Le blogue d'Edmond Prochain

21 décembre 2012

Le Cathologue : pas décédé, DVD !

Classé dans : Blogue — Edmond Prochain @ 16:03
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dvd-cathologueComme le répète parfois un bon copain : Tout a une fin (sauf le saucisson, qui en a deux). C’est vrai des haricots, des vacances, du soleil, des pâtes au thon, de Harry Potter, du monde (une autre fois), de Gérard Depardieu en France, de la vie, de Star Wars, de l’homme, et même – paraît-il – du Cathologue.

Oui, le 24e épisode de la saison 1 est bien le dernier. Jérôme et Damien rangent leur caméra et arrêtent de maltraiter le catéchisme chaque semaine. J’en entends déjà certains se réjouir : voilà, enfin débarrassés de ce truc ! D’autres vont sûrement pleurer cet arrêt… mais je suis sûr qu’il y aura très bientôt des gens pour lancer de nouveaux projets originaux !

En attendant, le DVD de la série est sorti. Un bien beau disque, qui est autant un souvenir qu’une façon de prolonger cette histoire. Régulièrement, la production a reçu des demandes d’aumôneries qui demandaient des épisodes pour pouvoir les diffuser en début de soirée avec des jeunes, pour initier un débat ou juste une discussion, détendre l’atmosphère, dans des salles sans accès à internet. Le DVD répond donc à ce besoin-là, en premier lieu. Et puis aussi au désir de ceux qui voudraient en avoir un peu plus : il contient non seulement les 24 épisodes, mais aussi un "Bonus +50%" totalement inédit, avec des bêtisiers, des scènes coupées, des interviews, un making of, des décryptages et quelques surprises… Bref : c’est l’objet idéal pour tout fan de la série, mais aussi un joli cadeau estampillé "catho" sans être ennuyeux.

Et alors, du coup : la fin ? On est entre nous, on ne va pas se mentir : il est certes possible qu’une saison 2 soit faite un jour… mais c’est un possible assez peu probable, pour tout un tas de raisons qu’il serait trop long d’expliquer ici. Sans compter que ce ne serait même pas très intéressant. Disons simplement qu’une série comme Le Cathologue, ça n’a l’air de rien, mais c’est compliqué à faire. Rien que financièrement, ça coûte un bras et ça ne rapporte quasiment que la satisfaction de l’avoir faite (qui est immense, certes, mais allez vous faire cuire une satisfaction, pour voir si ça nourrit son homme !). Une chose est sûre, en revanche, et je crois que ça vaut le coup de le dire : l’arrêt de la série n’a rien à voir avec les critiques qu’elle a essuyées. Depuis le début, tous les partenaires ont été un soutien sans faille, les scénarios n’ont subi presque aucune censure (il y a eu des demandes de changements, mais souvent justifiées) et aucun obstacle sérieux ne s’est dressé sur la route de ce projet. Ca mérite d’être souligné, car j’ai trop souvent entendu des critiques à l’encontre de l’Eglise ou des catholiques venant de gens dont les projets se terminaient…

Si je vais plus loin, c’est même probablement une bonne chose que Le Cathologue s’arrête. C’est un beau projet, mais sa capacité de renouvellement n’aurait pas été infinie. Au moins, là, on a un ensemble cohérent, avec un début et une vraie fin, avec une progression, des réussites, des foirages… Un projet humain, quoi ! Tout n’a pas été réussi, bien sûr. La volonté affichée de réaliser un programme d’humour "gratuit", sans ambition démesurée de "faire passer un message" (même s’il y a nécessairement, à mes yeux, un message qui passe toujours) n’a pas toujours été comprise. Peut-être que l’humour lui-même n’a pas toujours visé juste… Mais je répète ici ce que je disais au lancement de la série : le but n’a jamais été de faire de l’humour pour les cathos, ni de l’humour contre le cathos, mais juste de l’humour avec les cathos. J’entends le reproche sur le manque de contenu catéchétique, je comprends que cet aspect ait pu dérouter, mais ça n’a en tout cas rien à voir avec une façon de prendre la foi à la légère – et j’estime pour ma part que la seule existence du Dico catho suffit à répondre à cette suspicion (et je crois que la bio d’Hubert de Torcy peut le disculper tout aussi facilement). En tout cas, à mes yeux, c’est un projet dont on peut, dans l’ensemble, être fiers. Parce que c’était un défi assez fou, qu’on a imaginé, qu’on a mené à bien avec toute une équipe soudée. Un certain nombre de retours presse (hors presse chrétienne) viennent conforter cette impression.

