie matière à débats, en tout cas, que ce reportage diffusé dimanche dans l’émission 66 minutes (sur M6). Qu’est-ce qu’on y voit ? Une ville en plein développement aux États-Unis, en Floride, avec une particularité : elle a été fondée en 2007 par un catholique… pour des catholiques ! Et le lieu affiche franchement la couleur : Ave Maria, ça s’appelle. C’est sûr que dans le genre on doit pouvoir faire plus discret, voire même plus œcuménique. A l’origine du projet, on trouve le créateur de la chaîne Domino’s Pizza, Tom Monaghan, qu’on peut voir dans le sujet de M6 présenter et défendre sa ville. On y aperçoit aussi une famille de onze enfants (oui, je sais : plus cliché, tu meurs) et – entre autres choses amusantes – on apprend que la ville comprend une grande université, qu’il n’y a qu’un seul pub et qu’on ne trouve aucun contraceptif dans les magasins… Autant dire que c’est de l’enquête fouillée et certainement exempte du moindre présupposé. Mais passons, parce qu’après visionnage il en ressort quand même une relative bienveillance à l’égard de ces Américains légèrement excentriques (ce qui est probablement un pléonasme, d’ailleurs). Pas de quoi fouetter une brebis dans le portrait de cette « ville 100% catho », selon moi.

Pour t’en faire une idée, c’est regardable ici :

Spontanément, j’ai commencé par voir la chose d’un œil assez suspicieux. Mais je suis un garçon qui porte parfois l’esprit de contradiction aussi haut que son surmoi est bas, et il a suffi qu’un proche émette un avis définitif du type : « C’est mauvais, nous sommes appelés à vivre notre foi dans le monde, ces gens n’ont rien compris » pour que je sois pris de l’irrépressible envie de soutenir la thèse inverse ! Rassure-toi quand même : jusqu’à une certaine limite.

Il est évident que le principe même de notre foi est d’être partagée et annoncée au plus grand nombre… Dès lors, s’enfermer dans de petits ghettos remplis de gens comme nous, comme d’ailleurs se regrouper sur des réseaux (dits) sociaux confessionnels, n’est-ce pas trahir notre mission fondamentale ? C’est sûr, on se tient chaud… mais c’est pas comme ça qu’on va réchauffer le monde autour.

Pour prendre une autre image : à énergie consommée équivalente, on éclaire bien mieux avec mille petites lampes qu’avec un seul très grand spot.

Mais est-ce que l’un empêche vraiment l’autre ? Il y a un petit détail qui m’a trotté dans la tête après avoir vu ce reportage et auquel le journaliste n’a pas – à mon sens – accordé toute l’importance qu’il aurait fallu… Certes, ces cathos américains habitent un lieu qu’ils ont reconstitué à leur image (tiens, tiens… y’a peut-être comme un souci, quand on regarde les choses sous cet angle), mais on nous dit aussi que presque tous travaillent pour l’université de la ville. Là, si j’avais tenu la caméra et le micro, je serais allé creuser un peu. Et s’il fallait plutôt considérer les choses dans l’autre sens ? Si le point névralgique du reportage était cette université qu’on ne fait finalement qu’apercevoir ? Sur le plan que j’ai placé en illustration de l’article, elle occupe quand même de loin la plus large place… Alors la « ville catho » deviendrait en priorité un environnement catholique pour des étudiants. Une université « vraiment catholique », conçue pour (bien) former des catholiques d’aujourd’hui, et à la marge portée par une petite communauté très soudée. On ne serait alors pas vraiment dans cette image de ghetto-chic présenté par le reportage de 66 minutes. Quelques milliers de personnes, à l’échelle des États-Unis, est-ce vraiment plus qu’un petit foyer de personnes ?

Ceci pour rééquilibrer le regard porté sur le projet. Je n’ai toujours pas d’avis tranché sur la question et je continue d’être un peu interpellé par ce qui m’apparaît quand même de prime abord comme un sacré retrait du monde… Comme la reconstitution d’une « réserve protégée » de croyants. Je n’en voudrai à personne d’y voir le signe d’un repli identitaire, voire même un aveu de déclin.

