Du vin de messe et de ses débouchés

Humeur(s)

L’homme, surtout quand il est d’Église, ne se nourrit pas que de pain. Tout le monde sait ça. Et voilà que, justement, La Croix m’apporte avec bonheur un article en forme de pendant magnifique d’un autre, découvert il y a un an et demi déjà. De quoi enivrer mon goût de l’anecdotique et ma passion pinardière tout à la fois ! Un vrai petit bonheur.

Alors, de quoi s’agit-il ? Des débouchés dans le domaine du vin de messe. Car si on a l’habitude, dans nos célébrations européennes, de communier au pain sans le vin, il ne faut pas oublier que les paroisses doivent néanmoins s’approvisionner en dives bouteilles pour les changer en coupes divines. Et alors que de braves religieuses mettent la main à la pâte pour répondre aux demandes en hosties, il est plus rare (mais pas impossible, certes) de voir des monastères investir dans la cave. En la matière, on connaît d’avantage aux abbayes leur goût pour la fermentation du houblon que du raisin. Seulement voilà : y’a pas délice, hélas, dans un vin de messe qui serait rempli de petites bulles et de mousse.

Car, qu’on n’essaie pas de nous mettre en bouteille : on ne rigole pas avec le vin chez les chrétiens ! C’est une vieille tradition d’Église, qui veut que le Christ ait commencé sa vie publique avec une beuverie effroyable (Cana – où il fournissait même directement le matos) et se soit achevée lors d’un frugal dîner néanmoins bien arrosé. Même au jour de la Pentecôte, on s’est demandé si ces apôtres qui parlaient tout un tas de langues n’étaient pas un peu beurrés comme des p’tits Lu remplis de vin doux. Le genre de « détails » qui vous forgent une sacrée tradition : le « Venez et voyez », ça va un temps ; très vite, on l’a donc substitué par l’heureux « Prenez et buvez »… C’est dire si on avait tout de même le sens de fête. Et ce n’est pas forcément pousser le bouchon que de le rappeler, quand les caricatures du jansénisme ont laissé quelques taches d’austérité sur l’image de la messe.

Cela dit, le petit vin blanc qu’on boit dessus l’autel, encore faut-il (donc) s’en procurer pour le bon déroulement de la messe. Et là, il y a semble-t-il autant d’écoles que de grands vignobles. D’abord, il y a les privilégiés, ceux qui habitent les régions viticoles : eux, ils trouvent toujours un petit producteur local trop content de mêler œnologie et eucharistie. Et puis il y a les autres, ceux qui vont aller se fournir comme tout le monde chez Nicolas. Lequel écoulerait tout de même dans les 30.000 amphores par an, rien que ça !

Il y a donc un marché, des promos et des offres spéciales pour le vin de messe. Que La Croix soit vivement remerciée pour ces quelques gouttes de culture généreusement offertes (ou vendues, selon que vous aurez ou non du bol avec le nouveau système payant du site).

Ce billet, toutefois, ne serait pas complet si je n’y évoquais que le côté festif du vin de messe. Car au sortir des sacristies, il y a aussi des drames, des larmes et de grands dams. Les raisins de la colère ? Si la robe du clergé n’est pas la seule à être blanche dans cette histoire, il y a aussi des heures où il ne fait pas bon pour un prêtre avoir choisi un vin trop sec. Quand, en effet, c’est son tour de se lever dans la nuit et la froidure de l’hiver parce que le curé dort ce matin et que c’est donc au vicaire de s’y (pi)coller, à 7h, le ventre vide et les dents pas encore brossées, le petit Riesling passe mal. Très mal. De nombreux témoignages viennent l’attester : il faut avoir le cœur et le la foi bien accrochés pour boire sans broncher la coupe jusqu’à la lie. Et qui parle de cette souffrance profonde de nos prêtres ? personne ! (Prions pour eux.)