C’est donc une page qui se tourne. Mais d’autres projets viendront, j’en suis certain… car, vous le savez bien, chez les chrétiens, il y a toujours quelque chose après la fin !

17 mai 2012

Le Cathologue : La sexualité pendant le mariage est-elle la norme ?

Classé dans : Blogue,Tout-venant — Edmond Prochain @ 20:35
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[Attention : article antidaté... Oui, je sais, c'est mal, mais ça me permet de rattraper les épisodes diffusés pendant mon absence...]

Dans ce 4e épisode du "Cathologue", Jérôme s’intéresse à la question du rapport des cathos au… au… sexe. Et bien évidemment, comme d’habitude, il est passablement à côté de la plaque.

Désolé pour ceux qui avaient l’habitude de faire des topos en utilisant cette histoire de cartes collées. Ce ne sera plus tellement possible, je le crains…

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Quelques rappels :  la page Facebook de la série, ainsi que celles des différents coproducteurs : L’1visible, KTO, SAJE Prod.

11 mai 2012

Le Cathologue : Comment se confesser sans douleur ?

"Le Cathologue", épisode 3… Et cette semaine, avec le courage et le sens du ridicule sacré qui le caractérise, Jérôme s’attaque à l’épineuse question du sacrement de réconciliation. Un vrai sujet, donc, avec des arguments, toussa. Ou presque.

 

Pour l’image à la toute fin de l’épisode, j’aimerais vous dire que je décline toute responsabilité et que je suis parfaitement innocent… mais je serais obligé de retourner me confesser ! J’adresse néanmoins toutes mes excuses à ma môman, qui a dû mourir de honte. Sans doute.

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Quelques rappls :  la page Facebook de la série, ainsi que celles des différents coproducteurs : L’1visible, KTO, SAJE Prod.

4 mai 2012

Le Cathologue : L’âne de la crèche a-t-il fait carrière ?

Classé dans : Tout-venant — Edmond Prochain @ 9:44
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Depuis la semaine dernière, la diffusion du Cathologue a donc lieu chaque jeudi soir à 20h35 sur KTO, en partenariat avec L’1visible et SAJE Prod. Et cette semaine, l’épisode 2 s’intéresse au mystère de l’incardination incarnation (et introduit un nouveau personnage).

Petit à petit, vous devriez donc commencer à comprendre comment (ne) fonctionne (pas) l’esprit de Jérôme, le personnage principal. L’occasion pour moi, d’ailleurs, de rendre hommage aux acteurs et à l’ensemble de l’équipe, qui font un super boulot.

L’épisode de cette semaine est à revoir ici :

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Et pour faire bonne figure, vous pouvez aller vos abonner à la page Facebook de la série, ainsi qu’à celles des différents coproducteurs : L’1visible, KTO, SAJE Prod. Voire même faire tourner l’épisode : c’est permis…

27 avril 2012

Le Cathologue : La brebis perdue est-elle un irresponsable ?

Classé dans : Tout-venant — Edmond Prochain @ 10:45
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Voilà, on y est : la diffusion de la série "Le Cathologue" a démarré hier soir.

(Pour rappel : je l’ai présenté ici…)

Ce programme, coproduit par le journal L’1visible, la chaîne KTO et SAJE Prod, va donc prendre peu à peu son rythme de croisière à raison d’un épisode par semaine jusque fin juin. Puis il reprendra après l’été. Et moi, je vais essayer de vous faire suivre ça ici au gré des sorties. Comptez peut-être un ou deux épisodes pour bien entrer dans l’univers de ces personnages… On vous souhaite en tout cas autant de plaisir à les regarder qu’on en a eu à les faire.