Quoi de plus naturel que d’émettre des réserves… sur le principe des réserves ?

Mais ne nous voilons pas la face avec notre distanciation européenne teintée de laïcitéàlafrançaise (je l’écris volontairement comme ça parce que c’est vraiment une notion en tant que telle !) : des réserves de cathos, on en a. Moins marquées, peut-être, mais bien réelles. On a des Versailles, des hospitalités de Lourdes, des retraites de Taizé et des sessions de Paray-le-Monial. Et c’est pas parce que je mets des choses très différentes dans le même sac qu’il n’y a pas un peu de vrai là-dedans. On a même, pour certains, nos journaux (ou pas), nos médias télé ou radio, nos associations favorites, nos librairies, nos lieux d’échange, nos groupes de musique, nos écoles privées (là, les exemples sont vraiment trop nombreux), nos blogues préférés… Toutes ces petites choses qui, mises bout-à-bout, finiront bien par recréer une forme de communautarisme ou d’entre-soi. Il n’est pas interdit d’y penser avant de repousser dédaigneusement des initiatives comme celle d’Ave Maria. En sommes-nous toujours si loin que nous le voudrions ?

Est-ce que j’aurais envie de vivre là ? C’est vrai que le ciel est sacrément bleu, que les gens ont l’air gentils, que les messes dans cette cathédrale doivent être drôlement priantes… mais finalement, je ne pense pas. Ça manque un peu de véritables choses à découvrir chez l’autre, ça manque d’aspérités. Ça manque de mission, aussi, évidemment. Et je ne me fais même pas d’illusion : l’image de petit paradis sur terre ne peut pas tromper, je n’arrive pas à croire à la parfaite harmonie dépeinte. Les cathos ne sont pas meilleurs que les autres (tout juste leur foi les garde-t-elle peut-être de devenir pires que les autres !), et il doit bien y avoir des mesquineries entre voisins, des divergences de points de vue, des sales cons à la caisse de la librairie et des bagarres occasionnelles.

Mais le reportage aura au moins eu le mérite de m’interpeller sur le sujet. D’ailleurs, quand on y réfléchit, j’ai fait quoi juste après l’avoir vu ? je me suis empressé de partager mes réflexions… à mon réseau catho. Bref, on est pas rendus !

Le retour du Jésus ?

News

C’est une époque de guerre civile.

À bord de vaisseaux médiatiques opérant à partir d’une base cachée, les Rebelles ont remporté leur première victoire sur la maléfique Église catholique.

Au cours de la bataille, des espions Rebelles ont réussi à dérober les plans secrets de l’arme absolue de l’Église : l’Étoile de la Morale, un dogme spécial blindé doté d’un armement assez puissant pour annihiler une conscience tout entière.

Poursuivie par les sbires sinistres de l’Église, la princesse Laïcité file vers sa base dans son bon-droit cosmique, porteuse des plans volés à l’ennemi qui pourront sauver son peuple et restaurer la paix dans la République…

(Thème orchestral qui fout grave les poils à tout le monde.)

*

C’est le genre de chose qui pourrait bien en surprendre plus d’un : les cathos sont de retour ! Qui ça ? Mais si, vous savez : ces vilains réacs « messalisants » qui prônent une morale rétrograde et sont probablement des ennemis de la République, des libertés individuelles, de la laïcité, du zizi pratiqué joyeusement, des droits de l’homme, des droits de la femme, des droits des animaux, de la tolérance, du progrès scientifique, du rock et des mouchoirs jetables. Ils reviennent, qu’on te dit ! Même que c’est un phénomène suffisamment surprenant pour être observé.