Quant à ceux qui n’auraient pas encore bien vu l’intérêt de se répandre sur ce blogue pour un sujet aussi vain, qu’ils sachent que, résolument, le vin est une question sérieuse. Aujourd’hui encore, l’Eglise – sans crainte de se faire chambrer – laisse une place de choix au « fruit de la vigne et du travail de l’homme ». De ce point de vue, ce n’est pas demain qu’elle mettra de l’eau dans son vin. Enfin… si, justement, comme tous les jours… mais bon, bref : tout le monde a compris l’idée ! Sans compter que le christianisme, en tant que croyance transmise depuis des siècles, est un grand cru. Peut-être même le plus grand cru qui soit. Excusez du peu : notre joie a 2000 ans d’âge !

Pour faire l’appel, un cas d’école

Effets de buzz

Osons dire, gentiment, que c’est un cas d’école. L’Église et la communication, c’est presque comme la trinité : ça fait trois… mais en moins unifié ! A force, ça va devenir un gros marronnier de simplement évoquer le sujet, et je me demande quel blogueur catho n’a pas encore eu la tentation de créer carrément une catégorie « Église et communication », histoire de mettre un peu d’ordre dans ses articles. Entre les deux, il y a un monde : le monde. Dommage.

Pourtant, personne ne niera que des efforts sont faits, et même des efforts considérables. Mais les bonnes intentions ne suffisent pas toujours. Hélas.

Ainsi donc : le Service national des vocations lance une « grande campagne » nationale de communication. Il faudrait sans doute que je précise ici toute l’affection que j’ai naturellement pour le SNV, et tout l’intérêt que je porte à cette cause (pas seulement parce que je suis intéressé à la présence de prêtres dans les paroisses, mais aussi). On me rétorquera d’ailleurs que : « les vocations, c’est pas que les prêtres, toussa… » Mais, en cette Année sacerdotale, qu’on me permette encore de traiter le sujet sous cet angle. Si j’veux.

Cette « grande campagne » de communication, c’est kewa ? C’est une vaste campagne de pub qui s’aventure dans un terrain (de mémoire) pas encore effleuré par les catholiques : celui des Cart-Coms… Tu sais, ces espèces de fausses cartes postales aussi moches que publicitaires qu’on ignore joyeusement dans les cafés, les cinés, etc. Eh bien, 70.000 de ces cartes vont allez arroser 600 lieux de rencontre pour y distiller l’appel au sacerdoce. Comme le dit le slogan : Pourquoi pas ? A défaut d’être convaincu par le visuel assez mal fichu graphiquement et sentant de façon plutôt inquiétante l’amateurisme en terme d’utilisation de photoshop, je me réjouis déjà qu’on fasse quelque chose. Au moins. (D’autant qu’une autre campagne est lancée simultanément dans la presse.)

Sauf que… Sauf que, comme je l’ai dit en commençant ce billet, c’est un cas d’école. Théoriquement, cette campagne n’aurait dû paraître au grand jour que le 20 avril (à l’heure où j’écris, nous sommes encore le 19). Comment se fait-il que je sois en mesure d’en parler depuis jeudi dernier (même si je ne trouve le temps que maintenant) ? Pas seulement parce que je suis dans le secret des dieux des évêques… je n’y suis même pas ! Non : tout simplement à cause d’une jolie bourde de la Conférence des évêques de France. Le communiqué de presse est parti jeudi dans toutes les bonnes rédactions de France, repris par une dépêche AFP. Et il était censé porter la mention d’un « embargo » jusqu’au 20. Les infos sous embargo, c’est une habitude pour les journalistes : en gros, on vous file le tuyau dès maintenant pour que vous ayez le temps de préparer vous articles, mais vous ne publiez rien avant telle date. Simple échange de bons procédés (et briser un embargo est excessivement mal vu).

Mais figure-toi que notre bon Service national des vocations avait oublié de mentionner l’embargo dans son communiqué ! Ils ont rectifié… deux heures après !! Entre temps, la plupart des sites internet avaient déjà repris l’info. Et avec le site de l’opération (etpourquoipasmoi.org) pas encore en ligne, on a réussi à passer une fois de plus pour de beaux guignols…

Un cas d’école.