Et on commence donc avec l’épisode 1 :

Le contexte, c’est évidemment la parabole bien connue – dite – de la brebis perdue, dont voici le texte complet (tant qu’à faire !), en Luc 15 :

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !’

Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »

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Et pour faire bonne figure, vous pouvez aller vos abonner à la page Facebook de la série, ainsi qu’à celles des différents coproducteurs : L’1visible, KTO, SAJE Prod.

24 avril 2012

Vous n’écoutiez pas beaucoup au catéchisme ? … lui non plus !

Classé dans : Blogue — Edmond Prochain @ 13:52
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Au rythme des publications sur ce blogue ces derniers mois, les plus sagaces d’entre toi l’auront compris : je te fais des infidélités, ô fidèle lecteur. C’est vrai, je te trompe. Je comprends que ce soit douloureux, mais ne te voile pas la face : ça fait bien longtemps que tu sais – même si tu refusais de l’admettre – que je regarde ailleurs. Oui, j’ai déjà eu des aventures l’an dernier, mais tu t’es raisonné en te disant que ce ne seraient que des passades. Mais là, pardonne-moi, j’ai bien peur que ce ne soit un peu plus sérieux, et que cette histoire-là soit faite pour durer plus longtemps. Car on s’ennuie de tout, mon ange, c’est une loi de la nature ; ce n’est pas ma faute… Je dirai même plus : "C’est mon droit et c’est comme ça". Mais que je sois infidèle n’implique pas nécessairement que vous soyez cocus. En tout cas, j’espère !

Alors voilà : il s’appelle Jérôme. Et Damien. Et Chloé. Et Hugo. Ce n’est pas un livre, mais une mini-série que j’ai contribué à concevoir et à écrire ces derniers mois. Le bébé s’appelle donc Le Cathologue, et on ne va pas tarder à en parler assez sérieusement. Déjà, quelques médias bruissent de l’info, qui circule sur le web de bouche de druide à oreille de druide.

Mais plus précisément : de quoi ça s’agit ?

Tout simplement d’un programme court et (très) décalé, coproduit par L’1visible, SAJE Prod et KTO. C’est donc, si je ne m’abuse, la toute première série télé catholique humoristique professionnelle. Ce qui fait beaucoup d’adjectifs, tout de même. Le projet a même reçu le soutien du Centre national de la cinématographie (CNC) – c’est dire si j’ai des raisons d’être plutôt pas fâché de m’être investi là-dedans avec Hubert de Torcy.

Tout ça pour l’histoire de deux étudiants qui entreprennent de poster des cours de caté en vidéo sur internet, mais qui se heurtent à l’incompétence crasse et à l’esprit totalement foldingue de celui des deux qui présente l’émission (Jérôme). Remarquez d’ailleurs que l’autre (Damien), c’est pas beaucoup mieux, car il a une formation plus solide mais il est trop timide ("émotif") pour passer à la caméra. S’ajoutent à cela leur jolie voisine (Chloé), pas vraiment dupe du succès de leur programme, mais qui vient régulièrement squatter chez eux, et un troisième coloc (Hugo), qui lui pour le coup s’en cogne totalement. Au final, les épisodes sont une sorte de making-of ou de bêtisier de ce qu’ils essaient de faire sans jamais y parvenir.

Les compères y abordent de grands sujets de foi, à travers des questions aussi essentielles que (par exemple) : "La brebis perdue est-elle un irresponsable ?" (sic), "La Vierge Marie était-elle vierge ?" ou encore "Comment se confesser sans douleur ?" Le tout sur une ligne de crête humoristique, puisqu’il s’agit d’essayer d’être drôle sans manquer de respect aux croyants. Ça tombe pas trop mal, cela dit, parce que je suis moi-même croyant, et je n’ai pas trop l’intention de me manquer de respect (sinon je m’en colle une, direct !). Le Cathologue, ce n’est pas de l’humour pour les cathos, ni de l’humour contre les cathos : c’est de l’humour avec les cathos. Et j’ose croire que ça peut faire toute la différence. Le défi d’adapter, d’une certaine façon, l’esprit de ce blogue dans une série décalée, avec pour objectif de créer un vrai divertissement d’humour… c’était trop tentant !