C’est pourtant pas faute de les avoir boutés dehors autant qu’on pouvait à grand coup de pieds dans leur culs-bénis : voilà qu’ils rappliquent par toutes les fenêtres possibles. En vrac : en chanson, dans le débat public, au ciné, en politique. Et faut bien dire que ça commence à faire beaucoup…

Commençons par la chanson (oui, j’ai pas eu le courage d’écrire « musique », j’ai encore des valeurs). Le pays, qui n’est pas à une contradiction près, n’a rien trouvé de mieux à faire que se précipiter pour acheter l’album du groupe Les Prêtres au printemps dernier. Après une belle saison de victoires médiatiques à grand coup de (pseudo) révélations de pédophilie. On croit rêver… ah non, mince, faut éviter les croyances (c’est pas laïc-frienly) ! Bon, alors on doute de rêver… Et m… ! ça marche pas non plus ! Oh, et puis zut, passons.

L’été est arrivé. Les cathos se sont réveillés, ils ont parlé des Roms. Ils ont râlé. On a même pu supposer que le pape prenait part au débat, avec un subtil propos sur l’accueil des « légitimes diversités humaines ». Ça chauffait dans les rédactions : Benoit XVI, Che Guevara : même combat ? In fine, l’incident est quasi-clos aujourd’hui. Mais les polémiques entre ceux qui veulent absolument faire du sermon du pape une condamnation de la politique du gouvernement français sur les Roms et ceux qui tiennent à cantonner sa phrase à un commentaire de l’Évangile, ces polémiques semblent juste occulter un petit détail, peut-être pas si anodin : intentionnellement orientée ou pas, le propos reste ce qu’il est ! Il y a une question à se poser au regard de l’Évangile… Condamnation ou coïncidence, peu importe finalement.

En attendant, les catholiques redevenaient des gaucho-compatibles, ce que tout le monde avait l’air d’avoir oublié. Malgré La Vie, qui en profite pour se demander – fond de commerce oblige – si Dieu est de gauche (on en rit encore, tant la plaisanterie était bien sentie – note ici que ce n’est pas ironique : j’adore cette Une).

Et puis bon, tout ça c’est du pipi de chat, tout radioactif soit-il, à côté de l’arme nucléaire (note ici que je file habilement la métaphore de la radioactivité) dégainée ensuite par l’Église : Des hommes et des dieux. Le film de Xavier Beauvois sur les moines de Tibhirine a – contre toute attente – déjà chatouillé les 2.000.000 de tickets vendus. Quand on pense que le film n’est même pas vraiment catho, ça fait tout drôle… Alors ça y est : l’Église trouve le moyen de revenir sans même rien faire pour ? On la matraque pour ses positions sur le capuchon, les capuches reviennent en force ? On est pas rendus…

Je passe sur le dernier épisode : la tentative (comment le dire charitablement ? « lourdingue » ?) de reconquête des cathos tendance « carte d’électeur » par le président de la République. Les commentateurs sportifs journalistes qui ont couvert l’événement ne se sont d’ailleurs pas trompés sur la valeur réelle de l’événement : Nicolas Sarkozy s’est signé quatre fois. Ah ouais, quand même ! Alors on s’amuse à polémiquer poliment sur le sujet… et les cathos dans tout ça ? Je sais pas trop. En ce qui me concerne, j’aurais tendance à plutôt réclamer des actes. Comment le président répond-il à cette attente ? Par des signes : il se signe ! Je n’ai rien contre les signes d’une façon générale (d’autant que celui-ci est – on peut le dire – assez crucial pour un croyant), mais faudrait voir à ne pas s’arrêter là. Je reçois le message : j’attends maintenant son actualisation. (Un Dont acte, en somme.)

Pendant ce temps là, l’objection de conscience est reconnue par le Conseil de l’Europe (qui, je le rappelle, n’a rien à voir avec l’Union Européenne). C’est chouette. Reste plus qu’à l’appliquer, en France par exemple, et on se réjouira complètement.

Bref. Concluons avec lourdeur. Inutile d’agiter une menace fantoche, malgré l’attaque des clowns, la revanche des signes peut nous donner un nouvel espoir : l’Église contre-attaque, même si c’est pas encore parfaitement le retour du Jésus. Voilà.

Petites contrariétés des détenteurs de carte de presse

News

Les catholiques sont plutôt des gens contrariants. C’est un peu comme s’ils avaient décidé, dès les origines, qu’ils ne feraient rien comme tout le monde et qu’ils n’en manqueraient pas une pour agacer le bon citoyen lambda. Surtout le citoyen lambda muni d’une carte de presse, d’ailleurs.