Hans Küng : sénile, ni écrire

Humeur(s), News

hanskungL’article d’Hans Küng sur la politique du pape envers les anglicans est un véritable drame ! Il n’y a qu’à lire le premier paragraphe pour faire le plein de clichés, c’est assez intéressant d’un point de vue rhétorique : c’est la pédagogie du coup de pied dans la tronche. Fin comme la finition d’un gant de boxe. Rempli jusqu’à la nausée des obsessions d’un vieux monsieur qui semble saisir n’importe quelle occasion de régler ses comptes avec Benoît XVI ; même si ça doit passer par des tribunes où la pensée est tellement distendue que l’ensemble en devient intellectuellement incompréhensible. Symptomatique. Pathologique.

« Après avoir heurté de front les juifs, les musulmans, les protestants et les catholiques réformistes, voilà que le pape Benoît XVI s’en prend maintenant aux anglicans. »

Ah, mince, les pauvres : qu’est-ce qu’il va leur faire, le méchant Benoît XVI ? Il les agresse ? Pire encore : il les accueille. Fasciste, va !

Mais la situation, selon Hans Küng, n’est pas si simple. Non, « si simple » n’était pas assez : mieux vaut encore qu’elle soit simpliste, au moins tout le monde comprendra. Alors, d’abord, il y a un vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique. Le genre qui fait mumuse avec les extrêmes en permanence et ne dit jamais un mot sur l’Afrique ou l’économie mondiale. Du « pas bien » en barre, quoi. Et alors, le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique, eh bien il a tendu un piège machiavélique à tout un tas de charmants petits anglicans, qui sont un peu benêts et qui se sont laissés prendre comme des nouilles et qui quand même sont salement d’extrême droite (oui, parce que sinon ça se tient pas que le vilain-pas-beau-ouh-qu’il-est-pas-gentil pape catholique qui ne fait mumuse qu’avec les extrêmes s’intéresse à eux). Quant à l’archevêque de Canterbury, s’il a signé le communiqué annonçant la nouvelle du rapprochement, c’est parce que c’est une grosse buse. La preuve que c’est une buse ? facile : s’il n’en était pas une, il n’aurait pas signé.

Pour appuyer ce qu’il dit, Hans Küng a même trouvé un mec vachement bien qui dit des trucs rudement chouettes qui vont pile dans son sens : Hans Küng ! A quoi bon avoir des gens qui pensent comme soi, quand on est d’accord avec soi-même…

A part ça, son article est tout plein de petites sottises pour amuser la galerie (quel déconneur, tout de même !), d’allusions tout juste destinées à donner à l’ensemble un peu de sel polémique, d’interprétations qui feraient de l’expression « procès d’intention » un compliment, et surtout d’une suffisance telle qu’on n’en trouve guère que chez « les gens qui savent ». Du rabâchage de vieilles obsessions personnelles, écrites au mortier. Si près de 400.000 anglicans rejoignent l’Église catholique, c’est forcément contre leur gré, même s’ils ne le savent pas encore… Ce qui se conçoit mal s’énonce salement. Il ne manque finalement, pour faire entrer cette tribune parmi les grands classiques des pamphlets-ni-à-faire, qu’une allusion à Vichy – ce qui nous rappelle au passage qu’Hans Küng n’est pas Français, mais Suisse.

La coupe couche est pleine.

Comme le dit Patrice de Plunkett, dans un bon billet consacré à cette même tribune : « Küng a hanté trop longtemps les salles de rédaction pour n’avoir pas pris une série de tics ». Il qualifie même le texte d’« article de trop », ce que je ne serais pas loin de penser si cette idée ne m’était pas déjà venue par le passé. De son côté, Gian Maria Vian, dans son éditorial de l’Osservatore Romano, ajoute : « le ton ne fait pas honneur à son histoire personnelle, et (…) à certains égards, frise le comique ». C’est vrai que, dès lors qu’on arrête d’être affligé, on se marre quand même pas mal.

Küng, King of the Kongs ? Évidemment non, mais ce papier n’est pas digne de sa grande intelligence ; et moi, des types brillants comme ça qui disent des âneries et le font exprès (et le font depuis un certain temps), ça m’agace pas mal. L’ensemble est tellement bête et méchant qu’il me donnerait presque envie de dire des grossièretés. Sauf que si je fais ça, ma mère risque de m’appeler pour me reprocher encore de dire des gros mots sur mon blogue. Et si elle m’appelle, elle risque de me reprocher aussi de ne pas l’appeler plus souvent. Tu comprendras donc que je ne préfère pas tenter le coup…

Alors que dire ? Rien. Il n’aurait même pas fallu en parler, finalement. Pourtant ça fait du bien !