La saison 1 devrait normalement compter 24 épisodes de 3’30 environ, sachant que 10 sont déjà dans la boîte et qu’il va falloir sérieusement qu’on se mette à rédiger la suite… Et tout commence jeudi soir à 20h35 sur KTO, sur l’appli mobile de L’1visible et sur le web.

En attendant, voici déjà un petit teaser :

18 juin 2010

(*) Ému aux larmes

Classé dans : Humeur(s) — Edmond Prochain @ 0:06
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C’est le paradoxe du blogueur : participer à la logorrhée ambiante tout en se prétendant en distance avec elle ; vouloir instaurer une distance avec l’esprit du monde, mais le suivre mouvement pour mouvement, dans une danse étroite et interminable. Il y a indéniablement un bruit de fond dans notre société.De kiss-in en apéro gênant géant, de retraites en salaires de ministres, on a un avis (ou on s’en compose un, vite fait bien fait) et on ne trouve rien de mieux à faire que de le donner. C’est intéressant, mais ça fane un peu vite, finalement.

Beaucoup, souvent, croient qu’ils ont quelque chose à dire alors qu’ils ont juste désespérément envie de dire quelque chose. (Je ne prétends même pas me situer hors de cette catégorie…) On peut reprocher ce qu’on veut à internet en général et aux blogueurs en particulier, j’accepterai volontiers qu’on m’accuse d’accentuer le brouhaha. Et puis après ? J’aurais arrêté de parler depuis longtemps si on cessait de m’écouter. L’illusion d’un lectorat, si modeste soit-il, est celle de créer une attente ; c’est flatteur, mais heureusement qu’on arrive à le dépasser.

Et puis il suffit d’une journée un peu plus pesante que les précédentes pour que les questions (qui parfois n’en sont pas, mais "les problèmes" était excessif) s’envisagent soudain différemment. On repense à des bouquets de fleurs, à une boîte de framboises ou aux mots d’un livre durablement installé en position horizontale, en exil de la bibliothèque des dormants. L’ensemble donne un curieux "vraquier" qu’on contemple avec un léger sourire lorsqu’on fait un pas en arrière : bienvenue dans mon brouhaha personnel !

Ça commence avec un courriel. Des courriels, j’en reçois des dizaines par jours (oui : des dizaines… le boulot veut ça), alors il en faudra un qui se démarque sérieusement pour que je le considère comme remarquable. C’était celui d’un ami, même un frère, parti récemment pour une mission qui l’éloignera durablement de mon chemin. Rien d’extraordinaire dans ce qui y est dit, mais son style unique qui semble dire à chaque virgule : "C’est bien moi". La joie, la sincérité ; "l’assurance de [s]a prière"… des mots qui sonnent juste. Qui sonnent, juste. (*)

Ailleurs, je bloque sur une expression. "Seigneur, je te rends grâce pour le tout le bien que tu m’as fait". Quand je dis que je bloque, je veux dire que je m’arrête et que je m’incline. Ce sont des mots sans relief, sans gloire, sans éclat. Pourtant, eux aussi sonnent juste : "le bien que tu m’as fait". On parle trop souvent de "faire du bien". Pauvres nuances sur lesquelles nous butons en croyant comprendre… Dieu ne nous veut pas du bien. Ni "veut", ni "du". Il fait pour nous le bien. Faire. Le. Et dans l’intervalle, ce "pour" qui se glisse à notre avantage. Quand a-t-on cessé de s’interroger sur les mots qu’on emploie ? "Pour le bien que tu m’as fait, Seigneur, je te rends grâce…" (*)