Rien de spécialement étonnant à cela, quand on se donne la peine d’y penser (mais c’est déjà un effort – ne nous fatiguons pas trop dès le début d’un billet) : une religion qui n’est même pas fichue d’avoir un Père fondateur et se contente d’un Fils à Papa aux origines troubles, lequel non content de jouer les raconteurs d’histoires durant une tournée de trois ans en Palestine, ne trouve rien de mieux à faire que d’aller mourir lamentablement dans un supplice parmi les plus terribles que l’humanité ait connu. Après un tel démarrage, on aurait pu espérer que les disciples du Bonhomme auraient eu la présence d’esprit de se faire discrets. Las ! il a fallu qu’ils crient victoire face à cette défaite manifeste et incontestable. La suite, tout le monde la connait : forts des quelques grammes d’espoir qu’ils dealaient à toutes les misères du monde et tous les simplets qu’ils ont croisés (soit des personnes généralement non munies d’une carte de presse), ils ont lancé un petit business qui s’est révélé plutôt florissant. Et qui perdure encore aujourd’hui et continue de faire des ravages, malgré les efforts quotidiens de salubrité intellectuelle entrepris par les détenteurs de carte de presse.

A la tête de leur bazar, ils placent généralement un vieux en robe – d’ordinaire, ils choisissent le moins avenant qu’ils puissent trouver, surtout pour l’actuel – qu’ils baladent autour du monde avec des chapeaux moches et des chaussures ridicules. On s’amuse comme on peut, tu me diras.

En fait, ce qu’il est intéressant de noter avec le vieux en robe, c’est essentiellement qu’il n’a pas le charisme de son prédécesseur. Lequel était aussi un sale vilain réac, mais plus personne ne s’en rappelle trop et ce serait dommage d’en reparler parce que ça enlèverait une critique toute faite de l’actuel. Donc bon : côté charisme, c’était mieux avant. Côté ouverture, aussi : ça manque cruellement de lecture des Inrocks, tout ça… enfin, moi j’dis ça, hein !

L’ennui, c’est qu’en plus de cumuler tous ces petits défauts bien agaçants, il a aussi cette manie qui semble donc héréditaire chez les amateurs de goupillon : il est plutôt contrariant. Ainsi, quand il part dans un pays – prenons, au hasard, le Royaume-Uni – il apparait évident à toute personne dotée d’une intelligence (ou d’une carte de presse – ça va souvent de pair) que ce déplacement sera un échec. Pour les raisons évoquées plus haut. En toute logique. C’est imparable, puisque tout le monde voit bien que ça ne peut pas être autrement.

Mais comme il faut bien justifier de temps en temps sa carte de presse, entre deux sujets sur le dernier Marc Lévy et sur les après-rasages bio, on tentera de jeter un œil distrait à ce qui se passe lors du voyage précédemment mentionné. Heureusement, dans ces cas-là, on a aussi quelques jolies casseroles qu’on s’est employé les années précédentes à accrocher derrière le vieux qui porte des robes : on peut les ressasser, on reste en terrain connu, c’est sécurisant. Alors, bien sûr, il faut généralement un peu prêter l’œil pour finir par dégoter deux ou trois opposants manifestes au milieu d’une foule faussement enthousiaste, mais par bonheur la nature a su doter les détenteurs de carte de presse d’un habile regard fort bien exercé à cette tâche. On a beau ne pas être sur place, on trouve.

Sauf qu’au bout d’un moment, ça ne passe pas : on a parlé pendant une dizaine de jours de l’échec inévitable du voyage, mais il faudra admettre à la toute fin que, bon, d’accord, pour cette fois ça n’a pas été autant un échec que ce qu’on avait prévu. Même que, peut-être, éventuellement, ça aurait été un relatif succès éclatant, mais faudrait voir à pas trop pousser non plus, et puis c’est déjà du passé, n’en parlons plus et attendons sagement le prochain échec inévitable.

C’est pas bon pour l’ulcère d’être trop contrarié.