Sortons de la sacristie !

Blogue

Nous sommes le 14 septembre, jour de la Croix glorieuse, alors voilà : comme promis, on sonne les cloches ! Pas en vrai (même si ça nous aurait fait bien marrer aussi), mais sur le ouèbe. Le mystère a déjà été bien éventé lundi soir par La Croix, alors je ne vais pas jouer les mauvais préfaceurs qui sont les seuls à croire au suspense qu’ils s’efforcent d’entretenir : avec mes petits camarades Koz et Le Chafouin, nous sommes heureux de vous présenter notre tout nouveau blogue collectif qu’il est beau :

Sacristains.fr

Et son dors et déjà fameux sonneur de cloches !

Et son d'ores et déjà fameux sonneur de cloches !

Je pourrais rentrer dans les détails, citer les joyeux blogueurs qui nous accompagnent dès à présent dans cette aventure (en attendant les autres… notamment des mademoiselles et des madames, on espère, parce que contrairement aux apparences on n’est pas une grosse bande de machos !), remercier Cyrille Sethi pour le très chouette logo qu’il nous a dessiné, disserter sur les reproches qui nous ont déjà été faits ici et là (sans savoir)… Je pourrais ; je n’ai pas envie.

Le site parle de lui-même, et la charte nous définit bien mieux dans notre esprit que n’importe quelle citation, n’importe quel mot isolé, n’importe quelle interprétation. Simplement, s’il fallait retenir une idée, c’est celle-là : on voudrait contribuer, à notre niveau, à une présence paisible mais visible de l’Église sur internet. Ne pas rester dans nos sacristies mais aller plutôt sonner les cloches. C’est tout

A part ça, pour faire simple : y’a pas grand chose qui change, si ce n’est que de temps en temps je publierai un billet là-bas. Je l’annoncerai peut-être ici, d’ailleurs.

Je voulais aussi dire qu’on est très contents, qu’on remercie nos producteurs, nos parents sans qui nous ne serions pas là aujourd’hui, toute l’équipe technique qui a fait un boulot extraordinaire, les gens qui ont cru en nous quand nous même nous n’osions plus croire, et on dédie ce site à tous ceux qui nous aident chaque jour à devenir ceux que nous sommes : Jicé, si tu nous entends, c’est pour toi ! Je pense que je n’ai rien oublié, je vais donc me taire.

A bientôt, ici ou… ailleurs !

Le mariage encore rappelé à l’Ordre

News

Ça nous pendait au bout du nez comme une goutte de morve à la saison du rhume des foins. Et je ne dis pas ça uniquement pour que tu t’exclames : « Oh ! mais il est dégueu ! » dès le début de ce billet ; je le dis comme je le pense, c’est tout. Fallait bien que ça tombe parce que, d’une, c’était devenu trop calme depuis les dernières sorties pontificalo-capotines et, de deux, lancer une « année sacerdotale » est dans le monde médiatique actuel une audace qui frise l’inconscience.

Voilà. Le couperet de l’AFP et de TNS-Sofres est tombé :

82% des Français, 83% des catholiques et 73% des catholiques pratiquants sont favorables au mariage des prêtres.

C’est sûr, ça calme ! Alors plusieurs remarques s’imposent. (Entends par là que je vais t’imposer plusieurs remarques.)

Déjà, la dépêche ne précise pas s’il s’agit du mariage des prêtres entre eux. Ce qui m’étonnerait quand même un peu dans la mesure où, jusqu’à nouvel ordre, en France, il n’est pas possible d’épouser une personne du même sexe que soi-même. Mais cette imprécision est néanmoins regrettable. Je trouve.

Ouais, y'a des fois vraiment...

Ouais, y'a des fois vraiment...