Dernier point – avant qu’on me reproche de jouer la carte du journal intime, ce que je n’ai nullement l’intention de faire en cet instant. Je suis partial : j’ai déjeuné aujourd’hui avec François Lespés (qui est journaliste), et j’avais un peu honte parce que je n’avais pas encore eu le temps de voir son premier documentaire de 52 minutes diffusé la semaine dernière sur KTO : Sacerdoce(s). Bon. Ça s’assume sans trop de peine, mais j’avais un peu honte quand même, surtout que je voulais le faire. Mais du coup, je me suis rattrapé ce soir. (*) J’ai donc regardé le film, et je me suis laissé fasciner (façonner ?) par ces trois portraits croisés de prêtres d’aujourd’hui, sans rien de commun, ni dans le lieu, ni dans l’histoire, ni dans le caractère, ni dans la démarche. Et pourtant… tout se déroule comme s’ils n’étaient qu’un, comme s’ils ne participaient qu’à une même œuvre. J’enlève le "comme" de la phrase précédente. Et le plus beau, le plus grand, je l’avoue, c’est que celui qui a su le mieux me toucher, c’est celui qui - a priori – était le plus éloigné de moi. Je ne dis pas lequel ; je préfère laisser à chacun un regard neuf sur ces images. 52 minutes, ça peut sembler long… mais vraiment, ça vaut la peine. (*)

Après tout, le 18 juin valait bien qu’on parle un peu de l’Appel…

*

(*) Ému aux larmes.

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Photo : Laurent Dubois

23 mars 2009

Je commence à en avoir vraiment mal

(Soupir.) Billet pas drôle. Billet long et pénible. Billet qui va sûrement m’attirer les foudres de pas mal de monde. On m’excusera d’exprimer mon ressenti : je suis un gars sensible.

Ainsi donc, j’en ai mal ; autant que j’en ai marre. Les vieilles légendes, les discussions rebattues, les petites polémiques bien-pensantes pour pimenter la fin du dîner, ça passait encore. L’ignorance crasse et les légers raccourcis journalistiques histoire de doper un peu les ventes, j’en avais pris mon parti. Ou mon mal, mais alors en patience. Et puis vogue la galère, qu’importe la houle et les cris de la foule, Inch’Allah, toussa…

Mais là, on vient encore de repousser les frontières de la connerie organisée. A ce niveau, ce n’est même plus de l’ignorance ou de la malveillance, ça relève du problème psychologique ou du retard mental. De mémoire, en ce qui me concerne, j’ai appris à lire en CP. Mais même en grande section (je dois être un surdoué) je savais déjà recopier des phrases à peu près lisiblement. Alors, cher confrère folliculaire qui crie en ce moment avec tous les autres loulous, je dois te le dire : tu fais une pub désastreuse à la méthode globale !

Parce que toi, cancre magnifique, on t’écrit ça :

pape-sida-texte

Et toi, avec ce qui s’apparente à un cancer de la réflexion, tu recopies ça :

pape-sida-copie

Comment on passe de l’un à l’autre ? Mystère et foule de connes. L’histoire ne le dit pas ; dommage. On préfère passer directement à la morale : le pape est un vilain nazi pas beau qui pue (mais ça, on le savait déjà, non ?) et en plus il est coupable de crime de lèse-capote. Rien que ça. Je vais être dur avec toi, mais parti comme t’es, bah, tu passeras jamais en CE1. Il te reste les coloriages, et encore : tu serais foutu de dépasser tout le temps.

Ou alors… mais je n’ose y croire… ça voudrait dire que…  que… tu serais un peu de mauvaise foi ? toi ? rhôô… impossible !

J’admets pour ma part que je le suis. De mauvaise foi. Si, si. C’est vrai : aucun d’entre toi (cher confrère folliculaire) n’a probablement écrit ou dit texto la phrase telle que je l’ai gribouillée. C’est parfaitement exact. Sauf que tout le monde s’emporte comme si cette vulgaire caricature était malgré tout la pensée de Benoît XVI en la matière. Alors que bon, y’a pas non plus besoin d’avoir fait Iéna pour voir que ce n’est pas le cas.