Ensuite, il y a cette question de l’ordination d’hommes mariés. Les chiffres sont sensiblement les mêmes. Sauf que je me demande quand même dans quelle mesure cette question est pertinente juste après avoir posé celle du mariage des prêtres de façon générale. Tu la vois, toi, Mademoiselle Pimprenelle (ça faisait longtemps que je l’avais pas convoquée, celle-là), qui dit qu’elle est pour que son curé puisse épouser qui il veut, mais qui précise ensuite que – ah non, pouahberk ! – hors de question que son voisin Monsieur Lafouine puisse être ordonné ? Évidemment, ça n’a pas beaucoup de sens ; sauf à interroger les gens sur la solution qui leur paraît la plus adaptée, mais faut peut-être pas trop pousser non plus Mademoiselle Pimprenelle dans les orties (parce que ça pique – mais tu me diras, elle aussi).

Autre sujet de poilade pré-estivale offert par le sondage, les explications avancées :

Parmi les facteurs de baisse des vocations, 80% des personnes interrogées citent le célibat des prêtres, 69% la montée de l’individualisme, 67% les prises de position de l’Église et 54% les conditions de vie des prêtres.

Moi qui suis un grand naïf devant l’Éternel, je me prends encore à rêver du jour où quelqu’un aura l’idée de vérifier cette idée couramment admise que la « crise » des vocations est une conséquence directe du célibat des prêtres. Par exemple en allant comparer avec les chiffres des vocations chez les protestants, ou même (soyons des oufs) dans d’autres religions. Je me suis laissé dire que chez les Juifs, la « carrière rabbinique » n’était pas si florissante que ça… A quand des sondages réclamant le mariage des rabbins ?!

On peut également se demander si, dans une certaine mesure, le nombre de vocations sacerdotales à l’heure actuelle n’est pas à envisager à la mesure du nombre de catholique (réellement) pratiquants. Comme l’a fort bien dit le dominicain Thierry-Dominique Humbrecht : « Il n’y a pas une crise des vocations en France, mais plutôt une crise de la foi ! » Ceci peut éventuellement expliquer cela. Aussi.

Pourtant, c'est pas mal non plus, dans le genre, comme alliance.

Pourtant, c'est pas mal non plus, dans le genre, comme alliance.

Le fait est que cette hyper-préoccupation pour le célibat et (in fine) la sexualité des prêtres a tendance à me gonfler légèrement. Que tout le monde ait tellement l’air de se préoccuper du fait que leur zizi puisse servir à autre chose qu’à arroser les salades, c’est une sollicitude qui me semble toujours assez suspecte. Essayons, un jour, de relever (un peu) le débat.

Question pour le bac philo de l’année prochaine : « Au fond, qu’est-ce que c’est, un prêtre ? » L’Église prend de l’avance ; elle a inscrit le sujet au programme cette année. La rentrée est demain.

« Qui sait encore ce que signifie Pentecôte ? »

News

En voilà une question qu’elle est bonne ! Et tu sais qui l’a posée ? (C’est une question à un million de dollars.) Eh bah figure-toi que l’auteur de cette merveilleuse interrogation est… l’éditeur d’un dictionnaire ! Comme je suis un gars qui a le souci du détail, je peux même te dire que c’est le « Junior Dictionary » d’Oxford. Donc, déjà, c’est pas en France. Mais quand même.

Et puis alors, si je reprends cette belle citation trouvé ici, c’est parce qu’elle pose une grande question de société :

A quoi sert un dictionnaire ?

Je t’explique. En partant du constat que de moins en moins de gens connaissent la définition de mots tels que Pentecôte, évêque, chapelle, abbaye, péché, paroisse, chaire, psaume, saint, disciple, etc. ces gros malins du « Dictionnaire junior » ont décidé de les retirer de leur ouvrage !

Le plus beau, c’est que parmi les mots qui les remplacent, on trouve : blog, boîte vocale, lecteur MP3, copier-coller, mais aussi : démocratique, tolérant et vandalisme. Il y a des listes plus complètes vers la fin de cet article.

C'est moi qui ai rajouté le "light" pour faire du mauvais esprit.

(C'est moi qui ai rajouté le "light" pour faire du mauvais esprit.)

Alors bon. D’accord, ça me choque parce pas mal de mots trappés font partie du vocabulaire chrétien de base. Mais quand même : pas que pour ça ! L’aberration est quand même beaucoup plus profonde dans cette démarche qui consiste à retirer des mots pour les remplacer par d’autres, aujourd’hui probablement plus courants. Ou alors je suis juste un gros réac psychorigide ? (C’est possible aussi, remarque.)

Autre expression à faire son entrée dans l’ouvrage : sens commun. Lequel a dû manquer aux auteurs, parce qu’il aurait justement tendance à affirmer qu’un dictionnaire sert à trouver la définition d’un mot qu’on ne connaît pas… non ? Personnellement, je ne suis jamais allé chercher la définition de manger, dormir ou encore crayon de couleur.

L’année prochaine, ils retirent le mot jugeotte ?

Le Pape tagué dans la presse

Médias

Je l’avais plus ou moins annoncé , mais j’ai eu du mal à le faire vite… Cette fois-ci c’est bon : après pas mal de temps à avancer ce billet à petites touches, il est enfin prêt ! Ouf !

Petit avertissement tout de même avant de commencer : non seulement ça ne va pas être rigolo, mais en plus ça va être long. (Tu ne pourras pas dire que tu n’étais pas prévenu !) Et maintenant, on y va…

Pendant la visite du pape en France, donc, j’ai compilé les articles parus dans la presse pour en faire une toute petite analyse. L’idée est d’en faire ressortir les mots-clés les plus fréquemment employés lors de son voyage.

Méthode :

  • j’ai repris tous les articles (hors dépêches d’agences) publiés sur les sites internet des journaux suivants : Le Monde, Le Figaro, Libération, France Soir et La Croix (j’aurais bien ajouté Le Parisien, mais les articles ne sont pas en libre accès) ;
  • je me suis limité à ce qui est paru entre le 10 et le 18 octobre (soit deux jours avant et deux jours après) ;
  • les mots-clés ont été comptés par le générateur de tags Korpus, les nuages ont été faits avec Wordle ;
  • certains mots très fréquents mais peu pertinents ont été éliminée (les verbes, par exemple, ou des termes comme après, peut-être, donc, aussi, deux, etc.)
  • je me suis limité aux vingt mots les plus employés, mais quand le vingtième est à égalité avec d’autres, je les indique également – ce qui explique que certaines listes soient plus longues ;
  • tous les journaux n’ont pas produit le même nombre d’article (il y a même de grosses différences), donc les chiffres doivent surtout être lus comme un ordre de grandeur !
Les mots les plus utilisés, ces cinq médias confondus.

Les mots les plus utilisés, ces cinq médias confondus.

Le Monde

  1. pape (167)
  2. Benoît XVI (114)
  3. Église (125)
  4. France (108)
  5. catholique (84)
  6. foi (72)
  7. Lourdes (57)
  8. laïcité (54)
  9. religion (46)
  10. Paris (45)
  11. État (43)
  12. évêque (42)
  13. culture (40)
  14. jeunes (39)
  15. Jean-Paul II (38)
  16. monde (36)
  17. discours (33)
  18. visite (33)
  19. politique (32)
  20. question (32)

Le Figaro

  1. pape (193)
  2. Église (138)
  3. Benoît XVI (131)
  4. France (115)
  5. catholique (67)
  6. Lourdes (59)
  7. laïcité (57)
  8. autres (51)
  9. État (46)
  10. homme (45)
  11. discours (44)
  12. messe (41)
  13. culture (40)
  14. jeunes (39)
  15. Dieu (38)
  16. question (36)
  17. voyage (36)
  18. évêques (36)
  19. Jean-Paul II (33)
  20. monde (33)
  21. Paris (33)

Libération

  1. pape (60)
  2. Benoît XVI (57)
  3. laïcité (52)
  4. France (38)
  5. Église (34)
  6. Lourdes (28)
  7. Sarkozy (28)
  8. foi (27)
  9. positive (26)
  10. religion (21)
  11. catholique (20)
  12. discours (20)
  13. Paris (20)
  14. Dieu (17)
  15. président (17)
  16. Élysée (16)
  17. français (16)
  18. prêtre (16)
  19. Vatican (15)
  20. vie (15)
  21. visite (15)
  22. État (15)