Le truc, c’est que je n’ai même pas envie d’argumenter sur le fond du problème. Moi, je suis un saltimbanque, un chercheur de sourires. Pas un débatophile exalté. Aussi, en toute lâcheté, amen amen je te le déclare : ami troll ou simple amateur de joutes verbales, je te renvoie une fois de plus chez Koz (à qui faudra que je paie une mousse un de ces quatre, pour toutes les fois où il m’aura évité de développer), et puis aussi tant que j’y suis chez Eolas et même Authueil, voire sur Causeur. Si après ça je passe pas pour un réac fini, j’en avale mon bicorne. Parole de jeune vieux con.

Si seulement… (Rêvons un peu.) Si seulement on nous faisait le crédit d’admettre que Benoît XVI n’a pas juste balancé une petite phrase, qu’il a pris la peine de donner un discours avec de vrais morceaux d’arguments dedans. On n’est pas obligé d’adhérer à ces arguments-là, ce n’est pas le problème. Mais qu’au moins, au moins, au moins on l’accueille comme tel, et pas juste comme une sortie hors contexte d’un vieillard tout alzheimeré du bulbe…

Qu’on respire profondément et qu’on prenne une seconde pour se poser cette seule question : si nous sommes en démocratie, avons-nous le droit parfois de nous interroger sur certains points qu’on considère généralement acquis ? (Je sais : je suis un dangereux révolutionnaire, avec mes idées anarchistes.)

Que tu sois d’accord ou non avec l’idée que le préservatif n’est peut-être pas la meilleure solution contre le sida, je m’en fiche. Et je suis même prêt à aller plus loin : sur le fond, je me contrefous de savoir si c’est vrai ou non. Ce qui m’emporte m’importe, en revanche, c’est de voir un tel déferlement de commentaires hostiles sur la simple base qu’une personne – toute auréolée d’une autorité morale qu’on lui conteste pourtant bien souvent – ne pense pas comme la plupart des gens. Soit on a le droit d’avoir ses opinions, soit on ne l’a pas. Mais alors, qu’on le dise.

Pour le reste, j’avoue que cette troisième "crise" depuis le début de l’année me gave sévère. Mais alors, d’une force… comme dirait l’autre. Cette année, laisse tomber les résolutions de Carême : suffit d’être catho pour le vivre. C’est cadeau.

On a eu l’affaire Williamson, du nom du gars qui nous a fait découvrir qu’en français "levée d’excommunication" était synonyme de "réhabilitation". Et peu importe que tout le monde, y compris dans l’Église, condamne ses inacceptables propos. Et peu importe qu’on explique qu’il n’est absolument pas réintégré. Les journalistes connaissent quand même vachement mieux leur droit canon que le pape lui-même, faut pas déconner non plus ! A ce train-là, je serais pas étonné qu’on apprenne bientôt que "munster" est synonyme de "dentifrice". C’est les dentistes qui vont en faire une gueule…

Ça, c’était un genre d’apéro. Ensuite, on a eu l’entrée : l’excommunication de la mère d’une fillette brésilienne… Ou l’info à sens unique. Du lourd. Merci les gars d’avoir rectifié le tir quand le Vatican s’est exprimé pour dire exactement le contraire de ce que la presse prétendait. Merci d’avoir fait amende honorable, d’avoir dissipé le malentendu. Mission d’information, qu’y disaient ! Dire que je croyais qu’un journaliste s’engageait à "rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte"

Maintenant, on en est au plat de résistance. Et je pèse mes mots : il faut une sacrée force de caractère pour résister à cette vague-là. Protestations dans tous les sens (quoique pour certaines d’entre elles, n’en ayant aucun) et hommes politiques qui "commencent à poser un vrai problème".

Du coup, moi, j’attends le dessert avec impatience. Quelqu’un sait si le fromage et le café étaient dans la formule ?

N’empêche. J’ai mal à mon Église ET j’ai mal à mon métier. Une Église que j’aime et qui vaut tellement mieux que toutes ces caricatures (fussent-elles nées de grossières erreurs de communication) ; un métier qui me passionne mais que j’ai de plus en plus de mal à exercer sereinement, tant certains abus me rendent malade.

Et en plus, avec tout ça, mon thé a refroidi… (Soupir.)

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