France Soir

  1. Benoît XVI (51)
  2. laïcité (48)
  3. pape (45)
  4. France (42)
  5. Église (30)
  6. foi (30)
  7. religion (29)
  8. Lourdes (28)
  9. français (23)
  10. État (21)
  11. Paris (21)
  12. visite (21)
  13. catholique (20)
  14. politique (20)
  15. Sarkozy (20)
  16. croyants (19)
  17. messe (19)
  18. fidèles (18)
  19. autre (18)
  20. chef (17)
  21. positive (17)

La Croix

  1. pape (177)
  2. Benoît XVI (151)
  3. France (81)
  4. Lourdes (72)
  5. Église (58)
  6. foi (49)
  7. discours (47)
  8. Paris (46)
  9. évêque (45)
  10. autres (43)
  11. jeunes (40)
  12. catholique (39)
  13. voyage (38)
  14. français (36)
  15. culture (35)
  16. monde (34)
  17. président (31)
  18. visite (31)
  19. pèlerins (30)
  20. parole (25)

Ceci est à mettre en rapport avec ce nuage de tags, réalisé à partir de l’ensemble des discours et interventions de Benoît XVI durant sa visite :

Pfuit ! Pas fâché d’en avoir fini avec ce truc, moi… :-p

Un pape, un blogue, et du blabla

News

C’est de circonstances ces jours-ci, ne sois pas trop étonné (donc) si je te parle pas mal de la venue du pape.

La Croix a eu une idée sympa, et le bon goût de la mettre en pratique : la création d’un blogue collectif autour de l’événement : Un pape, un blog. Le principe est assez simple, puisqu’il s’agit simplement de réunir dix contributeurs pour donner leurs impressions sur cette visite en France. Et parmi eux, Koz. Ce même Koz qui, dans un billet que j’ai bien envie de qualifier de « vivifiant » (c’est mon mot-fétiche, en ce moment, cherche pas !) évoque les guéguerres débats de laïcité qui font déjà rage.

« Certains doivent donc consentir enfin l’effort d’un bond de 103 ans, et cesser de répondre à l’Eglise de nos arrière-arrière-grand-parents. Un siècle, c’est un bout de chemin, pour la République et pour l’Eglise. Et il serait regrettable que les héritiers de ceux qui reprochaient à l’Eglise de la fin du XIXème siècle d’”opprimer les consciences” oppriment celles des chrétiens de ce jour. »

Bonne pioche ! Voilà qui résume bien le problème de fond des plus bâtés des laïcards « outre-laïcistes » (je cherche encore un mot qui puisse leur rendre justice, en les distinguant bien des autres laïcs, « modérés », eux) : alors qu’ils passent leur temps à reprocher à l’Église de ne pas s’adapter à la société d’aujourd’hui, ils sont incapables eux-mêmes de s’adapter à l’Église d’aujourd’hui ! Nous allons donc encore avoir droit aux habituelles polémiques sur la laïcité. Et même si je trouve la question intéressante en soi (si, si !), j’avoue que… bah, franchement, voilà quoi : j’attends quand même autre chose de la visite de Benoît XVI en France.

Après des J.M.J. qui m’ont semblées « lointaines » (je n’y étais pas – ceci explique sans doute cela), j’ai envie de savoir ce que le pape veut me dire, à moi personnellement en ce qui me concerne, ici et maintenant, dans mon environnement quotidien. J’attends du concret, en somme. J’attends le message aux jeunes avec autant d’impatience que le discours au monde de la culture. Et je rêve (grand naïf) qu’on ne me gâche pas la fête avec des petites provocations mesquines et hors-sujet (le débat sur la laïcité, à la rigueur, si ça leur fait plaisir, mais les éternelles et vaines polémiques morales… pitié !).

Parce qu’au fond, on s’en moque : on a un moment d’Église beaucoup plus important que ça à vivre.

* * *

Sinon, j’ai aussi commencé à travailler à une petite analyse de la couverture médiatique qui sera faite. On en reparlera la semaine prochaine…